Archive dans 8 février 2021

Vers un enterrement définitif du Contournement Est de Rouen sacrifié au nom de la « social-écologie »

Billet de Florestan:

Ce lundi 8 février 2021, en fin d'après-midi, en séance plénière, le conseil métropolitain de Rouen présidé par le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol devrait voter l'enterrement définitif du projet de contournement autoroutier Est de Rouen, un dossier dont on parle depuis plus de 40 années et qui symbolise à lui seul, le retard  pris dans l'aménagement du territoire normand en raison de la division régionale:

La métropole de Rouen va donc rester la seule grande agglomération régionale à n'avoir toujours pas de périphérique autoroutier complet et le barreau manquera toujours entre Rouen et Orléans pour achever le contournement autoroutier de la région parisienne par l'Ouest : le transit international routier européen entre le Nord de la France et l'Espagne continuera donc d'encombrer durablement les tunnels, ponts et quais du centre-ville de Rouen.

Pour justifier le revirement de sa position (doit-on dire, plutôt, posture?) l'actuel maire et président socialiste de la métropole de Rouen qui défendait ce projet avec ardeur il y a encore deux ans en tant que conseiller régional socialiste voire, en tant que président socialiste de l'ex-région de Haute-Normandie, évoque, désormais, les urgences de la social-écologie, le nouveau paradigme idéologique d'un parti socialiste en quête de lui-même, dans le but de faire de Rouen, "la capitale du monde d'Après" (sic!).

L'objectif politique semble évident: le Nouveau Maître de Rouen cherche visiblement à faire de sa ville, un laboratoire ou une vitrine de la "social-écologie" pour établir le C.V. d'un futur ministre d'un futur gouvernement après les prochaines élections.... présidentielles.

On parle bien des élections présidentielles car les régionales de juin de 2021 tout le monde s'en fout ou presque dans ce petit monde politicien et partisan où l'on se sert de la Normandie au lieu de la servir:

Avec Nicolas Mayer-Rossignol, nous avons donc affaire à de la vieille politique, à savoir, le vieux rossignol du localisme féodal partisan voire clanique (cf. une enquête récente du site d'investigations du "Poulpe" qui évoque la reconstitution d'une néo-Fabiusie à partir du localisme rouennais) mais qui est recyclé et ripoliné avec la couleur verte dans l'air du temps de la "social-écologie".

Puisque notre métropole régionale normande est aussi l'une des capitales mondiales de l'industrie automobile, pour mieux nous faire comprendre,  nous userons de l'image suivante:

Le moteur politicien à explosion c'est l'alliance entre le PS et Europe Ecologie Les Verts et, dans une moindre mesure, avec le PCF: pour tous ceux qui connaissent le fonctionnement d'un moteur rouennais, il est essentiel sinon vital d'éviter toute rupture de la courroie de transmission qui circule entre les socialistes et les écologistes pour gagner une élection dans un raz-de-marée abstentionniste et se maintenir ainsi au pouvoir.

La carosserie c'est la social-écologie.

On aimerait bien pouvoir prendre au sérieux la "social-écologie" tant cette carrosserie semble belle sinon idéale. Mais tout conducteur sait que la partie d'un véhicule la plus exposée aux rudes rencontres avec la réalité c'est la carosserie.

Concrètement:

1) Comment mettre en oeuvre à Rouen, dernière grande métropole industrielle régionale en France, un agenda "social-écologique" si l'on ignore l'industrie, la logistique et, surtout, si on ignore la présence concrète d'un grand port maritime imbriqué dans la ville et encore en pleine activité?

2) Comment faire progresser la culture de la sécurité industrielle chez les professionnels concernés et mieux  la faire  partager avec les salariés, les riverains, les habitants, les citoyens?

3) Comment serait-il possible d'établir un éco-quartier en voisinage immédiat avec des sites industriels classés SEVESO?

4) Comment requalifier la ville de Rouen si l'on ne peut la sortir de sa gangue de béton et de bitume, notamment, sur ses quais et sur ses ponts si l'on ne peut pas définitivement  détourner de Rouen le transit des poids-lourds qui n'a rien à y faire?

5) Comment reprendre l'indispensable chantier de raccordement direct du pont Flaubert à la Sud III si le projet voisin d'éco-quartier Flaubert-Rive gauche demeure dans les limbes?

Voilà donc beaucoup de bosses et de raillures sur la jolie carosserie "social-écologique" d'un Nouveau Maître de Rouen qui n'a, semble-t-il, pas les moyens de rouler... carosse!

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Nous sommes sévères ici avec Nicolas Mayer-Rossignol non sans raison.

Mais les acteurs économiques et industriels rouennais, que cela soit du côté de l'union portuaire, du Médef local (qui n'a jamais cru à l'idée de développer réellement une métropole régionale rouennaise normande à une heure  de Paris) ou de la chambre de commerce ne sont pas moins co-responsables de cet immense gâchis rouennais par leur manque d'imagination, leur manque d'action ou de courage pour tirer, par exemple, toutes les conclusions qui s'imposent après l'incident de Lubrizol...

Ainsi, dans le débat en cours sur le contournement Est, on aurait aimé, par exemple, que ces Messieurs de Rouen se montrent  plus solidaires du Conseil Régional pour défendre l'intérêt général de notre métropole régionale et de la Normandie:

On rappelle que le Conseil Régional de Normandie, en plus de sa propre participation, proposait de mettre 22 millions d'euros sur la table pour financer toutes les compensations écologiques, paysagères et patrimoniales rendues nécessaires par ce projet  ayant un impact certain pour l'environnement dans le Roumois.

Mais, visiblement, pour ces belles personnes, le conseil régional de Normandie n'existe pas. Au mieux, c'est un robinet à subventions au point qu'on demande maintenant à Hervé Morin de palier la défaillance de Nicolas Mayer-Rossignol pour financer aussi les 66 millions autrefois promis pour la réalisation du contournement Est par les élus métropolitains rouennais d'une majorité socialiste précédente présidée par Frédéric Sanchez et Yvon Robert, puisque le Nouveau Maître de Rouen a d'ores-et-déjà organisé la distribution de cette manne pour acheter les votes nécessaires dans l'armée mexicaine de la métropole de Rouen quitte à prendre le risque de faire perdre à la Normandie certains financements de l'Etat en lien avec ce projet et qui iront voir ailleurs: sur ce dernier point, le préfet de région a été clair car on ne saurait renoncer impunément à un projet déclaré d'utilité publique par l'Etat.

Bref! plus d'un an après le rideau de fumée toxique de Lubrizol,  Rouen reste une agglomération toujours aussi polluée!

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  • La social-écologie, qu'est-ce que c'est?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Social-%C3%A9cologie

  • Propos tenus sur son compte Linked In par Olivier Fleutry,  président de l'URSSAF "Haute-Normandie" (si si! ça existe encore...) et vice-président de la CPME Normandie et siégant à ce titre au Conseil économique social environnemental régional de Normandie:

"je suis étonné qu'on se concentre sur cette histoire de pollution et de flux de camions. Le sujet n'est pas la pollution ou les embouteillages dans Rouen, pourtant conséquents. Le sujet est ailleurs : les territoires vivent économiquement grâce aux infrastructures ( routes, ports, aéroports, ponts… ). Les infrastructures amènent des entreprises, des industries, des flux de marchandises, du business et de l'emploi. Pour les écologistes, les industries représentent un risque, les infrastructures consomment du foncier agricole, les entreprises qui s'installent autour des infrastructures aussi du foncier agricole, et les maisons qui se construisent autour de ces entreprises en pleine campagne aussi, et tout cela constitue une Economie de flux. Les écologistes sont contre l'Economie basée sur le développement des flux et la croissance... sauf qu'un territoire qui s'isole est un territoire qui se meurt... On donne trop d'importance aux rouennais dans cette histoire, le contournement ne passe pas par Rouen, ne les concerne pas. Que la Région mette les 66 millions, et on en parle plus  En conclusion, sur le plan micro environnemental, le contournement c'est très discutable, sur le plan macro éco, c'est très souhaitable."

  • La réaction très inquiète de Chritian Boulocher, président de l'Union portuaire de Rouen au travers du communiqué suivant de "Seine Union Port" (fédération présidée par ledit Boulocher qui rassemble les communautés portuaires de l'Axe Seine):

            Le temps où l'on faisait prose commune sur l'Axe Seine avec Nicolas Mayer-Rossignol est  bien révolu!

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  • Voir aussi:

https://www.ouest-france.fr/normandie/contournement-est-une-necessite-pour-seine-ports-union-inquiete-7146952

Contournement Est de Rouen : « une nécessité » pour Seine ports union, « inquiète »

Alors que la métropole se réunit ce soir pour confirmer ou retirer son engagement de 66 millions d’euros dans le contournement est de Rouen, après le monde économique et les chambres de commerce et d’industrie, Seine ports union rappelle « la nécessité de ce projet stratégique et structurant. »

Dans un courrier à Jean-Baptiste Djebbari, ministre chargé des transports, Seine ports union (SPU) a rappelé « la nécessité » du contournement Est de Rouen ; « notre fédération, qui représente plus de 1 000 entreprises et 64 000 emplois, témoigne de sa vive inquiétude quant aux tergiversations de la Métropole sur un projet à la fois stratégique et structurant. »

Pris en otage par la Métropole

Seine ports union réaffirme que « les enjeux de fluidité routière, comme de toutes les infrastructures de communication, sont cruciaux pour le développement portuaire et logistique de l’axe Seine. La Métropole de Rouen ne peut donc pas décider seule de l’avenir de ce projet, plébiscité par plus de 80 % de sa population. »

SPU estime que « l’argument d’un faible report du trafic des poids lourds en raison d’un péage ne tient pas la route… Les entreprises de transport, les plus concernées confirment que les gains de temps et de carburant compenseront le péage. »

Opportunité unique

Quant à l’impact écologique du projet, « sans la réalisation du contournement Est de Rouen, des milliers de camions continueront de traverser le centre-ville de Rouen, exposant sa population à toujours plus de pollution. La Métropole dispose ici d’une opportunité unique de détourner les transits inutiles et de fluidifier les trajets quotidiens de ses habitants, et ainsi répondre à ses objectifs de transition écologique. »

Les professionnels du port considèrent que « le projet « daté » pour certains, » s’inscrit au contraire « dans une dynamique positive : le développement de nouvelles mobilités (renforcement des transports en commun, covoiturage) sont d’excellentes initiatives pour les citoyens. Mais elles ne s’appliquent pas aux marchandises et le transport ferroviaire ne pourra pas répondre à tous les besoins. »

Payé par les entreprises

SPU rappelle que l’investissement de la Métropole (66 M€) « sera payé par les entreprises qui paieront leurs impôts et taxes. Elles sont donc en droit de réclamer la réalisation d’équipements utiles à leur activité en contrepartie des sommes versées. »

Les entreprises portuaires estiment « qu’à l’heure où le gouvernement exprime de fortes ambitions pour l’établissement portuaire unique Haropa, il y a un besoin fondamental de disposer d’infrastructures routières à la hauteur de la stratégie. Ce projet de contournement est une nécessité majeure pour le développement de l’écosystème de l’axe Seine, qui représente près de 6 milliards d’euros de valeur ajoutée et plus de 90 millions de tonnes transportées. »

Les unions portuaires de l’axe Seine s’étonnent encore de « ne jamais avoir été sollicitées par les élus. Le report modal est un objectif partagé par l’ensemble de nos organisations en étroite collaboration avec les métiers du transport routier. » Seine ports union est convaincue que « l ’avenir de l’économie portuaire et logistique de l’axe Seine dépasse les considérations locales et accords politiques. »

  • Voir enfin:  de l'art de botter en touche et de décliner toute responsabilité sur l'Etat "seule maître d'ouvrage" ...

https://www.ouest-france.fr/normandie/contournement-est-de-rouen-pourquoi-la-metropole-de-rouen-devrait-se-retirer-du-financement-7147159

Contournement Est de Rouen. Pourquoi la Métropole de Rouen devrait se retirer du financement

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Sauf coup de théâtre, la majorité PS-PC-Verts du conseil métropolitain de Rouen de ce lundi soir votera le retrait du financement de la liaison entre l’A28 et l’A13 à l’Est de l’agglomération.

À une heure du conseil métropolitain qui votera ce lundi soir l’engagement ou le désengagement de la Métropole de Rouen au financement du contournement Est ou liaison A28-A13, le président Nicolas Mayer-Rossignol a réaffirmé : « On connaît ma position personnelle sur le sujet (il est contre) que j’ai exprimée de façon très claire et très tôt bien avant tout accord politique et les campagnes des élections municipales et métropolitaines. Les urnes ont tranché. » Le président de la métropole de Rouen Normandie souhaite que « les avis des uns et des autres puissent s’exprimer avec la hauteur de vue qui corresponde à l’importance du sujet. Que chacun respecte les positions de chacun. Que le vote soit sincère et clair, sans ambiguïté et en conscience. »

La Métropole n’est pas le maître d’ouvrage

Le maire de Rouen rappelle que « juridiquement ce qui nous est demandé, n’est pas est-ce que l’on fait le projet mais est-ce que la Métropole souhaite participer (pour 66 millions) au financement de cette infrastructure (de 830 millions d’euros) dont le seul maître d’ouvrage est l’État. Il arrive que l’État prenne des décisions qui ne soient pas conformes à ce que demandait le territoire. Le maître d’ouvrage n’est pas la Métropole. »

La même question avait été posée au Département de l’Eure « qui soutenait tellement le projet qu’il ne voulait pas le financer ! Après le retrait unilatéral du Département de l’Eure et de la Communauté d’agglomération Seine-Eure, il n’y a aucune raison que nous financions ce projet qui concerne ces collectivités pour 30 % de son tracé ». Au référendum proposé par les centristes Catherine Morin-Desailly, sénatrice de Seine-Maritime, et Hervé Morin, président de la Région, Nicolas Mayer-Rossignol répond : « Il faut être cohérent, on nous dit que tout le monde est pour, mais il faudrait organiser un référendum. »

Privilégier les mobilités de demain

Nicolas Mayer-Rossignol présente la délibération votée ce soir comme « très fouillée et détaillée, répondant à trois questions : quel serait l’impact sur le trafic automobile, sur l’environnement et sur le plan économique et financier. Il faut un débat à la hauteur de ces enjeux et pas à coups de tweets et de propagande ». Et invite « l’État et tous les acteurs concernés à engager avec la Métropole des alternatives durables pour décongestionner nos routes et privilégier les mobilités de demain ».


 Commentaire de Florestan:

La "social-écologie" rouennaise démarre sur les chapeaux de roue!

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Tribune: pour Christian Saint-Etienne, il faut territorialiser le pouvoir pour stopper le déclin français…

L'Etoile de Normandie a repéré la tribune libre suivante proposée le 4 février 2021 par Christian Saint-Etienne dans le quotidien l'Opinion qui défend le point-de-vue très libéral du grand patronat.

En conséquence, on ne sera pas toujours d'accord avec tous les éléments d'analyse proposés ci-dessous mais un point a attiré notre attention: parmi les solutions préconisés  par l'expert libéral, on trouvera cette idée de "territorialiser le pouvoir": voilà qui va dans le sens de ce que nous défendons ici, à savoir l'idée de "subsidiarité" régionale qui permet l'efficacité par la responsabilité. A condition de pouvoir définir concrètement et précisément le cadre territorial dans lequel ce "pouvoir territorialisé" doit s'exercer.

On en revient donc toujours au même point:

Quand va-t-on enfin prendre au sérieux l'idée régionale?

Réponse: quand on sera enfin capable de définir avec précision ce que peut être une "vraie" région.

Ce point essentiel n'est pas évoqué par Christian Saint-Etienne.... Sujet trop secondaire semble-t-il pour un penseur parisien?


 

 

"Les raisons de l’accélération du déclin français".

La tribune de Christian Saint-Etienne


« En écho aux erreurs des années 1930, on retrouve la même incapacité à regarder à long terme tout en se comparant aux autres dans ce qu’ils font de mieux »

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En 2020, l’activité économique a baissé de 8,3 % en France, de 7 % dans la zone euro, de 5 % en Allemagne et de 3,5 % aux Etats-Unis. Ce recul français intervient après vingt ans de forte désindustrialisation (chute de plus d’un tiers du poids de l’industrie dans le PIB), de faible croissance annuelle (0,75 % par an sur la période 2001-2020), de tragique montée de la dette publique (98 % en 2019, avant la pandémie, et peut-être 125 % fin 2021), d’un chômage qui varie de 8 % quand tout va bien à 12 % au premier accroc, et d’une chute de notre capacité d’innovation et de prise de risque.

Le pays de Pasteur est absent des nouveaux vaccins car nos grands instituts « n’ont pas osé » se lancer dans les productions et thérapies nouvelles.Le niveau de robotisation de nos usines est aujourd’hui inférieur à celui de l’Espagne et la valeur ajoutée industrielle française en euros est tombée à 40 % de celle de l’Allemagne.

Face à la Covid, en mars-avril 2020, nos soignants n’avaient pas les équipements nécessaires alors que nous avons le record du monde de la dépense de protection sociale en proportion du PIB. Ils étaient dans la position des fantassins français qui ont dû attaquer les chars allemands quasiment à main nue en mai 1940.

Désastres. 

Trois raisons expliquent les désastres des vingt dernières années, en écho aux erreurs des années 1930.

D’abord, on retrouve la même incapacité à regarder à long terme tout en se comparant aux autres dans ce qu’ils font de mieux. Refus de l’adaptation à la guerre moderne fondée sur le couple avion-char dans les années 1930, refus de se préparer aux pandémies en analysant les politiques de santé de la Corée du Sud, de Taïwan et de Singapouret de favoriser l’essor de la recherche et de l’industrie pharmaceutique dont le poids relatif par rapport aux autres pays s’est effondré dans les années 2010.

Ensuite, incapacité des pseudo-élites administratives énarchisées d’analyser et de comprendre la nature de la Nouvelle révolution industrielle fondée sur la science et la technologie de l’informatique qui se développe depuis les années 1980 avec une très forte accélération depuis les années 2000. Une nouvelle accélération appuyée sur l’intelligence artificielle, la 5G, les biotechnologies, l’espace et l’informatique quantique est en cours et va tout bouleverser dans les années 2020. Sur les sept membres du bureau politique du Parti communiste chinois, il y a six ingénieurs. Aucun parmi les Présidents et Premiers ministres français depuis trente ans.

« Sur le plan stratégique, depuis quarante ans, nous avons posé le sac et mangé le casse-croûte sous les frondaisons au moment où les autres se mettaient au combat et accéléraient la course »

Au lieu d’accélérer dans la transformation de notre économie au milieu des années 1990, on met en place les 35 heures et les RTT, après la retraite à soixante ans en 1982 au moment où s’amorçait le vieillissement de la population. Sur le plan stratégique, depuis quarante ans, nous avons posé le sac et mangé le casse-croûte sous les frondaisons au moment où les autres se mettaient au combat et accéléraient la course. Depuis vingt ans, nous sommes vautrés dans le refus du combat, l’écœurement des fermetures d’usine, l’abjection du principe de précaution qui a castré l’ancienne furia francese et la négation de notre identité de grande nation.

Morgue. 

Enfin, de 1940 à 2020, la même morgue des pseudo-élites centralisées qui doutent de leur propre peuple comme nos généraux « n’avaient pas confiance dans leurs propres soldats » (Marc Bloch). Il faut territorialiser le pouvoir en reconstruisant nos institutions sur les 1 250 intercommunalités du pays qui correspondent aux bassins de vie, en divisant le nombre de départements par deux et en réintroduisant le couplage région-département par des élus uniques, au nombre divisé par deux, siégeant tour à tour au département et à la région.

Les interco, rebaptisées « communes métropolitaines » et élues au scrutin direct (les communes actuelles devenant leur subdivision), doivent produire des plans de développement économique et social de six ans, mis à jour tous les trois ans, en lien avec les entreprises, et des plans pour l’habitat, les transports, l’éducation et la santé coordonnés par les nouveaux départements. Les régions doivent avoir pour seule priorité le développement de l’industrie, de l’enseignement supérieur et professionnel et de la recherche dans la Nouvelle révolution industrielle. Il faut en urgence des fonds d’investissement régionaux, les plans stratégiques régionaux étant coordonnés par une Agence publique stratégique dont la direction est confiée à des ingénieurs et des économistes. Un fonds d’investissement national finance les grandes infrastructures du renouveau.

Tous les fonctionnaires élus doivent démissionner de la fonction publique afin de supprimer les parachutes dorés dans le public. Tous les responsables syndicaux, politiques et médiatiques doivent suivre des cycles de formation sur les mutations du monde et doivent visiter les centres industriels et de recherche des pays les plus avancés.

Qui est prêt, parmi les citoyens, à se lever pour sauver le pays ?

Christian Saint-Etienne est professeur au Conservatoire national des arts et métiers et auteur du Libéralisme stratège (Editions Odile Jacob, septembre 2020).

Une passionnée suédoise brode une réplique à l’identique de notre tapisserie de Bayeux.

Le rayonnement du prestige des héritages culturels et historiques de la Normandie est très important et ce, dans le monde entier: cela démontre que la Normandie est un objet géographique vivant qui témoigne non pas de la géographie fonctionnelle mais d'une géographie humaine séculaire:

Une brave suédoise ne brodera jamais une tapisserie de 80 mètres de long pour narrer l'épopée de la fusion portuaire de l'Axe Seine ou les aventures politiciennes de Patrick-Ollier dans les maquis technocratiques du Grand Paris!

Sur la tapisserie de Bayeux quelques nouvelles:

1) Le musée de Bayeux va être totalement repensé à l'occasion de l'ouverture d'un centre européen d'interprétation du Moyen-âge: le chantier permettra une nouvelle présentation de la tapisserie que l'on espère en éventail pour avoir le privilège de la contempler totalement.

2) En conséquence et Brexit aidant, l'Elysée aurait renoncé avec sagesse à prêter le chef d'oeuvre de la Normandie médiévale au Royaume-Uni...


 

Elle se donne 10 ans pour reproduire à la lettre la Tapisserie de Bayeux

https://actu.fr/insolite/elle-se-donne-10-ans-pour-reproduire-a-la-lettre-la-tapisserie-de-bayeux_39140824.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1GMrZNwP-1jm2EpKObs3ZxmL9lEZGjCHQSZjL2SYHY3xPpKweK9QPDsL8#Echobox=1612637280

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En 2016, Mia Hansson, d’origine suédoise, s’est lancée un incroyable défi : reproduire à l’identique la Tapisserie de Bayeux. En cinq ans, elle en est arrivée à plus d'un tiers.

Mia Hansson, 46 ans, vit à Wisbech, en Angleterre. Il y a 10 ans, elle quitte son travail d’enseignante pour s’occuper à plein-temps de son beau-fils, handicapé. « J’ai eu beaucoup de temps pour travailler sur un grand projet », explique Mia. Un énorme projet serait plus juste.

En 2016, elle décide de reproduire à l’identique la Tapisserie de Bayeux, dans sa taille d’origine. Elle s’est donné 10 ans pour réaliser cette incroyable création, faite à la main.

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80 mètres de travail

Le 13 juillet 2016, Mia Hansson fait son premier point de couture. Il lui aura fallu attendre six mois avant de pouvoir démarrer sa folle aventure, le temps d’obtenir tout le matériel nécessaire. Mia se souvient : 

J’ai dû acheter tout le tissu en lin, pour le support. 40 mètres de matière solide, par peur que le tissu ne se déchire ou se brise. J’ai coupé le tissu en deux, dans le sens de la longueur, et j’ai cousu l’ensemble pour obtenir 80 mètres de travail. J’utilise également de la laine Appleton pour broder.

Mia HanssonArtiste

Broder, coudre, Mia pratique cet art depuis ses cinq ans. « Ma grand-mère m’a tout appris. J’avais aussi des cours de textile à l’école, ma matière préférée », développe Mia. Pendant des années, l’artiste ne cesse de s’exercer en confectionnant des tenues pour sa famille, ses amis, pour les écoles, et même les musées.

4 000 heures de couture

« Aujourd’hui, je suis sur le point de terminer le 28e mètre, avec le couronnement d’Harold », raconte Mia. 28 mètres en cinq ans, c’est une belle performance.

Jusqu’à présent, j’ai passé environ 3 750 heures à coudre. Il faut ajouter à cela le temps nécessaire pour ourler le tissu et y transférer les images. J’ai probablement passé plus de 4 000 heures sur le projet, et je n’ai fait qu’un tiers.

Mia Hansson

Une telle prouesse doit sûrement amener son lot de complication. « Seulement en ce qui concerne la teinte à utiliser. Les nuances de bleu et de vert sont particulièrement difficiles à choisir. La couture en elle-même est facile », révèle Mia.

Les détails de son travail sont bluffants et d’une précision sans pareil. « J’essaye d’être aussi proche que possible de la tapisserie originale. Je m’efforce de reproduire les erreurs des couturières d’origine, mais pas nécessairement celles des réparateurs. C’est un équilibre très fin et pas toujours facile. »

Une célébrité en devenir

Il ne reste plus que cinq ans à la Suédoise pour finaliser sa réplique. Que va-t-elle faire par la suite d’une tapisserie de 80 mètres ? « J’espérais la vendre, mais je n’en suis plus tout à fait sûr, s’interroge Mia, pour le moment, je gagne un peu d’argent en présentant mon travail lors de réunions. »

Il y a quelques jours, le Daily Telegraph, un des plus grands journaux d’Angleterre, sortait tout un article sur la production de Mia. « Je suis devenue un peu une célébrité locale. J’ai figuré dans les journaux locaux, à la télévision, à la radio, mais aussi dans quelques magazines. Le Daily Telegraph a été la 1e reconnaissance nationale. J’ai aussi une mention sur Wikipédia. » Une belle vitrine.