Catégorie : Citoyen

Claude Monet à Giverny – L’Ophélie des Nymphéas

La maison du Clos normand à Giverny. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Benoît Noël

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Benoît Noël.
 
 
Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (© Musée A. G. Poulain, Vernon)
Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (©Musée A. G. Poulain, Vernon)

Au mitan de sa vie, Claude Monet s’installe à Giverny en 1883. Il a 43 ans et il décèdera à 86 ans. Cela semble réglé comme du papier à musique, et pourtant. Au fil des décennies, le peintre se dote d’un jardin, d’un bassin de nénuphars blancs ou « nymphéas » et de vastes ateliers. C’est-à-dire de motifs conformes à ses désirs de transpositions toujours plus littérales de la nature, et de moyens pour affronter rien moins que l’éternité…

INSTALLATION DE CLAUDE MONET À GIVERNY

Dès 1866, Émile Zola distingue en Claude Monet un tempérament plein d’énergie et « un homme dans la foule de ces eunuques » du salon officiel. À cela, il ajoute en 1868 : « Il est un des seuls peintres qui sachent peindre l’eau » des ports, loin des « marines en sucre candi ». Mieux encore, il recommande à Claude Monet, la même année 1868, l’auberge de Gloton sise à Bennecourt, village proche de Vernon, et c’est lors de ce séjour que l’artiste tombe amoureux du village de Giverny. À 43 ans, Claude Monet a derrière lui une dense vie de peintre qui ne l’a cependant pas enrichi financièrement. Le marchand d’art Paul Durand-Ruel avance l’argent du déménagement de Vétheuil à Giverny, car croyant dur comme fer à l’écurie des impressionnistes, il a toujours partagé leur combat pour s’imposer sur la scène artis…

 

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DOSSIER « Un été impressionniste avec Claude Monet » (14 pages) :


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Un été impressionniste avec Claude Monet

Giverny, l’étang des nymphéas, l’été. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) ; Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (©Musée A. G. Poulain, Vernon)


Benoît Noël

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Benoît Noël.
 
 
Claude Monet, Impression, Soleil levant, huile sur toile (48x63 cm), 1872, musée Marmottan Monet, Paris. (© Bridgeman Images)
Claude Monet, Impression, Soleil levant, huile sur toile (48×63 cm), 1872, musée Marmottan Monet, Paris. (© Bridgeman Images)

Le festival Normandie impressionniste 2024 et les cent-cinquante ans de la première exposition impressionniste, célébrés au musée d’Orsay, sont l’occasion rêvée d’une escapade à Giverny à la rencontre de Claude Monet (1840-1926), maître de l’impressionnisme…

Claude Monet Avant giverny

Fils d’un négociant parisien établi au Havre, Claude Monet aura sa vie durant une fascination pour l’élément aquatique. Après le décès de sa mère en 1857, sa tante Marie-Jeanne Lecadre achèvera son éducation. Bienveillante, elle encourage son talent de caricaturiste et elle sera son mécène jusqu’à sa mort en 1870. L’adolescent montre ses portraits-charge dans la vitrine d’un marchand havrais du peintre honfleurais Eugène Boudin. À l’origine, le jeune Monet n’apprécie pas les peintures de son aîné qu’il juge bâclées, mais lorsque celui-ci lui enseigne les rudiments du métier, ses yeux se décillent et il reconnaîtra finalement le « peintre des ciels » comme son maître. Si le tableau Impression, Soleil levant (1872 – musée Marmottan) de Claude Monet précède l’huile sur bois si ressemblante Étude de ciel sur le bassin du Commerce du Havre d’Eugène Boudin (vers 1888 – MuMa), certaines vues de l’église Saint-Thomas de Touques (Calvados) de ce dernier semblent préfigurer les vues de la cathédrale de Rouen par Monet à leur manière de faire chanter la pierre au so…

 

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DOSSIER « Un été impressionniste avec Claude Monet » (14 pages) :


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Des plages du débarquement au Havre – La bataille de Normandie

 Un char Shermann de la 2e division blindée française débarquant d’un LST le 2 août 1944, sur la côte orientale du Cotentin. (© Conseil régional de Normandie / National Archives USA)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Stéphane William Gondoin.

 

Dans notre numéro précédent, nous avons laissé les Alliés le 13 juin, avec une tête de pont, certes un peu précaire mais unifiée, depuis l’estuaire de l’Orne jusqu’aux portes de Montebourg, dans le Cotentin. Ils ont maintenant deux objectifs majeurs : prendre d’abord Cherbourg pour disposer d’un port en eaux profondes, s’emparer ensuite de la ville de Caen. Une fois ces buts atteints, ils vont encore longtemps se heurter à une résistance farouche avant de réussir, dans le courant du mois de juillet, à effectuer la percée décisive.

Le lendemain, 14 juin, est un grand jour pour la France libre : un immense général portant deux étoiles au képi pose le pied sur le sol métropolitain après quatre ans d’exil. Nous nous trouvons à la limite des communes de Courseulles-sur-Mer et de Graye-sur-Mer, sur le secteur codé « Juno », dans le cadre de l’opération Overlord, au milieu d’un régiment canadien en cours de débarquement. Il grimpe à bord d’une jeep qui l’emmène au QG du general Montgomery, où lui est dressé un tableau encourageant de la situation. Cependant, le but principal de Charles de Gaulle est éminemment politique : « Je tiens à marquer sans délai, qu’en tout point d’où l’ennemi a fui, l’autorité relève de mon gouvernement. » C’est que le spec… 

 

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Le château de Martainville – Quand le quotidien de nos ancêtres s’expose

Le château de Martainville est une ancienne demeure seigneuriale, devenue Musée des traditions et arts normands. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Virginie Michelland.

 

À la périphérie de Rouen, une fastueuse demeure de briques offre un écrin préservé au patrimoine oublié des fermes et des maisons. Hier résidence seigneuriale, aujourd’hui Musée des traditions et arts normands, le château de Martainville offre une immersion unique dans le quotidien de nos ancêtres.

Un château de la Première Renaissance

À la fin du XVe siècle, le château de Martainville et ses vingt-cinq hectares de terres acquis en 1481 permettent à Jacques Le Pelletier (1435-1510), originaire de Provence, de s’intégrer à cette noblesse terrienne normande dont ses origines roturières semblaient devoir l’exclure. Armateurs et commerçants quarteniers, puis échevins de la Ville de Rouen, les Le Pelletier y affichent leur réussite sociale dans leur hôtel particulier de la rue des Ours. Leur « maison des champs » de Martainville conforte leur position sociale.

Inscrite sur une fenêtre de la tour sud, la date de 1485 correspond sans doute au lancement des travaux, échelonnés sur une dizaine d’années. La guerre de Cent Ans est encore trop présente dans les esprits pour né…

 

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L’excellence de la gastronomie normande

Bon sang ne saurait mentir. Lauréat professionnel du Trophée des Léopards, Arthur Viel a pour parents Arnaud et Cécilia, qui font merveille en leur table étoilée d’Argentan. (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Jean-Luc Péchinot.

 

De concours culinaire en marché normand, le Trophée des Léopards a fait de Caen la capitale de notre… Gourmandie.

« C’était sous le hangar de la charreterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois gigots, et au milieu, un joli cochon de lait flanqué de quatre andouilles à l’oseille (…). Et au dessert, une pièce montée fit pousser des cris. »

S’il est un écrivain qui met la Normandie à la bouche, c’est bien lui. Le grand Gustave. Flaubert ! Né à Rouen en 1821, l’auteur de Madame Bovary n’aura cessé de célébrer la cuisine de son terroir. Gourmand d’huîtres, dont il s’était régalé enfant à Trouville, il fut un grand amateur de l’andouille de Vire et du poulet d’Auge, un plat emblématique qui ne lésine ni sur le beurre ni sur la crème et qu’il décrit merveilleuse…

 

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Arnaud Viel – Chef étoilé d’Argentan

Un ballet bien réglé qui a valeur de spectacle. En cuisine, le chef Arnaud Viel et sa brigade déploient leur art avec précision et concentration. (© Jean-Luc?Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Jean-Luc Péchinot.

 

Connue pour sa dentelle, la sous-préfecture de l’Orne est aussi un fief gastronomique et bistronomique. Arnaud Viel, enfant du pays, y régale touristes et Argentanais avec ses deux tables pour hédonistes du goût.

« Depuis des siècles, la cuisine, c’était la mère au foyer et le père dans les champs. Aujourd’hui, au temps des familles recomposées et du chômage de masse, la nourriture est souvent expédiée, congelée, sous-vide, au micro-onde, en conserves… Arnaud et Cécilia procèdent d’une lignée de gens de cuisine, un art culinaire noble : celle de ceux qui aiment nourrir ceux qu’ils aiment. On ne fait pas plus belle cuisine. »

De jolis mots pour de beaux mets : difficile de sublimer le verbe mieux que le philosophe Michel Onfray, créateur de l’Université populaire du goût, pour vanter les tables d’Arnaud et Cécilia Viel. Lesquels, en leurs deux gourmandes maisons d’Argentan, ont repris comme amuse-bouche de leurs cartes quelques lignes écrites pour eux par leur célèbre ami, disciple d’un hédonisme qui passe forcé…

 

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Robert le Diable – Histoire d’une légende

Le château de Robert-le-Diable domine la vallée de la Seine, au-dessus du joli village de La Bouille(© Alan Aubry– Métropole Rouen Normandie)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Stéphane William Gondoin.

 

1re édition imprimée La vie du terrible Robert le Dyable. (© BNF)
1re édition imprimée La vie du terrible Robert le Dyable(© BNF)

Au-dessus d’un méandre de la Seine, sur le territoire de la commune de Moulineaux, un peu en aval de Rouen, trône un très vieux château tout droit sorti d’un conte de fées. On prête bien à l’une de ces reines du « petit peuple » d’avoir élu domicile au milieu des ruines, mais elles sont surtout hantées par l’esprit d’un démon, plus exactement celui d’un diable fait homme…

Il était une fois – quatre mots qui contiennent toutes les histoires du monde – une duchesse de Normandie qui rêvait de donner un fils, un héritier, à son très cher époux. Las ! Malgré des années à psalmodier des prières, ses requêtes ne semblaient pas atteindre le Maître des sphères célestes et son ventre demeurait inexorablement plat. Désolée par cette infertilité, elle commit l’irréparable en prononçant ces paroles fatidiques : « Diable ! Je te prie d’entendre mon appel ! Si tu me donnes un enfant, c’est toi que dorénavant je prierai. »

 

Ce diable de Robert

Voyez maintenant Monseigneur le duc qui rentre de sa partie de chasse. Poussé par une puissance obscure, il trouve sa femme irrésistible et ne peut réfréner une violente pulsion. Il l’emporte donc sur le lit « et f[a]it d’elle son délice ». Bientôt enceinte, la duchesse comprend que son souhait a été exaucé et que de terribles malheurs vont s’abattre sur elle, sur son mari, sur leurs gens, sur leurs terres et sur le monde entier. Alors qu’approche le moment de sa délivrance, déjà tor…

 

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La station SNSM de Goury – Vigie du raz Blanchard

Le petit port de Goury, son phare et l’abri du canot de la station SNSM. Au large, les écumes nous font deviner le passage du raz Blanchard. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Damien Bouet.

 

Le Mona Rigolet croise aux abords du phare de Goury. Ce dernier balise le passage du cap de la Hague depuis 1837. (© SNSM Goury)
Le Mona Rigolet croise aux abords du phare de Goury. Ce dernier balise le passage du cap de la Hague depuis 1837. (© SNSM Goury)

À l’extrémité de la Hague, au nord-ouest du Cotentin, sur une pointe battue par les vents et les marées, se dresse un drôle de bâtiment octogonal dans le paysage haché du littoral haguais. Depuis 1870, la station de Goury et sa poignée de sauveteurs veillent sur les usagers de la mer.

Roger Le Huel, ancien aide-mécanicien du canot Raz Blanchard, écrivait : « Heureux celui qui a ouvert ses yeux sur La Hague. » Il est vrai que les paysages idylliques de ce coin de Cotentin attirent des visiteurs de toute la planète. Cependant, lorsque la tempête gronde, la côte est déchirée par le vent et la mer. Les sauveteurs de la station SNSM de Goury restent opérationnels à toute heure pour secourir les navires en difficulté.

 

Goury au gré des vagues

Quelques kilomètres après Auderville, Goury et son phare s’ouvrent à nous. Au bord du port, face à la jetée, la station abrite le Mona Rigolet, canot tous temps de la SNSM, prêt à appareiller à tout mo…

 

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Relieur, un métier d’art et de passion – Rencontre avec Anne Liégard

Anne Liégard, Maître Artisan relieur, dans son atelier des liens de la Mémoire à Baron-sur-Odon. (© Mireille Thiesse)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Mireille Thiesse.

 

Maître Artisan en métier d’art, c’est le titre décerné à Anne Liégard par la Chambre des métiers et de l’artisanat du Calvados. Détentrice d’un CAP et d’un master 2 en conservation de biens patrimoniaux, celle-ci obtient par la pratique la reconnaissance de ses pairs qui valident la qualité de son travail. Aussi exerce-t-elle le métier d’archiviste, puis de relieur pendant sept ans avant d’être habilitée à travailler sur les collections publiques. Se mettre à son compte ne suffit pas, « il faut se former en permanence », précise-t-elle. En 2014, elle s’installe à Baron-sur-Odon, à douze kilomètres au sud de Caen. « C’est un choix de vie. » Lumineux, son atelier installé dans une aile de sa maison donne sur le jardin où elle exerce aussi ses talents de créatrice.

L’art d’être relieur : une tradition et une posture

« La restauration d’un livre est une découverte. Il s’agit de démonter pour comprendre afin de restituer au livre sa fonction. Faire prendre conscience de la valeur mémorielle des documents à exploiter, c’est leur permettre de traverser le temps. En les protégeant, on les valorise ; en les rassemblant, on crée un objet d’art. En outre, il faut faire preuve d’inventivité et être à l’écoute du client. Nous sommes des passeurs d’his…

 

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6 juin 2024, la Normandie se souvient

Le site Internet officiel du 80e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie : https://80e-normandie.fr(DR)

Nous l’avons déclaré à maintes reprises dans ces colonnes : le 6 juin ne sera jamais, en Normandie, un jour comme les autres. En cette année de 80e anniversaire, les festivités prendront une ampleur particulière, avec 200 vétérans attendus, quand ces derniers acteurs s’éteignent les uns après les autres.

À l’heure où nous rédigeons ces lignes, le programme n’est pas complètement fixé, et nous l’annonçons « sous réserves ». Dès le 5 juin au soir, le président de la République, Emmanuel Macron, sera au haras de Saint-Lô, « capitale des ruines » à la Libération, pour un hommage populaire aux victimes civiles des combats et des bombardements. Le lendemain, selon nos confrères et partenaires de France Bleu, un hommage franco-américain sera d’abord rendu aux soldats inhumés dans le cimetière de Colleville-sur-Mer, en présence du président des États-Unis d’Amérique, Joe Biden. Suivront une cérémonie franco-britannique à Ver-sur-Mer, puis une grande cérémonie internationale sur Omaha Beach, où l’on attend une trentaine de chefs d’État. À Courseulles-sur-Mer enfin, se déroulera l’hommage franco-canadien. Pour le soir, la région Normandie a prévu les choses en grand, avec embrasement de la côte par des feux d’artifice géants. Le 7 juin, le président Macron se rendra à Bayeux, première ville libérée, puis à Cherbourg pour souligner l’importance de la Manche dans la bataille de Normandie.

Voilà sans doute de quoi relancer la candidature d’inscription des plages du Débarquement à l’UNESCO – pour le moment mise entre parenthèses, auprès du ministère de la Culture – afin de pérenniser le souvenir de ces heures héroïques parmi les générations futures. La Région a par ailleurs labellisé quantité d’événements, que vous pourrez retrouver sur le site Internet https://80e-normandie.fr.

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°129 (avril-mai-juin 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

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Visite du Grand Bunker à Ouistreham

Le musée du Grand Bunker à Ouistreham. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Accompagné de trois soldats, le lieutenant Bob Orrell parvient au bout de quatre heures à forcer l'entrée d'une étrange construction du Mur de l'Atlantique. Les hommes trébuchent sur deux caisses de grenades, quand une voix en provenance des étages leur demande dans un anglais parfait de monter les rejoindre. L'officier britannique retourne l'invitation en les conviant à descendre ! Près de quatre jours après le Débarquement, il reçoit ainsi la reddition des 52 occupants du Grand Bunker.(Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Accompagné de trois soldats, le lieutenant Bob Orrell parvient au bout de quatre heures à forcer l’entrée d’une étrange construction du Mur de l’Atlantique. Les hommes trébuchent sur deux caisses de grenades, quand une voix en provenance des étages leur demande dans un anglais parfait de monter les rejoindre. L’officier britannique retourne l’invitation en les conviant à descendre ! Près de quatre jours après le Débarquement, il reçoit ainsi la reddition des 52 occupants du Grand Bunker.(Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Dans les premières heures du 10 juin 1944, le lieutenant Bob Orrell accompagné de trois soldats britanniques forcent l’entrée du Grand Bunker de Ouistreham. Ce blockhaus, unique en son genre, domine la baie de Seine et joue un rôle important dans la défense côtière allemande. Sa capture, quatre jours après le Débarquement, marque un tournant dans la bataille pour la libération de la ville. Découvrons l’histoire fascinante de ce monument emblématique, de sa construction sous l’Occupation à son rôle actuel en tant que musée, témoignant des événements clés de la Seconde Guerre mondiale en Normandie.

Le Grand Bunker de Ouistreham, construit entre septembre et novembre 1943, est unique en son genre, ne suivant pas les modèles standard des autres blockhaus du Mur de l’Atlantique. Avec ses six niveaux, il remplit trois fonctions principales : poste d’observation, poste de commandement et poste de direction de tir. Il offre une vue panoramique sur la baie de Seine et constitue un point stratégique crucial pour surveiller les mouvements maritimes et ajuster les tirs des batteries côtières.

Pendant l’Occupation, Ouistreham devient une cible privilégiée des Alliés, qui intensifient leurs attaques contre le Mur de l’Atlantique. Le 6 juin 1944, lors du Débarquement, les troupes alliées rencontrent une forte résistance en tentant de s’emparer de la ville. Après plusieurs heures de combats acharnés, ils réussissent finalement à prendre le contrôle du Grand Bunker, marquant ainsi la fin de la prise de la ville.
 

Au niveau 1, la salle des machines possède une puissante ventilation pour régénérer l'air et éviter l'accumulation de dioxyde de carbone (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Au niveau 1, la salle des machines possède une puissante ventilation pour régénérer l’air et éviter l’accumulation de dioxyde de carbone (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Un musée exceptionnel
 

Après la Libération, l’édifice revient à la Marine Nationale qui le transforme en sémaphore. C’est en 1987 que la « Royale » en accorde l’exploitation à Fabrice Corbin pour qu’il y établisse le musée dont il rêvait ; classé Monument Historique en 1994, il lui sera cédé en pleine propriété en l’an 2000.

Tandis que tous les autres musées consacrés à cette période sont établis in situ à proximité des constructions ou des lieux d’Histoire, le Musée du Mur de l’Atlantique présente la particularité d’être installé au sein même d’un monument de la Forteresse Europe, une rareté en Normandie qu’on ne trouve ailleurs qu’au Musée Radar de Douvres-la Délivrande. C’était l’occasion de restaurer le bâtiment pour lui rendre l’aspect qu’il avait pendant l’Occupation.
 

Niveau 4 : salle des cartes et poste de commandement de tir. À partir des données télémétriques, on situe les cibles en vue de la riposte. (© Thierry Georges Leprévost) 

Niveau 4 : salle des cartes et poste de commandement de tir. À partir des données télémétriques, on situe les cibles en vue de la riposte. (© Thierry Georges Leprévost)

L'armurerie permet de soutenir un siège. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L’armurerie permet de soutenir un siège. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Tandis que tous les autres musées consacrés à cette période sont établis in situ à proximité des constructions ou des lieux d’Histoire, le Musée du Mur de l’Atlantique présente la particularité d’être installé au sein même d’un monument de la Forteresse Europe, une rareté en Normandie qu’on ne trouve ailleurs qu’au Musée Radar de Douvres-la Délivrande. C’était l’occasion de restaurer le bâtiment pour lui rendre l’aspect qu’il avait pendant l’Occupation.

On peut ainsi approcher au plus près la vie quotidienne des soldats, grâce à des pièces équipées comme à la veille du Débarquement, animées par des mannequins d’un réalisme saisissant qui les mettent en situation dans cet espace confiné par le béton, des cloisons multiples, des portes étanches au gaz, sans autres ouvertures que celles du poste d’observation et la terrasse de tir.

La muséographie est telle qu’on croirait encore le Bunker en pleine activité, chacun s’affairant à sa tâche dans l’espace restreint qui lui est attribué. Reconstituées jusque dans leurs moindres détails, les pièces restituent dans un rare souci d’authenticité le rôle grandissant de l’industrie et de la technologie lors d’un conflit qui n’avait plus rien à voir avec le précédent, annonciateur des guerres modernes. Des centaines de documents, plans et photos accompagnent la mise en scène des lieux et élargissent le propos à l’ensemble des plages du Débarquement, restituant ainsi dans son contexte la réalité d’un édifice majeur des défenses allemandes.
 

Au cinquième niveau, les guetteurs avaient sur la baie de Seine une vue totale à 180°. Toujours présent, le télémètre qui permettait d'évaluer la distance à laquelle se trouvait un bateau ennemi, et de régler ensuite les batteries côtières pour atteindre leur cible. (© Thierry Georges Leprévost) 

Au cinquième niveau, les guetteurs avaient sur la baie de Seine une vue totale à 180°. Toujours présent, le télémètre qui permettait d’évaluer la distance à laquelle se trouvait un bateau ennemi, et de régler ensuite les batteries côtières pour atteindre leur cible. (© Thierry Georges Leprévost)
 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
HORAIRES
– Du 10 février au 31 mars : de 10 h 00 à 18 h 00.
– Du 1er avril au 30 septembre : de 9 h 00 à 19 h 00.
– Du 18 novembre au 20 décembre (ouvert uniquement le week-end) : de 10 h 00 à 18 h 00.
– Du 21 décembre au 5 janvier : de 10 h 00 à 18 h 00.
Fermeture de la billeterie 1 heure avant celle du musée.
Tous renseignements sur : https://museegrandbunker.com – Tél. : +33 (0)2 31 97 28 69. 
Publi-rédactionnel publié par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin

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Visite du musée du Débarquement d’Arromanches

Le nouveau musée du Débarquement sur la place du 6-Juin à Arromanches-les-Bains. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Les vestiges du port artificiel d’Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Les vestiges du port artificiel d’Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Comme vous le savez, cette année est marquée par le 80e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie. Dans cette perspective, le musée le plus ancien de notre région, dédié aux événements de juin 1944, a entrepris une réorganisation complète de sa muséographie. L’objectif est de valoriser davantage ses collections et d’immerger les visiteurs dans l’ambiance authentique du site naturel.

La commune d’Arromanches, située sur la plage de débarquement Gold Beach, fut l’un des deux sites retenus par les Alliés pour y installer un port artificiel. Dès le 7 juin, des bateaux hors d’âge étaient coulés au large pour former les éléments d’une digue artificielle. Le lendemain, on immergeait les premiers caissons Phoenix. Le port d’Arromanches traita jusqu’à 20 000 tonnes de matériel par jour et fonctionna jusqu’en novembre 1944.

 

Le musée d’Arromanches a fait peau neuve
 

Le musée d’Arromanches fut le premier musée du Débarquement à voir le jour en Normandie, en 1954. Après avoir accueilli vingt millions de visiteurs, il a fermé ses portes en 2022 pour les rouvrir en avril 2023, dans un bâtiment rénové qui présente une scénographie modernisée. Les vastes baies donnant sur le large offrent une vue imprenable sur les derniers vestiges du mulberry B, semés là comme autant de symboles du prix de la liberté.
 

Le nouveau musée du Débarquement à Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Nouvelle maquette du port vu du ciel au musée du Débarquement à Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Les maquettes de l'ancien musée du Débarquement ont églement été conservées. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Les maquettes de l’ancien musée du Débarquement ont églement été conservées. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
HORAIRES
– Novembre-Décembre-Février : de 10h à 17h
– Mars-Octobre : de 9h30 à 17h30
– Avril-Septembre: de 9h à 18h
– Mai-Juin-Juillet-Août : de 9h à 19h
Fermeture annuelle en janvier.
Fermé les 24, 25 et 31 décembre.
Dimanche : ouverture à 10h (sauf en juin, juillet et août : 9h).
Le musée sera exceptionnellement fermé les 6 et 8 juin 2024.
Tous renseignements sur : https://musee-arromanches.fr – Tél. : +33 (0)2 31 22 34 31. 
 
Publi-rédactionnel publié dans Patrimoine Normand n°129 (avril-mai-juin 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

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