Auteur/autrice : Patrimoine normand

Cavelier de La Salle – Le Normand de l’Amérique française

Statue de Robert Cavelier de La Salle, Lincoln Park, Chicago. L’explorateur français passa effectivement par l’emplacement de la ville actuelle, lors de l’un de ses voyages sur le lac Michigan. (© Paul R. Burley – Travail personnel – CC BY-SA 4.0 – Wikimedia commons)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Si, de nos jours, notre Terre nous semble bien petite perdue dans l’immensité de l’univers, elle reste au XVIIe siècle un vaste espace à explorer et à conquérir. L’esprit d’aventure et la soif de découverte poussent des Européens à s’engager dans des expéditions au long cours qui les entraînent vers des contrées inconnues. Le Normand René-Robert Cavelier de La Salle appartient à ce cercle d’audacieux et passera à la postérité comme l’homme qui offrit une immense partie de l’Amérique du Nord au Roi-Soleil.

Robert naît à Rouen sans doute le 21 novembre 1643. Dans le registre des baptêmes de la paroisse de Saint-Herbland, église située à deux pas de la cathédrale, il apparaît le lendemain comme « fils d’honorable homme Jean Cavelier et de Catherine Gest ». Son père exerce la profession de « grossier mercier », c’est-à-dire de négociant en gros spécialisé dans les tissus. Son oncle, Henri Cavelier, pratique la même activité, mais il arme par ailleurs des navires à destination de ce que l’on appelle en ce temps la « Nouvelle-France », colonie implantée autour du vaste estuaire du fleuve Saint-Laurent, au Canada. De là, peut-être, le goût que développera le jeune homme pour les voyages.

 

Ennui chez les jésuites

On ne sait strictement rien des premières années de la vie de Robert. Il a au moins deux frères (Jean et Nicolas) et une sœur (Catherine). Vers l’âge de 9 ou 10 ans en…

 

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Abbaye-aux-Dames – La Sainte-Trinité de Caen

Abbaye-aux-Dames à Caen. (© Michel Dehaye)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Le 18 juin 1066. Toute la Normandie bruisse des préparatifs de l’expédition militaire que le duc Guillaume II (1035-1087) entend mener en Angleterre. Ce jour-là cependant, il délaisse ses obligations de commandement pour assister, aux côtés de son épouse, à la dédicace de l’abbatiale de la Trinité, à Caen, une ville qui a déjà acquis une grande importance.

­­­Après la révolte de quelques-uns de ses principaux vassaux du Cotentin et du Bessin, qui avaient manqué de le renverser en 1046-1047, Guillaume travaille en effet à établir un centre de pouvoir sous son contrôle aux portes des anciens territoires rebelles ; c’est sur Caen qu’il a porté son choix.

 

Le mariage de la discorde

Le duc a par ailleurs épousé Mathilde de Flandre, vers 1050, alors que le pape Léon IX (1049-1054) s’était clairement opposé à cette union au concile de Reims, l’année précédente. Les raisons de cette obstruction ne sont pas clairement établies. Elles s’appuient à l’évidence sur un empêchement canonique, les familles de Guillaume et de Mathilde ayant déjà conclu plusieurs alliances matrimoniales et les deux époux étant cousins au 5e degré. Ces prétextes dissimulent selon toute vraisemblance des motivations plus poli…

 

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La pêche au homard en Normandie – Une tradition millénaire

Homards fraîchement pêchés. (© Damien Bouet)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.

 

Sur les côtes accidentées de Normandie, la pêche au homard et, plus largement, aux crustacés est une tradition pluriséculaire.

Le homard en Normandie

Du normand hoummar et du vieux norrois hummarr, le homard a toujours été consommé en Normandie. Au Moyen Âge, notamment sur les côtes du Cotentin, dans les îles Anglo-Normandes et à Chausey, les populations profitent des marées pour pêcher dans les rochers. Le crustacé est davantage consommé par les classes populaires, puisque les produits de la mer sont alors dépréciés et jugés moins prestigieux que la viande.

Au XIXe siècle, la pêche au homard est structurée. Le développement de casiers adaptés permet une pêche ciblée. Avec l’essor du chemin de fer, les pêcheurs, en particulier ceux de Granville, Saint-Vaast-la-Hougue, Barfleur, ou Port-en-Bessin, l’exportent toujours plus loin, suscitant l’intérêt et la convoitise des palais parisiens. Au début du XXe siècle, le homard devient un mets de choix et il est de plus en plus recher…

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Les parlers normands – Histoire et spécificités

Les deux léopards normands, surnommés traditionnellement « cats » en parler normand, incarnent non seulement l’emblème régional, mais aussi la persistance de traits phonétiques spécifiques comme le maintien du son [k]. (Ph© Patrimoine Normand)


Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Patrice Lajoye & Stéphane Laîné.

 

Du « cat » au « chat », il n’y a qu’un son… ou toute une histoire. Héritiers des dialectes d’oïl, les parlers normands possèdent des traits phonétiques que le français courant n’a pas (ou n’a plus). Entre curiosités linguistiques et traditions orales, voyage au cœur de patrimoine linguistique.

Les parlers normands font partie intégrante de la langue française, par l’origine et par beaucoup de leurs caractéristiques. Sur un plan historique, ils appartiennent au vaste ensemble des dialectes d’oïl et ils relèvent aujourd’hui de ce que les sociolinguistes nommeraient une variation diatopique (dans l’espace) du français standard (ou de référence).

Loin d’être isolés, les parlers normands ont connu au cours de leur évolution des phénomènes phonétiques qui ont concerné de nombreux autres parlers plus ou moins proches géographiquement. Ils appar…

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La forêt d’Eawy – Naturellement… normande !

Forêt d’Eawy, ou la promesse de randonnées sans fin dans une hêtraie d’exception. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Avec 13 % de son territoire boisé, la Normandie semble faire pâle figure quand la moyenne nationale du couvert forestier dépasse les 30 %. Cependant, la qualité de ses grands massifs la consacre comme une région d’excellence pour la sylviculture. Direction les portes du pays de Bray pour y découvrir l’une des plus belles hêtraies de Seine-Maritime.

Eawy ! Un nom étrange, un brin mystérieux, qui interroge d’emblée sur sa prononciation. Écartons tout de suite une éventuelle version anglicisée du type Iwi ou, pire, Iwouaï, ce toponyme ne devant strictement rien à nos amis d’outre-Manche. Sa racine est plutôt à rechercher du côté de la langue de nos lointains ancêtres médiévaux, pour qui eave (autres versions eauve, ive, iwe…) signifiait simplement « eau ». Alors choisissez la version que vous préférez, Éavi, Éaüi ou Éaoui (cette dernière ayant plutôt notre faveur…), personne ne vous en tiendra réellement rigueur !

 

Une forêt fragmentée

Eawy est un vestige des immenses massifs qui recouvraient le pays de Caux et le pays de Bray au haut Moyen Âge. La forêt domaniale occupe actuellement une superficie 6550 hectares. Elle s’étire entre la commune de Saint-Germain-d’Étables au nord, et celles de Saint-Saëns et de Maucomble au sud. La vallée de la Varenne forme sa limite ouest, et la boutonnière de Bray – une vaste dépres…

 

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Clécy, un village de caractère aux multiples facettes

Le viaduc de Clécy et les rochers des Parcs, emblèmes de la Suisse normande. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Mireille Thiesse.

 

Cette année, Clécy a porté les couleurs de la Normandie lors de l’édition 2025 du concours télévisé « Le Village préféré des Français ». Reconnue depuis le début du XXe siècle comme la capitale de la Suisse normande, la commune n’a jamais démenti sa réputation : son site exceptionnel — valorisé dès la Belle Époque par ses guinguettes en bordure de l’Orne — séduit estivants, randonneurs, amateurs d’escalade ou de parapente, ainsi qu’artistes peintres et photographes. Elle est également riche de ses origines et d’un patrimoine architectural fascinant.

­Une mosaïque polychrome

Vu de la route des Crêtes, le village de Clécy semble un bourg blotti autour de son église, à l’abri d’une boucle de l’Orne. En réalité, le fleuve borde la commune sur onze kilomètres et la sépare des rochers des Parcs, de la Houle et du Pain de Sucre, ces abruptes falaises que l’Orne a su contourner en de gracieux méandres. Le relief saillant est dû aux roches dures qui affleurent à l’extrémité d’un synclinal du Massif armoricain. Constituées d’un conglomérat gréseux ou poudingue d’aspect violacé, ces pierres se retrouvent dans les façades anciennes, notamment la tour-porche de l’église ou le manoir de Placy, construits au XVe siècle, et composent parfois une mosaïque polychrome avec des roches calcaires ou schistes cambriens ainsi que d’autres grès chargés de minéraux oxy…

 

 

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Ruchers de Normandie : un savoir-faire apicole en pays d’Ouche

Apicultrice en pays d’Ouche, Mélanie Boitrel vient de vivre un printemps exceptionnel. (© Kim à Paris)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Virginie Michelland.

 

Mélanie Boitrel vient de connaître avec Pierre, son conjoint, et Nicolas, leur salarié, un printemps 2025 exceptionnel ; la récompense méritée d’un investissement matériel et financier, mais surtout humain, consenti par ces apiculteurs du pays d’Ouche installés à Gisay-la-Coudre, hameau du Bosc-Roger (Mesnil-en-Ouche).

Un métier passion

Si Pierre a rejoint l’exploitation à l’enseigne Les Ruchers de Normandie au lendemain de la crise sanitaire et possède aujourd’hui, comme sa compagne, son propre cheptel de quatre cents ruches et deux cents essaims de renouvellement, Mélanie, installée en 2005, a consacré l’ensemble de sa vie professionnelle à ce métier passion, et consenti à bien des sacrifices, tout en menant de front sa vie de famille et la superbe restauration de sa maison. Des choix assumés pour cette fille d’agriculteurs…

« J’ai souhaité, de mon côté, vivre autrement de la terre. Après trois ans d’études d’agronomie, je me suis rapidement sentie happée par ma fascination pour les abeilles », confie la pa…

 

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Les îles Saint-Marcouf

Ancien thébaïde aux premiers temps du christianisme en Normandie, l’île du Large et son fort surveillent l’embouchure de la baie des Veys. (© Frédéric Almaviva)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Dernière escale de notre périple insulaire, l’archipel de Saint-Marcouf émerge, solitaire, à sept kilomètres au large du Cotentin. Composé de l’île de Terre et de l’île du Large, il forme un chapelet rocheux battu par les vents, dont l’histoire singulière tisse un lien direct entre l’érémitisme des premiers temps chrétiens et les tumultes géopolitiques de la Manche.

De l’ermitage au repère de corsaires

Visibles de la côte depuis Ravenoville, mais plutôt inhospitalières, les îles sont appelées Duo limones, les deux limons, et restent inhabitées jusqu’à l’aube du Moyen Âge. Durant la première moitié du vie siècle, saint Marcouf, moine évangélisateur d’origine barbare, fonde une abbaye sur le domaine de Nantus, l’actuel Saint-Marcouf-de-l’Isle, sur donation du roi Childebert, le fils de Clovis. Très vite, il part s’isoler sur les îles Saint-Marcouf. Progressivement, l’établissement monastique se développe grâce aux nombreuses donations. Entre les IXe et Xe siècles, Nantus est abandonnée face aux Vikings et les reliques de Marcouf sont déménagées dans l’Aisne, à Corbeny.

Au XIe siècle, selon la tradition, une église est construite sur les ruines de l’abbatiale. Dès la fin du XIe siècle, des bénédictins de Cerisy-la-Forêt s’installent sur l’archipel, qui leur est donné en 1120. Ils y construisent un moulin et un ermitage. Abandonné au milieu du XIIIe siècle, il n’est réo…

 

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L’île de Tatihou

Le fort de Tatihou, conjointement au fort de la Hougue, ferme l’accès au havre de Saint-Vaast. Face à la tour Vauban, le fort de l’îlet complète le dispositif défensif. L’intérieur du fort est interdit au public et forme un sanctuaire pour les oiseaux. (© David Daguier-Tatihou-CD50)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Située au large de Saint-Vaast-la-Hougue, au nord-est du Cotentin, l’île de Tatihou, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, est un élément emblématique du Val de Saire.

Des Vikings à la bataille de la Hougue

L’occupation de Tatihou est attestée dès le Néolithique. Il s’agit alors d’une presqu’île, densément peuplée durant l’âge du bronze, avant d’être progressivement abandonnée. Au début de l’âge du fer, un talus fossoyé est élevé à l’est de l’île et délimite un espace de quatre hectares. Le site est finalement totalement déserté vers 600 av. J.-C., jusqu’à la conquête romaine. Au Ier siècle av -J.-C., le trait de côte recule, et Tatihou gagne son caractère insulaire.

Durant les premiers siècles du Moyen Âge, l’île semble inhabitée. Les Scandinaves s’y installent probablement entre le IXe et le Xe siècle. Ainsi naquit le toponyme de Tatihou, composé de Tati (anthroponyme masculin) et du norrois holmr (-îlot, « terre entourée d’eau »). Entre le XIe et le XIVe siècle, deux fermes médiévales exploitent la plaine. Ces dernières muteront au XVIe siècle en un ensemble manorial qui deviendra rapidement objet de convoitise des catholiques et protestants lors des guerres de Religion, et sera la cible d’attaques ré…

 

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L’île Pelée – Une forteresse de la rade

Le fort de l’île Pelée, juché sur un îlot rocheux, à l’est de la rade de Cherbourg, a défendu l’accès au port pendant plus de 150 ans. (© Coll. SHD Chg CPAR Marine Nationale F. Dupouich)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Depuis presque 250 ans, l’île Pelée surveille la passe de l’est de la rade de Cherbourg. À la base simple récif rocheux recouvert de varech, elle est hérissée d’une citadelle au XVIIIe siècle. Il s’agit certainement de l’un des plus beaux forts de la rade ; il est malheureusement inaccessible.

Aux portes de Cherbourg

Longtemps inhospitalière, l’île Pelée est mentionnée dès le XVe siècle dans les traités de navigation. Elle appartient à la seigneurie de Tourlaville, qui se garde le droit de gravage. Jusqu’au XVIIIe siècle, Cherbourg reste un port modeste. Cependant, en 1776, il est décidé de le fortifier pour créer la plus grande place forte de la Manche. Les travaux de l’île Pelée sont lancés en 1779, sur les plans de Pierre-Jean de Caux, directeur des fortifications de Basse-Normandie, inspirés des travaux du marquis de Montalembert. Ce dernier, officier d’artillerie, préconise la construction de saillants triangulaires, allongés et perpendiculaires les uns aux autres, afin d’augmenter la capacité d’artillerie des forts. On lui doit également les formes plus arrondies, offrant moins de prise à l’artillerie des navires ennemis, ainsi que l’étage intégrant des batte…

 

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Les îles Anglo-Normandes

Le château du Vale, anciennement château Saint-Michel, domine Bordeaux Harbour, au nord-est de Guernesey. Possession des moines de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, il a été érigé au XIIe siècle sur un site fortifié de l’âge du fer. (© VisitGuernsey)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Situées au large de la côte ouest du Cotentin, les îles Anglo-Normandes forment un archipel unique, géographiquement français, mais politiquement rattaché à la Couronne britannique. Dotées d’un système juridique hérité du droit normand, elles conservent leur autonomie et une identité culturelle forte. Elles forment aujourd’hui un territoire hybride où se croisent histoire féodale et enjeux de conservation, aux défis géopolitiques contemporains.

Les îles Anglo-Normandes constituent un grand archipel, éclaté dans la Manche et brassé par le raz Blanchard. Il est séparé en deux bailliages, intégrant chacun des dépendances ainsi qu’un grand nombre d’îlots et d’écueils qui se découvrent à marée basse. Ces derniers sont parfois protégés pour leur valeur écologique, en particulier pour la nidification des oiseaux marins. Jersey comprend ainsi les Minquiers et les Écréhou, tandis que Guernesey englobe Aurigny, Burhou, Sercq, Brecqhou, Lihou, Herm et Jéthou.
 

Une histoire millénaire entre Normandie et Angleterre

Ces îles sont occupées dès le Néolithique, comme en témoignent les nombreux dolmens, menhirs et tumuli présents à Guernesey (le Déhus) ou à Jersey (La Hougue Bie). Ces vestiges témoignent d’une occupation ancienne, à une époque où les îles étaient encore rattachées au continent. Durant l’âge du fer, les fouilles menées au Castel et au Delancey (Guernesey) ont mis en évidence des structures d’habitat, des fossés et des dépôts funéraires caractéristiques des cultures celtiques insulaires et présentant des similitudes stylistiques avec les cultures gauloises du conti…

 

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Les îles Chausey

Pointe sud-ouest de la Grande Île de l’archipel de Chausey. (© Tuul and Bruno Morandi / Alamy banque d’images)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Depuis la jetée du port de Granville se dessinent au loin les côtes des îles Chausey, archipel de 65 hectares comprenant une vingtaine d’îles et une centaine d’îlots. Cette étonnante dentelle granitique, qui fend la mer et les flots, attire chaque année touristes et amoureux de la nature.

Situé à dix-sept kilomètres de Granville, l’archipel de Chausey s’étend sur onze kilomètres de long et cinq kilomètres de large. Les différentes îles portent des noms souvent associés à leur forme ou à leur typicité. La passe de Beauchamp scinde l’archipel en deux entre la Petite Entrée (au nord-ouest) et les trois îles des Huguenans. Aujourd’hui, seule la Grande Île est occupée ; on retrouve cependant des traces d’habitations sur plusieurs îlots.
 

Une histoire plurimillénaire

C’est au Néolithique que les premiers hommes s’installent sur l’archipel. Dès le XIXe siècle, les carriers ont découvert plusieurs haches polies, et des monuments mégalithiques ont été fouillés sur la Grande Île, la Genêtaie et l’Œillet.

Sous les Mérovingiens, Chausey est occupé par quelques ermites. Au VIe siècle, saint Pair et saint Scubilion s’y retirent pour mener une vie d’ascèse. Plus tard, au IXe siècle, l’archipel a pu former un abri pour les Scandinaves lors des grands raids. Leur em…

 

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Le Mont-Saint-Michel et Tombelaine

Le Mont et le discret Tombelaine jalonnent la baie du Mont-Saint-Michel. Grand espace de 500 km², classé RAMSAR depuis 1994, la pluralité des paysages de la baie forme d’autant plus de refuges pour la faune et la flore locale, mais aussi pour les très nombreux oiseaux migrateurs. (© Jesús Esteban San José)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Première étape de notre tour de la Normandie insulaire, le Mont-Saint-Michel et Tombelaine sont certainement les îles les plus emblématiques de notre région. Ces deux sentinelles granitiques, entre Normandie et Bretagne, marquent un millénaire d’histoire locale.

Situées dans la baie du Mont-Saint-Michel, déversoir du Couesnon, de la Sée et de la Sélune, elles illustrent un génie architectural et présentent des biotopes inédits, dans un espace fait et défait par l’homme, balayé par les marées les plus puissantes d’Europe, avec un marnage qui peut atteindre quatorze mètres.
 

De saint Aubert aux geôles révolutionnaires

Le nom Mont-Saint-Michel est le fruit d’une longue évolution toponymique. D’abord mont Tombe (ou Mons Tumba en latin médiéval), venant peut-être du celtique tumb (butte, colline), le site prend le nom de « mont Saint-Michel au péril de la mer », dès la fondation du sanctuaire au VIIIe siècle. Tombelaine reprend tumb en préfixe, associée à un élément anthroponymique « Elaine » ou di…

 

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Les îles de Normandie

Les Minquiers, au large de Granville, incarnent toute l’ambivalence des îles normandes. Aujourd’hui possession officielle de la Couronne britannique, ces îlots oubliés lors du partage de 1204 restent, depuis le XIXe siècle, une source de tensions franco-britanniques liées notamment aux droits de pêche. En 1950, le peintre de marine Marin-Marie y construit une cabane pour affirmer symboliquement leur appartenance à la Normandie. Ni tout à fait anglaises, ni totalement normandes, les Minquiers seraient peut-être patagones, comme aimait à le dire Jean Raspail. (© Paul Lakerman)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Le littoral normand dispose d’un ensemble d’îles aussi discrètes que fascinantes. De la modeste île Tatihou aux puissantes îles Anglo-Normandes, elles constituent un patrimoine insulaire riche et un observatoire privilégié pour les scientifiques et naturalistes.

Toutes ces îles furent le théâtre d’intenses rivalités entre les couronnes de France et d’Angleterre. Certaines sont habitées, d’autres ne sont que d’humbles îlots rocheux se découvrant à marée basse, dont l’importance stratégique et économique a longtemps été disputée, à l’instar des Minquiers ou des Écréhou.
 

Des îles façonnées par la mer

Ces îles normandes jalonnent la Manche, du Mont-Saint-Michel, à l’ouest, jusqu’à Saint-Marcouf, à l’est. Nées des bouleversements anciens du Massif armoricain, elles témoignent d’un passé géologique riche en orogenèses, éruptions volcaniques, érosions et transgressions marines. Immergées au Pléistocène, elles furent accessibles à pied jusqu’à la transgression flan…

 

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La Préhistoire autour de Rânes

Le musée de la Préhistoire est aménagé dans les caves voûtées du château de Rânes (XVe-XVIee siècles). (© Michaël Herbulot)


Michaël Herbulot

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Michaël Herbulot.

 

Aménagé dans les belles caves voûtées du château seigneurial de Rânes, près d’Argentan, le musée de la Préhistoire nous fait découvrir les paysages de l’époque glaciaire et la vie des Néandertaliens, puis nous plonge aux premiers temps de l’agriculture, de la poterie et de la métallurgie. Une balade à travers plusieurs dizaines de milliers d’années d’histoire, à la rencontre des tout premiers « Normands »

Situé au cœur du parc naturel régional Normandie-Maine, le musée de la Préhistoire de Rânes bénéficie aujourd’hui d’une aura toute particulière. Le territoire a récemment été labellisé Géoparc mondial UNESCO pour la richesse de son patrimoine géologique et pour l’intérêt culturel et scientifique de son patrimoine préhistorique. Le musée valorise les fouilles archéologiques réalisées autour de Rânes et propose un véritable panorama de la Préhistoire. Le parcours de visite est ponctué de reconstitutions, de dessins, de jeux, pour découvrir la Préhistoire en famille. Des visites guidées, avec démonstrations d’allumage de feu et de fabrication d’outils en silex, sont régulièrement programmées.

 

Les fouilles autour de Rânes

Tout commence en 1968. Un agriculteur travaillant dans ses champs autour de Rânes tombe par hasard sur une pierre taillée. Il montre l’objet à Jean-Jacques Rivard, professeur au collège d’Écouché et passionné de préhistoire, qui perçoit aussitôt l’importance de la découverte. Les autorisations nécessaires obtenues, ce der…

 

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Les Traversées Tatihou – Festival des musiques du large

Les Traversées Tatihou – Festival des musiques du large. (© David Daguier-CD50)


DATE
Du 9 au 13 août 2025.
LOCALISATION :
SAinT-VAASt-la-Hougue & Île Tatihou (50).

 

Entre terre et mer, un voyage musical unique : du 9 au 13 août 2025, Les Traversées Tatihou transforment l’île et le Val de Saire en scène à ciel ouvert, au rythme des musiques du monde et des marées.

Depuis 1994, Les Traversées Tatihou s’imposent comme un rendez-vous musical unique entre terre et mer. Né dans le sillage de l’ouverture de l’île Tatihou au public, le festival met à l’honneur les musiques traditionnelles et du monde dans un cadre exceptionnel, classé à l’UNESCO, au cœur du Val de Saire.

Pour sa 31e édition, il réaffirme ses engagements artistiques, sociaux et environnementaux. Plus de quarante concerts seront proposés sur l’île et dans les villages alentours, avec une programmation résolument ouverte aux cultures du monde et aux voix féminines.

Concerts à marée basse, bals festifs, créations inédites, stages artistiques, concerts-promenades, cinéma, levers de soleil dansés, sessions irlandaises… Le festival conjugue nature, patrimoine et rencontres culturelles.

Soucieuse d’accessibilité, l’équipe met en place des tarifs solidaires, des animations gratuites, des actions de médiation en EHPAD, centres de loisirs et campings ainsi qu’un accueil adapté des personnes en situation de handicap.

Un rendez-vous sensible et inspirant, où la mer devient scène, et l’île, théâtre de toutes les émotions.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Les Traversées Tatihou – 31e édition
Programme complet et billetterie : traversees-tatihou.manche.fr

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°134 par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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Château de Logempré à Pont-Saint-Pierre

Le château de Logempré, entouré par des douves en eau, s’inscrit lui-même dans un écrin de verdure qui constitue un atout majeur. (© Frédéric Grimaud)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Virginie Michelland.

 

Dans son îlot de verdure parcouru par l’Andelle, le château de Logempré, à Pont-Saint-Pierre, s’efforce de survivre à 25 ans d’abandon… Témoin d’une histoire mouvementée, que son charme paisible ferait presque oublier, il peut aujourd’hui compter sur un jeune couple de propriétaires enthousiastes, soutenus par une association, pour livrer son dernier combat pour un avenir prometteur et respectueux du passé…

Une histoire millénaire

Le château de Logempré a fait l’actualité en mars dernier, après sa sélection, sous l’égide de Stéphane Bern, comme site emblématique de la région Normandie pour la Mission Patrimoine 2025, mise en œuvre en partenariat avec la Fondation du patrimoine. Avant d’évoquer l’avenir du site, revenons sur son histoire.

Proche de la Seine et de l’ancienne frontière entre la Normandie ducale et le royaume de France, la baronnie de Pont-Saint-Pierre est la première de Normandie dans l’ordre protocolaire. Possession de puissants seigneurs de l’entourage des ducs (en particulier, Guillaume Fitz-Osbern, parent et fidèle vassal de Guillaume le Conquérant), elle est donnée aux Hangest par Philippe-Auguste après la reconquête de la Normandie en 1204. Sous l’égide de ces grandes familles, Pont-Saint-Pierre abrite successivement cinq demeures seigneuriales. Le château de Malemaison – dont le nom se réfère à une construction fortifiée, la « mâle maison », et non à une mauvaise maison – est remplacé in situ par le château de Logempré. Quant aux autres ouvrages fortifiés, ils ont laissé des traces infimes. Des cartes postales anciennes confondent d’ailleurs Logempré et le château de Douville. Érigé en 1195, ce dernier perd tout rôle stratégique dès le rattachement de la Normandie au royaume de France en 1204, mais reste long…

 

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Les voyages de la Tapisserie de Bayeux

Le futur espace d’exposition de la Tapisserie. Rendez-vous en octobre 2027 ! (© RSHP)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Le 31 août prochain, le musée de la Tapisserie de Bayeux fermera ses portes. Ce n’est évidemment pas un clap de fin, mais un simple interlude : la fine bande de lin, brodée au XIe siècle et inscrite sur le registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO, nous reviendra en octobre 2027 dans un écrin flambant neuf. En attendant ce grand moment, nous avons choisi d’évoquer ses déplacements à travers l’histoire, mais aussi l’évolution de ses conditions d’exposition et de conservation.

Il semble que ce chef-d’œuvre de l’art roman fut réalisé entre 1066 et 1076 dans le sud-est de l’Angleterre, à l’initiative d’Odon de Conteville, comte de Kent, évêque de Bayeux et frère utérin de Guillaume le Conquérant. Certains historiens pensent qu’elle fut exposée pour la première fois dans la cathédrale à l’occasion de la dédicace de celle-ci, le 14 juillet 1077. Son premier voyage, elle l’effectua très probablement par chariot et bateau entre l’Angleterre et la Normandie. D’une longueur oscillant de 2,40 mètres à 13,90 mètres, ses neuf pièces distinctes, aujourd’hui cousues bord à bord, furent peut-être transportées séparément.

 

De l’ombre à la lumière

En 1105, dans le cadre de la lutte opposant les deux derniers fils survivants du Conquérant, le roi d’Angleterre Henri Ier Beauclerc assiège Bayeux et boute le feu à son grand sanctuaire. La Tapisserie ne s’y trouve à l’évidence pas, car elle n’au…

 

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Notre-Dame de Paris : les artisans normands à l’œuvre

MDB – Métiers du Bois, charpentier-menuisier basé à Bretteville-sur-Odon (Manche), a pris part au chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. (© MDB)

Lors de la soirée inaugurale des Journées Européennes des Métiers d’Art en avril dernier, la CMA Normandie a mis en lumière le savoir-faire exceptionnel de plusieurs professionnels normands ayant contribué à la restauration de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Ces artisans, véritables gardiens du patrimoine, incarnent la richesse et la diversité des métiers d’art en Normandie.

Parmi eux, l’Atelier de la Pierre à Longny-les-Villages, spécialisé dans la taille de pierre, a participé à la restauration des éléments architecturaux. Les Ateliers Desmonts à Nassandres-sur-Risle ont œuvré en charpenterie, tandis que l’Établissement Theroude à Fontaine-Bellenger a réalisé des pièces de ferronnerie. Fer Art Forge à Saint-Aubin-des-Bois a restauré la croix du chevet, et la Ferronnerie Picard Duboscq à Gouville-sur-Mer a créé de nouvelles grilles de clôtures extérieures.
 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry) 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry)

Les campanistes de la Fonderie Cornille Havard à Villedieu-les-Poêles ont analysé et restauré les cloches, tandis que les ateliers Aubert-Labansat à Coutances et MDB à Bretteville-sur-Odon ont apporté leur expertise en charpenterie et menuiserie. METALOISO, également à Coutances, a fabriqué des outils pour la taille de pierre, et Monument Lanfry à Déville-les-Rouen a restauré le pignon sud du transept et les deux tourelles.

Ces professionnels illustrent la vitalité des métiers d’art normands, essentiels à la préservation de notre patrimoine commun.
 

DIX artisans normands au service du patrimoine de Notre-Dame de Paris :

  • Atelier de la Pierre. Tailleur de pierre – Longny-les-Villages (Orne)
  • Ateliers Desmonts. Charpentier – Nassandres-sur-Risle (Eure)
  • Établissements Theroude. Ferronnier – Fontaine-Bellenger (Eure)
  • Fer Art Forge. Ferronnier – Saint-Aubin-des-Bois (Calvados) (Restauration de la croix du chevet)
  • Ferronnerie Picard Duboscq. Ferronnier – Gouville-sur-Mer (Manche)
  • Fonderie de cloches Cornille Havard. Campaniste – Villedieu-les-Poêles (Manche)
  • Ateliers Aubert-Labansat. Charpentier-menuisier – Coutances (Manche)
  • MDB – Métiers du Bois. Charpentier-menuisier – Bretteville-sur-Odon (Manche)
  • Metaloiso. Ferronnier-Taillandier – Coutances (Manche)
  • Monument Lanfry. Tailleur de pierre – Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime)
INFORMATIONS PRATIQUES
  • Vous souhaitez en savoir plus sur ces métiers ? Découvrez les fiches de présentation ici
  • En savoir plus sur les JEMA en Normandie ici

Publirédactionnel publié par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA).


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Notre-Dame de Paris : les artisans normands à l’œuvre

MDB – Métiers du Bois, charpentier-menuisier basé à Bretteville-sur-Odon (Manche), a pris part au chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. (© MDB)

Lors de la soirée inaugurale des Journées Européennes des Métiers d’Art en avril dernier, la CMA Normandie a mis en lumière le savoir-faire exceptionnel de plusieurs professionnels normands ayant contribué à la restauration de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Ces artisans, véritables gardiens du patrimoine, incarnent la richesse et la diversité des métiers d’art en Normandie.

Parmi eux, l’Atelier de la Pierre à Longny-les-Villages, spécialisé dans la taille de pierre, a participé à la restauration des éléments architecturaux. Les Ateliers Desmonts à Nassandres-sur-Risle ont œuvré en charpenterie, tandis que l’Établissement Theroude à Fontaine-Bellenger a réalisé des pièces de ferronnerie. Fer Art Forge à Saint-Aubin-des-Bois a restauré la croix du chevet, et la Ferronnerie Picard Duboscq à Gouville-sur-Mer a créé de nouvelles grilles de clôtures extérieures.
 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry) 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry)

Les campanistes de la Fonderie Cornille Havard à Villedieu-les-Poêles ont analysé et restauré les cloches, tandis que les ateliers Aubert-Labansat à Coutances et MDB à Bretteville-sur-Odon ont apporté leur expertise en charpenterie et menuiserie. METALOISO, également à Coutances, a fabriqué des outils pour la taille de pierre, et Monument Lanfry à Déville-les-Rouen a restauré le pignon sud du transept et les deux tourelles.

Ces professionnels illustrent la vitalité des métiers d’art normands, essentiels à la préservation de notre patrimoine commun.
 

DIX artisans normands au service du patrimoine de Notre-Dame de Paris :

  • Atelier de la Pierre. Tailleur de pierre – Longny-les-Villages (Orne)
  • Ateliers Desmonts. Charpentier – Nassandres-sur-Risle (Eure)
  • Établissements Theroude. Ferronnier – Fontaine-Bellenger (Eure)
  • Fer Art Forge. Ferronnier – Saint-Aubin-des-Bois (Calvados) (Restauration de la croix du chevet)
  • Ferronnerie Picard Duboscq. Ferronnier – Gouville-sur-Mer (Manche)
  • Fonderie de cloches Cornille Havard. Campaniste – Villedieu-les-Poêles (Manche)
  • Ateliers Aubert-Labansat. Charpentier-menuisier – Coutances (Manche)
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Pose de la première pierre du Centre d’interprétation viking

Mardi 27 mai 2025 : cérémonie de la pose de la première pierre du Centre d’interprétation viking. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Ce mardi 27 mai 2025, le parc historique Ornavik a franchi une étape décisive avec la pose de la première pierre de son Centre d’interprétation viking. Véritable projet scientifique et culturel, Ornavik invite à découvrir l’origine de la Normandie à travers une immersion unique au cœur du Moyen Âge. Ses 10 hectares accueillent un village carolingien, un comptoir viking et un château à motte, construits selon des techniques anciennes redécouvertes par des passionnés.

Le futur Centre d’interprétation, conçu par le cabinet HEMAA, proposera sur plus de 1 000 m² un parcours muséographique ludique et pédagogique, complétant idéalement les aménagements extérieurs existants. Exemplaire sur le plan environnemental (label E3C1), le bâtiment s’intégrera harmonieusement aux paysages historiques du parc, notamment grâce à sa toiture végétalisée.
La cérémonie symbolique, à laquelle le magazine Patrimoine Normand, mécène du projet depuis cinq ans, était associé, marque officiellement le lancement de ce chantier ambitieux. Le coût global, estimé à 11 millions d’euros HT, est financé notamment par Caen la mer, la Région Normandie et le FEDER.
Le Centre d’interprétation viking accueillera ses premiers visiteurs en 2027, à l’occasion d’un événement phare pour la région : le millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant, promettant ainsi un formidable levier pour le rayonnement touristique et culturel normand.
 

Article par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin

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À Saint-Lô – Les réserves font leur show !

Le musée d’Art et d’Histoire de Saint-Lô. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

« Lieu fondamental pour la vie d’un musée, les réserves demeurent le plus souvent cachées aux yeux du public. Elles renferment pourtant une part essentielle des collections et sont au cœur des missions du musée. Pour sa prochaine exposition temporaire, le musée d’Art et d’Histoire de Saint-Lô souhaite inviter son public à découvrir le rôle essentiel et le fonctionnement de ces espaces, au-delà de l’image fantasmée de la “caverne d’Ali-Baba” ou d’un grenier où s’entasseraient des objets poussiéreux. » « Pucelle d’Orléans ».

C’est toujours un réel plaisir de voir des œuvres ou des objets habituellement inaccessibles présentés au public. Et l’institution manchoise a initié une démarche pour le moins originale : elle propose en effet aux Saint-Lois (et aux Normands !) de voter pour certains des objets qu’ils souhaitent voir exposés dans un cabinet de curiosités participatif. En d’autres termes, chacun peut contribuer à la sélection et endosser, l’espace d’un instant, le rôle de commissaire d’exposition. Pour cela, rien de plus simple : jusqu’au 20 avril, de se rendre sur le site de la ville (https://www.saint-lo.fr), rubrique « découvrir et bouger », puis « musée d’Art et d’Histoire », et enfin « expositions temporaires ».

L’exposition Les réserves font leur show ouvrira ses portes le 17 mai. Ce sera l’occasion, pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, de découvrir le musée d’Art et d’Histoire, avec des collections permanentes riches et variées, notamment une section passionnante sur la Reconstruction qui nous plonge dans l’atmosphère des années 1950 et 1960.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Vote possible, jusqu’au 20 avril, en suivant ce lien : https://docs.google.com/forms/
Exposition « Les réserves font leur show »
Du 18 mai au 21 septembre 2025
Musée d’Art et d’Histoire
5 Place du Champ-de-Mars
50000 SAINT-LO
Tél. : 02 33 72 52 55
 
Article publié dans Patrimoine Normand n°133 (avril-mai-juin 2025), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

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Par tous les dieux ! – Une exposition divine à Caen

Exposition « Par tous les dieux ! » au musée de Normandie dans l’enceinte du Château de Caen (salles du Rempart). (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


DATE
  Du 5 avril au 28 septembre 2025 .
LOCALISATION :
CAEN (14).

 

Statuette de Mercure, tôle d'argent. Retrouvée en 2007 dans la cella d’un petit temple (fanum) de Briga, cette statuette témoigne de la place privilégiée accordée à Mercure parmi les divinités vénérées dans la cité. Dieu protecteur du commerce, des marchands et messager des dieux, il occupait un rôle central dans le panthéon gallo-romain local. Eu (Seine-Maritime) , fin du Ier siècle vant J.-C. - début du Ier siècle après J.-C. (DRAC Normandie © Rodolphe Corbin)
Statuette de Mercure, tôle d’argent. Retrouvée en 2007 dans la cella d’un petit temple (fanum) de Briga, cette statuette témoigne de la place privilégiée accordée à Mercure parmi les divinités vénérées dans la cité. Dieu protecteur du commerce, des marchands et messager des dieux, il occupait un rôle central dans le panthéon gallo-romain local. Eu (Seine-Maritime) , fin du Ier siècle vant J.-C. – début du Ier siècle après J.-C. (DRAC Normandie © Rodolphe Corbin)

Par Jupiter, Mercure et Bacchus ! Et s’ils étaient encore là, enfouis dans les pierres de nos cités antiques ? À Caen, dans les salles du Rempart du château, c’est une assemblée d’Immortels que vous êtes invités à rencontrer du 5 avril au 28 septembre 2025. L’exposition Par tous les dieux !, l’un des événement phare des festivités du Millénaire de Caen, déploie un panthéon éblouissant.

Ici, la statuaire prend la parole, et les visages divins de l’Antiquité semblent s’éveiller sous nos yeux. Témoins silencieux d’un dialogue ancien entre panthéons romains et croyances locales, ces œuvres s’ancrent dans un territoire : celui de la Normandie gallo-romaine. De Briga (Eu) au Veil-Évreux, en passant par Vieux-la-Romaine, les sites archéologiques révèlent des vestiges où se mêlent les dieux venus d’ailleurs et ceux enracinés dans la culture locale. Ces objets témoignent d’un syncrétisme fascinant, montrant comment les Gallo-Romains, loin de rejeter leurs croyances ancestrales, ont intégré des divinités comme Isis et Mercure, les accueillant parmi leurs propres immortels.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’exceptionnelle participation de la Fondation Gandur pour l’Art, qui prête ici près de 80 pièces – parmi les 200 objets présentés – issues de sa remarquable collection d’archéologie classique et égyptienne. Réunie avec passion par Jean Claude Gandur depuis plus de quarante ans, cette collection, aujourd’hui abritée par la Fondation créée en 2010, est l’une des plus riches d’Europe. Elle se distingue par la qualité esthétique de ses œuvres, choisies avec un œil de connaisseur, et son ambition généreuse : offrir à tous l’accès aux grandes civilisations du passé.

L’exposition séduit non seulement par sa pédagogie, mais aussi par l’ampleur de son souffle mythologique. Des tables multisensorielles, des dispositifs en braille, des vidéos en langue des signes et une réinterprétation poétique d’Hélène Druvert, en papier découpé, rendent hommage aux douze Olympiens et à la diversité de leurs représentations.

Qu’ils soient célestes, marins ou maîtres des Enfers, les dieux de l’Antiquité n’ont rien perdu de leur pouvoir d’envoûtement. Et cet été, sur les hauteurs du château de Caen, c’est une part de l’Olympe qui s’invite parmi nous.
 

Jean-Claude Gandur. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Jean-Claude Gandur. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition « Par tous les dieux ! »
Du 5 avril au 28 septembre 2025
Du mardi au dimanche, tous les jours en juillet et en août.
7 € / réduit 5 € / gratuit -26 ans et 1er week-end du mois 
Musée de Normandie – Château de Caen
Salles du Rempart
14000 CAEN 
musee-de-normandie.caen.fr

 

Article par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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