Archive dans 3 mai 2020

La rentrée est annulée

Passons sur les multiples contradictions du Ministre de l'Education Nationale ces dernières semaines, car même si son discours avait été le même chaque fois, il se tient à une distance telle de ce que signifie l'école concrètement, qu'aucun protocole, parfaitement réalisé, par le meilleur technocrate, ne permet d'envisager une reprise de l'école sereine et bénéfique pour qui que ce soit.

Les intérêts de l'Etat sont bien ailleurs, on le sait, mais il paraît nécessaire de se doter de quelques éléments pour bien comprendre quelle rentrée Il tente de nous imposer et comment y faire face.

Quelques éléments sur la « continuité pédagogique » en temps de confinement, et le récit qu'en a fait le pouvoir.

Un article d'un blog de Médiapart : Ne laissons pas le pouvoir voler le récit de l'école au temps du confinement, nous invite à nous interroger sur le myhte qu'essaie de créer le pouvoir sur la continuité pédagogique.
« Il est impressionnant de voir comment le pouvoir, sensible à ce qui se dit de la réalité vécue du confinement, cherche à imposer son récit face aux acteurs du monde réel qui convergent sur beaucoup de points, tant dans les foyers que dans les institutions. Pour l'école, il est important que ceux qui travaillent gardent la maîtrise du récit face aux silences, aux demi vérités, voire aux mensonges. »
Vous pouvez lire à ce sujet d'autres articles parus sur à l'ouest (Ce que le coronavirus fait à l'enfance, Une illusoire continuité pédagogique,A propos de « l'école à la maison » : il faut oser dire qu'il n'y aura pas eu de cours) qui reviennent déjà sur l'illusion mise en place par le pouvoir d'une école qui continuerait comme avant.
Ce qui nous a semblé intéressant dans cet article-ci est qu'il invite à ne pas laisser ce mythe continuer à s'écrire par le pouvoir, mais bien écrire nous-même ce qu'aura été l'école au temps du confinement :
« Le plus souvent ce qui manque lors des sorties de crise c'est le détail du récit de la crise pour pouvoir y donner les bonnes réponses. Compte tenu des enjeux, il est essentiel que collectivement personnels, syndicats, personnes engagées et éclairées en matière éducative gardent la mémoire de ce qui se dit et se passe pour pouvoir, le moment venu, ressortir le réel vécu face aux récits mythiques que l'on prétendra nous imposer. »

Ne nous y trompons pas, le pouvoir est déjà en train de collecter les informations qui mettront en avant les héros du confinement et écraseront ceux qui ne se sont pas pliés à la discipline exigée par la continuité pédagogique numérique : dans l'Ariège, la FSU publie ainsi un communiqué le 24 avril en réponse à un courrier du DASEN aux IEN et chefs d'établissement de l'Ariège datant du 17 avril. Car ce courrier invite les IEN et chefs d'établissements à ficher les bons et mauvais enseignants et AESH pendant le confinement.
Vous pouvez retrouver ce communiqué ici.
Ci-dessous un extrait du courriel du DASEN dont il est question :
« Engagement des personnels :
Il reste important d'avoir une juste connaissance de l'engagement des différents personnels placés sous votre responsabilité, aussi est-il nécessaire de :
– Garder mémoire des enseignants volontaires pour l'accueil des enfants des personnels prioritaires
– Garder mémoire et transmettre chaque semaine la liste des enseignants volontaires et présents pour l'accueil des enfants des personnels prioritaires
– Etablir un état des lieux précis du soutien scolaire effectué durant la semaine du 14 au 17 avril pour transmission
– D'une manière générale garder mémoire nominative des engagements remarquables et remarqués l'inverse est aussi vrai…
Continuité pédagogique :
Je vous remercie d'établir un point de situation synthétique des 4 semaines écoulées en matière de continuité pédagogique et de manière tout autant synthétique de la perspective pour les 3 semaines à venir. […] Si le retour attendu doit être synthétique, je vous invite cependant à être le plus exhaustif possible sur votre connaissance et votre vigilance sur la situation et l'implication de chacun. »

Les protocoles pour la rentrée du 11 mai :

D'abord, il est intéressant de se pencher sur cette enquête de l'Observatoire National de la Sécurité et de l'Accessibilité des établissements d'enseignement : au début de l'épidémie du Covid-19, l'ONS a interrogé les établissements du 1er et 2d degrés : étaient-ils en mesure de rendre effectifs les gestes barrières préconisés par les instances sanitaires et gouvernementales ?

Communiqué de presse de l'ONS

Par ailleurs, le 22 avril, la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Elèves) publiait un communiqué de presse dénonçant les choix du gouvernement pour la reprise des classes, notamment dans la mesure où ils ne s'étaient pas faits en concertation avec les parents d'élèves. Le communiqué s'arrête par exemple sur les anomalies d'un protocole qui ne prend jamais en compte les spécificités des écoles, des salles de classe pour établir ses normes de rentrée :
« Ainsi, décider d'un « plafond » de 15 élèves par classe n'a de sens que si on connaît l'aménagement du bâtiment ou encore la taille des salles des établissements tout comme définir une organisation du temps scolaire sans prendre en compte les transports scolaires, la restauration, l'internat et le périscolaire. Opter pour des demi-groupes, sans que l'on sache comment les parents pourront accompagner leurs enfants durant les cours à distance (sachant de surcroît que le congé maladie pour rester auprès de ses enfants sera supprimé le 1er mai) ni comment les enfants suivront durant une semaine un enseignement à distance sans leur enseignant, est incompréhensible. Envoyer en premier lieu les plus jeunes enfants peut aussi poser question, sachant qu'il aurait été probablement préférable de rescolariser d'abord les plus autonomes, donc les plus âgés. »
L'association appelle donc les parents à se ressaisir des protocoles mis en place dans les établissements scolaires et à ne pas se laisser gérer par un Etat qui dysfonctionne jusque dans ses protocoles sanitaires.

Communiqué de presse FCPE

La FCPE rejoint évidemment en ces points nombre d'enseignants qui ont déjà fait les calculs pour leurs propres classes : car les recommandations de distanciation avec les effectifs annoncés par le gouvernement ne prennent notamment pas en compte les meubles, le matériel présents dans les classes.

Vous pouvez trouver ici le protocole sanitaire pour la réouverture des écoles maternelles et élémentaires.

Protocole sanitaire pour la réouverture des écoles maternelles et élémentaires

Ce protocole nous dit par exemple :
« L'organisation mise en place dans les écoles doit permettre de décliner ce principe dans tous les contextes et tous les espaces », sur les 1 mètre de distance.

Une enseignante a fait ainsi ce calcul :
« Considérant qu'un enfant occupe un espace de 50 cm de diamètre et qu'il doit y avoir autour de lui un mètre de distance cela fait un cercle avec un rayon d'1, 25 m. Si je ne me trompe pas l'aire devrait être 3.14x1.25x1.25 = 4.90 m2 soit pour 15 élèves et un enseignant 78.5 M2 surface à laquelle il faut ajouter l'emprise des armoires, bibliothèques, etc. Au bas mot, pour 15 élèves 85 à 90 M2. »
Je ne connais pas d'école ayant cette capacité.

Un autre se lance même dans des plans :
« j'ai fait ce plan avec pour hypothèse une salle des classes de 6 m par 7 m, sans le professeur, avec 15 ronds représentants 15 élèves, pas de meubles. Hypothèse 1 : 1 m de distance sociale ce qui suppose également que les élèves restent bien droit sur leur chaise, ne se tournent pas en se rapprochant pour parler à leurs camarades. Hypothèse 2 : avec 1,50 mètre de distance et toujours 15 élèves. A noter : on parle en France de 1 mètre de distance sociale, en Belgique c'est 1,50 mètre, en Suisse et au Canada, c'est 2 mètres (source = sites ministériels de ces pays)... »

Hypothèses de plans de classe

Une collègue lui répond : « ce plan ne prend pas en compte les espaces de circulation indispensables, ni la réalité du terrain ( meubles existants type armoires, rangement etc...) Ni la présence du professeur avec son espace et la possibilité minimum d'aller au tableau. Mais même avec cela on voit l'impossibilité.
De plus, je n'ai que des tables pour 2 la mairie viendra me livrer des bureaux individuels ? Et viendra les mettre en place d'ici le 11 ? Pendant que je mettrai tous les matériels collectifs, jeux et livres à l'abri pour ne pas qu'ils s'en servent et qu'ils ne soient pas contaminés si moi je veux m'en servir pour lire une histoire ou mettre en lien avec une notion mathématique par exemple. . . »

Tout ceci sans oublier ce que nous explique Lydia Bourouiba, professeure d'ingénierie civile et environnemental au MIT dans cet article sur ce qui se passe en cas d'éternuement :
« Sans le nuage, les gouttelettes de plus de 100 micromètres se propagent jusqu'à 2 mètres, alors que les petites (de 1 à 50 micromètres) n'atteignent pas un mètre. Mais en prenant en compte le nuage, ce sont les grosses qui tombent en premier et les petites gouttelettes peuvent aller jusqu'à 6 mètres. »

Le choix des élèves pris en charge :

Partons d'un exemple posté sur le groupe « Stylos rouges 78 » :
« Nous avons eu une visio avec l'IEN et il me semble bien que le discours des IEN est normalisé et que leur mission est d'appliquer les consignes officielles.
Alors pourquoi autant de sons de cloches différents circulent sur ce site ?
Voici ce qui nous a été dit clairement pour nous PE (Professeur des Ecoles) :
Nous devons prendre en priorité les enfants des soignants, en deuxième les enfants des parents qui travaillent (chauffeurs de bus, police...) et en dernier les élèves en difficulté. Donc on nous a menti on ne prend pas en priorité les élèves décrocheurs.
Nous avons le droit de prendre les élèves en demi journée. Alors que Blanquer avait dit non.
Les enseignants qui ont commencé l'enseignement à distance ont le choix de le poursuivre ou pas.
Les enseignants à risques ne viennent pas ainsi que ceux qui ont une personne vulnérable à la maison.
Alors, c'est quoi ce bordel ? Y a-t-il un discours unique ou une cacophonie générale ?
Blanquer nous dit que les familles fragiles pourront envoyer leurs enfants à l'école pour qu'ils puissent aussi manger à la cantine, comment est-ce possible ? puisque beaucoup de communes n'ouvriront pas les cantines et que les élèves devront emmener leur repas.
Et enfin dernier constat, étant donné que nous devrions prendre en priorité les enfants de ceux qui travaillent cités ci-dessus, en ce qui concerne notre école, ce ne sont pas ceux-là qui sont en difficulté. »

Pourtant, dans un courrier conjoint du préfet de Seine-Maritime et du DASEN (Directeur académique des services de l'Education Nationale de la Seine-Maritime) aux maires, datant du 2 mai 2020, on peut lire :
« La réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai constitue un élément majeur de cette stratégie de déconfinement. Elle répond, dans le strict respect des mesures de sécurité sanitaire, à un impératif de justice sociale pour permettre notamment aux élèves les plus fragiles de consolider leurs acquis et de ne pas creuser davantage des écarts accentués pendant le confinement. »
Encore un mythe de l'Etat qu'il est juste de contredire dès maintenant.

Courrier conjoint du préfet et du DASEN aux Maires

Un point juridique

Plusieurs avocats se sont penchés sur la question de la responsabilité des personnels en contact avec les enfants en cas de contamination voire de décès suite à cette reprise.

Le site SOS enseignants propose une réponse de Laurent Hazan, avocat, qui semble complète et recouper les différentes informations parues :

  • Les personnels de direction sont notamment en charge de la sécurité des élèves et des personnels. A compter du 11 mai prochain, ils devront dès lors veiller à la mise en place et au respect dans leur école des modalités et consignes sanitaires issues des lois et règlements qui seront prises à cet effet par le gouvernement. 
  • En cas de défaillance, ils pourraient être poursuivis. Le cas échéant, il appartiendrait au Procureur de la République d'établir que le directeur ou le chef d'établissement « n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait ».
  • La responsabilité des personnels de direction n'exonère pas celle des enseignants. En effet, il appartiendra aux enseignants d'appliquer strictement les obligations sanitaires et les consignes particulières du directeur ou du chef d'établissement. En cas de défaillance, ils pourraient également être poursuivis pour « violation d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement ». Ainsi les enseignants seront fautifs s'ils n'appliquent pas dans leurs classes et à l'égard de leurs élèves les obligations légales et réglementaires mais également - et c'est important - s'ils acceptent de faire cours tandis qu'ils ont constaté que les mesures sanitaires mises en place sont insuffisantes (ou trop difficiles à faire respecter) pour garantir la sécurité des élèves. Dans ce cas, l'on pourrait leur reprocher d'avoir commis « une faute caractérisée qui a exposé leurs élèves à un risque d'une particulière gravité qu'ils ne pouvaient igonorer ». Ils devront donc être vigilants, apprécier la situation et, en cas de difficultés, réagir immédiatement pour ne pas exposer leurs élèves.
  • Cependant, comme en « temps normal », les enseignants ont une obligation de moyen et non de résultat. Cela signifie que leur responsabilité ne sera actionnée que s'il est établi qu'ils n'ont pas fait tous leurs efforts, compte tenu des circonstances et des moyens dont ils disposaient, pour prévenir l'accident.
  • A noter, notamment pour les parents d'élèves : de nombreux personnels de direction envisagent de faire signer aux parents une décharge de responsabilité. En aucun cas, cette décharge ne peut les exonérer de leur responsabilité et ils risquent des sanctions disciplinaires s'il les font signer aux parents.

Infos diverses :

  • Le 27 avril 2020, 36 maires de la Métropole Rouen Normandie adressent un courrier au préfet et au DASEN, dont voici quelques extraits :
    « Nous, Maires de la Métropole Rouen Normandie, sommes face à de multiples interrogations quant à la faisabilité d'une telle organisation, dans un délai aussi court, à si brève échéance de la fin d'année scolaire alors que nous sommes confrontés régulièrement à des informations qui nous parviennent trop souvent contradictoires.
    Nous savons que les règles de confinement n'ont pas été respectées par tous et nous ne sommes pas enclins à rassembler des enfants dans des structures qui ne nous permettent pas de les accueillir dans les meilleures conditions de distanciation physique. [...]
    Considérant que nous n'avons ni les structures d'accueil suffisantes, ni le personnel pour faire face à un tel dispositif dans un délai aussi court ; Considérant que la confiance des parents d'élèves ne semble pas répondre favorablement aux propositions faites par le gouvernement et que beaucoup de parents se disent prêts à ne pas mettre leurs enfants à l'école ; Considérant que le gouvernement ne peut apporter toutes les conditions de sécurité sanitaire à nos populations ;
    Nous souhaitons des directives plus claires et un accompagnement de l'Etat, ainsi qu'une garantie quant à la maîtrise du Virus comme des informations qui nous sont communiquées. Pour le moment, nous sommes beaucoup de Maires à penser qu'un retour en classe le 11 mai serait prématuré. »
    Courrier des Maires au préfet et au DASEN
  • Une réunion réunissant les IEN de Rouen et la mairie de Rouen se tiendra demain (lundi 4 mai), suite à quoi les décisions de réouverture seront communiquées aux chefs d'établissement.
  • La coordination nationale de l'éducation a publié mercredi 22 avril un appel à refuser toute reprise tant que les conditions sanitaires ne sont pas réunies. « Pour montrer et faire connaître le refus de la décision de rouvrir les écoles et établissements scolaires alors que les conditions sanitaires ne sont pas réunies, la Coordination nationale de l'Éducation mettra en place une carte collaborative des prises de position sur le 11 mai. »
    Appel de la coordination nationale de l'Education du 22 avril 2020

Il semble donc plus que judicieux de se poser la question de la reprise, que ce soit du côté des enseignants comme de celui des parents d'élève. Il est possible de maintenir une pression sur les élus, de donner des attestations de non possibilité d'accueil à tous les parents qui le demandent, de bien observer les possibilités de droit de retrait pour les enseignants...
Et au-delà, ré-interroger un système éducatif qui ne tient compte ni des personnels, ni des élèves, ne prend en considération aucun des objectifs premiers de l'éducation.

Over the edge, Jonathan Kaplan, 1979

PATRIMOINE NORMAND EN PERIL /2 : Le manoir de la Horie à Granville victime de la spéculation immobilière…

Nous continuons notre série dominicale consacrée à un parcours d’alerte dans ce patrimoine normand en péril alors que son entretien, sa valorisation et sa préservation permettraient un développement local plus qualitatif que quantitatif, nuance qui reste un mystère pour ceux qui croient faire une bonne affaire en anéantissant des vieilles pierres méprisés parce que méconnues…

Après Lisieux, nous voici à Granville, au sud de la ville sur la corniche avec une vue splendide sur la mer et la baie du Mont-Saint-Michel et ses superbes couchers de soleil. Le site de cette ancienne maison d’armateur de Granville qui fut aussi corsaire à ses heures, domaine constitué et bâti à la fin du XVIIIe siècle et exceptionnellement conservé, est menacé par un banal et médiocre projet de densification immobilière: le manoir en tant que tel n’est pas menacé de démolition mais son parc et les communs le sont quant à eux. C’est donc, à la fois, un patrimoine architectural et naturel qui est menacé alors que ce domaine a un potentiel exceptionnel s’il s’était agi d’y créer un hôtel de charme de grand standing puisque ce type de prestation n’existe toujours pas dans la « Monaco du Nord »…

Coup de gueule des associations locales de défense du patrimoine dans la presse hebdomadaire régionale:

(La Manche Libre, avril 2020)

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Pendant la crise le désastre écologique s’accentue

La situation actuelle a fait sortit du radar les nombreux désastres écologiques qui constituaient la normalité dans le monde d’avant. La réapparition d’animaux sauvages là où ils n’avaient pas été observés depuis longtemps ou encore l’amélioration de la pureté de l’air en témoigne. Hélas, la réalité est toute autre. On sait que Macron s’était présenté …

Déconfinement: Hervé MORIN ne souhaite pas la réouverture des lycées normands avant septembre 2020.

Quelques nouvelles neuves du plancher des vaches normandes, a mille lieux de certains aréopages dorés ministériels parisiens…

On s’en doutait. L’affaire semble se confirmer!

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/normandie-nous-ouvrirons-les-lycees-pour-les-missions-absolument-necessaires-et-au-cas-par-cas-annonce-herve-morin_3946335.html

Normandie : « Nous ouvrirons les lycées pour les missions absolument nécessaires et au cas par cas », annonce Hervé Morin

Le président centriste de la région Normandie a décidé de ne pas rouvrir les lycées à partir du 11 mai, date du début du déconfinement.

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La réouverture des écoles se fera progressivement dans plusieurs communes françaises à partir du 11 mai et suivra un échelonnement qui se fera par niveau de classe ou selon les élèves. En Normandie, Hervé Morin, président centriste de la région, a décidé de ne pas rouvrir les lycées. « Nous ouvrirons les lycées pour les missions absolument nécessaires et au cas par cas », a-t-il expliqué dimanche 3 mai sur franceinfo.

Cette réouverture se fera pour « passer des examens, réunir des jurys, permettre à des étudiants en première année de prépa d’avoir au moins un mois de scolarité parce qu’ils n’arrêtent que début juillet. »

Si les lycées devaient rouvrir « à partir du 2 juin, le lundi est férié et le mardi c’est la rentrée des profs ». « Donc, il reste sur la première semaine deux jours effectifs. La seconde semaine, on a les conseils de classe. C’est-à-dire qu’on va rouvrir des lycées avec la complexité qu’on connaît pour exactement trois à quatre jours effectifs de classe puisqu’on est en demi-groupe », a pointé Hervé Morin. « Est-ce qu’il est bien utile de s’engager dans une telle opération avec le risque de créer de nouveaux clusters, de relancer l’épidémie, pour trois à quatre jours effectifs de classe par lycéen alors qu’aujourd’hui, ils ont la possibilité de suivre leur scolarité à distance ? », se demande le président de la région Normandie.

On aurait mieux fait de suivre l’avis du Conseil scientifique et de reporter la rentrée en septembre. Hervé Morin à franceinfo

Le gouvernement explique que la réouverture est une bonne chose contre le décrochage scolaire. « Mais dans la foulée on rend ça facultatif. La question c’est, est-ce que les décrocheurs seront les premiers à retourner à l’école ? Les sondages montrent que ce n’est pas forcément dans les familles de décrocheurs qu’on revient le plus naturellement à l’école à partir du 11 mai. Il y a une grande inégalité sur cette question », a insisté Hervé Morin.

Autre problème celui des transports scolaires. « On a 130 000 jeunes qui sont transportés tous les jours dans des cars, a-t-il ajouté. Si on doit récupérer les primaires, les collégiens et les lycéens, on n’aura jamais assez de moyens de transport » pour pouvoir respecter les mesures sanitaires.

 

EN ATTENDANT DES JOUEURS MEILLEURS N°46

AS GOURNAY EN BRAY

Interview Kévin DELARUELLE

DANS CETTE PÉRIODE DE CRISE NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN : VOUS POUVEZ FAIRE UN DON
SI VOUS LE SOUHAITEZ – MERCI

Durant cette période difficile, nous avons souhaitez garder le contact avec les clubs et sportifs de notre région. Pour cette …ème interview ( par mail ) , nous avons rencontré Kévin DELARUELLE, du de l’ AS GOURNAY EN BRAY.

En attendant prenez soins de vous et de vos proches et surtout respecter les consignes RESTEZ CHEZ VOUS pour revenir au plus vite sur vos terrains de jeux.

Bonjour Kévin, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour je m’appelle Kevin j’ai 27ans en couple et une petite fille de 3ans, je suis chargé de clientèle dans le regroupement de crédits à Rouen. Et je suis licencié au club de l’AS Gournay.

Comment vis tu cette période de « COVID-19 »? et que feras tu en 1ère après le déconfinement?
Moi je suis en télétravail, c’est particulier, l’avantage est d’être constamment avec ma famille et voir ma fille toute la journée pratiquement. Après je me dis que l’on peut bien faire un effort de quelques mois pour préserver la vie de nos proches et de tous. La première chose que je ferais quand ce sera terminé je pense revoir la famille et les amis, et ensuite reprendre au plus vite le foot. 

Quel est ton parcours footballistique ?
J’ai commencé le foot à Gournay en poussin avec des petits tournois pour ensuite m’y consacrer réellement en Benjamin. J’ai toujours joué à Gournay mis à part une saison l’année dernière ou j’ai joué au FC Neufchâtel ou j’ai rencontré des gens super et un encadrement familiale. Et cette année je suis revenu dans mon club pour apporter tout ce dont je peux apporter. 

Tu as intégré le staff de l’équipe A en cours de saison. Pourquoi as tu été sollicité?
Suite à des mesures et des résultats pas à la hauteur sur la première partie de saison, il fallait renouer avec une vie de vestiaire et retrouver les valeurs qui font et qui ont fait notre club depuis des années. J’ai donc été sollicité pour accompagner le coach Luis Moita pour mobiliser de nouveau les joueurs (que je connais tous depuis de nombreuses années pour certain) dans le cadre sportif et leur montrer que si les consignes sont respectées avec de l’envie et un peu d’orgueil de montrer nos valeurs et nos qualités sur le terrain, nous aurions des résultats. Chose pleinement obtenue avec aucune défaite en 2020 pour nous permettre de sortir de cette zone rouge qui ne reflète pas le club et la qualité du groupe. 

Poursuivras dans cette fonction la saison prochaine?
Il y a encore tellement d’informations que nous attendons de la ligue sur la finalité du championnat et les prérogatives de la saison prochaine qu’on ne sait pas. Après si le club a besoin de moi sur ce point de continuer à accompagner dans l’encadrement, j’y répondrais favorablement. Si ce n’est pas le cas je continuerais à jouer et prendre du plaisir tout de même. Ce n’est que partie remise. 

Parles nous du bilan sportif maintenant que la saison est terminée et en savons nous plus sur situation de l’équipe B?
Le bilan sportif est quand même plutôt satisfaisant au niveau du club en général avec un maintient pour toutes les catégories il me semble et l’accès aux divisions supérieures pour la phase 2 pour certaines catégories. En seniors maintient des deux équipes, avec notamment une montée qui aurait pu être annoncée pour l’équipe de Jérôme Tolu qui réalise une très bonne saison. Toutefois le calcul du ratio étant privilégié Caudebec avec un match d’avance terminerait 1er à 0,08. Mais bon avec un beau parcours en coupe et une deuxième place bien mérité la saison de Jérôme Tolu est plutôt bien menée tout de même.

Selon toi que manque t’il au groupe pour rejoindre la R2?
Ce n’est que mon avis, mais il faut définir un cadre de vie de groupe avec des consignes simples et des valeurs du sport collectif que les joueurs doivent assimiler. Chacun a son rôle du remplaçant à l’entraîneur en passant par l’investissement de chacun la semaine et le week-end. Le groupe est de qualité nous avons de bons joueurs, on peut toujours le bonifier. Mais si on veut se donner les moyens de jouer les premiers rôles avec un accès à la R2 il faudra du travail, de l’investissement et une vie de vestiaire. C’est un sport collectif donc si il y en a un qui triche le déséquilibre est fait et on ne pourra rien construire. 

Resterez vous dans ce groupe de R3 la saison prochaine ou alors demanderez vous a revenir côté pays de Bray?
Jouer dans les vallées on a fait une saison, c’est vrai que c’est pas les mêmes conditions de jeu et les adversaires sont totalement différents que le groupe de Rouen. Après je sais que c’est difficile de demander un changement de groupe mais bon si on se concentre sur nous, notre façon de fonctionner et de la régularité, on pourra réussir même dans le groupe de Rouen. Preuve en est que quand je suis arrivé en seniors en A nous avons joué la montée en R2 sous les ordres de Sebastien Allard, la montée nous échappe sur un match en fin de saison et laisse filer Déville Maromme en R2. Avec de la volonté, on peut toujours arriver à atteindre des objectifs communs. 

Tu es régulièrement au contact de Luis Moita, comment se passe cette collaboration?
Cela se passe bien on échange beaucoup, je lui apporte mon expérience dans la vie de club de notre campagne vu qu’il vient d’île de France. C’est quelqu’un d’investit et passionné de football donc on pourra toujours échanger et débattre avec cette passion commune. 

Comment travailles tu avec lui?
Lui se concentre sur la mise en place des séances et moi plus sur la partie animation, vie de groupe et de consignes à transmettre. 

Y a aura t’il beaucoup de mouvement de joueurs cet été?
Beaucoup je l’espère que dans un sens, celui des arrivées. Comme toujours il y a un peu de départ, mais j’ai déjà commencé à contacter certains joueurs pour étoffer notre groupe seniors et avoir d’autres intentions sur les prochaines saisons du club. 

Quels arguments pourrais tu donner à une futur recrue?
L’argument majeur est d’entrer dans une vie de club familial et convivial. Chacun peut apporter à sa manière une plus-value à un groupe. Et que nos ambitions on été revues pour les prochaines saisons et qu’il est temps de nous rejoindre pour faire partie de cette aventure et surtout axe majeur du sport prendre du plaisir en jouant au football. 

Entrainer une équipe, c’est un projet pour toi?
Oui clairement c’est quelque chose qui me plaît bien, j’ai appris certaines choses sur la gestion d’une équipe en étant joueur sous Sebastien Allard et Jérôme Tolu. Des personnes qui ont marqué le football dans le pays de Bray et l’Oise. J’ai eu aussi une expérience d’adjoint durant 1 année quasiment aux côtés de Guillaume Bailleux qui n’a pas été facile mais où nous avons terminé 3ème du championnat. Je devais passer le diplôme CFF3 en mars pour commencer à apprendre, mais avec le COVID-19 c’est reporté à une date ultérieure. 

Un dernier mot?
Tout d’abord la santé en espérant que chacun puisse retrouver les terrains. Ensuite merci à toi pour tout ce que tu fais pour le sport dans notre région c’est important et j’espère que tu pourras continuer ton excellent travail. Et le mot de la fin je suis pas très innovant mais c’est hyper important. RESTEZ CHEZ VOUS. 

CAEN, 27 avril 2020: réunion de la commission permanente du Conseil Régional de Normandie

Malgré la crise, le conseil régional de Normandie maintient son rythme d’une commission permanente par mois: c’est important car il faut décider rapidement d’allouer les subventions à de nombreux acteurs de la société civile régionale pris à la gorge par la crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales.

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Commission Permanente de la Région Normandie

 Depuis le siège de la Région à Caen, Hervé Morin, Président de la Région Normandie, a réuni, lundi 27 avril, la commission permanente de la Région Normandie, par visio conférence. La commission a examiné des dossiers consacrés essentiellement aux conséquences de la crise sanitaire.

Vente de 3 millions de masques à prix coûtant à l’attention des entreprises normandes

 La Région a souhaité faciliter et accélérer le maintien ou la reprise de l’activité des entreprises normandes en prenant toutes les mesures assurant la protection de leurs salariés. C’est pourquoi, la collectivité a acheté 3 millions de masques de protection auprès de fournisseurs étrangers en procédant à leur mise en concurrence adaptée aux circonstances, tout en limitant les risques de fraude au vu de son expertise en la matière et de son lien avec la Direction des Finances Publiques pour la fiabilité des tiers.

 La Région a passé une commande groupée pour aider les entreprises dans les procédures d’acquisition des masques pour leurs salariés. La Région revendra ces trois millions de masques au prix coûtant aux têtes de réseaux, associations de filières, pôles de compétitivité, chambres consulaires, et organismes professionnels. Ces têtes de réseaux sont tenues de revendre au même prix ces masques aux entreprises qui les ont sollicités ou les solliciteront.

 L’Agence de Développement pour la Normandie en lien avec ces têtes de réseaux se charge, pour le compte de la Région, de recenser les besoins des entreprises et de répartir les stocks de masques destinés aux entreprises normandes.

 Pour contribuer aux besoins en équipements de protection des professionnels normands de tous secteurs d’activité, la Région Normandie a commandé, à ce jour, près de 8 millions de masques.

 

 Création du dispositif Impulsion Relance Normandie doté de 8 millions € de financements régionaux

 La Région Normandie a décidé de mettre en place des dispositifs spécifiques permettant, en complément de ceux annoncés par l’Etat au niveau national, d’amortir les effets sur l’économie normande de cette grave crise sanitaire.

 Les élus régionaux ont voté ce jour la constitution d’un fonds « Impulsion Relance Normandie ». L’objectif est d’apporter dans un contexte de crise sanitaire une aide immédiate à destination des très petites entreprises, commerçants, artisans et indépendants comptant 0, 1 ou 2 salariés.

 Ce nouveau dispositif permet aux acteurs économiques locaux qui ne peuvent prétendre à une aide du Fonds national de solidarité Etat-Régions (TPE, commerçants, artisans et autres indépendants de 0 à 2 salariés) de bénéficier d’une subvention d’un montant de 1 000 euros pour les entreprises et indépendants n’ayant pas de salarié ou de 1 500 euros pour celles ayant 1 ou 2 salariés. Cette subvention est financée à hauteur de 40 % par la Région et de 60 % par les intercommunalités.

La Région a proposé aux EPCI en collaboration avec les organisations consulaires et professionnelles de s’associer à la mise en oeuvre d’un dispositif régional destiné à venir en aide aux acteurs locaux non concernés par le fonds national de solidarité. Ce fonds est conclu entre la Région et les EPCI volontaires du territoire normand. L’AD Normandie instruit les dossiers transmis par les entreprises pour le compte de la Région et des EPCI.

 Ce fonds, d’un montant estimé de 20 millions €, est doté des contributions financières de la Région et des EPCI volontaires. La Région apporte 8 millions € correspondant à 40 % du montant total, l’ensemble des EPCI normands étant invités à apporter une contribution de 12 millions €, soit 60 % de ce fonds.

 Sont éligibles à ce fonds :

– les TPE, commerçants, artisans et autres indépendants comprenant de 0 à 2 salariés, qui n’auront pas bénéficié du Fonds national de solidarité (FNS) ni du soutien du Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants ; 

– les TPE qui ont perdu au moins 30 % de leurs chiffres d’affaires en avril 2020 par rapport à avril 2019 (contre au moins 50 % pour le FNS) ;

– les TPE créées depuis moins d’un an, y compris celles créées très récemment (contrairement au FNS). Sera ainsi prise en compte la reprise d’entreprises récentes (rachat de fonds de commerce) quelle que soit la date de reprise (le justificatif de perte de CA se fera sur le CA du prédécesseur).

– Dans le cas d’une activité « saisonnière », il pourra être tenu compte de la perte de chiffre d’affaires sur une base annuelle et non mensuelle. Pour celles créées depuis moins d’un an, la perte de chiffre d’affaires sera examinée en tenant compte de la date de leur création.

 Ce dispositif Impulsion Relance Normandie est complémentaire de l’ensemble des soutiens spécifiques mis en œuvre par la Région Normandie.

Pour plus d’information, les entreprises peuvent appeler le guichet unique 02.35.52.22.00 ou envoyer un email à covid19-eco@adnormandie.fr.  

Les informations sur les différents dispositifs mis en place par la Région sont consultables à l’adresse suivante : https://adnormandie.fr/

 

Soutien à 15 nouvelles entreprises au titre du dispositif prêt trésorerie Covid 19

 Considérant les mesures exceptionnelles prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation du Coronavirus COVID-19 et la situation sociale et économique dans laquelle se trouve et va se trouver la France pour traverser la phase aigüe de la pandémie, la Région Normandie a décidé de renforcer ses dispositifs existants. Elle soutient les entreprises normandes impactées par des difficultés immédiates par un abondement de 10 millions € des capacités de soutien des aides de la Région (prêt COVID trésorerie) et fusionne les dispositifs de trésorerie A.R.M.E (Anticipation- Redressement et Mutations Economiques) et Impulsion Développement Trésorerie. 15 premières entreprises avaient été aidées à ce titre lors de la précédente commission permanente. Ont été accordés ce jour :

  • 883 000 € pour des prêts à taux nul dans le cadre du COVID-19-ARME. 155 emplois sont concernés ;

  • 1 650 000 € pour des prêts à taux nul dans le cadre du COVID-19-PRET IMPULSION TRESORERIE.

 

 Soutien à l’Economie Sociale et Solidaire

La Région apporte son soutien à sept projets du secteur de l’Economie Sociale et Solidaire et accorde une avance de subvention à hauteur de 80 % pour un total de 276 800 euros. La Région Normandie se mobilise pour maintenir un écosystème favorable au développement des entreprises de l’ESS sur son territoire, étant donnés la diversité des secteurs d’activité concernés et l’ancrage local des emplois.

 

Mise en place d’une aide de 1 200 € pour les élèves infirmiers et aides soignants ayant participé à des soins en lien avec le Covid 19

Après avoir obtenu l’accord du Ministère du Travail pour mobiliser des crédits du Plan Régional d’Investissements dans les Compétences (PRIC), la Région crée une aide pour les stages réalisés, par les élèves aides-soignants et les étudiants en soins infirmiers, en milieu professionnel, entre le 16 mars et le 11 mai 2020. Le montant de cette aide individuelle est de 300 € par semaine de stage. La Région tient à souligner tout particulièrement l’engagement des élèves et étudiants de ces secteurs de formation à l’occasion de leurs stages.

 

Déclinaison opérationnelle du fonds d’urgence pour la culture normande de 2 millions € (qui sera suivi d’un fonds de relance de 1  million €)

Les élus ont approuvé les mesures du fonds d’urgence « Normandie Fonds d’Urgence Culture n°1 », plan doté de 2 millions d’euros. Dans le prolongement de ses efforts en faveur des politiques culturelles et patrimoniales de proximité, la Région se mobilise pour accompagner et anticiper les conséquences de l’épidémie de Covid-19 qui frappe un grand nombre de structures culturelles et patrimoniales, beaucoup d’entre elles ayant été contraintes d’annuler des manifestations, de fermer les portes des lieux d’accueil des publics et de voir la création mise à l’arrêt. Il s’agit donc dans l’urgence, dans le cadre de la compétence partagée avec l’Etat et les collectivités territoriales (Communes, EPCI, Départements) formalisée par la création d’une « Cellule de Crise Culture », de soutenir les acteurs et l’emploi culturels.

 Ce premier dispositif a pour objectif d’accompagner les structures les plus durement touchées par les fermetures de lieux culturels et patrimoniaux, les annulations et reports de spectacles, de tournées, de créations, ainsi que la baisse de fréquentation des événements à venir.

Une attention toute particulière sera portée en direction du milieu associatif, et aux structures établies en milieu rural.

Un second fonds de relance d’un montant d’1 million d’euros, fonds dédié aux industries culturelles, au livre et au cinéma, sera proposé au vote de la commission permanente lors d’une séance ultérieure, et ce afin que le dispositif régional tienne compte des mesures étudiées par l’Etat en faveur des Industries Culturelles qui seront prochainement annoncées.

 

Déclinaison opérationnelle du fonds d’urgence pour le sport normand de 3 millions €

Les élus ont approuvé la création d’un fonds de soutien exceptionnel jeunesse et sport d’un montant de 3 millions d’euros. Ce fonds de soutien exceptionnel à destination des structures aidées habituellement par la Région dans le cadre de ses dispositifs ou contribuant aux priorités régionales en matière de jeunesse et de sport, prend la forme :

  • d’aides individualisées « appui et relance » pour compenser en partie un déficit exceptionnel sur l’exercice 2020, lié directement à la crise sanitaire,

  • d’aides forfaitaires « d’urgence trésorerie », avec des montants modulables de 2 000 à 10 000 €, en cas de risque majeur et urgent pour la structure.

Le contexte sanitaire exceptionnel lié à la crise du COVID-19 impactant durement le secteur associatif et sportif et en particulier les structures développant des activités facturées billetterie, inscription, stages, formations, tourisme sportif qui représentent une part significative de leur budget annuel.

Par ailleurs, la commission permanente apporte son soutien à 4 entreprises au titre d’impulsion développement à hauteur de 496 328 € de prêts. 28 créations d’emplois sont envisagées. Elle vient en aide aussi à 7 entreprises en difficulté pour un montant total de 420 422 € de prêts et de subventions via le dispositif ARME. 52 emplois sont concernés.

 

 

Convention relative au PRIC

La Région est engagée dans le Pacte Régional d’Investissement dans les Compétences en contrepartie d’un budget additionnel de l’Etat, à hauteur de 80 millions € pour 2020. La commission a ajusté ce pacte suite à l’aide exceptionnelle versée aux étudiants infirmiers et élèves aides-soignants en stage pendant la période confinement et se donne la possibilité de faire évoluer le Pacte Régional normand pour adapter les actions à la situation de crise que traversent les organismes de formation et à la situation de l’emploi en région.

La Normandie, première région industrielle de France, prépare un plan de relocalisation d’usines stratégiques en Normandie…

Car l’avenir de la Normandie doit se jouer en Normandie sachant que 21 % du PIB régional normand se fait encore dans l’industrie, secteur qui génère 19% des emplois normands… Sachant aussi qu’un emploi industriel normand sur deux dépend d’un donneur d’ordres situé à l’extérieur des frontières de notre région, soit en région parisienne, soit à l’étranger.

La Normandie est donc la première région industrielle de France.

La question de reconstruire une souveraineté nationale et régionale dans le domaine de l’industrie est devenue la question prioritaire, stratégique, pour construire, dès à présent, les solutions de sortie de l’actuelle crise pour relancer l’économie du pays sur des bases plus solides, plus saines: nous sortons d’un cycle de quarante années d’une mondialisation qui a poussé la logique « ricardienne » d’éclatement de toutes les chaînes de valeur dans le monde entier jusqu’à l’absurde. Cette mondialisation se « démondialise » brutalement sous nos yeux et l’enjeu est d’être non pas les spectateurs mais les acteurs du nouvel ordre économique qui va sortir de la crise.

La Normandie qui a mis depuis quatre ans en oeuvre une action régionale aussi originale que vigoureuse d’intelligence territoriale économique au service des entreprises normandes et donc, des emplois normands, a pris une longueur d’avance dans la réflexion et l’action: fort de cette expérience, le conseil régional de Normandie vient d’annoncer la préparation d’un plan normand de relocalisation industrielle dont le pilotage politique a été confié par Hervé Morin à Bernard LEROY, le président de l’agglomération Seine-Eure qui est l’un des poumons industriels de notre région, notamment pour l’industrie pharmaceutique dont l’importance stratégique vient d’être cruellement rappelée par la crise actuelle.

Alors que les régions françaises ont fait part au gouvernement de leur volonté de participer sinon de co-construire un plan national de relance économique dont l’ambition dépasse, de loin, une énième génération de contrats de plan Etat-régions passablement étiques tant par les objectifs que par les moyens financiers proposés, eu égard aux enjeux immenses de la crise en cours, on ne pourra que se réjouir que sur ce sujet si essentiel, la Normandie soit, non seulement au rendez-vous, mais qu’elle ouvre tout simplement la voie…


https://actu.fr/societe/normandie-vers-une-relocalisation-lindustrie-notamment-pharmaceutique_33372676.html/amp

Normandie : vers une relocalisation de l’industrie, notamment pharmaceutique

Face à la crise sanitaire du Covid-19, Hervé Morin veut muscler l’industrie en Normandie. Bernard Leroy, le président de l’Agglomération Seine-Eure va définir cette stratégie.

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Une lourde responsabilité repose sur les épaules de Bernard Leroy (UDI), président de la communauté d’agglomération Seine-Eure (Case), près de Louviers (Eure). Le président de la Région Normandie, Hervé Morin (Les Centristes), l’a désigné pour proposer une « nouvelle politique industrielle ».

Objectif : identifier clairement les secteurs à privilégier, relocaliser certaines industries, et, in fine, assurer à la Normandie sa place sur l’échiquier européen.

Industrie : 19 % des emplois en Normandie

Cette décision stratégique intervient dans le cadre de la pandémie mondiale de SARS-COV-2, virus causant le Covid-19 (coronavirus 2019). Hervé Morin pose ce constat :

L’impact économique de la crise sanitaire s’annonce catastrophique pour l’économie française, en particulier pour l’industrie.

Lire aussi : Covid-19. Près de Rouen, cet industriel pharmaceutique relocalise des traitements anesthésiques

La Région Normandie a tout intérêt – sur le plan économique – à repenser sa stratégie dans la mesure où elle est la première région industrielle française, avec 19 % de ses emplois qui préviennent de l’industrie, pour environ 21 % du PIB (Produit intérieur brut).

« Il va y avoir des modifications et des ajustements à faire, même s’il n’y a pas un bouleversement total », explique Bernard Leroy.

L’industrie pharmaceutique est en tête de ce plan. Raison pour laquelle la mission de « dynamisation de l’industrie en Normandie » a été lancée à l’occasion de la visite de l’entreprise Valdepharm (groupe Fareva), à Val-de-Reuil, ce jeudi 30 avril 2020.

La pharmaceutique en première ligne

Le nouveau stratège de la politique industrielle normande pose ce constat : 

Dans le domaine de la pharmacie, tout le monde vient de se rendre compte qu’on dépend à 80 % pour notre santé de principes actifs fabriqués en Inde et en Chine. C’est insupportable pour tout le monde. Il est impensable de laisser la santé publique dans les mains de nos concurrents.

Selon lui, des opportunités se présenteront en France et en Europe pour relocaliser des usines de fabrication de médicaments.

Lire aussi : Préparation du déconfinement : à l’école, c’est « la grande pataugeoire » pour Hervé Morin

Hervé Morin fait la même analyse :

Cette crise témoigne également des limites de la capacité de notre appareil industriel à fournir des produits en réponse à la crise que nous traversons, alors même que les épisodes épidémiques sont appelés à se reproduire dans le contexte mondialisé. Pourtant, la Normandie dispose d’un tissu de recherche et de production pharmaceutique important.

Bernard Leroy promet pour autant qu’il souhaite « travailler avec toutes les filières ». Notamment l’automobile, le luxe, la productique (contraction des mots « production » et « informatique » désignant les systèmes informatiques intégrés à la production industrielle), l’aéronautique, l’agroalimentaire.

Lire aussi : À Val-de-Reuil, le laboratoire pharmaceutique Janssen va fermer

L’exemple de l’Agglo Seine-Eure

Il a pour mission de remettre son rapport d’ici la mi-octobre 2020. Dans celui-ci figureront les « choix clairs en matières d’identification de secteurs et filières à privilégier ». Pour l’aider, il aura notamment Sophie Gauguin, 1re vice-présidente de Normandie en charge du développement économique, et Alexandre Wahl, directeur général de l’Agence de développement pour la Normandie (ADN).

Question : pourquoi désigner spécifiquement le président de l’Agglomération Seine-Eure pour cette mission ?

Il est avant tout un homme d’affaires, passé par l’industrie pharmaceutique et cosmétique. De plus, l’agglomération de Louviers a su se réinventer après avoir été touchée par l’exode des industries d’hier (piles Wonder, les disques Philips, les chaussures Labelle, etc.).

On a réussi à force de patience et de persévérance, en ayant les idées claires, à remplacer ces entreprises par l’industrie pharmaceutique, le luxe, la cosmétique et la productique », se félicite Bernard Leroy.

Présente pour représenter l’État, la sous-préfète de l’arrondissement des Andelys, Virginie Séné-Rouquier, assure que le gouvernement « n’a pas attendu hier pour prendre à bras-le-corps ce problème ». Elle rappelle que 31 260 entreprises normandes ont été aidées, pour près de 49 millions d’euros. À l’échelle de l’Eure, cette contribution atteint 5 millions d’euros pour 3 8 51 entreprises. Concernant l’activité partielle, elle déroule des chiffres : 476 712 salariés concernés dans 46 201 entreprises (dans l’Eure, 7 107 entreprises ont recouru à ce dispositif pour 64 133 salariés).


 Voir aussi:

https://www.lesechos.fr/pme-regions/normandie/coronavirus-la-normandie-compte-relocaliser-des-productions-industrielles-1199489

Commentaires de Florestan:

On partagera ce constat et les objectifs de la mission allouée à Bernard Leroy pour une réindustrialisation stratégique de la Normandie.

On insistera, néanmoins, sur deux aspects qui nous paraissent essentiels:

1) La Normandie doit effectivement investir pleinement les secteurs industriels liés à l’économie d’une production de haute qualité sinon de luxe. On est d’accord.

Sauf que le luxe ne se limite pas à la cosmétique, à la maroquinerie ou à la haute couture. Le luxe c’est aussi l’agroalimentaire et la gastronomie: il faudrait une action régionale normande spécifique pour accélérer la reconversion du modèle agroalimentaire normand vers le luxe agroalimentaire. Cela passe par un soutien aux filières biologiques locales et labellisées. Le lait de Normandie devrait, par exemple, être protégé par une AOC…

Le luxe ce sont aussi des savoir-faire artisanaux de très haute spécialisation qui permettent l’entretien et la restauration d’un patrimoine architectural et artistique qui demeure exceptionnel en Normandie: il faudrait donc une action régionale normande spécifique au sauvetage, soutien et valorisation des métiers d’art dans le bâtiment mais aussi l’ameublement, la décoration, les arts plastiques pour éviter une perte définitive de savoir-faire aussi rares que précieux.

2) Il faut, « en même temps », rapatrier la chaîne de valeur à la maison mais aussi la remonter: c’est-à-dire qu’il faut, à la fois, faire revenir en Normandie la fabrication mais aussi la conception intellectuelle et le pilotage managérial et stratégique des industries normandes.

Il faut, à la fois, le retour des usines et des ateliers, des laboratoires et des centres d’études et des directions et sièges d’entreprises. Un travail d’Hercule! car il s’agit de retricotter le tricot de peau normand qu’on a laissé se dépiauter ces trente ou quarante dernières années au profit de la région parisienne ou des métropoles régionales voisines de la Normandie faute d’avoir eu à temps une vraie région et une vraie métropole régionale (notamment à Rouen…).

Alors il faut bien commencer par un bout. Mais ce n’est qu’un début puisqu’il s’agit de reconstruire une souveraineté normande en matière économique et industrielle: une ambition et un objectif qui dépassent, bien entendu, le terme d’un mandat de président de région.

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