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Chênaie à La Croix Dussault

La chênaie de La Croix Dussault plantée

Comme prévu suite à la démolition des maisons menacées par la falaise à Villequier, la Ville de Rives-en-Seine a créé un bel alignement d’arbres au lieu dit de La Croix Dussault.

Pour sécuriser ce terrain risqué, l’idée de la municipalité était de le séparer de la chaussée par un talus planté d’arbres. Sur les conseils d’Aurélie Lasnier, chargée de mission Paysage au Parc Naturel des Boucles de la Seine Normande, les élus ont choisi des chênes sessiles. Dans quelques années, ils pourront atteindre 40 mètres de haut, ce qui fera une très belle impression à l’entrée de ville ! C’est l’entreprise des Pépinières Vallois qui s’est chargée de planter les 90 sujets.

Dès que la friche sera remise à l’état naturel, la Ville fera appel à un agriculteur pour pratiquer de l’écopâturage, une technique qui permettra d’entretenir la parcelle sans emploi de désherbants chimiques.

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Axe Seine : en savoir plus, rétrospectivement, sur l’action de l’un des souffre-douleur de Florestan…

     A l'occasion d'une requête à large spectre sur le fret, votre serviteur a été confronté à un article accessible sur le site Cairn.info, article dont le signataire, qui s'exprimait en novembre 2015, n'est autre que l'occupant d'une soupente de bureau parisien, mouche du co... lloque à ses moments perdus, le haut-fonctionnaire François Philizot.

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     C'est dans une revue très sérieuse que s'exprimait François Philizot :

https://www.cairn.info/revue-realites-industrielles-2015-4-page-10.htm

La délégation interministérielle au Développement de la vallée de la Seine

François Philizot

Dans Annales des Mines - Réalités industrielles 2015/4 (Novembre 2015), pages 10 à 13

Relancées en 2008 dans le cadre du projet du Grand Paris, les réflexions autour du développement de la vallée de la Seine en ont mis en évidence les enjeux logistique et portuaire. De longue date, en effet, la Seine, débouché naturel de l’agglomération parisienne, est un corridor de transport majeur. Du fait à la fois du poids intrinsèque de l’Île-de-France, première région économique française, et de l’importance des ports maritimes du Havre et de Rouen, de celle des Ports de Paris, mais aussi des aéroports de Roissy et, à un degré moindre, d’Orly, les fonctions logistiques y tiennent une place majeure. Mais dans une économie portuaire extrêmement concurrentielle à l’échelle de la « rangée Nord » allant du Havre à Hambourg, le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord, l’ensemble portuaire séquanais se trouve placé dans une compétition directe avec les ports du Benelux, et celui d’Anvers en particulier. Un des objectifs majeurs de l’État et des régions concernées est donc d’améliorer l’offre tout au long de la vallée de la Seine pour être à même de saisir les opportunités de développement liées à l’évolution des trafics de manière générale, et maritimes en particulier.

Quelques éléments d’un état des lieux

L’Axe Seine constitue le premier ensemble portuaire français grâce à l’activité des grands ports maritimes du Havre et de Rouen et à celle des Ports de Paris, un axe qui est de très loin le premier ensemble portuaire fluvial de notre pays. Un tiers du tonnage global transitant par les ports français par voie maritime, fluviale et ferroviaire est en effet traité sur cet axe, soit l’équivalent de 125 à 130 millions de tonnes de fret chaque année. Les trafics maritimes traités par Le Havre et Rouen s’établissaient en 2014 à 89,2 millions de tonnes, soit une baisse d’une dizaine de millions de tonnes depuis 2008, du fait de la diminution du trafic pétrolier, laquelle affecte l’ensemble des ports français.

Le Havre est très nettement le premier port français pour le traitement des conteneurs, un segment de marché qui, au niveau mondial, connaît depuis la fin du siècle dernier un développement très rapide. Avec environ 2,7 millions d’équivalents vingt-pieds en 2015, le trafic de ce port est supérieur à celui de l’ensemble des autres grands ports maritimes français, et Le Havre est le seul port à figurer au nombre des ports d’importance moyenne aux échelles européenne et mondiale.

Depuis quatre ans (2011), son trafic connaît à nouveau une croissance régulière (après une chute brutale liée à la crise économique de 2008).

De son côté, le port de Rouen reste en particulier le premier port céréalier européen. Traitant plus de 7 millions de tonnes les années où le marché est le plus actif, il devance de loin celui de La Rochelle (4,7 millions de tonnes) et draine une part considérable de la production céréalière exportée depuis le Bassin parisien.

Sous l’angle de l’emploi, le poids des activités logistiques, et notamment portuaires, est tout aussi perceptible. La dernière étude sur ce secteur publiée par l’INSEE (en 2015) fait clairement apparaître la place de l’ensemble Paris-Seine-Normandie dans cette filière. Sur 900 000 emplois salariés de ce secteur recensés en métropole, plus du quart (soit 235 000) est concentré dans cet espace. La spécialisation de la région Haute-Normandie est encore plus forte, avec 41 000 emplois (soit 4,4 % des effectifs salariés de la filière), alors que cette région ne totalise que 2,7 % de l’emploi productif métropolitain.

En matière d’emploi logistique, la spécificité de l’Île-de-France réside, sans surprise, dans la place qu’y occupe le transport aérien. L’aéroport de Roissy, avec un trafic supérieur à 2 millions de tonnes, reste un des premiers aéroports de fret européen, ce qui explique que plus de 6 % des emplois de la logistique aérienne en France se situent dans l’espace Paris-Seine-Normandie. Avec un trafic supérieur à 20 millions de tonnes, Ports de Paris joue un rôle majeur dans les transports franciliens, notamment dans la filière bâtiment-travaux publics ou dans la logistique urbaine, et ce grâce à des implantations réparties dans l’ensemble de l’agglomération parisienne.

Du fait de ses activités portuaires, la Haute-Normandie est, pour sa part, la région française la plus spécialisée dans la logistique : cette filière y représente 6,5 % de l’emploi local total, contre 4,1 % au niveau national. La zone havraise, avec 16 000 salariés, se classe au premier rang national pour l’emploi lié aux transports maritimes, du fait, en particulier, du poids des activités correspondant directement à la logistique portuaire et maritime (4900 emplois) et de celles relevant de l’affrètement et de l’organisation des transports (4800 emplois).

Retour sur les enjeux stratégiques

L’Axe Seine figure depuis peu parmi les grands corridors du transport européen identifiés par la Commission européenne. Ce classement repose bien évidemment sur les enjeux de la desserte du Bassin parisien. Mais il correspond aussi au rôle qu’est appelé à jouer cet axe vis-à-vis d’un territoire plus vaste correspondant à un hinterland incluant une partie de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Italie, et ce dans un contexte marqué par l’accroissement des phénomènes de saturation dans les grands ports du Benelux.

Pour autant, et aussi grande que soit l’importance des activités portuaires et logistiques, on mesure aisément que le potentiel de l’Axe Seine n’est pas pleinement exploité. L’illustration la plus frappante réside dans la dynamique des trafics conteneurisés.

Si le port du Havre est bien dans ce domaine le premier port français, il se situe loin derrière ses principaux concurrents du Nord-ouest européen. Son trafic représente environ 30 % de ceux d’Anvers ou de Hambourg, et un quart de celui de Rotterdam (ce retard résultant d’un relatif décrochage du Havre intervenu à partir des années 1990). On estime que Le Havre traite environ la moitié des conteneurs destinés au Bassin parisien, Anvers et les ports belges détenant environ 40 % des parts de marché.

Ce constat est posé alors même que l’évolution des trafics maritimes et, en particulier, l’augmentation considérable de la taille des porte-conteneurs utilisés sur les grandes routes transocéaniques constituent un atout pour le port du Havre. Celui-ci bénéficie en effet d’accès nautiques aisés pour les grands navires et d’infrastructures de qualité, grâce à Port 2000, alors que Rotterdam et Anvers, en dépit de lourds travaux, sont handicapés par leurs faibles tirants d’eau et des phénomènes croissants de congestion liés à des flux de marchandises considérables. Les qualités du port du Havre et de Rouen pour les vrac secs, développées au sein d’HAROPA, justifient d’ailleurs aussi bien les récompenses internationales décernées à celui-ci depuis 2013 que les nombreuses dessertes assurées par les grandes alliances armatoriales, qui se sont reconfigurées en 2014 et 2015.

L’enjeu majeur est donc de saisir ces opportunités pour accroître les trafics sur l’Axe Seine à la fois pour desservir l’hinterland rapproché et pour conquérir des parts de marché sur des horizons plus larges aussi bien maritimes (sur la façade atlantique depuis l’Irlande jusqu’au nord-ouest de l’Espagne) que terrestres, principalement via des liaisons ferroviaires, en direction du Sud et de l’Est.

Au sein de la région Île-de-France, notamment en raison de considérations environnementales, le rôle de Ports de Paris est appelé à s’accroître. Il convient pour cela de préserver les espaces portuaires situés en cœur d’agglomérations et de développer des sites dans des zones moins densément urbanisées. Il est également nécessaire de valoriser les avantages environnementaux du fluvial de façon notamment à compenser le coût des ruptures de charges, et de renforcer les coopérations entre transporteurs et chargeurs.

La structuration de l’action publique

Un des handicaps spécifiques à notre pays en matière de transports est le cloisonnement entre les acteurs du secteur. Alors qu’en Europe du Nord, pour des raisons liées tant à l’histoire qu’au poids des fonctions commerciales et logistiques, des dynamiques très intégrées (pouvant aller jusqu’à la coopération avec les chargeurs) s’étaient mises en place de longue date, le quant à soi était la pratique la plus fréquente dans notre pays, l’Axe Seine n’échappant pas à cette règle.

La prise de conscience des enjeux et la nécessité de construire un effet de système pour profiter pleinement des atouts de l’Axe Seine ont conduit à des évolutions fortes au cours des années passées. La première étape fut franchie dans le cadre de la réforme portuaire de 2008 qui a débouché notamment sur la création d’un conseil de coordination interportuaire sur l’Axe Seine. L’objectif était de rapprocher les trois ports d’État du Havre, de Rouen et de Paris du point de vue stratégique et d’ouvrir un cadre d’échanges pérenne avec leurs partenaires gestionnaires d’infrastructures de transport ou avec les collectivités locales.

La création du groupement d’intérêt économique (GIE) HAROPA, réunissant les fonctions commerciales et de communication des trois ports précités, constitue une deuxième avancée essentielle. Opérationnel depuis le début 2013, HAROPA donne à cet ensemble portuaire multi-sites une visibilité beaucoup plus forte à l’international et a débouché sur la définition d’un projet stratégique commun à l’horizon 2030, qui a été décliné dans les plans propres à chacun des ports concernés.

Parallèlement, l’institution (par un décret du 22 avril 2013) d’un délégué interministériel au Développement de la vallée de la Seine, directement placé auprès du Premier ministre, a permis d’inscrire la stratégie portuaire dans une démarche plus globale portée par l’État et les régions. Cette fonction exprime la volonté politique forte qu’a l’État de mieux exploiter que ce n’est le cas aujourd’hui le potentiel de l’Axe Seine et d’en faire une priorité de la coopération conduite avec les régions.

Le dispositif d’animation mis en place repose sur un Comité directeur associant les représentants de l’État, le délégué interministériel, le préfet de Haute-Normandie (en qualité de préfet coordonnateur), les préfets d’Île-de-France et de Basse-Normandie et les présidents des conseils régionaux de l’Île-de-France, de la Haute et de la Basse-Normandie. Ce comité a pour vocation d’élaborer un schéma stratégique d’aménagement et de développement de la vallée de la Seine et de traduire celui-ci dans un contrat de plan interrégional spécifique. Il recueille à cette fin les avis des représentants des départements, des principales agglomérations, du monde socio-économique et des établissements publics de l’État directement intéressés.

Le cadre de travail ainsi défini a été mis en place au début de l’été 2013, deux des impératifs étant de s’intégrer au calendrier général de la contractualisation État-région et de respecter l’échéance du premier semestre 2015.

Les orientations retenues

Un schéma stratégique d’aménagement et de développement de la Seine a été approuvé par les régions et l’État en appui au contrat de plan interrégional. Après la signature de ce dernier (intervenue le 25 juin 2015), ce document a été diffusé dans le courant de l’été. Ses ambitions dépassent le cadre des seules fonctions logistiques, même si celles-ci constituent l’un de ses trois axes d’action.

L’idée force est de développer une approche qui marie un effort d’investissement adapté destiné à lever les goulets d’étranglement et à fluidifier les circulations avec une offre de services améliorée facilitant le suivi des marchandises et permettant de consolider les grandes plates-formes logistiques. Cette conjonction entre action sur les infrastructures et intervention sur les services est un impératif si l’on veut créer la dynamique globale qui est recherchée, laquelle se fonde sur un effet de système.

Dans le même esprit, l’approche retenue est délibérément intermodale, allant jusqu’à travailler les articulations entre fonctions portuaires et fonctions aéroportuaires, car il faut être à même de garantir l’offre logistique qui soit la plus diversifiée possible.

Le schéma stratégique décline cette idée force en quatre orientations. La première est l’identification, en vue de leur engagement sur les quinze années qui viennent, des projets routiers, ferroviaires, portuaires, fluviaux, d’envergure nationale ou interrégionale. La seconde est la hiérarchisation et le développement des plates-formes logistiques d’échelle interrégionale, de façon à pouvoir offrir une couverture cohérente du territoire, dans sa profondeur. La troisième est le soutien de l’offre et de la demande, et ce pour les différents modes de transport, en s’appuyant tout spécialement sur l’action des gestionnaires d’infrastructures, d’une part, et sur les structures professionnelles collectives, d’autre part. La quatrième est l’observation du secteur et de ses évolutions, de façon à anticiper les changements et d’y ajuster les actions conduites.

L’on voit bien qu’à partir de l’analyse des forces et des faiblesses de notre système portuaire, qui est un atout majeur de l’Axe Seine, la volonté est d’intervenir sur un large spectre intégrant pleinement les services, même si les infrastructures demeurent l’élément à la fois le plus visible et le plus coûteux. C’est aussi la volonté de marier les interventions publiques et l’engagement des entreprises dans des cadres de préférence collectifs.

Le contrat de plan interrégional

Le contrat de plan interrégional décline les trois axes du schéma stratégique. Il comporte donc un important volet dédié aux infrastructures de transport permettant, pour la première fois, d’articuler dans un vecteur unifié les principaux projets d’investissement concourant au développement du système portuaire.

De ce fait, y ont été intégrés les projets relevant de chacun des trois ports d’HAROPA (les terminaux havrais et le lien fixe fluviomaritime, l’accès au port de Rouen et le développement des ports de l’aval francilien), ainsi que les travaux à réaliser sur les ouvrages gérés par Voies navigables de France et la création d’un deuxième axe ferroviaire pour le fret entre Paris et la Normandie. L’ensemble de ces opérations représente un programme d’investissement de 840 millions d’euros financé à hauteur de 265 millions d’euros par l’État, de 233 millions d’euros par les régions et de 106 millions d’euros par l’Union européenne. Des opérations complémentaires sont inscrites dans les contrats de plan régionaux.

Une des originalités du contrat de plan interrégional est le fait qu’il prend en considération les enjeux liés à l’exploitation des infrastructures. Cela se traduit par exemple par des engagements financiers relatifs à la gestion des ouvrages fluviaux. Cela est également illustré par la création d’une plate-forme de travail rassemblant l’État, les régions, le syndicat des transports d’Île-de-France, la SNCF Réseau et HAROPA afin de coordonner les perspectives d’exploitation et la gestion des sillons ferroviaires sur l’Axe Seine et dans ses abords. Dans le même esprit, les moyens disponibles sur les autres axes contractuels dédiés à la gestion de l’espace et au développement des filières économiques permettront d’intervenir pour répondre aux enjeux logistiques ou accompagner des coopérations interentreprises, conformément aux orientations du schéma stratégique.

Le contrat de plan fournit un cadre adapté pour inscrire dans la durée la coopération entre l’État et les régions, et plus largement avec les établissements publics porteurs des grands investissements. De façon plus globale, la relance des travaux du Conseil de coordination interportuaire (depuis septembre 2015) offre un espace d’échanges entre ces mêmes acteurs (à savoir les principales agglomérations et leurs représentants socio-économiques) contribuant à l’indispensable intégration de leur action. Même si cette architecture institutionnelle en cercles concentriques peut paraître un peu lourde, elle contribue à un effet de système qui confortera la dynamique portuaire et logistique de l’Axe Seine.

Mis en ligne sur Cairn.info le 10/12/2015

https://doi.org/10.3917/rindu1.154.0010

Félicitations aux jeunes diplômés !

Ils sont dix-neuf jeunes élèves du village a avoir décroché en 2020 un diplôme.

Alors, bien sûr que l’obtention de ces diplômes méritait une récompense offerte par la municipalité pour féliciter cette jeunesse studieuse.

Et c’est lundi 1er mars que ces dix-neuf jeunes diplômés domiciliés au Val de la Haye ont reçu, en signe d’encouragement à poursuivre leurs efforts, un bon d’achat valable dans les centres culturels Leclerc : un bon d’achat de 20 euros pour les collégiens ayant obtenu leur diplôme de DNB (diplôme national du brevet, anciennement appelé brevet des collèges) et un bon d’achat de 40 euros pour les élèves diplômés du CAP, BEP, Bac Pro et Bac général.

Un bon d’achat pour le DNB qui est d’ailleurs une nouveauté cette année. Une façon pour l’équipe municipale de mettre en avant pour ces neuf jeunes collégiens (depuis devenus lycéens) l’importance de ce premier diplôme dans leur cheminement scolaire.

Félicitations donc à…

  • Léna, Gwen, Cléo, Phoebe, Meije, Brayan, Arthur, Pierre-Marie et Thomas pour l’obtention de leur DNB,
  • Gloria et Brian pour l’obtention de leur CAP,
  • Armand pour l’obtention de son BEP,
  • Fabien pour l’obtention de son Bac professionnel,
  • et Lucille, Alicia, Azilis, Nathanaël, Nicolas et Gabriel pour l’obtention de leur Bac général.

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On a replanté à Etennemare

Samedi dernier 27 février, les élus de la commission Développement Durable présidée par Philippe Cabin, maire adjoint se sont retrouvés au bois d’Étennemare pour une première série de plantation d’arbres. Véritable poumon vert de la commune, le bois d’Étennemare contribue par ses nombreuses allées bordées de hêtres centenaires à l’attractivité …

La région Normandie au chevet du pays d’Alençon…

Alençon est la plus importante des villes "porte de Normandie": cela devrait d'ailleurs être un label avec un cahier des charges précis avec objectifs et financements spécifiques pour construire le rayonnement et l'attractivité de la "ville porte"...

Il était temps que la région Normandie s'intéresse enfin un peu plus à Alençon et à son agglomération. La préfecture de l'Orne située physiquement sur la limite Sud de la Normandie avec une rive normande et une rive mancelle de la Sarthe qui traverse la ville, se sent toujours un peu abandonnée et mise de côté du reste du concert normand avec la tentation toujours présente d'une attraction mancelle prégnante quand elle n'est pas... bretonne!

Il était donc temps d'investir massivement dans l'avenir normand d'Alençon où l'on trouve de nombreuses urgences à commencer par la relance de l'attractivité d'un centre-ville historique qui n'a pas le rayonnement touristique et culturel qui pourrait mériter: le patrimoine architectural, culturel et spirituel d'Alençon est très riche, il y a urgence à le mettre en valeur ce qui permettra de sauver le commerce de la ville...

Dans le communiqué de la région Normandie à lire ci-après, nous avons mis en gras ce qui peut relever de l'investissement dans l'attractivité touristique d'Alençon...

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Vue aérienne du château d'Alençon qui fut longtemps une prison: un projet d'aménagement culturel est à l'étude...

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L'orgue de la basilique Notre-Dame d'Alençon: un bel instrument neuf d'esprit baroque français dans un merveilleux buffet datant de la Renaissance du XVIe siècle qui a retrouvé récemment toute sa beauté polychrome d'origine...


 

Contrat de territoire 2017-2022

Plus de 34 millions d’euros pour accompagner le développement de projets structurants sur le territoire de la Communauté Urbaine d’Alençon

 Hervé Morin, Président de la Région Normandie, Christophe de Balorre, Président du Département de l’Orne, et Joaquim Pueyo, Président de la Communauté Urbaine d’Alençon et Maire d’Alençon, ont officiellement signé, ce jour, à l’Hôtel de Ville d’Alençon, le contrat de territoire 2017-2022 révisé. Plus de 34 millions d’euros, soit près de 3 millions d’euros supplémentaires par rapport à la version initiale du contrat, sont mobilisés dans ce cadre pour accompagner le développement de 30 projets structurants prêts à être lancés sur le territoire de la Communauté Urbaine d’Alençon.  Ces projets, qui participeront à la relance économique du territoire, sont soutenus à hauteur de plus de 6,87 millions d’euros par la Région et de plus de 1,13 million d’euros par le Département de l’Orne.

 « Plus que jamais, notre devoir est d’accompagner les projets structurants et facteurs de développement pour les territoires normands. C’est pourquoi, afin de favoriser la relance dans le contexte actuel de crise sanitaire et économique, la Région, en lien avec les Départements, a proposé aux intercommunalités de revoir les contrats de territoire dans l’objectif de prioriser les projets prêts à démarrer et nécessaires aux territoires pour préserver les dynamiques locales. Nous avons, par ailleurs, décidé de prolonger d’une année la période de contractualisation territoriale initiale afin de permettre aux territoires d’engager jusqu’en 2022 leurs projets, avec l’assurance du maintien d’un soutien financier de la Région » a rappelé Hervé Morin, Président de la Région Normandie.

« Ce contrat est un véritable partenariat gagnant-gagnant qui répond aux besoins et aux attentes de nos territoires et de leurs habitants. Le Conseil départemental ne cesse d’adapter ses politiques au plus près du terrain et des réalités du quotidien. Déploiement de la fibre à l’habitant et objectif de l’internet très haut débit pour tous, partenariats scellés avec les collectivités, associations, professionnels, tant en ville que dans les territoires ruraux. Que de moyens mis en œuvre pour accroitre l’attractivité de l’Orne ! » a souligné Christophe de Balorre, Président du Département de l’Orne.

« Ce contrat de territoire qui lie nos collectivités traduit une ambition et une vision commune pour notre attractivité : à l’échelle intercommunale, départementale et régionale. Cette révision vient renforcer notre coopération et l’étendue de notre action au service de la Communauté Urbaine d’Alençon et de ses habitants. Nous avons plus que jamais besoin d’investir dans des projets structurants pour l’avenir, qui améliorent notre vie quotidienne, nos services publics, et qui contribuent au rayonnement de notre territoire. Ce soutien renouvelé de la Région Normandie et du Département de l’Orne est essentiel dans l’accompagnement de nos transitions économique, environnementale, sociale et identitaire » a déclaré Joaquim Pueyo, Président de la Communauté Urbaine d’Alençon et Maire d’Alençon.

Ce nouvel engagement pour la période 2017-2022 permettra le développement de projets structurants pour le territoire de la Communauté Urbaine d’Alençon dans des domaines variés tels que la santé, la mobilité, l’aménagement du centre-ville, la rénovation dans les quartiers prioritaires, la performance énergétique, l’amélioration des services rendus aux usagers, ou encore le tourisme.

 

7 nouvelles opérations ont été ajoutées dans le cadre de la révision du contrat de territoire :

  • Création de liaisons douces pour la traversée des hameaux de Beaubourdel et la Cuissaye à Lonrai
  • La création d’une voie verte entre le cœur de ville et le site universitaire de Montfoulon
  • L’aménagement de la rue Luther King à Alençon
  • L’aménagement des Berges de la Sarthe à Alençon
  • La requalification de l’avenue Winston Churchill à Alençon
  • L’aménagement de la rue Claude Bernard et de la rue Vicques à Alençon
  • L’opération collective de modernisation des équipements et des commerces

 

Une vingtaine d’autres projets figurant déjà dans la version initiale du contrat de territoire font aussi l’objet d’un accompagnement, parmi lesquels :

  • la création de deux Pôles de Santé Libéral et Ambulatoire (PSLA) avec chacun une antenne
  • la création d’un pôle d’échange multimodal à la gare
  • la requalification du centre-ville commerçant
  • l’aménagement des extérieurs du château des Ducs
  • l’aménagement de la place du Point du Jour
  • la restructuration d’un hôtel particulier pour les services du CCAS
  • la création d’un nouveau bassin et l’aménagement des espaces extérieurs du centre aquatique Alencéa
  • l’extension du conservatoire

L’affaire Ferrero: un fiaco industriel normand, un fiasco aussi pour les associations de défense de l’environnement…

Décidément, rien ne va plus du côté de la métropole de Rouen, en terme de projets et de développement économique local:

Le Nouveau Maître de Rouen est devenu LE docteur "No" comme nous l'avons hélas déjà trop vu ici sur des sujets importants sinon essentiels pour l'avenir de la Normandie: on pensera, bien entendu, au refus de participer au financement du contournement autoroutier Est de Rouen...

Mais dans l'affaire ou, plutôt, l'embroglio tartiné ci-dessous, notre Mayer-Rossignol préféré si prompt d'ordinaire à gazouiller dans les médias et les réseaux sociaux, reste bien silencieux... Il faut dire qu'il s'agit d'un autre oiseau tout aussi criard que lui!

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l'oedicnème criard - ne rigolez pas c'est bien son nom- appelé aussi  courlis de terre, a le bonheur de nicher dans les roselières en bord de Seine non loin de Criquebeuf  là ou un célèbre fabricant de pâte à tartiner au chocolat au goût de noisette souhaitait installer un vaste entrepôt pour assurer sa logistique: il faut savoir que le groupe italien Ferrero a son siège social français chez nous en Normandie à Mont-Saint-Aignan et que sa plus grosse usine d'Europe est à Villers-Ecalles, commune de la petite intercommunalité de Caux-Austreberthe, enkystée aux portes de la métropole de Rouen dont le grand port maritime reste l'un des principaux ports européens importateur de fèves de cacao: ceci expliquant cela.

En 2019, la construction de cet entrepôt logistique pourvoyeur de nombreux emplois espérés est annoncé à grands renforts de trompette notamment par les principaux élus locaux intéressés:

Yvon Robert alors maire et président de la métropole de Rouen et Bernard Leroy, président de la communauté d'agglomération Seine Eure (Louviers-Val-de-Reuil):


 Ferrero confirme la construction d'un nouvel entrepôt en Normandie : il sera implanté à Criquebeuf-sur-Seine


PUBLIÉ LE JEUDI 23 MAI 2019 À 18:40

C'est officiel. Ferrero va construire un nouvel entrepôt en Normandie où l'entreprise italienne est déjà solidement implantée. Ce sera à Criquebeuf-sur-Seine, dans l'Eure. Les travaux vont durer deux ans pour être opérationnels en 2021.


https://www.infonormandie.com/Ferrero-confirme-la-construction-d-un-nouvel-entrepot-en-Normandie-il-sera-implante-a-Criquebeuf-sur-Seine_a24136.html

 Ferrero France a son siège social à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen

Ferrero France, la firme qui fabrique le fameux Nutella, vient de confirmer le lancement d’un projet permettant de doubler la capacité de stockage de ses produits en Normandie. La firme italienne, solidement implantée en Seine-Maritime ( son siège social est à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen), annonce ce soir sa décision de construire un nouvel entrepôt à Criquebeuf-sur-Seine, dans l'Eure.

Ce choix ne s'est pas fait au hasard. Ferrero, après avoir étudié différentes options pour accueillir en Normandie le nouveau site logistique aujourd’hui basé à Grand-Quevilly, a finalement identifié un lieu sur la commune de Criquebeuf-sur-Seine, dans l'Eure, « répondant à tous les critères de l’entreprise».

Toutes les réflexions ont été menées en étroite collaboration avec la Communauté d’agglomération Seine Eure dont les élus ont appris la bonne nouvelle ce jeudi soir de la bouche de son président Bernard Leroy.

Deux ans de travaux

Les travaux de construction devraient démarrer très vite. Ils s’étaleront sur près de deux années, selon Ferrero France qui prévoit le début de l’activité de ce nouveau site pour 2021. Coût de l'investissement : 30 millions d’euros pour Ferrero. 

Cet entrepôt desservira principalement tout le quart nord-ouest de l’hexagone. « Au-delà des espaces dédiés au stockage des produits, une partie de ce nouveau site sera consacrée aux activités de conditionnement (co-packing). Il accueillera environ 70 collaborateurs présents aujourd’hui sur le site de Grand-Quevilly de façon permanente. Les effectifs pourront s’élever à 110 personnes lors des pics d’activité saisonniers », détaille l'entreprise dans un communiqué, sans préciser si le nouveau site sera créateur d'emplois.

Début de la concertation avec les institutions locales

Une certitude : ce projet permettra d’accompagner la croissance de l’entreprise en France, de mieux répondre aux besoins des clients ainsi qu’aux exigences élevées de Ferrero en matière de qualité et de responsabilité, explique l'industriel.

La phase classique préparatoire des travaux vient de commencer en étroite concertation avec toutes les institutions locales.

« Nous sommes fiers et honorés d’accueillir cette entreprise de prestige sur l’Agglomération Seine-Eure, qui affirmera son ancrage normand et l’attractivité de notre territoire », se réjouit Bernard Leroy, président de la communauté d'agglomération Seine Eure.

Quatre sites en Normandie et 1 300 employés

Ferrero en France est la filiale du groupe italien Ferrero, troisième groupe mondial de confiserie et chocolaterie (20 sites de production dans le monde).

En France, l’entreprise a doublé son chiffre d’affaires depuis 2000 pour atteindre 1,25 milliard d’euros en 2018. Elle est présente sur 7 marchés principaux (tartinables, barres chocolatées, tablettes de chocolat, pralines, pâtisseries industrielles fourrées, biscuits et petite confiserie de poche), avec des produits au positionnement très ciblé et de renommée internationale : Nutella, Kinder, Ferrero Rocher, Mon Chéri ou encore TicTac.

Ferrero, dont le siège social est basé près de Rouen, à Mont-Saint-Aignan, emploie en France plus de 1 300 personnes sur 4 sites en Normandie : deux entrepôts au Grand-Quevilly et à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, et une usine à Villers-Écalles. Celle-ci emploie 380 personnes et est la plus importante usine productrice de Nutella avec 600 000 pots par jour (un tiers de la production mondiale) et l'unique site de fabrication de Kinder Bueno. 


 Yvon Robert et Bernard Leroy avaient, à l'époque, bien coopéré sur ce dossier pour que Ferrero qui est l'un de nos grands acteurs industriels présents en Normandie renforce ainsi sa présence sur notre territoire: tous les outils de développement territorial avaient été utilisés notamment "Rouen Normandy Invest" pour aboutir à ce résultat prometteur...

Au cours du conseil extraordinaire, ce mercredi 25 septembre, dans les locaux de la Métropole de Rouen, un nouveau tandem a été élu, composé de Bernard Leroy et Yvon Robert.

https://www.agglo-seine-eure.fr/actualites/bernard-leroy-president-pole-metropolitain/

Publié le 26 Sep 2019

A travers le pôle métropolitain, les deux collectivités soutiennent et collaborent régulièrement avec les pôles de compétitivité (Mov’éo, Cosmetic Valley, Nov@log, Polepharma), mais aussi favorisent l’implantation et le développement d’entreprises avec l’agence de développement économique du territoire Rouen Normandy Invest. « Grâce au travail conjoint de la Métropole et de l’Agglo, nous avons pu maintenir la présence de Ferrero sur notre territoire, donne pour exemple Bernard Leroy. L’entreprise ne pouvait développer son site logistique à Grand-Quevilly. Nous avons pu lui proposer un terrain à Criquebeuf-sur-Seine ce qui a évité qu’elle ne déménage à Orléans. »


 Mais voici que l'on apprend ces jours-ci que le joli conte de fée industriel normand tourne au cauchemar: l'entrepôt logistique projeté, tant espéré, ne se fera pas! Officiellement parce qu'un mauvais sort judiciaire a été jeté devant les tribunaux par les avocats de... l'oedicnème criard qui niche, justement, sur le terrain convoité.

Ferrero, jette la tartine : la justice et ses procédures, c'est collant comme le Nutella et cela risque de prendre beaucoup trop de temps avant qu'il ne soit possible de faire quoique ce soit. D'ailleurs c'est un vrai problème pour la compétitivité industrielle de la France: y ouvrir une nouvelle usine prend au minimum 4 ou 5 ans alors qu'en Inde ou en Chine, une ou deux années suffisent...


 Ferrero ne construira pas son entrepôt logistique « géant » à Criquebeuf-sur-Seine

Ferrero devait construire un immense entrepôt logistique de 35 000 mètres carrés dédié de stockage et conditionnement de ses produits finis à Criquebeuf-sur-Seine, dans l’Eure. Il est abandonné par le fabricant de la pâte à tartiner Nutella après un recours déposé par France nature environnement.

« Nous retirons notre projet, car nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre le délai de la procédure de recours en cours, c’est-à-dire plus d’un an ».

Réactions outrées des élus de l'opposition au conseil de la métropole de Rouen tandis que l'actuelle majorité métropolitaine conduite par le socialiste Mayer-Rossignol adopte un profif bas silencieux devant l'abandon, de fait, d'un projet soutenu et conduit par le socialiste Yvon Robert maire et président de la métropole de Rouen: face à ce nouveau désastre, certains commencent à se dire que le temps d'Yvon le crépusculaire c'était, finalement, le bon temps!

Marine Caron• 1erVice-Présidente du Département de la Seine-Maritime18 h • Il y a 18 heures

❌ Nouvel arrêt pour le territoire ! La gangrène continue...

FERRERO, fleuron local, n'implantera pas son nouvel entrepôt logistique à Criquebeuf-sur-Seine malgré les soutiens des acteurs du territoire. En effet, à cause du recours déposé par France Nature Environnement, et soutenu par les écolos radicaux en lutte permanente contre le développement d'activités, l'entreprise ne souhaite attendre l'épuisement du délai du recours. Ce sont donc potentiellement une nouvelle fois des emplois qui s'envolent sur l'Axe-Seine 👎

A moins que d'autres alternatives ne soient pensées et appuyées sur le territoire de la Métropole #Rouen #Normandie. Des pistes sont à chercher et vite !


 La réaction de Laurent Bonnaterre:

 LA METROPOLE DE ROUEN TARTINE LA ZIZANIE

LA LPO SE FAIT GRAISSER LA PATTE AU NUTELLA

 Laurent Bonnaterre• 1erMaire de Caudebec-lès-Elbeuf, en Normandie1 j • Il y a 1 jour

Nouvelle très inquiétante pour la zone d’emploi de Rouen ! Ferrero est un acteur majeur de notre territoire qui doit trouver, en Normandie, au plus près de Rouen, les moyens de son développement et de ses ambitions. Je regrette vivement que les écologistes les plus extrémistes se soucient si peu de l’emploi pour nos habitants. J’appelle la Métropole de Rouen et son Président à tout mettre en œuvre afin de permettre à Ferrero de trouver un nouveau site d’implantation. Des pistes existent déjà à Cleon ou sur le Port de Rouen, il faut qu’elles soient expertisées rapidement !


 Mais qui a donc jeté ce mauvais sort sur ce beau projet de développement industriel? Une méchante sorcière écolo militante? Un goubelin rouennais socialo-écolo?

Non...

Car il se pourrait bien que Ferrero se soit joué à lui-même un bien vilain tour dans le genre de la tartine qui tombe par terre... du mauvais côté!

Manuel Sanson, du Poulpe, journal normand d'investigations établi à Rouen a mené l'enquête...

Edifiant!


LA MANOEUVRE (AVORTÉE) DE FERRERO POUR FACILITER SON IMPLANTATION DANS L’EURE

 En toute discrétion, le groupe italien a tenté, contre espèces sonnantes et trébuchantes, d'obtenir le retrait d'un recours en justice contre l'implantation à venir d'une gigantesque plate-forme logistique à Criquebeuf-sur-Seine. L'opération a finalement échoué. Mais l'affaire a semé la zizanie au sein de la mouvance écologiste normande.

PAR MANUEL SANSON | 03 NOV 2020

La manoeuvre aura finalement échoué. Mais la multinationale Ferrero n’a pas ménagé ses efforts. Désireuse de s’établir à Criquebeuf-sur-Seine, dans l’Eure, l’entreprise, qui prévoit d’injecter 30 millions d’euros sur ce nouveau site, a travaillé, en coulisses, pour obtenir le retrait d’un recours en justice, porté par France nature environnement (FNE) Normandie et la Ligue de protection des oiseaux (LPO) Normandie, qui vise à faire annuler les autorisations préfectorales nécessaires au démarrage du chantier. 

Après l’introduction de cette requête devant le tribunal administratif de Rouen, Ferrero et Gemfi,  propriétaire des terrains situés au bord de l’A13 non loin du centre commercial de Tourville-la-Rivière, ont discrètement, selon nos informations, pris attache avec la LPO de Normandie sans mettre FNE Normandie dans la boucle.

Ensemble, les deux entités ont rédigé un protocole d’accord portant sur le financement par Ferrero de mesures compensatoires en lien avec la destruction d’une espèce d’oiseaux protégée. Toujours selon nos informations, sur 25 ans, Ferrero s’engage à investir 75 000 euros sur deux parcelles, environ 1 ha au total, à proximité du futur entrepôt. 

Il s’agit d’aménager l’endroit en prairie sèche et friche caillouteuse pour créer un lieu de nidification aux espèces bûcheuses et plus particulièrement à l’oenicdème criard, espèce protégée et menacée par la future plate-forme logistique.

« Cela se chiffre en dizaines de milliers d’euros »

Le groupe promet, en outre, de rémunérer, durant 25 ans, la LPO Normandie en jours de travail pour entretenir, suivre et étudier la faune et la flore sur le site. « Au total, cela se chiffre en dizaines de milliers d’euros », commente une source proche du dossier. Selon nos informations, le protocole d’accord prévoit un plafond maximal annuel de plus de 10 000 euros.

Soit une belle manne financière pour la LPO Normandie.

Interrogé par Le Poulpe, Jean-Pierre Frodello, directeur de l’association, confirme l’existence d’un tel projet de protocole. Selon lui, Gemfi et Ferrero s’engagent à investir « 100 000 euros pour l’aménagement de 2 hectares ». La LPO se verrait rétribuer à hauteur « d’environ 10 000 euros maximum chaque année pendant 25 ans ».

Sauf que… il y a un léger hic. Pour entrer en application, le protocole d’accord prévoit que le recours en justice, déposé le 4 septembre dernier, soit purement et simplement retiré. 

Selon nos informations, la LPO Normandie, après avoir négocié avec Ferrero, s’en est allée mettre la pression sur son partenaire FNE Normandie pour que celui-ci accepte lui aussi d’abandonner ses démarches en justice.

L’affaire a fait un pataquès dans les couloirs de la fédération régionale, une majorité de cadres refusant catégoriquement de se coucher devant Ferrero contre rémunération. « Ça a été chaud. la LPO Normandie a même menacé de se retirer de FNE », souffle un écologiste associatif normand.

« Ferrero et Gemfi avaient fait des concessions »

Jean-Pierre Frodello dément l’existence d’une telle menace tout en reconnaissant « une divergence d’idées » avec FNE Normandie. « On considère que l’on a avancé. Ferrero et Gemfi avaient fait des concessions, en accordant plus de moyens et en assurant de meilleures compensations. De notre côté, on avait accepté de retirer le recours. Dans un compromis, chacun doit faire un pas », argumente notre interlocuteur. Jean-Pierre Frodello dément par ailleurs avoir tenu FNE Normandie à l’écart des discussions. « Un document de travail leur a été soumis, c’est eux qui ont décidé de quitter le groupe de négociation », rapporte-t-il.

Une chose est sûre : les relations ont parfois été houleuses entre FNE et LPO. Il y a quelques années, France nature environnement et la LPO se sont séparées au niveau national tandis que l’antenne régionale LPO a récemment quitté FNE dans les Hauts de France. Au sein de la mouvance écologiste associative, la LPO est aujourd’hui perçue, par certains, comme étant trop proche des collectivités et des entreprises privées.

En Normandie, FNE a tenu bon et l’affaire est toujours pendante devant le tribunal de Rouen. En revanche, la LPO Normandie s’est retirée de la procédure sans pour autant sortir de la fédération. « La question a fait débat chez eux en interne, certains adhérents étaient hostiles à la signature de l’accord avec Ferrero », croit savoir un proche du mouvement écologiste normand.

De l’aveu même de Jean-Pierre Frodello, la position de la LPO Normandie est aujourd’hui « un peu compliquée ». Elle n’est plus partie prenante du recours en justice tout en étant membre de FNE Normandie qui, elle-même, agit toujours au tribunal administratif contre Gemfi et indirectement Ferrero.

Contactée par Le Poulpe, l’entreprise Ferrero a répondu à côté, refusant de s’exprimer sur sa démarche de négociation avec la LPO. « Ferrero s’engage à respecter le recours déposé à l’encontre du projet et souhaite maintenir une posture de dialogue et d’ouverture avec l’ensemble de ses parties prenantes », évacue le service communication de la multinationale. Selon nos informations, le protocole d’accord a été paraphé par Alberto Cavalleris, directeur administratif et financier du groupe.

A aucun moment, notre interlocuteur n’envisage d’abandonner le projet de Criquebeuf-sur-Seine pour réfléchir à un autre site. « Il y a de fortes chances pour que nous allions chercher une solution ailleurs », annonce pourtant Augusto Rotelli, porte-parole de Ferrero, interrogé aujourd’hui par Paris-Normandie. La com’ de Ferrero est décidément bien difficile à cerner.

« Dans la démarche éviter, réduire, compenser, il y a éviter »

A l’aune de l’intransigeance de FNE Normandie, le récent protocole négocié avec Ferrero ne trouvera donc pas à s’appliquer. Ce dossier d’aménagement apparaît hautement sensible. Selon nos informations, plusieurs élus influents de Seine-Maritime ont pris attache avec l’association normande pour l’inciter, là encore, à abandonner ses démarches en justice. Visant le même objectif, le groupe Ferrero aurait lui aussi appelé à de multiples reprises un administrateur de FNE. Sans succès. Questionné sur ce point, Ferrero n’a, là-encore, pas répondu.

Et FNE poursuit seule la bataille en justice. L’organisation considère que ce projet logistique ne doit pas se faire à cet endroit. « Dans la démarche “éviter, réduire, compenser”, il y a éviter », développe un cadre de FNE. Il plaide pour que Ferrero revoit ses plans, en lien notamment avec son usine Nutella à Villers-Ecalles en Seine-Maritime.

Aujourd’hui, le site de Criquebeuf-sur-Seine présente un intérêt faunistique majeur. C’est pour cette raison que Gemfi et Ferrero ont dû obtenir une dérogation préfectorale sur la destruction d’une espèce protégée, l’oedicnème criard. Et c’est pour la même raison qu’une partie des écologistes est vent debout contre l’urbanisation de 17 ha d’espace naturel.

Pour s’opposer au projet, les défenseurs de la nature s’appuient, entre autres, sur deux documents officiels, produits lors de l’enquête publique. Ces deux pièces pointent de nombreuses failles dans le dossier Ferrero. Sous l’égide de la préfecture, l’autorité environnementale, dans un avis remis en 2019, recommande ainsi « au porteur de projet d’apporter des précisions sur les choix alternatifs de site et notamment de montrer que le choix de Criquebeuf correspond à celui de moindre impact ».

« La stratégie de compensation n’est guidée par aucune méthodologie de dimensionnement. »

« En termes de solutions alternatives, le dossier ne paraît pas suffisamment étoffé. L’autorité environnementale recommande au porteur de projet de mieux justifier le transfert d’activité sur le site de Criquebeuf au regard de son impact environnemental », développe en outre le même avis.

Mais c’est le conseil national de la protection de la nature qui, dans un avis défavorable au projet d’avril 2019, se montre encore plus tranchant : « De manière incompréhensible, alors que les inventaires notent la présence de 32 espèces d’oiseaux protégées sur le site, seul l’oedicnème criard est inclus dans la demande de dérogation. La non-prise en compte de toutes les autres espèces, dont certaines à fort enjeu comme le vanneau huppé, n’est pas justifiée dans le dossier. »

« Cela permet de réduire les impacts à 0.6 hectare pour l’oedicnème criard, alors que les impacts résiduels sont bien de 17 hectares d’habitats de reproduction et d’alimentation pour de nombreuses espèces d’oiseaux protégées. Le tableau de synthèse fait apparaître des impacts résiduels faibles pour toutes les espèces d’oiseaux sauf l’oedicnème, alors que les mesures de réduction sont minimales et ne justifient en rien un abaissement du niveau d’impact au vu des surfaces importantes d’habitats détruits », attaque encore l’organisme public.

Et d’enfoncer le clou : « La stratégie de compensation n’est guidée par aucune méthodologie de dimensionnement. Les pertes ne sont pas évaluées, pas plus que les gains potentiels. L’aménagement de deux parcelles d’un hectare favorables à la reproduction de l’oedicnème est une bonne idée, mais quel est l’état initial ? Quelle est la plus- value écologique potentielle ? »

En dépit de ces vives critiques, le commissaire enquêteur a délivré, en février 2020, un avis favorable au projet. C’est sur cet avis que se base Ferrero pour se défendre aujourd’hui. « L’enquête publique diligentée par la Préfecture de l’Eure a conclu le 4 octobre 2020 que ” l’information du public a été très satisfaisante et conforme à la réglementation “, ” la procédure s’est déroulée conformément à la législation et dans de bonnes conditions matérielles “, ” le dossier du projet a été élaboré conformément aux dispositions législatives et réglementaires applicables “, ” le projet s’intègre de façon satisfaisante dans son environnement ” », expose le service communication de l’industriel.

« La situation est loin d’être parfaite, estime pour sa part Jean-Pierre Frodello. Mais le protocole d’accord négocié permettait justement d’améliorer le projet en y ajoutant, notamment, des espèces d’oiseaux oubliées, tel le vanneau huppé, dans l’étude d’impact initiale. » A ceux qui accusent la LPO Normandie de s’être fait « acheter » par Ferrero, son directeur répond : « Notre objectif est de protéger la biodiversité, pas de gagner des recours en justice. “

Un raisonnement à tout le moins surprenant alors que des procédures judiciaires ont, ces dernières années en France, permis de mettre en échec des projets d’aménagement néfastes à la biodiversité ou au climat. 


 Commentaire de Florestan:

Manifestement, ce dossier est encore un coup mal parti! Un de plus. Le dossier doit revenir, de toute urgence, devant les élus locaux responsables pour que la logistique du groupe Ferrero trouve son point de chute au plus près de son site industriel normand: un terrain situé dans la zone industrialo-portuaire serait la solution idéale. Les outils d'aménagement et de portage financier du foncier existent: reste à avoir la volonté politique de les utiliser.

Alors que Ferrero fait monter la pression en déclarant officiellement son souhait d'abandonner son projet d'entrepôt à Criquebeuf-sur-Seine sans préciser où il pourrait l'installer ailleurs, la balle est au pied de Nicolas Mayer-Rossignol... Une de plus!

 Suite aux révélations du Poulpe, en novembre dernier, les réactions outrées n'avaient pas manqué à commencer par celle d'Europe Ecologie Les Verts:


Communiqué de presse – Destruction d’habitats naturels dans l’Eure, jeux d’influence : Ferrero, ça suffit !

Communiqué de presse

Rouen, le 4 novembre 2020

Destruction d’habitats naturels dans l’Eure, jeux d’influence : Ferrero, ça suffit !

 Alors que doivent commencer ce mois-ci les travaux de l’entrepôt gigantesque de Ferrero à Criquebeuf-sur-Seine, l’association France Nature Environnement (FNE) Normandie a annoncé poursuivre son recours juridique contre l’autorisation d’exploitation octroyée à la société GEMFI, agissant pour le compte de l’entreprise. Cette décision intervient après le retrait de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) du recours, suite aux échanges, rapportés par Le Poulpe, entre l’association et Ferrero. Le groupe Normandie Ecologie-EELV est interpellé par ces procédés et donne son soutien à la FNE, face à ce projet désastreux à tant d’égards.

Et pour cause : outre les hectares de prairies artificialisés et l’augmentation du trafic routier autour de la zone d’activités, les travaux programmés représentent une menace directe pour l’habitat de 32 espèces d’oiseaux protégées. Parmi celles-ci, plusieurs sont fortement menacées, notamment l’Oedicnème criard, la Bondrée apivore et l’Engoulevent d’Europe. Elles seraient ainsi privées de 17 hectares d’habitat d’alimentation et de reproduction.

Ce projet a obtenu l’aval du Préfet de l’Eure malgré les nombreuses failles de sa demande d’autorisation environnementale, pour laquelle le Conseil national de la protection de la nature avait émis un avis défavorable. Ce dernier avait pointé du doigt les « défauts majeurs » dans l’application de la séquence Eviter-Réduire-Compenser proposée par la société GEMFI. Le CNPN a estimé en effet peu justifiée la « raison impérative d’intérêt public majeur » du projet, et ce alors que la société met en avant l’absence de solutions alternatives à l’implantation d’un entrepôt à Criquebeuf-sur-Seine.

Pourtant, ce projet peut être bel et bien évité : cet entrepôt aurait pu élire domicile dans l’agglomération rouennaise, qui abrite plusieurs sites appropriés.
Par ailleurs, alors que la plus grande usine de Ferrero d’Europe, située à Villers-Ecalles est desservie par une voie ferrée non désaffectée, le choix rationnel aurait été de remettre cette dernière en fonction, ce qui permettrait à Ferrero d’acheminer ses produits via les nombreux accès à proximité : autoroutes mais également la Seine.

L’investissement dans le fret ferroviaire prendrait ici tout son sens et la Normandie a bien évidemment son rôle à jouer ; mais pour Hervé Morin, l’ambition de faire de la Normandie une terre d’excellence en logistique ne se résume que par le routier, le routier et encore le routier.

Quant au volet compensation, les propositions faites sont hors-sujet : au lieu de s’engager à renaturer 17 hectares et ainsi garantir le principe de « zéro artificialisation nette », Ferrero/GEMFI évoquent simplement une mise en gestion pendant 25 ans d’une parcelle déjà classée Natura 2000. Ce projet d’entrepôt, c’est 17 hectares de prairies, hôtes d’une grande biodiversité, détruites : la compensation proposée n’est clairement pas à la hauteur.

Les raisons pour s’opposer à ce projet ne manquent pas. Malgré cela, Ferrero bénéficie du soutien des pouvoirs publics. Nous le savons, l’entreprise soigne ses liens avec les acteurs institutionnels et ce depuis de nombreuses années. Pour rappel, Ferrero a largement financé le palais omnisports de Rouen baptisé Kindarena – énième exemple du sport financé par la malbouffe.

Dernier épisode s’agissant de ces manœuvres : les échanges, rapportés par Le Poulpe entre Ferrero et la Ligue de Protection des Oiseaux, afin d’obtenir le retrait du recours juridique. La FNE, toujours selon Le Poulpe, aurait quant à elle été encouragée par plusieurs élus normands à mettre fin à cette démarche. Dans ce contexte, nous apportons notre soutien à France Nature Environnement Normandie qui tient bon et vient de décider la poursuite du recours.

Plus que jamais, nous prenons conscience de l’impact sur notre santé de notre mauvaise alimentation mais également de notre maltraitance environnementale. Il est ainsi stupéfiant de permettre à Ferrero de s’étendre en détruisant notre biodiversité afin de poursuivre la commercialisation de sa funeste huile de palme !


 

Commentaire de Florestan:

On attend donc des propositions sérieuses et solides de la part de la majorité municipale et métropolitaine rouennaise socialo-écolo pour, effectivement, améliorer sensiblement la desserte logistique de l'usine Ferrero de Villers-Ecalles notamment par la voie ferroviaire au lieu d'amuser la galerie médiatique avec un carnaval progressiste sociétal!

Ci-après, retour sur le marathon judiciaire interminable qui, finalement, vient de se terminer ces jours-ci, Ferrero ayant décidé de laisser tomber sa tartine de Nutella par terre...

On prêtera attention, notamment, aux propos de Bernard Leroy, président de la communauté d'agglomération Seine-Eure qui soutenait l'arrivée de Ferrero à Criquebeuf-sur-Seine.


Ferrero à Criquebeuf-sur-Seine : France Nature environnement dépose un recours

Alors que la préfecture de l’Eure a autorisé Ferrero à s’implanter à Criquebeuf-sur-Seine, France Nature environnement Normandie a déposé un recours devant le tribunal de Rouen.

 Ferrero a prévu d’investir 30 millions d’euros pour son entrepôt de logistique sur le parc d’activités du Bosc Hétrel à Criquebeuf-sur-Seine. Son ouverture est prévue pour la fin de l’année 2021 (©La Dépêche de Louviers – BCP)

Par Béatrice Cherry-PellatPublié le 26 Nov 20 à 10:57 

L’affaire a été révélée par le média d’investigation normand Le Poulpe. En septembre dernier, la société Ferrero (Nutella, Kinder…) a annoncé son implantation à Criquebeuf-sur-Seine : un nouveau centre de logistique de près de 36 000 m2 permettant une capacité de stockage de 45 000 palettes, situé sur le parc d’activités du Bosc Hétrel.

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Dans le descriptif de son bâtiment, Ferrero portait une attention particulière et séduisante à l’impact environnemental (panneaux solaires, ampoules à basse tension, climatisation douce…). Mais pour l’antenne normande de la fédération France Nature environnement, la localisation de ce futur entrepôt a des conséquences néfastes sur la biodiversité et notamment sur 25 espèces protégées dont l’oiseau appelé Oenicdème criard.

Une dérogation sur les espèces protégées

L’arrêté préfectoral, pris le 4 mai 2020 et autorisant la sortie de terre du bâtiment de Ferrero, comporte une dérogation concernant la préservation des espèces protégées sur le site du Bosc Hétrel. Un aménagement administratif qui a fait bondir les membres de France Nature environnement et de la Ligue de protection des oiseaux (LPO, aujourd’hui appelée Ligue pour la biodiversité) jugeant que l’étude d’impact environnemental avait minimisé l’intérêt faunistique du site :

« Beaucoup trop de dérogations de ce type sont prises dans les arrêtés préfectoraux. Une réglementation environnementale existe, elle doit être améliorée, certes, mais faisons au moins en sorte d’appliquer ces règles »

Joël Gernez Président de France Nature environnement Normandie.

Obtenir une jurisprudence

Le 4 septembre dernier, France Nature environnement Normandie et la LPO Normandie ont déposé un recours devant le tribunal de Rouen, contre l’arrêté délivré par la préfecture de l’Eure.

Le recours aurait pu porter sur le projet même de Ferrero et de l’aménageur Gemfi mais « on n’attaque pas les industriels, précise Joël Gernez. Nous sommes des adversaires car nous avons des différences de points de vue mais nous ne sommes pas des ennemis de l’économie ».

Dans sa procédure, France Nature environnement cherche, d’une part, à faire respecter la réglementation par les pouvoirs publics, et d’autre part à « créer un précédent et obtenir une jurisprudence ».

Que dit la préfecture ?

Jointe sur le sujet, la préfecture l'Eure a répondu :
"L'autorisation a été délivrée à la suite de l'avis donné par l'autorité environnementale et des conclusions favorables de l'enquête publique dans le respect des procédures prévues par le code de l'environnement. L'étude d'impact comportait, en point saillant, des mesures de protection d'un oiseau, l'oenicdème criard assorties des mesures de compensation adaptées. Il est prématuré d'envisager l'issue du contentieux".

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Des compensations renégociées

Pour Jean-Pierre Frodello, directeur régional de la LPO, « l’arrêté préfectoral comporte des manques au niveau de l’étude d’impact. Des espèces protégées comme le Vanneau huppé et le Petit gravelot n’ont pas été mentionnés ».

Les nuisances sur la biodiversité étant avérées, en partie, par les services de l’Etat, la préfecture de l’Eure a imposé au duo Gemfi/Ferrero une série de mesures compensatoires dont 17 hectares de prairies sur lesquels un terrain de 2 hectares aménagé en sol caillouteux et sec, permettant aux espèces de nicher sur le sol (les œufs de certains oiseaux se confondant avec les cailloux afin d’échapper aux prédateurs).

Pour la LPO Normandie, « ces mesures n’étaient pas suffisantes. On a demandé davantage de moyens, un plan d’aménagement de ces mesures, un entretien et un suivi du terrain durant 25 ans ».

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Des travaux suspendus

De son côté, le président de France Nature environnement Joël Gernez se garde de juger la décision de la LPO : « Chacun est libre de ses actions. La LPO a davantage un rôle local, France Nature environnement, a, elle, un rôle plus global ».

En revanche, il n’entend pas lâcher son recours pour autant : « Nous voulons que la dérogation environnementale soit levée et que le projet soit étudié sur un autre site ».

Joël Gernez revendique aussi une participation de la fédération aux études d’impact sur l’environnement :

« Dans tous les projets, nous cherchons à éviter les impacts sur l'environnement. S’il y en a, nous cherchons à les réduire et seulement dans un troisième temps, à les compenser. Mais la compensation demeure toujours la pire des solutions »

Joël Gernez

D’ici là, tant que France Nature environnement maintiendra son recours devant le tribunal de Rouen, les travaux du futur site de logistique de Ferrero à Criquebeuf-sur-Seine seront suspendus.

Ces dernières années, son aire de répartition et ses effectifs hivernaux ont subi une forte réduction. La destruction des steppes par suite de la transformation agraire, la mise en irrigation, la diminution du pâturage, a donné lieu à une augmentation de la végétation préjudiciable à l'espèce. D'autres menaces sont la chasse et les dérangements.

En développant le frêt ferroviaire, le site de Ferrero à Villers Ecalles serait davantage approprié pour accueillir une plateforme logistique, selon les élus écologistes (©Actu.fr – archives)

Par Béatrice Cherry-PellatPublié le 26 Nov 20 à 11:36 

A la suite de la publication de l’article du Poulpe, le groupe Europe Ecologie Les Verts de Normandie a transmis un communiqué de presse réagissant à la « destruction d’habitants naturels par l’entreprise Ferrero » et apportant son soutien à France Nature environnement.

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Le groupe écologiste adresse trois critiques au projet d’implantation de l’entrepôt Ferrero à Criquebeuf-sur-Seine : les hectares de prairies artificialisés, l’augmentation du trafic routier et la menace sur les espèces protégées.

Les élus écologistes notent que la préfecture de l’Eure a donné son accord pour construire l’entrepôt bien que « le Conseil national de la protection de la nature avait émis un avis défavorable ».

Les élus précisent que ce dernier « avait pointé du doigt les défauts majeurs dans l’application de la séquence Eviter-Réduire-Compenser proposée par la société GEMFI. Le Conseil national de la protection de la nature a estimé en effet peu justifiée la raison impérative d’intérêt public majeur du projet, et ce alors que la société met en avant l’absence de solutions alternatives à l’implantation d’un entrepôt à Criquebeuf-sur-Seine ».

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Des compensations insatisfaisantes

Enfin, pour les élus écologistes, les « mesures compensatoires » proposées le Ferrero/Gemfi sont insatisfaisantes :

"Au lieu de s’engager à renaturer 17 hectares et ainsi garantir le principe de zéro artificialisation nette, Ferrero/GEMFI évoquent simplement une mise en gestion pendant 25 ans d’une parcelle déjà classée Natura 2000. Ce projet d’entrepôt, c’est 17 hectares de prairies, hôtes d’une grande biodiversité, détruites : la compensation proposée n’est clairement pas à la hauteur".

En conséquence, les élus écologistes soutiennent le recours contre l’arrêté préfectoral déposé par France Nature environnement et proposent une révision du projet Gemfi/Ferrero sur le site de l’usine Ferrero à Villers-Ecalles en Seine-Maritime :

"La plus grande usine de Ferrero d’Europe est desservie par une voie ferrée non désaffectée, le choix rationnel aurait été de remettre cette dernière en fonction, ce qui permettrait à Ferrero d’acheminer ses produits via les nombreux accès à proximité : autoroutes mais également la Seine".

Présidente du groupe EELV Normandie, Laetitia Sanchez s’inquiète du développement des sites dédiés à la logistique (©La Dépêche de Louviers – archives)

Développer le fret ferroviaire

Pour Laetitia Sanchez, présidente du groupe EELV Normandie, « cette remise en état de la ligne de chemin de fer pourrait être financée par Ferrero comme Saint-Louis l’a fait pour la sucrerie d’Etrépagny. Ferrero a bien payé un stade Kindarena à Rouen… ».

Développer le fret ferroviaire aurait l’avantage de restreindre le flux de camions sur un axe déjà très emprunté – l’A13 – et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Maire Saint-Pierre-du-Vauvray et déléguée communautaire à la communauté d’agglomération Seine-Eure (Case), Laetitia Sanchez s’inquiète du « développement des projets à vocation logistique sur la Case » :

"Le territoire a une autre carte à jouer. Les personnes qui viennent s'installer sur ce bassin de vie aspirent à trouver autre chose que ce qu'on peut trouver dans les villes. Un entrepôt dans les champs est peu recherché..."

Laetitia Sanchez présidente du groupe EELV en Normandie et maire de Saint-Pierre-du-Vauvray

Et de reprocher aux politiques de « parler beaucoup d’écologie mais de ne pas appliquer les règles dans les actes ».

Un projet soutenu par la Communauté d'agglomération Seine-Eure

En charge du développement économique sur son territoire, la Communauté d'agglomération Seine Eure (Case), représentée par son président Bernard Leroy, soutient l'implantation de Ferrero à Criquebeuf-sur-Seine.

Les élus de la Case travaillent depuis deux ans sur l'arrivée de l'industriel à Criquebeuf-sur-Seine. Bernard Leroy s'interroge : "Pourquoi France Nature environnement n'a pas réagi plus tôt ?".

Pour le président de l'agglo et son vice-président au développement économique, Jean-Marc Moglia, l'arrivée de l'entrepôt Ferrero sur le territoire est une aubaine pour l'emploi. "Lorsque Ferrero a commencé ses recherches pour déménager son entreprôt de Grand Couronne, l'entreprise nous a contactés ainsi que d'autres collectivités en France. Si elle ne vient pas ici, elle ira ailleurs", rappelle Bernard Leroy. Quant aux 70 salariés qui auraient pu venir travailler à Criquebeuf-sur-Seine, "ils se retrouveront sans emploi".

Les élus de l'agglo misent, dans un second temps, sur l'embauche de nouveaux salariés : "Durant les périodes de pointe, des intérimaires seront recrutés. Et à terme, Ferrero s'agrandira et embauchera".

Face aux accusations développées par France nature environnement et les élus écologistes, Bernard Leroy se défend : "La Case est le 4e territoire normand réputé pour ses oiseaux. Avec la Ligue de protection des oiseaux, des indicateurs de biodiversité ont été mis en place. Nous avons toujours préservé la biodiversité dans nos projets". Et de rappeler que "le projet de Ferrero se situe sur un terrain où se trouvaient d'anciennes carrières. Il n'y a donc aucune emprise agricole". Enfin, l'élu rappelle l'impact des centres logistiques : "Ces centres évitent aux usines d'approvisionner elles-mêmes les magasins. En centralisant les produits vers un entrepôt de logisitique, on dominue le trafic routier, les émissions de gaz à effet de serre et l'entreprise optimise ses coûts".

Le recours déposé par France Nature environnement n'est pas suspensif. Le seul risque pour l'investisseur est de ne pas bénéficier de l'aide financière des banques.


 Commentaire de Florestan:

Ferrero a donc décidé que ce recours qui n'était pas suspensif l'était: la pression est donc maximale sur les élus locaux concernés...

 Pour finir cette revue de presse, on lira cet article proposé par le site "Bastamag" sur notre affaire:

Retour sur la néfaste huile de palme qui colle à l'image de Ferrero et de son pot de Nutella...

Les compensations écologiques associées aux projets industriels ne sont pas crédibles.


Près de Rouen, Ferrero va-t-il détruire tranquillement une prairie et ses espèces protégées ?

5 octobre 2020

Ferrero (Nutella, Kinder, etc.) est un excellent exemple de ces multinationales qui parviennent sans scrupules à être néfastes à la fois pour la société (conditions de travail, malbouffe) et pour l’environnement (monocultures, huile de palme)[1]. Sans scrupules non plus, Ferrero se prépare avec l’aide de la société GEMFI à la construction d’un gigantesque centre logistique à Criquebeuf-sur-Seine, tout près de Rouen, pour regrouper l’ensemble de ses activités logistiques aujourd’hui implantées à Petit-Quevilly et dans l’Aube. C’est donc un bâtiment de 3,7 hectares qui doit être construit sur 9 hectares de prairies. Sans compter les accès et espaces de manœuvres pour les camions ! Car avec une capacité de stockage de 45 000 palettes, c’est un sacré défilé de camions (100 poids lourds et 185 véhicules légers prévus par jour) qui attend les riverains et les habitués de la sortie A13 de Criquebeuf déjà fortement embouteillée ! Après une enquête publique bâclée et un permis de construire accordé à la va-vite par le maire sortant, Ferrero annonce que les travaux vont commencer en novembre prochain pour une livraison en 2021.

Alors que la planète brûle chaque jour un peu plus et que la biodiversité continue de s’effondrer, il apparaît totalement irresponsable de permettre le développement de l’activité de ces entreprises écocidaires. De plus, l’argument fallacieux de création d’emplois, le seul mis en avant, ne tient pas une seconde puisqu’il s’agit d’un regroupement d’activités existantes (dont celle de Petit-Quevilly), donc sans création d’emploi comme l’affirmait l’entreprise dès 2019[2] !

Dans les faits, cette zone logistique s’accompagnerait de la destruction de nombreuses espèces rares et protégées (3 espèces d’insectes, 32 espèces d’oiseaux et 6 espèces de chauve-souris), dont 4 espèces d’oiseaux fortement menacées et protégées à l’échelle européenne : l’Œdicnème Criard (plus que 30 couples en vallée de Seine), l’Engoulevent d’Europe, le Busard Saint Martin et la Bondrée apivore. Alors que la destruction d’espèces protégée ne peut être autorisée que pour « des raisons impératives d’intérêt public majeur », la préfecture à considéré qu’aider Ferrero à déménager justifiait de détruire toutes ces espèces vivantes ainsi que leurs habitats.

On ajoutera que là encore, comme pour bon nombre de projets détruisant des espaces naturels et agricoles, la réglementation sur les compensations environnementales reste une vaste blague. Cela avait déjà été mis en avant dans le cas de la forêt et des Landes du Madrillet : il est absurde de penser qu’on peut déplacer un écosystème que l’on détruit ! Et l’arnaque est encore plus vaste lorsque l’on regarde les terrains qui font office de compensation. Alors qu’il faudrait créer de nouveaux espaces naturels équivalents comme le stipule la loi (par exemple en dé-bétonnant un vieux parking ou une autoroute sous-utilisée), l’entourloupe consiste à acquérir des terrains qui sont déjà en bon état écologique et à en assurer la simple gestion (ici pendant 25 ans). Le tout avec la bénédiction des services de l’État. Pour ce projet, Ferrero prévoit ainsi d’acquérir 18 ha situé juste au Sud du site, et actuellement détenus par la carrière STREF & Cie. Sauf que ces 18 ha sont déjà des prairies, et sont déjà un habitat favorables aux espèces protégées menacées par le projet. Pour preuve, ces prairies sont actuellement classée en zone Natura 2000.

Heureusement rien n’est joué, et l’opposition affûte ses armes. En premier lieu, l’autorisation donnée à GEMFI pour le compte de Ferrero est attaquée par un recours au Tribunal administratif déposé par la Fédération France nature environnement Normandie (FNNE) et la Ligue pour la protection des oiseaux Normandie (LPON). Devant l’énormité des infractions environnementales de ce projet, une victoire ne peut être exclue. On rappellera aussi que, comme pour le contournement de Beynac, le jugement peut s’accompagner d’une injonction de remise en état du chantier si le porteur du projet a la mauvaise idée de débuter les travaux avant l’examen des recours… Et c’est sans compter l’opposition croissante de la population aux projets d’artificialisation qui engloutissent jours après jours des milliers d’hectares. Localement, des collectifs se sont constitués pour défendre la forêt et les landes du Madrillet, une ancienne ferme à Bonsecours, une prairie humide à Darnétal, une forêt à Cléon ou Rouxmesnil-Bouteilles ou encore des prairies à La Londe. Il faudra peut-être préparer une opposition physique à Ferrero et son monde.

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[1]    Voir l’enquête en deux volets d’Olivier Favier, parue dans Basta Mag en décembre 2019 :       https://www.bastamag.net/Nutella-huile-de-palme-deforestation-noisettes-lobbying-Ferrero      https://www.bastamag.net/Nutella-famille-Ferrero-histoire-fascisme-milliardaire-Italie-multinationale
[2]    « La logistique de Ferrero déménage à Criquebeuf-sur-Seine », Le Journal d’Elbeuf, 24 mai 2019.


 

Sur la situation qui va rapidement devenir critique pour le bassin d'emplois industriels de la métropole de Rouen lorsque la crise économique et sociale va succéder à l'actuelle crise sanitaire, on lira l'avis suivant proposé par le Cercle Normand de l'Opinion: la social-écologie qui est le nouveau paradigme idéologique d'un parti socialiste en perdition, c'est bien sur le papier et dans les discours. Mais ce serait tellement mieux dans la réalité, à condition d'avoir le courage politique d'en tenir compte...

L’ENTOURLOUPE DE LA SOCIAL-ECOLOGIE

 

Dans la plupart de ses déclarations, le Maire de Rouen, Président de la Métropole, Nicolas Mayer-Rossignol (NMR) se réfère, comme une sorte d’évidence, à la « social-écologie » et, sous couvert de ce concept asséné, il fait voter des textes qui, rassemblés, déterminent une politique volontariste contre laquelle ses opposants ne peuvent regimber puisqu’ils en auront accepté les prémisses.

Il serait bon au préalable que l’on sût ce que cache ce concept seriné sans explication par NMR.

D’abord la « social-écologie » n’a d’écologie que le nom. L’écologie est une SCIENCE qui étudie les relations des êtres vivants entre eux et avec le milieu où ils se trouvent. NMR et ses affidés, s’ils étaient honnêtes et précis, devraient parler de « social-écologisme », étant entendu que l’écologisme est une DOCTRINE dénonçant le pillage inconsidéré des ressources naturelles, le déséquilibre croissant entre l’homme et son environnement naturel et soulignant l’urgence d’une nouvelle orientation de la croissance économique et énergétique…

Précisons qu’il ne s’agit pas de se prononcer sur le bien-fondé de la doctrine de la « social-écologie ». NMR a bien le droit de s’en faire le parangon, mais il faut qu’il le dise, comme il devrait sans cesse rappeler qu’il est un militant du groupe de pression ATTAC.

Interrogeons-nous ensuite sur la confusion voulue entre l’écologie-science et l’écologisme-doctrine. La première s’appuie sur des faits et l’expérimentation, le second est un système de pensée et, en tant que tel, il peut être contredit par un autre système de pensée. La première est absolue, le second est relatif et ne dépend finalement que de la force de conviction de ceux qui le défendent. La science progresse et évolue. Les doctrines se suivent et….disparaissent.

Il n’est donc pas innocent que l’on confonde, comme NMR et ses affidés le font, science et doctrine, écologie et écologisme : c’est une tricherie.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel procédé est utilisé à l’encontre de la compréhension des masses. On nous a fait le coup avec le marxisme, brillante doctrine politique et économique. Que l’on a voulu imposer, au plan intellectuel notamment : puisque l’on nous affirmait que c’était une science, le seul fait d’en faire la critique était disqualifiant. Cela a abouti, entre autres, en matière de biologie végétale, au « lyssenkisme », du nom de ce biologiste russe, tout à fait dans la ligne marxiste, par lequel, au nom de la »science » (sic!), il fallait avaler le dogme de l’hérédité des caractères acquis. Cela a conduit à la ruine de la vraie science biologique russe.

La « social-écologie », qui prétend, depuis 2010, que l’écologie est devenue « centrale dans la définition des politiques du Parti Socialiste » est un artifice, dénoncé comme tel par les partenaires du P.S. (« C’est un scandaleux hold-up du P.S. sur l’écosocialisme », déclare J.L. Mélenchon). Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste pourtant, estime, quant à elle, que son parti « est toujours en train de tâtonner sur le concept. Car chaque terme a déjà été préempté par d’autres forces politiques ou associatives ».

En se référant à la « social-écologie » et non au « social-écologisme », NMR trompe son monde : il veut imposer un concept pseudo-scientifique. Et cela explique parfaitement le caractère autoritaire de sa gestion des débats concernant la politique environnementale menée à Rouen, laquelle nécessiterait beaucoup plus de souplesse et de recherche consensuelle.

               « L’idéologie, c’est ce qui pense à votre place » (Jean-François REVEL)

 

                                                           Cercle C.N.O. de Duclair, le 1er mars 2021