Archive dans 23 janvier 2021

Respect de l’intégrité de la Normandie dans l’Axe Seine: lettre à envoyer aux parlementaires Normands

L'instrumentalisation politicienne des enjeux essentiels pour l'avenir de la Normandie est plus que jamais d'actualité: les journalistes de la presse régionale et nationale étant actuellement trop occupés à tourner comme de joyeux hamsters dans la cage aux folles du Covid, n'ont pas relevé ce que nous relevons ici.

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Ce qui se trame sous couvert de "relance de l'Axe Seine" et derrière l'agenda d'une fusion portuaire prévue pour le 1er juin prochain est pourtant inquiétant pour l'avenir même de la Normandie!

Il n'y a pas de complot et rien n'est caché.

Mais encore faut-il vouloir et savoir regarder l'évidence qui est comme le nez au milieu de la figure et faire l'effort de relier les informations entre elles.

C'est ce que nous avons fait sur l'Etoile de Normandie.


 Voici tous les éléments du puzzle en notre possession à la date de ce billet:

A Paris, la métropole du Grand Paris présidée par Patrick Ollier est contestée notamment par les députés de la majorité présidentielle qui lui reprochent d'être une improbable couche de crème supplémentaire dans le mille-feuilles passablement indigeste de la région parisienne:

https://94.citoyens.com/2020/guillaume-gouffier-cha-et-pacome-rupin-prets-a-dynamiter-la-metropole-du-grand-paris,20-11-2020.html

La tentation d'avaler la Seine aval sans l'aval des Normands en profitant de l'agenda de la fusion portuaire des ports de l'Axe Seine revient très fort quitte à marginaliser les pouvoirs régionaux concernés, à savoir: Hervé Morin pour la Normandie et Valérie Pécresse pour l'Ile-de-France.

Les prochaines échéances électorales qui entremêlent les régionales et les présidentielles (les uns voulant faire les premières avant les secondes et les autres voulant faire les secondes avant les premières) échauffent certainement les esprits: Anne Hidalgo la maire socialiste de Paris et Valérie Pécresse la présidente LR de l'Ile-de-France ne font pas mystère de leur intérêt pour les élections... présidentielles. Seul Hervé Morin est clair dans cet histoire en ayant annoncé qu'il était le candidat normand pour des élections régionales normandes.

https://www.latribune.fr/regions/ile-de-france/grand-paris-la-metropole-va-t-elle-etre-agrandie-supprimee-ou-ni-l-un-ni-l-autre-869894.html

Citation:

Vers la fusion avec la métropole havraise ?

« Je pense comme Edouard Philippe et Anne Hidalgo que rien ne pourra se faire dans l'avenir si on n'est pas capable de réfléchir à la fusion dans l'action, d'abord dans la réflexion puis dans l'action, de la MGP avec la métropole du Havre et les ports du Havre, Rouen, Paris, avec l'axe de la Seine qui doit structurer cette réflexion »

Philippe Laurent, maire de Sceaux, en juillet dernier.

Plutôt que d'attendre un ''acte II de la métropole'', le maire de Rueil-Malmaison, soutenu par LREM aux dernières élections municipales, veut « aller sur place et rencontrer les équipes du Havre ». « Je crois savoir qu'autant le président de la République que le Premier ministre actuel [Jean Castex] sont déterminés à aller dans ce sens », assure-t-il encore.

En ce sens, Patrick Ollier (ndlr: président de la métropole du Grand Paris) se place sur la même ligne que celle défendue par la maire de Paris et le président du Havre Seine Métropole d'un Grand Paris allant jusqu'au Havre, lors du Sommet du Grand Paris organisé par La Tribune fin septembre 2020

Commentaire de Florestan:

La Normandie n'a pas être la variable d'ajustement des complexités politico-territoriales de la région parisienne!


 Jean-Marie Caillaud est le nouveau conseiller territorial d'Emmanuel Macron depuis début novembre 2020:

C'était surtout l'ancien DGS du conseil départemental de la Seine-Maritime depuis 2017. On rappelle que la Seine-maritime, présidé par Bertrand Bellanger est le seul département français à s'être retrouvé dans l'escarcelle de la majorité présidentielle. Il n'est donc pas étonnant que cet homme issu des réseaux d'Edouard Philippe placé au plus haut sommet de l'Etat produise quelques effets...

Des effets inquiétants pour l'avenir du pouvoir régional normand actuellement présidé par Hervé Morin.

https://www.paris-normandie.fr/art/len/mouvements/jean-marie-caillaud-OG11062268

https://www.aefinfo.fr/depeche/638756-jean-marie-caillaud-est-nomme-conseiller-territoires-d-emmanuel-macron

Le coup-de-pied de l'âne que vous savez de Roland Castro dans le journal du Grand Paris le 19 janvier dernier:

https://www.lejournaldugrandparis.fr/r-castro-il-faut-elire-la-metropole-au-suffrage-universel-et-fusionner-lile-de-france-et-la-normandie/

Citation:

La chaussure c’est la Région, trop petite. Dès lors, je pense qu’il faut lancer une campagne pour créer la région Paris-Normandie. Comme une telle réforme suppose la disparition d’une des deux régions, il ne faut peut-être pas trop demander leur avis aux exécutifs directement concernés. Mais cela permettrait de construire à la fois le port et la Métropole, de former ainsi une vraie Région, avec de l’urbain et du rural. En Ile-de-France, nous avons un grand urbain et un petit rural.


 

Mais pour qui roule Roland Castro?

https://www.latribune.fr/regions/ile-de-france/grand-paris-l-architecte-roland-castro-interpelle-emmanuel-macron-839366.html

Au service d'Hidalgo et d'Ollier

En réalité et sans surprise, Roland Castro soutient la maire-candidate (PS) Anne Hidalgo. "Elle fait un boulot formidable avec cette idée de transformer les rues en ne séparant pas les espaces verts et des espaces construits", assure-t-il. (...)

Un an et demi après sa mission pour le président de la République sur "Paris en grand", restée lettre morte, et à la veille d'une concertation que conduira le gouvernement au lendemain des élections, Roland Castro se met en outre au service d'Anne Hidalgo et de Patrick Ollier.


 Hidalgo qui danse le tango avec Edouard Philippe en piétinant la Normandie: c'était, on s'en souvient,  le 29 septembre 2020, le jour de la Saint Michel, fête des Normands...

https://www.latribune.fr/economie/france/anne-hidalgo-et-edouard-philippe-defendent-un-grand-paris-allant-jusqu-au-havre-858489.html

Citation:

Anne Hidalgo, maire de Paris, et Edouard Philippe, maire du Havre, ont débattu du futur aménagement de la Seine qui devrait faire du Havre le port maritime de Paris et doper le fret ferroviaire. Pour Anne Hidalgo, ce grand projet peut conduire au rapprochement entre les régions Ile-de-France et Normandie dans une grande région de l'axe Seine.

« Paris, Rouen, Le Havre, une seule ville dont la Seine est la grande rue ». La formule est de Napoléon, qui l'a prophétisé en 1802. Une idée toujours aussi moderne, selon Anne Hidalgo et Edouard Philippe qui ont dialogué ce mardi à l'invitation de La Tribune sur l'hypothèse d'un Grand Paris qui s'étendrait jusqu'au Havre. « C'est un fait qu'il y a partie liée entre la vallée de la Seine et la Région Île-de-France, commandée par la géographie et par l'histoire », explique Edouard Philippe, qui Premier ministre, avait lancé en 2018 le projet de fusion des trois ports du Havre, de Rouen et de Paris.

Redevenu maire du Havre, Edouard Philippe qualifie la liaison ferroviaire entre Paris et sa ville « d'assez lamentable ». Un avis partagé par Nicolas Sarkozy qui réclamait deux heures plus tôt « un TGV Paris le Havre, car le Havre est le port naturel de Paris ».


 Mais comment faire l'axe Paris-Rouen-Le Havre en ignorant la Normandie, tel un viaduc sautant par- dessus les ploucs et leurs vaches?

En créant un pôle métropolitain de l'Axe Seine, c'est-à-dire, une ligne à hameçons sur laquelle accrocher les grandes EPCI de toute la vallée de la Seine en aval de Paris jusqu'à la mer, à commencer par les trois principales: la Métropole du Grand Paris, la Métropole Rouen "Normandie" (sic!) et Le Havre Seine "métropole" (re-sic!)

Nous qui avons la mémoire longue, nous savons qu'il s'agit d'une trahison de l'esprit du "pôle métropolitain" un outil qui a d'abord été conçu pour organiser le travail collaboratif entre les principales villes et agglomérations d'une région pour en assurer la métropolisation: dans le cas de la Normandie, la géographie urbaine plaide pour la création d'un pôle métropolitain reliant Caen, Rouen et Le Havre mais le localisme, maladie mentale incurable qui affecte les "grands" maires normands, s'y est tant opposé que trois pôles métropolitains furent créés, un autour de chaque ville!

Dans le cadre de la vallée de la Seine normande, on trouve le "pôle métropolitain de l'estuaire de la Seine" autour du Havre et le "pôle métropolitain Rouen Seine Eure" autour de Rouen...

Plus en aval de Paris, on trouve déjà le bien nommé "pôle métropolitain Grand Paris Seine Aval" qui a des vues sur l'aval, comme son nom l'indique:

https://www.chanteloup-les-vignes.fr/article/le-pole-metropolitain-grand-paris-seine-aval

Citation:

Créé le 13 février 2015, ce syndicat mixte, dont les missions sont définies par la loi de réforme des collectivités territoriales de 2010, a été conçu comme un outil de coopération, d'animation et de coordination au service du développement du territoire Seine-Aval, pour la mise en œuvre de stratégies de développement territorial en partenariat avec d’autres territoires (Cergy, Rouen, le Havre, etc…).


 La transformation d'une métropole du Grand Paris qui ne donne guère satisfaction en pôle métropolitain du Grand-Paris, voire de l'Axe Seine est un préalable...

Un projet de loi vient d'être déposé en ce sens par deux députés LREM de l'Assemblée Nationale:

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3681_proposition-loi#

Mais avant toute chose, un "pôle métropolitain" c'est quoi?

Réponse sous le lien suivant, le site d'un cabinet d'avocats en droit public qui propose une synthèse claire du dernier état de la législation:

https://blog.landot-avocats.net/2018/04/18/rappels-sur-la-creation-dun-pole-metropolitain/

On apprend ainsi, que la loi MAPTAM de 2014 a autorisé la création de pôles métropolitains en région parisienne, que le conseil départemental ou régional du territoire où se déploie un pôle métropolitain peut demander à y adhérer et qu'il faut l'accord préalable du préfet de région assorti de la consultation pour avis simple des conseils départemantaux et régional concernés.

La procédure de création d’un pôle métropolitain, très simple, nécessite la réunion de trois conditions cumulatives :

  • un accord entre les EPCI-FP membres (matérialisé par la prise de délibérations concordantes) ;
  • la consultation, pour avis simple, à la diligence du préfet du département dans lequel le pôle a son siège, de l’assemblée délibérante de chaque département et de chaque région dont font partie les communes intéressées (avis implicitement favorable au terme d’un silence de trois mois) ;
  • l’accord final du préfet (attention : la création d’un pôle métropolitain est soumise au pouvoir discrétionnaire de celui-ci).

En clair, si un pôle métropolitain de l'Axe Seine tendu des EPCI de la région parisienne jusqu'au Havre devait écharper la Normandie, il faudrait l'accord final du préfet de région concerné: on rappelle que le préfet de région est un pouvoir local qui est, par principe, aux ordres du gouvernement. On rappelera aussi qu'Hervé Morin avait récemment déclaré que: "le meilleur ami du préfet de région était le président de région"...


 En attendant, tout ce beau monde se donnera rendez-vous à Rouen le 11 février prochain: bien évidemment, Hervé Morin n'est pas invité!

https://www.lejournaldelaxeseine.fr/le-maire-de-rouen-invite-edouard-philippe-et-anne-hidalgo-pour-relancer-laxe-seine/

Citation:

A l’occasion de sa conférence de presse de rentrée lundi 5 janvier 2021, le maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol, a annoncé qu’il recevrait le 11 février prochain ses homologues havrais et parisiens Edouard Philippe et Anne Hidalgo pour évoquer l’avenir de l’Axe Seine.


 Pour finir et pour mémoire, nous avions en Normandie des géographes universitaires qui avaient des choses pertinentes à dire sur l'Axe Seine... C'était en 2013:

https://journals.openedition.org/metropoles/4788?lang=en

Citation:

Depuis 2007, la partie aval de la vallée de la Seine, entre l’agglomération parisienne et la Basse Seine, fait l’objet de mobilisations diverses en faveur d’une meilleure intégration territoriale. Cet ensemble géographique est présenté comme stratégique par de nombreux acteurs : l’État, les régions, les grandes intercommunalités urbaines, mais aussi les chambres de commerce, les autorités portuaires ou les agences de développement. Désigné sous divers toponymes (« Axe Seine », « Seine Métropole » ou « Paris-Seine-Normandie »), ce projet métropolitain d’échelle interrégionale repose sur l’hypothèse que Paris et la Basse Seine auraient vocation à former un ensemble économique intégré.

La notion d’Axe Seine est née dans le cadre des réflexions entamées à propos du Grand Paris, lancées en 2007 par l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy. Considérant qu’« il n’y aura pas de France forte et ambitieuse si l’Île-de-France se recroqueville sur elle-même », il s’agissait alors pour celui-ci de reprendre en main l’aménagement de la région parisienne. Parmi les initiatives proposées dans le cadre du Grand Paris, l’idée de consolider l’« Axe Seine », en reliant Paris à l’estuaire du fleuve, et plus largement en arrimant la façade maritime normande à l’Île-de-France, s’est rapidement imposée comme une façon de permettre à la « région capitale » de maintenir son rang parmi le club restreint des villes mondiales. Ce projet s’inscrit alors dans le cadre d’une vision géostratégique soucieuse de créer les conditions territoriales censées permettre à la société française de maintenir son attractivité et sa compétitivité dans un monde perçu comme un champ de rivalités géoéconomiques.

En nous appuyant sur les méthodes de la géopolitique critique (O’ Thuatail, 1996) et de l’analyse géoéthique des discours et des visions de l’espace (Brennetot, 2010), cet article propose de tester l’hypothèse suivante : les justifications avancées par les promoteurs de l’Axe Seine s’appuient sur un argumentaire néolibéral entièrement naturalisé, érigeant la soumission à la concurrence mondiale en élément constitutif du projet territorial considéré ici.


 Conclusion:

Faut-il craindre une vente à la découpe de la Normandie utile, celle de l'Axe Seine au profit du Grand Paris? C'est, en effet, une crainte raisonnable après avoir pris connaissance de tous ces éléments.

Des considérations politiciennes poussent en avant la vision froide et techno de certains acteurs politiques et économique de créer, à terme, une grande région "Paris-Normandie", à savoir, un "ensemble économique intégré" selon les logiques d'une géographie fonctionnelle d'inspiration néo-libérale qui ignore la géo-histoire enracinée qu'elle soit nationale ou régionale au risque de créer des grands machins néo-régionaux artificiels qui dispersent les énergies au lieu de les rassembler.

L'avenir qui commence dans la mise en oeuvre concrète d'un bouclier social protégeant les territoires et leurs sociétés civiles dans la crise sanitaire et sociale actuelle est aux vraies régions qui concilient la géographie de la raison (région fonctionnelle) et la géographie du coeur (province de l'identité): la Normandie réunifiée est, de ce point de vue, la seule vraie région sur la carte de la France continentale depuis 2015. Et la toute nouvelle communauté européenne d'Alsace tend vers la même idée depuis le 1er janvier dernier...

Mais qui vient de dire ceci en Alsace?

« Au-delà de l’Alsace, je voudrais vous faire une confidence personnelle : je n’ai jamais été convaincu par la création de ces immenses régions (en 2015), dont certaines ne répondent à aucune légitimité historique et surtout ne me paraissent pas répondre aux besoins grandissants de nos concitoyens pour une action publique de proximité »,

https://www.20minutes.fr/politique/2959875-20210123-collectivite-europeenne-alsace-castex-jamais-convaincu-creation-immenses-regions


 

Pour les plus motivés d'entre nous, vous trouverez ci-après le texte d'une lettre qui peut être copié et modifié à votre guise à l'attention du député et du sénateur de votre circonscription: nous avons un devoir civique d'alerte car il est probable que la représentation parlementaire normande n'est pas totalement au courant des dernières évolutions de nos affaires... normandes!

 

TEXTE DE LA LETTRE A ENVOYER AUX PARLEMENTAIRES NORMANDS

 

Objet: Le développement de l'Axe Seine ne doit pas être la vente à la découpe de la Normandie utile au profit du Grand-Paris

 

Madame/Monsieur le/ la député(e)  le/ la sénateur/ sénatrice

Les dernières déclarations de l'architecture urbaniste Roland Castro dans le journal du Grand Paris (19/01) préconisant la mise en oeuvre d'une grande fusion "Paris-Normandie" "sans trop demander leur avis aux exécutifs concernés" est la dernière provocation en date sur un enjeu essentiel pour l'avenir de la Normandie une région dont la vallée de la Seine est le coeur battant, un coeur battant d'intérêt national pour la France puisqu'il s'agit d'assurer le lien vital entre la région parisienne et la mer.

En effet, le 29 septembre dernier à l'occasion du 10ème anniversaire du lancement du projet de l'Axe Seine, la perspective de créer une grande -région fusionnant la Normandie et la région parisienne avait déjà été évoquée par Anne Hidalgo, maire de Paris et Edouard Philippe, l'ancien Premier ministre et actuel maire du Havre.

Enfin, le 11 février prochain, les maires du Havre, de Rouen et de Paris sont convenus de se retrouver à Rouen pour présenter leurs solutions pour l'avenir de l'Axe Seine à l'occasion de la fusion portuaire qui sera opérationnelle le 1er juin prochain. Parmi les solutions évoquées: le principe de créer un pôle métropolitain joignant les principales EPCI de la vallée de la Seine de Paris au Havre.

Inutile de dire qu'un tel projet s'il était confirmé et s'il devait avoir lieu serait une grave menace pour l'intégrité de la Normandie réunifiée qui offre pourtant le double avantage d'être une vraie région (alliance entre la région de la raison et la province du coeur) et d'être, d'ores-et-déjà une région opérationnelle pour soutenir et financer les projets concrets indispensables au développement de l'Axe Seine (par ex: financement de la "chatière" permettant le désenclavement fluvial du port du Havre).

La mise à niveau logistique, la modernisation dans le respect du développement durable du premier potentiel maritime, logistique et industriel français qui s'étend de l'Ouest parisien jusqu'au Havre ne saurait ignorer les territoires et les régions où cet enjeu se trouve et se déploie: une méga-fusion territoriale pilotée depuis l'amont, depuis les pouvoirs centraux parisiens, serait une erreur bien "française" car le critère pertinent n'est pas celui d'une taille critique mais celui de la cohérence, la qualité et de la reconnaissance d'un territoire réel à partir duquel des projets concrets sont portés et développés.

Le développement de l'Axe Seine devrait être l'occasion d'expérimenter enfin le principe de subsidiarité régionale d'un "laissez-nous faire" et la vraie région normande pourrait être le laboratoire territorial d'une nouvelle avancée de la décentralisation au service de l'intérêt national:

le/la citoyen/citoyenne français/française que je suis espère pouvoir compter sur votre vigilance républicaine et normande quant au maintien de l'intégrité de la Normandie et vous demande d'examiner la possibilité de déposer un projet de loi permettant l'expérimentation du principe de subsidiarité régionale dans la gouvernance portuaire et le développement territorial de la vallée de la Seine.

Avec toutes mes salutations républicaines et normandes,

Madame/Monsieur,

Coup de propre avenue de Quenneport

Les haies qui bordent l’avenue de Quenneport viennent d’être taillées par les services de la Métropole.

Ce coup de propre, qui était devenu plus que nécessaire, répond à demande de nombreux riverains et de la municipalité.

Sachez d’ailleurs que la municipalité a demandé aux services métropolitains que cet entretien soit planifié de façon régulière pour l’embellissement de ce tronçon et la sécurité de tous, ce qui n’était pas toujours le cas.

L’article Coup de propre avenue de Quenneport est apparu en premier sur Val de la Haye.

Le coronavirus s’acharne contre l’hôpital de Dieppe: le variant anglais aurait-il débarqué?

Dans son histoire maritime mouvementée, le port normand de Dieppe a subi en 1696 un bombardement de la part d'une flotte anglo-hollandaise qui détruisit une large partie de la ville...

La Seconde guerre mondiale a épargnée la ville mais en 2021, c'est le coronavirus qui a décidé de prendre d'assaut l'hôpital de Dieppe

Capture d’écran du 2021-01-23 01-09-35

https://www.ladepeche.fr/2021/01/22/covid-19-un-cluster-incontrolable-a-dieppe-plus-de-260-personnes-contaminees-9327416.php

Covid-19 : un cluster incontrôlable à Dieppe, plus de 260 personnes contaminées

Plus de 140 agents et 123 patients sont atteints par le Covid-19 à l'hôpital de Dieppe dont les ressources humaines sont en conséquence sous "forte tension", a-t-on appris jeudi auprès de sa direction. "La situation du centre hospitalier de Dieppe est préoccupante", a indiqué la direction du groupement hospitalier de territoire (GHT) Caux maritime dans un communiqué titré "tension importante et préoccupante".

"Sur l'hôpital de Dieppe, on est à 141 personnels" en arrêt car atteints par le virus et "123 patients présents" malades du Covid, a précisé jeudi après-midi Franck Esteve, directeur général adjoint de l'établissement. Sur l'ensemble du GHT qui compte sept établissements, 176 personnels et 173 patients sont atteints par le virus. L'hôpital de Dieppe affiche près de 1.735 équivalents temps plein rémunérés, toutes catégories confondues, et 958 lits et places.

Des opérations déprogrammées

L'Agence régionale de santé (ARS) "a déclenché la réserve sanitaire régionale et nationale. On a quelques renforts qui arrivent au fur et à mesure. Ça s'organise mais il n'y en a pas pléthore non plus", a ajouté Franck Esteve. L'ensemble des établissements publics et privés de Normandie ont été sollicités par l'ARS, tout comme les Unions Régionales des Médecins Libéraux (URML) et pôle emploi.

L'hôpital a déprogrammé "pas loin de 40%" de l'activité de chirurgie pour les patients non urgents, selon Franck Esteve. "On peut quand même prendre en charge une centaine de patients programmés par semaine", a aussi indiqué Franck Esteve."On travaille sur le territoire heureusement en complément avec deux cliniques privées", a poursuivi le directeur adjoint. Selon le communiqué, "depuis 10 jours, le CH doit faire face à plusieurs clusters dans ses services de médecine, de gériatrie et de soins de suite et réadaptation". Les tests ont été renforcés pour tous les patients, et notamment aux urgences.

Côté vaccination, "les centres de Dieppe et Eu ne peuvent plus fixer de rendez-vous. L'ensemble des créneaux sont d'ores et déjà complets au regard du nombre de doses disponibles. Nous communiquerons dès que possible pour la reprise des rendez-vous. Sous réserve de disponibilité des vaccins, nos centres de vaccination s'organisent pour augmenter le nombre de personnes vaccinées", selon le communiqué.


 

Voir aussi la réaction de Sébastien Jumel, député PCF de la Seine-maritime et ancien maire de Dieppe:

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-a-dieppe-le-ciel-sanitaire-nous-tombe-sur-la-tete-alerte-le-depute-sebastien-jumel-apres-le-cluster-a-l-hopital_4268029.html

Covid-19 à Dieppe : "Le ciel sanitaire nous tombe sur la tête", alerte le député Sébastien Jumel, après le cluster à l'hôpital

174 soignants de l'hôpital de Dieppe ont contracté le Covid-19 et 170 malades du Covid-19 sont soignés à l'hôpital.

Le député PCF de Seine-Maritime Sébastien Jumel demande au Premier ministre "de faire un détour par Dieppe, d'abord pour montrer l'attention de l'État, pour mobiliser la réserve sanitaire et pour faire jouer la solidarité interrégionale en matière d'agents hospitalier", a-t-il déclaré ce vendredi sur franceinfo. Il rappelle que Jean Castex se trouve aujourd'hui dans le département, au Havre. 174 soignants de l'hôpital de Dieppe ont contracté le Covid-19 et 170 malades du Covid-19 sont soignés à l'hôpital, indique l'élu communiste qui réclame "une mobilisation exceptionnelle de l'État", car "le ciel sanitaire nous tombe sur la tête".

franceinfo : Savez-vous comment une telle propagation a eu lieu à Dieppe ?

Sébastien Jumel : Non. On a constaté une accélération de la propagation du virus, avec évidemment les agents hospitaliers qui sont en première ligne depuis le début de la crise sanitaire. 174 d'entre eux ont contracté le virus et 170 patients sont accueillis à l'hôpital. C'est la raison pour laquelle je demande trois choses simples. À l'heure où je parle, le Premier ministre est au Havre, à quelques kilomètres de Dieppe, je lui demande de faire un détour par Dieppe, pour d'abord montrer l'attention de l'État, pour mobiliser la réserve sanitaire et pour faire jouer la solidarité interrégionale en matière d'agents hospitaliers.

Considérez-vous que les personnels soignants de cet hôpital ont été très trop peu vaccinés ?

Ils ont été privilégiés pour la vaccination, tous ceux qui l'ont demandé l'ont été. Mais s'ils ont été contaminés, c'est que le virus circule très fort sur notre territoire. Peut-être que le variant anglais n'est pas loin. Nous ne le savons pas d'ailleurs, parce qu'il n'y a eu qu'un seul séquençage. Je demande d'ailleurs à l'Agence régionale de santé d'accélérer et de densifier le séquençage. Concernant la vaccination, tout est prêt à Dieppe, on a des équipes mobiles prêtes à se déplacer auprès des populations fragiles, nous avons cinq box pour faire 250 vaccins par jour. Sauf que nous manquons de doses, nous avons à Dieppe moins de doses cette semaine que nous en avions la semaine dernière. Les soignants ont pris des précautions comme partout ailleurs, ils contractent le virus car il est sur notre territoire. Je demande que dans un territoire comme le nôtre, on accélère la vaccination dans les résidences pour personnes âgées en autonomie, et pas seulement dans les Ehpad. Aujourd'hui, les prises de rendez-vous ce n'est pas avant le 23 mars. Ce n'est pas acceptable, pas à la hauteur des enjeux. J'attends que l'Etat démontre qu'il est capable d'incarner un Etat qui prend soin, un Etat qui protège, mais pas un Etat vertical et technocratique.

Vous demandez donc une mobilisation générale autour de l'hôpital de Dieppe ?

Depuis trop longtemps, l'hôpital est abîmé parce que les libéraux ont décidé de réduire les moyens hospitaliers. Nous demandons donc du renfort, de la solidarité interrégionale dans l'immédiat. Et puis, nous demandons dans la durée qu'on déprécarise les agents et qu'on renforce les effectifs de l'hôpital de Dieppe, qui est performant, qui est moderne, qui a montré sa capacité de mobilisation au service des patients. Mais là, le ciel sanitaire nous tombe sur la tête. Les chiffres sont très mauvais c'est la raison pour laquelle le Premier ministre Castex doit faire quelques kilomètres pour venir déclencher une réponse exorbitante de droit commun. À situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle de l'Etat.

Elections régionales: les écologistes veulent diviser la gauche normande avant « d’en finir avec les années Morin… »

Si les Shadoks normands devaient voter, ils voteraient Europe Ecologie Les Verts...

Capture d’écran du 2021-01-23 00-10-49

https://actu.fr/politique/elections-regionales-en-normandie-les-ecologistes-se-ressemblent-d-abord-entre-eux_38829521.html

Élections régionales en Normandie : les écologistes se ressemblent d'abord entre eux

Les écologistes partent rassemblés pour la bataille des élections régionales derrière Laëtitia Sanchez, maire d'une commune de l'Eure. Elle lance un appel à les rejoindre.

Qui m’aime me suive. C’est à gros trait le message passé par les écologistes de Normandie, qui partent à la bataille dans le cadre des élections régionales de juin 2021. Les écologistes ont d’abord choisi de se rassembler pour prétendre damer le pion à Hervé Morin, actuel président Les Centristes de la Région. La tête de liste de ce rassemblement, Laëtitia Sanchez, maire de Saint-Peirre-de-Vauvray (Eure) et conseillère régionale, veut proposer une alternative au « vote de repli et de rejet » — dont le représentant au niveau mondial est, selon elle, Donald Trump — et au « modèle conservateur, dont Hervé Morin est l’incarnation ».

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Un rassemblement « qui peut s’élargir à une gauche qui partage nos valeurs »

Face à la presse, mardi 19 janvier 2021, Laëtitia Sanchez a bien présenté « un rassemblement du pôle écologiste normand » avec Europe Écologie-Les Verts, Génération.s, Cap 21, Génération Écologie, « et ce n’est pas fini », promet l’élue de l’Eure qui appelle « toutes les forces de progrès à nous rejoindre ». Comme le résume Pierre-Emmanuel Hautot, de Génération Écologie, « ce n’est pas l’union de la gauche. C’est un rassemblement des écologistes qui peut s’élargir à une gauche qui partage les valeurs que nous défendons ». « L’écologie est un tout, ce n’est pas un supplément d’âme, un paragraphe en plus dans un programme », achève Caroline Amiel (EELV).

Les communistes retiendront le message de Véronique Bérégovoy : « On ne peut pas être écologiste et pro-nuclaire. L’EPR de Flamanville, ce sont 19 milliards d’euros. Imaginez tout ce qu’on aurait pu faire avec. » Quant au « Printemps normand » mené par Marie Le Vern, conseillère départementale PS de Seine-Maritime et fille de l’ancien président de la Haute-Normandie, le « pôle écologiste » semble regarder cela avec circonspection, même si le dialogue est d’ores et déjà noué. Laëtitia Sanchez en est persuadée, « quand on parle d’écologie, c’est l’original qui est préféré ; on l’a vu dans les grandes villes ». 

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« En finir avec les années Morin »

Puisque comme le rappelle Rudy l’Orphelin, élu EELV de Caen, « les décisions des prochaines décennies seront déterminantes », il est, à leurs yeux, important d’« en finir avec les années Morin », président « qui est dans un système d’autre fois ». La preuve pour Rudy l’Orphelin, avec la volonté de l’ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy de « relancer les aéroports normands » : « Six millions d’euros pour agrandir les aéroports de Deauville et Caen, qui sont à 45 kilomètres l’un de l’autre et à une heure de Rennes, alors que l’avion est 15 à 45 fois plus polluant au kilomètre que le train. » Durant cette campagne, les écologistes souhaitent débusquer les « incohérences » à droite, mais aussi à gauche.

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Ce rassemblement met en avant « la fin d’une logique de prédation de la nature », avec l’arrêt de l’artificialisation des sols, « la fin du tout-voiture », la création « de plusieurs dizaines de milliers d’emplois » grâce à la transition écologique, la fin du nucléaire (dans une des régions du monde les plus nucléarisées), la rénovation énergétique des lycées, « où l’été, il peut faire jusqu’à 38°C dans certaines classes »…

Nous faisons un travail approfondi et sérieux sur le programme dans l'espoir d'être aux responsabilités et sortir de cette image de doux rêveurs.

Pierre-Emmanuel HautotGénération Écologie.

Les élections régionales devraient avoir lieu en juin 2021. En 2015, la liste écologiste avait remporté 6,14 % des voix au premier tour.