Auteur/autrice : Patrimoine normand

L’enceinte fortifiée de la Cité de Limes

Vue aérienne du Camp de César en septembre 2024. Depuis le ciel se distingue nettement le tracé triangulaire de l’oppidum dominant la Manche et protégé au nord-ouest par la falaise. Cette perspective met en évidence la relation stratégique entre le site, ses défenses et le littoral environnant. (© Christophe Chappet – SRA Normandie)


Guillaume Blondel

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Guillaume Blondel.

 

Sous l’effet implacable de l’érosion marine, le littoral normand perd chaque année des pans entiers de son histoire. Parmi les sites les plus menacés, une forteresse gauloise, perchée au-dessus de la Manche, est lentement rongée par le recul inexorable des falaises.

Bien identifiée dans le paysage par un talus massif, une vaste enceinte fortifiée d’origine gauloise – connue sous le nom de Cité de Limes ou Camp de César – surplombe la Manche et la côte d’Albâtre à plus de soixante-dix mètres de hauteur. Cependant, le recul du trait de côte et les effondrements réguliers de la falaise de craie effacent progressivement les dernières traces d’occupation de ce remarquable témoignage de l’histoire du bassin dieppois qui est loin d’être un cas isolé. De fait, la DRAC Normandie conduit actuellement une démarche partenariale, à laquelle le service municipal d’archéologie de la Ville d’Eu est associé, en vue d’évaluer les sites menacés par l’érosion du littoral. Cette étude a ainsi été l’opportunité de relancer des recherches sur ce site his…

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La champignonnière d’Orbec – Entre mémoire et savoir-faire

La champignonnière a abrité au fil des siècles une vie sous terre dont subsistent diverses traces. Les exploitants s’astreignent à une récolte quotidienne, y compris les week-ends et jours fériés. (© Viriginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Virginie Michelland.

 

Depuis le XIVe siècle, la champignonnière d’Orbec a vécu plusieurs vies. Découverte émouvante et passionnante aux côtés des champignonnistes Stéphanie et Olivier Perrel.

Une vie sous terre

La champignonnière a été au fil des siècles le cadre d’une vie sous terre… Comment ne pas avoir une pensée pour les mains anonymes qui en ont griffé la voûte à coups de pioche ? Dans cette vallée fertile de l’Orbiquet, leur travail a permis l’implantation d’une petite ville, puis sa reconstruction pour tourner la page de la guerre de Cent Ans. Comme un symbole de ce renouveau, le clocher de l’église Notre-Dame émerge au-dessus des arbres. L’édifice est visible de la carrière, elle-même exploitée jusqu’au XIXe siècle.

Sous l’égide de la Croix-Rouge, ils passent de longues nuits sur des lits de fortune tout en sortant dans la journée pour traire les vaches, se décrasser dans l’Orbiquet, et même mettre au monde un bébé… Un semblant de vie normale s’organise, avec une répartition des tâches définie lors d’une réunion matinale, et un règlement intérieur qui im…

 

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Le château de Chambois – Une forteresse du Hiémois

Le donjon de Chambois fut édifié vers 1180 par un proche d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre et duc de Normandie et maître d’un vaste empire allant des Pyrénées à l’Écosse. Henri II favorisa l’essor d’une architecture militaire anglo-normande d’une grande rigueur, dont Chambois demeure l’un des modèles sur le continent. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Damien Bouet.

 

Dominant la haute vallée de la Dives, le château de Chambois surveillait jadis l’axe reliant Falaise à Exmes, dans l’Orne. Aujourd’hui, son donjon, l’un des mieux conservés de Normandie, témoigne encore de la puissance des forteresses anglo-normandes du XIIe siècle.

Un château anglo-normand

En 924, le comté du Hiémois est conquis par Rollon. Ce dernier le partage en centenies et dixainies. La châtellenie de Chambois est alors érigée en centenie, administrée par un vicaire. En 1024, Richard II de Normandie la concède à Drogon de Vexin, comte du Vexin et de Ponthieu. Un château existait peut-être déjà à cette époque, mais aucune trace archéologique ne permet d’en dessiner les contours. Chambois est confisquée en 1113 par Henri Ier Beauclerc et elle est confiée au futur Henri II Plantagenêt. Le donjon a été construit entre 1160 et 1190 par Guillaume de Mandeville, comte d’Essex et proche du roi Henri II.

Le château intègre les principes d’architecture communes aux constructions castrales Plantagenêt. Le donjon forme un grand rectangle orienté est-ouest de 21,40 mètres par 15,40 mètres, pour une hauteur totale de 26 mètres. Ses murs, construits en petit appareil irrégulier et revêtus d’un parement en pierres de taille, ont une épaisseur à la base de trois mètres. Sa morphologie rappelle le château de Bamburgh (Angleterre), construit quelques décennies plus tôt. Comme pour les exemples – outre-Manche – d’Hedingham, de Newcastle et de Dou…

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La forêt de Conches – Nature et évasion en pays d’Ouche

Le charme enveloppant de la forêt de Conches. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Virginie Michelland.

 

Avec son charme enveloppant, ses multiples frémissements, son silence et ses chants d’oiseaux, la forêt dévoile volontiers ses mystères aux randonneurs, aux curieux et aux rêveurs… Celle de Conches a accueilli nos flâneries estivales. Découverte aux côtés de Paul Aubry, responsable du service environnement de la communauté de communes du Pays de Conches…

La forêt au fil du temps

Au cœur du département le plus boisé de Normandie, la forêt de Conches occupe une vaste étendue. Cette « grande tâche verte dessinée par le quadrilatère de 14 km de côté, dont les sommets sont les agglomérations de Conches, La Neuve-Lyre, Rugles et Breteuil » (Pierre Aubert) concède, au gré des défrichements, une place aux cultures, aux villes et aux villages. Le pays d’Ouche présente ici un paysage qui contraste avec celui du secteur voisin de Bernay et du Lieuvin, marqué par ses herbages, ses champs, ses vergers et un bocage très clairsemé.

Délaissant les forêts privées, comme le domaine de Lierru, nous avons accompagné Paul Aubry parmi les soixante-treize hectares de forêt appartenant à la communauté de communes du Pays de Conches. Le Pré Bourbeux en constitue le cœur battant. Accessible en quelques minutes depuis la gare SNCF, il forme un poumon vert, longé par la voie ferrée. Non loin de là, l’arboretum dessine, face au splen…

 

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Jean-François Millet – Artiste haguais

Le monument à Jean-François Millet à Gréville-Hague. Louis Derbré, 1998. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Damien Bouet.

 

À l’ombre du clocher de Gréville, dans la péninsule de la Hague, surgit la statue en bronze de Jean-François Millet, peintre prolixe de Normandie, pionnier de l’école de Barbizon. Sa vie, son œuvre, sa pensée s’enracinent dans cette Normandie profonde, marquée par les traditions paysannes multiséculaires. Les 150 ans de la mort du peintre, décédé le 20 janvier 1875, nous donnent l’occasion de revenir sur cet artiste normand, profondément ancré dans le terroir et la ruralité.

Une enfance dans la Hague

Jean-François Millet voit le jour le 4 octobre 1814, à Gruchy, petit hameau bordé par les falaises, au nord-est de Gréville-Hague. Aîné d’une fratrie de huit enfants, il est élevé dans une famille paysanne, entouré de ses frères et sœurs, son grand-oncle, Charles Millet, laboureur devenu prêtre réfractaire du diocèse d’Avranches, ainsi que sa grand-mère et marraine, Louise Jumelin, puritaine catholique qui participe fortement à son éducation.

Il grandit dans un milieu éclairé et entre à l’école à 6 ans. L’abbé Jean Lebrisseux remarque chez le garçon une intelligence singulière. Il lui enseigne le latin, la Bible, Virgile. Cette éducation religieuse profonde se retrouve dans plusieurs de ses œuvres. On reconnaît ainsi la figure de femmes apprenant à tricoter ou à lire à leur fille, figure rappelant sainte Anne éduquant la Vierge. Millet travaille ensuite aux champs avec son père tout en affinant sa for…

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Le marché de Buchy – De bois et de plume

Attesté depuis au moins 1227, le marché de Buchy se tient chaque lundi sous une longue bâtisse de bois, a priori datée du XVIIe siècle. (© Jean-Luc Péchinot)


Jean-Luc Péchinot

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Jean-Luc Péchinot.

 

La volaille que l’on achète vivante fait la renommée de l’un des marchés les plus pittoresques de Normandie. Celui de Buchy, au nord de Rouen, ses patrimoniales halles du XVIIe siècle méritant déjà un fier et tonitruant cocorico.

Ce lundi-là, la simple poule pondeuse était à 13 euros, la poule Gournay à 26 euros, la Padoue et l’Auracana à œuf bleu à 28, la Soie à 30, le coq Brahma à 30, la pintade à 18, le dindon à 45, la caille à 3, le pigeon à 10, la sarcelle à 25… Quatre ou cinq étals pour trouver son bonheur volailler, jusqu’à la robuste lapine Géant des Flandres et au rare canard de Duclair, ce palmipède étant à l’origine de la recette du canard au sang créée vers 1900 par Henri Denise, le chef de l’Hôtel de la Poste à Duclair, près de Rouen. Recette mondialement connue puisque devenue le durable chef-d’œu…

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Vitrailliste, un art de la patience et de la passion

Jack Bercy, à son domicile de Thury-Harcourt, présente le calque d’une future création pour une commande privée. (© Mireille Thiesse)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°135
Par Mireille Thiesse.

 

Vitrailliste, un métier qui implique un sens de la création, de la précision et de la patience. La connaissance parfaite des propriétés du verre, une bonne maîtrise de ses techniques de découpe et d’assemblage s’allient à une étude approfondie de l’histoire de l’art du vitrail. Jack Bercy, architecte DPLG et designer industriel, a aussi été formateur en BTS d’architecture intérieure. Il exerce son art de vitrailliste-céramiste en Suisse normande.

La restauration des vitraux d’église

C’est dans la sacristie de l’église de Pierrefitte-en-Cinglais, où il a restauré deux verrières datant de plus de 100 ans, que le vitrailliste Jack Bercy a souhaité présenter son travail. Les vitraux ont été réalisés de pièces de verre assemblées dans les baguettes de plomb profilées. « J’ai installé mon atelier ici entre août 2023 et octobre 2024, avec planches, tréteaux, et les portes ouvertes. Je voulais que les habitants découvrent mon travail de la dépose jusqu’à la mise en œu…

 

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De vallée en villages, un itinéraire en pays d’Ouche

Champignolles est une petite destination ressourçante et verdoyante. (© Michel Vassal)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Virginie Michelland.

 

Dans la vallée de la Risle, Champignolles est une petite destination au charme ineffable et discret… Animateur de randonnée pédestre au sein de Bernay Sentiers, Michel Vassal a choisi le village de quarante âmes comme point de départ d’un itinéraire en pays d’Ouche.

Une église aux couleurs du Pays d’Ouche

Nous empruntons pour commencer un sentier assez pentu qui se faufile au milieu des bois. Blotti au pied d’un coteau, Champignolles s’adosse à la forêt de Conches-en-Ouche. Le cadre verdoyant constitue l’un des atouts de la randonnée.

Le sentier longe le cimetière qui entoure l’église Saint-Gilles-Saint-Loup. Bâtie au début du XIIe siècle, cette dernière fait bon usage des matériaux traditionnels du pays d’Ouche, à commencer par le silex, qui forme avec la craie un damier du plus bel effet sur la chapelle sud-est, ajoutée au XVIe siècle. Le porche, les graffiti, les discrets éléments sculptés et le muret du cimetière renforcent son charme. Nous avons profité d’une exposition de peinture pour découvrir le décor intérieur, qui se dis…

 

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Le cécilium, un instrument original et unique

Duo céciliums ténor et ténor basse accompagné d’une vielle à roue. Pour Pascal Joulain, fondateur et secrétaire trésorier de l’Espace Musical : « Le cécilium ne doit pas rester dans une vitrine à l’abri du toucher. Il sort. Il a sa vie. C’est redevenu un véritable instrument de musique. » (© Fondation du patrimoine)


Michel Levron.

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Michel Levron.

 

C’est une singularité encore trop peu connue : la Normandie est (aussi) une terre musicale. Par la qualité et le nombre de ses compositeurs et interprètes bien sûr, mais aussi par ses luthiers. C’est pourquoi l’association l’Espace Musical, basée à Darnétal, œuvre pour la valorisation d’instruments créés et fabriqués dans la région. Parmi eux, une pièce remarquable et unique : le cécilium. Pas étonnant que la Fondation du patrimoine s’y intéresse…

La lutherie normande : une riche histoire trop souvent mal connue

 

L’histoire de la lutherie normande est d’abord liée aux abbayes, les instruments venant accompagner le chant religieux. Il en reste des témoignages iconographiques, notamment avec les anges musiciens (pierre, bois, vitrail…)

Puis Rouen s’imposera jusqu’au XVIe siècle comme centre européen de la facture d’orgues avec Jehan Titelouze (1562/63-1633), Charles Lefebvre (1670-1737) et son fils Jean-Baptiste-Nicolas (1705-1784). Pour sa part, le petit village de La Couture-Boussey (Eure) est considéré comme le « berceau français » de la fabrication des instruments à vent : musette de cour, flûte, clari…

 
 

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L’atelier Giordani – Des restaurateurs dans l’ombre des artisans d’hier

Camille Giordani au chevet du visage délicat de ce Christ. (© Virginie Michelland)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Virginie Michelland.

 

Dans l’ombre des artistes d’hier et d’avant-hier, les restaurateurs de monuments historiques perpétuent un savoir-faire discret et essentiel, qui sublime le passé pour lui offrir un avenir. L’atelier Giordani de Sotteville-lès-Rouen constitue notre talent normand pour ce nouveau numéro.

Commandes de prestige et petits chantiers

Lorsque Serge Giordani fonde son entreprise à Rouen en 2000, il est seul à la diriger. Vingt-cinq ans plus tard, sous la direction de sa fille, Camille Giordani-Morel, qui a repris les rênes avec son époux, Gwendal, directeur adjoint, l’équipe compte désormais vingt-et-un professionnels. Ensemble, ils enchaînent les commandes prestigieuses tout en s’investissant dans des projets plus modestes, notamment dans des églises rurales où de petits trésors méritent eux aussi de retrouver une nouvelle jeunesse.

C’est le cas à Brétigny, non loin de Bernay. Soutenue par son conseil municipal et par une association, Marie-Christine Join-Lambert, sa première édile, a courageusement entrepris la restauration de l’église Saint-Cyr- Sainte-Julitte, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments histo…

 

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Cavelier de La Salle – Le Normand de l’Amérique française

Statue de Robert Cavelier de La Salle, Lincoln Park, Chicago. L’explorateur français passa effectivement par l’emplacement de la ville actuelle, lors de l’un de ses voyages sur le lac Michigan. (© Paul R. Burley – Travail personnel – CC BY-SA 4.0 – Wikimedia commons)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Si, de nos jours, notre Terre nous semble bien petite perdue dans l’immensité de l’univers, elle reste au XVIIe siècle un vaste espace à explorer et à conquérir. L’esprit d’aventure et la soif de découverte poussent des Européens à s’engager dans des expéditions au long cours qui les entraînent vers des contrées inconnues. Le Normand René-Robert Cavelier de La Salle appartient à ce cercle d’audacieux et passera à la postérité comme l’homme qui offrit une immense partie de l’Amérique du Nord au Roi-Soleil.

Robert naît à Rouen sans doute le 21 novembre 1643. Dans le registre des baptêmes de la paroisse de Saint-Herbland, église située à deux pas de la cathédrale, il apparaît le lendemain comme « fils d’honorable homme Jean Cavelier et de Catherine Gest ». Son père exerce la profession de « grossier mercier », c’est-à-dire de négociant en gros spécialisé dans les tissus. Son oncle, Henri Cavelier, pratique la même activité, mais il arme par ailleurs des navires à destination de ce que l’on appelle en ce temps la « Nouvelle-France », colonie implantée autour du vaste estuaire du fleuve Saint-Laurent, au Canada. De là, peut-être, le goût que développera le jeune homme pour les voyages.

 

Ennui chez les jésuites

On ne sait strictement rien des premières années de la vie de Robert. Il a au moins deux frères (Jean et Nicolas) et une sœur (Catherine). Vers l’âge de 9 ou 10 ans en…

 

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Abbaye-aux-Dames – La Sainte-Trinité de Caen

Abbaye-aux-Dames à Caen. (© Michel Dehaye)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Le 18 juin 1066. Toute la Normandie bruisse des préparatifs de l’expédition militaire que le duc Guillaume II (1035-1087) entend mener en Angleterre. Ce jour-là cependant, il délaisse ses obligations de commandement pour assister, aux côtés de son épouse, à la dédicace de l’abbatiale de la Trinité, à Caen, une ville qui a déjà acquis une grande importance.

­­­Après la révolte de quelques-uns de ses principaux vassaux du Cotentin et du Bessin, qui avaient manqué de le renverser en 1046-1047, Guillaume travaille en effet à établir un centre de pouvoir sous son contrôle aux portes des anciens territoires rebelles ; c’est sur Caen qu’il a porté son choix.

 

Le mariage de la discorde

Le duc a par ailleurs épousé Mathilde de Flandre, vers 1050, alors que le pape Léon IX (1049-1054) s’était clairement opposé à cette union au concile de Reims, l’année précédente. Les raisons de cette obstruction ne sont pas clairement établies. Elles s’appuient à l’évidence sur un empêchement canonique, les familles de Guillaume et de Mathilde ayant déjà conclu plusieurs alliances matrimoniales et les deux époux étant cousins au 5e degré. Ces prétextes dissimulent selon toute vraisemblance des motivations plus poli…

 

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La pêche au homard en Normandie – Une tradition millénaire

Homards fraîchement pêchés. (© Damien Bouet)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.

 

Sur les côtes accidentées de Normandie, la pêche au homard et, plus largement, aux crustacés est une tradition pluriséculaire.

Le homard en Normandie

Du normand hoummar et du vieux norrois hummarr, le homard a toujours été consommé en Normandie. Au Moyen Âge, notamment sur les côtes du Cotentin, dans les îles Anglo-Normandes et à Chausey, les populations profitent des marées pour pêcher dans les rochers. Le crustacé est davantage consommé par les classes populaires, puisque les produits de la mer sont alors dépréciés et jugés moins prestigieux que la viande.

Au XIXe siècle, la pêche au homard est structurée. Le développement de casiers adaptés permet une pêche ciblée. Avec l’essor du chemin de fer, les pêcheurs, en particulier ceux de Granville, Saint-Vaast-la-Hougue, Barfleur, ou Port-en-Bessin, l’exportent toujours plus loin, suscitant l’intérêt et la convoitise des palais parisiens. Au début du XXe siècle, le homard devient un mets de choix et il est de plus en plus recher…

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Les parlers normands – Histoire et spécificités

Les deux léopards normands, surnommés traditionnellement « cats » en parler normand, incarnent non seulement l’emblème régional, mais aussi la persistance de traits phonétiques spécifiques comme le maintien du son [k]. (Ph© Patrimoine Normand)


Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Patrice Lajoye & Stéphane Laîné.

 

Du « cat » au « chat », il n’y a qu’un son… ou toute une histoire. Héritiers des dialectes d’oïl, les parlers normands possèdent des traits phonétiques que le français courant n’a pas (ou n’a plus). Entre curiosités linguistiques et traditions orales, voyage au cœur de patrimoine linguistique.

Les parlers normands font partie intégrante de la langue française, par l’origine et par beaucoup de leurs caractéristiques. Sur un plan historique, ils appartiennent au vaste ensemble des dialectes d’oïl et ils relèvent aujourd’hui de ce que les sociolinguistes nommeraient une variation diatopique (dans l’espace) du français standard (ou de référence).

Loin d’être isolés, les parlers normands ont connu au cours de leur évolution des phénomènes phonétiques qui ont concerné de nombreux autres parlers plus ou moins proches géographiquement. Ils appar…

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La forêt d’Eawy – Naturellement… normande !

Forêt d’Eawy, ou la promesse de randonnées sans fin dans une hêtraie d’exception. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Avec 13 % de son territoire boisé, la Normandie semble faire pâle figure quand la moyenne nationale du couvert forestier dépasse les 30 %. Cependant, la qualité de ses grands massifs la consacre comme une région d’excellence pour la sylviculture. Direction les portes du pays de Bray pour y découvrir l’une des plus belles hêtraies de Seine-Maritime.

Eawy ! Un nom étrange, un brin mystérieux, qui interroge d’emblée sur sa prononciation. Écartons tout de suite une éventuelle version anglicisée du type Iwi ou, pire, Iwouaï, ce toponyme ne devant strictement rien à nos amis d’outre-Manche. Sa racine est plutôt à rechercher du côté de la langue de nos lointains ancêtres médiévaux, pour qui eave (autres versions eauve, ive, iwe…) signifiait simplement « eau ». Alors choisissez la version que vous préférez, Éavi, Éaüi ou Éaoui (cette dernière ayant plutôt notre faveur…), personne ne vous en tiendra réellement rigueur !

 

Une forêt fragmentée

Eawy est un vestige des immenses massifs qui recouvraient le pays de Caux et le pays de Bray au haut Moyen Âge. La forêt domaniale occupe actuellement une superficie 6550 hectares. Elle s’étire entre la commune de Saint-Germain-d’Étables au nord, et celles de Saint-Saëns et de Maucomble au sud. La vallée de la Varenne forme sa limite ouest, et la boutonnière de Bray – une vaste dépres…

 

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Clécy, un village de caractère aux multiples facettes

Le viaduc de Clécy et les rochers des Parcs, emblèmes de la Suisse normande. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Mireille Thiesse

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Mireille Thiesse.

 

Cette année, Clécy a porté les couleurs de la Normandie lors de l’édition 2025 du concours télévisé « Le Village préféré des Français ». Reconnue depuis le début du XXe siècle comme la capitale de la Suisse normande, la commune n’a jamais démenti sa réputation : son site exceptionnel — valorisé dès la Belle Époque par ses guinguettes en bordure de l’Orne — séduit estivants, randonneurs, amateurs d’escalade ou de parapente, ainsi qu’artistes peintres et photographes. Elle est également riche de ses origines et d’un patrimoine architectural fascinant.

­Une mosaïque polychrome

Vu de la route des Crêtes, le village de Clécy semble un bourg blotti autour de son église, à l’abri d’une boucle de l’Orne. En réalité, le fleuve borde la commune sur onze kilomètres et la sépare des rochers des Parcs, de la Houle et du Pain de Sucre, ces abruptes falaises que l’Orne a su contourner en de gracieux méandres. Le relief saillant est dû aux roches dures qui affleurent à l’extrémité d’un synclinal du Massif armoricain. Constituées d’un conglomérat gréseux ou poudingue d’aspect violacé, ces pierres se retrouvent dans les façades anciennes, notamment la tour-porche de l’église ou le manoir de Placy, construits au XVe siècle, et composent parfois une mosaïque polychrome avec des roches calcaires ou schistes cambriens ainsi que d’autres grès chargés de minéraux oxy…

 

 

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Ruchers de Normandie : un savoir-faire apicole en pays d’Ouche

Apicultrice en pays d’Ouche, Mélanie Boitrel vient de vivre un printemps exceptionnel. (© Kim à Paris)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Virginie Michelland.

 

Mélanie Boitrel vient de connaître avec Pierre, son conjoint, et Nicolas, leur salarié, un printemps 2025 exceptionnel ; la récompense méritée d’un investissement matériel et financier, mais surtout humain, consenti par ces apiculteurs du pays d’Ouche installés à Gisay-la-Coudre, hameau du Bosc-Roger (Mesnil-en-Ouche).

Un métier passion

Si Pierre a rejoint l’exploitation à l’enseigne Les Ruchers de Normandie au lendemain de la crise sanitaire et possède aujourd’hui, comme sa compagne, son propre cheptel de quatre cents ruches et deux cents essaims de renouvellement, Mélanie, installée en 2005, a consacré l’ensemble de sa vie professionnelle à ce métier passion, et consenti à bien des sacrifices, tout en menant de front sa vie de famille et la superbe restauration de sa maison. Des choix assumés pour cette fille d’agriculteurs…

« J’ai souhaité, de mon côté, vivre autrement de la terre. Après trois ans d’études d’agronomie, je me suis rapidement sentie happée par ma fascination pour les abeilles », confie la pa…

 

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Les îles Saint-Marcouf

Ancien thébaïde aux premiers temps du christianisme en Normandie, l’île du Large et son fort surveillent l’embouchure de la baie des Veys. (© Frédéric Almaviva)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Dernière escale de notre périple insulaire, l’archipel de Saint-Marcouf émerge, solitaire, à sept kilomètres au large du Cotentin. Composé de l’île de Terre et de l’île du Large, il forme un chapelet rocheux battu par les vents, dont l’histoire singulière tisse un lien direct entre l’érémitisme des premiers temps chrétiens et les tumultes géopolitiques de la Manche.

De l’ermitage au repère de corsaires

Visibles de la côte depuis Ravenoville, mais plutôt inhospitalières, les îles sont appelées Duo limones, les deux limons, et restent inhabitées jusqu’à l’aube du Moyen Âge. Durant la première moitié du vie siècle, saint Marcouf, moine évangélisateur d’origine barbare, fonde une abbaye sur le domaine de Nantus, l’actuel Saint-Marcouf-de-l’Isle, sur donation du roi Childebert, le fils de Clovis. Très vite, il part s’isoler sur les îles Saint-Marcouf. Progressivement, l’établissement monastique se développe grâce aux nombreuses donations. Entre les IXe et Xe siècles, Nantus est abandonnée face aux Vikings et les reliques de Marcouf sont déménagées dans l’Aisne, à Corbeny.

Au XIe siècle, selon la tradition, une église est construite sur les ruines de l’abbatiale. Dès la fin du XIe siècle, des bénédictins de Cerisy-la-Forêt s’installent sur l’archipel, qui leur est donné en 1120. Ils y construisent un moulin et un ermitage. Abandonné au milieu du XIIIe siècle, il n’est réo…

 

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DOSSIER « Les îles de Normandie » (18 pages) :


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L’île de Tatihou

Le fort de Tatihou, conjointement au fort de la Hougue, ferme l’accès au havre de Saint-Vaast. Face à la tour Vauban, le fort de l’îlet complète le dispositif défensif. L’intérieur du fort est interdit au public et forme un sanctuaire pour les oiseaux. (© David Daguier-Tatihou-CD50)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Située au large de Saint-Vaast-la-Hougue, au nord-est du Cotentin, l’île de Tatihou, inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, est un élément emblématique du Val de Saire.

Des Vikings à la bataille de la Hougue

L’occupation de Tatihou est attestée dès le Néolithique. Il s’agit alors d’une presqu’île, densément peuplée durant l’âge du bronze, avant d’être progressivement abandonnée. Au début de l’âge du fer, un talus fossoyé est élevé à l’est de l’île et délimite un espace de quatre hectares. Le site est finalement totalement déserté vers 600 av. J.-C., jusqu’à la conquête romaine. Au Ier siècle av -J.-C., le trait de côte recule, et Tatihou gagne son caractère insulaire.

Durant les premiers siècles du Moyen Âge, l’île semble inhabitée. Les Scandinaves s’y installent probablement entre le IXe et le Xe siècle. Ainsi naquit le toponyme de Tatihou, composé de Tati (anthroponyme masculin) et du norrois holmr (-îlot, « terre entourée d’eau »). Entre le XIe et le XIVe siècle, deux fermes médiévales exploitent la plaine. Ces dernières muteront au XVIe siècle en un ensemble manorial qui deviendra rapidement objet de convoitise des catholiques et protestants lors des guerres de Religion, et sera la cible d’attaques ré…

 

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L’île Pelée – Une forteresse de la rade

Le fort de l’île Pelée, juché sur un îlot rocheux, à l’est de la rade de Cherbourg, a défendu l’accès au port pendant plus de 150 ans. (© Coll. SHD Chg CPAR Marine Nationale F. Dupouich)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Depuis presque 250 ans, l’île Pelée surveille la passe de l’est de la rade de Cherbourg. À la base simple récif rocheux recouvert de varech, elle est hérissée d’une citadelle au XVIIIe siècle. Il s’agit certainement de l’un des plus beaux forts de la rade ; il est malheureusement inaccessible.

Aux portes de Cherbourg

Longtemps inhospitalière, l’île Pelée est mentionnée dès le XVe siècle dans les traités de navigation. Elle appartient à la seigneurie de Tourlaville, qui se garde le droit de gravage. Jusqu’au XVIIIe siècle, Cherbourg reste un port modeste. Cependant, en 1776, il est décidé de le fortifier pour créer la plus grande place forte de la Manche. Les travaux de l’île Pelée sont lancés en 1779, sur les plans de Pierre-Jean de Caux, directeur des fortifications de Basse-Normandie, inspirés des travaux du marquis de Montalembert. Ce dernier, officier d’artillerie, préconise la construction de saillants triangulaires, allongés et perpendiculaires les uns aux autres, afin d’augmenter la capacité d’artillerie des forts. On lui doit également les formes plus arrondies, offrant moins de prise à l’artillerie des navires ennemis, ainsi que l’étage intégrant des batte…

 

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Les îles Anglo-Normandes

Le château du Vale, anciennement château Saint-Michel, domine Bordeaux Harbour, au nord-est de Guernesey. Possession des moines de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, il a été érigé au XIIe siècle sur un site fortifié de l’âge du fer. (© VisitGuernsey)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Situées au large de la côte ouest du Cotentin, les îles Anglo-Normandes forment un archipel unique, géographiquement français, mais politiquement rattaché à la Couronne britannique. Dotées d’un système juridique hérité du droit normand, elles conservent leur autonomie et une identité culturelle forte. Elles forment aujourd’hui un territoire hybride où se croisent histoire féodale et enjeux de conservation, aux défis géopolitiques contemporains.

Les îles Anglo-Normandes constituent un grand archipel, éclaté dans la Manche et brassé par le raz Blanchard. Il est séparé en deux bailliages, intégrant chacun des dépendances ainsi qu’un grand nombre d’îlots et d’écueils qui se découvrent à marée basse. Ces derniers sont parfois protégés pour leur valeur écologique, en particulier pour la nidification des oiseaux marins. Jersey comprend ainsi les Minquiers et les Écréhou, tandis que Guernesey englobe Aurigny, Burhou, Sercq, Brecqhou, Lihou, Herm et Jéthou.
 

Une histoire millénaire entre Normandie et Angleterre

Ces îles sont occupées dès le Néolithique, comme en témoignent les nombreux dolmens, menhirs et tumuli présents à Guernesey (le Déhus) ou à Jersey (La Hougue Bie). Ces vestiges témoignent d’une occupation ancienne, à une époque où les îles étaient encore rattachées au continent. Durant l’âge du fer, les fouilles menées au Castel et au Delancey (Guernesey) ont mis en évidence des structures d’habitat, des fossés et des dépôts funéraires caractéristiques des cultures celtiques insulaires et présentant des similitudes stylistiques avec les cultures gauloises du conti…

 

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Les îles Chausey

Pointe sud-ouest de la Grande Île de l’archipel de Chausey. (© Tuul and Bruno Morandi / Alamy banque d’images)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Depuis la jetée du port de Granville se dessinent au loin les côtes des îles Chausey, archipel de 65 hectares comprenant une vingtaine d’îles et une centaine d’îlots. Cette étonnante dentelle granitique, qui fend la mer et les flots, attire chaque année touristes et amoureux de la nature.

Situé à dix-sept kilomètres de Granville, l’archipel de Chausey s’étend sur onze kilomètres de long et cinq kilomètres de large. Les différentes îles portent des noms souvent associés à leur forme ou à leur typicité. La passe de Beauchamp scinde l’archipel en deux entre la Petite Entrée (au nord-ouest) et les trois îles des Huguenans. Aujourd’hui, seule la Grande Île est occupée ; on retrouve cependant des traces d’habitations sur plusieurs îlots.
 

Une histoire plurimillénaire

C’est au Néolithique que les premiers hommes s’installent sur l’archipel. Dès le XIXe siècle, les carriers ont découvert plusieurs haches polies, et des monuments mégalithiques ont été fouillés sur la Grande Île, la Genêtaie et l’Œillet.

Sous les Mérovingiens, Chausey est occupé par quelques ermites. Au VIe siècle, saint Pair et saint Scubilion s’y retirent pour mener une vie d’ascèse. Plus tard, au IXe siècle, l’archipel a pu former un abri pour les Scandinaves lors des grands raids. Leur em…

 

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Le Mont-Saint-Michel et Tombelaine

Le Mont et le discret Tombelaine jalonnent la baie du Mont-Saint-Michel. Grand espace de 500 km², classé RAMSAR depuis 1994, la pluralité des paysages de la baie forme d’autant plus de refuges pour la faune et la flore locale, mais aussi pour les très nombreux oiseaux migrateurs. (© Jesús Esteban San José)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Première étape de notre tour de la Normandie insulaire, le Mont-Saint-Michel et Tombelaine sont certainement les îles les plus emblématiques de notre région. Ces deux sentinelles granitiques, entre Normandie et Bretagne, marquent un millénaire d’histoire locale.

Situées dans la baie du Mont-Saint-Michel, déversoir du Couesnon, de la Sée et de la Sélune, elles illustrent un génie architectural et présentent des biotopes inédits, dans un espace fait et défait par l’homme, balayé par les marées les plus puissantes d’Europe, avec un marnage qui peut atteindre quatorze mètres.
 

De saint Aubert aux geôles révolutionnaires

Le nom Mont-Saint-Michel est le fruit d’une longue évolution toponymique. D’abord mont Tombe (ou Mons Tumba en latin médiéval), venant peut-être du celtique tumb (butte, colline), le site prend le nom de « mont Saint-Michel au péril de la mer », dès la fondation du sanctuaire au VIIIe siècle. Tombelaine reprend tumb en préfixe, associée à un élément anthroponymique « Elaine » ou di…

 

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Les îles de Normandie

Les Minquiers, au large de Granville, incarnent toute l’ambivalence des îles normandes. Aujourd’hui possession officielle de la Couronne britannique, ces îlots oubliés lors du partage de 1204 restent, depuis le XIXe siècle, une source de tensions franco-britanniques liées notamment aux droits de pêche. En 1950, le peintre de marine Marin-Marie y construit une cabane pour affirmer symboliquement leur appartenance à la Normandie. Ni tout à fait anglaises, ni totalement normandes, les Minquiers seraient peut-être patagones, comme aimait à le dire Jean Raspail. (© Paul Lakerman)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Damien Bouet.
 
 

Le littoral normand dispose d’un ensemble d’îles aussi discrètes que fascinantes. De la modeste île Tatihou aux puissantes îles Anglo-Normandes, elles constituent un patrimoine insulaire riche et un observatoire privilégié pour les scientifiques et naturalistes.

Toutes ces îles furent le théâtre d’intenses rivalités entre les couronnes de France et d’Angleterre. Certaines sont habitées, d’autres ne sont que d’humbles îlots rocheux se découvrant à marée basse, dont l’importance stratégique et économique a longtemps été disputée, à l’instar des Minquiers ou des Écréhou.
 

Des îles façonnées par la mer

Ces îles normandes jalonnent la Manche, du Mont-Saint-Michel, à l’ouest, jusqu’à Saint-Marcouf, à l’est. Nées des bouleversements anciens du Massif armoricain, elles témoignent d’un passé géologique riche en orogenèses, éruptions volcaniques, érosions et transgressions marines. Immergées au Pléistocène, elles furent accessibles à pied jusqu’à la transgression flan…

 

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La Préhistoire autour de Rânes

Le musée de la Préhistoire est aménagé dans les caves voûtées du château de Rânes (XVe-XVIee siècles). (© Michaël Herbulot)


Michaël Herbulot

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Michaël Herbulot.

 

Aménagé dans les belles caves voûtées du château seigneurial de Rânes, près d’Argentan, le musée de la Préhistoire nous fait découvrir les paysages de l’époque glaciaire et la vie des Néandertaliens, puis nous plonge aux premiers temps de l’agriculture, de la poterie et de la métallurgie. Une balade à travers plusieurs dizaines de milliers d’années d’histoire, à la rencontre des tout premiers « Normands »

Situé au cœur du parc naturel régional Normandie-Maine, le musée de la Préhistoire de Rânes bénéficie aujourd’hui d’une aura toute particulière. Le territoire a récemment été labellisé Géoparc mondial UNESCO pour la richesse de son patrimoine géologique et pour l’intérêt culturel et scientifique de son patrimoine préhistorique. Le musée valorise les fouilles archéologiques réalisées autour de Rânes et propose un véritable panorama de la Préhistoire. Le parcours de visite est ponctué de reconstitutions, de dessins, de jeux, pour découvrir la Préhistoire en famille. Des visites guidées, avec démonstrations d’allumage de feu et de fabrication d’outils en silex, sont régulièrement programmées.

 

Les fouilles autour de Rânes

Tout commence en 1968. Un agriculteur travaillant dans ses champs autour de Rânes tombe par hasard sur une pierre taillée. Il montre l’objet à Jean-Jacques Rivard, professeur au collège d’Écouché et passionné de préhistoire, qui perçoit aussitôt l’importance de la découverte. Les autorisations nécessaires obtenues, ce der…

 

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Les Traversées Tatihou – Festival des musiques du large

Les Traversées Tatihou – Festival des musiques du large. (© David Daguier-CD50)


DATE
Du 9 au 13 août 2025.
LOCALISATION :
SAinT-VAASt-la-Hougue & Île Tatihou (50).

 

Entre terre et mer, un voyage musical unique : du 9 au 13 août 2025, Les Traversées Tatihou transforment l’île et le Val de Saire en scène à ciel ouvert, au rythme des musiques du monde et des marées.

Depuis 1994, Les Traversées Tatihou s’imposent comme un rendez-vous musical unique entre terre et mer. Né dans le sillage de l’ouverture de l’île Tatihou au public, le festival met à l’honneur les musiques traditionnelles et du monde dans un cadre exceptionnel, classé à l’UNESCO, au cœur du Val de Saire.

Pour sa 31e édition, il réaffirme ses engagements artistiques, sociaux et environnementaux. Plus de quarante concerts seront proposés sur l’île et dans les villages alentours, avec une programmation résolument ouverte aux cultures du monde et aux voix féminines.

Concerts à marée basse, bals festifs, créations inédites, stages artistiques, concerts-promenades, cinéma, levers de soleil dansés, sessions irlandaises… Le festival conjugue nature, patrimoine et rencontres culturelles.

Soucieuse d’accessibilité, l’équipe met en place des tarifs solidaires, des animations gratuites, des actions de médiation en EHPAD, centres de loisirs et campings ainsi qu’un accueil adapté des personnes en situation de handicap.

Un rendez-vous sensible et inspirant, où la mer devient scène, et l’île, théâtre de toutes les émotions.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Les Traversées Tatihou – 31e édition
Programme complet et billetterie : traversees-tatihou.manche.fr

 

Article publié dans Patrimoine Normand n°134 par Rodolphe CorbinRodolphe Corbin
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Château de Logempré à Pont-Saint-Pierre

Le château de Logempré, entouré par des douves en eau, s’inscrit lui-même dans un écrin de verdure qui constitue un atout majeur. (© Frédéric Grimaud)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Virginie Michelland.

 

Dans son îlot de verdure parcouru par l’Andelle, le château de Logempré, à Pont-Saint-Pierre, s’efforce de survivre à 25 ans d’abandon… Témoin d’une histoire mouvementée, que son charme paisible ferait presque oublier, il peut aujourd’hui compter sur un jeune couple de propriétaires enthousiastes, soutenus par une association, pour livrer son dernier combat pour un avenir prometteur et respectueux du passé…

Une histoire millénaire

Le château de Logempré a fait l’actualité en mars dernier, après sa sélection, sous l’égide de Stéphane Bern, comme site emblématique de la région Normandie pour la Mission Patrimoine 2025, mise en œuvre en partenariat avec la Fondation du patrimoine. Avant d’évoquer l’avenir du site, revenons sur son histoire.

Proche de la Seine et de l’ancienne frontière entre la Normandie ducale et le royaume de France, la baronnie de Pont-Saint-Pierre est la première de Normandie dans l’ordre protocolaire. Possession de puissants seigneurs de l’entourage des ducs (en particulier, Guillaume Fitz-Osbern, parent et fidèle vassal de Guillaume le Conquérant), elle est donnée aux Hangest par Philippe-Auguste après la reconquête de la Normandie en 1204. Sous l’égide de ces grandes familles, Pont-Saint-Pierre abrite successivement cinq demeures seigneuriales. Le château de Malemaison – dont le nom se réfère à une construction fortifiée, la « mâle maison », et non à une mauvaise maison – est remplacé in situ par le château de Logempré. Quant aux autres ouvrages fortifiés, ils ont laissé des traces infimes. Des cartes postales anciennes confondent d’ailleurs Logempré et le château de Douville. Érigé en 1195, ce dernier perd tout rôle stratégique dès le rattachement de la Normandie au royaume de France en 1204, mais reste long…

 

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Les voyages de la Tapisserie de Bayeux

Le futur espace d’exposition de la Tapisserie. Rendez-vous en octobre 2027 ! (© RSHP)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°134
Par Stéphane William Gondoin.

 

Le 31 août prochain, le musée de la Tapisserie de Bayeux fermera ses portes. Ce n’est évidemment pas un clap de fin, mais un simple interlude : la fine bande de lin, brodée au XIe siècle et inscrite sur le registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO, nous reviendra en octobre 2027 dans un écrin flambant neuf. En attendant ce grand moment, nous avons choisi d’évoquer ses déplacements à travers l’histoire, mais aussi l’évolution de ses conditions d’exposition et de conservation.

Il semble que ce chef-d’œuvre de l’art roman fut réalisé entre 1066 et 1076 dans le sud-est de l’Angleterre, à l’initiative d’Odon de Conteville, comte de Kent, évêque de Bayeux et frère utérin de Guillaume le Conquérant. Certains historiens pensent qu’elle fut exposée pour la première fois dans la cathédrale à l’occasion de la dédicace de celle-ci, le 14 juillet 1077. Son premier voyage, elle l’effectua très probablement par chariot et bateau entre l’Angleterre et la Normandie. D’une longueur oscillant de 2,40 mètres à 13,90 mètres, ses neuf pièces distinctes, aujourd’hui cousues bord à bord, furent peut-être transportées séparément.

 

De l’ombre à la lumière

En 1105, dans le cadre de la lutte opposant les deux derniers fils survivants du Conquérant, le roi d’Angleterre Henri Ier Beauclerc assiège Bayeux et boute le feu à son grand sanctuaire. La Tapisserie ne s’y trouve à l’évidence pas, car elle n’au…

 

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Notre-Dame de Paris : les artisans normands à l’œuvre

MDB – Métiers du Bois, charpentier-menuisier basé à Bretteville-sur-Odon (Manche), a pris part au chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. (© MDB)

Lors de la soirée inaugurale des Journées Européennes des Métiers d’Art en avril dernier, la CMA Normandie a mis en lumière le savoir-faire exceptionnel de plusieurs professionnels normands ayant contribué à la restauration de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Ces artisans, véritables gardiens du patrimoine, incarnent la richesse et la diversité des métiers d’art en Normandie.

Parmi eux, l’Atelier de la Pierre à Longny-les-Villages, spécialisé dans la taille de pierre, a participé à la restauration des éléments architecturaux. Les Ateliers Desmonts à Nassandres-sur-Risle ont œuvré en charpenterie, tandis que l’Établissement Theroude à Fontaine-Bellenger a réalisé des pièces de ferronnerie. Fer Art Forge à Saint-Aubin-des-Bois a restauré la croix du chevet, et la Ferronnerie Picard Duboscq à Gouville-sur-Mer a créé de nouvelles grilles de clôtures extérieures.
 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry) 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry)

Les campanistes de la Fonderie Cornille Havard à Villedieu-les-Poêles ont analysé et restauré les cloches, tandis que les ateliers Aubert-Labansat à Coutances et MDB à Bretteville-sur-Odon ont apporté leur expertise en charpenterie et menuiserie. METALOISO, également à Coutances, a fabriqué des outils pour la taille de pierre, et Monument Lanfry à Déville-les-Rouen a restauré le pignon sud du transept et les deux tourelles.

Ces professionnels illustrent la vitalité des métiers d’art normands, essentiels à la préservation de notre patrimoine commun.
 

DIX artisans normands au service du patrimoine de Notre-Dame de Paris :

  • Atelier de la Pierre. Tailleur de pierre – Longny-les-Villages (Orne)
  • Ateliers Desmonts. Charpentier – Nassandres-sur-Risle (Eure)
  • Établissements Theroude. Ferronnier – Fontaine-Bellenger (Eure)
  • Fer Art Forge. Ferronnier – Saint-Aubin-des-Bois (Calvados) (Restauration de la croix du chevet)
  • Ferronnerie Picard Duboscq. Ferronnier – Gouville-sur-Mer (Manche)
  • Fonderie de cloches Cornille Havard. Campaniste – Villedieu-les-Poêles (Manche)
  • Ateliers Aubert-Labansat. Charpentier-menuisier – Coutances (Manche)
  • MDB – Métiers du Bois. Charpentier-menuisier – Bretteville-sur-Odon (Manche)
  • Metaloiso. Ferronnier-Taillandier – Coutances (Manche)
  • Monument Lanfry. Tailleur de pierre – Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime)
INFORMATIONS PRATIQUES
  • Vous souhaitez en savoir plus sur ces métiers ? Découvrez les fiches de présentation ici
  • En savoir plus sur les JEMA en Normandie ici

Publirédactionnel publié par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA).


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Notre-Dame de Paris : les artisans normands à l’œuvre

MDB – Métiers du Bois, charpentier-menuisier basé à Bretteville-sur-Odon (Manche), a pris part au chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. (© MDB)

Lors de la soirée inaugurale des Journées Européennes des Métiers d’Art en avril dernier, la CMA Normandie a mis en lumière le savoir-faire exceptionnel de plusieurs professionnels normands ayant contribué à la restauration de la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Ces artisans, véritables gardiens du patrimoine, incarnent la richesse et la diversité des métiers d’art en Normandie.

Parmi eux, l’Atelier de la Pierre à Longny-les-Villages, spécialisé dans la taille de pierre, a participé à la restauration des éléments architecturaux. Les Ateliers Desmonts à Nassandres-sur-Risle ont œuvré en charpenterie, tandis que l’Établissement Theroude à Fontaine-Bellenger a réalisé des pièces de ferronnerie. Fer Art Forge à Saint-Aubin-des-Bois a restauré la croix du chevet, et la Ferronnerie Picard Duboscq à Gouville-sur-Mer a créé de nouvelles grilles de clôtures extérieures.
 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry) 

L’entreprise Monument Lanfry, spécialisée dans la taille de pierre à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), a apporté son savoir-faire à la restauration de Notre-Dame de Paris. (© Monument Lanfry)

Les campanistes de la Fonderie Cornille Havard à Villedieu-les-Poêles ont analysé et restauré les cloches, tandis que les ateliers Aubert-Labansat à Coutances et MDB à Bretteville-sur-Odon ont apporté leur expertise en charpenterie et menuiserie. METALOISO, également à Coutances, a fabriqué des outils pour la taille de pierre, et Monument Lanfry à Déville-les-Rouen a restauré le pignon sud du transept et les deux tourelles.

Ces professionnels illustrent la vitalité des métiers d’art normands, essentiels à la préservation de notre patrimoine commun.
 

DIX artisans normands au service du patrimoine de Notre-Dame de Paris :

  • Atelier de la Pierre. Tailleur de pierre – Longny-les-Villages (Orne)
  • Ateliers Desmonts. Charpentier – Nassandres-sur-Risle (Eure)
  • Établissements Theroude. Ferronnier – Fontaine-Bellenger (Eure)
  • Fer Art Forge. Ferronnier – Saint-Aubin-des-Bois (Calvados) (Restauration de la croix du chevet)
  • Ferronnerie Picard Duboscq. Ferronnier – Gouville-sur-Mer (Manche)
  • Fonderie de cloches Cornille Havard. Campaniste – Villedieu-les-Poêles (Manche)
  • Ateliers Aubert-Labansat. Charpentier-menuisier – Coutances (Manche)
  • MDB – Métiers du Bois. Charpentier-menuisier – Bretteville-sur-Odon (Manche)
  • Metaloiso. Ferronnier-Taillandier – Coutances (Manche)
  • Monument Lanfry. Tailleur de pierre – Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime)
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