Archive dans 17 novembre 2021

Elizabeth Castle – Sentinelle de Jersey

Elizabeth Castle, planté sur un îlot rocheux uniquement accessible à pied à marée basse. (© Matt Porteous)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Stéphane William Gondoin.

 
Charming Betty sur mer. (© Stéphane William Gondoin)
Charming Betty sur mer. (© Stéphane William Gondoin)

Les îles Anglo-Normandes sont des terres des plus fertiles : on y plante des pierres et il y pousse des forteresses... Ainsi Elizabeth Castle, qui trône depuis le XVIe siècle sur un îlot rocheux situé face à la ville de Saint-Hélier. Patrimoine Normand vous emmène dans les coulisses de son histoire tourmentée, à travers un inextricable dédale de coursives, de chemins de ronde, de casemates et de casernements.

arée haute sur la plage de Saint-Hélier, par une belle matinée de début d'été. Un étrange petit bateau, tenant davantage de la cabine de téléphérique que de la vedette rapide, trace un sillage blanc à la surface de la baie de Saint-Aubin. Parvenu à hauteur d'une rampe d'accès pavée, la drôle d'embarcation jaillit des eaux dans un bouillonnement d'écume et entreprend d'escalader la pente, juchée sur quatre pneus : vous avez sous les yeux Charming Betty (littéralement « Charmante Betty »), l'un des deux improbables « autocars des mers » assurant les rotations quotidiennes entre la terre ferme et Elizabeth Castle. L'immense forteresse n'est en effet accessible à pied qu'à marée basse et ces véhicules amphibies permettent d'acheminer le flot quotidien de visiteurs indépendamment des conditions de marée. La découverte d'un lieu unique débute par une mini croisière. Plutôt plaisant !

 

Au commencement était un ermite

Elizabeth Castle est donc bâti sur un îlot rocheux situé face à la ville de Saint-Hélier, capitale de Jersey. On ne sait à peu près rien de l'histoire de ce caprice de la nature avant le VIe siècle, quand un certain Hélier débarque dans les parages. On lit dans son hagiographie que Marcouf, saint bien connu dans le Cotentin, l'a envoyé là en compagnie d'un domestique appelé Romard. En arrivant sur place, Hélier ne recense pas plus de trente habitants dans toute l'île. Cela paraît cepen...

 

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Jardins de Plantbessin à Castillon – La diversité paysagée

Jardins de Plantbessin à Castillon. Bassin rectangulaire du jardin des hémérocalles… (© Thierry Georges Leprévost)


Thierry Georges Leprévost

Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Thierry Georges Leprévost.

 
Jardins de Plantbessin à Castillon ... au bord duquel cette avide jeune lectrice dévore le dernier Patrimoine Normand ! (© Thierry Georges Leprévost)
... au bord duquel cette avide jeune lectrice dévore le dernier Patrimoine Normand ! (© Thierry Georges Leprévost)

­­Les jardins de Plantbessin à Castillon, près de Bayeux, figurent parmi les plus anciens de Normandie. Sous les abords d’une promenade festive et apaisante, ils répondent à une conception rigoureuse et à un tracé géométrique précis qui font d’eux un modèle en la matière.

Des pionniers

Au commencement est une pépinière, celle qu’Hubert Sainte-Beuve, agriculteur dans le Bessin, décide un jour de créer pour satisfaire sa passion des plantes. Dans ce but, il rachète un établissement dans l’Eure, près de Bernay, et se lance dans l’aventure. Las ! Elle tourne court. Nous sommes en 1975. L’année suivante, l’été normand le plus chaud du siècle vient à bout des jeunes pousses, les réduisant à l’état de plantes desséchées, grillées par la rigueur d’un soleil qu’on n’avait pas coutume de subir sous nos latitudes. La déception est grande, le découragement guette et l’expérience pourrait tourner court si son épouse ne lui avait apporté son soutien.

Sans connaissance préalable particulière du monde végétal, Colette décide de relever le défi. Elle entraîne Hubert sur la tournée des jardins du sud de l’Angleterre afin d’y découvrir des espèces rares, pour les multiplier en terre normande. Non plus cette fois à Bernay, mais chez eux à Castillon, petite commune un peu à l’écart de Noron-la-Poterie. La pépinière Plant...

 

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Plonger dans le Caen d’avant-guerre – La place de la République

La modélisation en 3D de l'ancien hôtel de ville de Caen, place de la République.  (© Cadomus).


Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Karl Dupart.

 
La place de la République aujourd’hui, depuis l'angle sud-ouest. (© Karl Duparc)
La place de la République aujourd’hui, depuis l'angle sud-ouest. (© Karl Duparc)

L’association Cadomus a été créée en janvier 2013 en vue de restituer numériquement la ville de Caen avant les bombardements de l’été 1944. Première étape : la place de la République. Mais ce projet, déjà ambitieux, s’inscrit dans une démarche plus vaste dont l’objectif est de mettre en valeur la ville et son patrimoine.

Le projet Cadomus

C’est en partant du constat qu’il était difficile de reconstruire une image sensible et complète de la ville ancienne et du désir de voir renaître cette cité et de la confronter avec la réalité d’aujourd’hui, qu’est né le projet Cadomus. L’objectif toutefois n’est pas de sombrer dans la nostalgie et de mythifier la ville disparue. Il s’agit en premier lieu de comprendre dans toute sa complexité cet ensemble urbain, aujourd’hui profondément altéré.

Le projet de Cadomus se veut ainsi un projet fédérateur. Au XIXe siècle, Caen était la « fille aînée de l’archéologie moderne ». Cadomus souhaite s’inscrire dans cette tradition, mais en utilisant les opportunités offertes par les avancées de la technologie, la ville de Caen possédant de réels atouts en la matière. La ville est, en effet, pionnière en matière de technologie numérique et offre un terrain d’expérimentation à la technologie sans contact. Afin de construire cette maquette virtuelle de la ville, Cadomus s’est associé avec le savoir-faire reconnu du Centre interdis...

 

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Voyage au château de Falaise, au temps de Guillaume le Conquérant

Modélisation de la physionomie du château de Falaise vers 1160. (© Ville de Falaise)


Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Charlotte Lapiche et Benoît Panozzo.

 
Montage d’une des vues stéréoscopiques de la basse-cour et de l’état actuel du site. (© Ville de Falaise / Montage Mathias Dilys)
Montage d’une des vues stéréoscopiques de la basse-cour et de l’état actuel du site. (© Ville de Falaise / Montage Mathias Dilys)

L'histoire des monuments n'est pas toujours celle que l'on imagine et les châteaux de l'époque médiévale recèlent bien des mystères. Loin d'avoir révélé tous leurs secrets, ils sont bien souvent des lieux d'émergence pour les mythes les plus fous et alimentent encore quantité de légendes. Le château de Falaise n'échappe pas à la règle.

Lieu de naissance de Guillaume le Conquérant, le château de Falaise est l'une des plus anciennes places fortes maçonnées d'Europe. Il a abrité les ducs de Normandie et les rois d'Angleterre à l'occasion de fêtes somptueuses, retenu dans ses cachots Arthur de Bretagne, et subi, comme beaucoup de ses semblables, de nombreux sièges. Une histoire teintée de faste, semée de complots et de conflits, rapportée par maints récits.

Posé sur un éperon rocheux qui domine la ville, la forteresse, ceinte d'une haute muraille protégée par une quinzaine de tours, s'organise en deux espaces distincts : une vaste basse-cour et une haute cour pourvue de trois donjons, témoins rares et insignes de l'histoire de France. Le site de Falaise est exemplaire par son passé et ses vestiges. Mais que savons-nous du château ? Ou plutôt, comment faire appréhender concrètement aux visiteurs son évolution architecturale au Moyen Âge, malgré la disparition de nombre des éléments qui le cons...

 

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VIDÉO :

« Jumièges 3D » – Remontez le temps…

Emplacement de l’ancien cloître détruit de l'abbaye de Jumièges. (© Art Graphique & Patrimoine)


Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Isabelle Maraval.

 
Visiteur de l'abbaye de Jumièges avec une tablette. (© Véronique Hénon - CD76)
Visiteur de l'abbaye de Jumièges avec une tablette. (© Véronique Hénon - CD76)

L’application « Jumièges 3D » permet de visualiser, à partir d’une tablette numérique ou d’un smartphone, ce que pouvait être l’abbaye de Jumièges avant sa destruction. L’utilisateur peut découvrir des reconstitutions virtuelles en 3D, s’appuyant sur le procédé technique de réalité substituée, de certaines parties disparues de l’abbaye, réalité qui vient se superposer à la vision réelle des vestiges encore en place.

L'abbaye de Jumièges fut pionnière de cette forme nomade, et nombreux sont désormais les sites patrimoniaux qui proposent des outils numériques avec des reconstitutions en 3D. Rien d’étrange à cela. Si ces sites constituent à eux seuls des œuvres d’art, dont la beauté se suffit à elle-même, leur compréhension est souvent malaisée et les visiteurs expriment le besoin qu’on leur propose un outil de médiation pour soutenir leur imaginaire et leur raconter l’histoire du lieu.

 

La genèse du projet

C’est ce constat qui a suscité le souhait du département de la Seine-Maritime de créer pour Jumièges, que Victor Hugo décrivait comme « la plus belle ruine de France », un outil de médiation à la hauteur de la réputation du site, facile d’utilisation, ludique et nova...

 

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Vieux-la-Romaine en 3D – L’époque gallo-romaine comme si vous y étiez !

Proposition de restitution du jardin de la Maison au Grand Péristyle. (© Studio graphique Imag’in’ere et service archéologie – département du Calvados)


Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Grégory Schütz, Nicola Coulthard, Karine Jardel, Jean-Yves Lelièvre et Marie-Anne Rohmer.

 
Proposition de restitution de la ville gallo-romaine d’Aregenua. (© Service archéologie – département du Calvados)
Proposition de restitution de la ville gallo-romaine d’Aregenua(© Service archéologie – département du Calvados)

Le service archéologie du département du Calvados propose un nouveau regard sur l’Antiquité en Normandie en mettant à la disposition du public, sur son site internet, une série de visites virtuelles et de restitutions numériques. L’objectif : s’immerger et découvrir le quotidien de la ville d’Aregenua, chef-lieu des Viducasses, il y a près de 2 000 ans.

Le site archéologique de Vieux-la-Romaine se situe à une dizaine de kilomètres au sud-est de Caen à l’emplacement de l’actuelle commune de Vieux. Il correspond à l’ancienne ville gallo-romaine d’Aregenua, chef-lieu d’un territoire couvrant approximativement la plaine de Caen. Situé aux confins nord-ouest de l’Empire romain, le site est connu dès le XVe siècle et fut fouillé à partir du XVIIIe siècle. Depuis la fin des années 1980, il fait l’objet de recherches menées par le service archéologie du département du Calvados. Celles-ci ont notamment abouti à la mise en valeur, en 1991, d’une importante maison de notables, la « Maison au Grand Péristyle », puis à la création, en 2002, du musée de Vieux-la-Romaine. Enfin, la dernière restauration en date fut celle, en 2014, d’une habitation antique modeste, la « Maison à la Cour en U ». Depuis 2007, la recherche programmée s’oriente désormais vers le centre monumental de l’agglomération à travers la fouille des bâtiments administratifs du forum.

Fort de ces données acquises et souhaitant moderniser son image, tout en conservant la haute exigence de qualité scientifique et pédagogique qui caractérise ses actions de médiation, Vieux-la-Romaine propose désormais sur son site internet plusieurs visites virtuelles de ses principaux vestiges et des collec...

 

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VIDÉO :

3D et réalité augmentée – Les grands monuments normands ressuscités !

Château de Falaise. Proposition de restitution en réalité augmentée des aménagements intérieurs de l'une des salles des donjons à la fin du XIIe siècle sur tablette tactile. (© Ville de Falaise / Montage Mathias Dilys)


Extrait Patrimoine Normand n°96
Dossier de Grégory Schütz, Nicola Coulthard, Karine Jardel, Jean-Yves Lelièvre, Marie-Anne Rohmer, Isabelle Maraval, Charlotte Lapiche, Benoît Panozzo, Karl Dupart

 

Ah ! la machine à explorer le temps... Qui n'a un jour imaginé de s'asseoir aux commandes de l'engin infernal sorti en 1895 de l'imagination de H. G. Wells ? Si une telle opportunité s'offrait à nous, nous ne prendrions cependant pas la direction du monde terrifiant des Eloïs et des Morlocks, mais plutôt celle des siècles anciens, histoire d'aller serrer la main de Guillaume le Conquérant et de voir de nos propres yeux à quoi ressemblait la Normandie d'antan.
Les techniques modernes de modélisation informatique en 3D et de réalité augmentée, permettent désormais de donner partiellement corps à ce vieux rêve qui hante l'humanité. Couplés à nos smartphones ou nos tablettes numériques, ces procédés révolutionnaires rendent en effet la vie à certains monuments mythiques malheureusement disparus, et nous offrent la possibilité de les contempler au temps de leur splendeur.
Bon, alors c'est vrai, pour la poignée de main à Guillaume, on ne vous promet rien... Mais si, comme nous, vous trépignez à l'idée de vous balader dans les rues de la ville antique d'Aregenua, d'écouter les moines chanter les vêpres dans le chœur de l'abbatiale Notre-Dame de Jumièges, d'arpenter les couloirs du château de Falaise à la recherche de la belle Arlette, ou de siroter un verre à Caen en terrasse d'un café de la place de la République, avant les destruction de la Seconde Guerre mondiale bien sûr, tournez cette page et préparez-vous à un grand voyage. Magique !

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Tennis : Laura-Valentine Pop sacrée championne de France en 11/12 ans

Licenciée au club de l'AS Rouen Université Club, Laura-Valentine Pop a été sacrée championne de France de tennis dans la catégorie 11/12 ans, ce mercredi 17 novembre 2021.La jeune joueuse s'est imposée face à Elisa Rohrbac en finale du tournoi qui s'est disputée au Tennis Club de Rouen.FFT : Laura-Valentine Pop sacrée en 11/12 ans chez elle #FFT #Tennis #Rouen #BNPParibas #Wilson https://t.co/t3PFjlpPk0— TennisActu (@TennisActu) November 17, 2021

Jean de La Varende, hobereau normand (première partie)

Cette statue de Jean de La Varende, conçue et réalisée par Olivia Lefebvre du Prey, a été érigée en 2008 au pied du château de Bonneville à Chamblac. (© Thierry Georges Leprévost)


Thierry Georges Leprévost

Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Thierry Georges Leprévost.

 
Château de Bonneville à Chamblac. Plusieurs fois reconstruit depuis le Xe siècle, Bonneville revient en 1806 par héritage à la famille Mallard de La Varende. « Le Chamblac est rose et bleu, avec des ferronneries noires. On ne peut plus rien pour lui. En le voyant, je pense à une dame qui sort de l’institut de beauté » (Châteaux de Normandie, itinéraire sentimental ) - (© Thierry Georges Leprévost)
Château de Bonneville à Chamblac (Eure). Plusieurs fois reconstruit depuis le Xe siècle, Bonneville revient en 1806 par héritage à la famille Mallard de La Varende. « Le Chamblac est rose et bleu, avec des ferronneries noires. On ne peut plus rien pour lui. En le voyant, je pense à une dame qui sort de l’institut de beauté » (Châteaux de Normandie, itinéraire sentimental ) - (© Thierry Georges Leprévost)

Le 8 juin 1959, La Varende s’éteignait à Paris, où il s’était rendu pour une séance de dédicaces. Son ami Roger Bésus écrira : « Si la France n’a perdu qu’un de ses écrivains, la Normandie a perdu son écrivain ». Normand, l’écrivain d’Ouche l’était assurément, jusqu’au bout des ongles. La variété de son œuvre écrite révèle une personnalité complexe, tiraillée par ses origines, ses convictions et ses aspirations.

Jean Balthazar Marie Mallard de La Varende Agis de Saint-Denis naît dans l’Eure le 24 mai 1887 au château de Bonneville, en la commune du Chamblac, troisième enfant de Laure Fleuriot de Langle, qui est issue d’une vieille famille bretonne, et d’un père officier de marine qu’il ne connaîtra jamais, car il décède deux mois plus tard, le 27 juillet. En 1890, sa mère retourne auprès de sa famille à Rennes, de sorte que le futur grand écrivain normand aurait pu devenir… un talentueux Breton !

 

Une enfance bretonne

C’est son grand-père maternel, le comte et contre-amiral Camille Fleuriot de Langle, qui en dépit de son âge assurera son éducation ; catholique, forcément catholique. Il s’inscrit dans une très ancienne tradition familiale au service de la Royale. Son aïeul, le capitaine de vaisseau Paul Fleuriot de Langle, compagnon de La Pérouse, commandait l’Astrolabe. Depuis le XVIIe siècle, l’arbre généalogique de Jean de La Varende a vu fleurir des officiers de marine, jusqu’à son défunt père, dont l’absence même sonne comme un appel à naviguer dans le sillage de ses prédé...

 

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Sées – Histoire taille cathédrale !

La cathédrale de Sées depuis les jardins du palais d'Argentré. (© Stéphane William Gondoin)


Stéphane William Gondoin

Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Stéphane William Gondoin.

 
La cathédrale et ses tours jumelles. ( Stéphane William Gondoin)
La cathédrale et ses tours jumelles. (© Stéphane William Gondoin)

Avec 4 358 habitants dénombrés lors du recensement 2012, la ville de Sées est l'une des plus petites communes de France métropolitaine à posséder une cathédrale. À la fin du mois d'octobre 2015, cet édifice hors norme s'est vu doter de trois nouvelles cloches et a ainsi recouvré une partie de la voix qui lui manquait depuis des lustres. L'occasion pour Patrimoine Normand de retracer le parcours tourmenté de cet immense vaisseau de pierre.

Que l'on arrive de Gacé, de Mortagne-au-Perche ou de Carrouges, on ne peut manquer d'apercevoir, depuis des kilomètres à la ronde, la silhouette hiératique de la cathédrale de Sées se découpant à l'horizon. Voilà qui ne manque pas de rappeler la situation de Notre-Dame de Chartres, posée comme un îlot minéral au milieu des océans de blé de la Beauce. Il faut dire qu'avec leurs 70 m d'élévation, les deux tours - presque - jumelles de la façade de la cathédrale de Sées ne sont pas précisément des miniatures ! C'est que depuis des siècles, les évêques d'ici ont vu les choses en grand...

 

Une ville antique

Les origines de Sées sont particulièrement lointaines et obscures, faute de documentation fiable et de données archéologiques suffisamment précises pour nous renseigner pleinement. Nous savons toutefois qu'il existait ici une agglomération gallo-romaine appartenant aux Sagiens (Sagii), un peuple celte se confondant peut-être avec les Ésuviens (Esuvii), mentionnés à trois reprises par César dans la Guerre des Gaules. Plusieurs indices archéologiques semblent attester une certaine prospérité au Haut-Empire : dé...

 

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Orival – Quand le passé resurgit

L’amphithéâtre de roches dominant la Seine. (© Ariane Duclert)


Ariane Duclert

Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Ariane Duclert.

 
L’ancienne carrière, à proximité du hameau. (© Ariane Duclert)
L’ancienne carrière, à proximité du hameau. (© Ariane Duclert)

Sur près de 6 km, Orival déploie son amphithéâtre de roches, en lisière de la forêt de la Londe-Rouvray. Dotée d’un riche patrimoine tant naturel que bâti, cette petite commune de quelque mille habitants est aussi l’héritière d’un long passé qui aujourd’hui resurgit. Depuis peu, une association locale s’est ainsi lancé le défi de restaurer les habitats troglodytes de la Roche-Foulon ; tandis qu’un peu plus loin dans la forêt, les vestiges de l’oppidum mobilisent plus que jamais les archéologues. Petite promenade au cœur du mystère orivalais.

Depuis le carrefour du Nouveau-Monde, un sentier file à travers la forêt vers les hauteurs. Ce n’est plus le GR qui passe ici, ce dernier ayant finalement été déplacé quelques mètres plus haut et on en comprend vite la raison. Le terrain accidenté vire bientôt aux montagnes russes qui font davantage le bonheur des vététistes que celui des promeneurs. Mais ceux qui s’aventureront jusqu’ici ne le regretteront pas. Après la petite grimpette, le chemin débouche sur le plateau. La végétation s’est éclaircie et cède à la blancheur éclatante de la craie. Sur plusieurs mètres, à intervalles réguliers, des trous béants creusent la roche et témoignent d’une occupation passée. C’est l’ancien hameau de la Roche-Foulon, un ensemble d’habitats semi-troglodytes, aujourd’hui déserté mais bien connu des locaux.
 

Un trou, une ânesse...

Il y a encore 150 ans, une quinzaine d’habitants vivaient ici, entre verger et potagers, pâtures à moutons, avec vue imprenable sur la Seine : des façades bien modestes sous leurs appentis de tuiles greffés à même la falaise et dont il ne reste que de vieilles cartes postales. Le dernier habitant a quitté les lieux en 1913, mais beaucoup d’Orivalais y montaient encore longtemps après pour y cultiver leur potager. Puis les murs se sont disloqués au fil du temps et le pay...

 

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Au-dessus du seuil d’alerte

L'Agence régionale de santé (ARS) indique que "le taux d’incidence poursuit sa hausse en Normandie par rapport à la semaine passée (+37,6 %) pour s’établir à 63,24 contre 45,71 lors du dernier point de situation. Tous les départements connaissent une augmentation de leur incidence" ; voire une très forte hausse, comme Seine-Maritime (49,9 %).L’ensemble des départements normands dépassent en effet désormais le seuil d’alerte fixé à 50 cas pour 100 000 habitants.Comme sur le reste du territoire, la circulation du virus montre donc d’importants signes de reprise en Normandie. Par ailleurs, le contexte sanitaire est celui d’une probable co-circulation du virus grippal, des autres virus de l’hiver et du coronavirus.Dans ce contexte, le respect des gestes barrières est plus que jamais essentiel, en toute occasion dans les lieux clos brassant les personnes : port du masque, lavage des mains, limitation des interactions sociales, aération régulière des locaux. Restons vigilants : face au virus, chaque geste compte. 

Michel de Decker – Histoires paranormales en Normandie

Histoires paranormales en Normandie. (© Patrimoine Normand)

MICHEL DE DECKER - HISTOIRES NORMANDES.
Journal de bord ma Normandie Bleue - n°96.


Michel de Decker

Extrait Patrimoine Normand n°96
Par Michel de Decker.

 

Méfiez-vous du tempestaire et des armoires normandes qui craquent comme des cercueils ! Méfiez-vous des chèvres qui sautent dans votre lit sans crier gare, des fermes à l’abandon ou des chenilles de la Madeleine… Assurément non, la Seine et l’Orne n’ont pas toujours été de longs fleuves tranquilles…

L’armoire hantée

Dans les années 60, vivait à Cormeilles un jeune couple de professeurs fort amateurs de brocante. Lui, Luc, il enseignait les mathématiques dans un établissement de Lisieux ; son épouse, Ingrid, faisait dans la physique-chimie au collège de Pont-l’Évêque. S’ils aimaient les vieilles choses, Ingrid et Luc ? Il ne se passait pas un dimanche sans qu’ils ne partent faire la tournée des brocanteurs et des antiquaires. Leur maison était d’ailleurs devenue une véritable caverne d’Ali Baba.

« Tiens, dit un jour Luc à son épouse, regarde plutôt cette petite annonce : À vendre armoire normande 18e, prix sacrifié. On va voir ? »

Alors ils se sont rendus dans un délicieux petit château du pays d’Auge et ils ont vu. Elle était vraiment superbe, tout en chêne blond patiné, cette armoire de Coutances, avec sa corniche droite, puissante, moulurée à créneaux ; avec sa partie basse reposant sur une corniche formant tiroirs et ses portes droites à petits panneaux à écoinçons. Son prix ? Il était franchement dérisoire. À tel point que Luc, qui était un honnête homme, n’a pu s’empêcher de lancer :

« Mais enfin, monsieur, elle vaut beaucoup plus que cela. Pourquoi la bradez-vous ?

- Elle ne me plaît plus, voilà tout, répondit le vendeur un peu sèchement. Alors, vous la prenez, oui ou non ? »

Et le soir même, la belle armoire, qui avait pu connaître Louis XIV, trônait dans la chambre des jeunes professeurs… qui ne fermèrent pas l’œil de la nuit ! Parce que, dès qu’ils éteignaient leur lampe de chevet, le meuble se mettait à craquer, faisant un bruit d’enfer, comme si le chêne, devenu trop sec, se préparait soudain à éclater. Mais dès qu’ils rallumaient l’ampoule, le vacarme cessait instantanément. Vous avez dit bizarre ? Même scénario la nuit sui...

 

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Tennis de table : Rouen l’emporte sans trembler contre Hennebont

Dix jours après sa victoire à Caen, le SPO Rouen a confirmé ses bonnes dispositions du moment en surclassant Hennebont (3-0), ce mardi 16 novembre 2021 dans la salle 1000 du Kindarena.Favorite avant le début de saison pour succéder aux Loups d'Angers sur le trône de champion de France, la Garde du Voeu Hennebont réalise un parcours catastrophique : les Bretons ont subi à Rouen leur cinquième défaite en autant de rencontres. A leur décharge, il faut dire qu'ils étaient privés de leur leader, l'Egyptien Omar Assar, n°28 mondial.Ce handicap s'est avéré insurmontable face à des Coyotes emmenés par leur chef de file Robert Gardos (n°27 mondial), dans une forme olympique, vainqueur de son adversaire danois en trois sets secs. La sensation de la soirée est venue d'Alexandre Robinot (n°149 mondial), auteur d'un de ces exploits dont il a le secret : il a dominé en 4 manches le Belge Cédric Nuytinck, n°73 mondial.Le Hongrois Adam Szudi (115e mondial), recrue du club local, parachevait le travail pour un succès net et sans bavure qui permet au SPO de poursuivre sa remontée au classement. Le coach Stéphane Hucliez et ses hommes pointent désormais au 5e rang et se rapprochent d'une place sur le podium, leur objectif pour ce championnat.

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