
Soirée PLU au foyer municipal, compte rendu.
En préambule, quelques précisions et rappels.
La réunion publique autour du projet de PLU, organisée par la municipalité jeudi 4 juin au foyer municipal, ne l’a pas été dans le cadre d’une volonté de l’équipe dirigeante de dialoguer avec la population ni d’instaurer à Bihorel une véritable consultation avant prise de décision. Non, cette soirée a été organisée parce que la loi l’impose, dans le cadre de la mise en place d’un Plan Local d’Urbanisme.
Deuxième précision : l’équipe « Bihorel avec vous » menée par Benoit Pétel a bien perdu les élections l’an passé. Le projet de PLU n’était pas dans les propositions contenues dans son programme. Les propositions urbanistiques de son programme se basaient sur l’actuel Plan d’Occupation des Sols, plan qui semble convenir aux Bihorellais.
Troisième précision : Monsieur Houbron et son équipe ont gagné l’élection mais – il est tout de même intéressant de le rappeler – sans obtenir au second tour la majorité absolue. En effet, 4 listes s’étaient maintenues et la liste de Monsieur Houbron a obtenu 43,78 %. Cela fait tout de même 56% de votants qui ont exprimé un désaccord avec son (ses) projet(s).
Jeudi 4 juin 2009, au foyer municipal, Monsieur Houbron et son équipe étaient en campagne électorale. On aurait pu envisager un meeting de soutien à l’UMP ou au Nouveau Centre pour l’élection européenne, mais non, Monsieur le maire a décidé, en ce mois de juin, de lancer ENFIN, le débat qu’il a refusé aux Bihorellais lors des élections municipales : celui sur le Plan Local d’Urbanisme et les projets immobiliers qui en découlent. En effet, en ce mois de juin 2009, l’équipe Houbron a dû rendre publique sa volonté de changer les critères de constructions sur la ville de Bihorel, chose qu’elle niait envisager de faire lors de la campagne. Monsieur le maire et son équipe ont également lancé, en ce mois de juin, l’idée d’une fusion avec nos voisins de Bois-Guillaume ! Encore une fois, un projet complètement absent dans leurs documents de campagne mais qui, pourtant, dixit Monsieur Renard, maire de Bois-Guillaume, était déjà en projet l’an passé… Les deux maires n’ont pas voulu en parler « Parce que la campagne aurait été polluée par politiquement par ce débat et on aurait occulté les autres projets ». (sic). De qui se moque-t-on ?
Forcément, jeudi soir au foyer, l’ambiance était houleuse. Une salle pleine à craquer, nous dirons 350 personnes en avouant ne pas avoir compté, pour un déroulement assez classique, à l’image des réunions légales du PLU organisées depuis le début :
Monsieur le maire a exposé son projet.
L’agence a complété en présentant tous les points techniques.
L’assistance a posé des questions.
Monsieur le maire a très peu répondu.
Les différences par rapport aux réunions précédentes ? Beaucoup plus de monde. De réunion, en réunion, l’affluence augmente sensiblement. C’est le point le plus positif.
Côté questions, toujours les mêmes inquiétudes, liées aux préemptions et achats faits par la mairie (60 % de l’îlot place de l’Eglise/rue de la paix, maison du début de la rue Caron) et toujours les mêmes « réponses rassurantes » de notre premier magistrat. Toutefois, de subtiles évolutions sémantiques n’auront pas échappé aux amateurs de bons mots que nous sommes. Le glissement de « pas de projet » à « cela a pris 18 ans à Mesnil-Esnard » étant sans doute celui qui aura le plus passionné les poètes, les linguistes et tous les autres habitants des rues de la Paix et adjacentes.

Toujours des questions donc, mais cette fois nourries par la révélation des futurs coefficients d’occupation des sols et du passage, entre autres, à un COS de 1 dans la partie plate du Vieux Bihorel. Et là, vous pouvez être de droite, de gauche, écologiste, chasseur, cruciverbiste ou même collectionneur de boîtes de fromage, il suffit d’une calculette, d’un papier vierge et d’un crayon pour comprendre, en 5 minutes, que vous pourrez bientôt vous retrouver voisin avec un mur de 12 mètres planté à 6 mètres de la baie vitrée de votre salon, celle qui est orientée plein sud. Alors forcément, les gens, individuellement, s’inquiètent et posent des questions. Monsieur le maire n’arrive pas, mais absolument pas, à les rassurer, et pour cause ! Il préfère – technique qui a, malheureusement, fait ses preuves – expliquer que ce sont ses adversaires qui s’amusent à effrayer la population ! Ce sont les résultats des calculettes qui effraient la population, Monsieur le maire, vous devriez peut-être en interdire l’usage par arrêté municipal.
Tendu d’entrée de jeu (on le comprend, la salle était polie, mais majoritairement venue témoigner de ses réserves quant au projet de PLU, y compris avec quelques banderoles, parfaitement en règle avec le droit d’expression), Monsieur le maire s’est énervé beaucoup plus vite que d’habitude, la dame qui présente les plans techniques également, on la sentait même totalement excédée par moments.
Vers la fin du premier tiers-temps, le niveau de jeu monta avec l’intervention d’un citoyen Bihorellais, calme et posé. Apostrophant Monsieur le maire qui refusait de parler de la fusion, cette personne insista sur le fait que la fusion et le PLU étaient liés. On ne peut d’un côté vouloir soi-disant faire de Bihorel une sorte d’île artificielle protégée et de l’autre, faire de Bihorel, 100 ans après, un simple quartier de Bois-Guillaume. Surtout on ne peut, comme le fait le maire, affirmer que la baisse de la démographie est l’élément central qui motive le PLU (et la densification) et vouloir la fusion qui aurait pour conséquence de rendre complètement caduque la seule justification annoncée.
Cette intervention n’a pas fait sourciller Monsieur le maire et n’a pas appelé de réponse de sa part.
Le temps a passé, les explications aussi, les questions et les réponses sont devenues plus houleuses. Les élus de Gauche, par le biais de Benoit Pétel ont formulé une proposition à l’équipe municipale : puisque la question de la fusion sera tranchée par référendum, pourquoi ne pas soumettre également le PLU à un référendum ?
Et alors là, nous avons atteint un sommet, le « climax » comme on dit en langage scénaristique. Monsieur le maire, envoyant une fin de non-recevoir à cette proposition, s’est attelé à accuser la gauche de politiser l’affaire (sic) mais surtout de vouloir bétonner tout Bihorel !!! Son argument ? Dans l’analyse du PADD que nous avons consignée dans le cahier prévu à cet effet, il est dit – clairement – que plutôt qu’un projet de 200 logements en un bloc place de l’église, il serait plus raisonnable – s’il fallait créer 200 logements, nous n’en sommes pas certains, aucune étude sérieuse de la population de Bihorel n’ayant été menée – de réfléchir à 10 x 20 logements sur l’ensemble de Bihorel, dans les contraintes du POS actuel, bien évidemment. Mais voilà, Monsieur le maire n’a que cela à quoi se raccrocher, alors il vocifère, il gesticule, il transforme. Il oublie de dire qu’avec son PLU, ce sera les 200 logements ET les 20 x 10 ! Et plutôt que nous expliquer les vertus d’un COS de 1 sur le vieux Bihorel ou pourquoi l’îlot du presbytère devient constructible, il accuse son opposition de tous les maux et lui conteste pratiquement sa légitimité de contestation. A ce niveau du « non-débat » il faut lui reconnaître un véritable talent dans l’art de résister aux questions les plus précises et les plus « piégeuses », d’aucuns trouveront que c’est une qualité chez un homme politique, nous répondrons que dans une ville de 8 500 habitants ce n’est pas la première vertu qu’on demande à un élu.

Heureusement, les gens, raisonnables et peu naïfs, ont continué à poser des questions à l’équipe majoritaire, chiffres rendus publics à l’appui, et pas à débattre sur le passé, le présent ou l’avenir du PS à Bihorel. Bref, personne n’a semblé tomber dans le piège. Il faut dire que les fils sont gros, cousus, et blancs. Quant à nos écrits, ils sont disponibles depuis longtemps dans les archives du Blog et particulièrement dans la partie « PLU, la compil ». Nous sommes d’ailleurs disposés à débattre de toutes nos propositions.
Deux mots, quand même, sur cette stratégie de pare-feu et de « contre -attaque » ; parce qu’il y a de l’ostracisme, au fond, dans cette manière de procéder. Ce qu’il y a d’intéressant, dans ces raccourcis et ces accusations, c’est la manière dont à chaque fois, on nous fait bien entendre, bien comprendre, qu’à Bihorel nous sommes « tolérés » mais pas « chez nous », comme si être de gauche avait, je ne sais pas, quelque chose de forcément « pas Bihorellais » ? En début de « meeting » Pascal Houbron a commis – peut-être, je n’en suis pas certain – un lapsus. Il a indiqué que la même équipe gérait la ville depuis la fin de la guerre. J’imagine, volontiers, qu’il parlait en fait de sa famille politique. Mais il y avait quelque chose relevant de la dynastie assumée dans son propos. C’est intéressant, mais cela ne relève pas de la politique, au sens noble et républicain du terme, celui que nous sommes quelques-uns, de droite et de gauche à défendre à Bihorel.
A la sortie, des gens disaient qu’ils en avaient assez que le débat municipal s’oriente, dès que le maire est en difficulté, vers la querelle de personnes. Alors redisons-le clairement : Personne, dans l’association « Bihorel avec vous » n’en veut personnellement aux élus ni ne convoite quelque chose qui leur appartient. Car Bihorel n’est ni un sujet de convoitise, ni la propriété privée de qui que ce soit. Jeudi, des Bihorellais étaient là pour soutenir la majorité dans son projet, d’autres pour écouter et poser des questions sur le PLU, d’autres, documentés en amont, pour faire part de leur opposition. Cela fait partie de la vie « saine » d’une commune. M. Houbron lui, n’avait que des formules blessantes, telle la « minorité municipale » à jeter au visage de l’assistance.
Ce qui est assez troublant, voire inquiétant, c’est que, dès qu’un membre de « Bihorel avec vous » ou du CCVPN posait une question, elle était interprétée, donc vécue, par M. Houbron, ses élus et leurs supporters comme une agression. La soirée s’est terminée comme souvent : les gens fatigués ont commencé à quitter la salle, le flou s’était installé, l’absence de réelle volonté de dialogue possible était avérée. Bref, c’était la dernière réunion publique légale et obligatoire avant le vote du PLU et l’ouverture de l’enquête publique. Nous allons continuer d’afficher notre opposition à ce PLU, nous allons continuer à parler avec nos concitoyens, même si l’affichage et le débat déplaisent à l’équipe en place. Nous allons dire et redire que nos propositions, que ce soit dans les cahiers ou dans les groupes de travail, n’ont jamais été considérés, juste écoutés parce que c’est la loi.
Prochaine étape : le conseil municipal du 29 juin, mais avant cela, nous nous reparlerons.
F. Duval.