Premières Assises du handicap, au Havre : la Ville veut passer « de l’intégration à l’inclusion »

La Ville du Havre organise, samedi 2 février 2019, ses premières Assises du handicap.

La Ville du Havre organise, samedi 2 février 2019, ses premières Assises du handicap. (©Adobe Stock.)

La Ville du Havre (Seine-Maritime) organise ses premières Assises du handicap, au Pasino, samedi 2 février 2019. Trois tables-rondes seront proposées, afin de présenter les différents axes de travail de la Ville. Après l’intégration, cap sur l’inclusion pour la municipalité.

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« Après l’intégration, favoriser l’inclusion »

Depuis une vingtaine d’années, la Ville du Havre a mis en place différentes actions pour favoriser l’accueil des personnes handicapées. Après avoir mis au cœur de ses réflexions l’intégration, la municipalité souhaite aujourd’hui aller plus loin en posant la question de l’inclusion :

Pour Sandrine Gohier, adjointe au Maire chargée du handicap : « L’objet de ces Assises est de dresser un état des lieux de la situation, en conviant des professionnels pour évoquer ensemble leur pratique. La Ville du Havre a beaucoup œuvré pour travailler et améliorer l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap, dans les transports, dans la rue. Voirie, associations, transports en commun travaillent de concert sur ces problématiques. »

Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin et réfléchir sur l’inclusion. L’inclusion, ce n’est pas réserver un traitement particulier aux personnes handicapées, mais les inclure dans notre projet social « Le Havre ensemble », souligne Sandrine Gohier.

Une volonté affichée : mettre un terme aux différentes politiques sectorielles dans le domaine du handicap et faire en sorte qu’elles soient toutes inclusives.

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Premières Assises du handicap

Les Assises du handicap sont l’occasion pour la Ville de manifester son intérêt pour la question du handicap et de faire un point d’étape sur les différentes démarches engagées : accessibilité progressive des bâtiments municipaux, amélioration de la voirie (feux sonores, bandes podotactiles etc.), transports, équipements sportifs et culturels.

Nous avons fléché des travaux sur neuf ans. L’Ad’AP (agenda d’accessibilité programmée) est ambitieux, mais réalisable. Progressivement, nous effectuons des travaux dans les écoles, les musées, les gymnases. Notre Ad’AP sera supérieur à la réalisation envisagée car nous avons intégré des travaux à chaque nouvel équipement. Désormais, les architectes et l’ensemble des équipes ont à l’esprit cette nécessité d’adapter les bâtiments, précise l’adjointe en charge du handicap.

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Prochainement, un ascenseur sera installé dans le Muséum d’histoire naturelle, « permettant à tous les publics d’accéder aux deux étages d’exposition ».

À chaque fois que nous avons pu adapter un site, nous l’avons fait. Toutefois, à certains endroits, nous devons faire des choix et, par exemple, nous avons dû renoncer à des aménagements dans la Maison de l’armateur.

Un pacte local sur l’inclusion

Dans le cadre des ces premières Assises, sera signé un pacte local d’inclusion :  » Le but, c’est de sensibiliser et de mobiliser collectivement, afin de construire une culture commune. Les tables rondes seront des temps d’échanges et l’occasion de travailler sur des pistes d’amélioration. »

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Dans le cadre de ce pacte sera actée la gratuité pour les accompagnants de personnes en situation de handicap dans les structures municipales. Seront également mises en valeur les actions menées en partenariat avec les usagers pour faciliter la lecture des documents municipaux, via le FALC (Facile à lire et à comprendre), une version simplifiée d’un texte qui permet d’être comprise par les personnes déficientes intellectuelles.

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Trois tables rondes sont prévues : Inclusion et éducation, Inclusion et loisirs, Inclusion et emploi. Ces Assises rassemblent des associations, des élus et usagers, mais elles sont aussi, et surtout, ouvertes à tous car l’inclusion est un projet de société à porter collectivement.

Infos pratiques : 
Samedi 2 février 2019, de 9h à 15h30, au Pasino, place Jules-Ferry, au Havre.
C’est gratuit.
Inscriptions en ligne sur lesassisesduhandicap@lehavre.fr

Au Havre, des stages gratuits pour faire découvrir le sport aux jeunes pendant les vacances scolaires

La Ville du Havre propose des stages de sport gratuits pour les 6-17 ans, pendant les vacances.

La Ville du Havre propose des stages de sport gratuits pour les 6-17 ans, pendant les vacances. (©Adobe Stock.)

Pendant les vacances de février, la Ville du Havre (Seine-Maritime) propose aux jeunes, âgés de 6 à 17 ans, des stages gratuits pour découvrir le sport. Les inscriptions ouvriront mardi 29 janvier 2019, à 9h.

30 disciplines sportives à découvrir

Dans le cadre de son dispositif « Le Havre en Forme », la Ville du Havre propose des stages gratuits de découverte de la pratique sportive pour les jeunes âgés de 6 à 17 ans. Cette nouvelle édition de l’opération « Découvrez le sport » se déroulera pendant les vacances scolaires de février, du 9 au 24 février 2019. Elle invite les jeunes à découvrir gratuitement une trentaine de disciplines sportives et à s’initier à divers sports pendant deux semaines.

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Au  programme : athlétisme, badminton, basket-ball, billard français, boxe éducative, danse-fitness (nouveauté), escalade, escrime, football féminin, football mixte, gymnastique, handball, hockey sur gazon, judo, karaté, lutte, patinage, roller, rugby, tennis, tennis de table.

Des activités ouvertes aux parents !

Deux nouveautés seront proposées, afin de permettre aux adultes accompagnateurs d’avoir une pratique sportive sur les mêmes créneaux que leurs enfants. Au choix :

  • l’option multisports en famille (jeux de ballons, jeux de raquettes etc.), ouverte à tous  à partir de 6 ans ;
  • et urban training (parcours de marche avec exercices de remise en forme en s’appuyant sur le mobilier urbain), uniquement pour adultes (à partir de 18 ans).

 Sport adapté

Athlétisme, judo, tennis de table, parcours-motricité… Des disciplines seront également proposées aux enfants en situation de handicap. Pour obtenir des renseignements sur les disciplines proposées, contactez le 02 35 19 81 96.

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Infos pratiques :
Inscriptions à partir du mardi 29 janvier 2019, à 9h. 
Rendez-vous sur le site Hariane, ici, à l’Hôtel de ville ou dans les mairies annexes. 
Renseignements et informations sur le site de la Ville, ici, ou au 02 35 19 45 45.

Au Havre, le théâtre-cirque de Martin Zimmermann emmène le public du Volcan au musée

Martin Zimermann est de retour au Volcan, au Havre, avec « eins Zwei Drei ».

Martin Zimmermann est de retour au Volcan, au Havre, avec « Eins Zwei Drei ». (©Augustin Rebetez et Nelly Rodriguez.)

Martin Zimmermann est de retour au Volcan, au Havre (Seine-Maritime), avec une création, où la rencontre de l’absurde, de la magie et de l’humour donnent corps à un théâtre-cirque hybride, peuplé d’objets bizarres et de personnages singuliers. Rendez-vous les 29 et 30 janvier 2019.

Us et coutumes des musées

Pour Eins, Zwei, Drei, Zimmermann met en scène un trio et ses tensions, dans un monde très codé : le musée.

Le musée est une institution publique que chacun connaît, mais c’est également la quintessence de l’élégance, du bon goût, de l’ordre et de la mémoire collective qu’une société se crée.

C’est aussi un endroit où sont édictées des règles et posés des interdits !

VIDÉO. Extrait du spectacle Eins Zwei Drei de Martin Zimmermann :

Bousculer les codes

Autant d’éléments qui ont guidé la nouvelle création de cet artiste suisse, qualifié de « clown punk » par la Radio Télévision suisse. Sur scène, trois clowns, trois corps se mêlent, se rencontrent et s’opposent, mettant en scène « la poésie et la violence des relations humaines », précise Le Volcan.

La pièce bouscule les codes, abolit les champs artistiques et les conventions. Un appel à se libérer !

Infos pratiques :
Mardi 29 janvier 2019, à 20h30, et mercredi 30 janvier, à 19h30, au Volcan, espace Oscar-Niemeyer, au Havre.
Réservations au 02 35 19 10 20 et en ligne, ici.
Tarifs : de 5 à 24 euros.

Le premier One man show de l’artiste Richard Orlinski en avant-première au théâtre À l’ouest, à Rouen

Les 19 et 20 février 2019, Richard Orlinski présente son premier one man show, Tête de Kong, au théâtre À l'ouest, à Rouen (Seine-Maritime)

Les 19 et 20 février 2019, Richard Orlinski présente son premier one man show, « Tête de Kong ! », au théâtre À l’ouest, à Rouen (Seine-Maritime) (©Stéphane de Bourgies)

Richard Orlinski, artiste contemporain français de renommée internationale se lance dans une nouvelle aventure, celle de l’humour. Il présente en avant-première son spectacle Tête de Kong ! au théâtre À l’ouest, à Rouen (Seine-Maritime), les 19 et 20 février 2019.

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Un joke devenu réalité

Comment est venue l’idée de faire votre premier one man show ?
Richard Olinski : C’est un chemin en réalité. J’ai toujours voulu faire du théâtre et de la comédie. J’aime cela. J’ai fait le guest avec des amis sur scène comme Christelle Chollet. En fait, l’idée est une blague qui est devenue réalité et cela a un rapport avec tout ce que je fais. De fil en aiguille le projet lancé par Laurent Baffie a évolué et aujourd’hui c’est un vrai one-man. Je raconte ma vie de façon drôle, mes failles. On y apprend aussi des choses, j’y parle d’histoire de l’art. C’est un spectacle drôlement intelligent et intelligemment drôle.
Il faut écouter sa voix intérieure et ne pas toujours suivre les règles et les codes qu’on veut vous imposer.

Vos premières impressions sur ce nouveau métier ?
Je ne pensais pas que le métier pouvait être aussi dur, ni aussi prenant. C’est une vraie remise en question. Je pensais que c’était facile. C’est un travail de longue haleine, il faut répéter, beaucoup répéter. Il faut arriver à capter l’attention du public, partager. Je m’entraîne tous les jours pour être le plus opérationnel et le plus crédible possible. Il y a toujours beaucoup de travail derrière ce que je fais.

Une bienveillance du milieu

De qui sont vos textes ?
Les textes de mon spectacle sont de Laurent Baffie. J’ai reçu une première mouture sur laquelle je me suis mis à bosser pour m’approprier ce récit et cette histoire qui est la mienne. Je le refais pour moi. Je me connais mieux que lui peut me connaître. Je peaufine, je met des références à l’actualité, je fais quelque chose qui me ressemble. C’est aussi une remise en question.
Je suis également aidé par pas mal d’humoristes qui me donnent des conseils. Il y a une sorte de bienveillance. Je suis un petit jeune dans ce milieu, si j’avais 20 ans de moins il y aurait certainement de la jalousie. Le fait que des gosses de 20 ans me conseillent me prouve qu’ils ne me voient pas comme un concurrent. L’apprentissage passe dans les deux sens et il n’y a pas d’âge pour cela.

Vous êtes passé de l’immobilier à l’art. Quel a été le déclencheur ?
Je le raconte dans mon livre Pourquoi j’ai cassé les codes. J’en avais marre de vivre une vie qui ne me correspondait pas, marre d’avoir un costard qui ne m’allait pas. J’avais besoin de donner un sens à ma vie. J’étais malheureux. Finalement j’étais mal dans ma peau. Je me suis lancé dans cette aventure, je me suis remis en question. J’ai eu à faire face à beaucoup de levées de bouclier, le chemin était semé d’embûches. C’est violent, il m’a fallu beaucoup d’abnégation, beaucoup de travail.
Tout est concentré autour du business. L’ego est très fort aussi. C’est un facteur très fort qu’il faut apprendre à gérer.

VIDÉO. La bande-annonce du spectacle : 

« Il faut toujours se remettre en question »

Votre choix fut le bon puisque vous êtes aujourd’hui parmi les artistes les plus vendus dans le monde.
Oui, mais on ne voit pas ce qu’il y a derrière cela. Il faut toujours se remettre en question. La réussite se calcule à plein de niveaux. Ce qu’on voit à l’extérieur ce sont toujours de nouvelles choses mais il y a à chaque fois une prise de risque. Le partage de ce qu’on fait avec le plus grand nombre c’est quelque chose de très plaisant. Ce partage m’anime. Je n’hésite pas à faire des conférences par exemple. La notion de partage est tellement forte. On donne beaucoup et on reçoit beaucoup en échange.

Art, livre, musique, humour… Tant de projets que vous avez mené avec brio. Avez-vous encore d’autres projets en tête à réaliser ?
J’en ai beaucoup. Quand on me propose une idée je ne sais pas dire non. Il y a l’ouverture de mes galeries Orlinski que j’essaie de développer dans le monde. Après il y a des collaborations intéressantes avec des marques et puis il y a la transmission vers les jeunes. C’est un projet qui me plaît.
J’aimerai créer un incubateur qui permette de développer tous les côtés artistiques. Ça revient à l’échange, quand on comprend cette notion on a compris beaucoup de choses dans la vie.

Infos pratiques :
Au théâtre À l’ouest, 26 quai Gaston Boulet, à Rouen, les 18 et 19 février 2019 à 20h.
Tarifs : de 19 à 24 euros.

Économie. Retour sur la success-story de Minut’Rit, la conciergerie d’entreprise du Havre

De la baguette de pain au pressing en passant par la garde d'enfants ou l'entretien de la voiture, la Minut'Rit aide les salariés à régler leurs petits problèmes du quotidien.

De la baguette de pain au pressing en passant par la garde d’enfants ou l’entretien de la voiture, la Minut’Rit aide les salariés à régler leurs petits problèmes du quotidien. (©La Minut’Rit)

Du pressing aux courses, en passant par l’entretien de la voiture, l’envoi d’un colis pile à temps pour l’anniversaire de grand-mère ou encore la recherche quelqu’un pour garder les enfants : la Minut’Rit est là pour régler les petits problèmes du quotidien des salariés. Lancée au Havre (Seine-Maritime), cette conciergerie d’entreprise compte désormais 17 franchisés au service de 150 entreprises un peu partout en France.

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De deux à 2 000 salariés

Lancée en 2012 par Cécile et Antoine Tauvel, alors tout juste sortis de l’école, l’entreprise a donc fait un joli bout de chemin. Au tout début de l’aventure, le Havre donc, un réseau d’une petite dizaine de prestataires et une première entreprise, Safran, qui tente l’aventure. 

L’occasion de faire ses preuves et d’améliorer progressivement le service avant de décrocher un second contrat, quelques mois plus tard. Les choses s’enchaîneront assez vites ensuite. La Minut’Rit a depuis ajouté dans son carnet d’adresse des entreprises comme Renault, GSK ou Michelin tout en continuant à travailler avec d’autres comptant seulement quelques salariés, et survivant ainsi à ce qui aurait pu, dans les premiers temps, passer pour un effet de mode.

Un logiciel sur mesure pour s’organiser

Le secret de la réussite ? La carte de la proximité d’abord. « En 2014, nous avons lancé les premières franchises, raconte Cécile Tauvel. Notre stratégie a été d’agir à la demande des entrepreneurs, sans faire de salon ou de communication. Cela permet de trouver des gens qui veulent vraiment faire de la conciergerie tout en ayant conscience qu’on ne peut pas se lancer seul. »

Pas facile en effet de jongler entre les emplois du temps pour assurer un maximum de présence chez les clients, trouver les bons prestataires tout en évitant de se retrouver noyé dans l’administratif. « On a l’impression que c’est facile mais la conciergerie nécessite une vraie organisation, insiste Cécile Tauvel. Nous avons même développé un logiciel sur mesure pour plus d’efficacité. »

Comment ça marche ?
Au cours des permanences physiques au sein de l’entreprise, ou via le site internet ou l’application, les salariés peuvent avoir recours à toute une panoplie de service : pressing, repassage, courses, demande de carte grise, garde d’enfants, livraison d’un colis… En plus du catalogue établi, ils peuvent faire appel à d’autres services sur demande. Le tout se fait sans commission, le service étant pris en charge par l’entreprise en fonction du temps passé sur place.

Travailler en local

La Minut’Rit apporte donc l’aide technique, et les franchisés leur connaissance du territoire. Car le réseau, c’est l’autre ingrédient indispensable de la recette du succès de l’entreprise. De l’idée cadeau de dernière minute au couvreur à trouver en urgence après une tempête, le « Minuteur » doit se construire un large panel de prestataires.

Nous sommes attachés à garder une partie très locale, l’offre s’adapte aussi en fonction de ça. Même lorsque nous nous sommes lancés à Bolbec par exemple, nous avons cherché sur place un pressing, un boulanger, l’ESAT pour le repassage… Cela n’aurait pas eu de sens de faire la navette depuis le Havre.

En continuant sur cette lancée, la Minut’Rit entend désormais conforter son réseau sur l’ensemble de la France. « L’objectif serait de passer à 35 collaborateurs aujourd’hui à 100 en 2020 », ambitionne Cécile Tauvel. Et pourquoi pas, un jour, se lancer à l’international ? L’option est en tout cas à l’étude.

À Rouen, ils inventent une machine révolutionnaire pour recycler les bouteilles plastiques

La machine B:bot de Rouen (Seine-Maritime), qui peut broyer jusqu'à 3 000 bouteilles par m2, sera présente sur le marché au printemps 2019.

La machine B:bot de Rouen (Seine-Maritime), qui peut stocker plus de 3 000 bouteilles dans moins de un m2, sera présente sur le marché en juin 2019. (©Green big)

Le saviez-vous ? Malgré la mise en place du tri sélectif dans tous les foyers français, seulement 55% des bouteilles en plastiques sont recyclées en France ! « Et dans les métropoles, c’est moins d’une bouteille sur dix qui est recyclée », assure Benoit Paget, le fondateur de Green Big, une start-up de Rouen (Seine-Maritime).

Pour atteindre l’objectif fixé par le gouvernement, soit 100% du recyclage plastique en 2025, les trois associés Benoit Paget, Fabien Rimé, Baptiste Danezan de Green Big ont imaginé une machine révolutionnaire pour les bouteilles plastiques : le B:bot

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300 kg de plastique au m2

Cette machine transparente a pour fonction de manger la bouteille dès que vous la glissez dedans et de la broyer en petites paillettes. « B:bot peut contenir 300 kg de plastique au m2 contre 20 kg au m2 dans une poubelle jaune, assure Benoit Paget. Et ces paillettes sont un produit semi-transformé, prêt pour le recyclage et beaucoup mieux valorisé à la tonne. »

Le B:bot, qui a aussi pour particularité d’interagir avec l’éco-citoyen grâce à un digital embarqué, remet en place une forme de consigne. « Selon les paramétrages, on peut lui demander de restituer quelques centimes à l’éco-citoyen, ou alors d’envoyer ces quelques centimes sous forme de don à une association, ou encore de gagner des bons d’achats », raconte le fondateur de Green Big. 

La machine peut même dire à l’éco-citoyen si le déchet qu’il veut lui faire manger est conforme ou non. « B:bot trie également de manière différenciée les bouteilles plastiques transparentes et colorées, qui ne sont pas composées du même plastique », souligne Benoit Paget.

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Le retour de la consigne

Pour le fondateur de Green Big, c’est le retour de la consigne qui devrait motiver l’éco-citoyen à trier différemment ses bouteilles plastiques :

En Allemagne, le retour des consignes a été adopté et 90% des bouteilles plastiques sont recyclées.

Ensuite, ce plastique collecté sous forme de paillette est directement racheté par un industriel chargé de retransformer ce plastique. 

Aujourd’hui, sur 400 000 tonnes de PET, ce plastique utilisé pour les bouteilles plastiques transparentes, seulement la moitié est recyclée. « Les industriels, pour améliorer leur empreinte carbone, cherchent des plastiques recyclés mais ne les trouvent pas, ajoute l’entrepreneur. Le but de B:bot est aussi de répondre à cette problématique. »

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Mais alors quid des poubelles jaunes ? 

Cette machine, si révolutionnaire soit-elle, remet en question le recyclage quotidien réalisée par les citoyens dans les poubelles jaunes. Qu’en dit Benoit Paget ? « Malheureusement, le tri sélectif n’est pas toujours bien fait et quand tous les déchets cartons, plastiques… sont mélangés, le tri n’est pas aussi efficace que quand il est réalisé à la source. Il faut savoir qu’en sortie de centres de tri, dans les ballots de bouteilles plastiques, on retrouve encore 10% de matières qui n’est pas du PET. C’est compliqué. »

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Avec B-bot, Benoit Paget assure que le recyclage des bouteilles plastiques coûte trois fois moins cher, « car on ne passe par le centre de tri ». « Et il y a moins de surface de stockage et moins de transport effectué. Le système est vertueux car il s’autofinance. »

Les B:bot pourraient être installés dans des supermarchés ou dans les zones à conteneurs. Une belle idée, à condition que les citoyens acceptent de trier leurs bouteilles plastiques à part et de les apporter à leur B:bot le plus proche.

Une machine made in Normandie
La machine a été conçue par un bureau d’études à Caen (Calvados) et façonnée par des industriels à Dieppe. Une création 100% made in Normandie !
La jeune pousse Green Big vient de finaliser son premier tour de table auprès de quatre investisseurs normands à la fois institutionnels et industriels : Normandie Participations, Crédit Agricole en Normandie, NFactory et Alterval. 
Cette première tranche de un million d’euros va permettre à la start-up d’industrialiser la fabrication de la première série de B:bot. Les premières machines devraient arriver sur le marché en juin 2019. 

Au cœur de l’acte XI des Gilets jaunes, les « street médic » de Rouen répondent à l’urgence

Pendant l'acte XI des Gilets jaunes, samedi 26 janvier 2019 à Rouen (Seine-Maritime), des "street medic" ont prodigué les premiers soins aux personnes blessées. Comme chaque samedi depuis le 29 décembre 2018.

Pendant l’acte XI des Gilets jaunes, samedi 26 janvier 2019 à Rouen (Seine-Maritime), des « street médic » ont prodigué les premiers soins aux personnes blessées. Comme chaque samedi depuis le 29 décembre 2018. (©SL / 76actu)

Au départ, ils étaient juste des Gilets jaunes. Puis, au fil des actes où les affrontements devenaient de plus en plus dur avec les forces de l’ordre, ils ont voulu se rendre utile. Samedi 26 janvier 2019, toute la journée, une dizaine de « street médic » a suivi le cortège et les heurts de l’acte XI, à Rouen (Seine-Maritime). Trois sont venus de Fécamp avec leur matériel de soin, pour répondre aux premières urgences, légères samedi.

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« Quand ça chauffe, on va au plus près »

« J’ai décidé d’aider, ça me permet de me canaliser et de ne pas péter un câble », explique Victor* sans tabou, juste avant d’aller au point de rassemblement des Gilets jaunes, à l’hôtel de ville à 10h. Militant depuis le début du mouvement, il s’est décidé à être médic après l’acte V, vécu à Paris, où il a vu « des choses dingues, des blessures graves ». Il officie chaque samedi à Rouen depuis le 29 décembre.

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Le menuisier de 28 ans est venu de Fécamp avec deux amis qui complètent l’équipe de choc des street médic. Guillaume et Flam, 33 et 37 ans, l’épaulent. L’un est DJ, l’autre est un pompier volontaire qui travaille dans la sécurité incendie. Tous les trois ont une formation en premiers secours, qu’ils mettent en application. « On est des bénévoles, quand ça chauffe on va au plus près pour prendre les gens en charge », détaille Guillaume. 

Dans les sacs : sérum, compresses et bandages

Grâce à leurs tee-shirts blancs marqués d’une croix bleue et rouge, ils sont facilement identifiables. Sur la route du point de convergence du matin, ils ont été fouillés par la police. Dans les sacs plein à craquer : sérum physiologique contre les lacrymogènes, compresses et bandages pour les plaies.

« Parfois, les forces de l’ordre nous retirent les casques ou le sérum, c’est inadmissible », vitupère Guillaume. Ça ne sera pas le cas ce samedi, contrairement à leurs confrères de Caen (Calvados). Si les relations peuvent être tendues avec la police, c’est que ce qu’ils font n’a rien d’officiel : « Certains se servent de ce statut pour venir sur les manifs avec des casques et ensuite aller à l’affrontement », affirme une source policière. 

Ce n’est pas le cas de Guillaume, Victor et Flam. Comme les pompiers n’interviennent pas avant d’être en zone sécurisée, les Fécampois sont les premiers à s’occuper d’un blessé, « peu importe s’il est gilet jaune ou policier », assurent-ils. Ils sont en relation avec des secouristes « issus de la Croix-Rouge » qui restent à des points fixes pour « faire le pont avec les pompiers ».

Avant les premières lacrymogènes tirées à 14h rue Jean-Lecanuet, le trio est resté à la marge du cortège, sur les côtés. Ils n’ont enfilé leurs casques qu’au moment où des vitrines ont été brisées : « C’est parti ! »

Après les premières grenades lacrymogènes, Guillaume dégaine et distribue du sérum physiologique aux manifestants incommodés par le gaz.

Après les premières grenades lacrymogènes, Guillaume dégaine et distribue du sérum physiologique aux manifestants incommodés par le gaz lacrymogène. (©SL / 76actu)

« Médic ! Il nous faut un médic ! »

Quand le gaz a répondu aux projectiles, ils ont commencé à distribuer leur sérum. « C’est environ 120 dosettes par acte », calcule Victor qui a chez lui « de quoi tenir cinq actes ». Ils s’arrangent avec des connaissances pour se fournir le fameux sérum. Et des manifestants leur en donnent des boîtes pleines. Même s’ils sont en faveur du mouvement, les street médic peuvent être pris entre deux feux : « On est au milieu, ça vole au-dessus de nous. »

Au milieu des gaz lacrymogènes mais sur le côté de la route, Flam garde un oeil sur les heurts en cours à quelques mètres.

Au milieu des gaz lacrymogènes mais sur le côté de la route, Flam garde un oeil sur les heurts en cours à quelques mètres. Sa GoPro est allumée dès qu’il y a du grabuge. (©SL / 76actu)

Ça vole aussi en dessous, comme rue Jeanne d’Arc, après un tir de lanceur de balle de défense (LBD) qui touche la jambe d’un manifestant. Ses compères hurlent au milieu des gaz : « Médic ! Il nous faut un médic ! » Flam se précipite sur le jeune homme, extrait pour être installé à l’écart des heurts. Pour calmer la douleur, Victor applique une mousse sur l’hématome : « Pas de fracture. Ça va piquer, ce sera bleu. » Blessure légère.

VIDÉO. Un jeune homme blessé à la jambe est pris en charge par les street médic : 

Les street médic en ont vu d’autres, notamment à l’acte X : « Un mec a été blessé au rein avec un LBD », raconte Victor, photo à l’appui. Ils l’ont pris en charge et d’après le jeune homme, « il risque de perdre cet organe ». 

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Cinq blessés pris en charge par les pompiers

Samedi, il n’y a pas eu de blessé grave. Les trois secouristes amateurs ont agi sur de petites écorchures, ou en aide à un vieil homme tombé à côté de laquelle la police venait de tirer du gaz sans lui prêter attention. Si du point de vue d’une source judiciaire, la journée a été « hyper-violente », les interventions pour des blessures ont été limitées. Au total, cinq personnes ont été emmenées par les pompiers, dont un policier frappé. 

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Il y a aussi eu un homme blessé sur le haut du crâne qui s’est fait soigner, avec un autre victime d’une foulure du poignet, dans une pharmacie de la place du Vieux-Marché. Victor, Guillaume et Flam ne sont pas toujours là où des heurts éclatent, tant le cortège est disparate et mobile. Mais ils sont satisfaits de pouvoir « être utiles ». Ils sont partis vers 16h30, direction Fécamp : il fallait être à l’heure pour la garde de Flam chez les pompiers. 

* Le prénom a été changé à la demande de l’intéressé.

Êtes-vous incollable sur l’actualité en Normandie ? Voici le quiz de la semaine du 21 janvier

Avez-vous bien suivi lactualité en Normandie en 2017 ? Testez-vos connaissances avec notre quiz.

Avez-vous bien suivi l’actualité en Normandie cette semaine ? Testez-vos connaissances avec notre quiz. (©Adobe Stock/Illustration)

Bonjour à tous !

L’actualité a encore été chargée cette semaine en Normandie. Vous pensez avoir tout suivi et savoir tout ce qu’il s’est passé dans la région ?

Prouvez-le en faisant un sans-faute à notre quiz actu de la semaine. 

Si le quiz ne s’affiche pas, cliquez ici.

 

Un pompier et un gendarme en repos secourent une femme dans un incendie à Rouen

Avant l'arrivée des pompiers, les deux témoins avaient évacué la femme vivant dans l'appartement de son logement.

Avant l’arrivée des pompiers, les deux témoins avaient évacué la femme vivant dans l’appartement de son logement. (©Illustration/Fotolia)

Le hasard fait parfois bien les choses : samedi 26 janvier 2019, un pompier en repos et un gendarme de réserve ont secouru une femme d’un incendie dont ils ont été témoins à Rouen (Seine-Maritime).

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Ils évacuent la victime du logement

Les faits se sont produits un peu après midi, dans un immeuble de la rue Jean-Revel, à quelques pas de la préfecture de Rouen. L’incendie a plus précisément pris dans un appartement situé au troisième étage.

Les témoins qui préviennent les pompiers ne sont autres qu’un gendarme réserviste et un sapeur-pompier en repos. Avant l’arrivée des secours officielle, ils parviennent à prêter assistance à l’habitante du logement en question, dont il la font sortir.

L’incendie rapidement maîtrisé

Incommodé par les fumées, cette femme âgée d’une soixantaine d’années sera finalement transportée au CHU de Rouen.

L’action des deux témoins a également permis de limiter l’impact de l’incendie sur le reste de l’immeuble. Ce dernier a finalement été éteint assez rapidement par les pompiers.

Acte XI des Gilets jaunes : une dizaine de blessés et 20 interpellations en Seine-Maritime

La mobilisation des Gilets jaunes a été moins importante ce samedi 26 janvier en Seine-Maritime.

La mobilisation des Gilets jaunes a été moins importante ce samedi 26 janvier en Seine-Maritime. (©S.Louvet )

Les Gilets jaunes eux-mêmes devaient s’y attendre : la mobilisation aura été moins forte, samedi 26 janvier 2019, pour l’acte XI de leur mouvement. En cause notamment, une importante manifestation organisée à Évreux, dans l’Eure, qui a mobilisé par ailleurs.

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Des rassemblements aussi à Dieppe et Barentin

Cette semaine, la préfecture n’avancera pas de chiffres pour le département concernant le nombre de participants à cette 11e journée jaune. « Ce que l’on peut dire, c’est qu’ils ont été moins nombreux, même si l’on a compté aujourd’hui plus de points de rassemblement », souligne Benoît Lemaire, directeur de cabinet à la préfecture de Seine-Maritime.

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A noter notamment, une déambulation dans les rues de Dieppe, qui avait été déclarée au préalable et qui s’est déroulée toute la journée sans incident, ainsi qu’un petit rassemblement à Tourville-la-Rivière. A Barentin aussi, les Gilets jaunes ont tenté dans la matinée un mouvement, vite dispersé par les gendarmes. 

Environ 800 personnes à Rouen

Le plus gros de la mobilisation s’est donc, comme ces dernières semaines, concentré dans les grandes villes. A Rouen tout d’abord, où « il n’y a pas eu plus 800 manifestants sur la journée », assure une source policière à 76actu. Une tendance en corrélation avec ce qu’ont pu observer nos journalistes sur le terrain.

Environ 800 Gilets jaunes ont défilé ce matin dans les rues de Rouen, et des renforts sont attendus cet après-midi.Retour sur cette matinée ici : https://actu.fr/?p=21071522

Publiée par 76 actu sur Samedi 26 janvier 2019

Après une matinée globalement calme, les choses ont ensuite dégénéré dans le centre-ville. Des petits groupes composés d’une dizaine de manifestants se sont dispersés dans les rues, provoquant pour certains des affrontements avec les forces de l’ordre. 

Des poubelles ont été incendiées, la porte du commissariat de police cassée et une vitrine brisée, rue Jean Lecannuet.

Deux policiers et quatre manifestants secourus par les pompiers

En tout, les forces de l’ordre ont procédé à 13 interpellations à Rouen, auxquelles s’ajoute une arrestation à Barentin. Les pompiers sont de leur côté intervenus pour trois incendies ainsi que pour porter secours à cinq personnes, dont un policier.

Après avoir reçu un projectile sur le casque, il a été traîné par des Gilets jaunes avant que ses collègues n’interviennent. Il souffre d’une blessure à l’épaule, précise la préfecture.

De leur côté, les Gilets jaunes ont compté au moins six blessés légers dans leur rang.

Même scénario au Havre, où un peu plus de 400 personnes ont défilé dans les rues d’après la police. En fin de manifestation, des heurts ont éclatés entre des groupes de jeunes et la police, provoquant l’interpellation de six personnes responsable de jets de projectiles à l’encontre des forces de l’ordre. Là encore, un policier a été blessé, cette fois-ci au visage.

Sport à Rouen : l’ASPTT va lancer un financement participatif pour l’inclusion des enfants autistes

L'ASPTT, club omnisports de Rouen (Seine-Maritime), s'apprête à lancer une campagne de financement participatif en faveur des enfants autistes.

L’ASPTT, club omnisports de Rouen (Seine-Maritime), s’apprête à lancer une campagne de financement participatif en faveur des enfants autistes. (©Adobe Stock/Illustration)

Belle initiative de l’ASPTT. Durant la semaine du 28 janvier 2019, le club omnisports de Rouen (Seine-Maritime) va lancer une campagne de financement participatif pour rendre accessible ses activités aux enfants autistes.

Financer du matériel et payer les éducateurs

Sur son site internet, l’ASPTT explique sa démarche. « Dans une démarche d’inclusion et d’accessibilité à la pratique sportive à tous les publics, notre association souhaite accueillir des enfants diagnostiqués TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) au sein de groupes sportifs ordinaires. La règle d’or de notre projet : le 1 pour 1 ! », détaille l’association sportive. Objectif, avoir un accompagnant pour chaque enfant autiste accueilli.

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Le club accueille déjà 15 enfants autistes et souhaite en accueillir 20 en 2019-2020. Mais pour cela, il doit s’équiper en matériel. « L’argent récolté servira dans un premier temps à se doter en matériel, notamment en tablettes tactiles », précise l’ASPTT.

Elle servira aussi à la création de carnets d’échanges qui naviguera entre familles, éducateurs et référent, mais aussi à rémunérer nos éducateurs. Enfin, la collecte servira également à développer notre journée  « JO de l’Autisme ».

La campagne de financement participatif sera donc lancée prochainement sur la plateforme KissKissBankBank. À noter que les dons ouvrent droit à une réduction d’impôt.

Hippisme. Bold Eagle, Readly Express… Qui va gagner le Grand Prix d’Amérique ? Notre pronostic

Le 29 janvier, Bold Eagle a remporté un 2e Prix d'Amérique et le driver manchois Franck Nivard un 5e. Ce dimanche, ils tentent de remporter un autre Grand Prix de France.

Déjà vainqueur à deux reprises de l’épreuve reine des trotteurs, Bold Eagle, le champion normand, va tenter d’inscrire une troisième fois son nom au palmarès du Grand Prix d’Amérique. (©JLL LeTrot)

18 concurrents pour une seule couronne. Le Grand Prix d’Amérique 2019 livrera son verdict dimanche 27 janvier aux alentours de 16h, sur l’hippodrome de Vincennes

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Au départ, on compte huit chevaux entraînés en Normandie, cinq dans l’Orne par Sébastien Guarato et trois dans le Calvados par Philippe Allaire. Les Normands vont-ils remporter cette année l’Amérique ? Rien n’est moins sûr, face aux redoutables pensionnaires de Jean-Michel Bazire ou encore à deux visiteurs suédois aux dents longues… Pronostic.

Les favoris

Trois chevaux semblent se détacher du lot. En tête de ceux-ci, « la ballerine », comme on a coutume de l’appeler eu égard à son jeu de jambes qui peut faire penser à celui d’une danseuse classique. Belina Josselyn aura à son sulky le meilleur driver de France, Jean-Michel Bazire, qui est également son entraîneur. Lors de l’ultime course préparatoire à l’Amérique, elle a véritablement crevé l’écran, disqualifiée pour avoir gêné un adversaire, mais franchissant tout de même le poteau en tête dans un style époustouflant.

Face à elle, l’inusable Bold Eagle. Tonique comme à ses plus beaux jours lorsque nous sommes allés à sa rencontre à six jours de l’échéance au Ménil-Bérard (Orne), le pensionnaire de Sébastien Guarato concourra pour remporter un troisième sacre dans la plus belle des course de trotteurs, triplé qui lui avait échappé d’un nez l’an dernier.

Car l’an dernier, Bold Eagle était tombé sur son demi-frère, un drôle de cheval venu de Suède et qui sera de nouveau au départ avec de légitimes ambitions cette année, Readly Express. Même s’il a paru moins tranchant lors de la dernière course préparatoire à l’Amérique, nul doute que son mentor l’a préparé de sorte qu’il arrive au top de sa condition dimanche.

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Les secondes chances

Face à ces trois champions qui devraient rallier la majorité des suffrages des parieurs, citons Bird Parker, le crack du Calvados, dépendant du redoutable entraînement de Philippe Allaire. Dur comme un roc, il est capable de suivre tous les rythmes.

Mentionnons également Davidson du Pont, autre atout de Jean-Michel Bazire, qui n’aura contre lui que de participer à son premier Prix d’Amérique. Il est encore jeune, mais c’est un petit champion.

Et puis Eridan, un autre ornais présenté par Sébastien Guarato. Même s’il est le plus jeune cheval au départ de la course, Sébastien Guarato nous a également confié qu’il était certainement de ceux qui possédaient la plus belle pointe de vitesse finale. S’il parvient à ne pas trop faire d’effort durant le parcours, il conclura sa course sur un sprint qui pourrait faire mal.

Notre sélection chiffrée : 12 – 18 – 15 – 16 – 4 – 3

Marianne Rötig signe « Cargo », le récit de son voyage en mer, du Havre à Malte

Marianne Rötig a réalisé son rêve : embarquer sur un géant des mers au départ du Havre. Une aventure qu'elle narre dans « Cargo ».

Marianne Rötig a réalisé son rêve : embarquer sur un géant des mers au départ du Havre. Une aventure qu’elle narre dans « Cargo ». (©Pixabay.)

Avec Cargo, Marianne Rötig signe un sublime récit de voyage. Elle raconte au fil des pages son épopée maritime, depuis son embarquement au Havre (Seine-Maritime), jusqu’à son arrivée à Malte. Sept jours en mer, sept jours pour confronter ses images mentales à la réalité, sept jours pour construire une cosmogonie personnelle.

Une odyssée racontée avec poésie et élégance. Entretien avec Marianne Rötig.

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Une fascination pour les ports

76actu : Vous débutez votre récit, en évoquant des souvenirs de jeunesse : Hambourg, son port, ses conteneurs. Une invitation au voyage. C’est au Havre que tout commence pour vous. Vous avez eu un vrai coup de cœur pour la ville ?

Marianne Rötig : J’ai toujours été fascinée par les ports. Cela faisait longtemps que je fantasmais sur Le Havre. Si la ville est proche de Paris, je n’avais pas eu l’occasion de venir. Il a fallu des années avant que j’effectue mon premier voyage au Havre. Ma première rencontre avec la ville, c’était il y a cinq ans. Je me suis perdue dans les rues. J’avais une image floue du Havre, celle d’un bout de terre. C’est un endroit vraiment à part. Le Havre ne laisse personne indifférent : soit on aime, soit on n’aime pas trop. Rapidement, j’ai su qu’il se passait quelque chose avec cette ville.

Votre venue au Havre a aussi réveillé des souvenirs personnels.

Oui, j’ai une histoire familiale avec Le Havre. Le grand-père de mon grand-père est passé par Le Havre. Né en Allemagne, il devait embarquer pour les États-Unis, afin d’aller y chercher du travail. Finalement, il s’est arrêté au Havre et y a tenu une maison d’horlogerie. Lors de ma première visite, je suis tombée sur un horloger. Une nouvelle évidence pour moi : si je devais faire un voyage en cargo, il me fallait absolument partir du Havre.

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Le Havre : une histoire d’amour

Comment s’est organisée cette odyssée maritime ?

Monter à bord, ça s’est fait sans réflexion. J’ai vu que c’était possible de monter sur un cargo. Le voyage a été très facile et très simple à mettre en place. Ma seule contrainte imposée : partir du port du Havre. Je suis donc revenue plusieurs fois, je suis allée plus loin dans le port. J’y ai traîné pas mal. J’ai rencontré la ville par le port : on peut parler d’une histoire d’amour avec le port.

Quand vous décrivez votre arrivée sur le port, on se croit dans un film des années 40, une esthétique à la Casablanca. Vous parlez d’un « suspense de polar » pour décrire cette transition entre la ville et le port, le trajet en taxi. Le voyage démarrait là ?

Oui, j’ai cheminé dans le port, avant d’atteindre le quai pour embarquer. L’ambiance, de nuit, y est très particulière. Il faut prendre un bus, puis un taxi, avant d’atteindre la destination finale : le quai.

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Sept jours en mer : l’odyssée de Marianne

"Cargo" de Marianne Rötig est publié aux éditions Gallimard.

« Cargo » de Marianne Rötig est publié aux éditions Gallimard. (©S.B./Normandie-actu)

Votre projet littéraire vous a-t-il permis d’assouvir une envie de lointain, de donner corps à vos rêves ?

En embarquant, je n’avais pas imaginé que cela deviendrait un livre. J’avais commencé un roman et ne pensais pas écrire sur cette expérience. Cargo est le livre du livre, qui est né sur la route de l’autre. Quand je pars en voyage, j’écris tous les jours dans des carnets. Tel était le projet initial. Puis, la vie à bord, le rythme du voyage ont orienté les choses autrement.

La rencontre avec un ami m’a donné l’idée de structurer le livre en m’appuyant sur les sept jours de traversée. Il a fallu sept jours pour créer la Terre. Les jours de la semaine ont structuré mon écriture. J’ai commencé à agencer le récit sur le bateau. L’écriture a été rapide. Je suis rentrée en décembre et j’ai écrit en janvier.

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Dans Cargo, peut-on dire que vous réécrivez votre propre mythologie personnelle ?

Je crée une sorte de cosmogonie. Ce livre est la réécriture d’une mythologie personnelle et de la mythologie, au sens large. Je suis entre deux eaux, entre deux terres. Que se passe-t-il dans cet espace infini ?

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Seule femme à bord

Vous étiez la seule femme à bord. Comment avez-vous vécu cette expérience ? Cette rencontre avec l’équipage ?

En fait, j’étais surprise car j’étais la seule passagère à bord : d’ordinaire, les voyages en cargo sont souvent complets. Je n’avais eu aucun renseignement préalable sur le voyage. Être la seule femme à bord est particulier : il faut accueillir la chose, se faire une place. L’équipage était courtois et très respectueux.

Se succèdent des portraits, des récits de moments partagés. Vous étiez seule touriste, mais jamais seule à bord de ce grand bateau.

Oui, j’avais l’impression d’être une passagère clandestine. J’étais une hôte de luxe car je dînais à la table des officiers. Il y avait beaucoup de bizarreries à observer cette semaine-là, notamment la vie de l’équipage. Ce qui m’a marquée, c’est le silence et l’élégance des marins. J’ai pu dresser des portraits singuliers de ces personnes que j’ai côtoyées pendant une semaine.

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Éprouver la mer, le temps

Comment avez-vous vécu cette expérience solitaire ? L’isolement a-t-il nourri votre écriture ?

Je ne suis jamais sentie seule à bord car je dialoguais quotidiennement avec mon écriture. Si le bateau est immense, les espaces d’habitation ne sont pas grands donc on se croise tous. Je me suis même sentie plus accompagnée que d’habitude.

Votre livre se termine sur l’arrivée à Malte. Alors que vous avez pris le temps de longuement décrire Le Havre, le départ, ce retour sur la terre ferme est évoqué rapidement. La volonté de ne pas effacer les souvenirs vécus en mer ?

L’écrivain est un peu filou. Mon livre est écrit chronologiquement. Or, la première partie a été rédigée en grande partie sur le bateau même. Puis, à partir de dimanche, je n’ai pris que des notes. Ce qui m’intéressait, c’était la traversée. Il me fallait mener avec rigueur mon enquête sur la semaine. Une fois le port de Malte atteint, le voyage prenait fin et le récit avec.

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Infos pratiques : 
Cargo de Marianne Rötig, aux éditions Gallimard, Coll. « Le sentiment géographique ».
Prix : 12,50 euros.