Catégorie : Citoyen

À tire d’aile, festival des oiseaux migrateurs

À tire d’aile, festival des oiseaux migrateurs(© Guillaume Hédouin)

Embarquez pour un voyage au cœur de l’une des plus grandes zones humides de France ! Du 14 au 16 février 2025, le festival « À tire d’aile » célèbre la majestueuse migration des oiseaux au parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. Un rendez-vous incontournable pour découvrir une biodiversité exceptionnelle et s’émerveiller devant la nature en mouvement.

Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, situé dans la Manche et le Calvados, est riche d’une des plus grandes zones humides herbagères françaises. Les 30 000 hectares qui la composent abritent une biodiversité exceptionnelle, notamment ornithologique. Classé site RAMSAR, ce territoire joue un rôle essentiel dans la migration des oiseaux. Son écosystème fragile bénéficie de nombreuses actions de préservation et de valorisation des ressources locales.

Du 14 au 16 février 2025, Carentan-les-Marais et le territoire du parc naturel régional accueilleront le festival « À tire d’aile », un événement festif et éducatif qui célèbre la migration des oiseaux. Le festival proposera des animations variées et gratuites pour tous : sorties ornithologiques, conférences, projection de films documentaires, expositions photographiques ainsi que des spectacles vivants. Les visiteurs pourront observer des espèces emblématiques telles que la bécassine des marais, le vanneau huppé, la sarcelle d’hiver, ou encore la cigogne blanche. Ce festival offre une occasion unique de découvrir ces oiseaux migrateurs dans leur habitat naturel, tout en sensibilisant à leur préservation.

À tire d’aile, festival des oiseaux migrateurs se présente comme un événement à ne pas manquer, une immersion dans la nature, qui réunit passionnés d’ornithologie, familles et curieux, tout en mettant en valeur l’importance écologique du parc.

 

Les oiseaux migrateurs des Marais du Cotentin et du Bessin

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
3,village Ponts d’Ouve
Saint-Côme-du-Mont
50500 CARENTAN-LES-MARAIS
Tél. : 02 33 71 65 30
www.parc-cotentin-bessin.fr

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°132par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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L’homme, acteur des marais du Cotentin et du Bessin

La maison éclusière des Ormes à l’entrée du canal Vire-Taute, lors des crues hivernales à Montmartin-en-Graignes. Le canal, creusé au XIXe siècle, permettra d’acheminer les marchandises entre Saint-Lô et Carentan, mais aussi de drainer les eaux des marais de la Taute. (© Patrice Lecarpentier, PnrMCB)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Damien Bouet.
 
 
Nicolas Onfroy et son cheptel de limousines exploitent le Domaine d’Utah Beach à Sainte-Marie-du-Mont, une ferme du XVIIe siècle. Le Domaine abrite aussi un hôtel 4 étoiles, des gîtes et le restaurant Chez Arsène. (© www.domaine-utah-beach.com
Nicolas Onfroy et son cheptel de limousines exploitent le Domaine d’Utah Beach à Sainte-Marie-du-Mont, une ferme du XVIIe siècle. Le Domaine abrite aussi un hôtel 4 étoiles, des gîtes et le restaurant Chez Arsène(© www.domaine-utah-beach.com

Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, espace idyllique pour la faune et la flore, est le fruit du travail de la nature, certes, mais aussi de l’homme, qui a façonné son paysage pour pouvoir y vivre et l’exploiter.

L’assèchement et poldérisation

Dès le Moyen Âge, l’homme cherche à gagner des terres exploitables sur la mer et les marécages. L’essor agricole que le territoire a connu est intimement lié au travail de domestication des flots, opéré depuis de nombreux siècles. Au XVIIIIe et au XIXe siècle, les gouvernements successifs sont confrontés à la nécessité d’augmenter la production agricole et accélèrent l’assèchement des marais. Un vaste réseau de fossés est creusé pour drainer les eaux vers la mer.

Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, cinq portes à flots ont été installées à l’exutoire des fleuves. Premier rempart contre l’intrusion de l’eau, elles empêchent les remontées marines dans les terres. Jusqu’alors, l’effet des marées est perceptible de Trévières, dans le Bessin, à Saint- Sauveur-le-Vicomte dans le Cotentin. Actionnées par la force de l’eau, elles s’ouvrent à marée basse par la pression du fleuve et se ferment à marée haute sous l’action des flots marins. À partir de 1856, ces aménagements sont complétés par la poldérisation de la baie des Veys et la canalisation des fleuves débouchant sur la baie. Près de 2000 hectares sont ainsi ga…

 

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Les marais du Cotentin et du Bessin – Un espace naturel

Les marais du Cotentin et du Bessin, situés entre deux mers, regroupent une variété de paysages insoupçonnée. (© Patrice Lecarpentier, PnrMCB)


Damien Bouet

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Par Damien Bouet.
 
 

Les marais, construits et entretenus par l’homme, sont des lieux formidables pour la faune et la flore. L’une des missions du parc est de préserver la biodiversité du territoire et de conserver ses paysages.

Un territoire naturel d’exception

À chaque paysage son biotope, associé à sa faune et à sa flore. Les marais du Cotentin et du Bessin ont la chance de regrouper marais, bocage, landes et tourbières, ainsi qu’un grand espace littoral à l’est et l’ouest. Barbey d’Aurevilly écrivait dans Ce qui ne meurt pas (1884) : « N’avez-vous, vous qui lisez ces pages, jamais voyagé à travers ces marais du Cotentin qu’on a essayé de décrire et qui sont assez vastes pour que seulement les traverser puisse vous paraître un voyage ? »

La région comprend quatre sites du réseau Natura 2000 animés par le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin : les marais du Cotentin et du Bessin et la baie des Veys, les basses vallées du Cotentin, le havre de Saint-Germain-sur-Ay et les landes de Lessay, ainsi que les coteaux calcaires et les anciennes carrières de La Meauffe, Cavigny et Airel. Elle présente un fort intérêt patrimonial, reconnu à l’échelle européenne. Ces sites abri…

 

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Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin

En automne et en hiver, les précipitations font sortir les rivières de leur lit : c’est la blanchie des marais. (© Thierry Houyel­­­­)


Damien Bouet

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Par Damien Bouet.
 
 
Carte du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin et de son réseau hydrographique. (© DAO Damien Bouet)
Carte du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin et de son réseau hydrographique. (© DAO Damien Bouet)

Aujourd’hui blanchis par les précipitations hivernales, les marais du Cotentin et du Bessin forment un vaste territoire aux paysages variés, mêlant zones humides et bocages verdoyants, forêts épaisses et dunes côtières.

Longtemps dépréciés par l’imaginaire collectif et les auteurs romantiques du XIXe siècle, les marais attirent aujourd’hui les amoureux de la faune et la flore de tous horizons. L’esthétisme singulier des marais est rythmé par les saisons. Partons donc à la découverte des trésors naturels et patrimoniaux de ce pays unique de Normandie.
 

Une mosaïque de paysages, entre terre et mer

Les marais du Cotentin et du Bessin, longtemps appelés « marais de Carentan », couvrent un immense espace au sud du Cotentin et au nord du Bessin, majoritairement irrigué par l’Aure, la Vire, la Taute, la Douve et l’Ay. L’imaginaire retient surtout le côté marécageux de ce territoire qui, bordé à l’ouest et à l’est par deux grandes façades maritimes, mêle pourtant une très grande variété de pay…

 

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Le haras national du Pin – Le cheval en son royaume

Le haras du Pin s’inscrit dans un cadre préservé d’herbages et de forêts. (© David Commenchal)


Virginie Michelland

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Par Virginie Michelland.

 

Le Versailles du cheval se dévoile derrière une majestueuse grille en fer forgé. (© David Commenchal)
Le Versailles du cheval se dévoile derrière une majestueuse grille en fer forgé. (© David Commenchal)

Dans son décor d’herbages et de forêts, le haras national du Pin offre au cheval un écrin à la mesure de sa noblesse et de son prestige. Une équipe passionnée y cultive, d’hier à aujourd’hui, un savoir-faire d’excellence

Le projet du Roi-Soleil

Qualifié par l’écrivain normand Jean de La Varende, grand amateur de chevaux, de « Versailles du cheval », le haras du Pin cultive des liens historiques étroits avec Louis XIV. Sa fondation résulte de la nécessité d’augmenter les effectifs de chevaux pour répondre aux impératifs militaires. Les guerres, qui rythment le règne du grand roi, sont en effet coûteuses en chevaux que l’on fait venir à grand frais de divers pays d’Europe. L’élevage d’étalons destinés à la reproduction apparaît comme une solution viable pour s’affranchir de ce mode de fonctionnement. Le cheval étant, par ailleurs, indispensable au quotidien du roi et de sa cour, il faut pouvoir remplir les Grande et Petite Écuries de Versailles de pensionnaires de qualité.

Colbert promulgue donc, en 1665, un décret fondant les haras royaux. Le premier est construit à Saint-Léger-en-Yvelines. C’est un échec, en raison notamment des mauvaises conditions sanitaires auxquelles sont soumises les juments poulinières… Chargé de poursuivre la prospection, François-Gédéon de Garsault, capitaine du haras royal, jette son dévolu sur la fertile vallée du Merlerault, plus particulièrement sur le buisson d’Hiesmes (Exmes) où l’herbe est (et reste) abondante et de qualité. Riche en fer, la rivière y développe chez les chevaux un squelette solide et élancé, et une nervosité de bon aloi. Enfin, la proximité avec Versailles favorise les allées et venues des chevaux et de leurs palefreniers. Une trentaine de poulains nés au haras rejoi…

 

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Pont-de-l’Arche et le fort d’Alizay-Igoville – Fortifications de la Seine normande

Aquarelle de Jean-Claude Golvin évoquant le système mis en place au-dessus de la Seine entre Igoville (à gauche) et Pont-de-l’Arche (à droite) au IXe siècle. (© Jean-Claude Golvin)


Cyril Marcigny

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Cyril Marcigny.

 

Bien connu des spécialistes de l’âge viking, le fort carolingien d’Igoville constitue un site majeur du patrimoine national français, même si sa renommée y est demeurée bien plus modeste qu’outre-Manche. Situé sur le cours de la Seine, il constitue avec Pont-de-l’Arche un système défensif associé à un pont qui barrait le cours du fleuve.

De nouvelles études sur un site d’exception

Faisant suite à une analyse approfondie des sources écrites carolingiennes relatives à sa construction par l’historien et numismate britannique Simon Coupland, un récent article de Jacques Le Maho, historien et archéologue spécialiste de Rouen et du val de Seine au haut Moyen Âge, a dernièrement contribué à remettre en lumière ce site exceptionnellement conservé qui n’a fait l’objet, jusqu’alors, que d’interventions archéologiques très limitées, essentiellement sous forme de sondages ouverts dans les années 1980 par l’archéologue Brian Dearden, de l’université de Manchester.

En 2010-2011, une nouvelle intervention archéologique a été conduite par l’Inrap sur une trentaine d’hectares en berge de Seine, à Alizay et Igoville, face à Pont-de-l’Arche, dans l’Eure. La longue séquence d’occupation inaugurée à la préhistoire, il y a 11 000 ans, se conclut à l’époque carolingienne par la construction d’un pont fortifié et de fortifications gar…

 

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Le Coupe Gorge – La micro-brasserie du Cinglais

La popularité croissante des bières locales et artisanales a revigoré le marché des bières en bouteille, qui ne sont pas soumises à des accords d’exclusivité. Celles de Max Boullan s’inscrivent dans ce créneau porteur. (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

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Par Jean-Luc Péchinot.

 

Cette bière-là ne nous reste jamais en travers de la gorge. À Saint-Laurent-de-Condel, en pays de Cinglais, on se pinte avec des houblons qui ont tout bon. Ceux de la brasserie Coupe Gorge !

La mousse pour la bière. Devenue la boisson la plus populaire au monde, avec un marché estimé à près de 300 millions de dollars, le plus ancien breuvage fermenté n’a plus aucune raison d’envier le vin, même en France où, en 2023, le chiffre d’affaires de la bière dans les hypermarchés a surpassé celui du vin. Le paysage brassicole français a dès lors connu une croissance spectaculaire. Ainsi, alors qu’en 2006 la France comptait seulement 246 brasseurs, ce nombre s’est élevé à 1600 en 2018 et a culminé à 2300 en 2023, quadruplant quasiment en à peine douze ans.

Dans le même temps, le nombre de micro-brasseries a lui aussi triplé, l’une des plus singulières en Normandie étant celle dont on retient le mieux le curieux nom, Coupe Gorge, référence à la rivièrette qui coule dans le village de Saint-Laurent-de-Condel, niché en Suisse normande, entre les forêts de Grimbosq et de Cin…

 

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Le Cinglais – Cœur historique de la Suisse normande

Le donjon des barons de Tournebu (XIIIe et XVIIe siècles). La tour résiste, mais elle est fragilisée par les souterrains et l’effondrement de l’escalier. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

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Par Virginie Michelland.

 

En lisière de la forêt de Cinglais. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
En lisière de la forêt de Cinglais. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Au cœur de la Suisse normande se cache un pays dont l’origine remonte bien avant l’an mil. Alors que les ducs normands étendent leur emprise territoriale vers l’Orne, ils fieffent une partie de leur domaine du Cinglais à des seigneurs de confiance, les Tesson, les Marmion, les de La Pommeraye ou les de Tournebu. Outre d’imposantes fortifications, ceux-ci fondent des abbayes qui contribuent au rôle économique et au rayonnement spirituel du Cinglais.

Le Cinglais, une mosaïque de paysages

Mottes castrales, églises romanes, vestiges de donjons et d’abbayes subsistent de cette époque médiévale. De nombreux toponymes (communes, hameaux, forêt) conservent la mémoire de l’histoire féodale du Cinglais. L’empreinte des familles nobles comme celles de Saint-Germain, d’Oilliamson, d’Harcourt se manifeste par l’édification de châteaux Renaissance ou classiques imposants, ou de simples demeures de plaisance. La forêt domaniale de Cinglais, malgré les défrichements, couvre encore une grande partie du territoire en arc de cercle autour de Boulon. La forêt de Grimbosq, le bois d’Alençon au nord qui s’étend jusqu’à Bretteville, les bois d’Outrelaise et de la vallée de la Laize à l’est, les bois de Saint-Clair ou de Saint-Germain-Langot au sud constituaient un même domaine forestier. Les cours d’eau et leurs moulins gardent la trace d’une intense activité artisanale. Dans le bocage ou la plaine, entre hameaux et bourgs s’étendent les terres agricoles et les prairies. Rochers de schistes et de grès affleurent sur le plateau et le versant des vallées couvert de landes et de broussailles. Au nord-est, en bordure de la vallée de la Laize, le calcaire de Caen connaît une forte exploitation ainsi que le minerai de fer. Les façades des maisons, fermes ou châteaux expriment la diversité du sous-sol et confèrent aux paysages du Cin…

 

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Potager de Beaumesnil – Des graines qui traversent les âges

Le Potager conservatoire de Beaumesnil produit depuis de nombreuses années des variétés anciennes de légumes. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Virginie Michelland.

 

Luc Devaux, artisan semencier, est l’une des chevilles ouvrières du Plan Végétal normand. (© Virginie Michelland)
Luc Devaux, artisan semencier, est l’une des chevilles ouvrières du Plan Végétal normand. (© Virginie Michelland)

Parmi les projets qui fleurissent en faveur de l’environnement, le Plan Végétal normand, soutenu par la Région, concilie patrimoine, gastronomie et développement durable. Luc Devaux, artisan semencier, présente la démarche.

Une démarche patrimoniale ­

Le Plan Végétal exauce le vœu de l’association Montviette Nature en pays d’Auge de sauvegarder le patrimoine immatériel de la Normandie rurale. Avec l’aide des adhérents et de nombreux partenaires, Christiane Dorléans, sa fondatrice, étudie et valorise, depuis 1990, la biodiversité discrète de son territoire.

Tout en l’inventoriant, elle a mis au point une méthode d’enquête autour des savoirs et savoir-faire traditionnels, basée notamment sur la prospection auprès des anciens. Certains d’entre eux conservent encore des semences de légumes et la mémoire de leur mode de culture et de leur utilisation. Chaque variété constituant une composante d’une civilisation paysanne et de ses caractéristiques locales, la passionnée se fait fort de l’identifier avec l’aide des paysans d’hier. Rien ne vaut ensuite de semer et multiplier les graines encore disponibles, pour faire vivre ce patrimoine et régaler les gourmets.

Sensibles aux enjeux d’une relocalisation de la production de légumes dans une optique de souveraineté alimentaire, les élus lancent, en mars 2022, un appel à la valorisation des semences normandes. Un véritable Plan Végétal est patiemment éla…

 

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La Sainte-Trinité de Fécamp – Taille cathédrale !

Face sud récemment restaurée de l’abbatiale de la Sainte-Trinité. (© Ville de Fécamp)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Stéphane William Gondoin.

 

L’abbaye fécampoise tient une place à part dans l’histoire de la Normandie. D’abord, parce qu’elle est l’une des plus anciennes, avec une naissance située aux alentours de 658. Mais surtout, c’est d’elle que partit, peu après l’an mille, l’impulsion nécessaire à la restauration d’un tissu monastique dense, après les dévastations causées par les Vikings.

L’épopée de ce monastère prestigieux débute au viie siècle. Après avoir fondé l’abbaye de Fontenelle, en 649, saint Wandrille pousse un certain Waninge, aristocrate de haut rang, à installer une communauté religieuse pour femmes en un lieu appelé « Fiscamnus », dont l’étymologie reste obscure. Sa première abbesse se nomme Childemarque (ou Hildemarque), « vierge d’une très grande sainteté », qui semble d’origine bordelaise. Pour s’être trop mêlé de politique, saint Léger, évêque d’Autun, se retrouve exilé à Fécamp vers 676 et confié à la garde de Waninge et des nonnes. C’est à peu près tout ce que l’on sait du passé lointain de cet établissement, qui disparaît au cours du IXe siècle sous les assauts vikings.

 

Sous la protection des ducs

Après la fondation de la Normandie en 911, Fécamp est l’une des résidences favorites des ducs au moins depuis le principat de Guillaume Longue-Épée (v. 927-942). Pour ces descendants de Vikings, la proximité de la mer n’est sans doute pas étrangère à ce choix, de même que la présence d’une vaste et giboyeuse forêt, quand la chasse constitue le principal loisir de la haute noblesse de l’époque. Richard Ier (942-996), successeur de Gui…

 

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Fours à chaux de Cavigny – Préserver patrimoine industriel et biodiversit&eacute

Le site des fours à chaux s’étend sur 26 hectares dont 11 sont la propriété du Département de la Manche. (© Fondation du patrimoine


Michel Levron.

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Michel Levron.

 

Au XIXe siècle spécialement, le développement de très nombreux sites industriels a souvent maltraité la nature et ses « habitants ». Ces sites, dont l’intérêt patrimonial est parfois bien réel, doivent être sauvegardés et visités tout en protégeant leur biodiversité. Pas facile… Les travaux récemment réalisés pour pouvoir visiter les fours à chaux de Cavigny, dans la Manche, tout en protégeant leur biodiversité sont, à cet égard, exemplaires. Ce projet a d’ailleurs été lauréat 2024 pour la Normandie du programme « Patrimoine naturel et biodiversité » de la Fondation du patrimoine.

Un site triplement patrimonial

Situés dans le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, les six fours à chaux de Cavigny construits à la fin du XIXe  siècle peuvent être qualifiés de trois fois patrimonial. Ils ont donc trois bonnes raisons d’être soutenus par la Fondation du patrimoine.

  • Production d’un matériau utilisé notamment dans la construction. Quand on évoque le patrimoine, on pense d’abord aux monuments parfois protégés. Les fours à chaux en sont si l’on peut dire « l’usine », puisqu’ils produisaient ce matériau, surtout utilisé dans la cons…
 

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Quand Louis-Philippe filait à l’anglaise…

Louis-Philippe, « roi des Français », par Pierre Roch Vigneron, portrait peint en 1831, peu après son accession au trône. (© Paris musées – Musée Carnavalet – www.parismusees.paris.fr)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Stéphane William Gondoin.

 

Durant le long règne de Louis XIV (1643-1715), la France fut rarement en paix. Le Roi-Soleil mena en effet une politique d’expansion territoriale tous azimuts qui le conduisit à entrer en conflit avec la plupart de ses voisins. En 1688, débute la terrible guerre de la Ligue d’Augsbourg, au cours de laquelle la Normandie se retrouve en première ligne. Et c’est la cité de Dieppe qui paie le prix fort.

Voilà plusieurs années que la monarchie de Juillet suscite de très fortes oppositions. À l’origine, elle portait un projet plutôt libéral, garantissant par exemple la liberté totale de la presse. Dès l’origine, elle fut tiraillée entre les thèses d’Adolphe Thiers, à qui l’on attribue la formule fameuse « le roi règne et ne gouverne pas », et celles de François Guizot, « le trône n’est pas un fauteuil vide ». Elle ne cessa de prendre un tour autoritaire, faisant croître le mécontentement. Et tant pis pour les cassandres qui, tel le ministre de l’Instruction publique Salvandy, prophétisent : « Nous dansons sur un volcan. »

 

Fin de règne

Des insurrections éclatent dans la nuit du 22 au 23 février 1848, soutenues par les militants républicains. Bientôt, les légions de la garde nationale, principaux piliers du régime, se mutinent. Terrifié et apathique, Louis-Philippe sacrifie Guizot, ministre honni, en demandant sa dé…

 

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Le donjon de Bouillon Viéville – construction du XXe siecle

Le donjon de Didier Lobert à Saint-Germain-sur-Avre. Le donjon semble surgi du XIIe siècle ; il a en réalité été construit au XXe siècle. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

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Par Virginie Michelland.

 

Didier Lobert de Bouillon Viéville, bâtisseur du donjon. (© Sylvaine Lobert)
Didier Lobert de Bouillon Viéville, bâtisseur du donjon. (© Sylvaine Lobert)

Dominant la vallée de l’Avre, surgit un donjon que l’on jurerait hérité du XIIIe siècle. Il est en réalité l’œuvre d’un attachant touche-à-tout du XXe siècle, Didier Lobert (1934-2021), dit « de Bouillon Viéville ».

Itinéraire d’un artiste

Derrière chaque homme se cache un enfant dont les rêves déterminent en partie la trajectoire suivie à l’âge adulte. Fils et petit-fils d’industriels, Didier, né à Dreux, souffre dans ses jeunes années de tuberculose. Astreint à des activités statiques, il se laisse emporter par la magie des livres. À la faveur de nombreuses visites de musées, le voyageur immobile, qui goûte par ailleurs le dessin et le bricolage, cultive dès son plus jeune âge l’évasion et la liberté.

La tradition familiale l’oriente vers l’entreprise de métallerie industrielle. Puis, il jette l’éponge pour se consacrer à la peinture. Il a déjà transformé son appartement parisien en un lieu hors du temps dont le décor Renaissance fascine sa fille, Sylvaine.

Rien de tel, toutefois, que de vivre à la campagne. Les parents de Didier possèdent depuis 1958 une petite maison à Saint-Germain-sur-Avre, dans le sud de l’Eure, où la branche ma…

 

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La « bombarderie » de 1694 – Dieppe rayée de la carte

La « bombarderie » de Dieppe, en 1694. Attaque de la ville vue depuis le large. Gravure anonyme, 1695. (© Rijksmuseum d’Amsterdam – www.rijksmuseum.nl


Stéphane William Gondoin

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Par Stéphane William Gondoin.

 

Durant le long règne de Louis XIV (1643-1715), la France fut rarement en paix. Le Roi-Soleil mena en effet une politique d’expansion territoriale tous azimuts qui le conduisit à entrer en conflit avec la plupart de ses voisins. En 1688, débute la terrible guerre de la Ligue d’Augsbourg, au cours de laquelle la Normandie se retrouve en première ligne. Et c’est la cité de Dieppe qui paie le prix fort.

Parmi les belligérants hostiles à la France figure l’incontournable Royaume-Uni, cette fois-ci allié aux Pays-Bas. À eux deux, ces États disposent d’une flotte gigantesque. En un scénario maintes fois rencontré au cours de l’Histoire, les Français envisagent d’abord de porter le fer et le feu outre-Manche. Philippe VI de Valois (1328-1350), en son temps obnubilé par cet objectif, perdit sa flotte à la bataille de l’Écluse, le 24 juin 1340 ; Napoléon Ier verra pour sa part la sienne anéantie à Trafalgar, le 21 octobre 1805 ; quant à Louis XIV, le désastre de la Hougue, survenu sur les côtes du Cotentin du 29 mai au 3 juin 1692, sonne le glas de ses espérances. Hitler ne fera pas mieux, avec sa chimérique opération Seelöwe ou Lion de Mer. Pour rappel, personne, depuis Guillaume le Conquérant, n’a réussi à s’em…

 

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Le bonheur est dans Les Prés

Une maison au bord de l’eau. Chambres et salons s’ouvrent sur un vaste parc arboré d’espèces centenaires, bercé par la rivière de l’Hoëne en contrebas. (© Franck Schmitt)


Jean-Luc Péchinot

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Par Jean-Luc Péchinot.

 

De la douce campagne, un maison de patrimoine revisitée, une table pour locavores : à quelques vallonnements de Mortagne-au-Perche, dans l’Orne, l’hôtel Les Prés se révèle un intimiste nid de sérénité.

Pour vivre heureux vivons… perchés ! Ces deux-là pourraient faire leur cette expression revisitée, tant leur douillette cachette du Perche les éclaire de bonheur. « Oui, c’est aussi fort que ce dont nous avions rêvé », résument d’une seule voix Stéphane et Éric qui, deux ans après s’être lancés dans leur nouvelle vie, se disent « épanouis ». Et déjà acclimatés à merveille à cet enchanteur ailleurs qu’est ce coin de France où le temps semble couler plus doucement.

Fait de vallons couverts de grasses prairies, de forêts de chênes séculaires, de petites villes, villages et hameaux de carte postale, ce Perche relève du tableau grandeur nature. Les routes y prennent encore le temps de tourner, de monter et de descendre, sous des ciels changeants et dans d’infinies nuances de vert et marron. La nature et la pierre s’y asso…

 

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