Auteur/autrice : Patrimoine normand

Le chantier Bernard – Un conservatoire de la charpenterie navale traditionnelle

Le chantier naval Bernard à Saint-Vaast-la-Hougue. Réputé pour l’excellence de ses restaurations de vieux gréements, c’est également un acteur important dans le domaine de la pêche. (© Chantier naval Bernard)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Damien Bouet.

 

Le chantier Bernard, situé sur le port de Saint-Vaast-la-Hougue, à proximité de la grande jetée et de la chapelle des Marins, est aujourd’hui un acteur incontournable dans le domaine de la pêche et de la restauration des vieux gréements.

Aux origines du chantier Bernard

Après avoir fait ses armes en Côte d’Ivoire, Gérard Bernard fonde le chantier naval Bernard à Saint-Vaast-la-Hougue en 1972, en rachetant les chantiers Fouaces et Guérand. Très rapidement, il cherche à faire évoluer les plans des navires, pour correspondre au mieux aux besoins des pêcheurs et aux nouvelles technologies. Du fait de son expérience en Afrique, il introduit l’iroko, un bois peu onéreux aux caractéristiques techniques comparables au chêne, qui lui permet d’être plus compé…

 

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Vieux gréements du Nord-Cotentin

Une vaquelotte sort du port de Barfleur. (© Martin Leveneur)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Damien Bouet.

 

Bateaux en régate à Barfleur. (Coll. François Pochon)
Bateaux en régate à Barfleur. (Coll. François Pochon)

La Normandie, et tout particulièrement le département de la Manche, a conservé un grand nombre de vieux gréements : ils font aujourd’hui le plaisir des touristes et photographes qui les découvrent à quai dans les ports de la région, et aussi des amoureux de la charpenterie navale et de la voile traditionnelle, pour qui ces navires sont de réels joyaux. Au-delà de l’aspect purement esthétique, ces embarcations reflètent les grandes heures de la navigation à voile et des bateaux de travail en bois. Actuellement, de nombreuses associations s’attellent à restaurer ces navires et à les faire naviguer.

Du fait de son littoral particulier et des besoins de la pêche, une typologie spécifique de bateaux s’est développée dans le Cotentin. Christian Letourneur, pêcheur de la Hague, expliquait d’ailleurs : « C’est de cette côte que tout un vocabulaire maritime est né, martelé à coup d’herminette et de maillet à calfater. »

 

Typologie des vieux gréements du Cotentin

Si, jusqu’à la fin du XIXe siècle, la pêche au hareng reste l’une des principales activités des pêcheurs du Nord-Cotentin, la raréfaction de ce poisson au début du XXe siècle modifiera les techniques de pêche et les bateaux. En effet, si des variations locales existent en fonction des chantiers, ce sont bien les besoins de la pê…

 

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La (re)plantation de haies bocagères

Depuis 2018, au sein du PNR et Géoparc Normandie-Maine, 70 km de haies ont été replantées sur 192 chantiers. Des jeunes plants de végétaux locaux sont en cours de plantation. (© Fondation du Patrimoine)


Michel Levron

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Michel Levron.

 

Agriculture intensive oblige : des années 1950 aux années 1990, le remembrement des terres agricoles a eu notamment pour effet la disparition massive de haies bocagères. Cependant, le changement climatique et toutes ses conséquences ont fait prendre conscience de l’importance de ces haies pour les écosystèmes. D’où un mouvement pour leur (re)plantation sur le territoire. Ainsi, le Parc Naturel Régional (PNR) et Géoparc Normandie-Maine a lancé en 2018 un vaste programme soutenu par la Fondation du patrimoine.

Les limites du remembrement

Jusque dans les années 1950, le paysage agricole était bien différent de celui d’aujourd’hui. Dans la France de l’ouest, les parcelles cultivées ou occupées par du bétail étaient bien plus petites, séparées par des haies et des bosquets.

Mais, de la fin des années 1950 aux années 1990, ce fut le remembrement. Pour gagner en productivité et faciliter le passage des machines agricoles, les haies ont été arrachées, les arbres coupés, les bosquets, les murets en pierre sèche supprimés… Résultat : de vastes zones en monoculture avec des champs cultivés, sans plus aucun habitat naturel pour la faune et la flore. Si les agriculteurs y ont gagné, ce n’est pas le cas pour la biodiversité. En effet, les haies sont autant de corridors éco….
 

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L’Aigle – Entre terre et ciel

La ville de L’Aigle est la capitale du pays d’Ouche ornais. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Virginie Michelland.

 

La silhouette de la tour de l’église Saint-Martin s’élance vers le ciel, à côté de la tour de l’Horloge. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La silhouette de la tour de l’église Saint-Martin s’élance vers le ciel, à côté de la tour de l’Horloge. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Petite capitale du pays d’Ouche ornais, la ville de L’Aigle puise en partie son identité dans les entrailles de ce sol généreux qui a fourni du travail à ses artisans. Comme le rapace dont elle porte le nom, elle n’en tutoie pas moins les cieux, qui ont même pu lui tomber sur la tête…

La légende aux sources de l’histoire

Tout commence par l’arrivée au Xe siècle des reliques de saint Porcien. Ce moine auvergnat du vie siècle est un esclave affranchi et martyrisé, à l’origine de plusieurs miracles… Des pèlerins se seraient emparés furtivement de fragments de ses ossements. Après avoir franchi la Risle, ils auraient été poussés par une force supérieure à s’arrêter à L’Aigle et à y déposer leur pieux larcin. La présence des reliques et l’élan bâtisseur de la période ducale débouchent sur la construction, au XIe siècle, d’une église romane primitive, qui remplace d’ailleurs une église encore plus ancienne. Le culte de saint Porcien perdure après la dispersion de ses ossements à la Révolution.

Demeurons encore un peu dans le registre de la légende pour évoquer un hypothétique nid d’aigle, découvert au sommet d’un arbre. Le rapace donne son nom à la ville et à ses habitants, les Aiglons… d’ailleurs globalement hostiles à Napoléon. De passage dans la ville, L’Aigle aurait expédié cavalièrement les festivités prévues en son ho…

 

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Marché de Dieppe – À bon port

Avec près de 600 km de côtes, la Normandie est la première région française en matière de pêche à la coquille Saint-Jacques, et le port de Dieppe détient le record avec plus de 3500 tonnes vendues à la criée annuellement. (© Giada Connestari – Dieppe-Normandie Tourisme)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Jean-Luc Péchinot.

 

’or blanc, c’est le nom qu’on lui donne parfois. Une noix de Saint-Jacques qui s’habille là en Label Rouge et dont le corail allume une assiette de son orange solaire. (Photo Laurent Corbin © Patrimoine Normand)
L’or blanc, c’est le nom qu’on lui donne parfois. Une noix de Saint-Jacques qui s’habille là en Label Rouge et dont le corail allume une assiette de son orange solaire. (Photo Laurent Corbin © Patrimoine Normand)

La Saint-Jacques en est la reine. Premier port coquillier de France, Dieppe tient du phare absolu pour l’amateur de poissons, coquillages et crustacés.

Poisson dieppois, poisson de choix » : si, sur la forme, le slogan ramène à la réclame des années soixante, sur le fond il n’a rien perdu de sa vérité. Où mieux qu’ici pourrait-on trouver plus belle marée ? De dorade grise en grondin rouge et lieu jaune, de turbot en cabillaud et maquereau, en voguant de merlan en bar, lotte, sole, saint-pierre et autres homard, tourteau et bulot, la Manche offre là le meilleur d’elle-même. Une mer nourricière que sollicite une flotte de quatre-vingts chalutiers, fileurs et coquillards, la coquille Saint-Jacques étant en effet le produit phare de la pêche dieppoise, avec plus de 3500 tonnes débarquées chaque saison, qui donnaient lieu, autrefois, à des enchères données à la voix dans la halle à la marée. Cette criée est aujourd’hui informatisée et réservée aux mareyeurs et restaurateurs de Dieppe, du lundi au ven…

 

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Gérard Ferruel, sculpteur à la tronçonneuse

Le sculpteur Gérard Ferruel. La tronçonneuse caresse le bois pour restituer les moindres détails du sujet de la sculpture. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Virginie Michelland.

 

Une tête d’Indien au milieu d’un verger bruissant des allées et venues des curieux participant à une fête de la Pomme : cette vision insolite a suffi à attirer notre attention sur Gérard Ferruel, sculpteur sur bois à la tronçonneuse, installé à Suré, dans son Orne natale. Une rencontre sympathique que nous avons souhaité partager…

Gérard, l’émondeur

Gérard est un homme des bois au sens noble du terme. Respirant ce milieu par tous les pores de sa peau, il y trouve la matière première pour ses créations (principalement réalisées à partir de séquoias, de thuyas ou de tilleuls) et de nombreux modèles, de l’écureuil sautillant au lapin agile, en passant par le hibou et le cerf majestueux.

« Doué pour le dessin (j’ai remporté à 9 ans le Prix des écoles dans cette discipline), je n’ai pas pu m’y consacrer. Pour mes parents agriculteurs, le métier d’artiste n’était pas un véritable métier. La ferme était en outre trop modeste pour que j’envisage de la reprendre. Je me suis donc tourné vers l’émondage ; un métier appris dès l’âge de 15 ans auprès des an…

 

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L’aître de Brisgaret à Montivilliers

Dans la campagne de Montivilliers se dresse encore l’aître de Brisgaret. (© Érik Follain)


Erik Follain

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Érik Follain.

 

Art macabre sur l’un des piliers de la galerie. Représentation allégorique de la mort. (© Érik Follain)
Art macabre sur l’un des piliers de la galerie. Représentation allégorique de la mort. (© Érik Follain)

L’aître médiéval est une cour liée à une église et entourée de galeries servant de charnier et d’ossuaire. Très peu d’entre eux ont traversé le temps, le plus célèbre étant celui de Saint-Maclou à Rouen. Découvrons maintenant celui, beaucoup moins connu, de Brisgaret, à Montivilliers.

Dérivé du latin atrium, cour intérieure des demeures antiques, l’aître est la cour rectangulaire associée à une église, à destination de cimetière et bordée de galeries couvertes, de chapelles funéraires et d’ossuaires. C’est donc un lieu qui associe sépultures et charniers unis par la même volonté de se rapprocher du lieu consacré que représente le sanctuaire chrétien quel qu’il soit (le plus fréquemment une église). L’aître est installé aussi bien en campagne qu’en ville. Contrairement aux caveaux et autres plates-tombes des plus riches ou des plus importants que l’on rencontre dans les lieux de culte, c’est l’anonymat qui règne dans les aîtres. En effet, les signes distinctifs des sépultures, tels que les croix, les pierres tombales ou encore les stèles n’apparaissent pas avant le courant du XVIe siècle, et se généralisent au XVIIIe siècle. Dans l’aître, c’est un incessant ballet d’inhumations qui s’entassent dans le sol et finissent dans les ossuaires environnants quand manque la place. En surface, les tombes restent invisibles, c’est pourquoi des marchés pouvaient s’y tenir. À l’époque moderne, par souci d’hygiène et par manque de place, les aîtres sont finalement condamnés et ferment. Les tombes seront parfois exhumées et transférées dans les cimetières périphériques deve…

 

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FÊNO, édition 2023

FÊNO, le festival de l’excellence normande. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Cette année, le festival de l’excellence normande se tiendra au parc des expositions de Rouen, du vendredi 20 au dimanche 22 octobre. Les visiteurs seront accueillis par 350 exposants mettant « en avant les talents et fiertés normandes. Démonstrations, animations, concerts, rencontres, gastronomie et vente en direct sont prévus, pour une édition qui s’annonce aussi festive que les précédentes. C’est le festival qui vous invite à croquer la Normandie à pleines dents ! » À l’heure où nous écrivons ces lignes, la liste des participants est encore inconnue, mais vous la trouverez en temps et en heure sur le site de la manifestation. Et comme nous sommes d’incorrigibles gourmands, entre le saumon de Cherbourg, les producteurs de cidre d’excellence et tous nos fromagers – liste non exhaustive –, on en salive d’avance ! Ouvert de 10 h à 18 h ; entrée et parking gratuits.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :

Tous renseignements sur https://feno.normandie.fr
 

Article publié dans Patrimoine Normand n°127 (octobre-novembre-décembre 2023), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


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Exposition de Karine Saporta à Alençon

Exposition « À fleur de peau. Mémoire d’un défilé éphémère — Photographies de Karine Saporta » au musée des Beaux-arts et de la Dentelle d’Alençon. (© Karine Saporta)


DATE
Du 3 octobre 2023 au 7 janvier 2024.
LOCALISATION :
Alençon (61).

 

Cette exposition est le fruit d’une collaboration exceptionnelle entre Karine Saporta et le musée des Beaux-Arts et de la Dentelle. La chorégraphe, considérée comme l’une des figures majeures de la danse contemporaine française, poursuit également une brillante carrière de photographe. Farouche admiratrice du travail des dentellières, elle offre à la contemplation une série d’une quarantaine de réalisations visuelles qui rendent hommage aux pièces conservées dans les collections permanentes du musée et révèlent les liens entre l’art de la dentelle, la danse et la photographie, dans une mise en scène inspirée des coulisses d’un défilé de mode. L’artiste souligne, avec le style qui la caractérise, la sensualité inhérente selon elle à la dentelle. Au fil des épisodes photographiques, le visiteur est invité à (re)découvrir la richesse et la diversité des thèmes illustrés par les dentellières d’Alençon à travers les siècles.
 

Musée des Beaux-arts et de la Dentelle, Alençon 

le musée des Beaux-arts et de la Dentelle à Alençon. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition visible du mardi au vendredi de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00 et du samedi au dimanche de 10h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00. Fermeture hebdomadaire le lundi ; gratuit pour les – de 26 ans, et gratuit pour tous chaque 1er dimanche du mois.
Musée des Beaux-Arts et de la Dentelle
Cour carrée de la Dentelle
61000  ALENÇON
Tél. : 02 31 30 47 60 
www.museedentelle.cu-alencon.fr

 

Article publié par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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Exposition « Mon trousseau de mariage » au château de Martainville

Exposition « Mon trousseau de mariage » au château de Martainville. (© Véronique Hénon – Dpt 76)


DATE
Du 14 octobre 2023 au 14 janvier 2024
LOCALISATION :
MARTAINVILLE-ÉPREVILLE (76).

 

Au XIXe siècle, le trousseau de mariage est en usage dans toutes les classes sociales, et sa qualité reflète le statut de la future épouse. Confectionné par la jeune fille qui a été formée aux travaux d’aiguille dès son plus jeune âge, le trousseau présente le linge de maison, le linge de corps et le menu linge tels que les bonnets, les coiffes et les mouchoirs de cou. L’exposition du musée des Traditions et Arts normands porte notamment sur l’étude et la présentation d’un exceptionnel trousseau complet, acquis en 2020 auprès de la collectionneuse Jacqueline Le Guell.

En parallèle, Elsa Duault nous présente son travail de collectage de la mémoire des femmes, autour de la thématique du trousseau de mariage. Pour ce travail, l’artiste a contacté des normandes ayant entre 70 et 85 ans. Chaque portrait est présenté par un triptyque composé de la broderie encadrée du drap, extraite de l’étoffe, du drap sculpté, et enfin du témoignage écrit et audio accessible par QR code dans le musée et de manière permanente sur Youtube. En donnant la parole à ces femmes et en partageant avec le public sa vision du portrait, par le prisme des initiales brodées mises en valeur, du drap sculpté, de l’histoire personnelle racontée et du timbre de la voix capturé, l’artiste revisite le genre classique du portrait.

Un événement en partenariat avec le magazine Patrimoine Normand.
 

Le château de Martainville. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Le château de Martainville. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition visible de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h00 et le week-end de 14h00 à 17h30 ;
Fermé le mardi et le dimanche matin ;
Fermeture les 1er janvier, 1er et 11 novembre, 25 décembre.
Musée des Traditions et Arts Normands
Château de Martainville
76750 MARTAINVILLE-ÉPREVILLE
Tél. : 02 35 23 44 70
www.chateaudemartainville.fr

 

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Biennale de sculpture de Bois-Guilbert

Dame assise, de Paul Day. (© Jean-Marc de Pas)


DATE
Jusqu’au 15 novembre 2023.
LOCALISATION :
Bois-Guilbert (76).

 

Pour la douzième édition de sa Biennale de sculpture, le Jardin des sculptures de Bois-Guilbert, créé par Jean-Marc de Pas en 1985, accueille une centaine d’œuvres de trente artistes contemporains, mises en scène dans une scénographie d’ensemble, dans le Jardin des sculptures et la Galerie du château.

Cette édition rend hommage à René de Saint-Marceaux (1845-1915), sculpteur rémois contemporain de Rodin et Pompon, créateur de plusieurs monuments publics, notamment à Paris. Plusieurs de ses œuvres seront exposées au château.

Une conférence sur la vie et l’œuvre de René de Saint-Marceaux sera animée par Lucette Turbet, présidente de l’association de René de Saint-Marceaux, le samedi 7 octobre à 15h. Réservation recommandée.
 

En visitant l'atelier, vous pouvez rencontrer Jean-Marc de Pas et découvrir l'original en terre d'une sculpture du Petit Prince en bronze, installée depuis le 20 septembre 2023 sur la 5e Avenue à New York. (© Jean-Marc de Pas)
En visitant l’atelier, vous pouvez rencontrer Jean-Marc de Pas et découvrir l’original en terre d’une sculpture du Petit Prince en bronze, installée depuis le 20 septembre 2023 sur la 5e Avenue à New York. (© JMP)

VISITE DE L’ATELIER
ET SCULPTURE EN HOMMAGE AU PETIT PRINCE

En fin de visite le week-end, s’il est disponible, vous pouvez rencontrer Jean-Marc de Pas et découvrir l’original en terre d’une sculpture du Petit Prince en bronze, installée depuis le 20 septembre 2023 à l’entrée de la Villa Albertine qui abrite les services culturels de l’ambassade de France aux États-Unis sur la 5e Avenue à New York, commande de The American Society of Le Souvenir Français pour honorer la mémoire de son auteur Antoine de Saint-Exupéry, mort pour la France, qui a écrit et édité pour la première fois le Petit Prince le 6 avril 1943 à New York ; projet soutenu par la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la Jeunesse et par l’ambassade de France aux États-Unis.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Jusqu’au 15 novembre, ouvert tous les jours y compris les jours fériés : de 14 h à 18 h.
Jardin des sculptures
Château de Bois-Guilbert
1108, route d’Héronchelles
76750 BOIS-GUILBERT
Tél. : 02 35 34 86 56
www.lejardindessculptures.com

 

Article publié par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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Au Mesnil-de-Bavent, des savoir-faire qui perdurent

À la poterie du Mesnil-de-Bavent. Le geste est un vecteur essentiel de transmission d’un patrimoine vivant. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Virginie Michelland.

 

La poterie du Mesnil-de-Bavent. Le manoir néo-gothique abrite le logement du patron. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La poterie du Mesnil-de-Bavent. Le manoir néo-gothique abrite le logement du patron. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Un patrimoine vivant est un héritage précieux, où le geste est tout un art, et un vecteur essentiel de transmission… Au cœur du pays d’Auge, la poterie du Mesnil-de-Bavent perpétue un savoir-faire entre terre et ciel : celui de la confection d’épis de faîtage.

Six siècles de poterie

Son destin se construit autour d’un gisement d’argile à même d’offrir pour plusieurs siècles la matière première à un artisanat de la terre. Le pays d’Auge fournissant par ailleurs suffisamment de bois pour alimenter les fours, des potiers s’y installent dès le XVe siècle. On comptera jusqu’à trente-deux ateliers. Des débuts modestes mais encourageants, d’abord tournés vers un usage domestique – confection d’ustensiles de cuisine et de pièces de vaisselle.

Cette production locale s’ouvre soudain sur de nouvelles perspectives avec l’arrivée de Pierre Comptet, originaire de Mâcon, en Bourgogne. L’entrepreneur avisé distingue le riche potentiel du gisement et y installe, en 1842, des fours à bois. S’il fabrique, comme les petits potiers d’autrefois, des récipients et des pots de fleurs, il relance sur…

 

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Restauration de la « chapelle Boucicaut » à Bellême

Restauration d’un joyau de l’art décoratif : la « chapelle Boucicaut » à Bellême. Vue de la chapelle décorée par les artisans et artistes mobilisés pour construire les immeubles du Bon Marché à Paris. À commencer par l’architecte Louis-Charles Boileau et Charles Lameire, peintre spécialiste des décors de mosaïque. (© Fondation du Patrimoine)


Michel Levron.

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Michel Levron.

 

Parvis de l’église Saint-Sauveur de Bellême. Elle abrite la chapelle Boucicaut qui doit être restaurée. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Parvis de l’église Saint-Sauveur de Bellême. Elle abrite la chapelle Boucicaut qui doit être restaurée. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

À Bellême, l’église Saint-Sauveur est par elle-même intéressante. Elle est d’ailleurs classée au titre des monuments historiques depuis 1987 et fait l’objet de travaux de restauration. Mais son joyau est la chapelle dite « chapelle Boucicaut », véritable chef-d’œuvre de l’art décoratif de la fin du XIXe siècle. De plus, outre sa beauté, son histoire est très émouvante. Cependant des travaux urgents doivent être entrepris sur ses décors. La Fondation du patrimoine a lancé en 2022 une collecte de dons pour cette restauration.

Aristide Boucicaut est né à Bellême en 1810. Il est connu pour avoir transformé à partir de 1869 le grand magasin parisien Au Bon Marché et, avec sa femme Marguerite, posé les bases de ce qui deviendra le commerce moderne.

 

Rien de trop beau pour une mère…

Pourtant, les Boucicaut sont restés attachés à leurs racines bellêmoises. Ils ont ainsi contribué de manière très significative à la décoration de l’église Saint Sauveur.

Puis, après la mort de sa mère, Aristide Boucicaut décide d’embellir la modeste chapelle du Rosaire où Madame Boucicaut aimait se recueillir. C’est donc en mémoire de sa mère qu’Aristide apporte son financement à l’amé…

 

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À la découverte du Val de Saire

Comme un petit air de chapelle Sixtine, sur les côtes de la Manche. Église Notre-Dame de Montfarville. Elle abrite un ensemble de toiles signées Guillaume Fouace. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Stèle élevée à la mémoire de Marie Ravenel, au pied de sa « seconde vallée » de Fermanville. (© Stéphane William Gondoin)
Stèle élevée à la mémoire de Marie Ravenel, au pied de sa « seconde vallée » de Fermanville. (© Stéphane William Gondoin)

Bien explorer le Val de Saire, c’est d’abord s’imprégner de l’atmosphère des lieux et accepter de laisser du temps au temps. C’est attendre à l’abri l’espace d’un grain, pour retrouver le soleil quelques minutes plus tard et s’en aller assister à la magie d’une aurore ou d’un crépuscule estival au cap Lévi. De Saint-Vaast-la-Hougue à l’anse du Brick, de la pointe de Barfleur au château de Carneville, vous êtes ici… ailleurs !

Quels sont les points communs entre Marie Ravenel, simple meunière qui passa l’essentiel de son existence dans un moulin, à moudre le grain et à élever ses marmots, et Alexis de Tocqueville, descendant d’un lignage prestigieux, qui joua un rôle politique éminent ? Tous deux, d’abord, vécurent en Val de Saire et témoignèrent, chacun à sa manière, de leur attachement à leur terroir. Tous deux, ensuite, ont gravé leur nom au panthéon des lettres françaises, la première comme poétesse, le second comme écrivain et historien. À ce duo improbable, nous ajouterons bien sûr le besogneux sieur de Gouberville, ce diariste obser…

 

Définition d’un terroir ancien

Le Val de Saire est un pays naturel qui tire son nom d’un fleuve côtier de 30,2 km de long, dont le bassin versant couvre 125 km². Prenant sa source dans la commune du Mesnil-au-Val, la Saire se jette dans la Manche entre Réville et Saint-Vaast-la-Hougue. Au nord, une multitude de minuscules cours d’eau, ruisseaux de Hacouville, de la Couplière, de Cliquempoix, rivière de Varouville (liste non exhaustive) se faufilent jusqu’à la mer, alimentant parfois des étangs côtiers, paradis des oiseaux. Leurs bassins versants sont également compris dans le Val de Saire, qui correspond donc à toute la partie nord-est de la péninsule du Co…

 

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DOSSIER « Val de Saire – trésor du cotentin  » (16 pages) :


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Val de Saire – Toute une histoire…

Le Val de Saire. Vue de la pointe de Barfleur : au premier plan le port de Barfleur et le phare de Gateville en arrière plan. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°126
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Le Val de Saire : panorama depuis le site perché de La Pernelle. (© Stéphane Wiliam Gondoin)
Le Val de Saire : panorama depuis le site perché de La Pernelle. (© Stéphane William Gondoin)

C’est un endroit du bout du monde, l’un de ces lieux magiques où se marient terre, mer et ciel. Ici, les sols furent forgés par les caprices de notre planète au cours de lointaines périodes géologiques. Ici, il y a des dizaines de milliers d’années, des hommes passèrent en abandonnant des traces discrètes, quand d’autres s’installèrent à demeure dans ces paysages envoûtants dès le début du Néolithique. Avec son patrimoine architectural et naturel, avec ses toponymes tout droit descendus de Scandinavie, avec son cortège de légendes, le Val de Saire a beaucoup à nous conter.

C’est sans doute depuis les hauteurs du village de La Pernelle, perché à une centaine de mètres d’altitude, que l’on saisit le mieux l’essence de ce terroir. En contrebas, les haies d’un bocage heureusement préservé tissent comme une toile d’araignée s’étirant jusqu’au rivage. Et là-bas, dans le lointain, la Manche s’étend à perte de vue. Nous sommes bien là à la jonction de deux mondes, celui des travailleurs de la mer, cher à Victor Hugo, et celui des travailleurs de la terre, immortalisé par le pinceau de Guillaume Fouace, peintre emblématique du Val de Saire.

 

Définition d’un terroir ancien

Le Val de Saire est un pays naturel qui tire son nom d’un fleuve côtier de 30,2 km de long, dont le bassin versant couvre 125 km². Prenant sa source dans la commune du Mesnil-au-Val, la Saire se jette dans la Manche entre Réville et Saint-Vaast-la-Hougue. Au nord, une multitude de minuscules cours d’eau, ruisseaux de Hacouville, de la Couplière, de Cliquempoix, rivière de Varouville (liste non exhaustive) se faufilent jusqu’à la mer, alimentant parfois des étangs côtiers, paradis des oiseaux. Leurs bassins versants sont également compris dans le Val de Saire, qui correspond donc à toute la partie nord-est de la péninsule du Co…

 

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DOSSIER « VAL DE SAIRE – TRÉSOR DU COTENTIN  » (16 pages) :


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Le palais Bénédictine de Fécamp

Sans rapport avec l’ancienne abbaye bénédictine de Fécamp, le palais Bénédictine s’enorgueillit d’une façade à grand spectacle. Gothique et Renaissance, elle honore aussi la Normandie, avec les pierres de silex du pays de Caux et les fameuses briques rouges. ­­Gargouilles, lucarnes baroques et campanile ajoutent à l’extravagance de ce patrimoine. (© Wonguyt)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Jean-Luc Péchinot.

 

« Peut-on retenir un aveu / Quand l’âme éprise est toute en feu » et le baiser soyeux… comme une gorgée de Bénédictine ! Tableau de Nathalie Morales. (© Jean-Luc Péchinot)
« Peut-on retenir un aveu / Quand l’âme éprise est toute en feu » et le baiser soyeux… comme une gorgée de Bénédictine ! Tableau de Nathalie Morales. (© Jean-Luc Péchinot)

Entreprise la plus visitée de Normandie, le palais Bénédictine de Fécamp tient du chef d’œuvre architectural fin XIXe siècle. C’est là que l’on fabrique, depuis 160 ans, l’une des liqueurs les plus célèbres du monde.

Loué soit Dom Bernardo ! Bernardo Vincelli. C’est en effet à ce moine vénitien de l’abbaye de Fécamp que l’on devrait la Bénédictine. S’étant installé à l’abbaye de la Trinité en 1505, il y serait devenu alchimiste et herboriste en associant quelques-unes des plantes médicinales du plateau cauchois à des épices exotiques, pour en tirer un breuvage qui, cinq siècles plus tard, se définit comme « la grande liqueur française around the world ».

S’il n’existe aucune trace épistolaire de l’existence de ce moine inspiré, on ne peut nier par contre la sécularité de cette Bénédictine d’origine monastique. Une autre version veut qu’à la dispersion de l’ordre des bénédictins, à la Révolution, le manuscrit de la recette ait été racheté par un notable de Fécamp qui ne s’en soucia pas, ledit document, un Herbarius du XVIe siècle, ayant été acquis dans la bibliothèque familiale en 1863, par un de ses aï…

 

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Chapelle du Mont Joly – Gardienne de la Brèche au Diable

La chapelle de Saint-Quentin-de-la-Roche au milieu de l’enclos paroissial qui a succédé à une ancienne nécropole mérovingienne. La commune de Soumont-Saint-Quentin étudie l’urgence des travaux à entreprendre. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Mireille Thiesse.

 

Grâce à son mari, le capitaine Fouquet Dulomboy, la comédienne Marie Joly repose dans son tombeau, sur le promontoire qui domine la Brèche au Diable. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Grâce à son mari, le capitaine Fouquet Dulomboy, la comédienne Marie Joly repose dans son tombeau, sur le promontoire qui domine la Brèche au Diable. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le site tourmenté de la Brèche au Diable et le Mont Joly ont, au cours du XIXe siècle, soulevé bien des passions chez les historiens et les géologues, et inspiré poètes et écrivains romantiques. Des découvertes récentes ont redonné un nouveau sens à l’ancienne église médiévale édifiée au cœur d’un éperon barré du néolithique.

L’église paroissiale
de Saint-Quentin-de-la-Roche

Retirée du monde depuis la réunion de la commune de Saint-Quentin-la-Roche avec Tassilly, puis avec Soumont en 1854, l’ancienne église paroissiale semble abandonnée au milieu de son cimetière. L’ancien village est bordé par trois autres communes dont Tassilly, Potigny et Ouilly-le-Tesson. Inscrite au titre des monuments historiques en 1927 comme simple chapelle, l’ancienne église gothique du XIIIe siècle a cependant attiré de nombreux pèlerins venant rendre leurs dévotions à saint Quentin réputé guérisseur de la coqueluche. Ce pèlerinage a cédé la place, vers la fin du XIXe siècle, à la traditionnelle fête de la Pentecôte. Des cartes postales du début du XXe siècle en perpétuent le sou…

 

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Au Havre et à Honfleur – Esclavage : mémoires normandes

Alexandre Jean Noël (1752-1834), Le Havre, vue de l’entrée du port, gouache sur papier, œuvre des années 1820. (Le Havre, MAH – Maison de l’armateur, achat de la Ville avec l’aide du fonds régional d’acquisition des musées, 2022 – © François Dugué)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Stéphane William Gondoin.

 

Guillaume Gaillard, commissaire général de l’exposition pour les trois sites. (© Stéphane William Gondoin)
­Guillaume Gaillard, commissaire général de l’exposition pour les trois sites. (© Stéphane William Gondoin)

Jusqu’au 10 novembre 2023, le musée Eugène-Boudin d’Honfleur et les Musées historiques du Havre vous proposent deux des trois volets d’une exposition temporaire consacrée à l’esclavage. L’occasion, pour Patrimoine Normand, de revenir sur cet aspect longtemps occulté de l’histoire de notre région.

Depuis plusieurs décennies déjà, d’autres villes négrières – terme consacré – françaises, à l’image de Bordeaux, La Rochelle et surtout Nantes, s’étaient penchées sur la question de la traite transatlantique. En Normandie en revanche, le travail de recherche a débuté tardivement sur le rôle que joua l’estuaire de la Seine dans cette tragédie – ville de Rouen incluse. Un décalage qui s’explique par plusieurs facteurs.

 

Une nécessaire impulsion havraise

Le Havre fut de loin le principal site normand concerné. Rouen ne fut pas pour sa part un port négrier au sens premier du terme, aucun navire connu n’ayant quitté la métropole pour se livrer à la traite. Quant à Honfleur, cité natale d’Eugène Boudin, d’Alphonse Allais, de Louis-Alexandre Dubourg ou d’Erik Satie, beaucoup plus mo…

 

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Éric Othon – Sculpteur médiéval

Éric Othon puise sa créativité aux sources de l’art médiéval. Ici, la salamandre. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Virginie Michelland.

 

L’univers d’Éric Othon emprunte à la fois à l’histoire, à l’histoire de l’art et aux richesses infinies de l’imaginaire. Des rageurs grimaçants aux blasons de pierre, le sculpteur façonne et restaure inlassablement des figures surgies du Moyen Âge.

UNE MAISON-ATELIER

Éric nous a reçue dans son domaine de Saint-Martin-de-Mailloc, au cœur du pays d’Auge ; un territoire attachant, riche en églises romanes et en bâtisses en colombages qui ne manquent ni de modillons, ni de rageurs pour nourrir l’imagination féconde du sculpteur. Comme tant de maisons d’artistes, celle d’Éric porte l’empreinte de son savoir-faire et de sa créativité. Cette ancienne charretterie, construite au milieu du XVIIIe siècle, a été transformée en maison d’habi…

 

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Belle Isle sur Risle à Pont-Audemer

Belle Isle sur Risle. Récemment enrichie d’une orangerie qui s’enorgueillit d’un solarium en rooftop, le domaine compte vingt-cinq salariés en haute-saison dont Michel, le cordial hôte d’accueil : « Il fait partie des meubles. ». (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Jean-Luc Péchinot.

 

De la biologie à l’hôtellerie : reconversion réussie pour Marcelle Yazbeck dont le fils, Ghassan Fawaz, est aujourd’hui gérant de cet intimiste domaine. (© Jean-Luc Péchinot)
De la biologie à l’hôtellerie : reconversion réussie pour Marcelle Yazbeck dont le fils, Ghassan Fawaz, est aujourd’hui gérant de cet intimiste domaine. (© Jean-Luc Péchinot)

Un havre de nature… et de bien-vivre ! À Pont-Audemer, cette île à fleur de Risle se révèle l’une des adresses hôtelières et gourmandes les plus secrètes de l’Eure.

Pas de mer à Pont-Audemer, mais une île. Une île sur la Risle. Une île fluviale de deux hectares et demi, accessible à partir de la route de Rouen. Un petit pont permet de l’atteindre pour goûter la sérénité de son parc et le raffinement de sa somptueuse maison de maître, devenue, pour qui aime l’hôtellerie de charme, l’une des adresses les plus secrètes de l’Eure. À une heure et demie de Paris, ce site de patrimoine se révèle un ailleurs enchanteur, auquel ont succombé Marcelle Yazbeck et Timoun Fawaz.

Elle est biologiste, il est écrivain et universitaire. Réfugiés politiques libanais, ils se sont arrêtés là en février 1986, alors qu’ils recherchaient une maison de campagne entre Mantes et Deauville : « Le gros cèdre du Liban de cette “maison à vendre” nous a arrêtés et on est tombés amoureux sitôt passé le petit pont. Ce grand parc en friche aux arbres centenaires, c’était merveilleux. On a visité à 14 h et à 17 h on signait », raconte Marcelle Yazbeck, qui voit vite l’oppor…

 

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Louviers – Histoire et découverte de la cité drapière

L’église Notre-Dame de Louviers est le monument le plus impressionnant de Louviers. Elle dispose d’une façade de style gothique flamboyant qui contraste avec la rudesse de sa tour-beffroi, très austère. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Yves Buffetaut

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Yves Buffetaut.

 

La rue Ternaux, étroite et bordée de hauts immeubles à pans de bois, est dallure très médiévale. (Photo Rodolphe Corbin  Patrimoine Normand)
La rue Ternaux, étroite et bordée de hauts immeubles à pans de bois, est d’allure très médiévale. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Louviers est une ville de dix-neuf mille habitants, située dans la vallée de l’Eure, entre les confluences de l’Iton et de la Seine. Elle était, dès le Moyen Âge, un centre drapier de tout premier plan, rivalisant même avec Rouen. Comme partout ailleurs en France, cette industrie a disparu au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et il n’en reste plus que des vestiges : cheminées d’usine, quelques friches industrielles qui disparaissent les unes après les autres, etc. L’industrie pharmaceutique a, depuis, remplacé le textile. La petite ville normande a énormément souffert de l’invasion de 1940, presque tout le centre ayant été ravagé par un incendie qui a détruit les vieilles maisons à pan de bois. Elle s’est relevée de ses cendres et, au fil des décennies, a su rénover ses vieux quartiers et restaurer son église. Il ne reste plus à nos lecteurs qu’à la découvrir et les surprises seront nombreuses !

La reconstruction des années 1950 a été réalisée avec plus de goût que dans certaines villes normandes (Lisieux ou Vire), et le centre-ville possède une unité de style plutôt agréable. Certains maires ont récemment voulu marquer Louviers de leur empreinte, et des constructions apparaissent comme des verrues dans une ville pourtant en quête d’un attrait touristique. Louviers possède cependant de nombreux atouts, qui ne se laissent pas découvrir si facilement que ce…

 

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Le palais ducal disparu de Lillebonne

Au cœur de l’Histoire de la Normandie – Le palais ducal disparu de Lillebonne. Restitution de l’aula. (© 3D Érik Follain)


Érik Follain

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Érik Follain.

 

Les ducs de Normandie possédaient un certain nombre de résidences occasionnelles. Parmi celles-ci, Lillebonne a tenu un grand rôle puisque c’est là que Guillaume le Conquérant va convaincre ses barons d’envahir l’Angleterre. Malheureusement ce somptueux édifice roman est détruit en 1832. Fort heureusement des gravures et autres dessins en ont gardé la mémoire…

Vue panoramique du château de Lillebonne où domine le donjon de Philippe Auguste. C’est sous sa pelouse que subsistent probablement les fondations du palais ducal. (© Érik Follain) 

Vue panoramique du château de Lillebonne où domine le donjon de Philippe Auguste. C’est sous sa pelouse que subsistent probablement les fondations du palais ducal. (© Érik Follain)

S’il est un moment crucial dans la conquête de l’Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant, qui n’est encore que le Bâtard, c’est au début de l’année 1066, lorsqu’il réussit à convaincre l’assemblée des barons d’apporter son soutien au projet d’invasion. Aucun des chroniqueurs normands, que ce soit Guillaume de Poitiers (1020–1090), Guillaume de Jumièges, dans sa Gesta Normannorum ducum achevée en 1072 (« Exploits des ducs de Normandie »), Orderic Vital (1075–1143) ou encore Wace (1100–fin XIIe siècle) ne mentionne précisément le lieu où se serait tenue cette assemblée. Seule exception, William de Malmesbury (vers 1095–vers 1143), moine bénédictin anglais, historien et chroniqueur normand qui, dans sa Gesta Regum Anglorum (début XIIe siècle) mentionne clairement le château de Lillebonne et son palais ducal comme le lieu de cette assemblée. Ce choix est en partie guidé par sa position géographique et en partie par les relations étroites que les ducs ont entretenues avec cette résidence fortifiée, comme l’indiquent Robert de Torigny (1110–1186, abbé du Mont-Saint-Michel et chroniqueur normand) et Orderic Vital. On sait par ailleurs, grâce à ces sources, que Guillaume le Conquérant y aurait tenu sa cour en 1063, comme il sera à l’instigation du concile de 1080, sous l’au…

 

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Été 1944 – La bataille des Haies

La bataille des Haies – Quand la nature devient une arme. GI’s américains combattant dans le bocage. (© National Archives)


Hubert Groult

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Hubert Groult.

 

Progression américaine en Normandie le 2 juillet 1944. Il reste encore beaucoup à faire pour les GI’s, et la bataille des Haies fait rage. (© Patrimoine Normand)
Progression américaine en Normandie le 2 juillet 1944. Il reste encore beaucoup à faire pour les GI’s, et la bataille des Haies fait rage. (© Patrimoine Normand)

Comment les forces alliées ont affronté la résistance acharnée des troupes allemandes dans dans le réseau inextricable de haies denses bordant petits champs et chemins creux en Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale.

Du 13 juin au 24 juillet 1944, la bataille des Haies, vécue par les troupes américaines dans leur avancée vers le sud du Cotentin, entre La Haye-du-Puits, Carentan et Saint-Lô, constitue l’une des épreuves les plus longues et coûteuses en vies humaines.

 

UNE DES BATAILLES LES PLUS ACHARNÉES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

La bataille des Haies, qui se déroule en Normandie en 1944, trouve son origine dans l’opération Overlord, lancée par les forces alliées le 6 juin de cette même année. Au fil des semaines, les troupes alliées ont progressé sur les plages normandes et ont libéré plusieurs villes importantes, dont Cherbourg. Cependant, elles se heurtent rapidement à un obstacle majeur : le bocage normand. Ces haies denses et infranchissables qui bordent les routes, les chemins et les champs rendent la progression des alliés difficile et coûteuse en vies humaines. Les Allemands, quant à eux, ont pris soin de fortifier les haies avec des caches, des tranchées et des barbelés. Ils utilisent également les arbres pour bloquer les routes et créer des embuscades. Les Alliés sont donc confrontés à un ennemi bien équipé et solidement retranché. La bataille des Haies se caractérise par des combats intenses qui ont sur…

 

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Briouze – La chapelle Saint-Gervais, à la limite du marais du Grand-Hazé

La chapelle Saint-Gervais de Briouze et l’if solitaire qui veille au milieu du cimetière. Au loin, la nouvelle église du bourg. (© Mireille Thiesse)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Mireille Thiesse.

 

Le marais du Grand Hazé vu de l’observatoire, face aux « trous du diable ». (© Mireille Thiesse)
Le marais du Grand Hazé vu de l’observatoire, face aux « trous du diable ». (© Mireille Thiesse)

Pays d’élevage au cœur des marais, Briouze est le centre d’une baronnie importante au sud-ouest de la Normandie dès le XIe siècle. Fleuron de la paroisse Saint-Gervais-de-Briouze, cette aïeule de granit, au chœur amputé de sa nef, arbore encore son portail historié qui accueille le visiteur avec cette humilité d’autrefois, touchant de naïveté et de simplicité.

Le fleuron briouzain

Rebâti en 1867, après l’écroulement d’une partie de la nef et de son clocher, suivi de l’abattement de ses transepts, le porche roman a préservé l’âme médiévale de l’ancienne église. Épargnée alors par les démolisseurs apitoyés, la modeste chapelle veille depuis toujours sur ses défunts et feus paroissiens à l’entrée du cimetière. Au milieu de l’enclos, en surplomb des rues qui le bordent et ceint de hauts murs de granit, un if majestueux, aujourd’hui solitaire, pleure le fidèle comparse longtemps accroché au mur sud de l’absidiole et dont se souviennent encore certains Briouzains. Le cimetière, agrandi jusqu’au domaine de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame, qui le surplombe à l’est depuis plus d’un siècle, a été classé parmi les sites d’intérêt historique et archéologique en septembre 1943, de même que la chapelle. Celle-ci a ensuite bénéficié d’une inscription au titre des monuments histo…

 

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Abbaye de Mondaye – « Un écrin pour une communauté vivante »

Abbaye Saint-Martin de Mondaye. Les extérieurs de l’abbaye ont été aménagés en un magnifique parc paysager. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Stéphane William Gondoin.

 

La ferme de l’abbaye, autrefois l’entrée principale. (© Stéphane William Gondoin)
La ferme de l’abbaye, autrefois l’entrée principale. (© Stéphane William Gondoin)

Fondée au début du XIIIe siècle, l’abbaye de Mondaye a traversé huit cents ans d’histoire de France, avec ses heures terribles et ses périodes de prospérité. Intégralement reconstruite au XVIIIe siècle, la communauté qui l’occupe aujourd’hui lui a permis de retrouver sa vocation première. Croyant ou non, chacun respire ici un parfum de sérénité, salutaire à l’aube troublée du XXIe siècle.

En 1120, un certain Norbert de Xanten, d’abord chapelain de l’empereur Henri V (1111-1125 pour le titre impérial), puis prêcheur itinérant, aspire à fonder une communauté exemplaire de chanoines, en des temps où la discipline ecclésiastique tend à se relâcher. Avec sept frères, il s’installe au cœur de la forêt de Saint-Gobain (Aisne), au lieu-dit Prémontré, sur un domaine concédé par l’évêque de Laon, Barthélemy de Jur (1113-1151). La communauté naissante est régie par la règle de saint Augustin, et ses membres se consacrent essentiellement à la prédication et à la cura animarum, la « charge des âmes », qu’ils exercent surtout dans un cadre paroissial. C’est l’acte de naissance de l’ordre des Prémontrés, dit aussi par…

 

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La safraneraie du domaine de Gauville

Myriam Duteil a choisi d’introduire une touche mauve, au milieu d’un paysage verdoyant. (© Myriam Duteil)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°127
Par Virginie Michelland.

 

Myriam peut invoquer plusieurs bonnes raisons pour justifier le choix du safran. (© Myriam Duteil)
Myriam peut invoquer plusieurs bonnes raisons pour justifier le choix du safran. (© Myriam Duteil)

Dans un terroir où domine le vert des herbages et des vergers, Myriam Duteil a choisi d’introduire, au cœur du Lieuvin, une délicate touche mauve. Sa safraneraie du domaine de Gauville cultive les saveurs subtiles d’une épice dont le seul nom résonne comme une invitation au voyage…

UNE CULTURE DURABLE ET RENTABLE

À l’origine, une vie parisienne trépidante dans le domaine de l’audiovisuel et, pour se ressourcer, un joli pied-à-terre à Saint-Pierre-de-Salerne, à quelques kilomètres de Brionne…

Après 25 ans à la tête de plusieurs chaînes de télévision, vient le moment de changer de vie… « J’ai d’abord envisagé de fonder une exploitation agricole, mais l’achat de terres en quantité suffisante constituait un obstacle », indique la passionnée.

Or, le safran réclame une surface modeste ; sa culture se concentre sur une période limitée. Si elle cherche aujourd’hui un repreneur, eu égard à des responsabilités toujours plus chronophages, Myriam a aussi pris en compte cet argument dans le choix du safran. La plante possède par ailleurs une haute va…

 

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