Auteur/autrice : Patrimoine normand

Eisenhower contre Hitler – Le stratège et le tyran

Probable exercice de débarquement à Slapton Sands (Devon), plage à la configuration voisine de celles d’Omaha et d’Utah. L’un de ces entraînements, l’opération Tiger (du 22 au 29 avril 1944), tourna au fiasco à cause de l’attaque de vedettes rapides allemandes, ce qui coûta la vie à près d’un millier d’hommes. (© National Archives and Records Administration – Conseil régional de Normandie – Mise en couleur Rodolphe Corbin – CC BY-SA 2.0)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Les « trois grands », Staline, Roosevelt et Churchill, à la conférence de Téhéran. Il y fut confirmé au dictateur soviétique l’ouverture d’un second front en Europe pour le printemps 1944. (© Library of Congress)
Les « trois grands », Staline, Roosevelt et Churchill, à la conférence de Téhéran. Il y fut confirmé au dictateur soviétique l’ouverture d’un second front en Europe pour le printemps 1944. (© Library of Congress)

« Un souverain peut être une cause de trouble pour l’armée de trois façons. Il entrave les opérations militaires quand il commande des manœuvres d’avance et de recul impraticables ; il trouble l’esprit des officiers quand il cherche à intervenir dans l’administration des trois armes alors qu’il en ignore tout ; il sème la défiance chez les hommes en cherchant à s’immiscer dans la distribution des responsabilités alors qu’il ne connaît rien à l’exercice du commandement. » Si le « première classe » Hitler avait lu L’Art de la guerre de Sun Tzu, le cours du Second Conflit mondial eut pu être très différent. Fort heureusement pour nous, il ignorait jusqu’à son existence…

À l’automne 1943, le président américain, Franklin Delano Roosevelt, participe à une série de rencontres internationales : conférence du Caire (du 23 au 27 novembre), avec le Premier ministre britannique, Sir Winston Churchill, et le généralissime chinois Tchang Kaï-Chek ; conférence de Téhéran (28 novembre–2 décembre), toujours avec Churchill, et cette fois-ci le dictateur soviétique Joseph Staline ; seconde conférence du Caire (4–6 décembre), avec Churchill et le président turc ?smet ?nönü. Sur le chemin du retour aux États-Unis, Roosevelt fait escale le 7 décembre 1943 à Tunis, pour y rencontrer le general Dwight David « Ike » Eisenhower. À peine assis dans la voiture de ce dernier, le Président lui déclare sans ambages : « Eh bien, Ike, vous allez commander Overlord. » Sans doute écrasé par le poids des responsabilités qui vient de se s’abattre sur ses épaules, le general répond : « Monsieur le Président, je me doute que pareille nomination a com…

 

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DOSSIER « 6 juin 1944, le Débarquement » (18 pages) :


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Préservation des passerelles flottantes d’Omaha

En 2004, la nouvelle installation proche de la mer est visible par tous les touristes. Elle a été inaugurée lors des commémorations du 60e anniversaire du Débarquement. (© Fabien Brissard)


Michel Levron.

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Michel Levron.

 

À l’occasion du 80e anniversaire du Débarquement, il est intéressant de mettre le projecteur sur des vestiges souvent oubliés de cette grande page de notre Histoire. C’est le cas des passerelles flottantes d’Omaha. Sauvées de la ferraille, elles ont été remontées à Vierville-sur-Mer (Calvados) face à la plage. Cependant, les cinq pontons qui les composent doivent faire l’objet de coûteux travaux de préservation. Pour cela, la Fondation du patrimoine va lancer une campagne de dons. Une autre campagne de la Fondation est, par ailleurs, en cours pour restaurer l’église de cette même commune.

« Murlberry A » : un port artificiel qui n’a pas pu servir

Lors du Débarquement, les forces alliées devaient disposer d’infrastructures portuaires pour rapidement ravitailler les hommes et décharger le matériel. C’est pourquoi deux ports éphémères, composés de passerelles flottantes (whales, baleines en anglais), de plateformes de déchargement articulées et de caissons en béton ont été préfabriqués en Angleterre en 1943. L’un était pour la plage d’Omaha (« Murlberry A », pour American), l’autre pour celle d’Arro…

 

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Table de Peutinger – Itinéraire de la Normandie gallo-romaine

Partie de la Table de Peutinger concernant la Normandie actuelle. Les cités « normandes » sont mises en évidence dans des encadrés rouges. Ce n’est qu’un infime morceau de la carte qui mesure plus de six mètres. Copie Von Scheyb datée du XVIIIe siècle. (© Österreichische Nationalbibliothek)


Yves Buffetaut

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Yves Buffetaut­.

 

La borne milliaire du Manoir (Ier siècle) anciennement placée dans la commune du Manoir, dans le Bessin, est conservée au musée Baron-Gérard de Bayeux. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La borne milliaire du Manoir (Ier siècle) anciennement placée dans la commune du Manoir, dans le Bessin, est conservée au musée Baron-Gérard de Bayeux. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Un document exceptionnel permet de connaître géographiquement les différentes villes des provinces de l’Empire romain et les distances qui les séparent : la Table de Peutinger, ou Tabula Peutingeriana. Ce n’est pas une véritable carte, car ce qu’elle montre n­­­’est aucunement une représentation de l’Empire romain, mais plutôt celle d’un réseau, comme les réseaux des transports en commun des villes actuelles qui ne proposent pas une vision réelle des lieux. La Normandie y est parfaitement visible, avec ses grandes villes et une partie de ses voies romaines.

Cette Table de Peutinger est donc essentiellement destinée aux voyageurs, puisqu’elle indique avec une précision certaine les distances entre les villes, soit en milles romains, soit, pour une partie de la Gaule, en lieues gauloises.

 

Une carte romaine réalisée au Moyen Âge

La Table de Peutinger n’est ni romaine, ni gallo-romaine : elle est médiévale ! Pour autant, ce n’est pas un faux ni une invention, mais la copie réalisée vers 1265 par un moine de Colmar d’une carte ayant disparu depuis. Elle montre non seulement l’Empire romain, mais aussi l’Inde, et la Chine y est même mentionnée. Est-il possible de dater l’original ? C’est assez difficile, car elle comporte manifestement des données de plusieurs périodes. Même si Rome est représentée de telle façon qu’il s’agit évidemment de la capitale de l’empire, deux autres villes apparaissent comme capitales : Constantinople et Ravenne (élevées à ce rang respectivement en 330 et en 402 apr. J.-C.). Cela prouve donc que la Table de Peutinger date forcément du Ve siècle. Et pourtant, elle indique aussi des villes qui n’existaient plus à cette époque, notamment Pompéi, dé…

 

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Sur les traces de Turchetil, sculpteur roman en Cotentin

Chapiteau présentant un décor guilloché et des entrelacs, église de Sainte-Marie-du-Mont. (© Damien Bouet)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Damien Bouet.

 

Le Cotentin détonne du paysage architectural religieux normand par la concentration d’édifices romans. Dans le Plain, au cœur du Cotentin, un groupe d’églises romanes remarquables se distingue par les similitudes de leurs décors sculptés. Elles illustrent le travail d’un seul et même atelier de sculpture, qui œuvrait principalement dans cette petite région de la Manche au début du XIIe siècle.

Un groupe d’églises du Plain-Cotentin

L’étude des églises du Cotentin, menée par Julien Deshayes en 2013, a permis de regrouper plusieurs églises du fait de leurs filiations architecturales. L’église Notre-Dame de Sainte-Marie-du-Mont – la plus ancienne de ce groupe – présente une série de chapiteaux et de modillons ornés d’entrelacs, d’animaux et de motifs végétaux qui préfigurent les décors des autres églises du groupe. Certains chapiteaux révèlent d’étranges chimères, coiffées d’un bonnet phrygien, caractéristiques des productions de cet atelier, et sans équivalent dans la région. Par ailleurs, on observe des décors représentant des cerfs, des chiens se mordant la queue, ou encore des modillons aux décors variés, à l’instar de Samson terrassant le lion, d’un homme assis sur une cruche enveloppé par un serpent, ou en…

 

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Flers et la « Belle époque » du textile

Le château Renaissance, construit pour Nicolas III de Grosparmy, arbore de hautes tours coiffées en cloche rehaussées d’une lanterne aux pilastres de pierre blanche. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Mireille Thiesse.

 

L’église néogothique Saint-Germain de Flers, construite au début du XXe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
L’église néogothique Saint-Germain de Flers, construite au début du XXe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L’histoire de Flers est empreinte de son prestige féodal dont témoigne le château des comtes de Flers, devenu musée. Cependant, l’architecture et la mémoire de la ville sont marquées par la belle époque du textile dont la ville porte les armes, et qu’elle s’efforce de valoriser.

La seigneurie de Flers et son château

La famille d’Aunou, originaire d’Aunou-le-Faucon, près d’Argentan, possédait la terre de Groselliers, au nord-ouest du château actuel. Foulques, quatrième du nom, seigneur de Flers en 1180, épousa l’une des demoiselles de Flers, nommée Agathe. Son frère Guillaume, en s’unissant à sa sœur, hérita du domaine de Gasprée à la limite de Flers. Ils portaient armes « d’argent à la fasce de gueules accompagnée de trois aigles de même ». Non loin d’ici, les seigneurs de La Lande-Patry acquirent honneurs et puissance aux côtés de Guillaume le Conquérant et de Henri Ier Beauclerc, puis tombèrent en disgrâce en s’opposant au roi Henri II Plantagenêt. Les seigneurs de Flers érigèrent alors leur première forteresse et transmirent leurs titres à Robert II d’Harcourt vers 1340. Robert V d’Harcourt, baron de Flers et de Gasprée, portait armes « de gueules à une fasce de deux piè…

 

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L’incroyable aventure de Dumont d’Urville

L’incroyable aventure de Dumont d’Urville – Comment un marin normand a découvert le « Continent Blanc ». La statue de Dumont d’Urville, située dans la rue du 6 juin de Condé-sur-Noireau, a été réalisée par Robert Paul Delandre. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Hubert Groult

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Hubert Groult.

 

Carte postale de la maison natale de notre marin située rue Entre-les-murailles, rue qui reliait la place de la Motte et la rue Saint-Jacques. Rebaptisée rue Dumont-d’Urville sur décision de la municipalité après le décès du navigateur, elle est détruite lors des bombardements de la nuit du 6 juin 1944. (Coll. particulière)
Carte postale de la maison natale de notre marin située rue Entre-les-murailles, rue qui reliait la place de la Motte et la rue Saint-Jacques. Rebaptisée rue Dumont-d’Urville sur décision de la municipalité après le décès du navigateur, elle est détruite lors des bombardements de la nuit du 6 juin 1944. (Coll. particulière)

Jules Dumont d’Urville est un explorateur hors du commun, né à Condé-sur-Noireau, qui a parcouru le monde à la recherche de terres inconnues et de merveilles naturelles. Voici le récit de ses aventures extraordinaires qui l’ont mené de la Grèce à l’Antarctique, en passant par l’Océanie et le Pacifique.

Une jeunesse à Condé

Issu d’une ancienne famille normande, qui porte le nom d’un fief situé près de Caen, Jules Dumont d’Urville est né le 23 mai 1790 à Condé-sur-Noireau. Son père, Gabriel Charles François Dumont, est grand bailli, juge civil du canton de Condé, marié à Jeanne de Croisilles, née à Saint-Rémy-sur-Orne. Au début du XIXe siècle, cette ville du Bocage normand, située au confluent du Noireau et de la Druance, compte un peu moins de 4000 habitants. Sa population vit principalement de l’agriculture et de l’artisanat. C’est une cité dynamique, qui s’ouvre aux progrès de l’industrie et du commerce. Elle se développe économiquement grâce à l’essor de l’industrie textile, et des petites filatures hydrauliques s’installent sur les bords des cours d’eau. La ville se modernise durant le XIXe siècle grâce aux progrès des transports et des commu…

 

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Le manoir de Senneville, entre gloire et intimité

La façade principale actuelle du manoir de Senneville. (© L.Launey – Office de tourisme Seine-Eure)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Virginie Michelland.

 

Au milieu de son parc arboré, le manoir de Senneville cultive l’élégance et l’harmonie. Maison de famille des Alorge hier, des Cournon aujourd’hui, il a vu les générations se succéder, et y laisser leur empreinte dans la brique, la pierre, mais aussi le stuc.

Un manoir de la fin du XVe siècle

Entre ses coteaux boisés, ses falaises crayeuses et la proximité de la Seine, dont elle investit la rive droite, la petite commune d’Amfreville-sous-les-Monts, dans le Vexin normand, possède une situation géographique avantageuse. Ces atouts expliquent sans doute l’ancienneté des traces d’occupation humaine relevées, à commencer par un exceptionnel casque gaulois, aujourd’hui conservé au musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Parmi les trois châteaux que compte le village, la silhouette élégante du manoir de Senneville se profile le long de la rue principale. Ses soubassements en blocage de silex, sa cave voûtée et sa porte ouest permettent de dater le manoir primitif du XIIIe siècle.

La propriété lie avant tout son destin à celui de la famille Alorge, qui la conserve pendant trois siècles. Tout commence en 1403, lors…

 

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Ferme Saint-Siméon à Honfleur

Que d’histoire autour de ce haut bâtiment perché au-dessus de l’estuaire. Boudin fréquenta l’auberge dès 1854 ; il y retourne en 1859 en compagnie de Courbet qui l’initie à l’audace et à la rudesse des tonalités. Cette année-là, on les retrouve tous deux aux côtés de Baudelaire qui partage leur amour des ciels et des nuages. (© Coll. Saint-Siméon)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Jean-Luc Péchinot.

 

« Oh ! Saint-Siméon, il y aurait une belle légende à écrire sur cette hostellerie ! Que de gens y sont passés, et des célèbres, à ma suite », s’exclamait Eugène Boudin, auquel on doit d’avoir fait de cette institution de Honfleur l’un des berceaux de l’impressionnisme. Un siècle et demi plus tard, elle reste un haut-lieu de l’art de vivre en Normandie.

Un tableau grandeur nature

Des bâtisses à colombages et toits de chaume, d’enchanteurs pommiers et une vue panoramique sur l’estuaire de la Seine : tout, ici, raconte la Normandie, dans des lumières changeantes et des ciels à grand spectacle. Un captivant tableau grandeur nature qui nous ramène au temps de la mère Toutain, au milieu du XIXe siècle, car avec l’histoire de la Ferme Saint-Siméon, on n’est pas sortis de l’auberge.

Tout commence donc en 1825, quand Pierre-Louis Toutain et sa femme, déjà fermiers à Saint-Siméon, y ouvrent une auberge, La Ferme Toutain, dans un des anciens bâtiments de style normand en pans de bois. Laquelle auberge offre aussi des chambres aux voyageurs. Dès 1835, artistes et littérateurs prendront vite goût à y côtoyer des pê…

 

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Raoul Dufy – Le casino Marie-Christine au Havre

Raoul Dufy, Le Casino Marie-Christine au Havre, 1910, huile sur toile, 65,5 x 81,5 cm. (Le Havre, musée d’Art moderne André-Malraux © Florian Kleinefenn)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Stéphane William Gondoin.

 

Artiste majeur de la première moitié du XXe siècle, Raoul Dufy a vu le jour au Havre en 1877 et resta sa vie durant attaché à sa ville natale, au point de déclarer un jour à sa femme : « Et surtout, il ne faudra jamais oublier Le Havre. » Il tiendra parole : le musée d’Art moderne André-Malraux (MuMa), l’un des fleurons patrimoniaux de la Porte Océane, conserve parmi ses collections un fonds de près de cent-trente œuvres.

Élève à l’école d’art du Havre dès 1892, Raoul Dufy y suit l’enseignement de Charles Lhullier († 1898) avant de partir étudier à Paris, dans l’atelier de Léon Bonnat, grâce à une bourse municipale. Il y retrouve son ami Othon Friesz (1879-1949), avec lequel il partage un petit appartement dans le quartier Montparnasse. Ses influences originelles sont diverses, Eugène Boudin et Claude Monet d’abord, Henri Matisse et Paul Cézanne ensuite, l’attirant tour à tour vers l’impressionnisme, le réalisme, le fauvisme, le « cézanno-cubisme ». Il développe ensuite un style très personnel aux formes épurées, où prédomine dans l’entre-deux-guerres un bleu lumineux ponctué d’arabesques. C’est alors qu’il connaît vraiment le succès, même si certains Havrais doutent longtemps de la qualité de son travail. Le dramaturge normand Armand Salacrou rapporte ainsi cette anecdote sur…

 

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Des personnalités normandes… inspirantes !

Nikolaj Coster-Waldau, connu sous le nom de Jaime Lannister dans la série « Games of Thrones », jouera le rôle de Guillaume le Conquérant dans une nouvelle série. (© HBO -NICK BRIGGS D.R)

L’histoire est un champ d’inspiration sans limites pour romanciers ou scénaristes, du grand comme du petit écran, pour le meilleur et pour le pire. Nous citerons ainsi Napoléon, récemment revisité par Ridley Scott, la série Netflix The Crown ou, en des temps plus lointains, Les rois maudits, avec la version incomparable de 1972 réalisée par Claude Barma, et la version affligeante – restons polis…– signée Josée Dayan en 2005. Pour comprendre ce que nous entendons par « le meilleur et le pire », il suffira de mettre en perspective ces deux mini-séries, adaptations de la saga littéraire éponyme de Maurice Druon.

Depuis 2022, Netflix propose la série Vikings Valhalla, qui a tiré de l’ombre un personnage par trop méconnu de l’histoire anglo-normande : Emma de Normandie, deux fois reine et mère de deux rois, femme de pouvoir et véritable animal politique. D’aucuns critiqueront les nombreux raccourcis historiques, les invraisemblances du scénario et autres anachronismes de ce genre de programme, mais il convient de les considérer aussi pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des divertissements qui permettent, lorsqu’ils sont bien conçus, d’ouvrir une fenêtre sur d’autres époques et de s’y évader. Pari réussi, à notre sens, pour ces Vikings Valhalla !

Représentation de Emma de Normandie extraite de l'ouvrage Encomium Emmae reginae. (© British Library, Add MS 33241, f. 1v)

Représentation de Emma de Normandie extraite de l’ouvrage Encomium Emmae reginae(© British Library, Add MS 33241, f. 1v)

L’histoire est un champ d’inspiration sans limites pour romanciers ou scénaristes, du grand comme du petit écran, pour le meilleur et pour le pire. Nous citerons ainsi Napoléon, récemment revisité par Ridley Scott, la série Netflix The Crown ou, en des temps plus lointains, Les rois maudits, avec la version incomparable de 1972 réalisée par Claude Barma, et la version affligeante – restons polis…– signée Josée Dayan en 2005. Pour comprendre ce que nous entendons par « le meilleur et le pire », il suffira de mettre en perspective ces deux mini-séries, adaptations de la saga littéraire éponyme de Maurice Druon.
 

 

Et voici qu’un autre Normand devrait prochainement se retrouver à l’affiche de deux séries, comme l’a récemment annoncé Hervé Morin, président de notre région. Un projet serait dans les cartons sur la rive sud de la Manche, un autre sur la rive nord du Channel, produit par la BBC. Vous l’avez deviné : le héros en sera… Guillaume le Conquérant (!), alors que le millénaire de sa naissance (2027) approche à grands pas ! Pour la qualité, nous jugerons sur pièce.

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°128 (janvier-février-mars 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

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Le hêtre pleureur de Bayeux sera t-il arbre européen de l’année ?

Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux. (© Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Comme récemment annoncé, le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux a été lauréat du prix du public lors du concours « L’Arbre français de l’année ». Il sera le représentant de la France dans la compétition européenne. Les votes pour cette nouvelle étape débuteront le jeudi 1er février.

À peine remis de la joie suscitée par cette reconnaissance nationale, la ville de Bayeux se mobilise à nouveau pour une élection qui pourrait consacrer le célèbre hêtre pleureur du jardin botanique au niveau européen.

Chaque année, les arbres nationaux participent à la compétition en vue de remporter le prestigieux titre de l’Arbre européen de l’année. L’année dernière, c’est l’arbre polonais qui a remporté le titre avec 45 700 votes. En 2024, la compétition réunit quinze pays.

Après la récente candidature de Rouen pour le titre de Capitale européenne de la Culture, la Normandie est dans une dynamique de rayonnement à l’échelle du continent. Verdict le 20 mars 2024 ! Espérons que le dénouement sera différent de celui de Rouen.

 

Comment voter ?
 
– Sur le site treeoftheyear.org/vote
– 
Les votes pour l’élection sont ouvert du 1er au 22 février 2024.
 
Article publié par Rodolphe Corbin. Rodolphe Corbin

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Le Havre : exposition « Itinéraires abstraits » au MuMa

Exposition « Itinéraires abstraits » au MuMa, Le Havre.


DATE
Du 28 octobre 2023 au 31 mars 2024.
LOCALISATION :
LE HAVRE (76).

 

En dialogue avec les mouvements d’avant-garde de la fin du XIXe siècle qui forment le cœur de son parcours permanent, quelques quatre-vingts œuvres rarement montrées retracent une histoire subjective, à plusieurs voix, de la non-figuration.

Depuis la disparition du sujet, cette exploration nous invite à interroger certaines des formes qu’a pu prendre l’abstraction – dilution des formes de la nature morte (André Masson, Fernand Léger, Albert Gleizes), effacement du paysage (Nicolas de Staël, Olivier Debré, Geneviève Asse), pur langage plastique et/ou géométrique (Jean Hélion, Maurice Estève, Léon Gischia), importance du geste et sens de l’informel (Zao Wou-ki, Camille Bryen, Albert Féraud, Julius Baltazar), place accordée aux matériaux (Ladislas Kijno, Théo Kerg, Marc Devade)… c’est un voyage sensible que le MuMa engage, un itinéraire à travers des univers, sensations et couleurs qui s’offrent à notre regard comme une autre explication du monde, une ouverture à le percevoir différemment.

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Musée d’art moderne André Malraux
MuMa
2 boulevard Clémenceau
76600 LE HAVRE
Tél. : 02 35 19 62 62
www.muma-lehavre.fr 

Article publié par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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Une exposition dédiée au trousseau de mariage au château de Martainville

Exposition « Mon trousseau de mariage » au château de Martainville. Le trousseau comprend le linge de corps et de maison, ou encore le menu linge. (© Yohann Deslandes)


DATE
Du 14 octobre 2023 au 10 mars 2024
LOCALISATION :
MARTAINVILLE-ÉPREVILLE (76).

 

Dans l’intimité des mariées d’hier et d’avant-hier

Le Musée des Traditions et des Arts Normands, installé au château de Martainville, propose une immersion passionnante dans le quotidien des Normands du XVIe au XIXe siècle. On y pousse notamment la porte des chambres à coucher, où coffres, coffrets et armoires abritent les effets personnels des femmes.
 

Le château de Martainville. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Le château de Martainville accueille une exposition dédiée au trousseau. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L’exposition temporaire « Mon trousseau de mariage » présente justement, jusqu’au 10 mars, les 42 pièces du trousseau d’une jeune mariée du XIXe siècle, Sophie Dalet, originaire de Tournedos-Bois-Hubert dans l’Eure. Elles côtoient le trousseau de Zoé Descambos, constitué dans les années 1960.

 

Un marqueur social

Brodé dès le plus jeune âge, avec l’aide des femmes de la famille, alors même que la jeune fille rêve encore au prince charmant, le trousseau constitue par son importance et sa qualité un marqueur social et un élément identitaire fort. On ne peut s’empêcher d’en admirer la finesse, des draps au linge de corps et de maison, en passant par le menu linge (bonnets, coiffes, mouchoirs de cou) et de superbes robes de mariée.

Les mariées d’hier et d’avant-hier dialoguent avec une artiste d’aujourd’hui, Elsa Duault, dont les créations s’inspirent notamment du témoignage, précieusement recueilli, de jeunes filles de l’ancien temps, qui ont accepté, bien plus tard, d’évoquer la constitution de leur trousseau et la broderie de leur drap de mariage.

 

L'exposition « Mon trousseau de mariage » présente notamment d'élégantes robes de mariée. (© Virginie Michelland) Des jeunes femmes aux doigts de fée ont brodé chaque pièce du trousseau. (© Virginie Michelland) La qualité du travail fait de chaque pièce du trousseau une œuvre d'art. (© Yohann Deslandes)
L’exposition « Mon trousseau de mariage » présente notamment d’élégantes robes de mariée. (© Virginie Michelland) Des jeunes femmes aux doigts de fée ont brodé chaque pièce du trousseau. (© Virginie Michelland) La qualité du travail fait de chaque pièce du trousseau une œuvre d’art. (© Yohann Deslandes)

 

Un événement en partenariat avec le magazine Patrimoine Normand.
 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition visible de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h00 et le week-end de 14h00 à 17h30 ;
Fermé le mardi et le dimanche matin ;
Musée des Traditions et Arts Normands
Château de Martainville
76750 MARTAINVILLE-ÉPREVILLE
Tél. : 02 35 23 44 70
www.chateaudemartainville.fr

 

Article publié par Virginie MichellandVirginie Michelland
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Cotentin et Bessin : où voir les marais blancs et les oiseaux migrateurs cet hiver ?

L’hiver au marais du Cotentin et du Bessin : une saison à ne pas manquer ! (©?Guillaume Hédouin)

Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin propose un programme très riche pour découvrir son territoire et s’imprégner de l’ambiance si particulière en hiver.

Territoire de 146 650 hectares, situé dans les départements du Calvados et de la Manche, le Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin doit sa renommée à ses 30 000 hectares de zones humides (marais, landes et polders) et à sa fréquentation par de nombreux oiseaux migrateurs

Sa zone de marais de 25 000 hectares – la plus grande de Normandie – est formée par les vallées de cinq fleuves : l’Aure, l’Ay, la Vire, la Taute et la Douve, auxquelles s’ajoutent les marais arrière-littoraux bordant la célèbre plage d’Utah Beach.

Dans ce territoire, qui est l’une des plus grandes zones humides herbagères de France, dès les premières pluies d’automne, les niveaux des rivières montent, et l’eau envahit progressivement le fond des vallées repoussant vers les terres embocagées vaches et chevaux, qui sont alors remplacés par les oiseaux. Ce phénomène spectaculaire, lié à l’abondance des précipitations, culmine au cœur de l’hiver. On dit alors que les « marais sont blancs », une expression attestée depuis le XVIIIe siècle.

Ces paysages spectaculaires font le bonheur des promeneurs, des photographes, et surtout des amateurs d’ornithologie, lesquels peuvent y observer les oiseaux qui profitent de la quiétude des lieux : sarcelles d’hiver, canards souchets… Deux brochures pour visiter : Où voir les marais blancs ? et Où voir les oiseaux ? (voir dans l’encadré ci-dessous), sont disponibles en téléchargement sur le site internet du parc naturel régional, à la Maison du Parc et dans les offices de tourisme du Parc naturel régional.

 

 

Les oiseaux migrateurs des Marais du Cotentin et du Bessin

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
 
3,village Ponts d’Ouve
Saint-Côme-du-Mont
50500 CARENTAN-LES-MARAIS
Tél. : 02 33 71 65 30
www.parc-cotentin-bessin.fr

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°128par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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L’hêtre pleureur de Bayeux élu arbre de l’année 2023

Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux. (© Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux a obtenu le prix du public du concours « L’Arbre de l’année » 2023. Il sera le représentant de la France dans le concours européen. Découvrons son histoire grâce à l’extrait d’un dossier sur le hêtre en Normandie, publié en 1995 dans les colonnes de Patrimoine Normand1.

LE HÊTRE « PLEUREUR » DU JARDIN BOTANIQUE DE BAYEUX. FAGUS SYLVATICA « PENDULA ».

Un peu l’écart des autres grands arbres du parc, dans une sorte de « décrochement » rompant la rectitude du tracé du jardin botanique, le hêtre pleureur est vraiment le joyau de ce très bel ensemble crée par les frères Buhler au milieu du XIXe siècle et ouvert au public le 15 août 1864.

Soutenues par une charpente métallique datant de 1938, ses branches couvrent la superficie circulaire de 1256 m2, ce qui correspond à un rayon moyen de 20 mètres.

La première question que l’on se pose toujours à propos d’un arbre – et à laquelle il est, la plupart du temps, bien difficile de répondre – est : « quel âge a-t-il ? » Si on se réfère aux dates indiquées ci-dessus, il aurait environ 150 ans… S’il a réellement été planté en même temps que les autres arbres du jardin. Mais est-ce les cas ? N’existait-il pas « avant » ? N’a-t-il pas, du fait de son originalité déjà marquée, été inclus dans le parc, ce qui expliquerait sa situation un peu « excentrée » ? Il serait, alors, beaucoup plus vieux ! Peu de documents existent à ce sujet.

On sait, d’une part, qu’il arrivait souvent aux frères Buhler de construire leurs plans de jardins autour de sujets ou constructions (bassin, fontaines…) leur paraissant intéressants. Mais cet arbre n’apparaît sur aucun des plans établis pour la municipalité par M. Delarue, et refusés par les Bâtiments de France. Nulle mention, non plus sur le plan même des frères Bulher. S’il s’était déjà singularise, pourquoi le passer sous silence ?

De sa plantation, pas d’avantage de trace. Les concepteurs avaient à l’origine, prévu plusieurs hêtres pleureurs dans le jardin, Un seul y figure, actuellement, alors que, dans l’allée, on peut admirer ceux qui, fort différents de celui du jardin, datent de sa création.

L’armature métallique pourrait être un indice. On sait que celle qui existe aujourd’hui2 date de 1938, et qu’elle vient en remplacement de la précédente, érigée en 1913. On ignore, par contre, si celle-ci est la première construite. Ce qui est certain, c’est que l’actuelle a strictement – à l’exception des arceaux rajoutés, le dernier en 1975-76 – les mêmes dimensions (hauteur en particulier) que l’ancienne. Le mystère ne semble pas près d’être éclairci…
 

Depuis 2001, l'armature métallique a été remplacée par une structure originale. Les branches ne reposent plus sur des poutres métalliques, mais sont suspendues par des sangles à un filet métallique tenu par quatre mâts, ce qui les rend libres de leurs mouvements. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Depuis 2001, l’armature métallique a été remplacée par une structure originale. Les branches ne reposent plus sur des poutres métalliques, mais sont suspendues par des sangles à un filet métallique tenu par quatre mâts, ce qui les rend libres de leurs mouvements. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Autre interrogation : est-ce vraiment un hêtre « pleureur » ?

Si on le compare à un hêtre « pleureur » classique – celui de la Ferme de La Rivière à Littry, par exemple, d’âge « officiel » sensiblement équivalent, on est frappé par la différence qui existe entre leurs deux ports respectifs. Les branches de celui de Littry croissent en hauteur, puis retombent ; celles du hêtre de Bayeux s’allongent horizontalement, prenant appui sur la structure métallique sans la quelles elles traîneraient sur le sol. Le fût du premier prend de la hauteur : la « tête » visible sur celui de Bayeux. Le fût ne s’allonge pas ! Une question s’impose à notre imagination : quelle serait la silhouette actuelle de cet arbre si rien, jamais, n’avais conduit, guidé – peut-être gêné ? la croissance de ces branches ? N’aurait-il pas la forme buissonnante et tortueuse des Faux de Verzy, près de Reims ? Ses ramures n’auraient-elles pas cette allure « zigzagante, tire-bouchonnante », ne seraient-elles pas « repliées sur elles-mêmes, se soudant, se traversant, se séparant… » ? Qui peut le dire ? Aucun botaniste ne se prononce avec certitude. Et, comme le dit Régis Gallois, responsable des espaces verts de Bayeux, « c’est bien ainsi » ! Le mystère sied bien à cet arbre d’exception.

Tel qu’il nous apparaît aujourd’hui, en tous cas, les spécialistes qui l’ont soigné à l’automne 1994 affirment qu’il est unique en France, et peut-être même en Europe. Classé Monument Naturel3 le 13 décembre 1932, il est l’objet de soins attentifs de la part de la municipalité de Bayeux. Débarrassé des champignons qui le parasitaient, éclairci légèrement par les élagueurs de l’entreprise De Jonghe de Paris, protégé par une balustrade du piétinement des curieux qui asphyxiait ses racines. Le remplacement de cette structure s’impose. Consciente de l’urgence de cette opération, la Ville de Bayeux a fait établir plusieurs devis dont le coût élevé s’explique par la difficulté et le danger de l’opération ? En effet, des morceaux entiers de charpente s’effondrent spontanément : certains reste partiellement suspendus à l’arbre, « englobés », on pourrait dire « phagocytés » par des branches qu’ils devaient soutenir. Les risques de rupture sont nombreux, tant de la part de l’arbre lui-même que de celle des poutres métalliques. Déjà en 1938, la structure ancienne s’était affaissée en même temps que la nouvelle, et celle qui existe actuellement a dû être érigée « en catastrophe » !

La seule municipalité de Bayeux peut difficilement assumer en totalité un tel coût. Des demandes d’aides sont en cours. Nous espérons qu’une réponse favorable permettra le sauvetage d’un arbre dont le caractère exceptionnel fait de lui non plus seulement une curiosité municipale, ni même régionale, mais aux côtés du Chêne d’Allouville, de nos Ifs millénaires, de l’Aubépine de Saint-Mars-sur-la-Futaie, de l’Oliver de Roquebrune, etc. un membre important de notre patrimoine arboricole national !


1) Un grand normand : le hêtre, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°03, juin 1995.
2) L’armature métallique n’existe plus. Voir photo ci-dessus.
3) Également labellisé « arbre remarquable de France » en 2001.

 

À LIRE :
 
?- Un grand normand : le hêtre, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°03, juin 1995 ?.
Le jardin botanique de Bayeux, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°06, janvier 1996.
Bayeux : jardin botanique et monument historique !, par Olinda Longuet, in Patrimoine Normand n°68, novembre 2008.
 
Informations sur le concours « L’Arbre de l’Année » : https://www.bayeux.fr/
 
Extrait d’article publié dans Patrimoine Normand n°03 (juin 1995), par Aline Renault.

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Le hêtre pleureur de Bayeux élu arbre de l’année 2023

Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux. (© Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le hêtre pleureur du jardin botanique de Bayeux a obtenu le prix du public du concours « L’Arbre de l’année » 2023. Il sera le représentant de la France dans le concours européen. Découvrons son histoire grâce à l’extrait d’un dossier sur le hêtre en Normandie, publié en 1995 dans les colonnes de Patrimoine Normand1.

LE HÊTRE « PLEUREUR » DU JARDIN BOTANIQUE DE BAYEUX. FAGUS SYLVATICA « PENDULA ».

Un peu l’écart des autres grands arbres du parc, dans une sorte de « décrochement » rompant la rectitude du tracé du jardin botanique, le hêtre pleureur est vraiment le joyau de ce très bel ensemble crée par les frères Buhler au milieu du XIXe siècle et ouvert au public le 15 août 1864.

Soutenues par une charpente métallique datant de 1938, ses branches couvrent la superficie circulaire de 1256 m2, ce qui correspond à un rayon moyen de 20 mètres.

La première question que l’on se pose toujours à propos d’un arbre – et à laquelle il est, la plupart du temps, bien difficile de répondre – est : « quel âge a-t-il ? » Si on se réfère aux dates indiquées ci-dessus, il aurait environ 150 ans… S’il a réellement été planté en même temps que les autres arbres du jardin. Mais est-ce les cas ? N’existait-il pas « avant » ? N’a-t-il pas, du fait de son originalité déjà marquée, été inclus dans le parc, ce qui expliquerait sa situation un peu « excentrée » ? Il serait, alors, beaucoup plus vieux ! Peu de documents existent à ce sujet.

On sait, d’une part, qu’il arrivait souvent aux frères Buhler de construire leurs plans de jardins autour de sujets ou constructions (bassin, fontaines…) leur paraissant intéressants. Mais cet arbre n’apparaît sur aucun des plans établis pour la municipalité par M. Delarue, et refusés par les Bâtiments de France. Nulle mention, non plus sur le plan même des frères Bulher. S’il s’était déjà singularise, pourquoi le passer sous silence ?

De sa plantation, pas d’avantage de trace. Les concepteurs avaient à l’origine, prévu plusieurs hêtres pleureurs dans le jardin, Un seul y figure, actuellement, alors que, dans l’allée, on peut admirer ceux qui, fort différents de celui du jardin, datent de sa création.

L’armature métallique pourrait être un indice. On sait que celle qui existe aujourd’hui2 date de 1938, et qu’elle vient en remplacement de la précédente, érigée en 1913. On ignore, par contre, si celle-ci est la première construite. Ce qui est certain, c’est que l’actuelle a strictement – à l’exception des arceaux rajoutés, le dernier en 1975-76 – les mêmes dimensions (hauteur en particulier) que l’ancienne. Le mystère ne semble pas près d’être éclairci…
 

Depuis 2001, l'armature métallique a été remplacée par une structure originale. Les branches ne reposent plus sur des poutres métalliques, mais sont suspendues par des sangles à un filet métallique tenu par quatre mâts, ce qui les rend libres de leurs mouvements. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Depuis 2001, l’armature métallique a été remplacée par une structure originale. Les branches ne reposent plus sur des poutres métalliques, mais sont suspendues par des sangles à un filet métallique tenu par quatre mâts, ce qui les rend libres de leurs mouvements. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Autre interrogation : est-ce vraiment un hêtre « pleureur » ?

Si on le compare à un hêtre « pleureur » classique – celui de la Ferme de La Rivière à Littry, par exemple, d’âge « officiel » sensiblement équivalent, on est frappé par la différence qui existe entre leurs deux ports respectifs. Les branches de celui de Littry croissent en hauteur, puis retombent ; celles du hêtre de Bayeux s’allongent horizontalement, prenant appui sur la structure métallique sans laquelle elles traîneraient sur le sol. Le fût du premier prend de la hauteur : la « tête » de l’arbre se distingue aisément. Pas de « tête » visible sur celui de Bayeux, le fût ne s’allonge pas ! Une question s’impose à notre imagination : quelle serait la silhouette actuelle de cet arbre si rien, jamais, n’avais conduit, guidé peut-être gêné ? la croissance de ces branches ? N’aurait-il pas la forme buissonnante et tortueuse des Faux de Verzy (voir photo ci-dessous) ? Ses ramures n’auraient-elles pas cette allure « zigzagante, tire-bouchonnante », ne seraient-elles pas « repliées sur elles-mêmes, se soudant, se traversant, se séparant… » ? Qui peut le dire ?
 

Le hêtre tortillard (ou Fau de Verzy) de l'arboretum d'Harcourt. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Le hêtre tortillard (ou Fau de Verzy) de l’arboretum d’Harcourt(Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Hêtre pleureur, Fau de Verzy, forme intermédiaire, espèce indéterminée ? Aucun botaniste ne se prononce avec certitude. Et, comme le dit Régis Gallois, responsable des espaces verts de Bayeux, « c’est bien ainsi » ! Le mystère sied bien à cet arbre d’exception.

Tel qu’il nous apparaît aujourd’hui, en tous cas, les spécialistes qui l’ont soigné à l’automne 1994 affirment qu’il est unique en France, et peut-être même en Europe. Classé Monument Naturel3 le 13 décembre 1932, il est l’objet de soins attentifs de la part de la municipalité de Bayeux. Débarrassé des champignons qui le parasitaient, éclairci légèrement par les élagueurs de l’entreprise De Jonghe de Paris, protégé par une balustrade du piétinement des curieux qui asphyxiait ses racines. Le remplacement de cette structure s’impose. Consciente de l’urgence de cette opération, la Ville de Bayeux a fait établir plusieurs devis dont le coût élevé s’explique par la difficulté et le danger de l’opération ? En effet, des morceaux entiers de charpente s’effondrent spontanément : certains reste partiellement suspendus à l’arbre, « englobés », on pourrait dire « phagocytés » par des branches qu’ils devaient soutenir. Les risques de rupture sont nombreux, tant de la part de l’arbre lui-même que de celle des poutres métalliques. Déjà en 1938, la structure ancienne s’était affaissée en même temps que la nouvelle, et celle qui existe actuellement a dû être érigée « en catastrophe » !

La seule municipalité de Bayeux peut difficilement assumer en totalité un tel coût. Des demandes d’aides sont en cours. Nous espérons qu’une réponse favorable permettra le sauvetage d’un arbre dont le caractère exceptionnel fait de lui non plus seulement une curiosité municipale, ni même régionale, mais aux côtés du Chêne d’Allouville, de nos Ifs millénaires, de l’Aubépine de Saint-Mars-sur-la-Futaie, de l’Oliver de Roquebrune, etc. un membre important de notre patrimoine arboricole national !


1) Un grand normand : le hêtre, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°03, juin 1995.
2) L’armature métallique n’existe plus. Voir photo ci-dessus.
3) Également labellisé « arbre remarquable de France » en 2000.

 

À LIRE :
 
Un grand normand : le hêtre, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°03, juin 1995 ?.
Le jardin botanique de Bayeux, par Aline Renault, in Patrimoine Normand n°06, janvier 1996.
Bayeux : jardin botanique et monument historique !, par Olinda Longuet, in Patrimoine Normand n°68, novembre 2008.
– Le hêtre pleureur de Bayeux sera t-il arbre européen de l’année ?, par Rodolphe Corbin, publié le 30 janvier 2024.
 
Informations sur le concours « L’Arbre de l’Année » : https://www.bayeux.fr/
 
Extrait d’article publié dans Patrimoine Normand n°03 (juin 1995), par Aline Renault.

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Le château de Pirou – Des Vikings à l’abbé Lelégard

Vue zénithale du château de Pirou. La forme globale de l’enceinte rappelle l’origine anglo-normande de la forteresse romane. (© Y. Leroux)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Damien Bouet.

 

Tour est du château, bordée par les douves. L’étude des maçonneries a révélé que la tour avait probablement été érigée au XVe siècle, en même temps que la tour-porte ; cependant le parement des parties basses, en petits moellons de schiste grossièrement taillés, est caractéristique du XIIe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patirmoine Normand)
Tour est du château, bordée par les douves. L’étude des maçonneries a révélé que la tour avait probablement été érigée au XVe siècle, en même temps que la tour-porte ; cependant le parement des parties basses, en petits moellons de schiste grossièrement taillés, est caractéristique du XIIe siècle. (Photo Rodolphe Corbin © Patirmoine Normand)

Situé sur la côte ouest de la Manche, non loin de la cité de Coutances, capitale du Cotentin historique, le château de Pirou s’élève dans une zone marécageuse, localisée entre le havre de Lessay et ce qui fut la mare de Pirou. Restaurés à partir de 1966 à l’initiative de l’abbé Lelégard et d’une poignée de bénévoles, les lieux restent figés hors du temps, dans un cadre boisé idyllique.

Aux origines du château de Pirou

Si les historiens locaux font volontiers remonter les origines du château de Pirou aux Vikings, rien ne permet aujourd’hui d’attester son existence à cette période. Il est vrai qu’avant les campagnes d’assèchement des marais au XIXe siècle, le havre de Lessay permettait de pénétrer dans les terres et d’accéder à la mare de Pirou, située à 300 mètres du château. Cependant, la présence d’un castrum sous le règne des Carolingiens n’aurait alors rien de surprenant. Elle correspond d’ailleurs à l’implantation habituelle des ensembles castraux en France depuis l’Antiquité tardive.

Selon une coutume normande reprise par l’abbé Lelégard, la famille des seigneurs de Pirou descendrait de Serlon, fils aîné de Tancrède de Hauteville. Les auteurs du XIXe siècle évoquent également la présence d’un Guillaume de Pirou auprès du duc Guillaume en 1066 lors de la Con…

 

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L’archéologie du Débarquement et de la bataille de Normandie

Char Sherman devant Sword Beach. (Images Explorations / Drassm, 2018)


Cyril Marcigny

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Cyril Marcigny.

 

Objets découverts lors de la fouille du camp cigarette Twenty Grand de Saint Pierre-de-Varengeville. Les « camps cigarette », qui tenaient leurs appellations des marques de cigarettes américaines de l’époque, étaient des camps intermédiaires servant d’escale aux soldats qui partaient au front ou en revenaient.( (Fouille B. Aubry, Inrap. Cliché S. Le Maho, Inrap)
Objets découverts lors de la fouille du camp cigarette Twenty Grand de Saint Pierre-de-Varengeville. Les « camps cigarette », qui tenaient leurs appellations des marques de cigarettes américaines de l’époque, étaient des camps intermédiaires servant d’escale aux soldats qui partaient au front ou en revenaient.( (Fouille B. Aubry, Inrap. Cliché S. Le Maho, Inrap)

Depuis l’émergence de l’archéologie préventive à la fin des années 1980, les côtes et le sol de la région normande n’ont cessé de livrer des vestiges de la bataille qui s’est livrée du 6 juin à la fin du mois d’août 1944 entre les forces alliées, américaines, britanniques et canadiennes, et les troupes d’occupation du IIIe Reich. Depuis 2014, ces découvertes alimentent une nouvelle thématique de recherche liée à l’histoire matérielle et anthropologique du conflit ainsi qu’aux enjeux mémoriels qui en découlent aujourd’hui, dont la candidature des plages du Débarquement à la liste pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Un travail de recension

À la suite d’un premier travail de synthèse opéré en 2014, lors de l’inscription officielle par le ministère de la Culture de ces vestiges du passé récent dans la programmation nationale de la recherche archéologique, plusieurs programmes d’inventaire et d’étude sont actuellement conduits autour de sites aussi variés que les épaves maritimes, les ouvrages bétonnés du mur de l’Atlantique ou les abris souterrains des civils au cours de la bataille pour Caen. Qu’il s’agisse des ouvrages du mur de l’Atlantique et autres installations allemandes, des vestiges du débarquement allié et des combats qui s’ensuivirent, ou bien encore de ceux laissés par les populations civiles ou les prisonniers, les traces matérielles de la Seconde Guerre mondiale sont, quatre-vingts ans après, omniprésentes en Normandie. Les sites ont toutefois connu des fortunes et évolutions très diverses. Certains ont été purement et simplement détruits ou reconfigurés, tandis que d’autres, dès la fin du conflit, ont été sacralisés afin de rendre hommage au sacrifice des soldats ou, plus récemment, des civils, dans le cadre du devoir de mémoire. Devenus emblématiques du conflit, ces sites mémoriels ont fini bien souvent par occulter en totalité de nombreux vestiges moins visi…

 

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Gloire au Père Magloire !

Pionnier de la réclame, un Père Magloire qui ne vieillit pas ! (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Jean-Luc Péchinot.

 

Autour d’un moulin à pommes du XVIIe siècle, le bel espace de dégustation-vente propose des calvados allant de 2 à 50 ans d’âge, les cuvées « Mémoire » et « Héritage » en étant la quintessence. (© Jean-Luc Péchinot)
Autour d’un moulin à pommes du XVIIe siècle, le bel espace de dégustation-vente propose des calvados allant de 2 à 50 ans d’âge, les cuvées « Mémoire » et « Héritage » en étant la quintessence. (© Jean-Luc Péchinot)

C’est le calvados le plus vendu et le plus exporté. Deux fois centenaire, le Père Magloire se déguste sur toute la planète… et se raconte en son pays d’Auge à travers une enchanteresse et multisensorielle « visite immersive ».

Pont-l’Évêque ou quand la voie lactée rencontre la « voie cidrée ». Au même titre que le camembert, le livarot et… le pont-l’évêque, le cidre est en effet l’autre produit emblématique du pays d’Auge, cette langue de terre argilo-calcaire qui – sur fond de vaches et pommiers – court de Vimoutiers à Deauville : la Normandie par excellence. Celle qui, au-delà des plages du Débarquement, ravit les touristes étrangers toujours en quête d’une France so french. On ne s’étonne pas dès lors que la visite de « Calvados Experience » se décline en huit langues, dont le russe, le japonais et le chinois.

« Calvados Experience », c’est le nom de la « visite immersive » proposée à Pont-l’Évêque, route de Trouville, depuis 2018. Là où le Père Magloire rend hommage tant à la pomme qu’à la fameuse eau-de-vie qu’il aura été l’un des premiers à populariser au-delà de nos fron…

 

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Étretat – Grandeur nature

La porte d’Aval et son Aiguille, symboles de l’érosion constante que subissent les falaises. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Au nord de la porte d’Amont, le roc Vaudieu et, dans le lointain, l’aiguille de Belval, vestiges d’arches aujourd’hui disparues. (© Stéphane William Gondoin)
Au nord de la porte d’Amont, le roc Vaudieu et, dans le lointain, l’aiguille de Belval, vestiges d’arches aujourd’hui disparues. (© Stéphane William Gondoin)

Au temps pratiquement révolu de la carte postale, les images des grandes arches d’Étretat ou de son Aiguille voyageaient en direction des quatre coins du globe dans les soutes d’avions de transport. De nos jours, grâce aux moyens de communication modernes, ces mêmes images se retrouvent à l’autre bout de la planète en une fraction de seconde. La révolution numérique a tout bouleversé, sauf la magie grandiose qui se dégage de ces paysages, quand la nature nous a offert ici l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre

Dans Bouvard et Pécuchet, Flaubert envoie ses héros éponymes, d’une affligeante bêtise, dans les environs « du Havre pour étudier le quartz pyromaque et l’argile de Kimmeridge ». Les deux nigauds passent par Étretat, mais se rendent finalement à Fécamp, où l’auteur nous dresse un tableau pouvant s’appliquer à l’ensemble de la Côte d’Albâtre : « La falaise, perpendiculaire, toute blanche et rayée de noir, çà et là, par des lignes de silex, s’en allait vers l’horizon tel que la courbe d’un rempart ayant cinq lieues d’étendues. Un vent d’est, âpre et froid soufflait. Le ciel était gris, la mer verdâtre et comme enflée. Du sommet des roches, des oiseaux s’envolaient, tournoyaient, rentraient vite dans leurs trous. » En quelques phrases, notre génie normand à résumé toute la substance naturelle d’un site sublime comme celui d’Étretat : le calcaire, le silex, les couleurs du ciel et de la mer et une avifaune remarquable.
 

Un peu de géologie

Ces falaises si altières, qui impressionnent par leur à-pic vertigineux, sont nées au fond des mers au cours du Crétacé supérieur, c’est-à-dire entre 100 et 66 millions d’années, au temps où les derniers dinosaures galopaient à la surface de notre globe ou nageaient sous les océans. Selon le Dictionnaire de géologie (A. Foucault, J.-F. Raoult, F. Cecca, B. Platevoet, éditions Dunod, 2014), la craie, roche sédimentaire et marine, s’est constituée par accu…

 

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DOSSIER « Étretat, joyau de la Côte d’Albâtre » (16 pages) :


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Les trésors bâtis d’Étretat

Au coucher du soleil, la magie d’Étretat est à son apogée. Au premier plan la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde. (© Stéphane William Gondoin)


Marion Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Marion Gondoin.
 
 
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption, doyenne des monuments d’Étretat. (© Stéphane William Gondoin)
L’église Notre-Dame-de-l’Assomption, doyenne des monuments d’Étretat. (© Stéphane William Gondoin)

Le petit village de pêcheurs, d’abord fréquenté par les artistes, est donc devenu en deux siècles l’un des lieux normands les plus connus et les plus visités. Si, comme Maupassant l’affirme dans Une vie, on y vient d’abord pour admirer « ces grandes arches de la falaise qu’on nomme les portes d’Étretat », la commune abrite aussi quantité d’éléments patrimoniaux qui méritent une attention toute particulière.

Droit d’aînesse oblige, intéressons-nous d’abord à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. Sa valeur architecturale est telle que Prosper Mérimée la fit inscrire dès 1840 sur la Liste des monuments pour lesquels des secours ont été demandés, embryon du classement au titre des monuments historiques. C’est dire…
 

Une paroisse et son cimetière

La Normandie connaît une vague de construction d’édifices religieux à partir du milieu du XIe siècle, et c’est peut-être dès cette époque qu’apparaît l’église d’Étretat. À l’origine placée sous le vocable de Saint-Sauveur, elle est construite selon un plan en croix latine, aux bras du transept peu saillants. Le portail occidental est coiffé d’un arc en plein cintre, aux voussures décorées avec une remarquable sobriété, comme presque toujours en Normandie : frettes crénelées, chevrons… Le tympan est occupé par un bas-relief très mutilé, difficile à dater, représen…

 

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DOSSIER « ÉTRETAT, JOYAU DE LA CÔTE D’ALBÂTRE » (16 pages) :


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Inspiration et loisirs à Étretat – Les falaises, le soleil et la mer

Claude Monet, Étretat, la Porte d’Aval, 1885. (© Musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Le peintre Eugène Le Poittevin, « inventeur d’Étretat » selon Alphonse Karr, photographié par Nadar. (© Université de Yale – https://artgallery.yale.edu – Domaine public)
Le peintre Eugène Le Poittevin, « inventeur d’Étretat » selon Alphonse Karr, photographié par Nadar. (© Université de Yale – https://artgallery.yale.edu – Domaine public)

Au début des années 1820, les premiers artistes arrivent et séjournent à Étretat. La primeur de la « découverte » du site revient à deux peintres de renom, Eugène Isabey et Eugène Le Poittevin. Un troisième personnage, l’écrivain et journaliste Alphonse Karr, assurera sa popularité et sa célébrité, au point d’affirmer en 1884 : « J’ai tant bavardé sur Étretat que je l’ai mis à la mode, et qu’aujourd’hui c’est une succursale d’Asnières. »

Nous sommes encore bien loin de cette « succursale d’Asnières » quand, vers 1823, un tout jeune homme arrive à Étretat. Âgé d’environ vingt ans, il entame une carrière de peintre et loge quelque temps chez monsieur Gentil, un capitaine des garde-côtes, vivant au rythme de la famille : « Un gentil garçon, ma foi, et l’air fort distingué. Il travaillait là-haut, dans la chambre au-dessus de la cuisine ; et nous n’étions pas peu étonnés de le voir s’enfermer des jours entiers, avec des maquereaux, des morues, des harengs, qu’il imitait à la perfection. […] Le jeune homme pleura en nous disant adieu. »
 

Au rendez-vous des artistes

Une décennie plus tard, Isabey retourne sur les côtes de la Manche, escorté cette fois de l’un de ses amis. Gustave Nicole raconte : « Un autre peintre de marine l’accompagnait. C’était M. Eugène Lepoitevin [sic], que de longs souvenirs attachent à Étretat et que son inépuisable bienveillance a rendu cher aux marins. » Le Poittevin aime tellement le lieu qu’il y « a fixé son séjour d’été. Il a fait bâtir un atelier sous la falaise d’aval, et de son balcon, il peut, à toute heure du jour, contempler cette mer immense, ce ciel aux changeants reflets, et ces splendides falaises qu’il aime tant et que son pinceau fin et ori…

 

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DOSSIER « ÉTRETAT, JOYAU DE LA CÔTE D’ALBÂTRE » (16 pages) :


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Il était une fois Étretat

Étretat, joyau de la Côte d’Albâtre. (© Adobe Stock/Thieury)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Emplacement de l’oppidum présumé des Calètes, sur la plateforme délimitée par la mer et le Petit Val. Elle s’étire derrière la flèche du monument à Nungesser et Coli et la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde. (© Stéphane William Gondoin)
Emplacement de l’oppidum présumé des Calètes, sur la plateforme délimitée par la mer et le Petit Val. Elle s’étire derrière la flèche du monument à Nungesser et Coli et la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde. (© Stéphane William Gondoin)

Au même titre que Honfleur, Barfleur, Cabourg, Deauville ou Le Mont-Saint-Michel, Étretat est l’une des communes emblématiques de Normandie. Célèbres dans le monde entier, ses grandes arches calcaires, porte d’Aval ou Manneporte, son Aiguille, que le romancier Maurice Leblanc imagina creuse, ont acquis une renommée planétaire. Mais Étretat, c’est aussi un bourg attachant, niché au fond d’une valleuse, dont les origines remontent à la nuit des temps.

Le pays de Caux, pagus Caletus en latin, tire son nom des Calètes, le peuple celte qui occupait ce vaste plateau calcaire avant l’invasion romaine de la Gaule, entre 58 et 51 av. J.-C. César les cite parmi les membres de la coalition des peuples belges, qu’il affronte en 57 à la bataille de l’Aisne, puis comme des participants actifs à la grande insurrection de 52, qui s’achève tragiquement par le siège d’Alésia.

Ces Calètes possédaient plusieurs oppida (singulier oppidum), à la fois grands villages, centres de commerce et places fortes. Certains d’entre eux ont été localisés à Fécamp (Canada), à Caudebec-en-Caux (Calidu), à Sandouville (lieu-dit Camp-Romain), ou encore à Bracquemont (Camp de César, au-dessus de Dieppe). Il en existait peut-être aussi un au nord d’Étretat, à cheval sur la commune de Bénouville. Cet éperon barré de soixante-quatre hectares, défendu à l’est par un rempart d’environ 300 mètres, n’a toutefois jamais fait l’objet d’investigations archéologiques. En l’absence de données scientifiques, il est donc impossible de dater précisément le site, qui pourrait fort bien remonter à l’âge du bronze, voire au Néo…

 

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DOSSIER « ÉTRETAT, JOYAU DE LA CÔTE D’ALBÂTRE » (16 pages) :


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Abbaye de Grestain – Sépulcre d’une mère de roi

Abbaye de Grestain. Le bâtiment principal. Il s’agissait de l’ancien réfectoire des moines, qui fut augmenté au XVIIIe siècle du logis du chapelain. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°128
Par Stéphane William Gondoin.

 

Un chemin de terre emmène vers ce magnifique trou de verdure où s’élevait autrefois l’une des grandes abbayes normandes. (© Francois Louchet)
Un chemin de terre emmène vers ce magnifique trou de verdure où s’élevait autrefois l’une des grandes abbayes normandes. (© Francois Louchet)

Dans un virage serré de la D312, reliant les communes de Conteville et de Fiquefleur, un chemin de terre descend en direction du canal de Retour, un ancien bras de la Seine. Il emmène vers un trou de verdure niché au pied d’un coteau boisé, rebord septentrional du plateau du Lieuvin. Là, il y a près de mille ans, des moines s’installèrent autour d’une source aux eaux cristallines.

En 911, à la fondation du duché de Normandie, il n’existe plus un seul établissement monastique en activité. Tout au long du Xe siècle, et durant les années 1000-1040, les premiers ducs s’emploient à restaurer une partie de ce que leurs ancêtres scandinaves avaient ravagé. Ainsi naissent ou renaissent les communautés de Saint-Ouen de Rouen, Jumièges, Saint-Wandrille, mont Saint-Michel, Fécamp, Cerisy ou encore Montivilliers. À partir des années 1040, la haute noblesse prend massivement le relais des ducs, et les abbayes se multiplient. S’ouvre ainsi un véritable âge d’or pour le monachisme normand. Fondé en 1050 par un nommé Herluin de Conteville, le monastère bénédictin de Grestain participe à cet essor.

 

De bonnes fées autour d’un berceau

Automne 1082. Guillaume le Conquérant tient sa cour en l’un de ses palais normands avant de regagner l’Angleterre. Il tient à confirmer en personne, par un acte officiel, les donations consenties trente-deux ans plus tôt par Herluin, lors de la fon…

 

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