Archive dans 6 novembre 2021

Les Enfants d’Icare – Hum-Ma

Intéressons-nous à Boris Lamérand.Parce qu'il apparaît sporadiquement dans quelques projets plaisants, comme ce magnifique Theorem of Joy du contrebassiste Thomas Julienne, parce qu'il fait partie d'une famille de musiciens créative et ouverte du côté de [...]

Gérard Tailleux

Chaque jour, jusqu’à la date du salon du livre de #Pavilly, (qui se déroulera le dimanche 14 novembre), Cultur’Esne vous présente un auteur. Aujourd’hui : Gérard Tailleux.

Né en 1932 à Longueil en Seine-Inférieure entre Saint-Valery-en-Caux et Dieppe, d’une famille d’artisans avec un père devenu progressivement aveugle, Gérard Tailleux doit retarder son entrée en 6ème au lycée du fait de la guerre. Il poursuit ses études à Dieppe jusqu’au baccalauréat qu’il obtient à 19 ans. Il prend ensuite le chemin de Rouen pour des cours dispensés par l’Université de Caen, il y obtient sa licence d’anglais puis le CAPES qui lui permet de devenir professeur d’anglais.
Il débute sa carrière professionnelle en Algérie pendant les « évènements » mais c’est à Rouen qu’il exerce son métier de professeur. Peu avant sa retraite en 1993, il retourne vivre dans son Pays de Caux à mi-chemin entre Dieppe et Rouen. Son grand-père ayant été instituteur, il n’était pas question à la maison de parler autre chose que le « bon français ». Dans sa jeunesse, c’est le parler de ses proches, de ses voisins, de son village, qu’il enregistre dans sa mémoire.
Sa passion pour les langues fera le reste pour défendre la langue de son enfance. Gérard Tailleux fait partie depuis les années 1980 de l’association l’U.R.C. d’Yvetot (Université Rurale du Cauchois) qui œuvre pour la valorisation de la langue normande et plus particulièrement de sa variante le cauchois. Il en est le plus ancien membre. Avec d’autres, il publie régulièrement ses textes dans l’hebdomadaire Le Courrier Cauchois.

Le professeur d’anglais à la retraite est membre de l’université rurale du cauchois (URC) depuis les années 80. Ce passionné de langues, qui parle aussi l’allemand et l’italien, s’est intéressé, sur le tard, au dialecte régional. Dans la maison familiale, il n’était pas question pour l’enfant de le parler. « Mon père était artisan peintre mais mon grand-père était instituteur. Chez nous, on s’exprimait en bon français, se souvient-il. »

Bibliographie
La vie d’aôtefeis pis d’à c’t’heu de Gérard Tailleux, éditions Le Pucheux, 350 pages.

Les écrits de Gérard Tailleux sur « la vie d’autrefois et puis de maintenant », sont le fruit d’un patoisant authentique racontant ses souvenirs et d’un observateur attentif et perspicace de la société au sein de laquelle il vit, pour nous soumettre ses réflexions. L’auteur ne sombre pas systématiquement dans le banal « C’était mieux avant » mais laisse penser qu’i vaut oco mieux ête eud note temps ! Sa vitalité, sa verve et sa passion pour son coin de Normandie donnent une tonalité particulière à ces textes dont certains ne sont pas dénués d’humour.
Gérard Tailleux nous montre aussi dans cet ouvrage que le cauchois est assurément un dialecte vivant. Il n’est pas une déformation grossière de la langue française. Il est une variante locale de la langue normande, celle du Pays de Caux, dans laquelle on peut tout à fait s’exprimer pour décrire la vie de tous les jours et donner ses impressions sur l’actualité. Langue vivante donc, c’est ce qui lui confère sa richesse, sa variété, son intérêt.

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