Archive dans 30 avril 2020

Déconfinement : Ce qui nous attend à partir du 11 mai

Présentation des mesures :

Ce mardi 28 avril, le Premier ministre Edouard Philippe à présenté à l'Assemblée nationale de manière assez détaillée, le plan de déconditionnement qui débutera le 11 mai prochain. Nous vous proposons aujourd'hui un décryptage de ses annonces, en y ajoutant les infos sur d'autres points importants qui nous sont parvenues entre temps, et en vous rappelant bien sûr, que de nombreuses questions restent à préciser en fonction de l'évolution de l’épidémie d'ici la.

1 : Le déconfinement n'aura lieu que si les indicateurs sont au rendez-vous !

En clair, si pour le moment la date du 11 mai est arrêtée, tout dépendra  de l'évolution de l’épidémie d'ici la,  car si si le nombre de personnes touchées et particulièrement les cas nécessitant une hospitalisation en réanimation augmente de manière significative, le gouvernement ne s'interdit pas de repousser la date, ou de proposer un déconfinement beaucoup plus partiel. Comme outil principal, il se basera sur une carte des départements qui sera mise à jour régulièrement, avec en vert les zones ou l'évolution va dans le sens du mieux, et en rouge les secteurs qui sont encore trop touchés et considérés comme vraiment à risque. D'ici la il faut donc que plusieurs facteurs soient au rendez-vous : Le respect des gestes barrières par les citoyens, le désengorgement des services de réanimation, la réception d'un nombre suffisant de masques et la possibilité de tester un maximum de gens.

2 : Le détail concernant les tests et les quarantaines des malades

L'objectif  est d'atteindre une capacité de 700 000 tests par semaine qui seront pris en charge à 100% par l'Assurance Maladie. Le Premier ministre l'a rappelé "tous les cas suspects doivent être testés/isolés ainsi que leurs contacts." L'isolement devra être "consenti, contrôlé et accompagné" a t-il précisé avec le choix pour les malades entre une quarantaine à domicile et dans des lieux dédiés comme des hôtels réquisitionnés.

En pratique comment cela se passera : "Dans chaque département, nous constituerons des brigades chargées de remonter la liste des cas contacts, de les appeler, de les inviter à se faire tester en leur indiquant à quel endroit ils doivent se rendre puis à vérifier que ces tests ont bien eu lieu et que les résultats donnent lieu à l’application correcte de la doctrine nationale". Et les tests privilégiés sont les tests PCR (par prélèvement naso-pharyngé)  , car les  tests sérologiques, centrés sur les anticorps n'ont pas encore prouvé leur efficacité.

3 : En ce qui concerne les établissements scolaires

La reprise :

L'une des mesures les plus attendues et qui a du mal à faire consensus, que ce soit auprès des citoyens comme des politiques et des médecins, est bien celle qui concerne la réouverture progressive des établissements scolaires.

 

Voila ce que nous savons à ce jour :

La réouverture sera progressive et sur la base du volontariat dans les écoles maternelles et primaires, dès le 11 mai.

Mais attention car au mois de juin, d'après les dernières informations, il n'y aurait plus de possibilité pour les parents de bénéficier du chômage partiel, et donc pour beaucoup le volontariat risque de devenir une obligation. ( Si des précisions ou des changements sur le sujet arrivent dans les prochains jours, nous mettrons à jour l'article).

Il y a quelques temps le gouvernement avait annoncée une reprise prioritaire des élèves de Grande Section, de CP et de CM2, dans son discours de mardi Édouard Philippe, n'y a pas fait allusion, nous ne pouvons que supposer que ce n'est plus d'actualité, pourtant cela aurait permis une vrai progressivité dans les retours à l'école, et fait surtout que les élèves pour qui cette fin d'année sera importante d'un point de vue social ( car de toute façon, tout le monde s'accorde à dire que ce n'est pas pour finir le programme que ces jours seront importants..), en clair les élèves en dernière année d'un cycle, et qui sinon ne reverraient pas leurs camarades, leur établissement etc.. de même que ceux qui sont en première année et on encore besoin de s'adapter avant de monter de niveau, auraient bénéficié d'un retour prioritaire et de fait, en dans des établissements avec moins d'enfants, donc moins de risques.

 

Pour les crèches, ce sera 10 enfants maximum sauf dans les structures avec plusieurs salles d’accueil, et seront prioritaires les enfants de couples qui ne peuvent faire du télétravail et les familles monoparentales.

 

Les collèges , eux,  rouvriront à partir du 18 mai en fonction de la situations de chaque territoire.

 

Pour les lycées, la décision sera prise à la fin du mois de mai.

 

Les mesures sanitaires :

Il a été rappelé que dans tous les cas, il ne faudrait pas plus de 15 élèves par classe, que les salles et lieux communs seront désinfectés plusieurs fois par jour, que l'ensemble des gestes barrières et règles de distanciation physique devront au maximum êtres appliqués, et que si les masques seront obligatoires au collège et à fortiori au lycée, ils seront proscrit en ce qui concerne les élèves de primaire et de maternelle, car ils se révéleraient contres-productifs, voir dangereux.

4 : Réouverture des commerces

La plupart des commerces rouvriront à priori le 11 mai, à l'exception des bars, cafés et restaurants dont le cas sera débattu par secteur fin mai.  Chaque commerce devra mettre en place une limitation du nombre de clients  présents en même temps,  mais devra également proposé   divers actions sanitaires, comme la mise à disposition de gel hydroalcoolique ou la désinfection fréquente des produits et locaux.

5 : Concernant la culture

Les petits musées pourront ouvrir, tout comme les bibliothèques, toujours sous réserve de la mise en place d'actions sanitaires et du respect possible des gestes barrières, par contre les grands musées qui accueillent des publics venant de divers départements, voir d'autres pays, tout comme les cinémas et salles de concerts et théâtres resteront fermés à minima jusqu'en juillet voir septembre.

6 : Concernant le sport

La pratique individuelle du sport en extérieur sera à nouveau permise sans restriction de périmètre, par contre les sports collectifs, les grands événements, et le sport en salle seront toujours interdits, la aussi à priori jusqu'en septembre. Quid de la pratique des sports individuels mais en club ( comme les entrainements d'athlétisme par exemple) ? Dès que nous aurons des infos, nous communiquerons.

7 : Distances et motifs de déplacements

Dès le 11 mai, il ne sera plus nécessaire d'avoir une attestation pour les déplacements de moins de 100 kilomètres, mais au delà, seuls seront autorisés les déplacements pour motifs impérieux ou professionnels. Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a donné quelques précisions ce mercredi à  CNews : «"Nous passons à un régime plus souple en matière de déplacements. Il sera possible de se déplacer dans un rayon de 100 km autour de son domicile mais notre objectif reste d’éviter les brassages de population. Les déplacements entre régions et entre départements sont à limiter ". Il faudra justifier son déplacement :"Je pense par exemple à des transporteurs routiers qui doivent faire de longues distances, traverser plusieurs départements, plusieurs régions" ou "si on doit s’occuper d’un proche qui est fragile, si on doit aller aider quelqu’un de sa famille ",, mais en pratique ce seront les forces de l'ordre présentes sur le terrain qui devront avec clairvoyance juger des motifs. Rappelons tout de même que pour les motifs professionnels, en plus de la nouvelle attestation qui sera proposée en ligne, il faudra se munir d'un contrat de travail, d'une attestation de stage ou encore une attestation de  l'employeur.

8 : Transports en communs

Les transports en communs locaux devront retrouver un rythme soutenu ( environ 70% minimum) alors que les transports interrégionaux et internationaux devront êtres limités au maximum.  Le port du masque sera obligatoire dans les transports : bus, métro, taxis, VTC..., tout comme la mise en place de mesures de distanciation physique ( bloquer un siège sur deux par exemple) et le respect par les services et entreprises de mesures de désinfection entre autre.

9 : En ce qui concerne les rassemblements, privés comme publics, les vacances etc..

Les rassemblements de plus de 10 personnes seront  interdits sur la voie publique et en privé (rassemblements familiaux...).Les plages restent fermées jusqu'au 1er juin. Concernant les grandes vacances d'été, la décision interviendra fin mai, toujours en fonction de l'évolution de l’épidémie, mais il est fort probable que nous seront toujours limités en terme de distance.

10 : Concernant les masques

Édouard Philippe l'a assuré, "il y aura assez de masques dans le pays pour faire face aux besoins. Mais nous parlons ici des masques grand public (masque lavable en tissus), du moins pour les citoyens lambdas, hors cela pose deux question, la  première est bien sûr leur réelle efficacité, un problème sur lequel de nombreux spécialistes ne sont pas d'accord, mais ou tout le monde s'accorde sur le fait qu'il faut savoir mettre et entretenir lesdits masques pour éviter une contagion potentiel. L'autre question est celle de leur prix, car si de nombreuses communes vont en proposer un certain nombre gratuitement, en fonction de leur budget disponible, il est certain que cela ne suffira pas, et que de nombreuses personnes vont devoir en acheter dans les commerces autorisés (Pharmacies, buralistes etc...), hors vu les prix annoncés, il semble très compliqué pour une majorité de gens, de pouvoir en acquérir le nombre suffisant pour ne les porter que le temps qu'ils soient toujours efficaces....

11 : Prolongation de l'état d'urgence sanitaire

La aussi, un des points qui fait le plus débat, la prolongation de l'état d'urgence sanitaire à été évoquée jusqu'au 24 juillet, mais doit encore être débattue au Parlement début Mai. Rappelons que "cette loi permet au Premier ministre de prendre par décret des mesures listées dans la loi et assorties de sanctions sévères: restreindre ou interdire la circulation, adopter des mesures de confinement ou de quarantaine,  limiter les rassemblements, ordonner la fermeture provisoire d'établissements et d'entreprises..."

12 : Chômage partiel et télétravail

"Quand il est possible, le télétravail doit être privilégié au maximum" à rappelé le Premier ministre. Dans le même temps il a annoncé la fin du chômage partiel pour le 1er juin, mais il est à parier que cette mesure sera revue, car en effet, comme nous l'avons évoqué plus haut concernant la reprise des cours en primaire et en maternelle, avec une reprise sur la base du volontariat, sans chômage partiel, ce choix n'en sera plus un, et la grogne se fait déjà sentir y compris chez certains proches du gouvernement, qui ne comprennent pas cette contradiction.

13 : Les aides financières annoncées pour les particuliers

Pour le moment, concernant les particuliers, deux aides sont annoncées.

 

La première présentée il y a quelques semaines déjà, sera un petit coup de pouce pour les plus précaires via la CAF, rappelons juste, qu'il n'y aura aucune démarche à faire pour les personnes pouvant en bénéficier, et que dans le détail cela donne : Pour les allocataires du RSA et de l'ASS, un montant 150  euros par ménage, auxquels s'ajoutent 100 euros par enfant.  Et pour les allocataires d'aides au logement, une aide de "100  euros" par enfant.

 

La deuxième aide sera elle pour les possesseurs de vélo : un "chèque réparation" de 50 euros. "C'est un coup de boost au vélo pendant la période de déconfinement pour inciter à choisir ce mode de déplacement.", explique la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne. En pratique, il n'y aura pas de document à imprimer, il faudra simplement se rendre chez un réparateur participant et vous n'aurez rien à débourser si la réparation coute moins de 50 euros, si le montant est supérieur, alors vous devrez régler la différence.


Carte scolaire de la rentrée 2020 : il y a comme un problème à Gainneville

Le Ministre de l’Education Nationale a annoncé il y a quelques semaines deux positions de principe quant à l’élaboration de la carte scolaire de la rentrée de septembre :

  • pas de fermeture de classe dans les communes rurales sans l’accord du maire ;
  • pas de diminution du niveau d’encadrement (donc du nombre d’enseignants par rapport au nombre d’élèves) dans les communes urbaines et péri-urbaines, sans l’accord du maire…

Sauf que, la carte scolaire arrêtée par la direction des services départementaux de l’Education Nationale le 15 avril prononce une fermeture de classe à la maternelle Louis-Aragon de Gainneville…

Ce retrait d’un poste, donc la fermeture d’une classe, au sein de cette école, tel qu’acté dans l’arrêté, n’est donc pas conforme à la position du Ministre. 

En effet le retrait d’un poste entraine de facto une augmentation sensible du nombre d’élèves par classe, le taux d’encadrement s’en trouverait ainsi dégradé, l’école élémentaire ne faisant pas l’objet d’un renforcement de ses moyens.

Par ailleurs, il semble que le Maire de la commune de Gainneville n’aurait pas été consulté dans le cadre de la préparation de cette carte scolaire et qu’il y serait opposé.

Des raisons qui conduisent Sophie Hervé et Alban Bruneau, Conseillers départementaux du canton à demander l’annulation de ce retrait de poste.

EN ATTENDANT DES JOURS MEILLEURS N°43

US FORGES LES EAUX ATHLÉTISME

Interview André DELARUE

DANS CETTE PÉRIODE DE CRISE NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN : FAITE UN DONMERCI

Durant cette période difficile, nous avons souhaitez garder le contact avec les clubs et sportifs de notre région. Pour cette 43ème interview ( par mail ) , nous avons rencontré André DELARUE, président du club de l’US Forges Athlétisme.

En attendant prenez soins de vous et de vos proches et surtout respecter les consignes RESTEZ CHEZ VOUS pour revenir au plus vite sur vos terrains de jeux.

Bonjour André, peux tu présenter en quelques mots?
Je suis André, retraité, 68 ans, marié à Jacqueline, père de 2 enfants et papy de 4 petits enfants, président et « un peu coach » du club d’athlétisme de Forges les Eaux.

Comment vis tu cette période CORONAVIRUS et que feras tu en premier lors du déconfinement?
Le confinement commence à peser, au début, on a retourné toute la maison, ménage, réparation, tri des papiers, puis on est passé aux extérieurs, on a la chance d’avoir une cour, une pelouse, ainsi qu’un jardin. On fait une marche ou un footing autour de chez nous, on échange par mail avec les amis du club, et le téléphone avec la famille.
Après le confinement, la première chose que je ferais, c’est d’aller voir mes enfants et petits enfants.

Depuis combien de temps es tu président?
Je suis président depuis la création du club, c’est à dire 13 ans

Voir toutes les activités arrêtées, ce doit être un crève-coeur pour un président?
C’est vrai cet arrêt est très difficile, ne plus se retrouver lors des entrainements ou petites fêtes entre nous, ne plus voir tous nos jeunes de l’école d’athlétisme, et voir l’annulation des événements que nous organisions, dur dur.

Peux tu nous présenter ton parcours sportif?
Mon parcours sportif, oh la la, ça risque d’être long. Je vais faire le plus court possible. Je fais du sport depuis toujours, j’ai commencé par la gym à 11 ans, puis le foot, et l’haltérophilie (champion des Flandres) jusqu’à 18 ans, puis cycliste amateur jusqu’en 1 ère catégorie (quelques victoires), arrêt pour cause de mariage etc.. reprise du sport vers trente ans, foot à Forges, et vélo en même temps jusque 45 ans pour le vélo et 55ans pour le foot. Entre deux, j’ai créé avec Daniel un ami, un club de tennis de table ou j’ai joué pendant une douzaine d’année. Puis en même temps, à l’âge de 46 ans j’ai débuté la course à pied, avec un premier marathon l’année suivante en 3 h 19 à Florence, puis mon record à Milan en 3 h09. J’ai goûté à toutes les disciplines de la course, route, (marathon, 100 km, 24 h,) trail, raid, 3 fois l’épreuve de  » La France en Courant », puis la piste. Je crée le club d’athlétisme, avec une bande de copains en 2007, et l’école d’athlé en 2014. je participe depuis l’âge de 60 ans à des championnats sur piste, (champion de France du Pentathlon).

Peux tu nous présenter le club?
Le  club compte 140 adhérents, dont 85 jeunes, on pratique toutes les disciplines de l’athlé, de la marche en passant par la route, le trail, la piste.

Avec un nombre d’adhérents en continuelle hausse, le manque d’une piste fait cruellement défaut. Avons nous des chances d’en voir une arriver à Forges prochainement?
Pour les infrastructures, après la venue du comité départemental d’athlétisme à Forges, il a en effet, été question de monter un projet, avec la municipalité, pour que l’on est une piste digne de pouvoir accueillir nos nombreux adhérents, surtout les jeunes.

Parles nous des résultats chez les jeunes?
En peu de temps d’existence, nos jeunes obtiennent déjà d’excellents résultats, en cross Thomas, Armand, au niveau régional, et des podiums au niveau des coupes de cross, ainsi que les compétitions sur piste ou nous tentons de rivaliser avec les plus gros clubs. Nos jeunes progressent, sereinement, sans bruler les étapes et sont heureux, je crois, de faire de l’athlé à Forges.

Avez vous des projets?
Les projets, amener le plus de monde possible sur la piste, pouvoir organiser des compétitions à Forges, (avec une nouvelle piste), et continuer à faire ce qu’on fait, humblement, du sport, dans la joie, la convivialité, qui n’empêche pas de bien travailler

Le Trail du Melon de Beaubec la Rosière aura t’il lieu?
Pour le trail du Melon, nous n’avons pas encore pris de décision, nous avons jusque fin juin, pour envoyer un dossier à la préfecture, on verra l’évolution d’ici là.

Ton meilleur souvenir?
Mon meilleur souvenir sportif, Individuel, il y en a plusieurs, mes victoires en cyclisme, et aux championnats de France de pentathlon et ma participation aux championnats du monde d’athlé au Danemark, dans la vie, mon mariage et la naissance de mes enfants.

En dehors de l’athlétisme, as tu d’autres centres d’intérêts?
j’aime  » tout ou presque », d’abord ma femme, ma famille, sortir (resto, vacances, amis) et en ce moment, je ne suis pas à la fête, avoir mes petits enfants, lire, cinéma, voyage, jardinage.

Un dernier mot?
Portez vous bien, dans l’amour, la tolérance, la joie et le sport bien sur!

Dénégations

Face à une réalité effrayante, la fuite est parfois possible, mais quand c'est l'Histoire et l'humanité qui se font ogres, quand ce qui se passe dépasse notre capacité de compréhension et d'acceptation, la tentation semble exister de transformer l'ogre en souris, et ainsi de sortir triomphant d'une confrontation dont on pense avoir pu choisir les termes, à l'intérieur des limites contraintes de notre, parfois susceptible, entendement. Et chaque événement démesuré voit naître, très tôt car il ne faudrait pas laisser s'installer une représentation de ce qui se passe dans sa taille originelle, ses détracteurs, ou ses réducteurs, comme si réduire la représentation de ce qui se passe pour le mettre à sa portée donnait le moyen de triompher de ce qui terrifierait, si toutefois on le regardait dans ses dimensions propres. Comme si se battre contre les faits était une manière de se battre contre le monde qui les produit.

Ces «  réducteurs d'Histoire  » trouvent enfin ainsi un adversaire à leur petite taille, et il peuvent alors, littéralement, le réduire à leur merci, le tenir en respect sur la table de leur cuisine et rêvasser enfin, eux aussi, à la dévoration. Mais se rêve-t-on dévoreur de planète comme ça, un matin, en se réveillant ? Aussi petit et insignifiant qu'on soit face à un fait objectivement écrasant, comme le chat du conte face à l'ogre, on peut donc le rapetisser à une taille accommodable, le tenir captif et apprivoisé dans sa main en le regardant dans les yeux, et même l'écraser, et passer sans trop de peine à autre chose.

Ainsi, il y a ceux qui aiment à dire que le séisme du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien et son tsunami géant qui a ravagé l'Asie du Sud-Est et au-delà, n'a après tout été qu'une grosse vague à propos de laquelle on a fait beaucoup d'histoires, ceux qui ont toujours en réserve une catastrophe plus grave à comparer avec ce qui est en cours, ceux qui vont jusqu'à se fantasmer gestionnaires de la vie des autres en rangeant les nombres de morts sur un tableau comparatif impitoyablement rationalisé qui finit toujours par aboutir à la conclusion que d'autres cases sont supérieures à celle qu'il s'agit de mesurer ici et maintenant (quoi de plus meurtrier que la première glaciation terrestre, finalement ?), ceux qui choisissent le moment où un cyclone ravage la maison de leur voisin pour philosopher sur la mort qui fait partie de la vie (des voisins), et bien d'autres encore, qui pullulent dès que la tempête fait rage pour dire qu'ils n'ont pas pris une seule goutte d'eau sous leur petit parapluie. Certains gardent la vérité qu'ils croient bon de construire par la relativisation de l'événement pour leur réassurance personnelle. Mais la plupart portent la bonne parole par tous les moyens possibles, la brandissent en étendard, même, en cherchant à en faire le signe de ralliement d'un traitement radical de l'Histoire, qui l'avait sans doute bien mérité.
Or leurs dénégations ne sont finalement que le signe que, pour sûr, il se passe bien quelque chose, car, sinon pourquoi se démener avec autant d'énergie pour démontrer qu'il ne se passe rien ? Et c'est sans doute à cette bizarrerie qu'on reconnaît le mieux ce mauvais traitement de l'Histoire : il développe une argumentation, ajoute des incises ou adjectifs finement choisis, parfois même exemples historiques, rapports d'ingénieurs et cartes légendées à l'appui, dans la perspective exclusive d'empêcher de prendre en compte un événement. Il ne s'agit pas alors d'étudier ce dont on parle, mais de le discréditer, parfois même d'en nier tout ou partie, et de décourager ceux qui s'y intéresseraient de le faire. Qu'elle prenne place dans une démonstration d'historien, au café du commerce ou sur un blog radical, la démarche est curieuse, si on la comprend pour ce qu'elle est. L'enjeu doit être bien important alors, pour qu'autant de mots se déploient pour broder autour de ce dont on ne veut pas qu'il soit question... Le chat botté n'est-il pas finalement rien d'autre qu'un pingouin apeuré qui refuse de regarder fondre sa banquise-habitat ?

La pandémie de Covid-19 qui est en train de se répandre sur la planète ne fait pas exception : elle a aussi ses réducteurs. Pourtant il y a bien des choses à redire, à contester, à attaquer face à ce qui se passe, ne serait-ce que l'État et le capitalisme qui gèrent la situation au mieux, c'est-à-dire contre nous - c'est-à-dire pour notre exploitation et contre notre liberté. Mais, immanquablement, se fait entendre la petite chanson du scepticisme qui se trompe de doute : ce virus est une «  grippette  », et quiconque le craint m'obligerait à regarder en face que ce n'est pas le cas et fait donc le jeu de l'ennemi. On voudrait ici réfléchir aux tenants et aboutissants de cette tentation autocentrée de la dénégation qui est en train encore une fois de se construire sous nos yeux, en même temps que défilent les communiqués sordides égrenant le décompte des morts, au moment où on est stupéfait par les images cataclysmiques de rues où s'amoncellent les cadavres, au moment où des patinoires, des parcs et des îles deviennent des fosses communes, au moment où la majorité de la population mondiale subit à la fois le virus et la gestion terrible de la pandémie et où partout des révoltes se manifestent. Est-ce bien le moment de penser qu'un taux de mortalité qui va jusqu'à plus de 7% selon les tranches d'âge est un taux de mortalité faible (il faudra un monte charge vraiment gigantesque pour faire tenir tous les morts que ça représente sur cette échelle là...) lorsqu'un virus particulièrement infectieux menace la population humaine toute entière ? Ce serait une autre manière de perpétuer le «  culte de la charogne  » décrit par Albert Libertad [1], de «  vénérer la mort  », sous la forme mêlant irrationnel et rationalisation d'une religion de la statistique. «  Vénérer  » ainsi la mort, c'est ne rien chercher à y comprendre : au lieu de prendre en compte la vie et ce qu'il advient d'elle, on se met à s'obséder fantasmatiquement sur des tas de cadavres qu'on soupèse et qu'on compare.

Il n'est certainement pas imaginable de produire au jour d'aujourd'hui une analyse finale de ce qui est en train de se passer, mais il est certain qu'il se passe quelque chose. On peut en mettre sa main au feu, même les deux. Alors pourquoi ce réflexe de self-défense contre l'Histoire - et non contre ses «  vainqueurs  » -, qui consiste à travailler immédiatement ses positions de parade contre la réalité  ? On fera d'abord quelques hypothèses tirées de l'observation de plusieurs de ces katas de la dénégation historique, puis on essaiera de mesurer leurs conséquences et de les déconstruire en tant que perspectives subversives, attribut dont ils se parent souvent.
La relativisation tous azimuts est le moyen principal au service de la dénégation. Elle s'énonce avec l'autorité de celui qui en a vu d'autres, de celui que plus rien n'étonne, qui sait faire des additions et des pourcentages, qui connaît sa règle de trois et n'est pas né de la dernière pluie. Il s'agit toujours d'une variante de raisonnement comparatif focalisé de manière finalement très malsaine sur des additions et soustractions de nombres qui prétendent parler de ce qu'il advient à des gens. Comparaison n'est pas raison, comme souvent, et mille pré-requis absurdes ou illogiques sont validés l'air de rien une fois qu'on a posé le calcul pourtant apparemment simple et sans appel. Effectivement, si l'on prend comme point de repère le total des morts depuis les débuts de l'humanité, tout événement meurtrier est très vite dérisoire. Raser une ville par exemple, et même une métropole, ferait beaucoup moins de morts que la grippe saisonnière au niveau mondial sur 10 ans. Un immeuble qui brûle plein de ses habitants fait un nombre complètement dérisoire de morts par rapport aux accidents de la route... Pour autant peut-on vraiment en déduire que ces deux événements seraient dérisoires, et aux yeux de quel satané Dieu indifférent le deviendraient-ils ?
Le plus terrible dans ce type de raisonnement, c'est qu'au fond, l'horizon de comparaison, c'est donc la pandémie totale, le pourcentage majoritaire, ou écrasant, la fantasme d'une destruction de l'humanité par rapport auquel les aléas de centaines de milliers de morts sont dérisoires. C'est un fantasme morbidement nihiliste, quasi exterminophile. Si l'on raisonne perpétuellement en terme de pourcentages, comme si ça avait du sens à l'échelle de chacune des vies dont il est question, alors les attentats du 13 novembre 2015 en France, par exemple, ne sont vraiment même pas à garder en mémoire tellement le pourcentage de morts qu'ils ont fait par rapport à la population française, ou mondiale, est «  microscopique  ». Et pourtant, c'était un carnage insoutenable. À ces relativisateurs-là, calculatrice en main, nous vient l'envie de répondre : tu les imagines là, les 200 000 morts actuels de l'épidémie du coronavirus, ou les 130 morts et 413 blessés du Bataclan, en tas, devant toi ? Ou les quelques centaines de morts quotidiennes du Covid-19 en France ? Tant que l'humanité n'est pas détruite, tu ne bougeras pas de ton fauteuil et tu continueras à faire tes comptes en rangeant bien le chiffrage des massacres dans l'ordre croissant ? Car la question, c'est bien que ce qui est en train de se passer, c'est que beaucoup de gens meurent dans des conditions particulières. Il ne s'agit pas de s'étonner que la mort et la tragédie existe, mais bien de prendre acte qu'il se passe, dans et autour de ces morts-là quelque chose qui n'est pas banal, et qui dépasse les capacités de compréhension et de gestion habituelles, partout dans le monde. Alors on peut se demander pourquoi 450 morts du Covid-19 en une journée en France, c'est pas juste deux fois plus que la mortalité routière mensuelle - comme on peut se demander, dans un laboratoire, pourquoi ces maudits humains se refusent à n'être réduits qu'à de simples courbes d'ajustement pour théories diverses -, et s'il ne serait pas injuste (drôle de raisonnement de justicier historique...) finalement de faire deux poids et deux mesures.

D'abord, il s'agit peut-être de savoir comment on meurt, comme dirait Zola, et dans le sens le plus concret : si tous ceux qui doivent normalement mourir un jour sont égorgés dans la même seconde, c'est toujours la mort qui advient, mais pas tout à fait pareil que si chacun avait vécu sa vie... Comment, pourquoi, sous les mains de qui, tué par qui ou par quoi ? Ces questions n'ont rien de superflu. Ses circonstances et la manière dont la mort est vécue sont même ce qui donne un sens à ce qui s'est passé, sans compter que bien d'autres dégâts sur d'autres vies sont toujours à déplorer que la mort elle-même - parce que sinon, effectivement, nous sommes tous mortels... C'est aussi la raison pour laquelle le fait de soustraire du nombre de morts causées par tel ou tel événement le nombre de gens qui «  auraient dû mourir  » en temps normal, ne se justifie que dans une sorte de logique comptable qui est en fin de compte aberrante. Si l'on prend le cas des quelques 76 000 personnes qui sont mortes de faim, de froid et d'abandon dans les hôpitaux psychiatriques sous le régime de l'État français installé à Vichy (40-44), des historiens en soustraient le nombre présumé de ceux qui «  auraient dû mourir d'autre chose  » durant cette période [2]. Peut-on vraiment considérer que mourir de faim et «  de vieillesse  », c'est pareil, et même si on meurt de faim alors qu'on est vieux ? Du point de vue de celui qui meurt, il est indéniable que ça n'a rien à voir. Mais qu'en est-il de notre point de vue, extérieur ? Peut-on vraiment ne pas chercher à ce point à comprendre l'épaisseur et la matérialité de ce qui s'est passé, pour en venir à considérer qu'il n'y a pas à comprendre quelque chose au fait qu'un vieillard soit mort de faim parce qu'il était enfermé comme fou ? Si un vieillard en âge statistique de mourir se fait égorger, va-t-on considérer qu'il est mort «  de mort naturelle  » ? Et toutes ces «  morts naturelles  » et ces suicides de prisonniers opportunément qualifiés par les professionnels de la dénégation de l'Administration Pénitentiaire de «  morts suspectes  », comment peut-on décemment considérer que la prison et l'enfermement physique et psychique des individus n'a rien à voir là-dedans ? Sommes nous donc le Docteur Manhattan exilé sur la planète Mars pour affecter cette indifférence à la réalité de ce que c'est que de mourir ? La mort n'est pas plus une donnée objective et séparable de tout contexte que la naissance ou n'importe quel autre moment de la vie, et mourir pour un communard par exemple, c'est inséparable de s'être battu sur les barricades mais aussi d'avoir été exposé comme cadavre à conspuer après l'écrasement du moment révolutionnaire. La mort nue n'a pas de sens et rabattre sur la mort nue les événements meurtriers empêche de comprendre quel sens ils peuvent avoir.
Cette manie relativiste de la comparaison peut aussi prendre la forme d'une mise en concurrence. Toujours dans cette même illusion qu'un point de vue pourrait avoir raison d'un fait, il est courant de voir ainsi ériger de grandes balances où on se met à peser comparativement des événements historiques, et faire comme si c'était une manière de réévaluer l'histoire et d'enfin peser du bon côté pour faire prendre à certains faits on ne sait quelle revanche contre d'autres. On remarquera qu'il s'agit toujours de dénier toute spécificité à chacun des événements considérés, et de les hiérarchiser, comme s'il y avait un prix à délivrer à la fin, ou une mention d'honneur, comme s'il n'y avait pas de la place pour tout le monde, sur le sinistre tableau des massacres. Cette mise en rivalité des catastrophes est encore une manière de réduire l'Histoire à sa portée, de la faire tenir dans un mouchoir de poche dont on peut ensuite se couvrir les yeux quand on ne veut pas la voir, ou quand il s'agit de faire de la politique avec sa dénégation. Il s'agit de convoquer l'Histoire dans une arène où on pourrait organiser ses petits combats de gladiateurs, et dont on serait alors l'empereur, décidant en levant ou en baissant le pouce, du mérite historique de tel ou tel événement. La troisième guerre punique à ma droite affronterait le tremblement de terre de 1755 à Lisbonne, à ma gauche, sans aucun suspens puisqu'en général il s'agit de démontrer que l'un pèse décidément bien plus lourd que l'autre. C'est d'ailleurs à cette fin, dans un effet de toute puissance, qu'ils ont été choisis pour s'affronter... La perspective est-elle alors vraiment de penser et de comprendre un épisode historique ? Car c'est toujours une question de perspective, d'orientation du raisonnement... Non, la perspective semble plus proche ici des livres dont vous êtes le héros. Je vais plutôt aller page 32, là où il ne se passe rien, je ne suis pas d'humeur à affronter la peste ce matin.

Comprendre un événement, aussi ineffable soit-il, passe certainement par s'en représenter l'ampleur, avec les moyens qu'on trouve, et donc éventuellement en le comparant à d'autres connus et maintenant plus ou moins «  digérés  » par le conscient et l'inconscient collectif. Mais la question est alors : cherche-t-on à comprendre les événements historiques que l'on regarde ainsi, ou à réduire l'importance de l'un par rapport à l'autre (ce qui est vraiment dérisoire dans la mesure où le vainqueur du moment peut toujours se faire détrôner par un autre massacre qui pèserait plus lourd) ? Quand on constate que la grippe espagnole a fait plus de morts que la première guerre mondiale en Europe, ce qui est indéniable, veut-on vraiment en tirer que la première guerre mondiale a fait finalement peu de morts ? Ou que ça ne vaut pas la peine de s'y intéresser ? Le sens de cette comparaison n'est-il pas plutôt de considérer que la grippe espagnole a été encore plus meurtrière que la première guerre mondiale, dont on sait, comme un point de repère, qu'elle a été extrêmement meurtrière ? Et ce d'autant plus que les massacres que l'on fait rivaliser ont tous eu lieu, sans considération de leur place dans le concours à ce qui a fait le plus de morts : les habitants de l'Europe ont, pour cet exemple, vécu la première guerre mondiale, mais aussi la grippe espagnole. Plutôt que de poser des chiffres, ne faudrait-il pas surtout essayer de comprendre à quel point la grippe espagnole a fait partie de cette guerre, accompagné les mouvements de troupes, fait partie du quotidien des soldats dans les tranchées au même titre que les bombardements, d'autant plus que tout ce qui aurait pu être employé alors à enrayer la pandémie est déjà employé à faire la guerre (une guerre totale, rappelons-le). Elle a même pu y prendre la fonction d'arme stratégique dans une période où il s'agit de rendre malade et/ou de tuer (par le gaz moutarde par exemple) et quand enrayer la pandémie, c'est aussi enrayer la pandémie chez l'ennemi par l'exécution sommaire. Car pour ceux qui les vivent, les catastrophes et les massacres ne sont pas «  au choix  » ni en rivalité, il n'y a pas de dilemme dont on se sortirait en choisissant ce qui a fait le moins de morts, pas de privilège historique à vivre l'un et pas l'autre...

C'est comme au bonneteau où on fait disparaître un objet qui pourtant existe toujours, grâce à quelques manipulations simples qui produisent l'illusion de sa disparition. C'est aussi un jeu d'enfant qui cherche à évaluer le monde et à expérimenter la possibilité d'avoir son avis sur tout, de se demander, en tournant les pages d'un magazine, ce qu'on préfère sur chacune d'entre elles. L'appliquer à l'Histoire, c'est une volonté de maîtrise qui confine à la stupidité. C'est faire rentrer l'Histoire dans son petit univers mental en la pliant à ses quatre volontés. Car le risque premier, quand on compare les morts de la peste avec l'écroulement d'un immeuble à Paris, c'est quand même de ne rien comprendre à rien, ni à l'événement qu'on maltraite, ni à celui qu'on pense bien traiter, ni à l'épidémie de peste, ni à l'insalubrité urbaine et à la misère. C'est une tentation de s'ériger en maître absolu de l'Histoire, en juge des périodes et de leurs aléas divers. C'est réduire l'Histoire au creux de sa main pour mieux en dévisager un avatar complètement fantasmatique.
Cette volonté de toute-puissance sur l'Histoire peut dériver sur toutes le nuances de complotisme, puisqu'il s'agit toujours de révéler ou dévoiler ce qui a été caché, de déjouer une manipulation, d'exhumer une vérité qui dérange. Les dispositions de la pathologie complotiste sont assez faciles à identifier, mais la spécificité de ce qui nous occupe, c'est qu'il s'agit d'une sorte de complotisme à but réducteur. Il ne s'agit pas de révéler une vérité importante qui a été cachée, il s'agit de dénier toute importance possible à ce qui se passe. Ou plutôt la vérité importante qu'on a la mission de révéler est un trou noir : c'est qu'il ne se passe rien d'important. On ne cherche pas à nous forcer à penser que les nuages sont des chemtrails, on cherche à nous forcer à penser qu'il n'y a pas de nuages. Ce qui est recherché, c'est le rapetissement de ce qui a lieu, la néantisation que quelque chose est en cours, comme une séance d'hypnose où on voudrait persuader chacun qu'il n'a rien vu et rien entendu et qu'il doit passer son chemin. On cherche à nous apprendre l'indifférence, la neutralité émotionnelle, l'insouci.

A propos de l'épidémie de Covid-19, ce chemin prend bien des formes, qui vont de l'exhumation de toutes les épidémies depuis les débuts de l'histoire de l'humanité, à des méditations prêtes à sombrer dans le pire eugénisme sur le fait que finalement cette maladie tue plutôt des gens qui n'étaient pas loin de mourir. Si l'on prend la question de la mise en perspective de cette épidémie par rapport à d'autres, la démarche en elle-même fait sens, dans la mesure où comparer les manières de réagir à ce type d'événement, les formes de gestion qu'il induit, et les traces qu'il laisse ou pas ne peut être qu'utile pour mieux appréhender la situation actuelle. Effectivement, il y a eu par exemple à la fin des années soixante (en 68 et 69) une épidémie dite de «  grippe de Hong-Kong  » qui a été très meurtrière tout en passant complètement sous les radars de l'information [3]. Elle a d'ailleurs globalement disparu des souvenirs de ceux qui ont vécu cette période alors que des soignants d'alors décrivent des scènes apocalyptiques d'amoncellement de cadavres dans les hôpitaux. Étudier ainsi le rapport à la mort de masse des États gestionnaires des crises comme de tout un chacun est un sujet passionnant. Néanmoins, il y a une grande différence, à nouveau, entre convoquer d'autres moments historiques pour mesurer l'ampleur de ce qui nous arrive là, et le faire pour le vider de son sens. En quoi d'ailleurs le fait que d'autres épidémies ont été gérées différemment ou n'ont pas été gérées du tout enlève-t-il quoi que ce soit à l'importance et à la réalité de l'épidémie actuelle ? Ce n'est pas un jeu de chaises musicales...

Le problème s'accentue encore quand la dénégation se met à avoir des prétentions radicales, subversives, voire révolutionnaires, car on entre alors dans des formes de raisonnements très pernicieux, qui ne réduisent pas seulement l'événement dont il s'agit, mais aussi toute possibilité de perspectives révolutionnaires, en se coinçant dans une voie de garage sans plus aucun accès à ce contre quoi il s'agit de lutter. Sous des formes relativement variables, mais globalement semblables, la population mondiale a à faire à la fois à la propagation du virus et à sa gestion étatique. En l'occurrence cette gestion s'inscrit sur un continuum, avec ou sans confinement général de la population, où l'on retrouve, à des degrés divers selon les cas, le contrôle et le traçage des populations, la notion de «  personne  » ou de «  population  » «  à risque  » qui doit subir un contrôle encore plus serré, que ce soit les infectés par le virus ou ceux qui sont dans une situation plus fragile face à son apparition, la restriction et le contrôle des déplacements, des activités, allant jusqu'aux plus intime des relations interindividuelles, la gestion des pénuries sanitaires et alimentaires qui implique toujours une hiérarchisation des vies qui méritent plus ou moins qu'on dépense des moyens pour en prendre soin, ou dont on a plus ou moins besoin pour faire perdurer l'activité économique. Lutter contre cette situation où le pouvoir rentre dans la vie de chacun de manière toujours plus dystopique, et où la logique de l'exploitation se déploie à plein, est plus que jamais vital. Pour aujourd'hui, pour l'avenir, aussi en fidélité au passé des luttes : il est urgent d'être à la hauteur de la situation si on ne veut pas laisser le monde se refermer ainsi. Bien sûr, cette gestion se présente comme la solution au problème sanitaire, elle profite de ce statut pour prétendre à être incontestable, sauf à vouloir la propagation du virus. C'est un chantage éculé qui se reproduit à chaque fois qu'on appelle à des formes d'union nationale ou mondiale contre tel ou tel fléau qui devrait faire taire les querelles politiques devenues dérisoires. C'est l'appel au pragmatisme et à la gestion, prétendument neutre, guidée par des experts, neutres aussi bien sûr et dont seule l'experte efficacité pourrait être évaluée. «  Mieux vaut faire appel à un expert  » nous rabâchait la pub.
Face à cette situation, la dénégation croit malin de considérer qu'il serait plus radical, pour contester la réalité du pouvoir gestionnaire, de considérer qu'il n'a pas de raison de se déployer ainsi, comme si la réalité de la propagation du virus et les dégâts qu'il cause étaient la clé de voûte qui faisait tenir la nécessité des politiques mises en œuvre pour le combattre. L'illusion est donc de couper l'herbe sous le pied du pouvoir.
Sans aller jusqu'au complotisme délirant des raisonnements construits autour de la nocivité de la 5G qui transporterait le virus, ou même qui serait la cause de la crise sanitaire, véritable cause qui serait masquée par la fable d'un virus inexistant, il existe la tentation de déduire de l'importance des mesures répressives le fait que le mal qu'elles prétendent traiter n'existe pas, ou moins qu'on le dit. Mais ce raisonnement pêche par maints aspects, et surtout par manque de logique. Pourquoi aurions-nous besoin, pour lutter contre la gestion de la crise sanitaire, de considérer que le virus n'est rien ou pas grand-chose ? Qu'est-ce que la réalité de l'existence du virus et de son caractère virulent et meurtrier peut bien enlever à la nécessité de lutter contre les mesures que les États prennent pour l'endiguer ? On dirait une peur irrationnelle de se retrouver happé par l'union sacrée, comme si dès lors qu'on reconnaît qu'il se passe bien quelque chose, on n'aurait plus la force d'attaquer ce que l'État met en place. C'est une position bien faible et angoissée de son propre réformisme, que d'avoir besoin de garde-fous pour ne pas risquer d'être en accord avec l'État ! C'est en fait une sorte de validation du bien fondé de l'expertise de l'État : si virus il y avait, la gestion d'État serait la seule réaction possible, puisqu'on a besoin de dénier le virus pour s'opposer à l'État. Pourquoi ne pas pouvoir à la fois constater l'existence et la dangerosité du virus, et lutter contre l'État et les politiques mises en œuvre pour contrôler sa propagation ? C'est comme ça en tous cas qu'on rate complètement une période et ce qui s'y déroule. Comment transformer le monde si on ne se met pas en positon de le comprendre, ou pire, si on considère que ne pas le comprendre est nécessaire pour le transformer ? Pourquoi avoir peur à ce point de ce contre quoi on lutte, pour ainsi avoir à le mutiler fantasmatiquement au lieu de s'y attaquer ? Pourquoi accepter l'inhibition de toute empathie pour ceux qui en souffrent, pour ces morts dont les cadavres s'amoncellent, pour les prisonniers soumis à la diffusion du virus, pour ces patients des EHPAD ou des hôpitaux psychiatriques dont il a déjà été choisi qu'ils ne seraient pas du bon côté des soins ? N'est-ce pas particulièrement réformiste pour le coup de penser que l'urgence est de lutter contre le fait même de se confiner et pas contre l'État et sa gestion de la pandémie, du confinement, du déconfinement ? Car quand l'État tarde à confiner pour que l'économie tourne à plein le plus longtemps possible, puis confine pour étaler les urgences sanitaires que l'hôpital ne pourra pas gérer, puis déconfine parce que les pénuries commencent à se faire sentir et parce que l'économie doit recommencer à tourner, la question c'est bien toujours de lutter contre l'État, et pas contre l'idée que rester chez soi peut protéger de la contagion du virus. Alors pourquoi tant de lectures réductionnistes et simplificatrices et tant d'irrationalité ? Pourquoi c'est justement la réalité que ces lectures simplificatrices ou idéologiques effacent, se condamnant ainsi à l'impuissance ?
C'est sans doute que ce choix de la dénégation et du rapetissement de ce qui se passe, que ce soit de manière radicale ou au comptoir du café du commerce, répond à une peur profonde, existentielle, que rien ne guérit sinon l'auto-conviction qu'on n'est finalement soi-même pas en danger. Et pour se rassurer efficacement, on a besoin d'entraîner tous les autres avec soi. Ce besoin de réassurance est très humain. Tout le monde a cru bon de se rassurer, face à la possibilité réelle de la contagion, en se disant à un moment ou à un autre que pour lui ce virus sera au pire «  une grippette  », et le pas est vite passé de transformer ce qu'on invente pour se rassurer en rodomontade. Même pas peur, le virus ne passera pas par moi, et puis même pas mal, s'il passe par moi il ne se passera rien du tout. Cette peur est aussi une lâcheté : c'est l'espoir de ne pas en être, bétonné en certitude. C'est humain, comme toutes les superstitions. Face aux statistiques de virulence, cette lâcheté s'installe aussi dans l'aspiration à ce que d'autres soient dans les pourcentages de létalité. Pour une fois, radical ou pas, il s'agit de se persuader qu'on est déjà du bon côté de la masse qui s'en sortira.
Et pourtant, comme dit un proverbe de grand-mères, «  la peur n'évite pas le danger  », et pour une fois la sagesse populaire d'habitude toujours castratrice et normative invite à plus de courage que beaucoup de textes à prétention subversives... Le danger du virus est là, les fosses communes contiennent de vrais cadavres, les émeutiers de la faim font face à de vraies pénuries (et pas seulement aux flics !)... il se passe bien quelque chose, et, qu'on le veuille ou non, on est pris dans cette tourmente. A nous de trouver par où en sortir - et pas comment sauver sa peau en fantasmant une réalité où on resterait tout puissant -, sans s'enfoncer dans des dénégations ridicules et dérisoires qui amènent à considérer que lutter contre les faits serait lutter contre le monde qui les produit. Cessons d'imposer aux autres les petits moyens minables par lesquels on cherche à ne pas trop souffrir de la situation et d'en faire de la théorie politique ou historique. Vivons et pensons cette période qu'on n'aurait pas imaginé dans nos pires cauchemars, sans garde-fous préalable pour s'assurer qu'on ne prend aucun risque même au niveau théorique, constatons qu'on est d'abord déboussolé, comme déplacé dans une dystopie à laquelle on a du mal à se confronter, et trouvons les moyens de lutter contre ce monde nouveau qui n'est pas exactement l'ancien, mais dans lequel nos ennemis restent le capitalisme, l'État et leur gestion.

Ce texte s'attaque à cette démarche intellectuelle de réduction nommée ici dénégation. Comme on le disait au début, cette dénégation n'est pas du déni ou du tabou, puisqu'elle laisse au contraire une grande place à l'exhibition des raisons pour lesquelles il ne faut pas penser avec une partie de la situation réelle, qui devient même centrale, de ce fait, ou obsessionnelle dans le discours et la théorie. Cette dénégation tient bien plus de la négation que du déni, et c'est pour cela qu'elle pousse dans le même terreau que les formes bien connues de négations historiques qui se construisent sur les mêmes raisonnements bancals, en particulier la négation proprement négationniste.

Néanmoins cette question-là n'est pas traitée ici autrement que par effleurement, et ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que ce serait, pour le coup, réduire ce qu'a pu être (et ce que peut être encore) le négationnisme que d'en accuser ceux qui s'égarent à la croisée des chemins et batifolent plus ou moins consciemment dans son anti-chambre, et même si on sait bien que dénier la réalité des exactions de l'empereur Néron a été pour certains un premier pas vers la négation des chambres à gaz, ou «  réévaluer  » la réalité du génocide perpétré par les Khmers Rouge un début de chemin pour s'attaquer à l'extermination nazie (au lieu de s'attaquer au nazisme et à son monde : toujours cette manie de régler leur compte aux faits au lieu de lutter contre ce monde). Une bonne partie de la logique qu'on a tenté ici de déconstruire s'y retrouve d'ailleurs, en particulier dans l'illusion d'une radicalité qui «  démontrerait  » qu'après tout, vu que les États d'après la seconde guerre mondiale ont acquis leur légitimité de la lutte contre l'horreur nazie, contester l'horreur nazie pourrait faire s'écrouler l'édifice en en supprimant la clef de voûte : «  faire sauter les verrous de la démocratie  » disait-on du coté de cette ultra-gauche qui fricota avec le Dr Faurisson. C'est bien ainsi que le négationnisme a cherché à prospérer aussi à l'extrême gauche et chez les anarchistes et communistes, et que des «  révolutionnaires  » se sont mis à poursuivre la tentation négatrice des nazis eux-mêmes, qui sont quand même les premiers à avoir, pour certains aspects, cherché à minimiser les traces de leur entreprise exterminatrice. Par ailleurs, la dénonciation est une dynamique qui a ses propres travers et dans laquelle on ne veut pas ici se fourvoyer, c'est aussi la raison pour laquelle ce texte ne s'appuie pas sur tel ou tel exemple tiré de tel ou tel blog radical, post énervé ou micro-trottoir. De toutes manières ces points de vue de réduction sont d'une banalité affligeante, et ils traînent partout, il n'est pas bien difficile de les identifier, et, pour ce qui est du glissement possible des uns ou des autres vers des formes de négation plus conséquentes, nous n'avons pas le don de Cassandre, mais nous savons quand même qu'elle se trompe rarement. Enfin, pour le dire clairement, alors que nous avons ici traité avec une relative bienveillance ces points de vue qui pourtant nous semblent pernicieux et lourds de conséquence, en tous les cas avec la bienveillance minimale nécessaire pour essayer de comprendre une partie de leurs raisons d'être, nous ne ferons pas de même avec les négationnistes dont nous nous fichons bien de décortiquer les problèmes existentiels et les peurs infantiles.

Laissons donc au merveilleux chat de la fable ses ruses, et tentons d'appliquer à la période historique que nous somme en train de vivre avec difficultés une approche qui garde sa hauteur à la situation, même si pour l'instant il n'est pas si simple de l'appréhender et de trouver comment y intervenir. Quoique... L'Histoire pousse parfois les adeptes de la perplexité dans le grand bain et les salariés contraints à continuer de travailler avec le virus, les émeutiers de la faim ou les révoltés des prisons et des camps n'ont pas besoin de dénier la réalité du virus pour se révolter et lutter contre le virus et contre les modalités de sa gestion...


A bas l'Etat, le Capitalisme et le Coronavirus, pas la réalité !
Vive la vie !

Mai 2020
Maria Desmers

[Ce texte est téléchargeable en format brochure sur le site de Ravage Editions.]


[1] Albert Libertad, « Le culte de la charogne  », dans L'anarchie n°134, 31 octobre 1907.

[2] Voir à ce sujet le texte d'Armand Ajzenberg intitulé «  Drôles d'histoires : l'extermination douce  » publié dans le n°27 de la revue Chimères en 1996.

[3] Voir Libération du 07/12/2005 «  1968, la planète grippée  ».

Préservation de la vallée de la Seine : la question du surcreusement du chenal de Rouen

     Le 03 avril 2019, votre serviteur avait publié l’article suivant :

« Port de Rouen. Pascal Gabet et le chenal du futur »

http://normandie.canalblog.com/archives/2019/04/03/37229200.html

     Cet article n'était pas le seul à évoquer un prétendu bien-fondé des dispositions prises pour permettre à des navires de plus en plus massifs d'accéder au port FLUVIO-maritime de Rouen...

    Or, courant mars 2020, au cours d’un vagabondage documentaire, il a déniché le document accessible par le lien suivant :

https://www.persee.fr/doc/etnor_0014-2158_2007_num_56_2_1676

Etudes normandes, 56è année, n° 2, 2007

Vallée de Seine : entre naissance et renaissance

Jérôme Chaib, Directeur de l'AREHN

    La conclusion de cet article, détecté par une requête à partir du mot "vraquiers", n'a pu que le satisfaire :

.../...

Pour préserver la vallée, et plutôt que sans cesse réparer, quand on ne sera pas confronté à des situations d'irréversibilité que l'on pourrait déplorer à l'avenir, il est nécessaire de s'inscrire dans une logique de prévention. Par exemple, la question du surcreusement -et non pas du seul entretien -du chenal du fleuve est régulièrement posée. Comme l'avait souligné un rapport de la Cour des Comptes, une certaine concurrence, notamment sur le trafic conteneurs entre le Port autonome du Havre et celui de Rouen, avait engagé un programme d'approfondissement sans que le trafic conteneurs décolle vraiment. Surtout que Port 2000 est maintenant ouvert, la complémentarité est à rechercher. Un nouveau programme de surcreusement est à l'étude parce qu'une nouvelle génération de navires vraquiers est en construction. Il faut se poser parallèlement la question de savoir si la production des céréales va encore augmenter en quantité et si elles seront toujours promises à l'exportation (réforme de la PAC, conversion en bioéthanol, etc.). Souvenons-nous de ce qui avait motivé la construction du port d'Antifer...

Une véritable concertation, l'imagination de chacun, les efforts conjugués de tous pour un plan cohérent de développement de la vallée qui reste un symbole fort -la colonne vertébrale d'une région, le cordon ombilical qui la relie à la capitale, un lieu qui mérite une réappropriation par ses habitants -, tels sont les ingrédients de la renaissance d'une vallée d'exception.

    Mais l'ensemble de l'article constitue, selon votre serviteur, un texte de référence de qualité qui reste d'actualité...

 

La Normandie à l’épreuve du COVID 19 et du… jacobinisme: les nouvelles du front!

Glanés dans les dernières éditions disponibles de la Chronique de Normandie diffusée chaque lundi (Bertrand Tierce, n° 623 et 624)  et de la Lettre Eco Normandie diffusée chaque vendredi (Nathalie Jourdan, n°1663 daté du 24/04/20) mais aussi dans la presse régionale normande en ligne, voici quelques nouvelles du front:

L'économie régionale et la société civile normande font face aux contraintes sanitaires (confinement) avec civisme et avec une inventivité résiliente. Le soutien des collectivités territoriales, à commencer par le conseil régional de Normandie est total et il est efficace...

1) Dixit le préfet de région Durand: Les Normands respectent correctement les consignes du confinement en faisant preuve de civisme même si la perspective du 11 mai crée un certain relâchement. La crise économique lié au confinement est très violente mais les entreprises normandes se savent aidées.

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Mais ce confinement révèle de fortes contraintes sociales: dans l'Est de la région, plus urbanisé et plus densément peuplé, le confinement peut être plus mal vécu que dans la Normandie de l'Ouest et du Sud beaucoup plus rurale...

(source: Lettre Eco Normandie n°1663)

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2) Les artisans sont nombreux en Normandie dans une région qui a gardé un profil industriel: il ne faut pas l'oublier!

(source: Chronique de Normandie n° 623)

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3) En revanche, certains d'entre eux se plaignent de l'attitude des assureurs:

(source: Lettre Eco Normandie, n°1663)

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4) Cependant, la MATMUT, l'assureur mutualiste historique de la métropole de Rouen consent à quelques efforts de solidarité:

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5) Le BTP est le secteur industriel qui est traditionnellement attendu pour être le moteur de la reprise et de la relance de l'économie régionale normande selon l'adage bien connu: "quand le bâtiment va, tout va!". Mais est-ce si sûr? En tout cas, derrière la reprise espérée via le BTP il y a surtout le redémarrage des chantiers publics financés par les collectivités territoriales et les bailleurs sociaux.

(source: Chronique de Normandie n°624)

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7) Les capacités financières des collectivités territoriales, à commencer par le conseil régional, sont donc déterminantes pour assurer la survie de la Normandie dans la crise et après: la Chambre régionale des comptes a fait paraître son dernier rapport qui révèle deux réalités intéressantes... Tout d'abord les principaux budgets publics de Normandie sont plutôt bien gérés (endettement modéré). Ensuite, par la taille, ces budgets sont très concentrés sur les neuf principales collectivités territoriales normandes (la région, les cinq départements, la métropole de Rouen, les agglos de Caen et du Havre). Enfin, est révélé le poids budgétaire des grands hôpitaux normands (CHU de Caen et de Rouen, centre hospitalier du Havre)...

(source: Chronique de Normandie n° 624)

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8) Le tourisme normand connaît une très grave crise: l'année 2020 restera dans les annales du pire! Il faut donc se reconcentrer sur l'essentiel et sur ce qui fait l'authenticité et l'originalité de la destination normande. Un conseil, sinon une évidence (qui hélas, n'apparaît pas en tant que telle dans ce qui est à lire ci-dessous): LE PATRIMOINE HISTORIQUE NORMAND EST NOTRE PETROLE !

(source: Lettre Eco Normandie n°1663)

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9) Dans la tempête, le Grand Port Maritime de Rouen semble assurer sa route normalement. Du moins pour l'instant car la crise économique mondiale qui se profile pourrait aussi perturber le commerce international des céréales...

(source: Lettre Eco Normandie, n°1663)

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10) Saint-James tricotte pour nous les masques de notre libération...

(source: Lettre Eco Normandie n°1663)

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 A lire, par ailleurs, dans la presse numérique normande:

  • L'idéologie jacobine en matière d'énergie et d'environnement poursuit son petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était...

https://actu.fr/normandie/ducey-les-cheris_50168/edf-va-debuter-travaux-destruction-barrage-roche-boit_33305556.html

  • LE CRETINISME GEOGRAPHIQUE JACOBIN met l'unité normande à rude épreuve!

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/deconfinement-depuis-caen-jusqu-ou-sera-t-il-possible-d-aller-apres-le-11-mai-6821002

Déconfinement. Depuis Caen, jusqu’où

sera-t-il possible d’aller après le 11 mai ?

À partir du 11 mai 2020, les déplacements seront à nouveau autorisés sans attestation dans un rayon de 100 km autour de son domicile, a annoncé le Premier ministre, Edouard Philippe, mardi 28 avril. Que représente ce périmètre quand on vit à Caen ? Des outils existent pour le savoir précisément.

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Rendre visite à des amis à Avranches, après le 11 mai ? Possible, pour les habitants de Caen, tout en respectant la limite des 100 km autorisés, fixée par Edouard Philippe, mardi 28 avril 2020, lors de la présentation du plan de déconfinement à l’Assemblée nationale. Un plan qui se veut « progressif, adaptable et géographique ».

« Il sera à nouveau possible de circuler librement, sans attestation, sauf pour les déplacements à plus de 100 km du domicile, qui ne seront possibles que pour un motif impérieux, familial ou professionnel », a précisé le Premier ministre.

Découvrez le périmètre accessible depuis votre logement

Depuis Caen, tout membre de la famille ou proche vivant à Fougères ou à Rouen, devra ainsi attendre encore… Situées respectivement à 151 km et 126 km, ces villes resteront inaccessibles dans les prochaines semaines. Tout comme l’extrême nord-ouest de la Manche.

Plusieurs outils en ligne permettent de découvrir le périmètre accessible depuis l’adresse de son domicile : le site Calcmaps en fait partie, tout comme carte-sortie-confinement, saturé en ce mercredi après-midi.


 Commentaires de Florestan:

1) Le Nord-Cotentin redevient une île.

2) Les clochemerleux caennais pourront dire qu'ils ne peuvent pas aller jusqu'à Rouen.

3) Le pont de Normandie porte bien son nom.

4) Le journaliste de Ouest-France a de la famille à Fougères.

5) Le Mont-Saint-Michel est inaccessible à quelques kilomètres près: on n'ose pointer le compas des 100 km sur la ville de Rennes...


 

  • Le sous-marin nucléaire d'attaque Suffren sort pour la première fois de l'arsenal de Cherbourg: on espère que le covid-19 n'est pas la cible!

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/cherbourg-premiere-plongee-pour-le-sous-marin-nucleaire-d-attaque-suffren-6821034

  • Dix millions d'euros pour les entreprises normandes grâce au conseil régional de Normandie!

https://actu.fr/normandie/vire-normandie_14762/coronavirus-region-normandie-debloque-10-millions-deuros-entreprises_33277216.html

  • Dans le Calvados, les chiffres du préfet concernant le nombre d'entreprises aidées par les pouvoirs publics (Etat + Région):

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/aides-financieres-aux-entreprises-du-calvados-la-prefecture-annonce-les-chiffres-6819963

  • Les entrepreneurs percherons se rassemblent pour lutter ensemble dans la crise: bravo!

https://actu.fr/normandie/belleme_61038/quand-entrepreneurs-perche-se-rassemblent-face-virus_33310405.html

  • Dans la Manche, des stations services pourraient faire faillite: absence des automobilistes, prix de l'essence trop bas!

https://actu.fr/economie/le-prix-carburant-rarement-ete-aussi-bas-certaines-stations-sont-meme-peril_33317443.html

  • Des poules chez vous pour avoir des oeufs frais chez soi!

https://actu.fr/normandie/villers-sur-mer_14754/calvados-lassociation-poule-tous-organise-distributions-poules-pondeuses_33296305.html

  • Un maire du Vexin normand ne veut pas prendre le risque d'ouvrir son école le 11 mai prochain:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/education/coronavirus-a-la-frontiere-de-l-eure-ce-maire-ne-veut-pas-rouvrir-l-ecole-avant-septembre-2020-HC16724254

  • A Caen, un conseil municipal extraordinaire le 7 mai 2020 pour gérer l'après 11 mai:

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/caen-l-opposition-reclame-un-conseil-municipal-extraordinaire-pour-decider-du-deconfinement-6819772

  • Déconfinement: proposition de loi d'un député normand de l'Eure pour protéger juridiquement les maires.

https://www.ouest-france.fr/education/reouverture-des-ecoles-un-senateur-de-l-eure-fait-une-proposition-de-loi-pour-proteger-les-maires-6819721

  • Le seul fabricant français d'écouvillons est Normand (dans l'Orne):

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/dans-l-orne-le-seul-fabricant-francais-d-ecouvillons-commence-ses-livraisons-6820080

  • LES PREMIERS DE CORVEE: toujours aussi mal payés?

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/covid-19-seine-maritime-soignants-nauront-pas-prime-1-500-euros_33278584.html

 

Covid-19. En Seine-Maritime, les soignants

n’auront pas tous la prime de 1 500 euros

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Qui aura le droit à la prime annoncée par le gouvernement pour les soignants engagés pendant l'épidémie de Covid-19 ? Des agents hospitaliers de Seine-Maritime s'interrogent.

Cela fait parler dans les couloirs du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen mais aussi dans tous les établissements hospitaliers publics de la Seine-Maritime. Qui aura la fameuse prime au mois de mai 2020, annoncée par le gouvernement pour remercier l’engagement des soignants pendant l’épidémie de Covid-19 ? « On entend que la prime sera divisée sur l’ensemble des employés, s’inquiète un aide-soignant du CHU de Rouen. Au nombre de personnes que l’on est, ce sera sera plus 1 500 euros, ni même 500 euros qu’on aura dans notre poche mais quelques euros… »

Mais qu’en est-il vraiment ? Qui aura droit à quoi ? Même si le décret précisant les contours de cette prime n’a pas encore été publié par le gouvernement, voici quelques éléments de réponses.

Lire aussi : Étudiants infirmiers et aides-soignants en Normandie : bientôt une prime de 1000 à 1300€ ?

1 500 euros pour les agents des départements les plus touchés

Mercredi 15 avril 2020, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé une prime allant de 500 à 1500 euros pour les soignants, « en première ligne jour et nuit ».

Concrètement, dans « les départements dans lesquels l’épidémie était intense », soit 30 au total, l’ensemble des soignants toucheront une prime, défiscalisée et désocialisée, de 1 500 euros net versée au mois de mai, précise le ministère de la Santé. 

Lire aussi : Covid-19 : jusqu’à 1 500 euros de prime pour les soignants et certains fonctionnaires

Une prime de 500 euros actée

Le ministère de la Santé a indiqué que les agents hospitaliers des zones moins touchées bénéficieront d’une prime de 500 euros net, en mai également. Le ministère de la Santé précise cependant que dans les départements les moins touchés, « les agents ayant travaillé dans les services COVID+ des 108 hôpitaux de référence percevront également la prime de 1500 euros ».

« Ce que l’on sait, c’est que le département de la Seine-Maritime ne fait pas partie des départements les plus touchés », indique Frédéric Louis, secrétaire de la section CFDT du CHU de Rouen. Mais pour l’heure, il y a encore beaucoup d’incertitudes. On ne sait pas encore qui l’aura, qui aura combien… »

Il prend l’exemple de la blanchisserie. « Celui qui traite le linge sale aura-t-il la même prime que celui qui plie le linge propre ou il y aura une distinction ? »

Pour Évelyne Bourgeois de la CGT, « il faut que la prime soit adressée à tout le monde car tous les services de l’hôpital ont été impactés par l’épidémie. Il ne faut pas faire de cas par cas ».

Lire aussi : Coronavirus : une prime de 1 500 euros en mai pour certains soignants du Grand Est

Du côté de la direction de l’hôpital rouennais, c’est aussi le flou sur les conditions d’attribution de cette prime : « On attend la parution du décret pour en savoir plus. » Pour Louis Frédéric, il est temps que le gouvernement publie ce décret :

Entre l’annonce et le décret, il y a trop de temps qui s’écoule et cela génère des interrogations auprès des agents. Surtout que la paie arrive le 10 mai, alors il est temps de savoir ce qu’il en est !

La revalorisation des salaires est très attendue

Les syndicalistes craignent que cette prime soit encore « un effet d’annonce ». « Après la canicule de 2003, il y a avait eu aussi une prime mais il y avait tellement de conditions à remplir…, se rappelle Louis Frédéric. Mais bon, en vérité, ce n’est pas la prime la vraie question – même si on ne crache pas dessus – la vraie question, ce sont les salaires des agents hospitaliers. »

Les syndicats évoquent les salaires des infirmiers qui démarrent à 1 500 euros, les salaires des agents d’entretien qui peinent à atteindre les 1 200 euros… « Les salaires doivent être revalorisés. Cela fait des années qu’on le demande et on espère que les applaudissements tous les soirs à 20 heures et l’engagement des agents pendant l’épidémie feront effet. Il y a eu des annonces et on a bon espoir pour que cela change », conclut avec optimisme Louis Frédéric.