Jour : 17 mars 2023

Le château de Médavy – Une restauration avec un grand « R »

Château de Médavy. Il s’agit d’une belle demeure du XVIIIe siècle, d’architecture classique inspirée de Mansart. Ici la façade après restauration. (© Fondation du patrimoine)


Michel Levron

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Michel Levron.

 

Château de Médavy. La tour Saint-Pierre et le pont après restauration. (© Fondation du patrimoine)
Château de Médavy. La tour Saint-Pierre et le pont après restauration. (© Fondation du patrimoine)

Depuis son enfance, Jean-Louis Charon avait un rêve : posséder un château. Quand il apprend, au début des années 2000, que le château de Médavy dans l’Orne est à vendre, il l’achète avec Béatrice, son épouse. Commence alors une longue, lourde et belle restauration, avec notamment l’aide de la Fondation du patrimoine. L’aventure d’une vie…

Pas question ici d’entrer dans le détail de la riche histoire du château de Médavy (voir l’historique), situé près d’Argentan et du Haras du Pin. Simplement quelques moments importants.
 

Une longue et riche histoire

Cette belle demeure du XVIIIe siècle, d’architecture classique inspirée de Mansart, est au cœur d’un domaine de 133 hectares. Construit sur les bases d’une place forte du duché de Normandie, comme en témoignent encore les douves alimentées par les bras de l’Orne et les deux tours, le bâtiment principal actuel fut érigé entre 1700 et 1723 par Jacques Éléonor Rouxel, comte de Grancey et baron de Médavy, maréchal de France (la famille Rouxel sera propriétaire du domaine pendant 250 ans jusqu’en 1730). Puis l’ensemble fut embelli entre 1754 et 1789 par Pierre Thiroux de Montregard, fermier géné…

 

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Arcisse de Caumont – Un chercheur de notre temps

Statue d’Arcisse de Caumont, réalisée par Victor- Edmond Leharivel-Durocher, rue Baron-Gérard à Bayeux. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Vincent Juhel

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Vincent Juhel.

 

Sépulture d’Arcisse de Caumont au cimetière Saint-Jean à Caen. Il meurt le 16 avril 1873. Le monument a été dessiné par son confrère et disciple Georges Bouet. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Sépulture d’Arcisse de Caumont au cimetière Saint-Jean à Caen. Il meurt le 16 avril 1873. Le monument a été dessiné par son confrère et disciple Georges Bouet. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Arcisse de Caumont (1801-1873), père de l’archéologie médiévale, est le fondateur de nombreuses sociétés savantes normandes ou nationales. Le 150e anniversaire de sa mort est l’occasion de découvrir le parcours d’un organisateur hors pair, historien de l’art renommé, mais également un communicateur et, ce que l’on appellerait aujourd’hui, un médiateur culturel.

Pionnier de l’archéologie française et animateur de l’érudition normande au XIXe siècle, Arcisse de Caumont est une figure majeure de la connaissance et de la sauvegarde de ce que l’on n’appelait pas encore le patrimoine. C’est d’abord un Normand, né le 28 août 1801 à Bayeux d’une famille de petite noblesse de robe ; son souvenir y est d’ailleurs encore bien ancré. Sa statue, œuvre de Victor-Edmond Leharivel-Durocher, érigée seulement trois ans après sa disparition, avait été placée devant l’hôtel de ville de la cité. Elle se trouve aujourd’hui devant le lycée qui porte son nom. Arcisse a passé sa petite enfance à Bayeux – où son père était d’ailleurs conseiller municipal –, avant d’aller au collège à Falaise (installé dans l’enceinte du château), puis de faire des études de droit à l’université de Caen. Ses parents voulaient en faire un homme de loi, mais il était animé par d’autres passions et suivait en parallèle les cours d’histoire de l’abbé de La Rue à l’université.

 

Le fondateur de la Société des antiquaires de Normandie

Il a à peine 20 ans et fait déjà des courses géologiques et archéologiques dans tout le département du Calvados, allant à pied ou à cheval, couchant là où il le peut. De la recherche des roches et de la compréhension des couches géologiques, il en est arrivé à observer l’architecture et à tenter de la décrypter afin de pouvoir en établir une classification, adoptant ainsi les principes des sciences naturelles de Linné. En 1823, il participe, avec ses amis naturalistes, à la création de la Société linnéenne de Normandie. Il crée ensuite la Société d’émulation de Caen, à qui il présente sa première synthèse arché…

 

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Les Dieppois et l’Afrique – Aux origines de la tradition de l’ivoire ?

Le château et l’entrée du port de Dieppe. « J’y viendrais en pèlerinage comme les musulmans vont à la Mecque. C’est ici la patrie des premiers navigateurs de l’Europe. » (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°125
Par Stéphane William Gondoin.

 

Les œuvres en ivoire des artisans dieppois sont aujourd’hui réparties dans les plus grands musées de la planète, comme ici au Met Museum de New York. Couteau avec sa gaine, début du XIXe siècle. (Don de John Pierpont Morgan, 1917. © The Metropolitan Museum of Art – Domaine public – metmuseum.org)
Les œuvres en ivoire des artisans dieppois sont aujourd’hui réparties dans les plus grands musées de la planète, comme ici au Met Museum de New York. Couteau avec sa gaine, début du XIXe siècle. (Don de John Pierpont Morgan, 1917. © The Metropolitan Museum of Art – Domaine public – metmuseum.org)

De nos jours, le château-musée de Dieppe abrite une collection d’environ 2000 objets en ivoire, fabriqués principalement aux XVIIe et XVIIIe siècles, quand la ville cauchoise atteignit l’apogée de sa prospérité économique. Alors dotée d’un port actif, elle abritait de très nombreux ateliers d’artisans spécialisés dans le travail de cet « or blanc ». Une tradition qui semble puiser ses origines loin dans le temps, au XIVe siècle.

Dans les années 1830, par une belle matinée d’automne, l’écrivain Louis « Ludovic » Vitet (1802-1873), futur membre de l’Académie française, s’installe tranquillement sur le banc de bois situé à l’extrémité de l’une des jetées encadrant l’entrée du port de Dieppe. Il est absorbé par le spectacle de la marée montante et l’approche d’un voilier, quand un quidam s’assoit auprès de lui : il a l’aspect d’un quaker et « son pays était écrit sur sa physionomie : il était Anglais ; […] il tenait sous le bras deux ou trois volumes, dans une main des cartes marines, dans l’autre une longue lunette. Cette lunette, qu’il me prêta avec obligeance, fut cause que je liai conversation avec lui. » Infatigable globe-trotter, l’homme avait parcouru de nombreuses contrées et il entreprend le récit de ses voyages. L’une de ses remarques pique au vif la curiosité du savant français : « Vous ne savez pas, monsieur, combien cette petite ville me touche. Voilà trois fois que je reviens du continent [nda : américain], et toujours je veux passer par ce port de Dieppe. J’y viendrais en pèlerinage comme les musulmans vont à la Mecque. C’est ici la patrie des premiers navigateurs de l’Europe. »

Surpris, Vitet interroge son interlocuteur du regard. Et celui-ci de poursuivre : « Oui, monsieur, n’en déplaise aux Portugais et à tous ces méridionaux. […] Vous, Français, comment laissez-vous depuis si longtemps ces gens-là vous dépouiller d’une gloire qui vous appartient ? J’ai la conviction que vos compatriotes, et surtout ceux de ce petit port, ont fait, sinon les plus belles, au moins les premières découvertes, et qu’ils naviguaient sur les côtes de Guinée […] trente ou quarante ans1 avant qu’un vaisseau portugais eût osé fran…

 

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1) Les Portugais ont commencé à s’aventurer dans ces parages au milieu du XVe siècle.



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Réunion sur le RLPI le 28 mars

Illustration pour la Réunion Publique sur le RLPi qui représente plusieurs maisons et des enseignes ou panneaux d'affichages

L’Agglomération Fécamp Caux Littoral élabore actuellement son Règlement Local de Publicité Intercommunal (RLPI). Le RLPI régit et encadre l’installation des publicités, des enseignes et des pré-enseignes à l’échelle du territoire intercommunal (article L.581-3 du Code de l’Environnement) : Enseigne : « toute inscription, forme ou image apposée sur un immeuble et relative à une activité […]

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