Auteur/autrice : Patrimoine normand

Mont Saint-Michel, les mille ans de l’abbatiale

2023 : millénaire de l’église abbatiale du Mont Saint-Michel. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L’actuelle abbatiale du Mont est un mélange particulièrement esthétique d’architecture romane, au niveau de la nef et des bras du transept, et de gothique flamboyant pour le chœur. La construction de la partie la plus ancienne a débuté il y a très exactement mille ans, comme nous l’avons expliqué dans notre éditorial, et le chantier s’étira sur six décennies.

Pour fêter dignement cet événement, le Centre des monuments nationaux et l’établissement public du Mont Saint-Michel vous invitent à une série de manifestations, à commencer par l’exposition temporaire La demeure de l’Archange, 1000 ans d’histoire et de création. Sous le commissariat de Mathilde Labatut et de Brigitte Galbrun, elle réunit objets et œuvres religieuses, dont certaines pièces jamais montrées au public (jusqu’au 5 novembre). Plusieurs conférences seront données tout au long de l’été par François Saint-James, guide emblématique de l’abbaye depuis 1989. Quant à Via Aeterna, le désormais traditionnel festival de musique du mont Saint-Michel et de sa baie, sa nouvelle édition se tiendra du 1er au 15 octobre prochain. De quoi faire vibrer les vieilles pierres, pour mieux entendre ce qu’elles ont à nous conter.

Du 8 juillet au 31 août, vous aurez enfin le privilège de profiter chaque soir des Nocturnes de l’Abbaye. Déambuler la nuit dans un monument d’une telle beauté, porteur d’une telle charge historique et émotionnelle, procure des sensations indescriptibles. Peut-être, avec un brin d’imagination, croiserez-vous l’ombre de Robert de Torigni ou de l’un des autres grands abbés des temps jadis…

 

INFORMATIONS PRATIQUES :

Tous renseignements sur https://montsaintmichel.gouv.fr et sur https://www.via-aeterna.com 
 

Article publié dans Patrimoine Normand n°126 (juillet-août-septembre 2023), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Rollon a retrouvé fière allure

La statue de Rollon a retrouvé sa place dans les jardins de l’hôtel de ville de Rouen. (© Stéphane William Gondoin)

La statue de Rollon, qui se dresse dans les jardins de l’hôtel de ville de Rouen, au chevet de l’abbatiale Saint-Ouen, avait bénéficié d’une restauration intégrale peu avant les commémorations des 1100 ans de la fondation de la Normandie. Malheureusement, des imbéciles s’étaient amusés à vandaliser cette œuvre du sculpteur Arsène Letellier, brisant sa moustache, son nez, un doigt de la main et la garde de l’épée, et la couvrant d’inscriptions dégoulinantes d’ânerie. Difficile de comprendre et de justifier un tel acte, si ce n’est par le caractère insondable de la bêtise humaine. Dame Nature aussi y avait mis sa « patte », la recouvrant de mousses et de lichens. Mais elle, ce qu’elle fait, nous l’acceptons bien volontiers. Toujours est-il que Rollon a recouvré sa patine originale et tous ses attributs. Coût total de ce lifting doublé de multiples greffes : 9498 €, financés par la ­­­­municipalité. Le premier de nos ducs méritait bien de retrouver un aspect plus présentable, pour montrer aux touristes son meilleur profil !

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

Article publié dans Patrimoine Normand n°126 (juillet-août-septembre 2023), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Les Médiévales de Falaise – 2023

Les Médiévales de Falaise. (© Ville de Falaise)


DATE
Les 12 et 13 août 2023.
LOCALISATION :
FALAISE (14).

 

De nombreuses nouveautés pour un programme varié et haut en couleur pour s’amuser au Moyen Âge comme si on y était ! Spectacles de fauconnerie, spectacles de feu, chevaliers en armures, musiciens, comédiens, monstres et montreurs de merveilles vont animer la ville de Falaise et le château Guillaume-le-Conquérant… une nouvelle édition pour rire, rêver et s’approcher au plus près de l’Histoire.

Pour la première fois aux Médiévales de Falaise, découvrez un spectacle de Fauconnerie mêlant jeu de scène et démonstration de haute volerie.

Le Tournoi des Fauconniers est une fable écrite sur la thématique de la fauconnerie dans un univers médiéval. Quatre rapaces sont présentés ainsi que des pigeons, des furets et un chien. Outre la performance, le but est de mettre en scène certaines combinaisons zoologiques et démontrer que la pratique de la fauconnerie repose sur une synergie et une confiance mutuelle entre l’homme et l’animal.

Pour accompagner ce temps fort, un riche ensemble de spectacles théâtraux, de déambulations comiques, de camps de reconstitutions historiques, de démonstrations artisanales et militaires, de jeux, d’animations et d’activités participatives complétera la programmation. Comme chaque année, un grand marché historique et artisanal occupera le centre-ville intramuros.

Les Médiévales de Falaise en 2022. (Images Klayann Philippe Corbin © Patrimoine Normand)

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Château Guillaume-le-Conquérant
Place Guillaume-le-Conquérant
14700 Falaise
Tél. : 02 31 41 61 44
Toute la programmation sur le site :

www.medievalesdefalaise.com
 

Article publié par Samuel Barth.
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Les « marais verts » du Cotentin et du Bessin

Cigogne dans le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. (© PnrMCB)

Territoire de 146 650 hectares, situé dans les départements du Calvados et de la Manche, le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin doit sa renommée à 30 000 hectares de zones humides (marais, landes et polders). Cette zone de marais – la plus grande de Normandie – est formée par les vallées de quatre fleuves : l’Aure, la Vire, la Taute et la Douve qui se jettent en baie des Veys. L’Ay, quant à elle, débouche dans le havre de Saint-Germain-sur-Ay, sur la côte ouest du Cotentin. Des vallées auxquelles s’ajoutent les marais arrière-littoraux de la côte est du Cotentin bordant la célèbre plage d’Utah-Beach.

Dans le parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin : la vallée de lAure. (Photo Rodolphe Corbin  Patrimoine Normand)

Dans le parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin : la vallée de l’Aure. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Dans ce territoire, qui est l’une des plus grandes zones humides herbagères pâturées de France, commence début mai une « transhumance de plaine » pour les bovins et les chevaux : c’est la mise au marais. La nidification et la migration des oiseaux vient également animer cette période qui résonne de leurs chants et s’égaille de leurs vols colorés. C’est la période des « Marais verts ». Si observer les oiseaux qui profitent de la quiétude du lieu (cigognes blanches, vanneaux huppés, bergeronnettes flavéoles…) fait le bonheur des photographes et des amateurs d’ornithologie, c’est également une belle période pour découvrir ces paysages préservés au fil des 1550 km de balade à pied ou à vélo.

Balade à vélo au sentier des marais de l'Aure. (© Thierry Houyel)

Balade à vélo au sentier des marais de l’Aure. (© Thierry Houyel)

Utile pour parcourir ce territoire, le parc naturel régional vient de rééditer avec la Fédération française de la randonnée pédestre son topoguide proposant trente-trois randonnées.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Maison du Parc
3, village Ponts-d’Ouve
50500 CARENTAN-LES-MARAIS
Tél. : 02 33 71 65 30
www.parc-cotentin-bessin.fr

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°126, par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Exposition « Les jardins suspendus de Zenga – Soie et dentelles »

Exposition « Les jardins suspendus de Zenga – Soie et dentelles » à Alençon. (© David Commenchal)


DATE
Du 11 avril au 3 septembre 2023.
LOCALISATION :
ALençon (61).

 

Jardins de minuit, jardins de midi… Venez déambuler et rêver dans des jardins oniriques, d’inspiration résolument orientale, et laissez-vous envahir par l’émerveillement et l’apaisement que procurent ces grandes toiles.

Sur la page blanche que représente la toile de soie sauvage aux reflets irisés changeants, Zenga, grande amatrice d’art asiatique, cultive l’art de la rencontre entre des savoir-faire textiles différents. Elle fait pousser des chimères en dentelle qui prennent l’apparence de fleurs, d’arbres, de cours d’eau ou d’astres. Architecture de fils, chaque jardin suspendu est une surface animée faite de textures, de couleurs douces ou chatoyantes et de lumières. Les compostions fortes sont équilibrées et harmonieuses, mais aussi foisonnantes, vibrantes, vivantes.

Entre jardins de minuit et jardins de midi, de l’Alhambra au Taj Mahal en passant par Shalimar, cette exposition- promenade le long de la mythique route de la Soie est une expérience sensorielle qui conduit à l’apaisement et à l’émerveillement.

Retrouvez toute la programmation du musée en lien avec l’exposition sur le site internet du musée : museedentelle.cu-alencon.fr.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Horaires : fermeture hebdomadaire le lundi, sauf en juillet – août.
Tarifs : 4€  ; 3€ (réduit) ; Gratuit (- 26 ans et 1er dimanche du mois).
 
Musée des Beaux-arts et de la Dentelle
Cour carrée de la Dentelle
61200 ALENÇON
Tél. : 02 33 32 40 07
 

Article publié par Céline Courtin.
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Exposition « Fernand Léger, l’homme, l’artiste » à Argentan

Le musée Fernand-Léger – André-Mare à Argentan. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand).


DATE
Du 4 juillet au 3 décembre 2023.
LOCALISATION :
ARGENTAN (61).

 

Jusqu’au 3 décembre 2023, le musée Fernand-Léger – André-Mare propose une exposition visant à découvrir Fernand Léger sous un angle différent. Le peintre est connu et reconnu pour être l’un des précurseurs du cubisme en France. Si l’artiste est connu, l’homme l’est moins…

Qui était-il ? Était-il différent dans sa vie quotidienne et dans son travail ? Qui a-t-il côtoyé ? Dans quelles conditions peignait-il ? Qu’est-ce qui l’inspirait ?

Autant de questions qui ont amené à cette exposition : aborder Fernand Léger par l’angle de la photographie et le découvrir dans son quotidien d’homme et d’artiste.

Une trentaine de photographies seront accompagnées de peintures, lithographies, sculptures, issues des collections du musée, mais également de prêts de l’Institut mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), de l’Atelier de Sabine Weiss, de la ferme-musée Fernand Léger de Lisores, de la galerie Saint-Honoré Art Consulting à Paris et de collectionneurs privés.

Autant de questions qui ont amené à cette exposition : aborder Fernand Léger par l’angle de la photographie et le découvrir dans son quotidien d’homme et d’artiste.

Au-delà de l’artiste, découvrez les différentes facettes de Fernand Léger qui témoignent du fait qu’il était avant tout… un homme comme les autres.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Horaires : Jusqu’au 31 août 2023 de 10 h 00 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h 00.
Du 31 août 2023 au 3 décembre 2023 de 13 h 30 à 18 h 00.
Tarifs : 5,30€  ; 3,50€ (réduit) ; Gratuit (- 12 ans).
 
Musée Fernand-Léger – André-Mare
6 rue de l’Hôtel de ville
61200 ARGENTAN
Tél. : 02 33 16 55 97
www.museesargentan.fr
 

Article publié par Magali Guillaumin.
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Une prison dans l’abbaye du Mont Saint-Michel

Le Mont Saint-Michel, vue générale, fin XIXe siècle. (© Archives de la Manche, collection des estampes, 1 Fi 5/428)


Jérémie Halais

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Jérémie Halais.

 

Prêtres réfractaires enfermés dans la salle de l’Aquilon. (© Archives de la Manche, collection des estampes, 1 Fi 5/454)
Prêtres réfractaires enfermés dans la salle de l’Aquilon. (© Archives de la Manche, collection des estampes, 1 Fi 5/454)

Cette année 2023 est marquée par les célébrations du millénaire de l’abbatiale du Mont Saint-Michel. Voilà l’occasion d’évoquer une période méconnue de l’histoire du célèbre rocher, celle de la maison centrale qui occupe l’abbaye entre 1792 et 1864. Or, ce moment carcéral n’est pas sans conséquence sur les murs du monastère même s’il est vrai que, de nos jours, ses traces sont peu visibles.

S’il existe des prisons au Mont Saint-Michel depuis le Moyen Âge, c’est la Révolution qui y installe véritablement un établissement pénitentiaire. En 1790, les moines ont été expulsés laissant la place, en 1793, à 300 prêtres réfractaires enfermés là. À partir de novembre 1795, les prisons des localités proches, Avranches, Coutances, Granville et Saint-Lô commencent à envoyer également d’autres détenus soit en attente de jugement, soit déjà condamnés. En 1800, selon le sous-préfet d’Avranches, l’établissement abrite près de cent prisonniers, des hommes, des femmes et des enfants. Début juin 1811, alors qu’il visite Cherbourg, Napoléon signe un décret impérial transformant l’établissement en maison centrale.

À partir de 1817, la prison connaît un accroissement considérable de sa population carcérale : 266 détenus en septembre 1817, 488 en juillet 1818, 591 en décembre 1819. Cette augmentation des effectifs implique des aménagements pour loger les prisonniers, pour les faire travailler, mais aussi pour assurer la discipline et la sûreté. Néanmoins, l’utilisation de l’espace s’avère particulièrement difficile au Mont Saint-Michel. En effet, si la topographie du site présente des avantages certains pour prévenir les évasions, l’organisation labyrinthique des différentes parties de l’ancien monastère complique le travail des gardiens. Dans les années 1820, et pour reprendre les mots d’un détenu, le docteur Ledain, la maison centrale est « un assemblage monstrueux de plusieurs corps d’édifices accolés et exhaussés comme au hasard, selon les circon…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Les Chemins du Mont-Saint-Michel – De la connaissance à la redécouverte

Miquelots en vue du Mont durant la traversée. (© Vincent Juhel)


Vincent Juhel

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Vincent Juhel.

 

Saint Michel ordonnant à saint Aubert de bâtir un sanctuaire en son nom sur le Mont-Tombe. Cartulaire du Mont-Saint-Michel conservé à Avranches. 1154-1158. (© Bibl. patrimoniale d’Avranches)
Saint Michel ordonnant à saint Aubert de bâtir un sanctuaire en son nom sur le Mont-Tombe. Cartulaire du Mont-Saint-Michel conservé à Avranches. 1154-1158. (© Bibl. patrimoniale d’Avranches)

Le Mont-Saint-Michel a été conçu et construit au cours des siècles comme un centre religieux en l’honneur de l’archange saint Michel. Son culte venu d’Orient a été diffusé dès le Ve siècle par le Monte Gargano (Pouilles, Italie), qui a servi de modèle au sanctuaire normand lors de sa fondation au début du VIIIe siècle. Érigé en abbaye en 966 et bénéficiant de l’appui des ducs de Normandie, il s’est développé au lendemain de l’an mil avec la construction d’une vaste église romane dont on fête le millénaire cette année. Dès cette époque, parallèlement à Saint-Jacques de Compostelle, le Mont-Saint-Michel est devenu un grand centre de pèlerinage qui attire des fidèles venus de toutes les provinces de France et d’Europe. Découvrons l’histoire de cette tradition millénaire et de l’association qui la valorise.

D’après la tradition légendaire, l’évêque d’Avranches, Aubert, visité trois fois en songe par l’Archange, fonda une première église au sommet du Mont-Tombe. Ce modeste oratoire, construit sur le modèle de la grotte du Monte Gargano, aurait été consacré à saint Michel le 16 octobre 709 et il attira rapidement un grand nombre de pèlerins. Le premier pèlerin connu par les textes est un moine franc nommé Bernard qui, au retour d’un périple au Monte Gargano, à Rome et à Jérusalem, y vint en pèlerinage en 867-868. Son récit magnifique traduit son émerveillement devant ce site sublime, envahi deux fois par jour par les flots terribles de l’océan. Il nous rapporte aussi le miracle renouvelé tous les ans des flots s’ouvrant devant les pèlerins : le jour de la fête de l’Archange, « la mer n’encercle pas le Mont, elle reste immobile comme un mur à droite et à gauche, de sorte qu’en ce jour de solennité, tous peuvent accéder au Mont, ce qui est impossible les autres jours ». La situation insulaire du sanctuaire aux confins du monde alors connu, les risques de la traversée, et la symbolique baptismale des eaux à franchir joueront toujours un rôle essentiel dans la fascination qu’exer…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Honfleur – La belle endormie renaît du tourisme

Durant deux jours, à la Pentecôte, un hommage est rendu aux marins disparus. De la bénédiction en baie de Seine à la procession jusqu’à la chapelle Notre-Dame-de-Grâce, la fête de marins est un événement majeur de la ville d’Honfleur. (© Laurent Leroy)


Yves Buffetaut

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Yves Buffetaut.
 
 
La chapelle Notre-Dame-de-Grâce, vue de face, avec son curieux porche en rotonde et ses trois ouvertures cintrées. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La chapelle Notre-Dame-de-Grâce, vue de face, avec son curieux porche en rotonde et ses trois ouvertures cintrées. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

La concurrence du Havre, puis la fin de la marine à voile font de Honfleur un port de seconde importance, et une sorte de léthargie économique s’installe à la fin du XIXe siècle. La ville reste riche en raison de son arrière-pays, mais il n’y a pas de révolution industrielle à Honfleur qui permette un développement démographique de grande ampleur.

Il y avait en 1793, à la fin de l’Ancien Régime, 9 256 habitants, un chiffre resté constant jusqu’à la Première Guerre mondiale. En 1936, il n’y a plus que 7 861 Honfleurais. Après la guerre, la démographie reprend lentement jusqu’en 1975, mais la fin des Trente Glorieuses met fin à ce regain et la perte de population n’a cessé de s’aggraver, passant de 9 188 en 1975 à 6 742 en 2020, une baisse de près de 1 000 habitants depuis 2014.

Ce déclin économique ne correspond ni à une perte de l’attractivité commerciale de la ville (dopée par le tourisme), ni à une perte de son aura culturelle. En effet, alors que Honfleur devenait une petite ville au tournant du XIXe siècle, elle pouvait s’enorgueillir d’avoir donné naissance à plusieurs personnages célèbres.

 

Trois artistes, trois musées

Les plus connus sont Eugène Boudin, le peintre, Alphonse Allais, l’auteur, et Erik Satie, le compositeur et pianiste, chacun célébré par un musée. Toutefois, ils ne sont pas les seuls. Un Jardin des personnalités propose en effet une promenade assez étonnante le long de la Seine, qui permet de découvrir les bustes de dix-neuf personnalités très variées, pas toutes ori….

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.

DOSSIER « Honfleur – 1000 ans d’histoire  » (16 pages) :


Abonnement Patrimoine Normand
Continuer la lecture

L’âge d’or de Honfleur – Du XVe au XVIIIe siècle

La Lieutenance aujourd’hui. Seules ses fondations sont médiévales, le reste a été remanié à de nombreuses reprises entre la Renaissance et le XVIIe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Yves Buffetaut

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Yves Buffetaut.
 
 
Le buste de Colbert dans le Jardin des personnalités. C’est lui qui a donné à Honfleur son aspect actuel et qui en a fait un riche port de guerre et de commerce. (© Yves Buffetaut)
Le buste de Colbert dans le Jardin des personnalités. C’est lui qui a donné à Honfleur son aspect actuel et qui en a fait un riche port de guerre et de commerce. (© Yves Buffetaut)

C’est durant la deuxième moitié du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, que la ville de Honfleur connaît des aménagements qui lui donnent, peu ou prou, son aspect actuel, au moins en ce qui concerne son centre ancien autour du vieux bassin. Le roi et Colbert décident de transformer le hâvre d’échouage, qui se compose en fait de trois criques assez mal aménagées.

Des travaux considérables

Pour rendre le nouveau port pleinement opérationnel, il est indispensable de lui fournir un bassin à flot qui permettra aux navires de ne pas s’échouer. Les premiers travaux sont organisés par l’amiral Duquesne en 1668 et seront amplifiés par Seignelay et son père Colbert, à partir de 1681. Ils sont extrêmement coûteux : 481 539 livres et ne peuvent être pris en charge exclusivement par le roi, qui n’en supporte que la moitié. Les bourgeois de la ville sont donc mis à contribution. On trouve dans les délibérations du conseil municipal, en mars et avril 1685, la mention d’un emprunt (forcé) que les bourgeois doivent souscrire en deux ans, pour une somme de 100 000 livres.

Colbert et Louis XIV veulent moderniser Honfleur qui possède de nombreux atouts pour devenir un port moderne : sa situation très favorable à l’embouchure de la Seine ; l’excellent abri qu’offre sa situation géographique, à l’abri de la plu…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.

DOSSIER « HONFLEUR – 1000 ANS D’HISTOIRE  » (16 pages) :


Abonnement Patrimoine Normand
Continuer la lecture

Honfleur – Des origines à la Renaissance

La vue classique de Honfleur que les touristes viennent découvrir, avec la Lieutenance à droite et les maisons des XVIe et XVIIe siècles à gauche. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Yves Buffetaut

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Yves Buffetaut.
 
 
Reconstituer la Mora, le bateau sur lequel Guillaume le Conquérant partit conquérir l’Angleterre. C’est le projet historique et ambitieux que porte l’association La Mora – Guillaume Le Conquérant à Honfleur. Un chantier-spectacle ouvrira ses portes au public à l’automne prochain dans les bâtiments de la Jetée. (© Kadeg Boucher)
Reconstituer la Mora, le bateau sur lequel Guillaume le Conquérant partit conquérir l’Angleterre. C’est le projet historique et ambitieux que porte l’association La Mora – Guillaume Le Conquérant à Honfleur. Un chantier-spectacle ouvrira ses portes au public à l’automne prochain dans les bâtiments de la Jetée. (© Kadeg Boucher)

Le port de Honfleur est sans aucun doute le plus connu de Normandie, au moins touristiquement parlant. Il ne faudrait cependant pas croire que cette ville aux hautes maisons magnifiquement conservées n’est qu’un port d’opérette. Son histoire longue et prestigieuse est généralement peu connue, d’autant que les maisons qui entourent le vieux bassin (créé sur ordre de Colbert) datent des XVIe et XVIIe siècles, alors que la ville est plus ancienne, ayant eu un rôle de premier plan dès le Moyen Âge.

L­­­­­­­­es premiers historiens de la ville de Honfleur, au XIXe siècle, ont vainement cherché à lui trouver une fondation antique, mais sans la moindre preuve concrète. À l’époque, l’archéologie est balbutiante (Arcisse de Caumont fonde la Société des antiquaires de Normandie en 1824), et seules les sources écrites permettent de tenter de remonter dans le temps.

 

Honfleur dans les temps anciens

Faute de documents, ces historiens imaginent le passé de Honfleur à partir de sa fondation d’une façon absolument non scientifique. C’est le cas de l’abbé Pierre Vastel, dans son Essai sur l’histoire de la ville de Honfleur, paru en 1834. La phrase introductive de son livre premier résume finalement la situation dans laquelle il se trouve : « L’origine de Honfleur est comme celle de beaucoup de villes en France et ailleurs, un mystère impénétrable à la sagacité hu….

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.

DOSSIER « HONFLEUR – 1000 ANS D’HISTOIRE  » (16 pages) :


Abonnement Patrimoine Normand
Continuer la lecture

Château de Gaillon : une authentique « Renaissance »

Château de Gaillon. L’archevêque Georges d’Amboise s’est inspiré de la Renaissance italienne pour réaliser son « palais italien ». (© Fondation du patrimoine)


Michel Levron

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Michel Levron.

 

Bien sûr le jeu de mot est facile. Mais c’est pourtant une véritable renaissance que va connaître le château de Gaillon (Eure) propriété de l’État. Une vaste et longue restauration est en cours. Pilotée par la communauté d’agglomération Seine-Eure en partenariat avec l’État, la région Normandie et le département de l’Eure, elle a pour grande ambition de redonner vie à cet ensemble unique en France. Par ses dons et collectes, la Fondation du patrimoine a décidé de participer fortement à cette belle aventure.

Avec une vue dominante sur la vallée de la Seine, c’est sur une position stratégique que furent construites, à partir de 1200 (le château est attesté par un texte dès 1025 et a pu être bâti pour protéger le duché de Normandie), les bases du château de Gaillon. En 1262, l’archevêque de Rouen, Eudes Rigaud, « obtient » le château du roi Louis IX. Le site devient alors la propriété des archevêques de Rouen et leur résidence d’été.
 

Du « palais italien » au centre de détention

Le château est embelli par Guillaume d’Estouteville entre 1454 et 1464 ; l’archevêque Georges d’Amboise fait ensuite réaliser d’importants travaux jusqu’en 1510. Il s’inspire de la Renaissance italienne pour rompre avec les conventions architecturales de l’épo…

 

Il vous reste 93 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

La Maison Caillet – De la terre à l’assiette

« Mes jardins sont mes fournisseurs. » Près de 5 000 m2. de serres, potagers et vergers pour des fruits, légumes et plantes aromatiques qui s’épanouissent à partir de pratiques respectueuses de l’environnement. Le chef étoilé Pierre Caillet en tire une magnifique palette de formes, couleurs et textures, dans des compositions qui tiennent souvent du tableau impressionniste. (Photos © Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Jean-Luc Péchinot.

 

La Maison Caillet à Valmont. (© Jean-Luc Péchinot)

« Nos jardins sont nos principaux fournisseurs », se réjouit Pierre Caillet en sa table étoilée de Valmont, du côté de Fécamp. Un MOF enraciné qui s’est vite révélé un locavore d’excellence.

MOF ! L’acronyme est plutôt… bof. Derrière ces trois lettres pourtant, se cache une distinction des plus valorisantes dans le petit monde des métiers de bouche. Et c’en est justement un, ce Pierre Caillet, sacré du titre de Meilleur Ouvrier de France, dont témoigne son col tricolore. Une consécration absolue pour cet ex-élève de l’école hôtelière du Touquet, issu d’une famille de sept enfants. En 2007, il a 26 ans quand, déjà nourri d’une expérience à l’étranger et chez des étoilés, il reprend au Bec-en-Cauchois, à l’entrée de Valmont, une auberge déclinante en bord de route. Et voilà que dès l’année suivante, le Michelin lui décerne un Bib Gourmand. De quoi le doper pour participer à des concours culinaires qui, très vite, vont faire recette(s). En 2011, ils sont plus de 400 chefs à tenter le plus prestigieux de tous : le MOF. Bingo : à 30 printemps, il est le plus jeune des dix lauréats de l’épreuve, et à 31, c’est l’étoile qui tombe, tandis que le Gault & Millau le sa…

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Pont-Audemer – Un marché « normandissime »

Le marché de Pont-Audemer. (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Jean-Luc Péchinot.

 

À Pont-Audemer, l’Eure est « gravement »… gourmande ! De la Normandie à plein panier : locavores ne pas s’abstenir !

Une vraie image d’Épinal… en mode Normandie. Tout est là : les maisons à pans de bois et encorbellement, les hôtels particuliers, la cathédrale gothique et la rivière qui se la coule douce, embrassant de ses deux bras cette vaste place-rue sur laquelle donnent des ruelles arrosées de quatre canaux qui lui ont valu le surnom de « Petite Venise normande ». Les pieds dans l’eau, un centre-ville typique du Moyen Âge, à découvrir de préférence les lundis et surtout les vendredis, à l’heure d’un marché pour locavores qui vous met la Normandie à la bouche.

D’un étal à l’autre, guère que du terroir, avec d’abord des fruits et légumes qui respirent la santé. Le teint frais elle aussi, Marie-Pierre Canu affiche sa couleur préférée : le vert, ses bouquets de blettes étant aussi éclatants que son sou…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Des Vikings et des Normands – De l’Histoire au « mythe viking »

Henri-Georges Charrier (1859-1950), Les Normands revenant du pillage, 1880-1881. Ce tableau ouvre l’exposition. Huile sur toile, 139 × 228 cm, Caen, musée de Normandie, inv. 99.5.1. (© Photo musée de Normandie – Ville de Caen)


Marion Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Marion Gondoin.

 

Le musée de Normandie, dans l’enceinte de l’ancien château ducal de Caen, vous propose jusqu’au 1er octobre prochain une exposition temporaire intitulée Des Vikings et des Normands, imaginaires et représentations. Un voyage initiatique aux confins de la légende et de la réalité.

L’Histoire offre à l’imaginaire collectif une source inépuisable d’inspiration pour transcender la réalité. Le mot « pirate », par exemple, fait immédiatement songer au fameux pavillon noir à tête de mort, à un homme au visage balafré traversé d’un bandeau lui couvrant un œil, boitant sur une jambe de bois, un perroquet juché sur son épaule. Bref, au Long John Silver de L’Île au Trésor.

Le Viking, quant à lui, apparaît comme un « barbare » voguant sur son fameux « drakkar1 ». Son apparition annonce mort et malheur : il met à feu et à sang paroisses ou monastères, pille les trésors, capture des femmes avant de reprendre la mer… Sa soif de conquête nous semble insatiable. Le professeur Régis Boyer, en introduction à son édition de La Saga de Harald l’impitoyable, résumait tous nos fantasmes en évo…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Le Cotentin avant les Romains – De 300 000 à 30 avant notre ère

Chantier de fouilles sur le site néandertalien du Rozel. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Cyril Marcigny

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Cyril Marcigny.

 

Le musée Thomas-Henry à Cherbourg-en-Cotentin met l’archéologie à l’honneur grâce à deux expositions qui se succéderont de 2022 à 2024 : ArchéoCotentin 1 et 2. La première, qui avait pour ambition de faire découvrir une large période, de la Préhistoire au début de l’Antiquité, soit 300 000 ans d’histoire tout de même, vient de s’achever en mars de cette année. Ce sont désormais les périodes les plus récentes, de l’Antiquité à la fin du Moyen Âge, qui font l’objet d’une présentation au public. Ces deux manifestations sont l’occasion de faire découvrir, dans ces quelques lignes de Patrimoine Normand, un premier bilan de cette archéologie de la Préhistoire et de la Protohistoire du Cotentin.

Les premiers hommes du Cotentin

Dans le Cotentin, les périodes très anciennes ne sont actuellement illustrées que par quelques vestiges mis au jour depuis les années 2000 : un éclat de confection de biface à Gatteville-le-Phare, quelques éclats et galets aménagés à Barneville, et des éclats et un biface au Rozel. Ces vestiges datent entre 337 et 300 000 ans. Ces pierres taillées ont pu être fabriquées par Homo heidelbergensis (comme l’Homme de Tautavel), ou par les Néandertaliens anciens. Ces premiers peuplements correspondent à des épisodes climatiques tempérés et boréaux. En effet, durant les maxima glaciaires, les humains sont allés vers le sud en suivant les ressources, les troupeaux d’herbivores. Rappelons que l’homme est alors un prédateur, chasseur, cueilleur-collecteur. L’acquisition des matières premières carnées s’effectue tantôt par la chasse, tantôt par le « charognage actif », les hommes récupérant ce qui est encore comestible sur des carcasses animales, soit mortes naturellement, soit liées à la chasse de grands préda…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Le granite d’Athis – Une « roche à vivre »

« Boule » de granite en forme de tortue géante, grimpant le vallon du Vauguenard à Chênedouit. (© Mireille Thiesse)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Mireille Thiesse.

 

Au Sud de la Suisse normande, le massif granitique d’Athis prend la forme d’un ballon de rugby qui s’étend du sud de Condé-sur-Noireau aux limites de Flers, jusqu’aux rives de l’Orne vers Putanges. Long de vingt-cinq kilomètres et large de douze kilomètres, cet ensemble géologique impose la rudesse de son caractère. Émergeant des prairies arborées ou des rivières encaissées, les « boules » de granite, perpétuent, avec le patrimoine architectural et artisanal, la mémoire d’une activité de carriers et de tailleurs de pierre, dans une contrée préservée où il fait bon vivre.

Du magma à la granodiorite

Du Mont Saint-Michel à la partie orientale du massif d’Athis, s’étend une zone de roches anciennes dures essentiellement formées il y a environ 540 millions d’années. Lors de cette première orogenèse, se forme une chaîne de montagnes dénommée cadomienne. Sous la poussée du magma granitique issu de l’écorce terrestre, les schistes et les grès se plissent et, au contact de l’intense chaleur, se durcissent et se transforment en roches métamorphiques très solides, les cornéennes. Les cours d’eau empruntent les cluses ainsi formées, laissent apparaître des flancs rocheux, granitiques ou gréseux, aux pentes abruptes dont les vallées de la Vère, de la Rouvre et de l’Orne sont des exemples. À proximité, le granite (composé de quartz incolore, de feldspaths blancs et de micaschistes noir brillant), au cours du temps qui érode les roches, affleure en sur…

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Promenade bucolique dans la vallée de la Véronne

L’étonnant manoir du Vièvre, avec ses tours circulaires et sa tourelle d’escalier, à Saint-Étienne-l’Allier. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Virginie Michelland.

 

Le petit canton de Saint-Georges-du-Vièvre est une contrée secrète, où chaque village abrite un patrimoine discret. Les soirs d’été, des « soirées vagabondes » imaginées par un amoureux du pays, Robert Marie, nous ont permis d’apprécier les trésors cachés de ces communes ignorées.

Pour aborder le Vièvre

Le chef-lieu de ce canton très rural est ainsi des plus accueillants. On pourra regretter la disparition en 1930 de ses halles aux toiles, témoins depuis le XVe siècle du dynamisme d’une production artisanale de « fleurets » ou de « brancards », mais on observera avec intérêt ses belles façades en briques ou en colombages. Quant à la tradition selon laquelle la pharmacie aurait été ensorcelée, libre à chacun d’en rire ou de s’en effrayer.

Après avoir envisagé plusieurs itinéraires, nous avons finalement choisi de parcourir à pied le « Chemin de la Véronne », au départ de Saint-Étienne-l’Allier. La vallée de la Véronne est l’un des axes structurants de ce territoire, où l’eau est omniprésente. La forêt du Vièvre est l’autre caractéristique essentielle du paysage. Située sur la rive gauche de la Risle, entre Brionne et Pont-Audemer mentionnée aux XIe et XIIe siècles, elle est progressivement défrichée, mais conserve de riches peu…

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Vie et métiers d’autrefois – Le musée de Breteuil-sur-Iton

Le musée de Breteuil-sur-Iton offre une immersion foisonnante dans le quotidien de nos ancêtres. Lilian Letourneur a partagé avec nous sa passion et sa tendresse pour la vie d’autrefois. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Virginie Michelland.

 

Le temps n’a pas de prise sur les souvenirs du passé que l’on respecte et que l’on chérit. À Breteuil-sur-Iton, un musée foisonnant propose une immersion dans le quotidien de nos ancêtres. Lilian et Élisabeth Letourneur y ont guidé nos pas.

Transmettre pour avancer ­

Ce musée Vie et Métiers d’Autrefois est d’abord un hommage au travail manuel ; à la main qui fabrique et construit, au geste qui perpétue les savoir-faire, à l’outil qui permet leur accomplissement. Rénovés si besoin, le rabot, le couteau, le marteau ou le tire-clou passent de main en main, avec en filigrane la fierté du travail bien fait…

Lilian a reçu cette fierté en héritage de son père, René Letourneur, artisan couvreur-zingueur établi à Lieurey (27) de 1952 à 1986, aux côtés de Simone. On découvre la panoplie d’outils à sa disposition. Le marteau et l’enclume d’ardoisier côtoient la lampe et le fer à souder le zinc, la griffe et la grignoteuse, ou encore le sorcier et la bichantourneuse. Le matériel du ramoneur est aussi représenté à travers la corde, le hérisson et le boulet, jetés le long de la paroi de la cheminée. Quant aux matériaux de couverture, ils s’exposent avec leurs caractéristiques régionales et leur couleur locale.

De la préservation d’un héritage familial à la constitution d’une collection monu…

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Le jardin des Sculptures – Château de Bois-Guilbert

Le jardin des Sculptures – Au pays de Pierre Le Pesant de Boisguilbert. Le Couple allongé, avec une magnifique perspective ouverte sur une allée de verdure emmenant vers un bouquet d’arbres. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Stéphane William Gondoin.

 

Le château de Bois-Guilbert, toutes fenêtres riantes. (© Stéphane William Gondoin)
Le château de Bois-Guilbert, toutes fenêtres riantes. (© Stéphane William Gondoin)

« Je regarde un tableau ; il faut que je m’entretienne avec une statue » écrivait Denis Diderot dans ses Observations sur la sculpture et sur Bouchardon. Ce besoin ressenti par le philosophe des Lumières, le sculpteur et paysagiste normand Jean-Marc de Pas offre à tout un chacun l’opportunité de l’éprouver dans le parc de son château de Bois-Guilbert, à la lisière du pays de Bray. Voyage aux frontières du réel et de l’imaginaire, dans un site hanté par de grands esprits de naguère, notamment celui de Pierre Le Pesant de Boisguilbert, ce qui vaut au domaine le double label de « Maison des Illustres » et de « Jardin remarquable ».

« C’est un lieu privilégié, un espace de liberté. J’ai eu envie de créer un chemin de poésie, pour partager ma passion pour la Nature et pour l’Art, autour de notre maison de famille, avec un désir d’harmonie pour une ouverture au public sur le long terme. Ce jardin est un voyage intérieur, une œuvre vivante et naturelle où l’on peut entrer. » Ainsi Jean-Marc de Pas, sculpteur et paysagiste, résumait-il le projet qui l’anime depuis quatre décennies, dans une interview accordée à nos confrères du Parisien en janvier 2021 : transformer le parc de la demeure ancestrale de sa famille en un écrin verdoyant et arboré, où s’instaure un échange perpétuel entre l’artiste et la nature, d’une part, entre son œuvre, tant végétale que statuaire, et les visiteurs, d’autre part. En pousser aujourd’hui la porte est déjà en soi une heureuse inspiration, avec à la clef une plongée initiatique dans un univers onirique et poétique, pour une errance vers « le pays des chimères [qui] est en ce monde le seul digne d’être habité ». (Rousseau, La Nouvelle Héloïse)
 

Histoire d’un fief et d’une famille

Les origines du « bois de Gilbert » (Boscum Giliberti) remontent au moins au début du XIIIe siècle. Il est mentionné pour la première fois vers 1210 dans le Registre des fiefs, un recensement des domaines relevant de la couronne de France effectué sous le règne de Philippe Auguste (1180-1223). Il appartient alors à un cer…

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Pierre Corneille – La querelle du Cid

Portrait de Pierre Corneille vers 1680, par François Sicre. Au soir de sa vie, le Rouennais avait perdu la faveur du public. Il ne mourut cependant pas, comme cela est trop souvent raconté, dans le dénuement. (© Paris musées – Musée Carnavalet – www.parismusees.paris.fr – Domaine public)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Stéphane William Gondoin.

 

Maison natale de Pierre Corneille, rue de la Pie, à Rouen, près de la place du Vieux-Marché. Elle est aujourd’hui transformée en musée. (© Stéphane William Gondoin)
Maison natale de Pierre Corneille, rue de la Pie, à Rouen, près de la place du Vieux-Marché. Elle est aujourd’hui transformée en musée. (© Stéphane William Gondoin)

Vers la fin de l’année 1636 ou au début de l’année 1637, Pierre Corneille fait donner les premières représentations de son Cid, une tragi-comédie en cinq actes qui reçoit aussitôt un accueil triomphal de la part du public. Ce succès n’est pas du goût de tout le monde et déclenche des échanges violents entre un auteur visionnaire et ses défenseurs, et les tenants farouches de l’orthodoxie. De véritables passes d’armes, où les plumes et les bons mots remplacent fleurets ou épées…

Né à Rouen le 6 juin 1606, Pierre Corneille est le fils éponyme d’un « maître des eaux et forêts de la vicomté de Rouen », et de Marthe Lepesant, fille d’un avocat de la ville. Il appartient donc à la petite bourgeoisie de robe et est destiné, après des études au collège des jésuites (le lycée qui porte aujourd’hui son nom), à la profession d’avocat. Très tôt attiré par le théâtre, il abandonne ses charges juridiques et écrit sa première pièce, une comédie intitulée Mélite, jouée à Paris en 1629. Il persiste dans le genre avec La Veuve (1631), La Galerie du Palais (1632) et La Place Royale (1633). En 1635, il se lance dans un projet de tragédie, Médée, qui connaît aussi un beau succès.
 

Les volontés du Cardinal

Il n’est pas aisé de vivre d’un métier de plume en ce temps-là, sauf à posséder soi-même une solide fortune familiale pour assurer son quotidien, ou à disposer d’un puissant protecteur. La liberté n’est en outre guère de mise : toute parution d’ouvrage, toute organisation de spectacle dans un théâtre ayant pignon sur rue est soumise à l’autorisation royale ; en d’autres termes, elle doit passer sous les fourches caudines de la cen…

 

Il vous reste 91 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

La fabrique des parfums – Roger&Gallet, une marque iconique

Exposition « La fabrique des parfums. Roger&Gallet, une marque iconique » au musée de Vire Normandie. (© Vire Normandie)


DATE
Du 5 avril au 5 novembre 2023.
LOCALISATION :
VIRe (14).

 

Vous connaissez probablement l’Eau de Cologne et les savons Roger&Gallet. Mais saviez-vous qu’Armand Roger et Charles Gallet étaient deux Virois, beaux-frères, hommes d’affaires et aucunement parfumeurs ? En 1862, ils s’associent pour créer une maison de parfum qui est restée durant un siècle dans le giron d’une famille inventive, ancrée dans l’air du temps. L’évolution de cette marque s’inscrit dans l’histoire plus large des parfums…

Art et industrie, santé et beauté, nature et chimie, le parfum étant à la croisée de nombreux domaines, il révèle bien des bouleversements culturels, sociaux et économiques. Cette grande exposition, qui prend place sur une surface de 200m2 au dernier étage du musée de Vire Normandie fraîchement rénové, nous propose d’enrichir notre culture olfactive à travers une initiation à l’histoire des parfums. De nombreux prêts (170 objets) permettent une lecture de cette évolution. Au Moyen Âge, les parfums sont utilisés pour se protéger de l’air pestilentiel et camoufler les mauvaises odeurs. Pendant l’Ancien Régime, la toilette consiste à s’asperger d’un « vinaigre » parfumé ou d’eau de Cologne, puis de changer de linge. On ne se lave pas, on se décrasse ! Au contraire, le XIXe siècle est marqué par une vague hygiéniste. Les eaux de toilette, les savons parfumés et même les « extraits pour mouchoirs » se démocratisent. Les premières décennies du XXe siècle sont un âge d’or pour la haute parfumerie. Les flacons signés René Lalique sont les réceptacles de parfums d’un nouveau genre. Aux familles hespéridées et florales, s’ajoutent les parfums « fougère », « ambrés », « chyprés » !

L’Osmothèque, Conservatoire International des Parfums, a repesé six parfums historiques à l’origine de ces révolutions olfactives ! Vous découvrirez également quinze essences brutes à la base de ces assemblages subtils que sont les parfums.

Une expérience olfactive inoubliable à découvrir du 5 avril au 5 novembre 2023 !

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Du mercredi au dimanche, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h. Tarifs : 4,50€ ; gratuités sous conditions (moins de 26 ans, demandeurs d’emploi, premiers dimanches du mois…)
 
Musée de Vire Normandie
Square du Chanoine-Jean-Héroult
14500 VIRE NORMANDIE 
Tél. : 02.31.66.66.50
accueilmusee@virenormandie.fr
www.virenormandie.fr
 

Article publié par Sophie Lamotte.
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Pierres en lumières – édition 2023

La maison Henri-IV à Saint-Valery-en-Caux(© Laurent Pappens)

L’ancienne usine Desgenétais-Boussac de Bolbec. (© Association Bolbec au fil de la me?moire)
L’ancienne usine Desgenétais-Boussac de Bolbec. (© Association Bolbec au fil de la me?moire)

Initié en 2009 par la Fondation du patrimoine et le département de l’Orne, le festival Pierres en lumières s’étend ensuite au Calvados et à la Manche, avant d’être rejoint, en 2016, par l’Eure et la Seine-Maritime. Un beau symbole d’unité normande, et une superbe vitrine pour notre patrimoine avec, à la clef, un succès auprès du public jamais démenti !

Basée sur le volontariat, cette manifestation hors normes fédère des particuliers propriétaires de lieux remarquables, des associations de sauvegarde du patrimoine et des communes ou collectivités territoriales souhaitant mettre en valeur un ou plusieurs édifices publics chargés d’histoire. Les participants répondent à un appel à candidatures et s’engagent à illuminer le site ou le monument de leur choix, et à en ouvrir l’accès à tous gratuitement. Pierres en lumières aura lieu le samedi 13 mai en soirée dans toute la Normandie, de 20 h à 1 h du matin. Dans l’Eure uniquement, le festival se déroulera sur trois jours, du 12 au 14 mai.

La Seine-Maritime par exemple, brillera de mille et un feux grâce à une programmation riche de soixante ponts, châteaux, églises, chapelles, mairies, moulins, halles, clos-masures, phares, postes de douane, maisons d’armateurs, usines et témoins du passé industriel, sites mémoriels, monuments historiques, musées, mais aussi parcs et jardins… Vous pourrez ainsi déambuler dans une ambiance très particulière au milieu des ruines de l’abbaye de Jumièges, visiter la magnifique maison Henri-IV à Saint- Valery-en-Caux, explorer l’atelier-musée du textile, dans l’ancienne usine Desgenétais-Boussac de Bolbec, ou découvrir le charme bucolique du pont de Coq enjambant l’Epte. Liste non exhaustive !
 

Pierres en Lumières à l'abbaye de Jumièges. (© DPT 76) 

Pierres en Lumières à l’abbaye de Jumièges. (© DPT 76)

Article publié dans Patrimoine Normand n°125 (avril-mai-juin 2023), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Exposition « Ruines – variations photographiques » à Jumièges

Exposition « Ruines – variations photographiques » au logis abbatial de l’abbaye de Jumièges. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


DATE
Du 24 mars au 21 mai 2023.
LOCALISATION :
Jumièges (76).

 

L’objet ruine croise l’art sous ses différentes formes. Figure du fragment, allégorie du temps, la ruine mêle savoir et imaginaire. Élevée au rang de genre, elle traverse l’histoire de l’art jusqu’à la pratique de la photographie, et bien au-delà.

Quels impacts la ruine – sous toutes ses formes – a-t-elle sur le paysage, la nature, l’environnement et sur les représentations que l’on en fait ? En quoi l’interprétation contemporaine du motif de la ruine renouvelle-t-elle le genre paysage dans la pratique photographique ?

À partir de ces questionnements et de leur propre démarche artistique, les photographes présentés ici proposent chacun un regard personnel et une libre interprétation du motif ruine, trouvant leur écho au logis abbatial de l’abbaye de Jumièges.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Les neuf artistes normands : Louise BRUNNODOTTIR ; Thomas CARTRON ; Alexandra FLEURANTIN ; Perrine FLIECX ; Coline JOURDAN ; Marie-Hélène LABAT NIKODIO ; Julie PRADIER ; Anya TIKHOMIROVA.
 
L’abbaye est ouverte tous les jours de 9h30 à 18h30 et le logis abbatial de 10h à 13h et de 14h à 18h.
 
Abbaye de Jumièges
24, rue Guillaume-le-Conquérant
76480 JUMIÈGES
Tél. : 02 35 37 24 02.
www.abbayedejumieges.fr

Article publié dans Patrimoine Normand n°125 (avril-mai-juin 2023), par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Charles d’Orbigny et ses illustrateurs & graveurs

Exposition « Le Dictionnaire universel d’histoire naturelle de Charles d’Orbigny et ses illustrateurs & graveurs» au musée Alfred-Canel de Pont-Audemer. (© Musée Alfred-Canel)


DATE
Du 15 avril au 1er octobre 2023.
LOCALISATION :
Pont-Audemer (27).

 

Dans un esprit du XIXe siècle, la maison de l’écrivain Alfred Canel abrite des fonds anciens de bibliothèques, son cabinet de travail et une galerie des arts et des sciences où se côtoient des collections de sciences naturelles, d’archéologie locale et de beaux-arts.

L’exposition du musée Alfred-Canel présente plus de soixante-dix planches illustrées du Dictionnaire universel d’histoire naturelle (1861) du naturaliste Charles d’Orbigny. Ces planches, confiées aux meilleurs artistes animaliers et botaniques de l’époque, résument l’état de la science et la vision de la nature au XIXe siècle. Le musée dédie une partie de l’exposition aux enfants afin qu’ils puissent appréhender à leur niveau toutes les facettes du dictionnaire. Visites guidées, bébés au musée, ateliers de pratique artistique…, retrouvez toute la programmation du musée sur www.ville-pont-audemer.fr, ou sur la page Facebook Musée Alfred-Canel (officiel).

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Musée Alfred-Canel
64, rue de la République
27500 PONT-AUDEMER
Tél. : 02 32 56 84 81

musee.canel@ville-pont-audemer.fr

Article publié dans Patrimoine Normand n°125 (avril-mai-juin 2023), par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Des Vikings et des Normands – imaginaire et représentation

Exposition « Des Vikings et des Normands – imaginaire et représentation » au musée de Normandie, Caen. (© Stéphane William Gondoin)


DATE
Du 1er avril au 1er octobre 2023.
LOCALISATION :
CAEN (14).

 

Quel est le lien qui unit les peuples du Nord et les paisibles habitants d’une région de France ? Comment l’envahisseur barbare est-il devenu un ancêtre prestigieux ?

L’exposition raconte le destin singulier des Vikings et des Normands dans l’imaginaire et dans les représentations. Elle retrace la fabrique des images et la naissance du mythe viking, depuis les sources anciennes jusqu’aux séries et jeux vidéo actuels, de la Tapisserie de Bayeux à Thorgal, en passant par les arts décoratifs et la peinture. Avec plus de 150 objets provenant de collections nationales et internationales (collections royales de Suède, musée national de Stockholm, musée d’Orsay, Cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême…), l’exposition cherche à comprendre le succès universel des Vikings bien au-delà de leurs mers d’origine ou de leurs terres de conquête. Nous présenterons l’exposition en détail dans le prochain numéro de Patrimoine Normand.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
L’exposition est visible jusqu’au 1er octobre 2023 : du mardi au vendredi, de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h ; les samedis, dimanches et jours fériés, de 11 h à 18 h. Entrée : 5,50 €, tarif réduit : 3,50 €.
 
Musée de Normandie
Château
14000 CAEN
Tél. : 02 31 30 47 60
musee-de-normandie.fr

Article publié dans Patrimoine Normand n°125 (avril-mai-juin 2023), par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture