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Adolphe-Félix Cals

Adolphe-Félix Cals. 1810-1880 (© Guillaume Néel).


Extrait Patrimoine Normand N°113.
Caricature de Guillaume Néel.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Festival Normandie Impressionniste oblige, c’est un peintre que nous avons décidé de mettre à l’honneur ici. Les esprits tatillons nous objecteront qu’il n’était pas normand d’origine, puisque né à Paris. Certes répondrons-nous, mais c’est quand même bien à Honfleur qu’il choisit de s’installer et qu’il passe les dernières années de sa vie. Élève des graveurs Jean-Louis Anselin et Nicolas Ponce, ami de Jongkind et de Corot, il est proche des peintres de l’École de Barbizon. Bon, la forêt de Fontainebleau est fort jolie, mais cela n’a quand même rien à voir avec les côtes de la Manche, non ?

Inconditionnel des rencontres de la ferme Saint-Siméon (voir notre article), il y côtoie les Boudin, Monet, Daubigny, Dubourg et autres Courbet. Son plaisir, à Adolphe-Félix Cals, consiste à planter son chevalet sur le port ou sur les bords de mer. Il aime saisir paysages et scènes de vie rurale et se distingue aussi par ses portraits particulièrement profonds, qui mettent en lumière le petit peuple des travailleurs, des gens humbles. Des personnages à son image, en quelque sorte…
 



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Le Groupe Ornithologique Normand

Cigognes en Normandie (© Stéphane William Gondoin).

Vous connaissez peut-être son logo estampillé d’un grand cormoran. C’est l’emblème du Groupe Ornithologique Normand, une association fondée en 1972, reconnue d’utilité publique en 1991, qui « a pour principales missions l’étude et la protection des oiseaux et de leurs milieux sur les 5 départements de la région Normandie. » En d’autres termes, il organise des comptages, surveille les migrations, entreprend des études sur les milieux et les écosystèmes… Il mène également des actions de sensibilisation et d’information auprès du grand public, organisant stages, animations, sorties sur le terrain… Il gère par ailleurs une trentaine de réserves et des centaines de refuges, ainsi que les principaux plans d’eau douce et les grandes colonies d’oiseaux marins.

Logo « Groupe Ornithologique Normand »  (DR).

Logo « Groupe Ornithologique Normand »  (DR).

Groupe Ornithologique Normand – 181, rue d’Auge – 14000 Caen Tél. : + 33 (0)2 31 43 52 56 – http://www.gonm.org

Article publié dans Patrimoine Normand n°113, par Stéphane William Gondoin.


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Les Vikings – De la Scandinavie à la Normandie

Le hors-série « Vikings – De la Scandinavie à la Normandie » paraîtra au mois de juillet 2020.

Lindisfarne, juin 793. Implanté depuis des lustres sur la côte nord-ouest de la Grande-Bretagne, ce vénérable monastère subit un raid éclair de la part de pillards venant de Scandinavie. Ce coup de main soulève une vague d’indignation en Occident et ouvre une période de trois siècles qui bouleversera à jamais le visage de l’Europe, de l’Islande jusqu’à la Russie.

Après La Seconde Guerre mondiale en Normandie et La Normandie médiévale, des origines à Guillaume le Conquérant, il nous a semblé tout naturel de consacrer notre troisième hors-série aux Vikings. Nous nous sommes d’abord intéressés avec plaisir au passé de la Scandinavie, depuis la Préhistoire jusqu’au XIe siècle, à la découverte d’une civilisation brillante et singulière, plongeant ses racines dans la nuit des temps. Leur riche culture démontre que ces « hommes du Nord » étaient bien autre chose que les « fils du diable » animés d’une « rage démoniaque », dépeints par les religieux terrifiés victimes de leurs prédations. À bord de leurs formidables navires, nous avons descendu les grands fleuves russes pour atteindre Constantinople et la Perse, abordé l’Islande, le Groenland et même le continent américain. Nous avons sillonné les côtes de l’Irlande, des péninsules Ibérique et Italique… Nous avons navigué sur la Seine, la Loire, la Méditerranée, le Rhône…

Photo de gauche : Christer Åhlin © Statens historiska museum, Stockholm - https://historiska.se et www.flickr.com - Sous licence CC BY 2.5 – creativecommons.org.  Photo de droite : Le dieu Wotan-Odin, dans le Libellus de primo Saxonum vel Normannorum adventu (Registre sur la première arrivée des Saxons et des Normands).  (Cotton MS Caligula A VIII f. 29 r – Nord de l’Angleterre, milieu XIIe siècle – © The British library - Domaine public - www.bl.uk)

Photo de gauche : Christer Åhlin © Statens historiska museum, Stockholm – https://historiska.se et www.flickr.com – Sous licence CC BY 2.5 – creativecommons.org.
Photo de droite : Le dieu Wotan-Odin, dans le Libellus de primo Saxonum vel Normannorum adventu (Registre sur la première arrivée des Saxons et des Normands).  (Cotton MS Caligula A VIII f. 29 r – Nord de l’Angleterre, milieu XIIe siècle – © The British library – Domaine public – www.bl.uk)

Et pour conclure, nous avons souhaité mettre en lumière l’héritage des Vikings, ainsi que ceux qui le font vivre : chercheurs, romanciers, artistes, passionnés d’histoire vivante…
Alors embarquez avec nous et préparez-vous pour des heures de grande aventure.

Pour plus d’informations ou commander ce hors-série : cliquez ici

Article publié dans Patrimoine Normand n°113, par Stéphane William Gondoin.


Hors série Vikings
 

Les jardins d’Étretat

Les jardins d’Étretat. Une multiplicité d’émotions, dans ces sculptures de Samuel Salcedo : Gouttes de pluie. (© Stéphane William Gondoin)


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Thierry Georges Leprévost.

C’est la plus étonnante des créations paysagères qui soit. Ancrée sur la ­­­falaise où Claude Monet aimait à planter son chevalet, elle domine de ses vertes ondulations la blancheur de la craie et les reflets changeants de la mer qui la baigne. Les jardins d’Étretat allient l’harmonie des formes à une aspiration revendiquée au néo-futurisme

 

un décor naturel de théâtre

Pour l’écrivain Hermine Lecomte de Noüy (1854-1915), qui possède une résidence à Étretat, le village est « un nid de verdure, entre deux falaises escarpées et découpées en décor d’opéra-comique ». Une référence aux planches qui ne se démentira pas. Un tiers des estivants de la station balnéaire appartiennent au monde des artistes.

À la Belle Époque, les villas la garnissent jusque sur les hauteurs de la valleuse. Celle de la comédienne Madame Thébault est juchée sur la falaise d’Amont, jouxtant la croix de fer, la chapelle Notre-Dame et son plateau. Elle est idéalement située à l’est, face au soleil couchant, à la falaise d’Aval, à la Manneporte et à l’Aiguille (creuse selon Maurice Leblanc) qui, après avoir jadis étonné les flottes vikings venues se ravitailler sur nos côtes, font rêver tellement de visiteurs de la côte d’Albâtre avides de pittoresque. Depuis, cet ensemble touristique a été complété par le monument dédié à Nungesser et Coli, qui le domine légè…

 

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Robert le Libéral – Héros de chanson de geste

Statue de Robert le Magnifique. (© Rodolphe Corbin)


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Thierry Georges Leprévost.

Le sixième duc de Normandie est assurément le plus énigmatique de tous ceux qui se seront succédé entre 911 et 1204. Les conditions de son arrivée au pouvoir ont nourri les pires suppositions. La naissance de son fils stimulera pendant des siècles la verve poétique des écrivains. Sa fin de vie prématurée demeure nimbée de mystère.

Robert naît probablement à Rouen en 1009 ou 1010. Il est le second fils de Richard II le Bon et de son épouse légitime, Judith de Bretagne. À la mort de leur père en août 1026, c’est son frère aîné Richard, qui fort logiquement lui succède.

On aurait pu destiner son cadet à l’abbatiat ou à l’épiscopat, histoire d’ajouter une pièce maîtresse ducale au sein de l’Église normande, mais Robert ne se sent sans doute aucun goût pour entrer dans les ordres. Il faut croire que son père en avait conscience, tout comme de sa forte personnalité, puisqu’il l’a fieffé du vaste comté d’Hiesmois, dont la ville principale, autrefois Exmes, est désormais Falaise, au fier château surgi du schiste aux reflets ocre, perché au-dessus du cours de l’Ante, doté de l’un des premiers donjons de pierre construits en Normandie, indice de l’importance militaire de la place face aux potentielles menaces angevines ou bretonnes. Un geste de confiance en son second fils, eu égard à l’impor…
 

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1940-1945 : huis-clos à Jersey – Invasion, occupation et libération…

Tour radio au-dessus de la pointe de la Corbière. (© Stéphane William Gondoin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Stéphane William Gondoin.

« Les îles de la Manche sont des morceaux de France tombés dans la mer et ramassés par l’Angleterre », écrivait poétiquement – mais faussement – Victor Hugo dans son propos liminaire aux Travailleurs de la mer. Dans la foulée de la défaite française, en juin 1940, ces « morceaux de France » sont plus prosaïquement « ramassés »… par la Wehrmacht et tombent sous domination allemande. Débute alors une occupation qui durera jusqu’au… 9 mai 1945 ! À Jersey, on s’apprête donc à fêter le 75e anniversaire de la Libération.

Ces heures où l’Histoire paraît sombrer dans un gouffre sans fond, Bob Le Sueur les a bien connues. Âgé de 19 ans en juin 1940, il appartient à cette génération dont la jeunesse fut fauchée par l’ouragan soulevé au nom d’une idéologie aussi délirante que mortifère. L’œil vif du haut de ses 99 printemps, il nous reçoit chez lui, nous proposant thé, café et biscuits avec beaucoup de gentillesse dans sa petite maison de Jersey. Et nous sommes tout de même huit ! Selon ses propres mots, il y « attend de fêter son prochain anniversaire, un anniversaire avec deux zéros à la fin ! » Dans un français aussi impeccable qu’érudit, il rappelle d’abord qu’il est Normand et en aucun cas sujet de la reine d’Angleterre en tant que telle, mais comme « duc de Normandie. Mais à la fin, qui donc a gagné la bataille de Hastings ? », interroge-t-il avec une pointe de ma…
 

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L’héritage de Boudin et de Dubourg – Honfleur berceau de l’impressionnisme ?

L’église Sainte-Catherine, avec son clocher isolé, est l’un des monuments emblématiques de Honfleur. Johan-Barthold Jongkind, Honfleur, place Sainte-Catherine, le Marché, 1865 – Huile sur toile. (© Henri Brauner)


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Stéphane William Gondoin.

Patrie de l’historien Albert Sorel, des écrivains Henri de Régnier et Lucie Delarue-Mardrus, du génial auteur humoriste Alphonse Allais et du non moins génial musicien Erik Satie, Honfleur joua aussi un rôle crucial dans la naissance de l’impressionnisme, grâce à deux autres de ses enfants : Eugène Boudin et Louis-Alexandre Dubourg. À l’occasion de la quatrième édition du festival Normandie Impressionniste, direction la Côte de Grâce pour nous plonger dans le bouillonnement créatif et artistique honfleurais du XIXe siècle, en explorant les riches collections du musée Eugène-Boudin.

 

Après avoir fait trembler l’Europe pendant près d’un quart de siècle, la France vaincue redevient une nation paisible au lendemain de la signature du second traité de Paris (20 novembre 1815). Cette sérénité recouvrée favorise le développement des échanges internationaux et les allers-retours se multiplient entre les deux rives de la Manche.
 

do you speak english ?

Dès avant 1820, les premiers touristes et curieux anglais débarquent en Normandie, attirés tant par les trésors architecturaux de la région que par la beauté et la variété des paysages. Parmi ces visiteurs figurent de nombreux artistes maîtrisant les techniques de l’aquarelle, comme John Sell Cotman (1782-1842), Charles Stothard (1786-1821), John Gendall (1790-1865), Richard Parkes Bonington (1802-1828) ou encore les frères Copley (1787-1855) et Thales (1793-1837) Fielding. Leurs œuvres servent essentiellement de supports à des reproductions litho…

 

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De Coriallo à Cherbourg-en-Cotentin

Claude Félix Théodore Deligny (1798-1863). Vue de Cherbourg, 1831. (© ville de Cherbourg-en-Cotentin/musée Thomas-Henry)


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Thierry Georges Leprévost.

Son nom sonne comme un terminus de chemin de fer : Paris-Nice, Paris-Brest, Paris-Cherbourg… Une gare de fin de ligne, avant le néant terrestre, avant la mer et ses mystères. Un goût de bout du monde, de finis terræ. Cherbourg, tout le monde en a entendu parler, même hors la Normandie. Grâce au film de Jacques Demy. À cause de l’affaire des vedettes israéliennes, ou du débarquement de 1944. La tête de la presqu’île du Cotentin évoque tout cela, et bien d’autres choses encore : vingt siècles d’Histoire, d’art, de patrimoine, d’industrie, qui lui ont forgé une forte personnalité, à nulle autre semblable. Tout ce qui fait que Cherbourg est avant tout… cherbourgeois.

 

Des vestiges attestent l’occupation du site à l’ère gallo-romaine. Il est probable que les hommes du Néolithique y ont vécu, car les pierres dressées sont nombreuses tout autour, vers Saint-Pierre-Église, Valognes ou Bricquebec. Peut-être aussi des Néandertaliens, bien qu’aucun artefact ne vienne le confirmer ; le site paléolithique du Rozel n’est pas si loin.

Rio a son pain de sucre, Naples son volcan. Cherbourg a sa montagne du Roule ! Au nord du massif armoricain, du haut de ses 112 mètres, elle semble faire un pied de nez aux falaises calcaires des deux rives de la Manche. C’est de ses pentes que proviennent les plus anciennes traces d’occupation romaine de la ville, mises au jour au XVIIIe siècle : une statuette en bronze, une pièce d’or et un tom…
 

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Dossier « Cherbourg » (16 pages) :

  • De Coriallo à Cherbourg- en-Cotentin ;
  • Cherbourg et ses musée ;
  • Cherbourg et son patrimoine monumental.


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Un savoir-faire sauvegardé grâce aux Maisons paysannes

La maison est le témoin discret et bienveillant des destins qu’elle a abrités. (© Maisons paysannes de l’Eure)


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Virginie Michelland.

Si les édifices majeurs de notre patrimoine fédèrent spontanément les énergies pour leur sauvegarde, le patrimoine vernaculaire, issu de l’architecture paysanne, possède aussi ses défenseurs. Ne témoigne-t-il pas, comme les autres, d’un art de bâtir, reflet de savoir-faire et de techniques transmises de génération en génération ?

 

Nous avons assisté à deux chantiers participatifs organisés entre Lieuvin et pays d’Auge par l’association Maisons paysannes de l’Eure. Une expérience intéressante, que nous avons souhaité partager…
 

à chaque pays son architecture

Il est d’usage d’assimiler la maison normande traditionnelle à une chaumière en colombages. Agrémentée de pommiers en fleurs, cette vision bucolique tient à l’évidence de l’image d’Épinal. Elle masque la diversité d’une architecture conditionnée par les matériaux disponibles sur place. C’est ainsi qu’une contrée pauvre en bois privilégiera la pierre ou la brique. Quant au toit, il se compose plus souvent d’ardoises ou de tuiles que de chaume. Le gros œuvre est réalisé, ici à partir de moellons de calcaire, là en pierre de taille, ailleurs avec des rognons de silex, ou encore du grès ou du grison. Si le colombage est presque un dénominateur commun, il se décline lui aussi en une multitude de combinaisons, entre trame lâche, trame étroite, croix de Saint-André ou colombage rayonnant. Du « Pays d’Ouche », cher à La Varende, au Roumois, de la campagne du Neubourg à celle de Saint-André et du Lieuvin au pays d’Auge, en passant par le Marais-Vernier ou le Vexin Normand, c’est à chaque pays son architecture et sa ma…

 

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Le manoir de Rétival à Caudebec-en-Caux

Ayant abandonné le droit à 24 ans pour s’adonner à sa passion de la cuisine, le chef allemand francophile David Goerne s’est imposé comme un maître dans l’art du feu… et l’art des mets. (© Jean-Luc Péchinot).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Jean-Luc Péchinot.

Tout y est ! La vue : sur la Seine, déjà maritime. L’histoire : de séculaires pierres précieuses. Le décor : des meubles, tableaux et objets d’atmosphère. La table : étoilée au toque-niveau. Et ici, « on mange dans la cuisine ». Ici ? En l’enchanteur manoir de Rétival, sur la corniche de Caudebec-en-Caux. Délices d’initiés…

Manoir avec vue. Celle des hauteurs panoramiques d’un charmant village des bords de Seine, entre Rouen et Le Havre, à 12 km d’Yvetot. Un promontoire qui rime avec histoire, puisque du temps des Romains, la rue Saint-Clair était une voie de commerce. Élevé sur les restes d’une maison de Templiers, ledit manoir néo-Renaissance est devenu un temple de l’art de vivre à la française… version allemande. « Il y a une quinzaine d’années, mes parents, comme moi natifs de Hambourg, ont eu un tel coup de cœur pour ce manoir d’exception qu’ils l’ont acheté et rénové pour en faire leur nouvelle résidence. Et quand j’ai eu envie de monter mon affaire, après avoir cuisiné chez des étoilés, notamment chez Ducasse, je me suis dit que Rétival ferait une belle table d’hôtes gastronomique. Ils ont donc émi…
 

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Le Havre-Graville – Il était une fois l’abbaye

Abbaye de Graville. L’ancien établissement religieux occupe une situation assez exceptionnelle, au sommet de la falaise morte dominant l’estuaire. (© Stéphane William Gondoin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Stéphane William Gondoin.

Avec sa Vierge noire dressée à proximité, ses jardins fleuris et son cimetière patrimonial, l’abbaye de Graville est un peu la « Bonne Mère » des Havrais. Depuis près de 1 500 ans probablement, perchées sur un promontoire vertigineux, les occupations religieuses se succèdent ici et paraissent veiller sur l’estuaire de la Seine. Dans leur cadre verdoyant, l’ancien sanctuaire, merveille de l’art roman normand, les salles basses voûtées et les bâtiments conventuels, forment un ensemble « so romantic »…

Élisabeth Leprêtre, conservatrice en chef des musées d’Art et d’histoire du Havre, est formelle : « Graville a brûlé en 1787 et la plupart des archives se sont volatilisées. Mais tous les indices encore en notre possession laissent entrevoir un établissement d’importance aux mains des génovéfains aux XVIIe et XVIIIe siècles, des chanoines réguliers réputés pour être de grands intellectuels. Si le site fut bien un prieuré au cours de son histoire, il est mentionné comme une abbaye sur de nombreux plans anciens et le vide de documentation laisse penser que l’appellation d’abbaye paraît justi…
 

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L’émigration percheronne en Nouvelle-France et les Muséales de Tourouvre

Vitrail commémorant le départ de Julien Mercier, émigrant originaire de Tourouvre, pour la Nouvelle-France en 1647. Église de Tourouvre, 1891. (© M. Ganivett).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Michaël Herbulot.

Au XVIIe siècle, plusieurs centaines de Percherons quittent leur province natale et bravent l’inconnu pour gagner la Nouvelle-France, avec l’espoir d’une vie meilleure. Le musée de l’Émigration française au Canada, à Tourouvre, retrace leur épopée extraordinaire et nous replonge aux premières heures de l’implantation d’une colonie française en Amérique du Nord.

Le 8 mai 1532, François Ier est en pèlerinage au mont Saint-Michel. Avec l’abbé Le Veneur, il évoque le « Nouveau Monde ». Le continent américain est encore en grande partie terra incognita (« une terre inconnue »). Le souverain est à la recherche d’un navigateur pour poursuivre la quête d’un passage par le nord-ouest qui permettrait de rejoindre l’Inde et la Chine. L’abbé connaît justement un marin de Saint-Malo qui a l’âme d’un explorateur, un certain Jacques Cartier, et il le présente au roi. Leur rencontre est le point de départ de la colonisation française de l’Amé…
 

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La Maison du Biscuit – Des financiers qui font recette…

La Maison du Biscuit, à la Haye-du-Puits (© Jean-Luc Péchinot).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Jean-Luc Péchinot.

« Toutes les bonnes choses ont une faim »… et en l’occurrence aussi, une histoire ! Depuis cinq générations, les Burnouf font recette avec leurs financiers et autres biscuits « tout au beurre », leur maison attirant un demi-million de gourmands en leur coin de Cotentin.

Cette histoire de famille se perpétue depuis plus d’un siècle. Depuis ce Paul Burnouf qui, en 1903, ouvrit sa boulangerie à La Haye-du-Puits, petite commune de la Manche. Ses brioches se vendaient comme des petits pains, mais il fallut attendre la quatrième génération, celle de Marc, pour que la boulangerie-pâtisserie s’enrichisse d’une biscuiterie. Ayant racheté dans les années quatre-vingt-dix une ancienne laiterie à Sortosville-en-Beaumont, le « biscuithologue » fit vite prospérer sa Maison du Biscuit, certes située à l’écart des grands axes touristiques, à 30 km au sud de Cherbourg, mais bien visible au bord de la route menant de Barneville-Carteret à Brique…
 

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Le château d’Omonville – Siège de la Rose-Croix

Château d’Omonville, à Tremblay-Omonville. Vue d’ensemble du domaine avec la cour d’honneur. Remarquer le lavoir sur la droite du cliché. (© A.M.O.R.C.)


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Laurent Corbin.

1754. Il était une fois, au royaume de France, au cœur du verdoyant ancien duché de Normandie, un beau château du nom d’Osmonville, appelé de nos jours château d’Omonville. Situé dans le village du Tremblay-Omonville, dans le département de l’Eure, à vingt kilomètres de sa préfecture Évreux, il est depuis décembre 1969 la propriété de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (A.M.O.R.C.)

 

une longue histoire

L’histoire du château d’Omonville, classé monument historique depuis 1948, comporte de nombreux points d’interrogation que les recherches historiques en cours ne résoudront peut-être jamais. Il est cependant intéressant de noter que la tradition locale, de même que certaines archives, font mention de « maisons défensives » successivement construites à cet emplacement à une époque très reculée, vraisemblablement au temps des premiers châteaux forts qui, avant d’être en pierre, étaient édifiés en bois. Ainsi, une liste militaire dressée au XIIIe siècle mentionne déjà l’existence de la « forteresse d’Osmundivilla », tan…

 

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John Law – L’aventurier écossais qui devint connétable de Normandie

Portrait de John Law, contrôleur général des finances en 1720 (1671-1729), par Casimir Victor Alexandre de Balthasar (1811-1875) – huile-sur-toile, 1843. (© Musée de la Compagnie des Indes).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Serge Van Den Broucke.

John Law, plus connu en France sous le pseudonyme de Lass, est resté célèbre dans l’histoire du XVIIIe siècle pour son fameux système financier qui, par la création du papier-monnaie, révolutionna la banque. Mais on sait moins qu’il investit massivement à titre personnel dans des propriétés et des projets spectaculaires en Normandie.

Tout a commencé le lundi 9 avril de l’an 1694 à Londres, vers une heure de l’après-midi. Ce jour-là, à Southampton Square, un tout jeune homme de vingt-trois ans, vigoureux et bien fait de sa personne, armé d’une épée achetée cinq shillings, porte un coup direct à un adversaire fortuné et de figure tout aussi plaisante, Edward Wilson. La lame frappe un peu au-dessous de l’estomac, et s’y enfonce, ouvrant une plaie de deux pouces de large. Le coup est instantanément fatal. Aussitôt, on crie, on s’insurge, on se saisit du coupable, on exige de lui son identité : il s’appelle John Law, il est écossais et il est le fils d’un riche orfèvre d’Édimbourg devenu banquier, propriétaire du domaine et du château de Lauriston depuis 1683. Quant à Wilson, on dirait aujourd’hui qu’il est un jetsetter, un oisif fréquentant les salons mondains, étalant une richesse qui semble inépuisable dont l’origine demeure mysté…
 

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La Fondation du patrimoine au chevet du patrimoine mobilier

Le voile de mariée en dentelle d’Alençon (© Fondation du patrimoine).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Maxime Morlaine.

C’est un fait : la Fondation du patrimoine est surtout reconnue pour son action en faveur de la sauvegarde d’éléments bâtis. Peu savent en revanche qu’elle soutient également de nombreuses opérations en faveur du patrimoine mobilier.

 

de multiples dénominations

La notion de « patrimoine mobilier » recouvre de nombreuses catégories, identifiées au niveau européen dans le cadre de la législation relative à l’exportation des biens culturels.

Ainsi, aux côtés des œuvres d’art classiques (peintures, sculptures, dessins, gravures, etc.), on retrouve aujourd’hui des éléments très variés tels que des objets archéologiques issus de fouilles, des fragments de monuments historiques démembrés, des photographies, des manuscrits et livres anciens, des cartes géographiques, des archives histo…

 

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La Chanson de Roland et la Normandie

Probable représentation du combat de Roland contre Marsile. Vitrail de la cathédrale de Chartres, XIIIesiècle. (© Stéphane William Gondoin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°113.
Par Stéphane William Gondoin.

Les origines du premier chef-d’œuvre de la littérature épique en langue romane restent particulièrement obscures et ont suscité maintes hypothèses par le passé, continuant de nos jours à déchaîner les passions dans les milieux érudits. Parmi celles-ci, la « piste normande » est assurément l’une des plus sérieuses.

Tout débute par un événement historique avéré, relaté par le clerc Éginhard, ami et biographe de l’empereur Charlemagne, dans sa Vita Karoli (Vie de Charles), ainsi que dans les Annales royales : le 15 août 778 semble-t-il, les Francs reviennent d’Espagne après une campagne contre les musulmans ciblant les villes de Pampelune et de Saragosse. En traversant les Pyrénées au col de Roncevaux, l’arrière-garde de l’armée, placée sous le commandement de plusieurs nobles parmi lesquels le « préfet de la marche de Bretagne », Roland, est attaquée et écrasée par des montagnards, probablement des Basques. Voilà pour l’His…
 

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Remorqueur USST 488 – « Vaillant petit navire », la suite

Le remorqueur USST 488, au Havre (© Jean-Michel Lecordier).

Dans notre n° 105, nous vous avions présenté le sympathique USST 488 et ceux qui œuvrent à sa restauration. Voici quelques nouvelles du chantier.

1944-2019. Le petit remorqueur américain a 75 ans. Depuis 1993, les bénévoles de l’association qui en a la charge, continuent jour après jour son entretien et sa remise en état. 2019 a été une nouvelle année de travaux importants. Une cabine a été entièrement remise à neuf et un partenariat avec une école est en train de voir le jour pour la confection du mobilier. Pour retrouver le profil originel du navire, un mât neuf à été confectionné d’après les plans, et reposé sur le pont arrière. Celui-ci a permis la pose de l’antenne radio et du gréement de pavillon national. L’ensemble des vitrages de hublots, qui avaient été vandalisés, a été changé. L’étanchéité à l’air et à l’eau des différents locaux est ainsi assurée. Après le groupe électrogène tribord, c’est celui situé à bâbord qui a reçu les soins des mécaniciens du bord. Le remontage est presque terminé et les premiers essais devraient se faire dès le début de l’année 2020. Un gros travail administratif s’effectue en parallèle, afin de préparer un passage en cale sèche prévu en 2022. Tout ce travail de l’association a été récompensé par le nombre croissant de visiteurs reçus à bord lors de différentes manifestations. Pour les seules Journées européennes du Patrimoine, un peu plus de 800 personnes ont pu ainsi découvrir, ou redécouvrir, ce pan du patrimoine maritime et historique havrais.

Le remorqueur USST 488, au Havre ( Jean-Michel Lecordier).

Le remorqueur USST 488, au Havre (© Jean-Michel Lecordier).

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°112, par Jean-Michel Lecordier.




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Le « marais blanc » du Cotentin et du Bessin

Le « marais blanc » (Photographie G.HEDOUIN).
 


DATE : 
De janvier à mars 2020.
LOCALISATION :
CARENTAN-LES-MARAIS (50)

 

Dans le territoire du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, dès les premières pluies d’automne, le niveau des rivières monte et l’eau envahit progressivement les fonds de vallées, repoussant vers le « haut pays » (le bocage) vaches et chevaux, remplacés par les poissons dans les marécages. Le phénomène, lié à l’abondance des précipitations, culmine au cœur de l’hiver : l’eau monte si haut que barrières et clôtures sont englouties. On dit alors que le « marais est blanc ». Le spectacle s’avère fabuleux, les paysages extraordinairement différents et chaque jour changeants. Le marais se fige, couleur de ciel : « marais blanc » qu’embrasent les rougeurs de l’aube et du crépuscule. L’espace semble élargi, étiré par ces nappes d’eau infinies que fait onduler le vent. Le temps lui-même, rythmé par ces crues saisonnières, tel une marée douce, prend une autre dimension.
Puis l’eau baisse… On dit que le marais « réessuie » ; mais s’il remonte après de nouvelles pluies, il blanchit à nouveau.

Si découvrir ces splendides paysages est un bon prétexte à arpenter ce territoire, c’est aussi une belle période pour observer les oiseaux migrateurs, qui profitent de la quiétude du lieu pour faire une étape ou hiverner : sarcelles, canards souchet, cigognes, hérons cendrés, etc.
De janvier à mars, une saison riche s’offre à vous pour découvrir ces marais du Cotentin et du Bessin. L’accès à la Maison du Parc est gratuit tout l’hiver.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Retrouvez le programme de L’hiver au marais : ici
 
Maison du Parc
3 village Ponts d’Ouve
Saint-Côme-du-Mont
50500 CARENTAN-LES-MARAIS
parc-cotentin-bessin.fr
 

Article publié dans Patrimoine Normand n°112, par Rodolphe Corbin.
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La forteresse de Château-sur-Epte renaît doucement

La forteresse de Château-sur-Epte renaît doucement (© Héritage historique).

Nous vous en parlions en détail dans notre n° 92 et nous aimons suivre nos dossiers : l’association Héritage historique, depuis fin 2015, s’est donné comme mission de faire revivre la place forte de Châteauneuf-sur-Epte. Le premier objectif a été de la libérer de son carcan végétal. Aujourd’hui, le site est « propre » à environ 70 % et cela grâce aux derniers grands travaux réalisés : nettoyage de la motte castrale en novembre 2017 ; dégagement du fossé oriental à l’été 2018 ; nettoyage final de la courtine ouest et d’une partie du mur de la haute cour à l’été 2019. Sur cette même année, les premiers travaux de restauration/maçonnerie ont été réalisés, grâce à l’arrivée dans l’association d’un maître maçon, et également aux autorisations administratives délivrées par les Monuments historiques. L’adhésion à l’Union Rempart (groupement qui réunit plus de 170 associations locales du patrimoine) a permis à Héritage historique de mettre en place, en 2018 et 2019, des chantiers de bénévoles durant l’été. Ces nombreux bras, venus de toute la France, ont fait avancer les travaux. Des entreprises (le groupe Total ou la société Wavestone) ont également apporté leur pierre à l’édifice, en envoyant leurs salariés œuvrer avec l’association. Ce type d’initiatives aide grandement Héritage historique pour mener à bien sa mission, mais la route est encore longue… Toute assistance (savoir-faire, matériaux, matériel, finances…) est donc la bienvenue. Pour en savoir plus ou participer, appeler Didier au 06 82 45 17 82.

La forteresse de Château-sur-Epte renaît doucement (© Héritage historique)

La forteresse de Château-sur-Epte renaît doucement. (© Héritage historique).

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°112, par Didier Faure.




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La Normandie des monstres

La Normandie des monstres, dragons, varous et autres créatures infernales.
Par Stéphane William Gondoin – (OREP, 8,20 €)
 

Elles sont là, les grosses bêtes anthropophages de nos pires cauchemars, ce…

Le château de Falaise

Le château de Falaise.
Par François Fichet de Clairfontaine – 135 pages (Presses universitaires de Caen, 15 €)
 

Voilà 25 ans que l’auteur, inspecteur général d’archéologie…

Paul Bedel – Paroles d’un paysan

Paroles d’un paysan.
Par Paul Bedel – 144 pages (Albin Michel, 25 €)
 

La sagesse, on en trouve partout. Elle est sans doute même davantage présente chez les « gens simples », gardant un lie…

Les Vikings, vérités et légendes

Les Vikings, vérités et légendes.
Par Jean Renaud – 352 pages (Perrin, 13 €).
 

La parution de chaque nouvel ouvrage de Jean Renaud, spécialiste réputé des Vikings et des cultures sca…

Le loup en Normandie

Le loup en Normandie.
Par Jean-Marc Moriceau – 112 pages (OREP, 18 €).
 

Depuis des années, J.-M. Moriceau, historien de la ruralité, s’intéresse à la question du loup en France et de sa coha…

Acquisition exceptionnelle au Mémorial de Caen

La table de Rommel au Mémorial de Caen (© Mémorial de Caen).

17 juillet 1944. Alors que le generalfeldmarschall Erwin Rommel procède à une tournée d’inspection en Normandie, sa voiture est mitraillée par deux Spitfire de la RAF. Grièvement blessé à la tête, il est transporté à l’asile Saint-Joseph de Livarot, où il reçoit les premiers soins d’urgence allongé sur une table en bois. On le transfère ensuite à l’hôpital de la Luftwaffe de Bernay. Grâce au mécénat de Robert Halley, l’un des cofondateurs du groupe Promodès et ancien conseiller de la région Basse-Normandie, ce meuble historique, conservé jusque-là à l’Epahd Saint-Joseph de Livarot, a rejoint les collections du mémorial de Caen. Une place de choix lui sera bien sûr réservée dans les salles d’exposition du prestigieux musée caennais.

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°112, par Stéphane William Gondoin.




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Georges Marchais

Georges Marchais. 1920-1997 (© Guillaume Néel).


Extrait Patrimoine Normand N°112.
Caricature de Guillaume Néel.
Par Stéphane William Gondoin.

 

« Quand j’ai entendu François Mitterrand refuser de s’engager sur l’existence d’une défense nationale indépendante, j’ai dit à ma femme, François Mitterrand a décidé d’abandonner le programme commun de la gauche, fais les valises on rentre… en Normandie ! » Heu non, pardon : « … on rentre à Paris. » Ces mots cultissimes, Georges Marchais, secrétaire général du parti communiste français de 1972 à 1994, candidat à l’élection présidentielle de 1981, aurait fort bien pu les prononcer dans notre première version, puisqu’il est effectivement né à La Hoguette, aux portes de Falaise, dans le Calvados. Quelles que soient les convictions des uns et des autres, le personnage a indubitablement marqué deux décennies de combats politiques par sa gouaille et son sens de la formule pour le moins inattendue. Et ce au grand bonheur des humoristes, imitateurs et autres commentateurs de l’époque. Tenez, une dernière pour la route : « Taisez-vous Elkabbach ! » Mais celle-ci n’a en fait jamais été prononcée. En petites phrases comme en d’autres domaines, on ne prête qu’aux riches…
 



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Jean Dubuffet

Jean Dubuffet. 1901-1985 (© Guillaume Néel).


Extrait Patrimoine Normand N°112.
Caricature de Guillaume Néel.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Fils de commerçants havrais, il passe son enfance à la Porte-Océane. À l’école, il fréquente quelques jeunes gens promis à un bel avenir, tels Armand Salacrou ou Raymond Queneau. En 1917, il « monte à Paris » et s’inscrit aux cours du soir de l’école des Beaux-Arts. Mais il hésite encore longtemps avant de se jeter à corps perdu dans une carrière artistique. Grand voyageur, il séjourne notamment en Algérie, en Italie, en Suisse, en Argentine, aux Pays-Bas, en Belgique… Après avoir songé un temps à reprendre les affaires familiales, il décide finalement de ne se consacrer qu’à la peinture à partir de 1942. Ses inspirations, il va les chercher du côté des dessins d’enfants et de déficients mentaux, qu’il se plaît à collectionner. Il devient ainsi le pionnier de ce qu’il appelle lui-même « l’art brut », qu’il définit comme l’ensemble « des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique ». Ses premières expositions, à partir de 1944, suscitent de très vives controverses, mais aussi l’intérêt d’un autre Normand, le théoricien du surréalisme André Breton. Ses œuvres appartiennent aujourd’hui aux collections des plus grands musées de la planète.
 



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