Jour : 6 octobre 2025

Le monde scientifique en deuil : la femme qui a prouvé que nous n’étions pas seuls à penser vient de nous quitter à 91 ans

Le monde scientifique est en deuil. Jane Goodall, celle qui a bouleversé notre compréhension de l’intelligence animale et redéfini la frontière entre l’humain et le reste du vivant, s’est éteinte le 1er octobre à Los Angeles. À 91 ans, cette pionnière de…
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Le Pont-l’Évêque – Un carré d’histoire normande

La fromagerie Martin, à Bourgeauville (Calvados), est l’une des cinq dernières exploitations à produire du Pont-l’Évêque fermier. (© Damien Bouet)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Damien Bouet.

 

Le Pont-l’Évêque, fromage à pâte molle et croûte lavée, est l’un des plus anciens fromages de Normandie. Son histoire est profondément enracinée dans les traditions rurales et monastiques de la région. Il constitue aujourd’hui un témoin matériel de l’histoire normande et des traditions fromagères françaises.

Des abbayes à la paysannerie ­

Dès le XIIe siècle, les abbayes cisterciennes à l’ouest de Caen produisent un fromage appelé angelot, considéré comme l’ancêtre direct du Pont-l’Évêque. Les moines jouent alors un rôle central dans le perfectionnement des techniques de fabrication, en combinant savoirs empiriques et gestion rigoureuse. L’angelot se distingue des autres fromages par sa pâte molle et son affinage humide, typique des régions à forte hygrométrie. Vers 1230, Guillaume de Lorris écrit : « Les bonnes tables étaient toujours garnies au dessert de fromages angelots ». Progressivement, les fermes locales vont s’approprier la recette. Ce fromage s’échangera sur les marchés locaux et participera à l’économie locale.

Largement apprécié par les Parisiens au XVIe siècle, les mentions du fromage « de la ville de Pont-l’Évêque » se multiplient au XVIIe siècle. En 1622, l’écrivain normand Hélie le Cordier lui dédie un poème : « […] Tout le monde également l’aime car il est fait avec tant d’art que, jeune ou vieux, il n’est que crème. » Progressivement, le fromage va se standardiser. La forme carrée est adoptée pour le distinguer des autres productions locales. L’affinage est réalisé en cave humide, ce qui favorise le développement d’une croûte lavée à la flore bactérienne spé…

 

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Le domaine de Champeaux – Un écosystème unique et inclusif

Le manoir de Moïr correspond à l’actuel manoir situé au cœur du domaine de Champeaux. (© Viriginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Virginie Michelland.

 

Devenue propriétaire en juillet 2020 du domaine de Champeaux, un site de neuf hectares aux portes de Bernay, l’association Accés veille sur un « écosystème unique, durable et inclusif » unique en son genre. Découverte…

Un peu d’histoire

L’association Accés souhaite restituer à ce vaste domaine agricole son aspect de ferme traditionnelle du XIXe siècle. Un hommage à la Normandie ancestrale, inscrit dans une histoire entamée au XVIe siècle par la famille de Malleville. Trois entités se distinguent : la terre de Champeaux et son manoir, le manoir des Bruyères, et celui de Moïr – pièce-maîtresse de l’actuel domaine – bâti en 1622.

En juin 1742, au décès Charles-Hector de Malleville, leur père, Anne de la Bardouillère et sa sœur cadette, Françoise de Nollent, se partagent les trois manoirs. L’aînée se réserve celui de Moïr, vendu en 1745 à Jean Boivin, marchand bernayen, qui complète un peu plus tard son acquisition avec le manoir de la terre de Champeaux. La famille Boivin, devenue Boivin-Champeaux sous le Second Empire, embellit et agrandit l’ensemble. Jean-Charles Boivin fait ainsi surélever le manoir et planter des bois. Son fils Charles (1796-1875) acquiert de nouvelles parcelles et fait passer le domaine de douze à cent hectares en y inté…

 

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La mémoire du fer – Terres rouges entre Laize et Laizon

Saint-Germain-le-Vasson. Le carreau de Soumont, abandonné par la Société des mines de Soumont à la fin des années 1980, est aujourd’hui reconverti en musée de la Mine. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Mireille Thiesse.

 

L’aventure minière du bassin de Saint-Germain-le-Vasson à Soumont-Saint-Quentin, entre la rivière Laize et le Laizon, est une aventure géologique, technique et humaine qui dure environ un siècle. De concessions privées en sociétés qui fusionnent, avec l’aide de capitaux d’outre-Rhin et une main-d’œuvre en majorité polonaise, la vie locale bouleversée sépare « les gens du fer des gens de la terre ».

­­Un siècle d’exploitation minière

Du Couchant au Levant, entre les failles de la Laize et du Laizon, au sud de Caen, le synclinal d’Urville – dont les plissements en creux de l’époque hercynienne, il y a 300 millions d’années, sont orientés de l’ouest-nord-ouest vers l’est-sud-est – comporte une alternance de couches schisteuses et de grès armoricains. Ces roches apparaissent lors de l’érosion des anticlinaux, puis sont recouvertes à l’ère secondaire de couches calcaires. Le synclinal a la forme d’une « cuillère longue de quinze kilomètres d’est en ouest » et s’étale sur une largeur de sept kilomètres, au nord de Potigny. En surface, les couches d’hématite, concentrées en oxyde de fer, sont le plus accessibles aux extrémités du synclinal d’Urville et affleurent notamment à Barbery où des traces d’extraction de l’époque gallo-romaine subsistent. Leur exploitation industrielle débute à l’aube du XXe siècle. Entre les schistes noirs à caly…

 

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La Licorne royale à Lyons-la-Forêt

Étoilé depuis 2014, Christophe Poirier joue les terroirs normands par excellence. (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Jean-Luc Péchinot.

 

« La plus belle hêtraie de France »… dans « l’un des plus beaux villages de France » : le décor est planté. À Lyons-la-Forêt, aux portes du Vexin normand, La Licorne royale se révèle impériale tant tout n’est là que « luxe, calme et volupté ».

Onze mille hectares d’hêtres heureux. Pour certains, d’une hauteur vertigineuse. Cette verte cathédrale, jadis royale, serait la plus belle hêtraie de France, voire d’Europe. Une, en tout cas « plus grande forêt de Normandie » qui tient de l’écrin pour ce nid de pierres précieuses qu’est la petite cité de Lyons-la-Forêt, « fleur d’or des villes et villages fleuris ». On est là à trente-cinq kilomètres à l’est de Rouen, dans l’un des plus beaux villages de France sous le charme duquel sont tombés, bien après Guillaume le Conquérant, saint Louis et d’autres grands noms des royaumes de France et d’Angleterre, maintes grandes signatures, de Jules Michelet à Jean Renoir, et de Maurice Ravel à Claude Chabrol. Comment ne pas s’extasier sur la splendeur des maisons de briques et colombages de ce lieu de villégiature dont les imposantes halles du XVIIIe siècle à charpente de bois sont un so…

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Cany-Barville – Au pays de Louis Bouilhet

Le château de Cany-Barville, superbe bâtisse de style Louis-XIII. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Stéphane William Gondoin.

 

Il était une fois une commune rurale nichée au fond de la vallée verdoyante de la Durdent, l’un de ces minuscules fleuves côtiers cauchois entaillant profondément le socle du plateau calcaire entre Fécamp et Dieppe. Née en 1827 de la réunion des deux anciennes paroisses éponymes, elle a hérité de leurs histoires respectives et peut s’enorgueillir de la célébrité de l’un de ses enfants.

De nombreuses découvertes archéologiques réalisées aux XVIIIe et XIXe siècles semblent attester de l’existence d’un centre de peuplement secondaire à l’époque gallo-romaine, à l’emplacement actuel du cœur du bourg. Il s’agissait peut-être d’un vicus routier et commercial – selon une intuition de l’abbé Cochet (1812-1875), pionnier de l’archéologie en Normandie –, établi au carrefour d’une voie menant de Grainville-la-Teinturière à la mer et d’une autre partant de Fécamp pour rejoindre le nord de la Gaule

 

Sous l’Ancien Régime

Les premières mentions connues de Cany comme de Barville remontent à la seconde moitié du XIIe siècle, sous le principat en Normandie d’Henri II Plantagenêt (1150-1189). Une dame « Addelicie de Caneio » (Alix de Cany) apparaît vers 1150 dans des actes en faveur de l’abbaye de Jumièges et du prieuré Sainte-Foy de Longueville-sur-Scie. On trouve par ailleurs un « Hugo de Barrevilla » et un « Willelmus de Barrevilla » en 1170, dans la liste des témoins d’une donation du sieur Richard de Canville (à une quinzaine de kilomètres à l’est), en faveur de la même abbaye de Jumièges. Au fil de la docu…

 

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