Auteur/autrice : Patrimoine normand

Le haras national de Saint-Lô retenu pour le Loto du patrimoine

2000 m² sont partis en fumée, la moitié des étables du haras, dont quarante-deux boxes et leurs locaux annexes (sellerie, stockage, douches…), ainsi que le laboratoire d’insémination artificielle. (© MDprod50)


Michel Levron.

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Michel Levron.

 

Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2019, le haras national de Saint-Lô vit un drame : un incendie se déclare dans deux écuries qui sont détruites en très grande partie. Presque cinq ans plus tard, le 20 mars 2024, la Fondation du patrimoine, via la « Mission patrimoine », a dévoilé les dix-huit projets régionaux retenus pour le « Loto du patrimoine 2024 ». Et pour la Normandie, le gagnant est… la restauration des deux écuries sinistrées. Une belle reconnaissance pour ce lieu emblématique de la filière équine française.

Le berceau du « Selle français »

À la suite du rétablissement et de l’organisation des Haras nationaux par Napoléon en 1806, celui de Saint-Lô est définitivement créé en 1886 sur une surface de 7,5 hectares. En partie détruit par les bombardements du 6 juin 1944, il est recons…

 

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Les couleurs du bois du Breuil

À l’orée du bois du Breuil, propriété du Conservatoire du littoral. Tout un programme sur un panneau. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Stéphane William Gondoin.

 

C’est aux mois de mai et de juin que fleurissent les rhododendrons du bois du Breuil, créant de véritables murs de fleurs (© Stéphane William Gondoin)
C’est aux mois de mai et de juin que fleurissent les rhododendrons du bois du Breuil, créant de véritables murs de fleurs (© Stéphane William Gondoin)

Au sommet de la Côte de Grâce, à une poignée de kilomètres de Honfleur, au-dessus des communes de Vasouy et de Pennedepie, le bois du Breuil occupe un plateau calcaire recouvert d’argile à silex. Sa surface relativement modeste – à peine 120 hectares – ne l’empêche nullement d’abriter une flore et une faune remarquables. Il est notamment réputé pour ses peuplements de rhododendrons, garantissant au promeneur une explosion de couleurs au moment du printemps.

Voilà un lieu que n’aurait sans doute pas apprécié Sim, comique disparu en 2009, lui qui chantait en 1971 un tube aujourd’hui oublié : « J’aime pas les rhododendrons / Faut pas qu’les rhododendrons / Viennent me chatouiller les narines / Ça m’fait des cloques sur la poitrine / sur le bout du… nez. » Allergiques s’abstenir donc, du moins aux mois de mai et de juin, quand la floraison de ces plantes atteint son apogée. Qu’à cela ne tienne : il y a au bois du Breuil de quoi s’émerveiller toute l’année, au fil de chaque saison.

 

Une ZNIEFF… à la longue histoire !

L’ensemble appartient depuis 1982 au très précieux Conservatoire du littoral, dont nous louons régulièrement le travail dans nos colonnes. Et pour cause : les terrains qu’il acquiert sont protégés contre toutes les atteintes spéculatives, garantissant leur préservation pour les générations futures. La gestion du bois du Breuil a été confiée à l’Office national des forêts (ONF) et au d­­­épartement du Calvados. Il est par ailleurs inscrit à l’inven…

 

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Le crâne perforé de saint Aubert : une histoire mouvementée

Détail du reliquaire de 1895 : vue sur le crâne perforé dit de saint Aubert. Basilique Saint-Gervais-et-Saint-Protais d’Avranches. (© Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Paul Chaffenet

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Paul Chaffenet 

 

Détail d’une enluminure du xiie siècle représentant  Le Songe d’Aubert. Cartulaire du Mont-Saint-Michel, bibliothèque patrimoniale d’Avranches, fonds ancien, ms 210, f. 4v. (© Rodolphe Corbin)
Détail d’une enluminure du XIIe siècle représentant Le Songe d’Aubert. Cartulaire du Mont-Saint-Michel, bibliothèque patrimoniale d’Avranches, fonds ancien, ms 210, f. 4v (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Saint Aubert, considéré comme le fondateur du Mont-Saint-Michel au début du VIIIe siècle et évêque présumé d’Avranches, est également connu au travers d’un crâne perforé qui lui est attribué. Cette relique et son reliquaire – récemment restauré – ont été présentés au public en 2023 lors de l’exposition La demeure de l’archange à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, qui célébrait le millénaire de son abbatiale. Les nombreux mystères qui, encore aujourd’hui, entourent ce crâne contribuent à sa célébrité, tout comme son passé tumultueux.

Les reliques de saint Aubert : les sources littéraires

Étymologiquement parlant, une relique (du latin reliquiae) désigne les restes vénérés d’un saint ou d’une sainte. Il peut s’agir du corps entier, d’un ou de plusieurs ossements, voire de reliques dites « de contact » (des objets que le saint a touchés et qui reçoivent la même ferveur chrétienne). Très répandu en Occident médiéval, le culte des reliques a également imprégné l’histoire religieuse du duché de Normandie, et notamment celle du Mont-Saint-Michel. Plusieurs chroniques latines montoises narrent avec force les tribulations qu’auraient connues dès le Moyen Âge les reliques de saint Aubert. L’existence même du personnage n’est pas assurée. La tradition l’a désigné comme un évêque d’Avranches mort vers 725, alors même qu’aucun texte contemporain – en l’occurrence mérovingien – ne l’atteste. Il faut attendre un texte du début du IXe siècle, rédigé par un chanoine montois, pour que la fondation en 708 ou 709 du « Mont-Tombe » et l’installation d’une communauté de chanoines soient attribuées à l’évêque Aubert, à qui l’archange saint Michel aurait fermement demandé, à trois repri…

 

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L’abbaye Notre-Dame de la Trappe – De la pénitence à la plénitude

L’abbaye s’inscrit dans un décor « shakespearien », composé de bois et d’étangs. (© Abbaye de la Trappe)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Virginie Michelland.

 

Frère Paul, l’un des dix-huit moines qui effectuent à la Trappe leur « long voyage intérieur ». (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Frère Paul, l’un des dix-huit moines qui effectuent à la Trappe leur « long voyage intérieur ». (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Derrière son imposant portail, la communauté monastique de la Trappe perpétue en silence et dans la joie une vie de prière, de pénitence et d’austérité que ne renieraient pas les grandes figures de son passé. Frère Paul nous a proposé une visite passionnante et lumineuse de son abbaye.

« Le plus shakespearien des monastères »

Située sur la commune de Soligny-la-Trappe, l’abbaye Notre-Dame s’inscrit dans un décor romantique et sauvage ; shakespearien, en somme… Au cœur du Parc naturel régional du Perche, la forêt domaniale offre un cadre propice à la méditation pour qui cherche Dieu à travers la beauté de la Création. Plusieurs étangs renforcent le charme et les atouts du site et de ses abords. À proximité de la boutique, la fontaine Saint-Bernard fournit une eau de source douce et légère.

Ce « cadre de verdure et de sérénité » offre à la communauté monastique un écrin préservé de 200 hectares dédiés principalement aux cultures céréalières et fruitières, et à l’exploitation forestière. Les jardins complètent le décor, entre pelouses, patio fleuri blotti entre le cloître et l’église abbatiale, et sobre jardin de méditation derrière le par…

 

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Le domaine de Pontécoulant – Un château en Suisse normande

Le château de Pontécoulant, face à la cour d’honneur. À droite de la tour centrale, la galerie construite au XVIIIe siècle et la tour d’angle. À gauche, la demeure de la fin du XVIe siècle rénovée à la même époque. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Mireille Thiesse.

 

Le grand salon au décor très soigné du xviiie siècle où les dames se retrouvaient pour lire, écouter de la musique et prendre le thé. Ingrid Legrusley, gardienne du château, aime disposer des napperons de dentelle autour des tasses de porcelaine, ou quelques fleurs du jardin. (© Mireille Thiesse)
Le grand salon au décor très soigné du xviiie siècle où les dames se retrouvaient pour lire, écouter de la musique et prendre le thé. Ingrid Legrusley, gardienne du château, aime disposer des napperons de dentelle autour des tasses de porcelaine, ou quelques fleurs du jardin. (© Mireille Thiesse)

Que l’on vienne de Condé-sur-Noireau ou de Saint-Pierre-la-Vieille, entre monts et vaux, la découverte de la vallée de la Druance qui s’élargit après le village réserve une surprise à la sortie du dernier virage. Face à nous, soudain, le château de Pontécoulant.

Une fois franchie la petite grille qui sépare le parc de la cour d’honneur, on s’attend à entrevoir quelques carrosses et calèches menés par d’élégants équipages, des invités en crinolines, capes ou redingotes frôlant les portes-fenêtres de « l’orangerie », ou s’imprégnant des bonnes odeurs émanant de la cuisine, avant de paraître devant leurs hôtes de villégiature. En suivant leurs traces, on pénètre aujourd’hui dans une pièce rustique où la table de ferme invite à s’asseoir auprès de l’imposante cheminée de granite. Sur une plaque en fonte, la croix de Savoie fleurdelisée des armes de la famille Doulcet de Pontécoulant rappelle que ce lieu de résidence était avant tout familial.

 

La gardienne du château

Fidèle à la tradition, la gardienne du château veille aujourd’hui à l’accueil des nombreux visiteurs du domaine de Pontécoulant. Ingrid Legrusley est prête à nous faire découvrir les anciens appartements de madame de Barrère, née Le Doulcet, qui véc…

 

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Photographie et impressionnisme – Dialogue d’art d’art

Le chemin de fer est sans aucun doute la grande révolution du XIXe siècle. Claude MONET, Train dans la campagne, vers 1870, huile sur toile, 50 x 65,3 cm, Paris, Musée d’Orsay, œuvre récupérée à la fin de la Seconde Guerre mondiale et confiée à la garde des musées nationaux en 1950. (© RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) /Hervé Lewandowski)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Stéphane William Gondoin.
 
 
Camille PISSARRO, Port de Rouen, Saint-Sever, 1896, huile sur toile, 65,5 x 92,2 cm, Paris, Musée d’Orsay, legs Enriqueta Alsop au nom du Dr Eduardo Mollard, 1972. (© RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Franck Raux) ; Auguste Rosalie BISSON et Louis Auguste BISSON, dit BISSON FRÈRES, Rouen, le port maritime, près du pont suspendu, 1857, tirage sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion, 32 x 44, 5 cm, Honfleur. (Collection Pierre Gaston)
Camille PISSARRO, Port de Rouen, Saint-Sever, 1896, huile sur toile, 65,5 x 92,2 cm, Paris, Musée d’Orsay, legs Enriqueta Alsop au nom du Dr Eduardo Mollard, 1972. (© RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Franck Raux) ; Auguste Rosalie BISSON et Louis Auguste BISSON, dit BISSON FRÈRES, Rouen, le port maritime, près du pont suspendu, 1857, tirage sur papier albuminé d’après négatif sur verre au collodion, 32 x 44, 5 cm, Honfleur. (Collection Pierre Gaston)

Pour cette cinquième édition d’un festival à l’écho désormais international, les musées de la région ont une nouvelle fois mis les petits plats dans les grands. Cent cinquante ans après la première exposition impressionniste, les liens unissant la Normandie et ce courant artistique majeur sont toujours aussi forts. La peinture donc, mais aussi un art tout nouveau qui se développe rapidement : la photographie !

Presque tous les grands maîtres de l’impressionnisme ou des courants précurseurs – réalisme et école de Barbizon notamment – ont, à un moment ou à un autre de leur existence, posé leur chevalet quelque part en Normandie. Honneur aux dames avec Berthe Morisot, la figure féminine emblématique du mouvement ; chantre des atmosphères familiales feutrées et des scènes domestiques, elle a séjourné à Fécamp, a peint le bassin de Cherbourg ou la plage des Petites-Dalles. Du côté de ces messieurs, Camille Pissarro s’employa vers la fin de sa vie à saisir l’ambiance si particulière des ports de Rouen, du Havre et de Dieppe. Outre son cher Giverny et son intemporel soleil levant du Havre, Monet a immortalisé les régates et le front de mer à Sainte-Adresse, la cathédrale de Rouen, les falaises d’Étretat ou de Pourville, Honfleur et ses alentours… Eugène Boudin a saisi sur le vif les lumières si changeantes de l’estuaire, ce qui lui valut de la part de Camille Corot le surnom – mérité – de « roi des ciels ». Le discret et timide Louis-Alexandre Dubourg, au travail bien trop méconnu, s’est beaucoup penché sur le monde des travailleurs de la mer de son Honfleur natal. Le non moins timide Johan Barthold Jongkind, également grand amoureux de Honfleur, en a peint les quais et les grands voi…

 

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DOSSIER « Un été impressionniste avec Claude Monet » (14 pages) :


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Claude Monet à Giverny – L’Ophélie des Nymphéas

La maison du Clos normand à Giverny. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Benoît Noël

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Benoît Noël.
 
 
Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (© Musée A. G. Poulain, Vernon)
Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (©Musée A. G. Poulain, Vernon)

Au mitan de sa vie, Claude Monet s’installe à Giverny en 1883. Il a 43 ans et il décèdera à 86 ans. Cela semble réglé comme du papier à musique, et pourtant. Au fil des décennies, le peintre se dote d’un jardin, d’un bassin de nénuphars blancs ou « nymphéas » et de vastes ateliers. C’est-à-dire de motifs conformes à ses désirs de transpositions toujours plus littérales de la nature, et de moyens pour affronter rien moins que l’éternité…

INSTALLATION DE CLAUDE MONET À GIVERNY

Dès 1866, Émile Zola distingue en Claude Monet un tempérament plein d’énergie et « un homme dans la foule de ces eunuques » du salon officiel. À cela, il ajoute en 1868 : « Il est un des seuls peintres qui sachent peindre l’eau » des ports, loin des « marines en sucre candi ». Mieux encore, il recommande à Claude Monet, la même année 1868, l’auberge de Gloton sise à Bennecourt, village proche de Vernon, et c’est lors de ce séjour que l’artiste tombe amoureux du village de Giverny. À 43 ans, Claude Monet a derrière lui une dense vie de peintre qui ne l’a cependant pas enrichi financièrement. Le marchand d’art Paul Durand-Ruel avance l’argent du déménagement de Vétheuil à Giverny, car croyant dur comme fer à l’écurie des impressionnistes, il a toujours partagé leur combat pour s’imposer sur la scène artis…

 

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DOSSIER « Un été impressionniste avec Claude Monet » (14 pages) :


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Un été impressionniste avec Claude Monet

Giverny, l’étang des nymphéas, l’été. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) ; Jacques-Ernest Bulloz, Claude Monet près du bassin aux nymphéas, été 1905. (©Musée A. G. Poulain, Vernon)


Benoît Noël

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Benoît Noël.
 
 
Claude Monet, Impression, Soleil levant, huile sur toile (48x63 cm), 1872, musée Marmottan Monet, Paris. (© Bridgeman Images)
Claude Monet, Impression, Soleil levant, huile sur toile (48×63 cm), 1872, musée Marmottan Monet, Paris. (© Bridgeman Images)

Le festival Normandie impressionniste 2024 et les cent-cinquante ans de la première exposition impressionniste, célébrés au musée d’Orsay, sont l’occasion rêvée d’une escapade à Giverny à la rencontre de Claude Monet (1840-1926), maître de l’impressionnisme…

Claude Monet Avant giverny

Fils d’un négociant parisien établi au Havre, Claude Monet aura sa vie durant une fascination pour l’élément aquatique. Après le décès de sa mère en 1857, sa tante Marie-Jeanne Lecadre achèvera son éducation. Bienveillante, elle encourage son talent de caricaturiste et elle sera son mécène jusqu’à sa mort en 1870. L’adolescent montre ses portraits-charge dans la vitrine d’un marchand havrais du peintre honfleurais Eugène Boudin. À l’origine, le jeune Monet n’apprécie pas les peintures de son aîné qu’il juge bâclées, mais lorsque celui-ci lui enseigne les rudiments du métier, ses yeux se décillent et il reconnaîtra finalement le « peintre des ciels » comme son maître. Si le tableau Impression, Soleil levant (1872 – musée Marmottan) de Claude Monet précède l’huile sur bois si ressemblante Étude de ciel sur le bassin du Commerce du Havre d’Eugène Boudin (vers 1888 – MuMa), certaines vues de l’église Saint-Thomas de Touques (Calvados) de ce dernier semblent préfigurer les vues de la cathédrale de Rouen par Monet à leur manière de faire chanter la pierre au so…

 

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Des plages du débarquement au Havre – La bataille de Normandie

 Un char Shermann de la 2e division blindée française débarquant d’un LST le 2 août 1944, sur la côte orientale du Cotentin. (© Conseil régional de Normandie / National Archives USA)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Stéphane William Gondoin.

 

Dans notre numéro précédent, nous avons laissé les Alliés le 13 juin, avec une tête de pont, certes un peu précaire mais unifiée, depuis l’estuaire de l’Orne jusqu’aux portes de Montebourg, dans le Cotentin. Ils ont maintenant deux objectifs majeurs : prendre d’abord Cherbourg pour disposer d’un port en eaux profondes, s’emparer ensuite de la ville de Caen. Une fois ces buts atteints, ils vont encore longtemps se heurter à une résistance farouche avant de réussir, dans le courant du mois de juillet, à effectuer la percée décisive.

Le lendemain, 14 juin, est un grand jour pour la France libre : un immense général portant deux étoiles au képi pose le pied sur le sol métropolitain après quatre ans d’exil. Nous nous trouvons à la limite des communes de Courseulles-sur-Mer et de Graye-sur-Mer, sur le secteur codé « Juno », dans le cadre de l’opération Overlord, au milieu d’un régiment canadien en cours de débarquement. Il grimpe à bord d’une jeep qui l’emmène au QG du general Montgomery, où lui est dressé un tableau encourageant de la situation. Cependant, le but principal de Charles de Gaulle est éminemment politique : « Je tiens à marquer sans délai, qu’en tout point d’où l’ennemi a fui, l’autorité relève de mon gouvernement. » C’est que le spec… 

 

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Le château de Martainville – Quand le quotidien de nos ancêtres s’expose

Le château de Martainville est une ancienne demeure seigneuriale, devenue Musée des traditions et arts normands. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Virginie Michelland.

 

À la périphérie de Rouen, une fastueuse demeure de briques offre un écrin préservé au patrimoine oublié des fermes et des maisons. Hier résidence seigneuriale, aujourd’hui Musée des traditions et arts normands, le château de Martainville offre une immersion unique dans le quotidien de nos ancêtres.

Un château de la Première Renaissance

À la fin du XVe siècle, le château de Martainville et ses vingt-cinq hectares de terres acquis en 1481 permettent à Jacques Le Pelletier (1435-1510), originaire de Provence, de s’intégrer à cette noblesse terrienne normande dont ses origines roturières semblaient devoir l’exclure. Armateurs et commerçants quarteniers, puis échevins de la Ville de Rouen, les Le Pelletier y affichent leur réussite sociale dans leur hôtel particulier de la rue des Ours. Leur « maison des champs » de Martainville conforte leur position sociale.

Inscrite sur une fenêtre de la tour sud, la date de 1485 correspond sans doute au lancement des travaux, échelonnés sur une dizaine d’années. La guerre de Cent Ans est encore trop présente dans les esprits pour né…

 

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L’excellence de la gastronomie normande

Bon sang ne saurait mentir. Lauréat professionnel du Trophée des Léopards, Arthur Viel a pour parents Arnaud et Cécilia, qui font merveille en leur table étoilée d’Argentan. (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Jean-Luc Péchinot.

 

De concours culinaire en marché normand, le Trophée des Léopards a fait de Caen la capitale de notre… Gourmandie.

« C’était sous le hangar de la charreterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois gigots, et au milieu, un joli cochon de lait flanqué de quatre andouilles à l’oseille (…). Et au dessert, une pièce montée fit pousser des cris. »

S’il est un écrivain qui met la Normandie à la bouche, c’est bien lui. Le grand Gustave. Flaubert ! Né à Rouen en 1821, l’auteur de Madame Bovary n’aura cessé de célébrer la cuisine de son terroir. Gourmand d’huîtres, dont il s’était régalé enfant à Trouville, il fut un grand amateur de l’andouille de Vire et du poulet d’Auge, un plat emblématique qui ne lésine ni sur le beurre ni sur la crème et qu’il décrit merveilleuse…

 

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Arnaud Viel – Chef étoilé d’Argentan

Un ballet bien réglé qui a valeur de spectacle. En cuisine, le chef Arnaud Viel et sa brigade déploient leur art avec précision et concentration. (© Jean-Luc?Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Jean-Luc Péchinot.

 

Connue pour sa dentelle, la sous-préfecture de l’Orne est aussi un fief gastronomique et bistronomique. Arnaud Viel, enfant du pays, y régale touristes et Argentanais avec ses deux tables pour hédonistes du goût.

« Depuis des siècles, la cuisine, c’était la mère au foyer et le père dans les champs. Aujourd’hui, au temps des familles recomposées et du chômage de masse, la nourriture est souvent expédiée, congelée, sous-vide, au micro-onde, en conserves… Arnaud et Cécilia procèdent d’une lignée de gens de cuisine, un art culinaire noble : celle de ceux qui aiment nourrir ceux qu’ils aiment. On ne fait pas plus belle cuisine. »

De jolis mots pour de beaux mets : difficile de sublimer le verbe mieux que le philosophe Michel Onfray, créateur de l’Université populaire du goût, pour vanter les tables d’Arnaud et Cécilia Viel. Lesquels, en leurs deux gourmandes maisons d’Argentan, ont repris comme amuse-bouche de leurs cartes quelques lignes écrites pour eux par leur célèbre ami, disciple d’un hédonisme qui passe forcé…

 

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Robert le Diable – Histoire d’une légende

Le château de Robert-le-Diable domine la vallée de la Seine, au-dessus du joli village de La Bouille(© Alan Aubry– Métropole Rouen Normandie)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Stéphane William Gondoin.

 

1re édition imprimée La vie du terrible Robert le Dyable. (© BNF)
1re édition imprimée La vie du terrible Robert le Dyable(© BNF)

Au-dessus d’un méandre de la Seine, sur le territoire de la commune de Moulineaux, un peu en aval de Rouen, trône un très vieux château tout droit sorti d’un conte de fées. On prête bien à l’une de ces reines du « petit peuple » d’avoir élu domicile au milieu des ruines, mais elles sont surtout hantées par l’esprit d’un démon, plus exactement celui d’un diable fait homme…

Il était une fois – quatre mots qui contiennent toutes les histoires du monde – une duchesse de Normandie qui rêvait de donner un fils, un héritier, à son très cher époux. Las ! Malgré des années à psalmodier des prières, ses requêtes ne semblaient pas atteindre le Maître des sphères célestes et son ventre demeurait inexorablement plat. Désolée par cette infertilité, elle commit l’irréparable en prononçant ces paroles fatidiques : « Diable ! Je te prie d’entendre mon appel ! Si tu me donnes un enfant, c’est toi que dorénavant je prierai. »

 

Ce diable de Robert

Voyez maintenant Monseigneur le duc qui rentre de sa partie de chasse. Poussé par une puissance obscure, il trouve sa femme irrésistible et ne peut réfréner une violente pulsion. Il l’emporte donc sur le lit « et f[a]it d’elle son délice ». Bientôt enceinte, la duchesse comprend que son souhait a été exaucé et que de terribles malheurs vont s’abattre sur elle, sur son mari, sur leurs gens, sur leurs terres et sur le monde entier. Alors qu’approche le moment de sa délivrance, déjà tor…

 

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La station SNSM de Goury – Vigie du raz Blanchard

Le petit port de Goury, son phare et l’abri du canot de la station SNSM. Au large, les écumes nous font deviner le passage du raz Blanchard. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Damien Bouet.

 

Le Mona Rigolet croise aux abords du phare de Goury. Ce dernier balise le passage du cap de la Hague depuis 1837. (© SNSM Goury)
Le Mona Rigolet croise aux abords du phare de Goury. Ce dernier balise le passage du cap de la Hague depuis 1837. (© SNSM Goury)

À l’extrémité de la Hague, au nord-ouest du Cotentin, sur une pointe battue par les vents et les marées, se dresse un drôle de bâtiment octogonal dans le paysage haché du littoral haguais. Depuis 1870, la station de Goury et sa poignée de sauveteurs veillent sur les usagers de la mer.

Roger Le Huel, ancien aide-mécanicien du canot Raz Blanchard, écrivait : « Heureux celui qui a ouvert ses yeux sur La Hague. » Il est vrai que les paysages idylliques de ce coin de Cotentin attirent des visiteurs de toute la planète. Cependant, lorsque la tempête gronde, la côte est déchirée par le vent et la mer. Les sauveteurs de la station SNSM de Goury restent opérationnels à toute heure pour secourir les navires en difficulté.

 

Goury au gré des vagues

Quelques kilomètres après Auderville, Goury et son phare s’ouvrent à nous. Au bord du port, face à la jetée, la station abrite le Mona Rigolet, canot tous temps de la SNSM, prêt à appareiller à tout mo…

 

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Relieur, un métier d’art et de passion – Rencontre avec Anne Liégard

Anne Liégard, Maître Artisan relieur, dans son atelier des liens de la Mémoire à Baron-sur-Odon. (© Mireille Thiesse)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°130
Par Mireille Thiesse.

 

Maître Artisan en métier d’art, c’est le titre décerné à Anne Liégard par la Chambre des métiers et de l’artisanat du Calvados. Détentrice d’un CAP et d’un master 2 en conservation de biens patrimoniaux, celle-ci obtient par la pratique la reconnaissance de ses pairs qui valident la qualité de son travail. Aussi exerce-t-elle le métier d’archiviste, puis de relieur pendant sept ans avant d’être habilitée à travailler sur les collections publiques. Se mettre à son compte ne suffit pas, « il faut se former en permanence », précise-t-elle. En 2014, elle s’installe à Baron-sur-Odon, à douze kilomètres au sud de Caen. « C’est un choix de vie. » Lumineux, son atelier installé dans une aile de sa maison donne sur le jardin où elle exerce aussi ses talents de créatrice.

L’art d’être relieur : une tradition et une posture

« La restauration d’un livre est une découverte. Il s’agit de démonter pour comprendre afin de restituer au livre sa fonction. Faire prendre conscience de la valeur mémorielle des documents à exploiter, c’est leur permettre de traverser le temps. En les protégeant, on les valorise ; en les rassemblant, on crée un objet d’art. En outre, il faut faire preuve d’inventivité et être à l’écoute du client. Nous sommes des passeurs d’his…

 

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6 juin 2024, la Normandie se souvient

Le site Internet officiel du 80e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie : https://80e-normandie.fr(DR)

Nous l’avons déclaré à maintes reprises dans ces colonnes : le 6 juin ne sera jamais, en Normandie, un jour comme les autres. En cette année de 80e anniversaire, les festivités prendront une ampleur particulière, avec 200 vétérans attendus, quand ces derniers acteurs s’éteignent les uns après les autres.

À l’heure où nous rédigeons ces lignes, le programme n’est pas complètement fixé, et nous l’annonçons « sous réserves ». Dès le 5 juin au soir, le président de la République, Emmanuel Macron, sera au haras de Saint-Lô, « capitale des ruines » à la Libération, pour un hommage populaire aux victimes civiles des combats et des bombardements. Le lendemain, selon nos confrères et partenaires de France Bleu, un hommage franco-américain sera d’abord rendu aux soldats inhumés dans le cimetière de Colleville-sur-Mer, en présence du président des États-Unis d’Amérique, Joe Biden. Suivront une cérémonie franco-britannique à Ver-sur-Mer, puis une grande cérémonie internationale sur Omaha Beach, où l’on attend une trentaine de chefs d’État. À Courseulles-sur-Mer enfin, se déroulera l’hommage franco-canadien. Pour le soir, la région Normandie a prévu les choses en grand, avec embrasement de la côte par des feux d’artifice géants. Le 7 juin, le président Macron se rendra à Bayeux, première ville libérée, puis à Cherbourg pour souligner l’importance de la Manche dans la bataille de Normandie.

Voilà sans doute de quoi relancer la candidature d’inscription des plages du Débarquement à l’UNESCO – pour le moment mise entre parenthèses, auprès du ministère de la Culture – afin de pérenniser le souvenir de ces heures héroïques parmi les générations futures. La Région a par ailleurs labellisé quantité d’événements, que vous pourrez retrouver sur le site Internet https://80e-normandie.fr.

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°129 (avril-mai-juin 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

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Visite du Grand Bunker à Ouistreham

Le musée du Grand Bunker à Ouistreham. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Accompagné de trois soldats, le lieutenant Bob Orrell parvient au bout de quatre heures à forcer l'entrée d'une étrange construction du Mur de l'Atlantique. Les hommes trébuchent sur deux caisses de grenades, quand une voix en provenance des étages leur demande dans un anglais parfait de monter les rejoindre. L'officier britannique retourne l'invitation en les conviant à descendre ! Près de quatre jours après le Débarquement, il reçoit ainsi la reddition des 52 occupants du Grand Bunker.(Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Accompagné de trois soldats, le lieutenant Bob Orrell parvient au bout de quatre heures à forcer l’entrée d’une étrange construction du Mur de l’Atlantique. Les hommes trébuchent sur deux caisses de grenades, quand une voix en provenance des étages leur demande dans un anglais parfait de monter les rejoindre. L’officier britannique retourne l’invitation en les conviant à descendre ! Près de quatre jours après le Débarquement, il reçoit ainsi la reddition des 52 occupants du Grand Bunker.(Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Dans les premières heures du 10 juin 1944, le lieutenant Bob Orrell accompagné de trois soldats britanniques forcent l’entrée du Grand Bunker de Ouistreham. Ce blockhaus, unique en son genre, domine la baie de Seine et joue un rôle important dans la défense côtière allemande. Sa capture, quatre jours après le Débarquement, marque un tournant dans la bataille pour la libération de la ville. Découvrons l’histoire fascinante de ce monument emblématique, de sa construction sous l’Occupation à son rôle actuel en tant que musée, témoignant des événements clés de la Seconde Guerre mondiale en Normandie.

Le Grand Bunker de Ouistreham, construit entre septembre et novembre 1943, est unique en son genre, ne suivant pas les modèles standard des autres blockhaus du Mur de l’Atlantique. Avec ses six niveaux, il remplit trois fonctions principales : poste d’observation, poste de commandement et poste de direction de tir. Il offre une vue panoramique sur la baie de Seine et constitue un point stratégique crucial pour surveiller les mouvements maritimes et ajuster les tirs des batteries côtières.

Pendant l’Occupation, Ouistreham devient une cible privilégiée des Alliés, qui intensifient leurs attaques contre le Mur de l’Atlantique. Le 6 juin 1944, lors du Débarquement, les troupes alliées rencontrent une forte résistance en tentant de s’emparer de la ville. Après plusieurs heures de combats acharnés, ils réussissent finalement à prendre le contrôle du Grand Bunker, marquant ainsi la fin de la prise de la ville.
 

Au niveau 1, la salle des machines possède une puissante ventilation pour régénérer l'air et éviter l'accumulation de dioxyde de carbone (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Au niveau 1, la salle des machines possède une puissante ventilation pour régénérer l’air et éviter l’accumulation de dioxyde de carbone (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Un musée exceptionnel
 

Après la Libération, l’édifice revient à la Marine Nationale qui le transforme en sémaphore. C’est en 1987 que la « Royale » en accorde l’exploitation à Fabrice Corbin pour qu’il y établisse le musée dont il rêvait ; classé Monument Historique en 1994, il lui sera cédé en pleine propriété en l’an 2000.

Tandis que tous les autres musées consacrés à cette période sont établis in situ à proximité des constructions ou des lieux d’Histoire, le Musée du Mur de l’Atlantique présente la particularité d’être installé au sein même d’un monument de la Forteresse Europe, une rareté en Normandie qu’on ne trouve ailleurs qu’au Musée Radar de Douvres-la Délivrande. C’était l’occasion de restaurer le bâtiment pour lui rendre l’aspect qu’il avait pendant l’Occupation.
 

Niveau 4 : salle des cartes et poste de commandement de tir. À partir des données télémétriques, on situe les cibles en vue de la riposte. (© Thierry Georges Leprévost) 

Niveau 4 : salle des cartes et poste de commandement de tir. À partir des données télémétriques, on situe les cibles en vue de la riposte. (© Thierry Georges Leprévost)

L'armurerie permet de soutenir un siège. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L’armurerie permet de soutenir un siège. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Tandis que tous les autres musées consacrés à cette période sont établis in situ à proximité des constructions ou des lieux d’Histoire, le Musée du Mur de l’Atlantique présente la particularité d’être installé au sein même d’un monument de la Forteresse Europe, une rareté en Normandie qu’on ne trouve ailleurs qu’au Musée Radar de Douvres-la Délivrande. C’était l’occasion de restaurer le bâtiment pour lui rendre l’aspect qu’il avait pendant l’Occupation.

On peut ainsi approcher au plus près la vie quotidienne des soldats, grâce à des pièces équipées comme à la veille du Débarquement, animées par des mannequins d’un réalisme saisissant qui les mettent en situation dans cet espace confiné par le béton, des cloisons multiples, des portes étanches au gaz, sans autres ouvertures que celles du poste d’observation et la terrasse de tir.

La muséographie est telle qu’on croirait encore le Bunker en pleine activité, chacun s’affairant à sa tâche dans l’espace restreint qui lui est attribué. Reconstituées jusque dans leurs moindres détails, les pièces restituent dans un rare souci d’authenticité le rôle grandissant de l’industrie et de la technologie lors d’un conflit qui n’avait plus rien à voir avec le précédent, annonciateur des guerres modernes. Des centaines de documents, plans et photos accompagnent la mise en scène des lieux et élargissent le propos à l’ensemble des plages du Débarquement, restituant ainsi dans son contexte la réalité d’un édifice majeur des défenses allemandes.
 

Au cinquième niveau, les guetteurs avaient sur la baie de Seine une vue totale à 180°. Toujours présent, le télémètre qui permettait d'évaluer la distance à laquelle se trouvait un bateau ennemi, et de régler ensuite les batteries côtières pour atteindre leur cible. (© Thierry Georges Leprévost) 

Au cinquième niveau, les guetteurs avaient sur la baie de Seine une vue totale à 180°. Toujours présent, le télémètre qui permettait d’évaluer la distance à laquelle se trouvait un bateau ennemi, et de régler ensuite les batteries côtières pour atteindre leur cible. (© Thierry Georges Leprévost)
 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
HORAIRES
– Du 10 février au 31 mars : de 10 h 00 à 18 h 00.
– Du 1er avril au 30 septembre : de 9 h 00 à 19 h 00.
– Du 18 novembre au 20 décembre (ouvert uniquement le week-end) : de 10 h 00 à 18 h 00.
– Du 21 décembre au 5 janvier : de 10 h 00 à 18 h 00.
Fermeture de la billeterie 1 heure avant celle du musée.
Tous renseignements sur : https://museegrandbunker.com – Tél. : +33 (0)2 31 97 28 69. 
Publi-rédactionnel publié par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin

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Visite du musée du Débarquement d’Arromanches

Le nouveau musée du Débarquement sur la place du 6-Juin à Arromanches-les-Bains. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Les vestiges du port artificiel d’Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Les vestiges du port artificiel d’Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Comme vous le savez, cette année est marquée par le 80e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie. Dans cette perspective, le musée le plus ancien de notre région, dédié aux événements de juin 1944, a entrepris une réorganisation complète de sa muséographie. L’objectif est de valoriser davantage ses collections et d’immerger les visiteurs dans l’ambiance authentique du site naturel.

La commune d’Arromanches, située sur la plage de débarquement Gold Beach, fut l’un des deux sites retenus par les Alliés pour y installer un port artificiel. Dès le 7 juin, des bateaux hors d’âge étaient coulés au large pour former les éléments d’une digue artificielle. Le lendemain, on immergeait les premiers caissons Phoenix. Le port d’Arromanches traita jusqu’à 20 000 tonnes de matériel par jour et fonctionna jusqu’en novembre 1944.

 

Le musée d’Arromanches a fait peau neuve
 

Le musée d’Arromanches fut le premier musée du Débarquement à voir le jour en Normandie, en 1954. Après avoir accueilli vingt millions de visiteurs, il a fermé ses portes en 2022 pour les rouvrir en avril 2023, dans un bâtiment rénové qui présente une scénographie modernisée. Les vastes baies donnant sur le large offrent une vue imprenable sur les derniers vestiges du mulberry B, semés là comme autant de symboles du prix de la liberté.
 

Le nouveau musée du Débarquement à Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Nouvelle maquette du port vu du ciel au musée du Débarquement à Arromanches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Les maquettes de l'ancien musée du Débarquement ont églement été conservées. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Les maquettes de l’ancien musée du Débarquement ont églement été conservées. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
HORAIRES
– Novembre-Décembre-Février : de 10h à 17h
– Mars-Octobre : de 9h30 à 17h30
– Avril-Septembre: de 9h à 18h
– Mai-Juin-Juillet-Août : de 9h à 19h
Fermeture annuelle en janvier.
Fermé les 24, 25 et 31 décembre.
Dimanche : ouverture à 10h (sauf en juin, juillet et août : 9h).
Le musée sera exceptionnellement fermé les 6 et 8 juin 2024.
Tous renseignements sur : https://musee-arromanches.fr – Tél. : +33 (0)2 31 22 34 31. 
 
Publi-rédactionnel publié dans Patrimoine Normand n°129 (avril-mai-juin 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

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Seurat en villégiature… à Bayeux !

Port-en-Bessin, avant-port, marée haute. La toile signé Georges Seurat est visible depuis le 30 mars 2024 au MAHB, à Bayeux. (© Musée d’Orsay)

Pour célébrer le 150e anniversaire de l’impressionnisme, le musée d’Art et d’Histoire Baron-Gérard de Bayeux présente depuis le 30 mars une œuvre exceptionnelle prêtée par le musée d’Orsay…

80e anniversaire du Débarquement, certes, mais en cette année 2024, nous célébrons également le 150e anniversaire de l’impressionnisme, ou plus exactement le 150e anniversaire de la Première exposition des peintres impressionnistes, tenue dans l’atelier du célèbre photographe Nadar. Le musée d’Orsay consacre l’exposition Paris 1874. Inventer l’impressionnisme à ceux qui participèrent à cet événement fondateur, Boudin, Morisot, Degas, Pissarro… et bien sûr Monet, qui y présenta son célébrissime Impression, soleil levant, la toile qui donna son nom à tout le courant.

Sur fond de festival Normandie impressionniste (22 mars – 22 septembre), l’institution parisienne a par ailleurs prêté des dizaines d’œuvres à trente-quatre musées partenaires, parmi lesquels le musée d’Art et d’Histoire Baron-Gérard de Bayeux, l’un des plus attrayants de Normandie.

Depuis le 30 mars et jusqu’au 23 juin, dans un cadre chargé d’Histoire – pensez, l’ancien palais épiscopal ! –, entre des peintures de Gustave Caillebotte et d’Henri-Edmond Cross, vous pouvez admirer sur les cimaises Port-en-Bessin, avant-port, marée haute, œuvre réalisée en 1888 par Georges Seurat (1859-1891). Cet artiste est considéré comme l’un des pères du divisionnisme, également qualifié de néo-impressionnisme, mais plus connu sous l’appellation de « pointillisme ». Pour la première fois depuis plus de 130 ans, cette marine, d’une grande poésie et d’une finesse rare, revient donc au plus près des lieux qui l’ont vue naître. À mettre en perspective avec le paysage tel que nous le connaissons de nos jours. Incontournable !
 

Port-en-Bessin. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand) 

Port-en-Bessin. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition « 150 ans de l’impressionnisme – Prêt exceptionnel d’un tableau de Georges Seurat » 
MAHB – Musée d’Art et d’Histoire Baron-Gérard
37, rue du Bienvenu
14400 BAYEUX
Tél. : 02 31 51 25 50
www.bayeuxmuseum.com

 
Article publié dans Patrimoine Normand n°129 (avril-mai-juin 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

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Exposition « Les Travailleurs de la mer » au musée Victor-Hugo

Le combat de Gilliatt et de la pieuvre dans Les Travailleurs de la mer. Estampe de Maurice de Becque. (Coll. Jean-Marc Hovasse


DATE
Du 18 mai au 29 septembre 2024.
LOCALISATION :
RIVES-EN-SEINE (76).

 

 

À partir du 18 mai, le musée Victor-Hugo présentera une exposition dédiée au célèbre roman de Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer.

Rédigé pendant son exil à Guernesey, cet ouvrage – qualifié d’« épopée de l’océan et du progrès » par Marc Eigeldinger – puise largement dans l’environnement insulaire où le poète a vécu pendant onze ans, au moment de sa parution en 1866. D’ailleurs, Hugo dédie son roman à ce « rocher d’hospitalité et de liberté ». Bien que le thème maritime soit récurrent dans l’œuvre de Hugo, Les Travailleurs de la mer est le roman qui dessine le mieux son exil insulaire. C’est également l’œuvre à laquelle Hugo consacrera le plus d’illustrations graphiques.

Cette exposition offre une plongée au cœur de ce sublime drame romantique, de sa conception à sa réception critique, à travers une sélection d’œuvres comprenant des manuscrits, des dessins, des gravures et des journaux d’époque, issus des collections du musée et de prêts exceptionnels.

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition « Victor Hugo – Les Travailleurs de la mer » 
Musée Victor-Hugo
Quai Victor-Hugo
76490 RIVES-EN-SEINE
Tel. : 02 35 56 78 31
museevictorhugo.fr

 

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Pierres en lumières – édition 2024

Pierres en Lumières à l’abbaye de Jumièges. (© DPT 76)

Le festival Pierres en Lumières, mettant en valeur le patrimoine normand, se déroulera du 17 au 18 mai 2024.

Initié en 2008 par la Fondation du patrimoine et le département de l’Orne, le festival Pierres en Lumières s’est ensuite étendu au Calvados et à la Manche, avant d’être rejoint, en 2016, par l’Eure et la Seine-Maritime. Ce festival constitue une magnifique vitrine pour notre patrimoine et bénéficie auprès du public d’un succès jamais démenti !

Basée sur le volontariat, cette manifestation rassemble des particuliers propriétaires de lieux remarquables, des associations de sauvegarde du patrimoine, ainsi que des communes ou collectivités territoriales désireuses de mettre en valeur un ou plusieurs édifices publics chargés d’histoire. Les participants répondent à un appel à candidatures et s’engagent à illuminer le site ou le monument de leur choix, tout en ouvrant gratuitement l’accès à tous.

La Seine-Maritime, par exemple, brillera de mille et un feux grâce à une programmation riche de ponts, châteaux, églises, chapelles, mairies, moulins, halles, clos-masures, anciens cinémas, usines et témoins du passé industriel, sites mémoriels, monuments historiques, musées, mais aussi parcs et jardins… Vous pourrez ainsi déambuler dans une ambiance unique au milieu des ruines de l’abbaye de Jumièges, visiter la magnifique maison Henri-IV à Saint-Valery-en-Caux, explorer la collégiale Saint-Hildevert à Gournay-en-Bray, ou découvrir le charme des jardins de l’abbaye Saint-Georges à Saint-Martin-de-Boscherville.
 

Article publié dans Patrimoine Normand n°129 (avril-mai-juin 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin


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Magie noire, Magie blanche en Normandie

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc et clé en fer. Objets de l’exposition « Magie noire, Magie blanche en Normandie » au musée de Vire Normandie. (© Musée de Vire Normandie)


DATE
Du 3 avril au 3 novembre 2024.
LOCALISATION :
VIRE (14).

 

 

Baton de pouvoir. Objet de l'exposition « Magie noire, Magie blanche en Normandie » au musée de Vire Normandie. (© Musée de Vire Normandie)
Baton de pouvoir. Objet de l’exposition « Magie noire, Magie blanche en Normandie » au musée de Vire Normandie. (© Musée de Vire Normandie)

Croyez-vous en la magie ? Penser que l’on peut s’allier à des forces invisibles pour obtenir une faveur ou attirer un malheur, c’est croire en l’efficacité de la magie blanche et de la sorcellerie. Pendant 30 ans, l’association Les Blancs Montagnards a collecté les objets et les pratiques de croyances populaires et ésotériques en Normandie, mettant en lumière la diversité et la permanence des expressions de la pensée magique, allant des rituels des jeteurs de sort aux pratiques des guérisseurs. Une exposition au musée de Vire nous propose de les découvrir.

Comme au temps des Romains, les devins et les voyantes utilisent le plomb fondu et interrogent leur miroir pour dévoiler des secrets. Jeteurs de sort et sorcières transpercent d’aiguilles des effigies ressemblant à leur cible, ou fabriquent des objets étranges « chargés » de porter une malédiction. Contre ces maléfices, on fait appel aux désenvoûteurs, aux exorcistes et aux guérisseurs.

Les thérapies magiques sont également antiques. Les aspects d’un animal, d’une plante ou d’une pierre donneraient à voir leur propriété cachée. Alors, on boit une infusion de vipère dans de l’eau-de-vie pour éteindre le feu des brûlures d’estomac.

Cette exposition s’accompagne de nombreuses visites, d’interventions théâtrales, d’une conférence, de propositions pour les enfants, d’un catalogue.

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition « Magie noire, Magie blanche en Normandie » 
Musée de Vire Normandie
Square du Chanoine Jean-Héroult
14500 VIRE NORMANDIE
Tél. : 02 31 66 66 50
virenormandie.fr

 

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Exposition « De la place Royale à la place de la République » – Caen

Caen, place de la République, 1944. (© Archives du Calvados. Fonds Robert Delassale, 5Fi/5)


DATE
Du 1er juin au 3 novembre 2024.
LOCALISATION :
CAEN (14).

 

 

Le 11 mars 2024, la statue de Charles Demolombe a fait son retour place de la République à Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Le 11 mars 2024, la statue de Charles Demolombe a fait son retour place de la République à Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

En 2021, le service d’archéologie du Calvados fouillait les ruines de l’ancien hôtel de ville de Caen, autrefois situé place de la République et détruit par les bombardements de l’été 1944. À partir des résultats de cette fouille, la prochaine exposition du musée de Normandie intitulée De la place Royale à la place de la République – Quatre siècles d’histoire de la ville de Caen (1575-1975) nous invitera à découvrir les métamorphoses de ce quartier de la ville au fil du temps.

La ville est un espace en perpétuelle mutation. Ses transformations et les formes qu’elle prend donnent à voir et à comprendre comment ses habitants et les pouvoirs publics œuvrent pour l’aménager et la façonner afin qu’elle réponde à leurs besoins et à leurs aspirations.

Mêlant leçons d’histoire et de géographie, le parcours de l’exposition – illustrées notamment par une riche iconographie et les vestiges archéologiques mis au jour lors des fouilles – offre un aperçu de l’évolution de cet space. Il part de l’émergence de la ville moderne aux XVIe et XVIIe siècles à l’avènement de la ville républicaine à la suite de la Révolution française, en passant par les efforts d’éducation citoyenne du XIXe siècle et les tumultes de la Seconde Guerre mondiale, jusqu’au renouveau urbain après la guerre.

Exposition réalisée en partenariat avec le Service d’archéologie du Calvados. Dans le cadre du 80e anniversaire de la libération de Caen.

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition « De la place Royale à la place de la République – Quatre siècles d’histoire de la ville de Caen (1575-1975) » 
Musée de Normandie
Château
14000 CAEN
Tél. : 02 31 30 47 60
musee-de-normandie.caen.fr

 

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La fonderie Cornille-Havard à Villedieu-les-Poêles

L’atelier de la fonderie Cornille-Havard. L’artiste Vincent Olinet (à gauche de la photo) réalise les décors sur la fausse cloche Julie(Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Damien Bouet.

 

La fonderie Cornille-Havard allie tradition et modernité. Les étapes de fabrication et de coulée des cloches sont héritées du savoir-faire des saintiers du XIXe siècle, tandis que la réalisation des profils et l’accordement sont à la pointe de la technologie. L’imposante cheminée du four à réverbère domine le site. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La fonderie Cornille-Havard allie tradition et modernité. Les étapes de fabrication et de coulée des cloches sont héritées du savoir-faire des saintiers du XIXe siècle, tandis que la réalisation des profils et l’accordement sont à la pointe de la technologie. L’imposante cheminée du four à réverbère domine le site. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L’entreprise Cornille-Havard, installée dans la petite bourgade de Villedieu-les-Poêles, reste hors du temps et perpétue le savoir-faire ancestral de la fonderie de cloches. Il ne reste aujourd’hui que deux entreprises spécialisées dans ce domaine en France et une trentaine dans le monde. Le décochage, le 9 février 2024, de la cloche Julie, destinée à l’abbaye de Fontevraud, nous donne l’occasion d’aborder cette industrie sourdine si singulière.

En effet, depuis la création de l’atelier en 1865, la fonderie Cornille-Havard perpétue l’art des saintiers et permet aux clochers de continuer à sonner comme aux premiers temps de la chrétienté. Comme l’explique Paul Bergamo, directeur de la fonderie, « une cloche est à la fois une pièce de fonderie d’art, un instrument de musique et un objet d’art sacré chargé de symboles. » Aujourd’hui, l’entreprise est mondialement reconnue pour son expertise et pour la qualité de ses réalisations.

 

La fonte de cloches à Villedieu-les-Poêles

Un petit bourg nommé Siennestre, installé le long de la Sienne, est mentionné au XIe siècle à l’emplacement probable de l’actuelle Villedieu. Cependant, c’est au début du XIIe siècle que la ville naît réellement, grâce aux libéralités de Henri Ier Beauclerc. Le duc-roi octroie l’autorisation de construire une commanderie aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. La Gesta Normannorum ducum de Guillaume de Jumièges relate que « ces serviteurs du Christ bâtirent un bourg appelé Villedieu ». L’absence de taxe royale favorise la vie économique de la cité, qui accueille rapidement marchands et artisans. Ces derniers se tournent instinctivement vers le travail du cui…

 

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Filature Levavasseur – La « cathédrale industrielle »

À l’image de l’abbaye de Fontaine-Guérard, les ruines de la filature Levavasseur s’inscrivent dans un écrin de verdure. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Virginie Michelland.

 

À 300 mètres de l’abbaye de Fontaine-Guérard, d’autres vestiges spectaculaires et émouvants surgissent au bord de l’Andelle. Anne-Marie Catherine ne se lasse pas de les contempler. Sous ses yeux, et maintenant sous les nôtres, se profile la silhouette altière de la « cathédrale industrielle ». Un site unique en son genre, dont les chiffres expriment, mieux encore que des mots, la monumentalité : 96 mètres de long, 26 mètres de large, cinq niveaux juxtaposés, et quatre tours de 38 mètres de haut faisant fonction d’escaliers ou de cheminées, mais qui évoquent aussi bien les clochers d’une cathédrale gothique.

Un cadre hors du commun, pour un édifice inclassable, destiné à produire quatre tonnes de fil de coton par jour.
 

Une usine qui joue de malchance

Le sort n’a pas épargné l’établissement de Charles Levavasseur, construit à partir de 1857 en lieu et place des filatures de laine et de coton et de la manufacture de draps, ache…

 

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Abbaye de Fontaine-Guérard, ou les contemplations

L’abbaye de Fontaine-Guérard se situe au cœur de la vallée de l’Andelle. (© Abbaye de Fontaine-Guérard)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Virginie Michelland.

 

Olivier Monpoint, l’actuel propriétaire de l’abbaye. (© Abbaye de Fontaine-Guérard)
Olivier Monpoint, l’actuel propriétaire de l’abbaye. (© Abbaye de Fontaine-Guérard)

Au cœur de la vallée de l’Andelle, l’abbaye de Fontaine-Guérard, à Radepont, a porté pendant plusieurs siècles la prière silencieuse d’une communauté cistercienne. Les bâtiments monastiques préservés s’en font encore l’écho grâce à l’investissement de son propriétaire actuel, Olivier Monpoint, et de l’association Esprit de Fontaine-Guérard.

Une « fontaine qui guérit »

Le site de l’abbaye distille un sentiment de plénitude à travers le spectacle omniprésent d’une nature généreuse. Des frondaisons et leurs ombrages, des pelouses minutieusement entretenues et, en leur sein, des pierres millénaires cultivent une atmosphère propice à la méditation. Croyants ou non-croyants ne manquent pas de s’en émouvoir…

Si l’Andelle, née en Seine-Maritime, poursuit paisiblement son cours en bordure du site avant de rejoindre la Seine, un autre petit cours d’eau fait partie intégrante du décor : la Fontaine Guérard. Son nom fait allusion aux vertus thérapeutiques d’une source souveraine contre les maladies de peau, en particulier l’eczéma des tout-petits. Des malades y remplissent encore leurs bouteilles ; des analyses en ont confirmé les effets bénéfiques.

La présence d’une source au débit important (200 litres par seconde) favorise l’installation d’une communauté monastique. Le petit prieuré de femmes, fondé vers 1135 par Amaury de Meulan, évolue en 1190 vers une abbaye à part entière, sous l’égide du comte Robert de Leicester. Soutenue par Gautier de Coutances, archevêque de Rouen et grand bienfaiteur des monastères, cette fondation s’accompagne de donations géné…

 

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La Seine – Estuaire sauvage

Au pied du pont de Normandie s’étendent de vastes roselières. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°129
Par Stéphane William Gondoin.

 

Située à cheval sur les départements de la Seine-Maritime, de l’Eure et du Calvados, la Réserve naturelle nationale de l’estuaire de la Seine abrite une faune et une flore variées, qui la consacrent comme l’une des zones écologiques majeures de Normandie. La présence de ce véritable jardin d’Éden peut surprendre, aux portes du Havre et de son immense complexe industrialo-portuaire.

Depuis une trentaine d’années, Le Havre a entamé une mutation profonde et se transforme petit à petit en une vraie ville à vivre. Les principaux espaces verts – parc de Rouelles, forêt de Montgeon ou Jardins suspendus – et le front de mer aux lumières changeantes, prisées des impressionnistes, garantissent de longues promenades rendues vivifiantes par le souffle du large. Sa médiathèque Oscar-Niemeyer, son théâtre (le Volcan, scène nationale depuis 1991), sa bibliothèque patrimoniale Armand-Salacrou, sa maison de l’Armateur, ou son musée d’Art moderne André-Malraux, aux collections sans cesse enrichies, lui ont conféré une aura culturelle de premier plan. Quant aux immenses docks du XIXe siècle, friches autrefois insalubres, ils abritent quantité d’activités, commerces, salles d’exposition, de con…

 

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