Catégorie : Citoyen

Le château de Médavy – Une restauration avec un grand « R »

Château de Médavy. Il s’agit d’une belle demeure du XVIIIe siècle, d’architecture classique inspirée de Mansart. Ici la façade après restauration. (© Fondation du patrimoine)


Michel Levron

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Michel Levron.

 

Château de Médavy. La tour Saint-Pierre et le pont après restauration. (© Fondation du patrimoine)
Château de Médavy. La tour Saint-Pierre et le pont après restauration. (© Fondation du patrimoine)

Depuis son enfance, Jean-Louis Charon avait un rêve : posséder un château. Quand il apprend, au début des années 2000, que le château de Médavy dans l’Orne est à vendre, il l’achète avec Béatrice, son épouse. Commence alors une longue, lourde et belle restauration, avec notamment l’aide de la Fondation du patrimoine. L’aventure d’une vie…

Pas question ici d’entrer dans le détail de la riche histoire du château de Médavy (voir l’historique), situé près d’Argentan et du Haras du Pin. Simplement quelques moments importants.
 

Une longue et riche histoire

Cette belle demeure du XVIIIe siècle, d’architecture classique inspirée de Mansart, est au cœur d’un domaine de 133 hectares. Construit sur les bases d’une place forte du duché de Normandie, comme en témoignent encore les douves alimentées par les bras de l’Orne et les deux tours, le bâtiment principal actuel fut érigé entre 1700 et 1723 par Jacques Éléonor Rouxel, comte de Grancey et baron de Médavy, maréchal de France (la famille Rouxel sera propriétaire du domaine pendant 250 ans jusqu’en 1730). Puis l’ensemble fut embelli entre 1754 et 1789 par Pierre Thiroux de Montregard, fermier géné…

 

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Arcisse de Caumont – Un chercheur de notre temps

Statue d’Arcisse de Caumont, réalisée par Victor- Edmond Leharivel-Durocher, rue Baron-Gérard à Bayeux. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Vincent Juhel

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Vincent Juhel.

 

Sépulture d’Arcisse de Caumont au cimetière Saint-Jean à Caen. Il meurt le 16 avril 1873. Le monument a été dessiné par son confrère et disciple Georges Bouet. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Sépulture d’Arcisse de Caumont au cimetière Saint-Jean à Caen. Il meurt le 16 avril 1873. Le monument a été dessiné par son confrère et disciple Georges Bouet. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Arcisse de Caumont (1801-1873), père de l’archéologie médiévale, est le fondateur de nombreuses sociétés savantes normandes ou nationales. Le 150e anniversaire de sa mort est l’occasion de découvrir le parcours d’un organisateur hors pair, historien de l’art renommé, mais également un communicateur et, ce que l’on appellerait aujourd’hui, un médiateur culturel.

Pionnier de l’archéologie française et animateur de l’érudition normande au XIXe siècle, Arcisse de Caumont est une figure majeure de la connaissance et de la sauvegarde de ce que l’on n’appelait pas encore le patrimoine. C’est d’abord un Normand, né le 28 août 1801 à Bayeux d’une famille de petite noblesse de robe ; son souvenir y est d’ailleurs encore bien ancré. Sa statue, œuvre de Victor-Edmond Leharivel-Durocher, érigée seulement trois ans après sa disparition, avait été placée devant l’hôtel de ville de la cité. Elle se trouve aujourd’hui devant le lycée qui porte son nom. Arcisse a passé sa petite enfance à Bayeux – où son père était d’ailleurs conseiller municipal –, avant d’aller au collège à Falaise (installé dans l’enceinte du château), puis de faire des études de droit à l’université de Caen. Ses parents voulaient en faire un homme de loi, mais il était animé par d’autres passions et suivait en parallèle les cours d’histoire de l’abbé de La Rue à l’université.

 

Le fondateur de la Société des antiquaires de Normandie

Il a à peine 20 ans et fait déjà des courses géologiques et archéologiques dans tout le département du Calvados, allant à pied ou à cheval, couchant là où il le peut. De la recherche des roches et de la compréhension des couches géologiques, il en est arrivé à observer l’architecture et à tenter de la décrypter afin de pouvoir en établir une classification, adoptant ainsi les principes des sciences naturelles de Linné. En 1823, il participe, avec ses amis naturalistes, à la création de la Société linnéenne de Normandie. Il crée ensuite la Société d’émulation de Caen, à qui il présente sa première synthèse arché…

 

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Les Dieppois et l’Afrique – Aux origines de la tradition de l’ivoire ?

Le château et l’entrée du port de Dieppe. « J’y viendrais en pèlerinage comme les musulmans vont à la Mecque. C’est ici la patrie des premiers navigateurs de l’Europe. » (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Stéphane William Gondoin.

 

Les œuvres en ivoire des artisans dieppois sont aujourd’hui réparties dans les plus grands musées de la planète, comme ici au Met Museum de New York. Couteau avec sa gaine, début du XIXe siècle. (Don de John Pierpont Morgan, 1917. © The Metropolitan Museum of Art – Domaine public – metmuseum.org)
Les œuvres en ivoire des artisans dieppois sont aujourd’hui réparties dans les plus grands musées de la planète, comme ici au Met Museum de New York. Couteau avec sa gaine, début du XIXe siècle. (Don de John Pierpont Morgan, 1917. © The Metropolitan Museum of Art – Domaine public – metmuseum.org)

De nos jours, le château-musée de Dieppe abrite une collection d’environ 2000 objets en ivoire, fabriqués principalement aux XVIIe et XVIIIe siècles, quand la ville cauchoise atteignit l’apogée de sa prospérité économique. Alors dotée d’un port actif, elle abritait de très nombreux ateliers d’artisans spécialisés dans le travail de cet « or blanc ». Une tradition qui semble puiser ses origines loin dans le temps, au XIVe siècle.

Dans les années 1830, par une belle matinée d’automne, l’écrivain Louis « Ludovic » Vitet (1802-1873), futur membre de l’Académie française, s’installe tranquillement sur le banc de bois situé à l’extrémité de l’une des jetées encadrant l’entrée du port de Dieppe. Il est absorbé par le spectacle de la marée montante et l’approche d’un voilier, quand un quidam s’assoit auprès de lui : il a l’aspect d’un quaker et « son pays était écrit sur sa physionomie : il était Anglais ; […] il tenait sous le bras deux ou trois volumes, dans une main des cartes marines, dans l’autre une longue lunette. Cette lunette, qu’il me prêta avec obligeance, fut cause que je liai conversation avec lui. » Infatigable globe-trotter, l’homme avait parcouru de nombreuses contrées et il entreprend le récit de ses voyages. L’une de ses remarques pique au vif la curiosité du savant français : « Vous ne savez pas, monsieur, combien cette petite ville me touche. Voilà trois fois que je reviens du continent [nda : américain], et toujours je veux passer par ce port de Dieppe. J’y viendrais en pèlerinage comme les musulmans vont à la Mecque. C’est ici la patrie des premiers navigateurs de l’Europe. »

Surpris, Vitet interroge son interlocuteur du regard. Et celui-ci de poursuivre : « Oui, monsieur, n’en déplaise aux Portugais et à tous ces méridionaux. […] Vous, Français, comment laissez-vous depuis si longtemps ces gens-là vous dépouiller d’une gloire qui vous appartient ? J’ai la conviction que vos compatriotes, et surtout ceux de ce petit port, ont fait, sinon les plus belles, au moins les premières découvertes, et qu’ils naviguaient sur les côtes de Guinée […] trente ou quarante ans1 avant qu’un vaisseau portugais eût osé fran…

 

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1) Les Portugais ont commencé à s’aventurer dans ces parages au milieu du XVe siècle.



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Derrière « Le Rideau cramoisi » de Jules Barbey d’Aurevilly

Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), lui-même un dandy. Portrait anonyme. (© Paris musées – Musée Carnavalet – www.parismusees.paris.fr – Domaine public)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Stéphane William Gondoin.

 

Le Rideau cramoisi. Gravure de Félicien Victor Joseph Rops (1833-1898) pour Les Diaboliques, Belgique, 1886. (© The Los Angeles County Museum of Art – Domaine public – https://collections.lacma.org)
Le Rideau cramoisi. Gravure de Félicien Victor Joseph Rops (1833-1898) pour Les Diaboliques, Belgique, 1886. (© The Los Angeles County Museum of Art – Domaine public – https://collections.lacma.org)

Le Rideau cramoisi ouvre le recueil de nouvelles intitulé Les Diaboliques et nous plonge d’emblée au cœur de l’univers aurevillien. Dans l’atmosphère feutrée d’une diligence, deux connaissances se croisent après quelques années de séparation. Épisodique durant la première partie du trajet, leur conversation prend un tour inattendu lorsque, par une nuit sombre, la voiture s’arrête sous une fenêtre fermée d’un épais rideau rouge vif, derrière lequel on devine la faible lumière d’une chandelle.

Un huis-clos d’abord jovial, voire drôlatique, évoluant petit à petit en drame : ainsi pourrions-nous résumer en quelques mots ce Rideau cramoisi. Le narrateur de l’histoire s’en va « chasser le gibier d’eau dans les marais de l’Ouest », que l’on assimile volontiers à ceux du Cotentin, tant l’œuvre de Barbey est intimement liée à sa terre natale. Dans le coupé1 de la diligence assurant la liaison Versailles-Évreux, il retrouve une vieille relation, un personnage haut en couleur dont il préserve le relatif anonymat en l’appelant le « vicomte de Brassard ».
 

Portrait d’un dandy

La description physique et morale que Barbey nous offre de son vicomte de Brassard est un morceau d’anthologie de la littérature, à la fois drôle et féroce. Adepte du dandysme, ce courant arrivé d’Angleterre au début du XIXe siècle dans les bagages de George Brummell, de Brassard est également militaire de ca…

 

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1) Certaines diligences des messageries du XIXe siècle étaient composées de plusieurs parties : le coupé, à l’avant ; la berline, au centre ; la rotonde, à l’arrière. Des voyageurs prenaient aussi place sur l’impériale, l’étage supérieur.



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La famille Lebouvier, repasseur de rasoirs, de père en fils

A notre époque, on ne prête plus d’attention aux lames de rasoirs usagées. Lorsqu’elle ne coupe plus, celle-ci est jetée et remplacée par une lame neuve. Ce n’était pas le cas jusqu’aux années 1960. Jusqu’au milieu du xx ème siècle, on pensait plutôt à faire durer les lames au maximum.
Le métier de repasseur aussi appelé affileur ou affûteur, a évolué au cours des siècles. Repasser est un vieux synonyme d’aiguiser. « Repasseur » est un mot plein de charme suranné, qui désigne un vieux métier, une (…)


Métiers

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Aidez nous à les identifier

Le samedi 14 octobre 2023 de 14H à 18 heures et le dimanche 15 octobre 2023 de 10H à 16H, le Cercle Généalogique du Pays de Caux organisera une exposition de photos anciennes sur le thème des mariages célébrés avant 1950 dans le Pays de Caux. Nous avons des photos dont les mariés ainsi que les participants sont inconnus. Si vous reconnaissez une ou plusieurs personnes sur ces photos, transmettez nous ces informations à l’adresse suivante. info@geneacaux.org Merci INCONNUS 1- photographe E. Deschamps à (…)


Actualité du Cercle

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Histoire et origine d’un nom de famille : « Videcoq »

Connaître l’origine de son nom de famille est quelque chose qui retient toujours notre attention. Nous sommes liés aux personnes qui ont porté ce nom de famille au cours des siècles. Nous avons tous une profonde envie de savoir d’où vient notre nom, quand est-il apparu ? Qu’elles ont été les premières personnes qui l’ont porté ? Cette enquête sur notre passé nous rapproche de nos racines et de notre lignée.
La nécessité d’avoir un nom de famille remonte au moyen âge, à l’époque où l’essor des (…)


Vie sociétale

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Origine et genèse des pensions de retraite

A l’heure actuelle on parle beaucoup de notre système de retraite. Mais, vous êtes vous posé la question de savoir quelle en fut l’origine, la cause ou le point de départ ? Qui eut l’idée et dans quel contexte ? Quand la genèse de ce projet a t-elle germé dans l’esprit humain ? Ce sont des questions que l’on peut se poser dans le contexte actuel. Pour cela, il va falloir se plonger dans l’histoire mais plus loin que l’on ne pense.
Le 24 février 1670, Louis XIV décide de construire un lieu de (…)


Vie sociétale

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Marcelle Capy

Marcelle Capy. 1891 – 1962. (© Guillaume Néel)


Extrait Patrimoine Normand N°124.
Caricature de Guillaume Néel.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Imaginez-vous pousser la porte d’une librairie normande, à Caen, Rouen, Cherbourg ou Alençon, en 1916, alors que les hommes meurent en masse à Verdun ou dans la Somme. Sur les tables où sont soigneusement rangés les derniers ouvrages publiés, un titre attire votre attention : Une voix de femme dans la mêlée, signé d’une certaine Marcelle Capy. L’auteur de la préface est une sommité, Romain Rolland, lauréat du prix Nobel de littérature 1915, pacifiste convaincu. Surprise, lorsque vous tournez les pages, nombre d’entre elles sont estampillées d’un encadré où figurent ces quelques mots : « Coupé par la censure ». Des pages entières ont purement et simplement disparu, tandis qu’aucun discours discordant n’est plus toléré dans une France en guerre. Cette parole, c’est celle de Marcelle Marquès, qui a choisi Capy comme pseudonyme. Après le conflit, cette native de Cherbourg de 25 ans, militante féministe, donnera des conférences sur toute la planète, croisant la route d’Heinrich Mann, d’Henri Barbusse ou d’Albert Einstein, excusez du peu. On lui reprochera son silence durant l’occupation, voire ses articles publiés dans la revue collaborationniste Germinal. Elle n’en demeure pas moins une figure centrale du pacifisme et du féminisme.
 



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Daniel Balavoine

Daniel Balavoine. 1952 – 1986. (© Guillaume Néel)


Extrait Patrimoine Normand N°124.
Caricature de Guillaume Néel.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Nous voici à la fin des années 1970. Sur les ondes de la poignée de radios émettant à l’époque – nous sommes loin de la surabondance dopée par le Net de notre temps –, principalement RTL, tourne presque en boucle un titre interprété par une voix suraiguë, racontant la carrière cométaire et tragique d’un artiste de variété connaissant le succès, avant de tomber dans la déchéance. Il y a quelque part du Jim Morrison, du Jimmy Hendrix ou de la Janis Joplin dans cette histoire… Le succès est foudroyant et son compositeur-interprète renforce sa notoriété par les gammes vocales qu’il déploie dans l’opéra rock Starmania, signé Luc Plamandon et Michel Berger. On connaît la suite : les tubes succèdent aux tubes, de Mon fils ma bataille à L’Aziza, de Pour la femme veuve qui s’éveille à Vivre ou survivre. En 1980, la notoriété de Balavoine explose après un face-à-face, passé à la postérité, avec François Mitterrand : « Vous avez parlé pendant dix minutes au moins de l’affaire Georges Marchais dont tout le monde se fout strictement ! » Né à Alençon le 5 février 1952, Le chanteur trouve la mort dans un accident d’hélicoptère au cours de l’édition 1986 du rallye-raid Paris-Dakar, où il supervisait une action humanitaire des « Paris du cœur ».
 

Vidéo « La colère de Daniel Balavoine face à François Mitterrand » : 

 



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