Le
tout nouveau iPad d'Apple présenté avec
suspense à San Francisco ce 28 janvier 2010 est l'occasion de tourner
les pages des "e-book", "livrel", "liseuse" et autre "bouquineur" actuellement
sur le marché.
Oui, le livre électronique sera le livre de demain.
Oui, il a les moyens de convaincre les plus récalcitrants.
NB : Je m'interesse aux ebooks parce que je rève que les délibérations
municipales ne soient plus en format papier mais en format électronique
afin de réduire les consommations de papier (3 à 4 gros polycopiés
à chaque conseil municipal sans parler des documents distribués
lors des différentes commissions où les élus siégent).
Le point sur ce qui se passe, pour admettre que l'évolution est inévitable,
qu'elle sera très profonde et qu'elle touchera tous les aspects du métier du
livre, sans exception.
Lancé en 2001, le premier livre électronique
- le "Cyboot" de Cytale - était un appareil de moins d'1 kg capable de
stocker 1 million de livres au prix de 900 €. Un vrai flop pourtant. Trop cher
? Trop tôt ? Trop "informatique" ? Qu'importe, les ingénieurs, qui n'ont pas
dit leur dernier mot, sont retournés à leurs chères études : depuis deux ans,
d'autres modèles (les plus au point sont le Kindle et le SonyReader) sont prometteurs
pour deux raisons principales :
- Confortables :
l'écran est enfin au point. Leur "encre électronique"
(e-link), nouvelle technique d'affichage, change la donne, la lecture devient
moins fatigante que sur les écrans d'ordinateur
et téléphones portables.
Plus proche du "rendu papier",
l'eBook présente des caractères qui semblent imprimés sur les pages.
- Moins cher
: on en trouve d'excellents à partir de 250 €. Inéluctablement, les
prix vont baisser, sans doute sous la barre psychologique des 100€.
Cerises
sur le gâteau : les eBooks sont désormais :
- peu gourmands : les écrans dits "bistables"
bénéficient d'une autonomie qui peut atteindre plusieurs
semaines !
- accueillants : ils peuvent réunir une
bibliothèque de milliers d'ouvrages,
dont de nombreux gratuits.
- bien plus qu'un livre : dans certains
cas, l'eBook propose aussi un dictionnaire intégré, permet de prendre des
notes, de surligner les passages pour les retrouver facilement et offre même
une connexion au réseau. Il ne manquerait à l'eBook que l'odeur du papier...
Tout est dit ou presque ? La suite de l'histoire
de l'eBook n'est plus qu'une affaire d'intégration de technologies existantes,
de mise à disposition de contenus et de production en masse afin d'abaisser
les coûts pour le consommateur final..... à moins que
l'ipad d'apple ou l'équivalent de google
le rend obsolète avant même sa diffusion en masse.
Et pourtant, l'eBook peine à trouver sa place...L'eBook
voit la vie qu'en noir et blanc. Et seulement
en noir et blanc (à l'exception de quelques produits très marginaux) car le
papier électronique en couleur est une technologie balbutiante. Par
ailleurs, le papier électronique a un temps
de latence très long ; sans compter le phénomène de rémanence (l'image
précédente reste partiellement visible) au changement de page ; impossible (sauf
exception) d'y lire des BD (l'écran demeure trop petit) et des magazines. Enfin,
il manque de logiciels sociaux dédiés et surtout,
l'offre n'est pas assez claire ni étoffée en matière de contenus.
Le contenu, parlons-en !
Le "e-lecteur" peut acheter ses livres électroniques.
Il peut aussi trouver des livres gratuits
grâce à des sites qui mettent à disposition des chefs d'œuvre du domaine public
directement transférables sur les liseuses (www.ebooksgratuits.com par exemple).
Mais ces contenus demeurent limités en nombre et très anglo-saxons. Des perspectives
existent bel et bien : l'arrivée massive de l'édition
scolaire (pourquoi pas demain des manuels de maths sur e-book, mettant
ainsi fin aux achats de livres scolaires hors de prix ? ) pourrait
changer
la donne. Idem du côté des livres professionnels
: manuels d'utilisation, encyclopédies spécialisées et livres techniques
devraient trouver dans l'eBook un support idéal car léger (par rapport aux 12
volumes ou aux manuels de 800 pages !) et facile à mettre à jour.
Où en est-on en France ? Le marché des
liseuses est embryonnaire mais progresse lentement grâce, notamment, au SonyReader
disponible depuis 2008. Apple (et son nouvel iPad) se charge sans doute de faire
le reste... Le premier distributeur est une filiale d'Amazon
; lequel Amazon domine le marché des revendeurs en détenant dans le monde 60%
de part de marché.
Selon le magazine Challenges, la FNAC aurait vendu 40
000 livrels en France depuis novembre 2008. L'éditeur français qui
aurait fait le plus gros chiffre d'affaire sur le eBook est le groupe Eyrolles.
La bibliothèque universitaire d'Angers et la médiathèque d'Issy les Moulineaux
proposent en prêt des liseuses chargées de textes.
Auteurs et éditeurs font de la résistance.
L'arrivée du eBook va radicalement transformer
le secteur de l'édition, tout comme l'arrivée de l'imprimerie l'a
par le passé métamorphosé en passant du moine copiste
aux encyclopédistes.
La question est de savoir si cette transformation sera subie ou initiée par
le monde de l'édition. Le monde de la musique en sait quelque chose... La technologie
est un écosystème, les gagnants sont ceux qui s'y insèrent harmonieusement.
A noter, côté auteurs : il va devenir facile de basculer dans l'auto-édition
et la relation directe avec leurs lecteurs.
L'eBook à l'étranger
Aux USA, l'habitude de lire sur une tablette électronique est installée
: on parle de 3 millions de liseuses vendues
en 2009, un chiffre qui doublerait chaque année ! Outre Atlantique, le Kindle
s'est fait une place au soleil. l'iPad est prometteur. Quant aux fichiers de
licences électroniques (dominé par Amazon), ils génèrent déjà 113 millions de
dollars de chiffre d'affaire. Les romans d'amour semblent les genres les plus
vendus... A noter la présence sur le marché américain du
Nook, lancé en décembre 2009, qui dispose de deux écrans, l'un à papier électronique
pour lire, l'autre en couleur et tactile. Au Japon, Fujitsu
a commercialisé le livre électronique en couleurs.
Et la planète, dans tout cela ? Le papier,
l'encre, le transport ont un coût pour la planète. La pollution liée à la fabrication
d'un eBook s'amortit en quelques livres. Un argument dont le poids ira grandissant
dans les années à venir. Pour lire l'article sur l'informatique verte cliquez
ici
Apple
sort une tablette intitulée "ipad" qui serait commercialisée
en France à partir de fin mars (pour voir la démo de l'ipad cliquez
ici). De son côté google en association avec le Tawaïnais
HTC propose également une tablette (pour plus d'info. cliquez
ici)