Transports en commun à Rouen : pourquoi une fine couche de neige provoque-t-elle des complications ?

A l'arrivée des premiers flocons, les usagers du réseau astuce redoute les retards à Rouen (Seine-Maritime).

A l’arrivée des premiers flocons, les usagers du Réseau astuce redoute les retards à Rouen (Seine-Maritime). (©JB/76actu/Illustration)

Les toits, les trottoirs et les rues de l’agglomération de Rouen (Seine-Maritime) étaient recouverts d’une fine couche de neige mardi 22 janvier 2019 au matin. Toujours un peu stressante pour certains automobilistes, l’arrivée des premiers flocons l’est aussi pour les utilisateurs des transports en commun du Réseau astuce. Même les moins expérimentés le savent : la neige est presque toujours synonyme de galère.

Ce mardi n’a pas échappé à la règle. Jusqu’à 10 heures du matin, la circulation des bus a été compliquée, avec des retards, provoquant l’irritation et les grelottements des usagers en train de patienter aux arrêts. La situation est revenue assez rapidement à la normale après l’heure de pointe. Mais pourquoi, alors que la quantité de neige n’était pas si importante, les habitants de l’agglo ont-ils encore vécu cette situation ?

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Assurer la sécurité des voyageurs

« Ce n’est pas le nombre de centimètre de neige qui compte, mais le fait que les routes soient glissantes », explique le service de communication du Réseau astuce. Les véhicules du réseau sont soumis aux mêmes contraintes que les véhicules particuliers, mais ils ont en plus l’obligation de s’arrêter pour assurer la sécurité des voyageurs.

Les agents du Poste de commandement centralisé (PCC) suivent et régulent en direct la circulation sur chaque ligne. Ils donnent des consignes aux chauffeurs, leur demandant de stopper ou de continuer leur route.  Aux arrêts importants, comme à Boulingrin, ou sur le bord des voies de Teor, des bus étaient stationnés durant la matinée, attendant l’ordre de repartir.

« Le fait qu’une route soit glissante n’est pas la seule cause de l’arrêt des bus, poursuit la communication. Cela peut aussi venir de l’accumulation des voitures sur certains axes très fréquentés, qui fait que les bus se retrouvent coincés. » Mardi matin, les véhicules du réseau Astuce pouvaient par exemple monter jusqu’à Canteleu, mais pas redescendre, du fait des embouteillages.

Bus, Teor et tram soumis à des contraintes différentes

Tous les véhicules ne sont pas logés à la même enseigne. Les contraintes diffèrent pour les Teor et les tramways, qui circulent sur leurs propres voies. L’événement climatique est anticipé sur les voies de tramway par le passage d’un pantographe racleur, qui permet d’assurer le bon fonctionnement du tramway avant sa sortie. Un appareil passe aussi sur les voies.

Même principe pour les Teor. « Quand on est prévenu à l’avance, on peut faire passer la sableuse du Réseau astuce en amont. » Par contre, une fois que le Teor se retrouve sur les routes, il est soumis aux mêmes contraintes que les bus. Le Réseau astuce n’a aucun contrôle sur le salage ou le sablage des routes. L’organisation en revient aux communes.

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Comment suivre l’évolution du trafic ?

Pour éviter d’attendre son bus pour rien, obtenir un itinéraire de secours ou prévoir une solution alternative, il est possible d’obtenir des infos trafic sur internet en temps réel. Le Réseau astuce dispose d’une application smartphone. Il possède aussi une section info trafic sur son site… quand ce dernier fonctionne. Ce qui n’était pas le cas pendant une heure mardi matin.

« Le nombre de connexions simultanées a explosé et les serveurs n’ont pas pu répondre à la demande. Il s’agit d’une situation extrêmement rare », assure le Réseau astuce. Pour sa communication en temps réel, le réseau de transport privilégie son compte Twitter. Attention d’ailleurs, en le consultant on apprend que la situation pourrait se répéter mercredi 23 janvier 2019…

Découvrez les métiers de l’industrie avec le French Fab Tour, qui fait étape au Havre

La French Lab fait la promotion de l'industrie, qui représente 2,8 millions d'emplois.

La French Lab fait la promotion de l’industrie, qui représente 2,8 millions d’emplois. (©Adobe Stock.)

Le French Fab Tour est un événement destiné à promouvoir l’industrie, susciter des vocations chez les jeunes, proposer des offres d’emploi et co-construire l’industrie de demain. Parmi les 60 dates prévues en France : un rendez-vous havrais, jeudi 31 janvier 2019

Un village s’installera sur l’esplanade de l’Hôtel-de-Ville, au Havre (Seine-Maritime), de 9h à 17h. Les inscriptions en ligne sont ouvertes.

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L’industrie française : 2,8 millions d’emplois

Le French Lab Tour fait étape au Havre, jeudi 31 janvier 2019.

Le French Lab Tour fait étape au Havre, jeudi 31 janvier 2019. (©French Lab)

La French Fab a été lancée, le 2 octobre 2017, par Bruno Lemaire, ministre de l’Économie et des finances, pour rassembler les industriels français et faire la promotion de cette filière et de ses nombreux métiers. Objectif affiché : faire rayonner l’excellence de l’industrie française à l’international.

Représentant 10% du PIB français, rassemblant 213 300 entreprises, l’industrie française, l’un des socles de l’économie nationale, avec ses 2,8 millions d’emplois, pèse lourd sur le marché du travail.

Faire la promotion de l’industrie française

Afin de valoriser ce secteur, les professionnels et entreprises innovantes se sont fédérés au sein de la French Fab pour donner une meilleure visibilité à l’industrie et faire connaître son savoir-faire.

L’année 2019 est celle du déploiement de la French Fab dans les territoires et de sa prise en main par les acteurs de l’industrie. 60 rendez-vous sont prévus en France. Le French Fab Tour fera étape, au Havre, jeudi 31 janvier. Un rendez-vous « pour la jeunesse, l’emploi et la croissance de l’industrie française « .

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À la rencontre des industriels locaux

Cette journée spéciale permet de toucher tous les publics : jeunes, demandeurs d’emploi, acteurs locaux. De 9h à 12h, collégiens et lycéens seront conviés à découvrir le monde industriel. Une structure de 200 m² dédiée à des ateliers ludo-éducatifs accueillera les jeunes générations. Leur sera également proposée l’expérience French Fab : 20 minutes pour comprendre les concepts de fabrication utilisés dans l’industrie via la résolution d’énigmes.

Suivra un temps pour les étudiants, avant une session dédiée à l’emploi et aux métiers de l’industrie. Un espace de « jobdating » mettra en relation demandeurs d’emploi et industriels locaux. Des ateliers permettront d’accompagner les candidats dans leur recherche d’emploi.

Infos pratiques :
Jeudi 31 janvier 2019, sur l’esplanade de l’Hôtel-de-Ville, au Havre.
Inscriptions en ligne, ici.

Exposition. Plongez dans l’univers musical de l’artiste Élodie Lesourd, au Frac de Rouen

L'exposition, qui utilise les deux niveaux du Frac de Normandie Rouen (Seine-Maritime), est pensé commune un tout, une œuvre globale.

L’exposition, qui utilise les deux niveaux du Frac de Normandie Rouen (Seine-Maritime), est pensé commune un tout, une œuvre globale. (©FM/76actu)

Après plusieurs expositions monographiques consacrées à des photographes, au Frac (Fonds régional d’art contemporain) Normandie Rouen (Seine-Maritime), place au médium peinture, avec une présentation de l’œuvre d’Élodie Lesourd, à découvrir jusqu’au 5 mai 2019. Le nom de l’exposition, Lambda Pictoris, renvoie à celui d’une étoile de la « constellation du peintre ». Baignant dans un univers musical – avec un penchant prononcé pour les références au métal -, l’expo connaîtra un prolongement au 106, samedi 9 mars 2019. 

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La musique comme dominante

Rétrospectif, le projet rassemble des œuvres d’époques et de styles différents. Toutefois l’ensemble est bien pensé comme un tout, les créations formant la partition d’une même œuvre. Par ailleurs, l’exposition comprend des éléments déployés sur les deux niveaux du Frac (œuvre murale grand format, disposition de plaques de plexiglas dans le vide, peintures entièrement blanches venant ponctuer le parcours). 

Et la musique se retrouve en effet presque partout dans les motifs utilisés : instruments, scène tumultueuse d’après-concert, portraits, supports divers (éléments de communication, set-list de concert, pochettes de disques) etc. Des œuvres s’inspirent d’installations existantes, et sont recréées de manière hyperréaliste – ce que l’artiste appelle par un néologisme « l’hyperrockalisme » (lire ci-dessous). D’autres utilisent plus volontiers l’abstraction, ou l’assemblage d’objets ou matières. 

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Qui est Élodie Lesourd ? « Artiste française (née en 1978) formée aux Beaux-arts de Lyon puis de Nantes, Élodie Lesourd se réfère autant à l’histoire de l’art qu’à la musique (jusque dans ses courants les plus extrêmes comme le black métal) pour éprouver les limites de la représentation et de la signification au sein de sa peinture, rapporte le Frac Normandie Rouen. Deux orientations formellement distinctes tendent à guider sa pratique. Un premier corpus d’œuvres, dites « hyperrockalistes », se caractérise par la réappropriation dans un style hyperréaliste de vues d’installations d’artistes contemporains se référant à ces mêmes courants musicaux. […] Une autre partie de son travail, usant de l’abstraction et du télescopage, s’intéresse à isoler les différents éléments des supports de communication en provenance de ces champs musicaux, de la pochette de disque au sticker, pour les repenser dans des compositions originales où le référent n’est plus identifiable que dans le titre. »

Passerelles entre art et musique 

En prolongement à l’exposition, un concert du groupe Pest Modern (rock) sera organisé jeudi 31 janvier à 18h30, au Frac, qui présente la démarche : « Intéressée par les rencontres entre art et musique, Élodie Lesourd invite Pest Modern, un groupe détonant créé par un père et son fils. Le père, Joël Hubaut, plasticien touche à tout, est connu pour ses performances loufoques et ses poésies sonores. Le fils, Emmanuel Hubaut, chanteur et musicien, a plus d’une dizaine d’albums à son actif avec des groupes comme Les Tétines Noires. » Concert organisé avec la participation de Nicolas Germain (el TiGeR CoMiCs GRoUP) et le soutien du 106. 

Et le samedi 9 mars, une journée d’événements divers sera proposée au 106, justement, laissant carte blanche à l’artiste, et aux « musiques qui influencent son œuvre ». Au programme, à partir de 15 heures : création d’une œuvre in situ par Élodie Lesourd (à voir dans le hall du 106 du 9 mars au 6 avril 2019), des conférences, des vidéos et un véritable festival de black métal (les connaisseurs apprécieront la venue de Sordide ou Lingua Ignota). Le programme détaillé, ici

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• Découvrez des images de la monographie consacrée à Élodie Lesourd : 

Infos pratiques :
Exposition Élodie Lesourd, Lambda Pictoris, jusqu’au 5 mai 2019, au Frac Normandie Rouen, 3, place des Martyrs-de-la-Résistance, à Sotteville-lès-Rouen, en face du Jardin des plantes.
Ouvert du mercredi au dimanche, de 13h30 à 18h30.
Entrée gratuite. 

Relaxé des accusations de trafic de drogue, le gérant d’une boutique de CBD du Havre prêt à rouvrir

A l'issue d'une perquisition survenue mercredi 8 août 2018, la police a emmené tous les produits de la boutique Weed Corner "pour analyses", laissant les étagères vides.

Fermée depuis le mercredi 8 août 2018, la boutique Weed Corner devrait prochainement rouvrir ses portes. (©Aurélia Morvan / 76actu)

Après une fermeture cet été, trois semaines à peine après son ouverture, et un procès en janvier 2019, la boutique de CBD, aussi appelé « cannabis légal », Weed Corner, situé avenue Foch au Havre (Seine-Maritime), se prépare à rouvrir ses portes.

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« Un acteur responsable »

Elle n’était restée ouverte que quelques semaines, à l’été 2018. En juillet dernier, suivant la tendance qui a vu  fleurir les boutiques de CBD partout en France, Cyrille Bjaoui lançait au Havre son Weed Corner. Dans les rayons de son magasin, il proposait « des baumes, des huiles, des infusions. »

Pour le gérant, les choses sont claires. « On a bien dit dès le début que l’on était pas un coffee shop. Nous avions choisi les produits ayant un réel intérêt pour le grand public, sans surfer sur le marketing des miels et chocolats ou des feuilles à rouler. Je me suis présenté comme acteur sensé, responsable. »

Le CBD, c’est quoi ?
Ça en a le goût et l’odeur, mais cela n’en n’est pas vraiment : le CBD, ou cannabidiol, est l’un des composants du cannabis. Sa commercialisation est autorisée dans la limite où le produit respecte la limitation à 0,2 % de THC ou tétrahydrocannabinol, l’agent psychotrope du cannabis qui, lui, est illégal.

Fermeture, garde à vue et procès

Des précautions qui n’empêcheront pas les autorités de fermer la boutique, le 8 août 2018. Perquisitionnée, elle a été mise sous scellée le temps que la police contrôle les taux des produits. « En octobre, j’ai été placé en garde à vue à la surprise générale, puisque les taux étaient bons. C’est là que l’interdiction d’exercer est tombée », raconte le gérant.

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Finalement, le tribunal du Havre lui donnera raison : mardi 8 janvier 2019, Cyrille Bjaoui est relaxé. Le parquet a toutefois décidé de faire appel de cette décision.

La réouverture se prépare

Ce qui n’empêche pas le patron du Weed Corner de préparer la réouverture de sa boutique. « Nous attendons seulement de récupérer les clés pour pouvoir rouvrir début février », espère-t-il.

S’il reconnaît que « se retrouver fermé du jour au lendemain avec un écriteau ‘trafic de stupéfiants’ sur la porte » a été un coup dur, il compte sur « l’enthousiasme » des débuts de l’ouverture pour voir à nouveau sa boutique se remplir. « À ce moment là, on avait eu des clients de 18 à 92 ans, je n’avais jamais vu ça. »

Informations pratiques : 
Weed Corner, 18 avenue Foch, au Havre.
A suivre sur les réseaux sociaux via Facebook

Pouvoir d’achat, conditions de travail : la colère monte chez les sapeurs-pompiers de Seine-Maritime

Face au manque de pouvoir d'achat et au sous-effectifs, la grogne et la démotivation s'intensifient chez les pompiers de Seine-Maritime.

Face au manque de pouvoir d’achat et au sous-effectifs, la grogne et la démotivation s’intensifient chez les pompiers de Seine-Maritime. (©Adobestock/Illustration)

« Citoyens, êtes-vous prêts à préserver votre sécurité contre le prix d’une baguette de pain par mois ? » Le Syndicat autonome des sapeurs-pompiers professionnels de Seine-Maritime a posé cette question sur sa page Facebook samedi 19 janvier 2019, accompagnée d’un sondage. Par ce biais, il souhaite dénoncer un manque d’investissement pour le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) au sein du département de Seine-Maritime.

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Un des coûts par habitant les plus bas

« Le département de Seine-Maritime est celui de première catégorie qui investit le moins dans ses pompiers, 65 € par an par habitant contre 74 € de moyenne nationale », souligne cette publication. La statistique avancée représente ce que coûte le SDIS par habitant dans le département. Le nombre est un peu ancien. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur publiés en 2018, le coût par an par habitant était de 67 € en Seine-Maritime en 2017. L’écart avec la moyenne nationale, calculée à 84 €, s’accroit même.

« Il s’agit d’un des taux les plus bas pour les SDIS de catégorie A », précise François Joutel, le trésorier du syndicat. En France, les SDIS sont classés en trois catégories — A, B ou C — selon le nombre d’habitants de leur zone. La catégorie A est la plus élevée. Les financements sont apportés en majorité par le Département, mais aussi par les communes et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

Quand on demande plus d’investissement, la réponse est toujours la même : il n’y a pas d’argent. Nous souhaitons montrer aux élus que les citoyens sont prêts à mettre un euro par mois en plus pour leur sécurité. Le but n’est pas d’augmenter les impôts, mais plutôt de se demander si on ne pourrait pas les répartir un peu mieux.

« La grogne monte »

Selon le syndicat autonome, l’investissement plus faible influe sur certains leviers permettant d’augmenter le pouvoir d’achat. François Joutel cite par exemple l’indemnité administrative de technicité, une prime dont l’indice est plus faible en Seine-Maritime que dans d’autres départements, ou encore les tickets restaurant « qui n’ont pas été réévalués depuis plus de 10 ans ». Il regrette aussi le système de rémunération des gardes :

Les sapeurs pompiers de Seine-Maritime sont rémunérés sous forme d’équivalence. Ils effectuent 80 gardes de 24h. Ces gardes de 24h sont rémunérées 17h. Chaque année, le SDIS nous vole 560 heures qu’il ne nous paie pas… A force de gratter des économies, nous en arrivons à des situations ubuesques.

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« Les sapeurs-pompiers sont de plus en plus démotivés sur le terrain », assène-t-il. Lors de la dernière assemblée générale du syndicat, jeudi 17 janvier, certains professionnels se disaient prêts à monter des actions.

Notre hiérarchie trouve impossible de donner des fonds et nous musèle plutôt que de trouver des solutions. On nous demande d’être gentils mais la grogne monte de plus en plus. Certains pompiers souhaitent aller voir directement les élus pour les sensibiliser à leurs problèmes.

Plus d’embauches demandées

S’il se bat en priorité pour l’augmentation du pouvoir d’achat, le syndicat autonome espère aussi que les embauches suivront pour améliorer les conditions de travail « de plus en plus difficiles ». « On ne peut plus continuer de faire subir aux gens ce qu’ils subissent aujourd’hui. On est passé de 975 sapeurs-pompiers en Seine-Maritime à moins de 880. »

Premier syndicat des pompiers en France, le syndicat autonome est le deuxième en Seine-Maritime derrière la CGT. Cette dernière se bat aussi de son côté pour obtenir des embauches. Une revendication qui répond à trois objectifs, selon le secrétaire générale de la CGT Sdis 76 Matthieu Gibassier : « combler le sous effectif, garantir la qualité du service public et assurer la sécurité de nos intervenants. »

En décembre dernier, la CGT avait déjà interrompu le conseil municipal de Dieppe pour alerter sur la situation. Dans cette ville aussi, les sous-effectifs inquiètent. Une page Facebook a même été mise en ligne pour prévenir la population.

Tous les problèmes rencontrés par les pompiers de Seine-Maritime devraient être mis sur la table lors d’une rencontre entre les organisations syndicales et le président du SDIS76 André Gautier, à la fin du mois de janvier.

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Propaganda – La fabrique du consentement

En juin 2018, Arte diffuse un documentaire intitulé Propaganda – La fabrique du consentement C'est un film de Jimmy Leipold, de 2017, qui retrace l'histoire des « relations publiques », organe inventeur de la propagande moderne, la publicité, dont sont issues les techniques de communication utilisées aujourd'hui aussi bien dans le commerce qu'en politique et finalement dans chaque petit interstice de nos vies. Avec les réseaux sociaux, c'est ainsi chacun qui se vend en utilisant cette méthodologie.

En guise d'introduction, ce petit extrait de Black Mirror, saison 3 épisode 1 : « Smart-City Life » :

Aujourd'hui où, tous, nous utilisons les techniques publicitaires afin de rendre désirables nos événements voire nos positions politiques, il semble important de revenir sur l'origine des « relations publiques » : il s'agit bien d'un instrument du pouvoir pour écraser et enfoncer sous terre ceux qui s'y opposent.

Pour en parler, j'ai repris de larges extraits d'un mémoire de la mention Histoire & Civilisation de l'EHESS, de 2014, intitulé « Au tribunal de l'Opinion Publique », 1919-1929, débuts du premier cabinet de conseil en relations publiques, « Edward L. Bernays » : histoire et contre-histoire d'une technique d'influence.

En 1922, Ivy Lee – un des pères fondateurs des relations publiques – éditait un journal gratuit nommé « Public Relations », mettant en évidence que la publicité était de plus en plus nécéssaire vis-à-vis de cette nouvelle puissance du 20e siècle : l'opinion publique.
Or, Ivy Lee est d'abord connu pour avoir apporté son aide à Rockfeller à la suite du massacre de Ludlow, le 20 avril 1914.

Dans une mine de la Colorado Fuel & Iron Company, des mineurs avaient cessé le travail depuis septembre 1913. La compagnie ne cédait pas et faisait venir des travailleurs de lointaines régions, en assurant leur protection avec des milices privées. Aussi, l'Etat du Colorado décidé d'instaurer la loi martiale, et fit venir ses propres troupes, qui conjointement se mirent à effrayer et se montrer hostiles envers les grévistes. Ceux-ci décidèrent de s'armer et occupèrent des terres non exploitées appartenant à la mine, en s'y retranchant afin d'éviter d'autres menaces. Echec, puisque le 20 avril 1914, une fusillade se transforme en bataille rangée, 500 ouvriers affrontent 200 miliciens. La supériorité technique des miliciens fit tourner l'affrontement au massacre. Une quarantaine d'ouvriers périrent. […] Une commission est chargée d'enquêter et Lee intervient. Il s'agissait pour lui de diffuser le point de vue des Rockfeller contre celui des martyrs. Il créa donc un bulletin (« Faits concernant la grève pour la liberté d'industrie, dans le Colorado »), qui parut tous les sept jours de juin à septembre 2014 et envoyé à des « officiels publics, éditeurs, ministres, professeurs, importants professionnels et hommes d'affaires ». [1] Lee y propageait des faits distordus, racontant les soi-disant « immoralités » des ouvriers, publicisant leurs vies privées.

Par la suite, le cabinet d'Edward Bernays s'inscrira dans la même démarche. Faire accepter l'entrée en guerre des Etats-Unis pour la première guerre mondiale en employant les stars du cinéma de l'époque pour galvaniser les foules.

Ici, Charlie Chaplin.

« Depuis la fin du XIXe siècle, une succession de grèves, de manifestations et d'émeutes fait trembler tout le pays. (…) S'il a été possible de faire adhérer les américains à la guerre sans remettre en cause les pratiques démocratiques, il doit être possible de faire adhérer les classes ouvrières au modèle de société qu'ils ont toujours rejeté. » nous dit le commentaire de Propaganda. Et en effet, c'est aussi au maintien de l'ordre que vont servir les relations publiques.

Il existe une réelle différence entre publicité et relations publiques. La publicité essaye de capturer l'attention du public et de raconter ce qu'on aimerait faire connaître au public. Les relations publiques proposent un ajustement de ses clients avec le public. On écoute le public, analyse ses attitudes envers le client. On conseille le client sur comment et quand modifier son action afin que le public l'approuve. Et alors seulement, on donne l'information au public.

Doris E. Fleishman, 1962,
(du cabinet « Edward L. Bernays » et épouse de Bernays.)

Si Bernays peut considérer qu'il ne fait pas « mal » en manipulant les esprits pour ses campagnes pour les compagnies de tabac, par exemple, c'est parce qu'il vend ce qui était considéré comme « bien » par la société de son époque. Ainsi, les Relations Publiques vont s'appuyer sur cette nouvelle morale de la société, dans la mesure où leurs champs d'action sont les choses.

Emanuele Coccia, dans Le Bien dans les choses [2], affirme de la publicité contemporaine qu' « il s'agit d'une forme de pédagogie collective mais elle ne s'exerce pas seulement à trvaers la réflexion et l'introspection : elle devient tout de suite concrète dans une gymnastique, elle se réalise dans un monde peuplé d'objets et pas seulement d'états d'âme. Le façonnage social ne porte plus seulement sur les caractères et les capacités mais aussi et surtout sur des petits mondes portables. C'est peut-être ce réalisme extrême qui a fait de la publicité l'agence morale la plus diffusée et la plus écoutée dans le monde. » [3] La publicité, plus que simple idéologie et appareil économique, est une forme de la morale occidentale, elle dicte le Bien, le Juste, ce qui est bon et mauvais pour nous, ce que l'on doit désirer et ne pas désirer.
[…]
La marchandise étant une manifestation du bien, toute chose l'est également. La publicité, cette activité consistant à moraliser les choses, ou plutôt, à être le porte-parole du Bien dans ces Choses, se transforme donc en agence morale.
[…]
La publicité est donc une forme de discours moral qu'il ne faut pas voir comme « le Mal », bien au contraire. Elle est le rêve contemporain et collectif sur les choses. Les relations publiques s'emparèrent d'un tel rêve et l'affirmèrent altérable. Si Freud avait fait des rêves une clé de l'inconscient, les relations publiques firent de ce rêve collectif la clé de leur pratique. En se focalisant sur la manière dont sont perçus les objets, les relations qu'un certain « public » entretient avec ceux-ci et en proposant des « ajustements » [4], les relations publiques proposent une méthode de fabrication du Bien dans les Choses.

« Modifier son action afin que le public l'approuve. » signifie simplement modifier la perception même que « le public » se fait d'un objet. Trouver une vertu, Le Bien – la santé, le progrès, le changement, etc. – et le distiller dans toute la société par une série de canaux de communication sélectionnés à l'avance.

Contrairement au publicitaire, le conseiller en relations publiques est capable de produire le Bien dans les choses. Il s'occupe justement de cette relation aux marchandises et de la perfection du lien entre les hommes et les choses, c'est-à-dire sous le capitalisme, entre les hommes et les marchandises.

A l'heure où il nous a semblé judicieux voire nécessaire dans les enjeux politiques que nous portons d'utiliser les mêmes armes que le pouvoir en terme de communication – martelage de nos propos, relance systématique auprès de ceux qui sont dans nos réseaux, boostage d'événements facebook, objets publicitaires divers et variés – et donc d'installer NOTRE idée du Bien, il me paraissait essentiel de se remémorer l'origine de ce qu'on utilise maintenant systématiquement.

Point de berger et un seul troupeau. Chacun veut la même chose, tous sont égaux : quiconque est d'un autre sentiment va de son plein gré dans la maison des fous. Autrefois tout le monde était fou, disent les plus fins et ils clignent de l'œil. « On est prudent et on sait tout ce qui est arrivé, de sorte que l'on n'en finit pas de se moquer : On se dispute encore, mais on se réconcilie bientôt, de peur de se gâter l'estomac. On a son petit plaisir pour le jour et son petit plaisir pour la nuit, mais on révère la santé. »Nous avons inventé le bonheur" disent les derniers hommes, et ils clignent de l'œil.

Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche

Un apperçu est visible : ici.
Comment influencer les foules ? À travers la figure d'Edward Bernays (1891-1995), l'un des inventeurs du marketing et l'auteur de « Propaganda », un passionnant décryptage des méthodes de la « fabrique du consentement ».

Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s'engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l'auteur du livre de référence Propaganda et l'un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l'un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de « fabrique du consentement » des foules s'adressent aux désirs inconscients de celles-ci. Les industriels s'en emparent pour lutter contre les grèves avec l'objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur.


[1] Stuart Ewen, PR ! : a social history of spin, 1st ed., New York, Basic Books, 1996, 480 p., p. 78.

[2] Emanuele Coccia, Le Bien dans les choses, Paris, Rivages, 2013, 145 p.

[3] Emanuele Coccia, op.cit. p. 40.

[4] Doris Fleischman

Un détenu évadé et un homme en cavale se lancent dans une course-poursuite, près de Rouen

Deux hommes en cavale ont engagé une course-poursuite avec la police, lundi 21 janvier 2019, près de Rouen (Seine-Maritime).

Deux hommes en cavale ont engagé une course-poursuite avec la police, lundi 21 janvier 2019, près de Rouen (Seine-Maritime). (©Adobe Stock/Illustration)

Le conducteur a pris de nombreux risques pour fuir la police, dans l’agglo de Rouen (Seine-Maritime), lundi 21 janvier 2019. Et pour cause, lui était évadé de prison et son passager en cavale.

Ils jettent des objets sur la route

Selon une source judiciaire, la course-poursuite a débuté vers 23h30, lorsqu’un équipage de police a repéré une 206 circulant à vive allure, rue de l’Abbaye à Notre-Dame-de-Bondeville. Les policiers ont allumé gyrophare et sirène pour contrôler le véhicule qui a pris aussitôt la fuite.

Une poursuite s’est alors engagée. Dans sa fuite, le chauffard a multiplié les infractions, grillant des feux et stop, effectuant des demi-tours et virages dangereux, roulant à contresens. À plusieurs reprises, le passager a jeté divers objets, dont des bouteilles de bière pleines sur la route pour tenter de ralentir les policiers.

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Ils fuient à travers champ

La poursuite a continué jusqu’au chemin des Bouillons, à Mont-Saint-Aignan. Le conducteur a alors envoyé sa voiture en bordure d’un champ, en voulant effectuer un virage. Les policiers ont alors quitté leur véhicule pour aller à la rencontre du fuyard, qui a redémarré la 206 pour fuir à travers champ.

Roulant à la faible allure, le véhicule a été suivi par les policiers qui couraient derrière. Arrivés au bout du champ, le conducteur et son passager ont quitté leur voiture pour prendre la fuite à pied. 

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Un évadé et un recherché

Les deux individus ont finalement été interpellés. Le conducteur, âgé de 33 ans, roulait sans permis. Mais, plus important, il était recherché depuis son évasion le 15 novembre 2018 de la prison de Saint-Aubin-Routot, près du Havre. Son passager était également recherché pour purger des peines de prison. Ils ont tout deux été placés en garde à vue.

Aya Nakamura ajoute des dates à Rouen et à Caen à sa tournée française : les réservations sont ouvertes

Aya Nakamura sera en séance de dédicaces chez Auchan Englos, près de Lille (Nord), ce samedi 3 novembre 2018.

Aya Nakamura se produira en concert au Zénith de Rouen le 28 novembre 2019. (©Facebook/Aya Nakamura)

« Y a pas moyen Djadja », pas moyen que les fans manquent ces rendez-vous qu’Aya Nakamura donne à ses fans rouennais et caennais, le 28 novembre et le 17 décembre 2019.

LIRE AUSSI : Aya Nakamura annonce un concert au Havre : déjà l’euphorie chez les fans

À Rouen puis Caen

Dans un tweet, la chanteuse a annoncé qu’elle viendrait en effet à Rouen (Seine-Maritime) le 28 novembre, puis à Caen (Calvados) le 17 décembre (au Zénith à chaque fois), à l’occasion de dates supplémentaires dans sa tournée qui avait déjà prévu faire escale en Normandie, au Tétris du Havre (Seine-Maritime) le 4 mai 2019.

La jeune artiste n’en est pas à sa première scène en Seine-Maritime, puisque depuis 2015 elle a déjà donné plusieurs concerts dans des discothèques du Havre et de Rouen.

Pour les dates rouennaise et caennaise de la tournée 2019 de la star, les préventes sont ouvertes. Ne tardez pas à prendre vos billets, il y a fort à parier que beaucoup vont vouloir chanter Djadja à l’unisson avec Aya Nakamura.

ROUEN – Récit, photos et vidéo de l’Acte X des Gilets Jaunes

Récit, photos et vidéos de l’acte X à Rouen.

Deux canons à eau

Pour le cinquième samedi consécutif, les gilets jaunes du 76 et 27 décident manifester à Rouen. C’est le dixième acte de la mobilisation et l’affluence ne faiblit pas dans les rues de la ville. C’est à la Cathédrale que le rendez-vous est donné et les chants résonnent toute la matinée. L’information circule : ce sont deux canons à eau de la CRS qui nous attendent aujourd’hui. C’est la première fois qu’ils sont déployés à Rouen dans le cadre du mouvement gilet jaune. La dernière fois remonte au mouvement de colère qui avait suivi l’affaire Théo (jeune homme violé par quatre policiers à Aulnay-sous-bois en 2017). De nombreux jeunes de la rive gauche de Rouen avaient alors exprimé leur soutien à la victime et des affrontements avec les forces de l’ordre s’étaient répétés plusieurs jours durant.

La commissariat, le palais de justice et le bureau du procureur de la République visés

Mais en cette matinée du samedi 19 janvier, la situation est calme. Le dispositif policier est passif et les gilets jaunes arpentent les rues de la ville. L’ambiance est au rendez-vous : inscriptions sur les murs, chants, pétards et fumigènes. Après le commissariat de la place Beauvoisine, le palais de justice et le bureau du procureur sont pris pour cible. Des bouteilles pleines de peinture éclatent sur les vitres, et le portail principal du palais est forcée sous les cris de « Amnistie pour tous les gilets jaunes ».

 

Durant la pause midi-casse-croûte, d’immenses banderoles sont hissées au sommet des échafaudages de l’Hôtel de ville. L’action est abondamment applaudie et impulse la deuxième mi-temps de la partie. Le cortège est énergique et la détermination palpable. La tension monte rapidement, notamment aux abords de la gare. C’est à ce moment que les forces de l’ordre font le premier sang : un gazage en règle sur la foule.

Une BAC remontée à bloc

La BAC intervient immédiatement, tout droit sortie de la rue du Donjon. À la différence des autres semaines, ils foncent sur la foule et s’en prennent au manifestant au corps-à-corps. Un coup de flashball part, et touche le dos d’un gilet jaune, à 5 mètres. La controverse actuelle sur cette arme ne semble pas suffire pour calmer son usage. La police continue de tirer, à bout portant, sur des personnes en train de fuir.

Le cortège reflue rue Jeanne d’Arc. Les lignes de CRS sont beaucoup plus oppressantes que les semaines passées et progressent vite. La BAC, remontée à bloc, parvient à prendre les devants et couper le cortège au niveau de l’espace du palais. La tête de cortège, relativement clairsemée, se retrouve prise en étau, au niveau de la Poste rue Jeanne d’Arc.

Une banderole saisie et une dizaine d’interpellations

Les bacqueux chargent et ne semblent poursuivre qu’un seul objectif : la banderole « Nous vivons pour marcher sur la tête des rois » qui leur a tenu tête trois manifestations durant. Ils parviennent à la saisir sur un « Choppez là ! ». Les gilets jaunes tentent d’échapper à l’étau policier comme ils peuvent, certains y parviennent par chance, en slalomant ou en se réfugiant dans la librairie l’Armitière. D’autres sont pris. On déplore une dizaine d’interpellations.

La manifestation, éclatée en différents cortèges disséminés partout en ville continuera à balader les forces de l’ordre pendant toute l’après-midi. Plusieurs centaines de gilets jaunes réussiront à se réagréger place de la cathédrale. Un grand feu de joie (de poubelles) est lancée. Les forces de l’ordre interviennent violemment, relançant la chasse aux derniers manifestants jusqu’en début de soirée. Barricades enflammées, quelques affrontements et de nouvelles interpellations seront les derniers éléments notables de cette journée.

Acte XI, Évreux ?

Si la mobilisation n’a pas faibli sur cet acte X à Rouen, les gilets jaunes semblent buter contre les limites des manifestations rouennaises. Le terrain est bien rôdé, côté manifestants autant que forces de l’ordre, ne laissant que peu de place à l’inattendu. L’absence de cibles et d’objectifs clairs fait défaut à la situation. La hantise de la blessure est dans toutes les têtes et entame le courage gilet-jaunesque malgré les équipements de défense largement utilisés.

La semaine prochaine, pour l’acte XI, de nombreux gilets jaunes de la région appellent à converger sur Évreux. Les arrêtés préfectoraux qui s’étaient abattues sur le département de l’Eure, interdisant les regroupements de gilets jaunes, ont été renouvelés par le préfet pour outrepasser la courte victoire judiciaire qui avait permis de les faire suspendre. Face à cette aberration les gilets jaunes du 27 sont remontés et comptent marquer le coup sur cette ville qui abrite la préfecture. L’envie de changer d’air se fait sentir pour les normands, et cet appel constitue une belle opportunité d’y remédier! Mais pas d’inquiétude, certains acharnés des manifs rouennaises battront tout de même le pavé dans la capitale normande samedi prochain.

Vidéo :

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Discussion sur la révolution ukrainienne

Le mouvement populaire qui a soulevé l'Ukraine durant l'hiver 2013-2014, dit « Révolution de Maïdan », est un événement peu connu de l'histoire révolutionnaire récente. Souvent caricaturé comme un conflit entre pro-européens et pro-russes, puis considérée comme simplement fasciste, la révolte ukrainienne reste aujourd'hui mal comprise de ce côté-ci de l'Europe. Pourtant, de nombreuses similitudes la rapproche du mouvement qui bouleverse aujourd'hui la France : la révolte des Gilets Jaunes.

C'est dans ce contexte que nous invitons deux personnes ayant participées au mouvement ukrainien sur la place Maïdan, à Kiev. L'un est ukrainien et l'autre est française. Elle traduira la discussion.

C'est une très bonne occasion de se retrouver et de pouvoir échanger autour d'un événement révolutionnaire passé, et de prendre un peu de recul sur le mouvement des Gilets Jaunes.

Si vous le pouvez, avant de venir, regarder le magnifique reportage sur le sujet : Winter on Fire (disponible sur Netflix) (http ://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=239862.html)

Venez dès 18h. Ramenez de quoi grignoter.

lundi 21 janvier 18h à la conjuration des fourneaux 149 rue saint Hilaire Rouen.

Les Déjeuners de Normandie Axe-Seine – 29 janvier 2019

190129 Gwenahel THIREL

Dans le cadre de sa réflexion sur la construction de notre région, l'association Normandie Axe-Seine organise régulièrement des déjeuners-débats autour d'un invité qui vient nous livrer son expertise.

Le mardi 29 janvier, nous avons le plaisir de recevoir Gwenahel THIREL, avocat au barreau de Rouen, ancien président du club des entreprises de la Vatine et essayiste Normand, auteur de L’identité normande au XXIe siècle aux éditions Amalthée. Il viendra nous présenter son prochain livre en avant-première* et nous parler de l’esprit de conquête des Normands, une caractéristique sans doute historique mais qui continue d'inspirer au quotidien beaucoup d'entre nous :

« Normandy Viking Spirit »

Un compte-rendu sera publié à l'issue de notre rencontre pour vous informer des échanges, questions et conclusions entre les convives et notre invitée d'honneur.

SVKSteeve Kowalski
Président de Normandie Axe-Seine

Nous contacter                                       Bulletin d'adhésion

 *Normandy Viking Spirit - à paraître le 31 janvier 2019
   Editions Amalthée - 176 p - ISBN 9782310040266
   Retrouvez toute l'actualité de Normandy Viking Spirit sur Facebook

Historique des armes dites « non-létales »

Une enquête — historique, technique et géographique — sur les armes à létalité réduite, c'est-à-dire toutes les armes de la police censées ne pas tuer. A lire en trois parties, par le site Reims Médias Libres. Ces extraits ont été originellement publiés en 2015, depuis l'arsenal s'est développé, mais cet article conserve toute sa pertinence.

Depuis les évènements du 7, 8 et 9 janvier 2015, le ministère de l'Intérieur a demandé aux maires de consulter leur police municipale sur l'opportunité d'armer ces agents. Dans la région, Châlons-en-Champagne a décidé de franchir le pas et Reims a lancé une réflexion sur ce sujet. Si armement il y aura, il sera question d'armes à létalité réduite, renommée "non-létale" par les médias. Il apparaît donc important de se pencher un peu sur ces joujoux dont vont probablement disposer de plus en plus de policiers municipaux.
Dans une série de trois articles, seront étudiés l'utilisation effective en France de ces armes, ensuite ce qu'il se fait dans les autres pays et le commerce de ces armes. Mais d'abord, commençons cette série par un petit historique.
Irlande du Nord : Laboratoire de la première génération

Historiquement, donc, si la présence d'arme non-létale est à constater un peu partout, et surtout dans les colonies dès le début du siècle dernier, les premiers à utiliser de manière répétée et réfléchie ces armes vont être les britanniques. L'Irlande du Nord est considérée comme le laboratoire des armes non-létale sur les populations locales de la Métropole. Leur utilisation va intervenir dans deux circonstances, sommes toutes très différentes : l'interrogation des prisonniers de l'IRA et la gestion des émeutes. La première de ces utilisations sera qualifiée de "traitements inhumains et dégradants" par la Cour Européenne des Droits de l'Homme dès 1976. En revanche, la seconde utilisation, celle durant les manifs, va poser beaucoup moins de problèmes éthiques.
Les britanniques testent. La Squawk Box fait partie de leur arsenal non-létale. Il s'agit d'une boite qui émet deux hyperfréquences différentes [par exemple 16 000 Hz et 16 002 Hz], qui une fois mixées par l'oreille deviennent insupportables, et causent des étourdissements, des nausées et des évanouissements.
Les armes non-létales deviennent très rapidement létales, Il s'agit des prémices de ces armes et les tests grandeur nature à Belfast font plusieurs morts.
En 1970, apparaissent des balles en caoutchouc, puis en plastiques, qui tueront 17 personnes, connues. Entre 1973 et 1998, la BBC estiment que les forces britanniques ont tirés 125 000 balles en plastique sur le sol irlandais.
Le Royaume-Uni n'obtient pas du tout l'effet escompté, l'utilisation de ces armes va intensifier le conflit.
Le parlement britannique interdit l'utilisation des armes à létalité réduite partout en Grande-Bretagne, sauf en Irlande du Nord...
En 1995, les nord irlandais perdent leur privilège d'unique victime des armes non létales au Royaume-Uni. Le quartier de Brixton, dont la très grande majorité de la population est noire, s'embrasse suite à la mort de Wayne Douglas en garde à vue. La police utilise des armes non létales face aux habitants de Brixton.
Le Non-Fatal Offences Against the Person Act de 1997 qui interdit l'utilisation "de la chaleur, de la lumière, de l'électricité, du bruit, ou toute forme d'énergie" contre les personnes va rendre illégal un bon nombre de ses armes, bien que leur utilisation continue...
Ces armes à létalité réduite se voient donc utiliser contre des populations sur lesquels la police possède une très grande marge de manœuvre puis peu à peu cette utilisation s'étend à un pan plus large de la société. Ainsi, en 2011, lorsque Tottenham, loin d'être un ghetto uniquement constitué de noirs, s'émeute suite à la mort d'un homme de 29 ans, tué par un policier, la Metropolitan Police annonce son intention de se servir de balles en caoutchouc, celles testées pendant des années en Irlande du Nord. Tout le Royaume-Uni devient donc un terrain d'application d'un savoir faire acquis contre une minorité.
Un développement international grâce aux États-Unis

Pendant plusieurs années, la Grande-Bretagne en Irlande et Israël en Palestine vont être les seuls à avoir une utilisation industrielle du non-létale. De nombreux pays s'en servent bien sûr mais cela reste ponctuel, et surtout plutôt secret. Peu se vantent de l'utilisation de ces armes.
Il va falloir attendre 1991 et le lancement par Dick Cheney, secrétaire d'État à la défense, d'un groupe de travail autour des armes non-létales pour que celles-ci gagnent leur respectabilité.
En 1992, les casques bleus de l'ONU utiliseront ce type d'arme en Somalie, notamment canons à eau et gaz lacrymogènes. En 1996, l'OTAN organise un séminaire autour de leur utilisation, 12 pays membres y participent (Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, États-Unis, France, Grèce, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Turquie), en revanche, il n'y a pas de trace significative de leur conclusion. La même année, la réflexion lançait aux États-Unis aboutissait à la Directive 3000.3, document considéré comme fondateur de la théorie de la non-létalité qui concluait :
« Les armes non létales sont des armes discriminantes qui sont explicitement mises au point et principalement utilisées pour frapper d'incapacité le personnel et le matériel, avec un minimum de risque mortel, de lésions permanentes au personnel et de dommages indésirables aux biens et à l'environnement ».

La Somalie devient un laboratoire pour les États-Unis. Ils y testent de nombreux gadgets, dont le sticky foam, sorte de mousse gluante et acide qui empêcherait les mouvements de la personne qui la reçoit.
Les tests de certaines de ces armes vont s'avérer concluants, d'autres non, pas de nouvelle par exemple du sticky foam... Elles vont donc être testées aux États-Unis.
D''abord dans les quartiers noirs où tout le monde se souvient des émeutes de 1992 à Los Angeles, dans le quartier de Watts, après la mort de Rodney King. Puis peu à peu à chaque fois où il y a une foule à gérer. Le sommet du G8 de Seattle va servir de terrain d'entraînement grandeur nature pour tout un tas de lacrymogènes, projectiles, etc. Dernièrement, la gestion policière du mouvement Occupy Wall Stree témoigne de la généralisation des gaz et projectiles non létaux.
Les États-Unis servant de modèle vont inspirer les français et d'autres pays occidentaux, qui par le biais de revente de leur savoir-faire vont peu à peu développer ces armes à létalité réduite partout dans le monde.

En France, un outil contre les quartiers

La France utilise très vite les gaz lacrymo et les bâtons de défense dans la gestion de foule lors de la période de l'après-guerre. En mai 68, les CRS ont déjà dans leur arsenal les matraques et les gaz. Les meurtres policiers de 1961 ont tout de même marqué une bonne partie de la population et il s'agit ici de manifestations d'étudiants pour la plupart, il n'est pas question d'en tuer à la pelle. Les armes non-létales trouvent donc leur utilité dans cette volonté, ou plutôt impossibilité politique, de ne pas toujours tuer.
Les lacrymos et les canons à eau, même si ces derniers sont peu utilisés en France il est vrai, vont devenir une image d'Épinal des manifs, à tel point que plus personne ne sera choquée par leur usage. En revanche, dans les quartiers se développe une toute autre vision. Avec l'arrivée de Mitterrand, la gauche souhaite éviter de trop tuer, la violence des derniers ministres de l'intérieur (dont les deux tarés Marcellin et Poniatowski) a un tant soit peu écorné l'image de la police dans les couches populaires. C'est donc en 1982 qu'arrivent les célèbres GOMM-COGN de l'entreprise ManuFrance tirées par des fusils à pompe. Les policiers vont très vite les adopter et leur présence va se généraliser dans les rangs des forces de l'ordre au cours des années 1980, notamment dans les quartiers.
En 1992, les premiers Flash-Balls font leur apparition suite à des émeutes ayant mis en grande difficulté la police. "Ils sont destinés à être utilisés uniquement dans les cas de légitime défense pour arrêter un individu menaçant les policiers d'un pistolet à grenaille ou d'une arme blanche" selon Pierre Richert, leur concepteur. En 1994, la création de la BAC de nuit puis leur généralisation en 1996 va permettre aux armes non létales, notamment Flash-ball, de connaitre une utilisation quotidienne dans les banlieues grâce à leur côté ludique, les flics les considèrent comme des jouets, dont ils peuvent se servir quand ils veulent contrairement aux armes à feu. En 1999, le Flash-Ball superpro arrive dans les mains des policiers, fabriqué par Verney-Carron, il dispose d'un double canon de 44 mm et crée une détonation équivalente à un calibre 12. Après les émeutes de 2005, des Flash-Ball encore plus puissant remplacent les anciens, ces armes additionnées à l'esprit de vengeance des policiers tendront vers une utilisation plus nombreuse et plus violente.
Dans le même temps, en 2004 le Taser X6 arme la police française pour la première fois. Il envoie deux dards délivrant une décharge comprise entre 20 000 et 50 000 volts avec un ampérage de 0.0036 amp. D'abord conçu pour la police nationale, son usage est élargi à la municipale en 2008, ce que le conseil d'État annulera en 2009 dans un premier temps avant qu'un autre décret n'autorise définitivement le Taser pour les policiers municipaux.

Partout, le même schéma

Dans ce petit historique, nous avons pu voir que l'utilisation de ces armes dites "non-létales" était dans un premier réservé aux populations de seconde zone à l'intérieur des métropoles, les irlandais du nord pour le Royaume-Unis, les habitants de banlieues en France. Puis sous l'impulsion des États-Unis, la plupart des pays ont élargi leur utilisation à toutes les personnes confrontées à la police. Elles sont devenues un outil primordial dans la gestion de foule et il est actuellement impossible de participer à une manifestation sans être face à une police possédant plusieurs de ces armes (matraques, lacrymo, Flash-ball, Taser), dans les quartiers elles font partie du quotidien de nombreuses personnes.
Dans un second chapitre, nous reviendrons plus en détail sur les caractéristiques de ces différentes armes, on étudiera un peu aussi les dorénavant célèbres grenades de désencerclement et on tentera de faire un bilan, malheureusement non-exhaustive, des victimes de ces armes.

P.-S.Une série de quatre articles sur l'utilisation du son comme arme sur le site Article 11

Le Havre : Solidaires au soutien des gilets jaunes

Les syndicats Solidaires ont voté au niveau national leur soutien aux gilets jaunes. Pour la base du Havre présente depuis le début du mouvement, c’est l’occasion de donner sa vision du conflit social, des manifestations et des violences policières. A lire: [LIVE] L’acte 10 des gilets jaunes au Havre

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Bus LiA : la ligne 2 se fait belle pour le printemps

Plus de confort et de régularité : voilà la promesse de la nouvelle ligne de bus 2, labellisée « ChronoLiA », pour le printemps 2019. Afin d’améliorer la qualité du service sur la ligne qui relie Le Havre et Harfleur, Le Havre Seine Métropole engage des travaux de modernisation sur le parcours.

[radio]#Épisode 12 Domestiquer Les Contestations

Le gouvernement vient d'avancer la possibilité de la création de 6 nouveaux réacteurs nucléaires alors même que la nouvelle loi sur la transition énergétique ne semble pas être une priorité pour l'Etat.

Un nouvel EPR est en construction depuis 2007 à 3H30 de la ville de Rouen : Flamanville. Avec de très nombreux déboires, liés à des pièces défectueuses mais aussi au coût qui avait été sous-estimé. Par ailleurs, le projet très contesté d'enfouissement sur le site de Bure est toujours d'actualité et ce, malgré une très grande opposition ; en plus d'un parc nucléaire obsolète, des milliers de tonnes de matières radioactives circulent partout en France dans des convois ferroviaires. Le nucléaire est présent partout, et parce que le nucléaire ne doit jamais être une histoire de spécialistes, nous vous proposons une série de documentaires radio réalisés par le collectif « La fabrique de l'oubli ».

Épisode 12 : Domestiquer la contestation
1. « Avec la société nucléaire, l'utopie perd tout sens... »
Société nucléaire, Roger Belbéoch, Encyclopédie philosophique universelle,
2. Domestiquer les écolos chevelus
Ce titre est emprunté à un chapitre de Sezin Topçu, La France nucléaire.
L'art de gouverner une technologie contestée, Éditions du Seuil, 2013. Le texte qui court tout le long de cet épisode est largement inspiré de ce
chapitre.
3. Visite du Général de Gaulle au centre nucléaire de Marcoule
Les Actualités françaises, 6 août 1958, archives INA.
4. Entretien du Premier Ministre Pierre Messmer avec Jean-Marie
Cavada
Office national de radiodiffusion télévision française, 6 mars 1974, archives INA.
5. Manifestation nucléaire à Fessenheim
Alsace soir, 26 mai 1975, Archives INA.
6. Extrait de Plogoff, des pierres contre des fusils, Nicole Le Garrec,
1980.
7. Extrait de Plogoff, des pierres contre des fusils, Nicole Le Garrec,
1980.
8. Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
JT Reims, 9 avril 1975, Archives INA.
9. Manifestation de Creys-Malville
JT FR3, 1er aôut 1977, Archives INA.
10. Incidents entre policiers et écologistes lors de l'arrivée du Pacific
Crane ce matin à Cherbourg
Normandie Soir, 4 août 1981, Archives INA.

Le projet de Nucléaire, la fabrique de l'oubli est né après la lecture de Oublier Fukushima, d'Arkadi Filine, et de La supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse, de Svetlana Alexievitch.
À la lecture de ces livres, le sentiment que 25 ans après « quelque chose » se rejouait prenait à la gorge. Après le 11 mars 2011, nous étions gavés d'une bouillie d'informations sur la situation à Fukushima. Et puis très vite, comme toujours, au milieu du flot continu des nouvelles, le drame japonais est devenu obsolète. La catastrophe de Fukushima est toujours en cours, celle de Tchernobyl aussi.
Au travers d'autres lectures, il est très vite apparu que le désastre du nucléaire n'était pas que celui des catastrophes, mais bien celui de la routine de la société nucléaire et de la façon dont nous nous en accommodions.

Est donc née l'envie de partager ces textes et d'y réfléchir collectivement. Un petit groupe s'est créé avec le projet de concevoir un document radiophonique. Au bout de deux ans de travail, nous présentons Nucléaire, la fabrique de l'oubli. Deux ans pour lire, écrire, discuter, enregistrer, monter ce document. Nous ne faisons partie d'aucune organisation, nous ne sommes pas spécialistes du nucléaire et nous ne sommes pas non plus spécialistes des techniques sonores. Nous avons appris en faisant à plusieurs.

Nucléaire, la fabrique de l'oubli est un assemblage d'extraits d'analyses, de témoignages, de textes littéraires, d'archives sonores. En une quinzaine d'épisodes de quarante minutes, nous avons essayé de dérouler un fil, d'apercevoir cette société nucléaire qui par son omniprésence se fait oublier.

Communauté urbaine : Lemonnier s’offre (encore) des voeux

Officiellement élu mardi 15 janvier, le conseil communautaire de Le Havre Seine Métropole présente ses voeux 2019 ! L’occasion d’en savoir un peu plus sur les modalités de cette communauté urbaine ? Réponse jeudi 17 janvier dès 18h ! A lire: [LIVE] Le premier conseil communautaire de Le Havre Seine Métropole

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Communiqué des prisonniers du centre de rétention de Oissel en lutte !

La lutte dans les centres de rétention continue... et s'amplifie ! Aujourd'hui 11 janvier c'est au tour du centre de rétention de Oissel de partir en grève de la faim. Les keufs ont bien compris le danger d'une grève de la faim qui s'étend de CRA en CRA. Alors aujourd'hui celui qu'ils considéraient être un leader a été plusieurs fois convoqué par le chef du CRA pour lui mettre des coups de pression : interdiction de visites si les gars ne se remettent pas à manger, transfert punitif à Marseille loin de sa famille... Deux autres retenus ont été placés à l'isolement au CRA après avoir refusé le repas. Pour le moment on n'a pas de nouvelles d'eux.

Aujourd'hui un des prisonniers de Oissel a aussi raconté une violence qu'on passe souvent sous silence : les agressions sexuelles des policiers. Dans le communiqué de Mesnil aussi, les prisonniers témoignent pour une victime d'un viol policier qui depuis s'est fait déporter.
La parole des copains est écoutable pendant presqu'une heure dans cette émission.

Communiqué des prisonniers en lutte de Oissel (Rouen) !

Nous relayons ici le communiqué des copains :

Aujourd'hui 11 janvier, nous rejoignons nous aussi la lutte dans les centres de rétention contre les conditions d'enfermement et les violences policières quotidiennes. Nous sommes déjà presque 40 en grève de la faim.
Sur les conditions d'enfermement ici y a beaucoup à dire.
Déjà la bouffe n'est pas bonne, rien n'est propre. Quand on mange, les policiers ils nous regardent et utilisent leurs smartphones. On a l'impression qu'ils nous snap, ce qui est sûr c'est qu'ils se moquent de nous.
Hier à un vieux gars d'ici qui mangeait lentement, les policiers lui ont mis la pression pour qu'il finisse plus vite : « Hé India ! Hé India ! Dégage ! Il te reste plus qu'une minute ! »
Ici on nous respecte pas.
Pour boire de l'eau c'est aux toilettes. Si tu tombes malade, c'est qui qui te soigne ? Pas la police en tout cas !
On nous traite comme des animaux, et pendant les visites la porte continue d'être ouverte et les policiers continuent de nous écouter. Ils continuent de nous empêcher tout contact avec nos proches, même de faire la bise à ta femme.
Ici il y a eu des histoires de viols pendant la fouille.
On a décidé de pas tout casser. Parce qu'on veut pas se faire accuser « d'ancien taulard vener », pourtant y a de quoi ici.
Ici tu peux même pas cantiner et la bouffe est vraiment dégueulasse.
Ici il y a plein de profils différents : travailleurs, ceux avec un titre de séjour d'un autre pays [européen] mais que l'État veut quand même déporter au pays. Puis y a plein de nationalité enfermées !
Chez les femmes aussi, là-bas c'est la galère.
Même quand t'as ton passeport et que tu veux rentrer… Bah il se passe rien et on te laisse à galérer. Nous ici on comprend rien.
Hier on a parlé avec Mesnil Amelot. Là-bas aussi c'est le système du bon et mauvais flic. Nous aussi on va lutter avec eux !
Ici, à Oissel, on nous a déjà gazé dans le bâtiment. Hier ils ont voulu prendre des contacts dans des smartphones en fouille... pour voir de quel pays on pouvait venir. C'est totalement illégal !
Ici il y a beaucoup de gens, ils se coupent les veines, on doit appeler nous-mêmes l'ambulance. Et quand elle arrive, la police, la seule chose qu'elle veut savoir c'est qui a appelé. Et les flics nous engueulent.
Y a un gars ici, il a des problèmes aux reins et il pisse du sang. Elle a fait quoi la police ? Elle lui a donné un doliprane. De toute façon à l'infirmerie c'est soit doliprane soit drogue.
Pour la justice... Même quand y a des vices de procédure on nous libère pas. On nous donne des numéros pour connaître nos droits. Personne n'a jamais répondu.
Après le premier communiqué, on avait vu le chef du centre. On avait décidé d'être gentils mais ça sert à rien.
Ce qu'on vit c'est le néo-colonialisme. La France a colonisé nos pays avant et maintenant ça...
Nous on a toutes nos attaches ici : parents, copines, poto, famille.
On nous dit que si on nous libère on va s'enfuir. Mais on va s'enfuir où ? Y en a ici ils sont venus pour demander la protection à l'État français... Et là c'est la protection qui t'enferme !
Y en a marre de tout ça !
Nous les enfermés on voit plus nos proches, les allers retours CRA-Prison-CRA empirent encore tout ça.
On va pas passer notre vie à être enfermés !
On appelle les autres centres de rétention à rentrer en grève de la faim avec nous et ceux de Vincennes et Mesnil en banlieue parisienne !

Les retenus du CRA de Oissel le 11/01/2019

Pour rappel il y a quelques semaines un communiqué était déjà sorti de ce même centre de rétention (disponible ici). Les prisonniers avaient des revendications très claires que nous recopions ici :

Nous revendiquons :

  • La fermeture de ce centre de rétention qui n'est plus en état d'accueillir des humains dignement.
  • Le changement de l'équipe de policiers de jours, présente depuis trop longtemps et qui se comporte comme une mafia.
  • La fin des violences policières au centre de rétention et pendant les déportations.
  • La fin des condamnations inutiles à de la prison, comme quand on est condamné pour avoir refusé d'aller voir le consul.
  • Un véritable accès aux soins.
  • Respect de l'intimité des parloirs, et des parloirs qui durent plus longtemps pour respecter le besoin de voir ses proches.
  • Un accès permanent à la cour.
  • La fin de l'isolement, qui est un moyen de pression à l'intérieur. C'est un endroit où on nous torture moralement et physiquement.
  • La fin des actes racistes de l'administration ou de la police.

Des retenus du centre d'Oissel, le 27/12/2018

Pour nous contacter pour s'organiser et diffuser les infos : anticra@riseup.net

Communauté urbaine du Havre : qui gagne ? qui perd ?

Le conseil communautaire de Le Havre Seine Métropole a rendu son verdict mardi 15 janvier. En effet, les 129 nouveaux conseillers ont élu leurs président, vice-présidents et membres du bureau communautaire. Un partage équitable ? A lire: [LIVE] Le conseil de la CODAH du 19 février 2018

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L’acte X à Rouen : tout ce qu’il faut savoir et bien plus…

Le Grand débat national a commencé hier à Bourgtheroulde, dans une ambiance de complaisance génerale avec le président et toujours sans notre parole. On ne pouvait d'ailleurs même pas s'approcher de cette ville de 3000 habitants, protégée par 2500 gendarmes. Là-bas, le port du Gilet Jaune était hier puni de 135 euros d'amende. Bref, des conditions idéales pour ouvrir le débat.

Ce débat a donc bien pour but de canaliser le mouvement de colère dans une forme d'inertie où l'Etat décide de toutes les règles. C'est ce qui est contenu dans l'idée d'un débat purement "consultatif".

Il faut faire la démonstration collective dans la rue que nous ne nous laissons pas avoir par cette tentative grossière de fabrication d'un consentement, alors même que le mouvement ne souhaite que le départ de ceux qui prétendent parler à notre place.
Nous voulons pouvoir exprimer par nous-mêmes ce que nous voulons et non être réduits à remplir des cahiers de doléance. Nous ne sommes pas des gueux, ils ne sont pas nos rois.

Rendez-vous donc à Rouen ce samedi 19 à 10h. Le lieu de regroupement sera donné le matin même sur cette page.
Le midi, un pic-nic aura lieu sur la place de l'hôtel de ville, donc apportez de quoi manger et boire, mais surtout pas de couteau (sinon vous pouvez vous faire embarquer par les flics pour port d'arme.)
Un deuxième départ se fera à 14h à partir de l'hôtel de ville

Apportez vos gilets et de quoi faire du bruit.

Rappel de quelques conseils :

La stratégie est la même, éviter les quais rive gauche où la police cherche chaque fois à nous envoyer. Rester dans l'hyper-centre : nous sommes plus visibles et bien plus gênants.
Attention aux unités de la Bac, et surtout aux camionettes banalisées de la B.R.I d'où peuvent sortir des agents aux mauvaises intentions.

Voilà une carte des lieux de pouvoirs rouennais pour nous donner des idées.

Quelques conseils pour bien se préparer :

  • Manuel de survie en garde à vue : Ce petit guide a pour objectif de donner corps à une généralisation du silence, à l'extension la plus universelle possible du sabotage du travail policier.
  • En cas de garde vue n'oubliez surtout pas que vous n'avez en aucun cas besoin de donner votre code pin en garde vue voici quelques explications ici.
  • Si vous voulez vous organiser en une medic team voici une brochure très utile : « Les gestes à adopter en manif », recensant l'ensemble de l'armement utilisé par la police en contexte de manifestations, et indiquant les réactions adaptées à chaque type de blessure.
  • En cas d'arrestation ou si vous avez besoin du numéro d'un avocat avant la manifestation, contactez le 07 68 84 84 92 ou via le FB : Legal Team Rouen.
  • Filmer la police c'est se protéger, protéger les autres et se défendre. alors voici un guide

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