Mois : avril 2023

Nathalie Baye

Nathalie Baye. Née en 1948. (© Guillaume Néel)


Extrait Patrimoine Normand N°125.
Caricature de Guillaume Néel.
Par Stéphane William Gondoin.

 

Connaissez-vous le village de Mainneville, dans l’Eure ? Son église paroissiale, placée sous le patronage des saints Pierre et Paul, abrite un trésor du XIVe siècle, une statue de toute beauté représentant le roi saint Louis. Mais la commune du Vexin peut aussi s’enorgueillir d’être le lieu de naissance de l’une de nos plus grandes actrices françaises. On la retrouve dès les années 1970 aux côtés de l’inoubliable Lino Ventura dans La gifle, de Claude Pinoteau. En 1982, elle endosse le costume de Bertrande de Rols et nous entraîne en pleine Renaissance dans Le retour de Martin Guerre, avec Gérard Depardieu. Au fil des décennies, elle s’impose comme l’une des actrices majeures du cinéma français, éclaboussant de sa classe naturelle les plateaux de tournage de Ne le dis à personne ou de L’affaire SK1. On la retrouve même à l’international, donnant la réplique à Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux, ou jouant le rôle de Mme de Montmirail – rien à voir avec une certaine Béatrice incarnée par Valérie Lemercier, une autre normande ! – dans Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère. Une « french touch » outre-Manche ou une Normande à la conquête de l’Angleterre ? C’est amusant, ça nous rappelle quelqu’un… Alors « Long live the [Norman] Queen ».
 



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Le port de Carentan – Au cœur des marais du Cotentin

Vue générale du port de Carentan et de son long chenal vers la baie des Veys. (© Cédric Lemonnier)


Damien Bouet

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Damien Bouet.

 

L’industrie beurrière à Carentan. (© Par Pascal Radigue – CC BY-SA 4.0 – commons.wikimedia.org)
L’industrie beurrière à Carentan. (© Par Pascal Radigue – CC BY-SA 4.0 – commons.wikimedia.org)

Bien des visiteurs du Cotentin ignorent, encore aujourd’hui, l’existence d’un port à Carentan. Il est vrai que l’ancienne cité médiévale est enclavée dans les marais, relativement loin du littoral. Pourtant, dès le Moyen âge, un port est attesté à Carentan. Du fait du caractère particulier de ce coin de Normandie, le transport maritime et fluvial s’imposera très tôt pour permettre de rallier facilement les différentes bourgades des marais. En effet, jusqu’à la politique d’assèchement des marais, les voies terrestres sont impraticables une partie de l’année. Le bateau reste alors le meilleur moyen de transport pour les voyageurs et les marchandises.

­Le port prendra surtout de l’ampleur au XIXe siècle et dynamisera l’activité industrielle locale. Carentan devient alors le plus gros exportateur de beurre de France. Ainsi, l’industrie beurrière bat son plein et fait la richesse des paysans de la région.

 

Aux origines du port de Carentan

Les premières mentions du port de Carentan concernent la fin de la période médiévale. Toutefois, il est certain que Carentan a toujours bénéficié d’installations portuaires, même spartiates. Au XIVe siècle, des officiers de l’amiral exercent à Carentan, leur juridiction. L’édit d’avril 1554 instaure un siège d’amirauté dans le port. Il exerce son autorité sur tous les ports des marais, jusqu’au ruisseau de Ravenoville, signe d’une certaine vitalité. Le port n’a cependant rien à voir avec les infrastructures actuelles. Au Moyen Âge, le port principal est situé au niveau de l’actuelle rue du Quai-à-Vin, sur la rivière des Gouffres, un affluent de la Taute aujourd’hui dévié en amont de la cité. Il jouxte alors les remparts de la ville. Vers 1650, les ports de Carentan et d’Isigny expor…

 

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Armada 2023 – Le retour des géants des mers

Édition 2013. Des quais noirs de monde à proximité du Belem. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Stéphane William Gondoin.

 

Quand la Normandie ne va pas au monde, c’est le monde qui vient à la Normandie ! Devenu un rendez-vous majeur dans notre région depuis Les Voiles de la liberté de 1989, le rassemblement de « vieux gréements » rouennais aura lieu cette année du 8 au 18 juin.

Si vous avez toujours souhaité flâner le long des quais de Seine dans une ambiance tout droit sortie du XVIIIe ou du XIXe siècle, quand de grands voiliers marchands venus des quatre coins du globe y accostaient, cette nouvelle édition de l’Armada vous permettra assurément de réaliser ce rêve. Au moment où nous écrivons ces lignes, vingt-quatre superbes « étalons des vagues », comme les auraient sûrement appelés les Vikings, sont en effet d’ores et déjà attendus en juin prochain. Il convient de leur ajouter un bâtiment de la Marine nationale (la frégate de lutte anti-sous-marine baptisée… Normandie !), un autre appartenant aux douanes françaises (le patrouilleur garde-côtes Jacques Oudart Fourmentin) et deux de la composante marine belge (les chasseurs de mines Narcis et Crocus). Le vénérable Hydrograaf (1910) est un autre invité de marque qui servit, ainsi que son nom l’indique, de navire hydrographique durant un demi-siècle à la Marine royale néerlandaise. Racheté par un particulier en 1985, ce musée flottant est aujourd’hui reconverti en bateau d’excursion depuis Amsterdam, son port d’atta…

 

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Le parc du château du Champ-de-Bataille

Le parc du château du Champ-de-Bataille. Du jardin de Le Nôtre à celui des folies. (© ADTOUR-360)


Virginie Michelland

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Virginie Michelland.

 

En ressuscitant le parc du Champ-de-Bataille, Jacques Garcia a remporté son pari de rendre au domaine son faste et sa grandeur. (© Virginie Michelland)
En ressuscitant le parc du Champ-de-Bataille, Jacques Garcia a remporté son pari de rendre au domaine son faste et sa grandeur. (© Virginie Michelland)

Lorsque la main de l’homme sublime l’œuvre de la nature, un jardin cultive l’harmonie jusqu’à la perfection. La résurrection du parc du château du Champ-de-Bataille marque ainsi l’aboutissement du projet de son propriétaire, Jacques Garcia, de rendre au domaine son faste et sa grandeur.

Repartir à zéro

Les jardins sont à première vue strictement contemporains du fastueux château bâti au XVIIe siècle par Alexandre de Créqui. Pourtant, si Jacques Garcia a trouvé intacte, à son arrivée en 1992, l’enveloppe extérieure de l’édifice, les jardins d’origine n’existaient plus. Seules s’étendaient de mornes et insignifiantes pelouses, entourées de cent-dix hectares de bois replantés par le onzième duc d’Harcourt en 1950.

Une page blanche s’offrait pour un esprit créatif à la mesure de celui de Jacques Garcia. Entre goût du défi, aspiration à la grandeur et sens aigu de la beauté, ce dernier entame, avec la collaboration de son jardinier en chef, Patrick Pottier, la création d’un jardin de quarante-cinq hectares ; le plus vaste jardin privé d’Europe, labellisé depuis Jardin remarquable, et inscrit monument historique. Retournons aux sources de ce projet de longue haleine, dont nul ne regre…

 

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