Auteur/autrice : Patrimoine normand

Arboriculture au XVIIe siècle : enquête sur un art des jardins utile en abbaye

Jardin de l’abbaye de Saint-Georges. (© Galica – BNF)


DATE
Du 5 avril au 30 novembre 2025.
LOCALISATION :
Saint-Martin-de-Boscherville (76).

 

Dès le 5 avril, les Jardins de l’abbaye Saint-Georges vous invitent à explorer l’arboriculture au XVIIe siècle. Entre traditions bénédictines et savoir-faire royal, cette exposition plonge dans l’histoire des vergers d’abbayes, révélant un équilibre subtil entre utilité et esthétique. Une immersion unique dans un patrimoine vivant, à la croisée de la botanique et de l’héritage horticole.

Grâce à des ouvrages et figures de référence, cette exposition explore l’art des jardins monastiques du XVIIe siècle en mettant l’accent sur l’arboriculture et l’usage des fruits en abbaye. Elle s’appuie sur les connaissances de l’abbé Legendre, contrôleur des jardins fruitiers de Louis XIII, et de Jean-Baptiste de La Quintinie, directeur des jardins de Versailles sous Louis XIV. Leurs travaux témoignent d’un savoir-faire alliant utilité et esthétique dans la culture des arbres fruitiers.

L’exposition examine aussi les méthodes appliquées dans un jardin d’abbaye sous l’ordre bénédictin mauriste, période clé pour la recréation des jardins. À travers des archives et des analyses botaniques, elle met en lumière les pratiques horticoles et la gestion des variétés fruitières.

Ce premier volet de recherche invite à redécouvrir un patrimoine vivant et à réfléchir à l’avenir du jardin, notamment par le renouvellement et la diversification des arbres fruitiers, afin de préserver cette tradition arboricole.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Ouvert de 9 h 30 à 18 h 30
Jardins de l’abbaye Saint-Georges
12, route de l’abbaye
76840 Saint-Martin-de-Boscherville
Tél. : 02 35 32 10 82
abbaye-saint-georges.com

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°133 par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Exposition « Paquebots 1913-1942 – Une esthétique transatlantique »

André Galland, Île France sortant du Port du Havre(Coll. part., Photo Hervé Lewandowski © ADAGP, Paris 2025)


DATE
Du 26 avril au 21 septembre 2025.
LOCALISATION :
LE HAVRE (76).

 

À partir du 26 avril, le MuMa du Havre vous invite à découvrir « Paquebots 1913-1942 – Une esthétique transatlantique », une exposition qui révèlera comment ces géants des mers ont inspiré les artistes et façonné l’imaginaire collectif. Plongez dans l’effervescence créative d’une époque où luxe, modernité et bouleversements historiques se croisent sur l’océan.

L’exposition explore l’impact des géants des mers sur l’art et la culture entre les deux guerres mondiales. Au fil de 180 œuvres, elle dévoile l’influence des voyages transatlantiques sur les artistes européens et américains, dans une période marquée par l’innovation et l’effervescence créative.

Le Normandie, symbole de modernité, incarne cette époque, inspirant peintres, photographes, architectes et poètes. L’exposition présente des archives inédites de French Lines, qui révèlent la riche histoire des paquebots et leur rôle dans l’imaginaire collectif. Parallèlement, elle aborde les bouleversements sociaux et politiques, de la crise de 1929 à la montée des tensions menant à la Seconde Guerre mondiale.

À travers des œuvres d’une soixantaine d’artistes dont Raoul Dufy, Fernand Léger, Le Corbusier, Marcel Duchamp… L’exposition capte l’atmosphère particulière des traversées transatlantiques où se mêlent luxe, rencontres et exils. Ce voyage artistique met en lumière la fin d’une époque, marquée par les dernières grandes traversées avant la disparition de cette ère mythique des paquebots.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition « Paquebots 1913-1942 – Une esthétique transatlantique »
Du mardi au vendredi, de 9 h à 18 h, et du samedi au dimanche, de 9 h à 19 h.
Musée d’Art moderne André-Malraux
MuMa
2, boulevard Clemenceau
76600 LE HAVRE
Tél. : 02 35 19 62 62
www.muma-lehavre.fr

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°133 par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Exposition « Temps du ciel, temps des hommes »

Astrolabe (instrument de mesure de la position des astres) présenté lors de l’exposition. (© D. Boust)


DATE
Du 10 mars au 31 décembre 2025.
LOCALISATION :
LA HAGUE (50).

 

 

Découvrez Temps du ciel, temps des hommes, une exposition immersive à l’Andra, où histoire et science s’entrelacent. Entre instruments astronomiques restaurés et enjeux de transmission de la mémoire, plongez dans une exploration fascinante du temps, de sa mesure et de son héritage.

Cette exposition immersive, réalisée par le Groupe astronomique de Querqueville avec le soutien de l’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), explore l’évolution des instruments et techniques de mesure du temps.

Un des moments phare est la présentation d’instruments astronomiques vieux de 150 ans et récemment restaurés, comme une horloge à régulateur et son chronographe – conçus par Emmanuel Liais, astronome cherbourgeois du XIXe siècle. Grâce au travail des bénévoles du Groupe astronomique de Querqueville et de la Société des sciences de Cherbourg, ces instruments sont de nouveau en état de marche.

L’exposition présente également des objets historiques tels que le cadran solaire, le sablier, la clepsydre et la lunette méridienne, symboles d’une époque où la quête de précision révolutionnait la science. Elle soulève aussi des enjeux modernes en abordant la préservation de la mémoire à long terme, une problématique traitée par l’Andra pour transmettre aux générations futures la mémoire des centres de stockage de déchets radioactifs. Ateliers, maquettes et dispositifs numériques viennent enrichir cette exploration, alliant astronomie, histoire et mémoire du temps.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Exposition « Temps du ciel, temps des hommes »
Du mardi au dimanche de 14h à 18h
Entrée libre et gratuite
Du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h.
ANDRA
Bâtiment d’accueil du public
ZI de Digueville
50440 LA HAGUE
Tél. : 02 33 01 69 13

Article publié dans Patrimoine Normand n°133 par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Journées Européennes des Métiers d’Art – 2025

Les Journées Européennes des Métiers d’Art. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


DATE
Du 31 mars au 6 avril 2025.
 

 

 

Les Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA), événement unique au monde, proposent une immersion dans l’univers des métiers d’art à travers portes ouvertes, expositions et démonstrations. Pour cette 19e édition, qui se tiendra du 31 mars au 6 avril 2025, la Normandie est mise à l’honneur avec ses savoir-faire d’excellence.

Avec de nombreux professionnels des Métiers d’Art, notre région regorge de talents : dentelle d’Alençon, verre de la Vallée de la Bresle, cuivres de Villedieu-les-Poêles… autant de trésors à découvrir qui témoignent d’une tradition vivante et innovante. Sous le thème « Traits d’Union », cette édition célèbre les liens entre générations, territoires et savoir-faire artisanaux.
 

Journées Européennes des Métiers d’Art – La Normandie à l'honneur

 

DEUX TEMPS FORTS EN NORMANDIE

1) Les JEMA en Normandie

Du 31 mars au 6 avril, découvrez une cinquantaine d’événements près de chez vous. Des ateliers ouverts, démonstrations et expositions mettant en lumière des artisans passionnés comme un maître-verrier ou un fabricant de parapluies emblématique. Retrouvez le programme ici : https://cma-normandie.fr/programme

Ne manquez pas cette occasion unique de plonger dans l’univers fascinant des métiers d’art normands et de soutenir ces femmes et hommes qui façonnent notre patrimoine avec passion !
 

QUELQUES EXEMPLES D’ÉVÉNEMENTS
 

Pastis Olive, ébénisterie - 260 chemin de la fontaine Virginie - 14600 Penndepie. www.pastisolive.com
Pastis Olive, ébénisterie – 260 chemin de la fontaine Virginie – 14600 Penndepie. www.pastisolive.com

Pastis Olive, ébénisterie

Pastis Olive est un atelier de design et d’ébénisterie fondé par Enora Billard en 2018. Spécialisée dans la création de mobilier et de décorations sur mesure, elle développe ses collections en respectant des valeurs écologiques, en valorisant les chutes et en utilisant des produits naturels et non toxiques. Dans le cadre des JEMA, l’atelier Pastis Olive proposera un week-end de démonstrations, d’échanges et de découvertes autour du travail du bois. Le public pourra assister à des démonstrations de techniques telles que le dégauchissage et le rabotage, ainsi qu’à des activités de reconnaissance des essences de bois locales. Des échanges seront organisés pour permettre aux visiteurs de poser des questions et de découvrir plus en détail le travail d’Enora. Une vente d’atelier, incluant des créations artisanales à prix atelier, des outils et des objets uniques, sera également proposée tout au long du week-end.

Samedi 5 et dimanche 6 avril, de 10 h à 12 h et de 13 h à 18 h.

 

Les Girouettes de David - 65 route des Andelys - 27150 Frenelles-en-Vexin. www.les-girouettes-de-david.com Du lundi 31 mars au dimanche 6 avril de 10h à 18h
Les Girouettes de David – 65 route des Andelys – 27150 Frenelles-en-Vexin. www.les-girouettes-de-david.com

Les Girouettes de David, fabricant de girouettes

Après 30 ans d’expérience dans la maçonnerie et la couverture, David se consacre pleinement à la réalisation à la main de créations artisanales sur-mesure en zinc, cuivre et laiton. Chaque girouette, personnalisée selon un thème défini, est soigneusement soudée à l’étain, polie et vernie pour garantir sa durabilité et son éclat. David proposera des démonstrations de découpage, soudure et équilibrage de girouettes. Un atelier découverte, au tarif de 25 €, sera proposé : les participants pourront finir le pliage d’un bouton de rose en cuivre. Le temps du week-end, quatre artisans d’art seront invités pour partager autour de leur savoir-faire : un vannier, un tourneur sur bois, une couturière et un dinandier.

Du lundi 31 mars au dimanche 6 avril, de 10 h à 18 h.

 

Prieuré du Mont-Saint-Michel - 2 rue du Prieuré - Ardevon - Pontorson. www.pelerin-montsaintmichel.org Samedi 5 et dimanche 6 avril de 10h à 17h
Prieuré du Mont-Saint-Michel – 2 rue du Prieuré – Ardevon – Pontorson. www.pelerin-montsaintmichel.org

Merveilles d’art et d’artisanat

Sculpteurs, forgerons, menuisiers, couvreurs, facteurs d’instruments, restaurateurs de tableaux, etc., ce sont dix artisans normands qui participeront à la 19e édition des JEMA au Prieuré du Mont-Saint-Michel. Passionnés par leur métier, ces artisans ont contribué à la restauration de monuments emblématiques tels que Notre-Dame de Paris, le Prieuré du Mont-Saint-Michel et bien d’autres. Ils seront présents pour partager leur passion et leur engagement à transmettre des savoir-faire, souvent hérités de traditions ancestrales. Le public pourra les rencontrer sur leurs stands, où ils réaliseront des démonstrations de leur art. Deux conférences seront aussi proposées : « Histoire et restauration du Prieuré », le samedi 5 avril à 17 h 30 ; et « Travail du bronze et transmission du savoir-faire du maître d’art à son élève », le dimanche 6 avril à 14 h 30.

Samedi 5 et dimanche 6 avril, de 10 h à 17 h.

 

Centre-ville historique - Mortagne-au-Perche. ateliersdartduperche.fr Vendredi 4 avril de 14h à 18h, samedi 5 et dimanche 6 avril de 10h à 18h
Centre-ville historique de Mortagne-au-Perche. ateliersdartduperche.fr

Journées Européennes des Métiers d’Art à Mortagne-au-Perche

Les Ateliers d’Art du Perche et les Grands Ateliers de France installeront leurs ateliers dans la ville de Mortagne-au-Perche, Petite Cité de Caractère, pour célébrer l’excellence et la créativité des métiers d’art. Cet événement unique réunira 25 artisans d’art d’exception, répartis dans huit lieux patrimoniaux chargés d’histoire. Ces artisans d’art remarquables, dont certains Meilleurs Ouvriers de France, ou lauréats du prix Bettencourt pour l’intelligence de la main, feront découvrir les matières qu’ils utilisent et les gestes qu’ils pratiquent. Pendulier, relieuse, photographe au collodion, tabletier, mosaïste, ou encore membre de la Haute École de Joaillerie seront présents pour accueillir le public. Des ateliers pour les scolaires seront proposés le vendredi, samedi et dimanche après-midi.

Samedi 5 et dimanche 6 avril, de 10 h à 17 h.

 

Pôle Céramique Normandie Espace Frida Kahlo - 14 rue Jean Maridor - Port-Jérôme-sur-Seine poleceramiquenormandie.fr Du lundi 31 mars au vendredi 4 avril : 14h - 16h (visites sur réservation) Samedi 5
Pôle Céramique Normandie – Espace Frida Kahlo – 14, rue Jean Maridor – Port-Jérôme-sur-Seine poleceramiquenormandie.fr

Les JEMA au Pôle Céramique Normandie

Venez découvrir le métier passionnant de Céramiste ! Le Pôle Céramique Normandie ouvre ses portes. Une exposition/vente des travaux des stagiaires en formation professionnelle sera proposée au public. Les stagiaires pourront expliquer les différentes techniques de mise en oeuvre de la matière et de décor sur céramique en fonction des différents types d’argile au cours de visites programmées. Ces deux journées seront ponctuées de démonstrations : tournage, décor, cuisson au bois assurées par les enseignants et les stagiaires. Une initiation au travail de l’argile sera proposée aux enfants et aux adultes souhaitant exprimer leurs dextérité et fibre artistique ou tout simplement prendre contact avec cette matière naturelle ô combien plaisante.

Le Pôle Céramique Normandie vous propose également des visites du lundi 31 mars au vendredi 4 avril, de 14 h à 16 h. Visites sur inscription obligatoire au 02 35 31 93 51. L’entrée se fera par la cour du bâtiment (rue du Général Leclerc).

Du lundi 31 mars au vendredi 4 avril, de 14 h à 16 h (visites sur réservation) ; et le samedi 5 avril, de 10 h à 18 h (entrée libre).

 

2) Inauguration des JEMA

Le lundi 31 mars, c’est la journée inaugurale nationale des Journées Européennes des Métiers d’Art. Organisée par l’Institut pour les Savoir-Faire Français, la Région Normandie et la CMA Normandie, cette journée riche de rencontres et visites, se conclut par une soirée mettant en lumière le talent et la créativité des professionnels normands au travers d’une exposition exceptionnelle. Partenaires et journalistes sont conviés pour découvrir ces trésors artisanaux et le programme des JEMA en Normandie. En savoir plus ici : https://cma-normandie.fr/gma
 

 

LES CHIFFRES CLÉS SUR LES MÉTIERS D’ART EN NORMANDIE
  • 850 artisans labellisés « Artisan d’Art » ou « Maître Artisan d’Art »
  • 30 entreprises labellisées « Entreprise du Patrimoine Vivant »
  • 50 organismes de formation dont 30 établissements de formation initiale
  • 20 Meilleurs Ouvriers de France
  • Et bien plus encore !
En savoir plus sur les métiers d’Art en Normandie : https://metiersdartnormandie.fr
 

Publirédactionnel publié par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA).
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

18 février 1800 : exécution de Louis de Frotté

Ça s’est passé le 18 février 1800 : exécution de Frotté et de ses compagnons… Il y a 225 ans. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Dans un pré situé aux abords de la petite ville de Verneuil-sur-Avre, au sud du département de l’Eure, sur les coups de 5 heures de l’après-midi, une salve de coups de feu retentit. On vient d’exécuter la sentence de mort prononcée après un procès expéditif à l’encontre de Louis de Frotté et de certains de ses compagnons. Tous les tirs n’ont pas fait mouche : Frotté et deux de ses hommes se relèvent en criant Vive le roi ! Le coup de grâce les réduit au silence.

 

Ça s’est passé le… 18 février 1800

 

ORIENTATIONS BIBLIOGRAPHIQUES
 
Article publié dans Patrimoine Normand n°132 (janvier-février-mars 2025), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

À tire d’aile, festival des oiseaux migrateurs

À tire d’aile, festival des oiseaux migrateurs(© Guillaume Hédouin)

Embarquez pour un voyage au cœur de l’une des plus grandes zones humides de France ! Du 14 au 16 février 2025, le festival « À tire d’aile » célèbre la majestueuse migration des oiseaux au parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin. Un rendez-vous incontournable pour découvrir une biodiversité exceptionnelle et s’émerveiller devant la nature en mouvement.

Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, situé dans la Manche et le Calvados, est riche d’une des plus grandes zones humides herbagères françaises. Les 30 000 hectares qui la composent abritent une biodiversité exceptionnelle, notamment ornithologique. Classé site RAMSAR, ce territoire joue un rôle essentiel dans la migration des oiseaux. Son écosystème fragile bénéficie de nombreuses actions de préservation et de valorisation des ressources locales.

Du 14 au 16 février 2025, Carentan-les-Marais et le territoire du parc naturel régional accueilleront le festival « À tire d’aile », un événement festif et éducatif qui célèbre la migration des oiseaux. Le festival proposera des animations variées et gratuites pour tous : sorties ornithologiques, conférences, projection de films documentaires, expositions photographiques ainsi que des spectacles vivants. Les visiteurs pourront observer des espèces emblématiques telles que la bécassine des marais, le vanneau huppé, la sarcelle d’hiver, ou encore la cigogne blanche. Ce festival offre une occasion unique de découvrir ces oiseaux migrateurs dans leur habitat naturel, tout en sensibilisant à leur préservation.

À tire d’aile, festival des oiseaux migrateurs se présente comme un événement à ne pas manquer, une immersion dans la nature, qui réunit passionnés d’ornithologie, familles et curieux, tout en mettant en valeur l’importance écologique du parc.

 

Les oiseaux migrateurs des Marais du Cotentin et du Bessin

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
3,village Ponts d’Ouve
Saint-Côme-du-Mont
50500 CARENTAN-LES-MARAIS
Tél. : 02 33 71 65 30
www.parc-cotentin-bessin.fr

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°132par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
CONSULTER L’AGENDA CULTUREL


Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

L’homme, acteur des marais du Cotentin et du Bessin

La maison éclusière des Ormes à l’entrée du canal Vire-Taute, lors des crues hivernales à Montmartin-en-Graignes. Le canal, creusé au XIXe siècle, permettra d’acheminer les marchandises entre Saint-Lô et Carentan, mais aussi de drainer les eaux des marais de la Taute. (© Patrice Lecarpentier, PnrMCB)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Damien Bouet.
 
 
Nicolas Onfroy et son cheptel de limousines exploitent le Domaine d’Utah Beach à Sainte-Marie-du-Mont, une ferme du XVIIe siècle. Le Domaine abrite aussi un hôtel 4 étoiles, des gîtes et le restaurant Chez Arsène. (© www.domaine-utah-beach.com
Nicolas Onfroy et son cheptel de limousines exploitent le Domaine d’Utah Beach à Sainte-Marie-du-Mont, une ferme du XVIIe siècle. Le Domaine abrite aussi un hôtel 4 étoiles, des gîtes et le restaurant Chez Arsène(© www.domaine-utah-beach.com

Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, espace idyllique pour la faune et la flore, est le fruit du travail de la nature, certes, mais aussi de l’homme, qui a façonné son paysage pour pouvoir y vivre et l’exploiter.

L’assèchement et poldérisation

Dès le Moyen Âge, l’homme cherche à gagner des terres exploitables sur la mer et les marécages. L’essor agricole que le territoire a connu est intimement lié au travail de domestication des flots, opéré depuis de nombreux siècles. Au XVIIIIe et au XIXe siècle, les gouvernements successifs sont confrontés à la nécessité d’augmenter la production agricole et accélèrent l’assèchement des marais. Un vaste réseau de fossés est creusé pour drainer les eaux vers la mer.

Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, cinq portes à flots ont été installées à l’exutoire des fleuves. Premier rempart contre l’intrusion de l’eau, elles empêchent les remontées marines dans les terres. Jusqu’alors, l’effet des marées est perceptible de Trévières, dans le Bessin, à Saint- Sauveur-le-Vicomte dans le Cotentin. Actionnées par la force de l’eau, elles s’ouvrent à marée basse par la pression du fleuve et se ferment à marée haute sous l’action des flots marins. À partir de 1856, ces aménagements sont complétés par la poldérisation de la baie des Veys et la canalisation des fleuves débouchant sur la baie. Près de 2000 hectares sont ainsi ga…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.

DOSSIER « Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin » (16 pages) :


Abonnement Patrimoine Normand
Continuer la lecture

Les marais du Cotentin et du Bessin – Un espace naturel

Les marais du Cotentin et du Bessin, situés entre deux mers, regroupent une variété de paysages insoupçonnée. (© Patrice Lecarpentier, PnrMCB)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Damien Bouet.
 
 

Les marais, construits et entretenus par l’homme, sont des lieux formidables pour la faune et la flore. L’une des missions du parc est de préserver la biodiversité du territoire et de conserver ses paysages.

Un territoire naturel d’exception

À chaque paysage son biotope, associé à sa faune et à sa flore. Les marais du Cotentin et du Bessin ont la chance de regrouper marais, bocage, landes et tourbières, ainsi qu’un grand espace littoral à l’est et l’ouest. Barbey d’Aurevilly écrivait dans Ce qui ne meurt pas (1884) : « N’avez-vous, vous qui lisez ces pages, jamais voyagé à travers ces marais du Cotentin qu’on a essayé de décrire et qui sont assez vastes pour que seulement les traverser puisse vous paraître un voyage ? »

La région comprend quatre sites du réseau Natura 2000 animés par le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin : les marais du Cotentin et du Bessin et la baie des Veys, les basses vallées du Cotentin, le havre de Saint-Germain-sur-Ay et les landes de Lessay, ainsi que les coteaux calcaires et les anciennes carrières de La Meauffe, Cavigny et Airel. Elle présente un fort intérêt patrimonial, reconnu à l’échelle européenne. Ces sites abri…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.

DOSSIER « Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin » (16 pages) :


Abonnement Patrimoine Normand
Continuer la lecture

Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin

En automne et en hiver, les précipitations font sortir les rivières de leur lit : c’est la blanchie des marais. (© Thierry Houyel­­­­)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Damien Bouet.
 
 
Carte du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin et de son réseau hydrographique. (© DAO Damien Bouet)
Carte du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin et de son réseau hydrographique. (© DAO Damien Bouet)

Aujourd’hui blanchis par les précipitations hivernales, les marais du Cotentin et du Bessin forment un vaste territoire aux paysages variés, mêlant zones humides et bocages verdoyants, forêts épaisses et dunes côtières.

Longtemps dépréciés par l’imaginaire collectif et les auteurs romantiques du XIXe siècle, les marais attirent aujourd’hui les amoureux de la faune et la flore de tous horizons. L’esthétisme singulier des marais est rythmé par les saisons. Partons donc à la découverte des trésors naturels et patrimoniaux de ce pays unique de Normandie.
 

Une mosaïque de paysages, entre terre et mer

Les marais du Cotentin et du Bessin, longtemps appelés « marais de Carentan », couvrent un immense espace au sud du Cotentin et au nord du Bessin, majoritairement irrigué par l’Aure, la Vire, la Taute, la Douve et l’Ay. L’imaginaire retient surtout le côté marécageux de ce territoire qui, bordé à l’ouest et à l’est par deux grandes façades maritimes, mêle pourtant une très grande variété de pay…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.

DOSSIER « Le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin » (16 pages) :


Abonnement Patrimoine Normand
Continuer la lecture

Le haras national du Pin – Le cheval en son royaume

Le haras du Pin s’inscrit dans un cadre préservé d’herbages et de forêts. (© David Commenchal)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Virginie Michelland.

 

Le Versailles du cheval se dévoile derrière une majestueuse grille en fer forgé. (© David Commenchal)
Le Versailles du cheval se dévoile derrière une majestueuse grille en fer forgé. (© David Commenchal)

Dans son décor d’herbages et de forêts, le haras national du Pin offre au cheval un écrin à la mesure de sa noblesse et de son prestige. Une équipe passionnée y cultive, d’hier à aujourd’hui, un savoir-faire d’excellence

Le projet du Roi-Soleil

Qualifié par l’écrivain normand Jean de La Varende, grand amateur de chevaux, de « Versailles du cheval », le haras du Pin cultive des liens historiques étroits avec Louis XIV. Sa fondation résulte de la nécessité d’augmenter les effectifs de chevaux pour répondre aux impératifs militaires. Les guerres, qui rythment le règne du grand roi, sont en effet coûteuses en chevaux que l’on fait venir à grand frais de divers pays d’Europe. L’élevage d’étalons destinés à la reproduction apparaît comme une solution viable pour s’affranchir de ce mode de fonctionnement. Le cheval étant, par ailleurs, indispensable au quotidien du roi et de sa cour, il faut pouvoir remplir les Grande et Petite Écuries de Versailles de pensionnaires de qualité.

Colbert promulgue donc, en 1665, un décret fondant les haras royaux. Le premier est construit à Saint-Léger-en-Yvelines. C’est un échec, en raison notamment des mauvaises conditions sanitaires auxquelles sont soumises les juments poulinières… Chargé de poursuivre la prospection, François-Gédéon de Garsault, capitaine du haras royal, jette son dévolu sur la fertile vallée du Merlerault, plus particulièrement sur le buisson d’Hiesmes (Exmes) où l’herbe est (et reste) abondante et de qualité. Riche en fer, la rivière y développe chez les chevaux un squelette solide et élancé, et une nervosité de bon aloi. Enfin, la proximité avec Versailles favorise les allées et venues des chevaux et de leurs palefreniers. Une trentaine de poulains nés au haras rejoi…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Pont-de-l’Arche et le fort d’Alizay-Igoville – Fortifications de la Seine normande

Aquarelle de Jean-Claude Golvin évoquant le système mis en place au-dessus de la Seine entre Igoville (à gauche) et Pont-de-l’Arche (à droite) au IXe siècle. (© Jean-Claude Golvin)


Cyril Marcigny

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Cyril Marcigny.

 

Bien connu des spécialistes de l’âge viking, le fort carolingien d’Igoville constitue un site majeur du patrimoine national français, même si sa renommée y est demeurée bien plus modeste qu’outre-Manche. Situé sur le cours de la Seine, il constitue avec Pont-de-l’Arche un système défensif associé à un pont qui barrait le cours du fleuve.

De nouvelles études sur un site d’exception

Faisant suite à une analyse approfondie des sources écrites carolingiennes relatives à sa construction par l’historien et numismate britannique Simon Coupland, un récent article de Jacques Le Maho, historien et archéologue spécialiste de Rouen et du val de Seine au haut Moyen Âge, a dernièrement contribué à remettre en lumière ce site exceptionnellement conservé qui n’a fait l’objet, jusqu’alors, que d’interventions archéologiques très limitées, essentiellement sous forme de sondages ouverts dans les années 1980 par l’archéologue Brian Dearden, de l’université de Manchester.

En 2010-2011, une nouvelle intervention archéologique a été conduite par l’Inrap sur une trentaine d’hectares en berge de Seine, à Alizay et Igoville, face à Pont-de-l’Arche, dans l’Eure. La longue séquence d’occupation inaugurée à la préhistoire, il y a 11 000 ans, se conclut à l’époque carolingienne par la construction d’un pont fortifié et de fortifications gar…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Le Coupe Gorge – La micro-brasserie du Cinglais

La popularité croissante des bières locales et artisanales a revigoré le marché des bières en bouteille, qui ne sont pas soumises à des accords d’exclusivité. Celles de Max Boullan s’inscrivent dans ce créneau porteur. (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Jean-Luc Péchinot.

 

Cette bière-là ne nous reste jamais en travers de la gorge. À Saint-Laurent-de-Condel, en pays de Cinglais, on se pinte avec des houblons qui ont tout bon. Ceux de la brasserie Coupe Gorge !

La mousse pour la bière. Devenue la boisson la plus populaire au monde, avec un marché estimé à près de 300 millions de dollars, le plus ancien breuvage fermenté n’a plus aucune raison d’envier le vin, même en France où, en 2023, le chiffre d’affaires de la bière dans les hypermarchés a surpassé celui du vin. Le paysage brassicole français a dès lors connu une croissance spectaculaire. Ainsi, alors qu’en 2006 la France comptait seulement 246 brasseurs, ce nombre s’est élevé à 1600 en 2018 et a culminé à 2300 en 2023, quadruplant quasiment en à peine douze ans.

Dans le même temps, le nombre de micro-brasseries a lui aussi triplé, l’une des plus singulières en Normandie étant celle dont on retient le mieux le curieux nom, Coupe Gorge, référence à la rivièrette qui coule dans le village de Saint-Laurent-de-Condel, niché en Suisse normande, entre les forêts de Grimbosq et de Cin…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Le Cinglais – Cœur historique de la Suisse normande

Le donjon des barons de Tournebu (XIIIe et XVIIe siècles). La tour résiste, mais elle est fragilisée par les souterrains et l’effondrement de l’escalier. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Virginie Michelland.

 

En lisière de la forêt de Cinglais. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
En lisière de la forêt de Cinglais. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Au cœur de la Suisse normande se cache un pays dont l’origine remonte bien avant l’an mil. Alors que les ducs normands étendent leur emprise territoriale vers l’Orne, ils fieffent une partie de leur domaine du Cinglais à des seigneurs de confiance, les Tesson, les Marmion, les de La Pommeraye ou les de Tournebu. Outre d’imposantes fortifications, ceux-ci fondent des abbayes qui contribuent au rôle économique et au rayonnement spirituel du Cinglais.

Le Cinglais, une mosaïque de paysages

Mottes castrales, églises romanes, vestiges de donjons et d’abbayes subsistent de cette époque médiévale. De nombreux toponymes (communes, hameaux, forêt) conservent la mémoire de l’histoire féodale du Cinglais. L’empreinte des familles nobles comme celles de Saint-Germain, d’Oilliamson, d’Harcourt se manifeste par l’édification de châteaux Renaissance ou classiques imposants, ou de simples demeures de plaisance. La forêt domaniale de Cinglais, malgré les défrichements, couvre encore une grande partie du territoire en arc de cercle autour de Boulon. La forêt de Grimbosq, le bois d’Alençon au nord qui s’étend jusqu’à Bretteville, les bois d’Outrelaise et de la vallée de la Laize à l’est, les bois de Saint-Clair ou de Saint-Germain-Langot au sud constituaient un même domaine forestier. Les cours d’eau et leurs moulins gardent la trace d’une intense activité artisanale. Dans le bocage ou la plaine, entre hameaux et bourgs s’étendent les terres agricoles et les prairies. Rochers de schistes et de grès affleurent sur le plateau et le versant des vallées couvert de landes et de broussailles. Au nord-est, en bordure de la vallée de la Laize, le calcaire de Caen connaît une forte exploitation ainsi que le minerai de fer. Les façades des maisons, fermes ou châteaux expriment la diversité du sous-sol et confèrent aux paysages du Cin…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Potager de Beaumesnil – Des graines qui traversent les âges

Le Potager conservatoire de Beaumesnil produit depuis de nombreuses années des variétés anciennes de légumes. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Virginie Michelland.

 

Luc Devaux, artisan semencier, est l’une des chevilles ouvrières du Plan Végétal normand. (© Virginie Michelland)
Luc Devaux, artisan semencier, est l’une des chevilles ouvrières du Plan Végétal normand. (© Virginie Michelland)

Parmi les projets qui fleurissent en faveur de l’environnement, le Plan Végétal normand, soutenu par la Région, concilie patrimoine, gastronomie et développement durable. Luc Devaux, artisan semencier, présente la démarche.

Une démarche patrimoniale ­

Le Plan Végétal exauce le vœu de l’association Montviette Nature en pays d’Auge de sauvegarder le patrimoine immatériel de la Normandie rurale. Avec l’aide des adhérents et de nombreux partenaires, Christiane Dorléans, sa fondatrice, étudie et valorise, depuis 1990, la biodiversité discrète de son territoire.

Tout en l’inventoriant, elle a mis au point une méthode d’enquête autour des savoirs et savoir-faire traditionnels, basée notamment sur la prospection auprès des anciens. Certains d’entre eux conservent encore des semences de légumes et la mémoire de leur mode de culture et de leur utilisation. Chaque variété constituant une composante d’une civilisation paysanne et de ses caractéristiques locales, la passionnée se fait fort de l’identifier avec l’aide des paysans d’hier. Rien ne vaut ensuite de semer et multiplier les graines encore disponibles, pour faire vivre ce patrimoine et régaler les gourmets.

Sensibles aux enjeux d’une relocalisation de la production de légumes dans une optique de souveraineté alimentaire, les élus lancent, en mars 2022, un appel à la valorisation des semences normandes. Un véritable Plan Végétal est patiemment éla…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

La Sainte-Trinité de Fécamp – Taille cathédrale !

Face sud récemment restaurée de l’abbatiale de la Sainte-Trinité. (© Ville de Fécamp)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Stéphane William Gondoin.

 

L’abbaye fécampoise tient une place à part dans l’histoire de la Normandie. D’abord, parce qu’elle est l’une des plus anciennes, avec une naissance située aux alentours de 658. Mais surtout, c’est d’elle que partit, peu après l’an mille, l’impulsion nécessaire à la restauration d’un tissu monastique dense, après les dévastations causées par les Vikings.

L’épopée de ce monastère prestigieux débute au viie siècle. Après avoir fondé l’abbaye de Fontenelle, en 649, saint Wandrille pousse un certain Waninge, aristocrate de haut rang, à installer une communauté religieuse pour femmes en un lieu appelé « Fiscamnus », dont l’étymologie reste obscure. Sa première abbesse se nomme Childemarque (ou Hildemarque), « vierge d’une très grande sainteté », qui semble d’origine bordelaise. Pour s’être trop mêlé de politique, saint Léger, évêque d’Autun, se retrouve exilé à Fécamp vers 676 et confié à la garde de Waninge et des nonnes. C’est à peu près tout ce que l’on sait du passé lointain de cet établissement, qui disparaît au cours du IXe siècle sous les assauts vikings.

 

Sous la protection des ducs

Après la fondation de la Normandie en 911, Fécamp est l’une des résidences favorites des ducs au moins depuis le principat de Guillaume Longue-Épée (v. 927-942). Pour ces descendants de Vikings, la proximité de la mer n’est sans doute pas étrangère à ce choix, de même que la présence d’une vaste et giboyeuse forêt, quand la chasse constitue le principal loisir de la haute noblesse de l’époque. Richard Ier (942-996), successeur de Gui…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Fours à chaux de Cavigny – Préserver patrimoine industriel et biodiversit&eacute

Le site des fours à chaux s’étend sur 26 hectares dont 11 sont la propriété du Département de la Manche. (© Fondation du patrimoine


Michel Levron.

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Michel Levron.

 

Au XIXe siècle spécialement, le développement de très nombreux sites industriels a souvent maltraité la nature et ses « habitants ». Ces sites, dont l’intérêt patrimonial est parfois bien réel, doivent être sauvegardés et visités tout en protégeant leur biodiversité. Pas facile… Les travaux récemment réalisés pour pouvoir visiter les fours à chaux de Cavigny, dans la Manche, tout en protégeant leur biodiversité sont, à cet égard, exemplaires. Ce projet a d’ailleurs été lauréat 2024 pour la Normandie du programme « Patrimoine naturel et biodiversité » de la Fondation du patrimoine.

Un site triplement patrimonial

Situés dans le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, les six fours à chaux de Cavigny construits à la fin du XIXe  siècle peuvent être qualifiés de trois fois patrimonial. Ils ont donc trois bonnes raisons d’être soutenus par la Fondation du patrimoine.

  • Production d’un matériau utilisé notamment dans la construction. Quand on évoque le patrimoine, on pense d’abord aux monuments parfois protégés. Les fours à chaux en sont si l’on peut dire « l’usine », puisqu’ils produisaient ce matériau, surtout utilisé dans la cons…
 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Quand Louis-Philippe filait à l’anglaise…

Louis-Philippe, « roi des Français », par Pierre Roch Vigneron, portrait peint en 1831, peu après son accession au trône. (© Paris musées – Musée Carnavalet – www.parismusees.paris.fr)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Stéphane William Gondoin.

 

Durant le long règne de Louis XIV (1643-1715), la France fut rarement en paix. Le Roi-Soleil mena en effet une politique d’expansion territoriale tous azimuts qui le conduisit à entrer en conflit avec la plupart de ses voisins. En 1688, débute la terrible guerre de la Ligue d’Augsbourg, au cours de laquelle la Normandie se retrouve en première ligne. Et c’est la cité de Dieppe qui paie le prix fort.

Voilà plusieurs années que la monarchie de Juillet suscite de très fortes oppositions. À l’origine, elle portait un projet plutôt libéral, garantissant par exemple la liberté totale de la presse. Dès l’origine, elle fut tiraillée entre les thèses d’Adolphe Thiers, à qui l’on attribue la formule fameuse « le roi règne et ne gouverne pas », et celles de François Guizot, « le trône n’est pas un fauteuil vide ». Elle ne cessa de prendre un tour autoritaire, faisant croître le mécontentement. Et tant pis pour les cassandres qui, tel le ministre de l’Instruction publique Salvandy, prophétisent : « Nous dansons sur un volcan. »

 

Fin de règne

Des insurrections éclatent dans la nuit du 22 au 23 février 1848, soutenues par les militants républicains. Bientôt, les légions de la garde nationale, principaux piliers du régime, se mutinent. Terrifié et apathique, Louis-Philippe sacrifie Guizot, ministre honni, en demandant sa dé…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Le donjon de Bouillon Viéville – construction du XXe siecle

Le donjon de Didier Lobert à Saint-Germain-sur-Avre. Le donjon semble surgi du XIIe siècle ; il a en réalité été construit au XXe siècle. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Virginie Michelland.

 

Didier Lobert de Bouillon Viéville, bâtisseur du donjon. (© Sylvaine Lobert)
Didier Lobert de Bouillon Viéville, bâtisseur du donjon. (© Sylvaine Lobert)

Dominant la vallée de l’Avre, surgit un donjon que l’on jurerait hérité du XIIIe siècle. Il est en réalité l’œuvre d’un attachant touche-à-tout du XXe siècle, Didier Lobert (1934-2021), dit « de Bouillon Viéville ».

Itinéraire d’un artiste

Derrière chaque homme se cache un enfant dont les rêves déterminent en partie la trajectoire suivie à l’âge adulte. Fils et petit-fils d’industriels, Didier, né à Dreux, souffre dans ses jeunes années de tuberculose. Astreint à des activités statiques, il se laisse emporter par la magie des livres. À la faveur de nombreuses visites de musées, le voyageur immobile, qui goûte par ailleurs le dessin et le bricolage, cultive dès son plus jeune âge l’évasion et la liberté.

La tradition familiale l’oriente vers l’entreprise de métallerie industrielle. Puis, il jette l’éponge pour se consacrer à la peinture. Il a déjà transformé son appartement parisien en un lieu hors du temps dont le décor Renaissance fascine sa fille, Sylvaine.

Rien de tel, toutefois, que de vivre à la campagne. Les parents de Didier possèdent depuis 1958 une petite maison à Saint-Germain-sur-Avre, dans le sud de l’Eure, où la branche ma…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

La « bombarderie » de 1694 – Dieppe rayée de la carte

La « bombarderie » de Dieppe, en 1694. Attaque de la ville vue depuis le large. Gravure anonyme, 1695. (© Rijksmuseum d’Amsterdam – www.rijksmuseum.nl


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Stéphane William Gondoin.

 

Durant le long règne de Louis XIV (1643-1715), la France fut rarement en paix. Le Roi-Soleil mena en effet une politique d’expansion territoriale tous azimuts qui le conduisit à entrer en conflit avec la plupart de ses voisins. En 1688, débute la terrible guerre de la Ligue d’Augsbourg, au cours de laquelle la Normandie se retrouve en première ligne. Et c’est la cité de Dieppe qui paie le prix fort.

Parmi les belligérants hostiles à la France figure l’incontournable Royaume-Uni, cette fois-ci allié aux Pays-Bas. À eux deux, ces États disposent d’une flotte gigantesque. En un scénario maintes fois rencontré au cours de l’Histoire, les Français envisagent d’abord de porter le fer et le feu outre-Manche. Philippe VI de Valois (1328-1350), en son temps obnubilé par cet objectif, perdit sa flotte à la bataille de l’Écluse, le 24 juin 1340 ; Napoléon Ier verra pour sa part la sienne anéantie à Trafalgar, le 21 octobre 1805 ; quant à Louis XIV, le désastre de la Hougue, survenu sur les côtes du Cotentin du 29 mai au 3 juin 1692, sonne le glas de ses espérances. Hitler ne fera pas mieux, avec sa chimérique opération Seelöwe ou Lion de Mer. Pour rappel, personne, depuis Guillaume le Conquérant, n’a réussi à s’em…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Le bonheur est dans Les Prés

Une maison au bord de l’eau. Chambres et salons s’ouvrent sur un vaste parc arboré d’espèces centenaires, bercé par la rivière de l’Hoëne en contrebas. (© Franck Schmitt)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Jean-Luc Péchinot.

 

De la douce campagne, un maison de patrimoine revisitée, une table pour locavores : à quelques vallonnements de Mortagne-au-Perche, dans l’Orne, l’hôtel Les Prés se révèle un intimiste nid de sérénité.

Pour vivre heureux vivons… perchés ! Ces deux-là pourraient faire leur cette expression revisitée, tant leur douillette cachette du Perche les éclaire de bonheur. « Oui, c’est aussi fort que ce dont nous avions rêvé », résument d’une seule voix Stéphane et Éric qui, deux ans après s’être lancés dans leur nouvelle vie, se disent « épanouis ». Et déjà acclimatés à merveille à cet enchanteur ailleurs qu’est ce coin de France où le temps semble couler plus doucement.

Fait de vallons couverts de grasses prairies, de forêts de chênes séculaires, de petites villes, villages et hameaux de carte postale, ce Perche relève du tableau grandeur nature. Les routes y prennent encore le temps de tourner, de monter et de descendre, sous des ciels changeants et dans d’infinies nuances de vert et marron. La nature et la pierre s’y asso…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Céramiste – un savoir-faire, une passion, un métier

Léa Croison dans son atelier à Calleville, dans l’Eure. Le façonnage est la première étape du processus. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°132
Par Virginie Michelland.

 

Installée depuis trois ans à Calleville, petite commune de l’Eure proche de Bernay, Léa Croison n’aurait pu mieux tomber en y posant ses valises… Céramiste comme elle, sa prédécesseure avait aménagé un atelier derrière la maison. Une aubaine pour la jeune femme, désireuse de se consacrer pleinement, elle aussi, à ce métier-passion…

Naissance d’une vocation

Lorsqu’elle s’est engagée dans des études d’art, comprenant une mise à niveau en arts appliqués et un BTS design de produits, Léa ne se destinait pas particulièrement à la céramique. Le plateau technique de son établissement, situé dans sa Lorraine natale, comprenait toutefois un atelier, avec son matériel en accès libre pour développer sa créativité en autonomie.

Pour Léa, la manipulation de la terre et sa transformation en objets solidifiés grâce à un séchage patient et à une cuisson bien menée, est une révélation qui pousse l’étudiante à consulter blogs et manuels. Cette démarche la détermine plus encore à obtenir un diplôme des métiers d’art en céramique artisanale. Débute une période intensive de deux ans, à laquelle s’ajoutent six mois de stage à Paris. Léa y rejoint un atelier collectif ; un choix enrichissant, pour progresser sous le regard bienveillant et avec la complicité d’aut…

 

Il vous reste 94 % de cet article à lire.



Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture

Millénaire de Caen, le programme se précise !

L’église Saint-Pierre de Caen. (© Stéphane William Gondoin)

Voici déjà plusieurs mois que nous vous en parlons : la préfecture du Calvados célébrera en 2025 le millénaire de sa naissance. Ou, plus exactement, le millénaire de sa première mention, dans une charte du duc de Normandie Richard II en faveur de l’abbaye Saint-Père de Chartres. Des fâcheux objecteront sans doute que ce document n’est pas exactement daté puisque sa rédaction se situe entre 1021 et 1025. Mais le Covid-19 a perturbé le calendrier, et il faut bien choisir un moment de commémoration, voire de communion, entre les Caennais et plus globalement tous les Normands.

Et l’on en sait plus sur certains événements. À partir du 20 mars d’abord, un spectacle immersif retracera les dix siècles d’histoire de la ville à travers plusieurs tableaux ; rendez-vous à la salle de l’Échiquier du château. Du 21 au 28 mars ensuite, les Journées de l’Histoire proposeront des conférences, des panels, ou des tables rondes autour de quatre thématiques : Caen, échanges culturels et économiques intra-européens ; Caen, ville intellectuelle ; Caen, les sociétés caennaises ; Caen, son environnement. Le 9 mai 2025, une grande parade festive traversera la ville pendant plusieurs heures, et le week-end du 27 au 29 juin sera consacré à la mer et au littoral. Enfin, au mois d’octobre, trois solistes de renommée internationale donneront un concert. Le tout sur fond d’œuvres d’art et de manifestations diverses proposées dans toute la cité. Quant à nous, nous ne manquerons pas de vous proposer un dossier complet dans l’un de nos prochains numéros !

 

Tous renseignements sur le site Internet www.millenairecaen2025.fr
 
Article publié dans Patrimoine Normand n°131 (octobre-novembre-décembre 2024), par Stéphane William GondoinStéphane William Gondoin

Abonnement Patrimoine Normand

Continuer la lecture