Catégorie dans Politique

Un Budget à la hauteur des enjeux sanitaires, environnementaux, sociaux et économiques

Intervention de Chloé Argentin pour le groupe des élu.e.s communistes durant le Débat d’Orientations Budgétaires du conseil municipal du 12 novembre 2020. Ce débat d’orientations budgétaires pour le budget 2021 s’inscrit dans une crise sanitaire et sociale sans précédent.Les rouennais.es vivent cette crise de plein fouet. La culture pour le public est en sommeil forcé, les magasins de proximité qui participent à la vie de …

Soutenons les acteurs culturels locaux

Motion présentée par les groupes « Rouen l’écologie en actes », « Fier.e.s de Rouen », et le groupe des élus Communistes Le caractère historique de la période que nous traversons n’est plus à démontrer. Si vite arrivé, le monde d’après semble déjà repartir, laissant place chaque semaine à une réalité sanitaire toujours plus alarmante, et à des mesures privant de plus en plus de …

La Bretagne investit et recrute dans la matière grise et le fait savoir…

En Bretagne il n'y a pas que les marées noires ou les algues vertes. Il y a aussi et surtout... la matière grise!

Sur un réseau social spécialisé bien connu, nous avons aperçu ceci:

https://www.linkedin.com/posts/yvon-gervaise-22a1b035_recrutements-laboratoires-bretons-activity-6732603986454609920-scCp

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Alors que la Normandie dispose encore d'un potentiel important de recherche et développement dans l'automobile et la pharmacie qu'elle propose encore à l'échelle mondiale une excellence dans la recherche scientifique fondamentale dans le domaine du nucléaire et des ions (le GANIL à Caen) ces entreprises bretonnes sont à méditer...

 

Face au Covid et à Amazon, il faut numériser notre commerce: où en sont les Normands?

Billet de Florestan:

Comme toutes les crises, l'actuelle crise sanitaire du Covid révèle et accélère des mutations structurelles en cours: pour ce qui est du commerce dans nos centre-villes et dans nos centres commerciaux, tout le monde s'apperçoit avec les conséquences économiques catastrophiques du confinement sur le chiffre-d'affaires qu'il faut trouver des solutions pour suppléer aux limites du commerce dans les magasins et boutiques "physiques". Cette solution c'est, bien évidemment, de numériser et de virtualiser le commerce réel sur Internet en créant des sites, des portails et des applications afin de développer le "cliquer et collecter" (disons-le en français, par pitié!) qui consiste à hybrider le réel avec le virtuel qui est la grande mutation sociétale des années 20 du XXIème siècle et l'un des enjeux de puissance pour l'avenir: un pays comme la Chine l'a d'ailleurs fort bien compris. La maîtrise d'une technologie transversale permet d'asseoir une puissance impériale durable:

Au XIXe siècle, l'empire britannique s'est appuyé sur la machine à vapeur. Au XXe siècle, la puissance américaine s'est appuyé sur le moteur thermique au pétrole et électrique. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la France gaullienne a cru pouvoir s'appuyer sur le nucléaire et le numérique déjà... Au XXIe siècle, la puissance chinoise en concurrence frontale avec la puissance américaine essaye d'imposer le numérique et l'intelligence artificielle, un futur qui est déjà en partie là...

Dans cette crise "schumpeterienne" où chaque difficulté doit être l'opportunité d'une solution scientifique et technologique, il est vitale que nous ne soyons pas à la traîne!

C'est la raison pour laquelle le maintien de nos capacités intellectuelles et scientifiques en matière de recherche fondamentale et appliquée est une question de vie ou de mort. La France vivant encore aujourd'hui sur les héritages des grandes politiques publiques de l'époque gaullienne, dispose encore de quelques précieux atouts qu'il est impératif de ne pas perdre.

Pour en revenir plus concrètement au commerce en France, dans nos régions, dans nos centre-villes et sur nos territoires, la situation est inquiétante:

En effet, seulement 30% de nos commerçants seraient dotés d'une interface numérique pour permettre des achats en ligne. Face au mastodonte américain Amazon qui domine dorénavant près de 80% du marché du commerce en ligne en France, cela fait bien peu!

Le gouvernement tente de ménager un nouveau "et en même temps" pour éviter la mort de nos petits commerces dans nos centre-villes: l'obligation de fermeture des boutiques jugées non -essentielles (sic!) doit être compensée par la nécessité d'investir massivement dans la numérisation. A cette fin un chèque de... 500€ sera distribué par le gouvernement à tout commerçant ayant fait l'effort d'investir dans un site internet, un portail colllectif ou une application. Pas sûr que cela soit suffisant et que cela calme une grogne qui monte de plus en plus chez les commerçants et artisans indépendants , grogne dont les éventuelles conséquences politiques inquiètent le gouvernement à plus d'un an de la prochaine élection présidentielle.


 

La numérisation des commerces. Où en sont les Normands?

Alors que la région Occitanie prend la décision de mettre en place un portail commercial sur Internet nommé "dans ma zone" ayant pour ambition de couvrir la totalité du territoire régional (on aimerait une telle entreprise pour la Normandie, territoire régional plus petit, plus cohérent et plus identifié que celui de la région dite "Occitanie")...

https://dansmazone.laregion.fr/

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On doit faire le constat sempiternel d'une certaine dispersion des initiatives normandes, initiatives plus ou moins heureuses en terme d'ergonomie des sites, des noms proposés ou des produits et boutiques déjà mises en ligne...

Les commerçants du centre-ville de Caen proposent, pour le moment, en Normandie, le site le plus agréable à regarder et à utiliser. Un seul gros défaut... son nom: supplyshop, un vrai... supplice pour tous amoureux normands de la langue française. Quel dommage!

https://supplyshop.fr/

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Par ailleurs, toutes les librairies caennaises sont, désormais, dotées d'un portail internet. On aurait pu imaginer un site ou une plateforme commune...

http://www.brouillondeculture.fr/

https://librairie-guillaume.fr/

https://www.eurekastreet.fr/

https://www.memoranda.fr/

https://www.facebook.com/pages/category/Bookstore/Aquabulle-515636261908633/

Pour faire bonne mesure et parce que nous défendons ici l'unité de la Normandie, nous sommes allés voir ce qu'il en était du côté de Rouen. Un portail collectif sur Internet existe aussi pour le commerce rouennais mais il ressemble, hélas, à... ça:

http://www.rouenshopping.com/

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Bien entendu, on trouve aussi sur Internet, les principales librairies de Rouen:

https://www.armitiere.com/

http://www.librairie-bertran-rouen.fr/

Du côté du Havre, nous n'avons pas trouvé, sauf erreur de notre part, un portail internet consacré aux commerces de la ville...

Mise à part la déclinaison havraise de la plateforme "Epicery" spécialisée dans l'agro-alimentaire frais, nous n'avons rien trouvé.

https://www.epicery.com/z/le-havre/c/click-and-collect

Aider les commerçants havrais à s'équiper d'un site internet adapté et performant voilà un boulot supplémentaire pour un ancien-nouveau maire du Havre nommé Edouard Philippe...

Au Havre aussi, la librairie qui compte a son site internet:

https://www.lagalerne.com/

Et pour finir (provisoirement) n'oublions pas Cherbourg:

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/cherbourg-des-petits-commercants-se-mettent-au-click-amp-collect-pour-sauver-noel_37195909.html

Cherbourg : des petits commerçants se mettent au « click & collect »… pour sauver Noël

Avec l'expérience du premier confinement, de nombreux commerçants de Cherbourg vont se mettre au système de « click & collect » afin de conserver le lien avec leur clientèle.

La décision gouvernementale est là, et la voix de l’État dans le département ne compte pas y déroger : les commerces « non considérés comme essentiels » doivent être fermés pendant ce nouveau confinement.

Une seconde vague qui submerge les commerçants indépendants. Certains aux larmes. Hélène Poisson s’occupe de Cot’& Mer, boutique de la marque Saint-James, à Cherbourg. « Nous aurions pu continuer à fonctionner en adultes responsables, défend-elle sur Facebook, tout en régulant le flux de clients à l’intérieur de nos boutiques, portes ouvertes, avec les gestes barrières que nous connaissons. »

Comme nombre de ses collègues commerçants, Hélène espère une mobilisation collective pour dénoncer l’inégalité de traitement avec les grandes surfaces autorisées à rester ouvertes. Elle en appelle aussi aux élus locaux. Les affichettes se sont multipliées ces derniers jours sur les vitrines pour proposer de maintenir le lien par téléphone et internet avec les clients, en attendant de trouver un écho favorable auprès des pouvoirs publics. Dans les petits commerces de centre-ville, où la clientèle est accueillie dans le respect des mesures barrières, jamais plus d’une poignée de personnes en boutique, c’est pour l’heure l’incompréhension et la colère.

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Pour « la première fois » sur internet

La seule solution reste la débrouillardise pour trouver le chemin qui permet de maintenir quelques ventes. Le « click & collect » est une option légale qui, sans satisfaire la dimension humaine chère aux commerçants de proximité, a le mérite de permettre de poursuivre un peu l’activité.

Chez Passion Maison, Isabelle Laronche a mis en place cette alternative en informant sa clientèle sur internet et invite par affichette sur sa vitrine à prendre contact avec sur Facebook ou par Téléphone.

Je ne voulais pas créer de site internet, parce que c'est un travail supplémentaire et ça demande encore plus de stocks. Mais je vais utiliser notre page Facebook, en proposant des rendez-vous à la porte à partir de mardi ou en faisant des livraisons, en me limitant à l'agglomération de Cherbourg. C'est la première fois que je fais ça.

Isabelle Laronche Passion Maison

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50 %

Beaucoup de commerces du centre-ville de Cherbourg font au moins 50 % de leur chiffre d'affaires à l'approche des fêtes de fin d'année, voire leur « trésorerie de l'année » en novembre et décembre.

« Même des gens très forts se sont effondrés »

L’obligation de fermer provoque une profonde angoisse chez de nombreux commerçants. Un constat partagé par Florence Kwiatek, présidente de l’Union Cherbourg commerces (UCC) : « Psychologiquement, c’est dur. Même des gens très forts se sont effondrés. » Elle rappelle que l’UCC est là pour soutenir la profession, et qu’elle aide aussi à se numériser

« Ça fait deux jours que je ne dors plus, confiait vendredi Isabelle Laronche. À cause du premier confinement, on était inquiet déjà parce que ça a été long et on se demandait si les clients allaient revenir. On a été rassuré les derniers mois et j’ai beaucoup cru à Noël parce que les gens seraient contents de le fêter. Et ça nous retombe dessus. Je suis dépitée. Noël, c’est une fête importante pour nos clients. Il faut éviter qu’ils aillent commander ailleurs. Il faut qu’ils soient là pour nous, et que nous soyons là pour eux. »

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Entre débarquement anglo-américain et sacre populaire à Bayeux: la relation complexe du Général de Gaulle à la Normandie…

A l'occasion du 50ème anniversaire de la mort du plus grand homme de l'Histoire de France au XXème siècle et dont le destin a croisé tragiquement celui de la Normandie, ce nom qui nous est cher parce qu'il a fait pleurer d'espoir l'été 1944 au fin fond de l'enfer des camps de concentration nazis, il nous est apparu utile de questionner la relation complexe entre le Général de Gaulle et la Normandie martyre de la Libération de la France et de l'Europe.

D'un côté, une immense amertume d'avoir démasqué et subi le projet que les Alliés anglo-américains voulaient mettre en oeuvre en Normandie cette première parcelle de terre d'une France seulement libérée pour passer d'un occupant militaire à un autre...

De l'autre, une reconnaissance pudique et ombrageuse du martyre de la population civile normande et de l'héroïsme des résistants normands qui sabotèrent, en même temps, les communications militaires allemandes et le plan de Roosevelt consistant à mettre la France sous tutelle administrative, financière et politique.

De Gaulle savait ce que la France et lui-même devaient au sacrifice des Normands: le 14 juin 1944, ce fut le sacre non pas de Reims mais de Bayeux pour celui qui avait la conscience mystique de reproduire la geste de Jeanne d'Arc.

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Un an plus tard, en juin 1945 après un terrible hiver funèbre passé à greloter et à pleurer leurs morts dans leurs villes en ruines, Les Normands émus et en pleurs se pressèrent sur le passage du Général. Il visita Saint-Lô et y entendit une poignante messe de requiem. Certains osèrent parler d'un "pélerinage des ruines" que le Général de Gaulle refusa de finir sur les plages d'un débarquement anglo-américain qui avait causé des destructions irréparables et des tragédies trop souvent inutiles: la commémoration du 1er anniversaire du Débarquement de Normandie se fera en l'absence de celui qui fut le chef de la France Libre et, devenu président de la République, le général de Gaulle refusera toujours d'y participer.

https://www.ouest-france.fr/d-day/la-guerre-dans-les-yeux-des-normands/serie-la-guerre-dans-les-yeux-des-normands-episode-26-les-premieres-ceremonies-officielles-6450424

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Un an plus tard, en juin 1946, se souvenant avec émotion de son sacre populaire normand, De Gaulle était de retour à Bayeux pour y faire l'un des discours politiques les plus importants de l'histoire contemporaine de la France puisqu'il s'agissait d'expliquer au pays tout entier comment le chef du gouvernement provisoire de la République souhaitait que la France fût gouvernée pour éviter définitivement les grands malheurs qu'elle venait de subir.

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Sur cette ambivalence complexe, tragique et douloureuse du rapport entre De Gaulle et la Normandie, on lira avec beaucoup d'intérêt, les analyses suivantes:

Celle de l'historien et politologue normand Michel Boivin, auteur d'une intéressante histoire du Gaullisme en Normandie, celle de François Asselineau qui revient sur le projet de mise sous tutelle administrative de la France libérée par les Alliés anglo-américains, projet qui fut déjoué grâce à la résistance normande... Enfin, Bertrand Renouvin rappelle l'histoire méconnue d'une autre bataille furieuse dans l'enfer normand de juin 1944: la bataille pour le droit éminemment souverain de battre monnaie qui opposa les représentants du Gouvernement provisoire de la République française aux autorités militaires américaines...


 

De Gaulle et la Normandie

  • Au JT de 12h du lundi 9 Novembre 2020 de France 3 Normandie Caen à partir de la 6ème minute:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/emissions/jt-1920-basse-normandie

  • Au JT de 19h du même jour et de la même chaine, à partir de la 9ème minute avec l’historien Michel Boivin, auteur d'une Histoire du gaullisme en Normandie en quatre tomes (les deux premiers sortis en mai et octobre 2020 et deux seconds à venir):

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/emissions/jt-1920-basse-normandie

Michel Boivin évoque le débarquement incognito du Général de Gaulle le 14 juin 1944 près de Courseulles et puis son retour dans la Normandie en ruines un an après, notamment son passage très émouvant  à Saint- Lô le 6 juin 1945.

Enfin, il est longuement question du retour du Général à Bayeux, le 16 juin 1946, alors qu'il avait démissionné six mois plutôt pour commencer sa "traversée du désert": à Bayeux il fit une entrée triomphale « Dans notre Normandie glorieuse et mutilée, Bayeux et ses environs (qui) ont été les témoins d’un des plus grands événements de l’Histoire » et c’est dans cette ville normande symbole de cette France libérée qu’il prononça son célèbre discours qui devait poser sa vision des futures institutions, un exécutif fort au-dessus des partis.

Relations particulières entre le Général de Gaulle et la Normandie ?

Michel Boivin : « tout s’est joué lorsque le Général fait son débarquement le 14 juin 1944 à Bayeux, le Sacre de Bayeux, c’est à Bayeux qu’il reçoit sa légitimité de la part des Normands qui étaient là, des premiers Normands libérés et, autre aspect de cette journée très importante, c’est à partir de ce moment là que le Général peut mettre en place sa propre administration, alors que menace l’AMGOT et l’Administration américaine. C’est vraiment à Bayeux que beaucoup de choses se sont jouées ce jour- là ».

Est-ce que la Normandie était une terre de Résistance, est-ce que beaucoup de normands ont traversé la Manche pour rejoindre les Forces Françaises Libres ?

Michel Boivin : « Oui alors il y a eu surtout une quarantaine de manchois qui ont répondu à l’appel dans les jours qui ont suivi, avec les marins de l’Île de Sein, évidemment ils faisaient nombre en Angleterre et par la suite environ 300 bas-normands se sont rendus à Londres pour résister aux côtés du Général de Gaulle  et puis il y a eu surtout ces votes gaulliens puisque la Basse-Normandie a été, de toutes les régions métropolitaines, la plus gaullienne entre 1958 et 1969, ce qui atteste d’une relation tout à fait particulière ».

On l’a vu quand le Général revient en 1960 pour cinq jours en Normandie la popularité est restée intacte !

Dixit Monsieur Boivin : "Oui on a estimé à un tiers le nombre des bas-normands qui se sont déplacés spontanément pour l’acclamer et là c’était des acclamations à tout rompre un".

Ensuite l'historien raconte cette anecdote de la présence d’un enfant de 10 ans (Claude Gascoin) présent auprès du Général à Bayeux le 16 juin 44. Dixit M. Boivin : « oui la journée de Bayeux était, tout à fait, exceptionnelle, dans la plus grande improvisation s’est déroulée l’arrivée du Général à Bayeux et le récit de ce témoin (le confirme): en effet, le Général était entouré de gamins et, au fur et à mesure qu'il avançait  dans les rues de Bayeux, les gens sortaient dans la rue et le suivaient. C’est vraiment le "sacre de Bayeux" et ce témoignage illustre formidablement cette improvisation, cette ovation à tout rompre de quelqu’un qu’ils découvraient, qu’ils ne connaissaient pas et qu'ils ne savaient pas ce qu'il allait devenir ».


 https://www.les-crises.fr/pourquoi-de-gaulle-refusa-t-il-toujours-de-commemorer-debarquement-6-juin/

 Pourquoi De Gaulle refusa-t-il toujours de commémorer le débarquement du 6 juin ? Par François Asselineau

 Extraits de l’excellent livre C’était de Gaulle d’Alain Peyrefitte sélectionnés et annotés par François Asselineau.


Pourquoi Charles de Gaulle refusa-t-il toujours de commémorer le débarquement du 6 juin ?

C’était de Gaulle, Tome 2 (Édition de Fallois Fayard 1997), pages 84 à 87


  • Palais de l’Élysée, 30 octobre 1963

En nommant Jean Sainteny ministre des Anciens combattants en décembre 1962, le Général lui avait demandé de consacrer son énergie à l’année 1964. Elle était propice à raviver le souvenir de deux des années glorieuses : cinquantenaire de 1914 et vingtième anniversaire de 1944.

À la fin du Conseil du 30 octobre 1963 , Jean Sainteny a évoqué les cérémonies prévues pour la commémoration de la libération, Pompidou me prend à part : « Tâchez de faire revenir le Général sur son refus d’aller sur les plages de Normandie… » Je suis stupéfait et de l’information et de la demande. « Enfin, reprend Pompidou, prenez des précautions… Je m’y suis cassé les dents. »

Sainteny m’apprend ensuite qu’il se les était déjà lui-même cassées. Naturellement, je vais me les casser aussi.

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  • « La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. »

Alain Peyrefitte (l’air candide) : « Croyez-vous, mon Général, que les Français comprendront que vous ne soyez pas présents aux cérémonies de Normandie ?

Charles-de-Gaulle (sévèrement) : – C’est Pompidou qui vous a demandé de revenir à la charge ? (Je ne cille pas). Eh bien, non ! Ma décision est prise ! La France a été traitée comme un paillasson ! Churchill m’a convoqué d’Alger à Londres, le 4 juin, il m’a fait venir dans un train où il avait établi son quartier général, comme un châtelain sonne son maître d’hôtel. Et il m’a annoncé le débarquement, sans qu’aucune unité française ait été prévue pour y participer. Nous nous sommes affrontés rudement.

Je lui ai reproché de se mettre aux ordres de Roosevelt, au lieu de lui imposer une volonté européenne (il appuie).

Il m’a crié de toute la force de ses poumons : « De Gaulle, dites-vous bien que quand j’aurai à choisir entre vous et Roosevelt, je préférerai toujours Roosevelt ! Quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains ! Quand nous aurons à choisir entre le continent et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ! » (Il me l’a déjà dit. Ce souvenir est indélébile.)

Winston Churchill choisir entre francaise et americain de gaulle Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

« De Gaulle, dites-vous bien que quand nous aurons à choisir entre les Français et les Américains, nous préférerons toujours les Américains!» (Winston Churchill)

  • « Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! »

Charles-de-Gaulle : « Le débarquement du 6 juin, ç’a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue. Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils s’apprêtaient à le faire en Allemagne !

Ils avaient préparé leur AMGOT qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis.

NOTE : AMGOT = « Allied military government for occupied territories », gouvernement militaire allié pour les territoires occupés

billets americains france Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

billets americains france 2 Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Comme le révèlent leurs coloris et leur graphisme – très voisins de ceux du dollar – ces billets libellés en francs furent imprimés aux États-Unis, de février à mai 1944, par le Bureau of Engraving and Printing, qui est normalement chargé d’imprimer les dollars américains et les autres documents officiels du gouvernement fédéral. Étant fabriqués aux États-Unis, c’est le papier, l’encre, la matière, la présentation et le format des dollars américains qui servirent de référence.

Dès les premiers jours suivant le débarquement du 6 juin 1944, les armées américaines commencèrent à distribuer ces billets de banque pour remplacer les billets français émis durant l’Occupation.

Dès le 14 juin 1944, le Commissaire de la République François Coulet, présent en Normandie, fut confronté à cette circulation de monnaie, qui était d’ailleurs mal accueillie par la population. Il recommanda aux banques de les encaisser et de ne pas les remettre en circulation.

Dès le 27 juin 1944, le général de Gaulle – arrivé entretemps sur le sol français – tapa du poing sur la table en dénonçant cette « fausse monnaie », et en en interdisant la circulation, dès son installation au pouvoir au sein du Gouvernement provisoire de la République française. Cette interdiction alla de pair avec l’effondrement du projet de commandement militaire imposé à la France (AMGOT).

Charles-de-Gaulle : « C’est exactement ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes commissaires de la République, mes préfets, mes sous-préfets, mes comités de libération !

Et vous voudriez que j’aille commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se passent gracieusement, mais ma place n’est pas là !

« Et puis, ça contribuerait à faire croire que, si nous avons été libérés, nous ne le devons qu’aux Américains. Ça reviendrait à tenir la Résistance pour nulle et non avenue. Notre défaitisme naturel n’a que trop tendance à adopter ces vues. Il ne faut pas y céder !

  • « M’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non ! »

Charles-de-Gaulle : « En revanche, ma place sera au mont Faron le 15 août, puisque les troupes françaises ont été prépondérantes dans le débarquement en Provence, que notre première armée y a été associée dès la première minute, que sa remontée fulgurante par la vallée du Rhône a obligé les Allemands à évacuer tout le midi et tout le Massif central sous la pression de la Résistance.

charles de gaulle débarquement de Provence Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

Charles de Gaulle commémore le débarquement de Provence le 15 août 1964 : cf. extrait d’actualités disponible sur le site de l’INA : http://www.ina.fr/video/CAF94058797

Charles-de-Gaulle : – Et je commémorerai la libération de Paris, puis celle de Strasbourg, puisque ce sont des prouesses françaises, puisque les Français de l’intérieur et de l’extérieur s’y sont unis, autour de leur drapeau, de leurs hymnes, de leur patrie ! Mais m’associer à la commémoration d’un jour où on demandait aux Français de s’abandonner à d’autres qu’à eux-mêmes, non !

« Les Français sont déjà trop portés à croire qu’ils peuvent dormir tranquille, qu’ils n’ont qu’à s’en remettre à d’autres du soin de défendre leur indépendance ! Il ne faut pas les encourager dans cette confiance naïve, qu’ils paient ensuite par des ruines et par des massacres ! Il faut les encourager à compter sur eux-mêmes !

Allons, allons, Peyrefitte ! Il faut avoir plus de mémoire que ça ! Il faut commémorer la France, et non les Anglo-Saxons ! Je n’ai aucune raison de célébrer ça avec éclat. Dites-le à vos journalistes. »

Il reprend : « Ceux qui ont donné leur vie à leur patrie sur notre terre, les Anglais, les Canadiens, les Américains, les Polonais, Sainteny et Triboulet seront là pour les honorer dignement. »

NOTE : Sainteny et Triboulet étaient respectivement Ministre des anciens combattants et Ministre de la coopération en 1964.

  • 13 mai 1964

Espérant que le général aura oublié sa vive réplique, ou en tout cas aura oublié que c’est à moi qu’il l’a adressée, je remets la question sur le tapis, 10 mois et demi plus tard, le 13 mai 1964.

  • « Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Alain Peyrefitte : « Ne craignez-vous pas, si nous ne devons pas du moins quelques explications, que votre absence du 6 juin en Normandie soit mal interprétée ?

Charles-de-Gaulle : – Mais je vous l’ai déjà dit ! Il n’a jamais été question que j’y aille ! Je ne suis pas allé pour le cinquième anniversaire ; ni pour le dixième ; ni pour le quinzième. Pourquoi voulez-vous que j’y aille pour le vingtième ? Et j’ai demandé au Premier ministre de ne pas y aller non plus. D’ailleurs, le Premier ministre anglais n’y va pas. Johnson n'ira pas non plus. Pourquoi irions-nous ?

(Évidemment, Wilson et Johnson n’y vont pas, parce que De Gaulle n’y va pas.)

Alain Peyrefitte : – Eisenhower et Montgomery doivent y aller.

Charles-de-Gaulle : – Ce sont des acteurs, qui se font payer cher à la télévision. »

Finalement, Eisenhower et Montgomery, après avoir annoncé leur participation, ne sont pas venus.

  • 10 juin 1964

Après le Conseil du 10 juin 1964, le Général laisse percer encore son agacement :

« Ces messieurs de la presse qui me reprochent de ne pas aller en Normandie 20 ans après, que faisaient-il alors ? S’étaient-ils battus pour que la France recouvre sa liberté, pour qu’elle contribue à sa délivrance ? Que faisaient-ils pendant la guerre ? Il ne se battaient ni en Normandie, ni ailleurs. La Libération s’est passée sans eux. Elle s’est passée d’eux. »

Et lui, il a dû se battre pour que le débarquement ne se passe pas complètement de la France libre. S’il a prononcé son discours de Bayeux le 16 juin 1946, ce ne fut pas pour commémorer le débarquement du 6 juin, mais son débarquement sur les talons des Américains, le 14 juin 1944 à Bayeux.

Il recule son fauteuil, cale son dos. Il a envie de parler.

Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

  • « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? »

Charles-de-Gaulle : « Vous croyez que les Américains et les Anglais ont débarqué en Normandie pour nous faire plaisir ? Ce qu’ils voulaient, c’était glisser vers le nord le long de la mer, pour détruire les bases des V1 et des V2, prendre Anvers et, de là, donner l’assaut à l’Allemagne. Paris et la France ne les intéressaient pas. Leur stratégie, c’était d’atteindre la Ruhr, qui était l’arsenal, et de ne pas perdre un jour en chemin.

Churchill avait demandé à Eisenhower d’essayer de libérer Paris pour Noël. Il lui avait dit : « Personne ne pourra vous en demander davantage. »

Eh bien si, nous étions décidés à demander davantage ! Le peuple de Paris s’est soulevé spontanément et il aurait été probablement écrasé sous les décombres, comme le peuple de Varsovie, s’il n’avait pas été soutenu. Mais il y avait des hommes qui, trois ans plus tôt, à Koufra, s’étaient juré de libérer Paris, puis Strasbourg. Ce sont eux qui ont libéré Paris avec son peuple.

NOTE : Leclerc et sa colonne, qui venaient du Tchad pour rejoindre la Tunisie en guerroyant, avaient fait, dans l’oasis de Koufra, le serment de ne pas déposer les armes avant d’avoir libéré Paris et Strasbourg.

  • « Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. »

Charles-de-Gaulle : « Mais nous n’avions pas l’accord des Américains. Quand j’ai vu que l’insurrection parisienne allait être écrasée par une division allemande intacte qui arrivait de Boulogne-sur-Mer, j’ai donné l’ordre à Leclerc de foncer. C’est ainsi que nous avons évité à Paris le sort de Varsovie. Nous avons obligé les Anglo-Saxons à changer de stratégie. Les Américains ne se souciaient pas plus de libérer la France que les Russes de libérer la Pologne. Ce qu’ils voulaient, c’était en finir avec Hitler, en essuyant le moins de pertes possibles. Ce qu’ils voulaient épargner, c’était le sang des boys, ce n’était pas le sang, les souffrances et l’honneur des Français.

« Effectivement, si les Anglo-Saxons avaient pu mener leur stratégie jusqu’au bout, ils auraient peut-être réussi à frapper l’Allemagne au cœur plus vite. De toute façon, Hitler aurait fini par être battu, et la France aurait fini par être libérée. Mais si les Français étaient restés passifs, et si nous n’avions pas eu de part à la défaite d’Hitler, c’est au bout du compte lui qui aurait vaincu la France. »


Ce que Roosevelt et les Américains voulaient vraiment faire de la France en 1944

de gaulle ROOSEVELT Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

  • « Bien entendu, je traite avec Darlan, puisque Darlan me donne Alger ! Demain, je traiterai avec Laval si Laval me donne Paris ! »

(Franklin Roosevelt, Président des États-Unis, le 23 novembre 1942, devant les émissaires de Charles de Gaulle à la Maison Blanche)

NOTE : Pour comprendre quels étaient les objectifs de Franklin Roosevelt, et des cercles dirigeants américains, quant à l’avenir de la France après le débarquement, il est utile de relire un passage essentiel des Mémoires de Guerre.

Nous sommes en novembre 1942. Les Anglo-Américains viennent de réaliser le débarquement en Afrique du nord française (Opération Torch), d’ailleurs sans en avoir prévenu le chef de la France Libre. […]

En revanche, une décision fait scandale, aussi bien au sein des Français Libres réfugiés à Londres que parmi l’opinion publique britannique : le général américain Eisenhower, bien entendu avec le plein accord du président Roosevelt, a décidé de maintenir l’Amiral Darlan, l’un des dauphins de Pétain, au pouvoir à Alger. En somme, Darlan a retourné sa veste et les Américains l’en récompensent en le maintenant dans ses fonctions à la tête de l’Afrique du nord française !

Sitôt la nouvelle connue, Charles de Gaulle décide d’envoyer deux émissaires à Washington pour protester avec la dernière énergie auprès du président Rososevelt. Lequel les reçoit et leur livre une vision de la France d’après-guerre proprement scandaleuse. C’est ce célèbre passage des Mémoires de Guerre :

Il n’en faut pas davantage pour que le Président Roosevelt surmonte, à l’égard de Darlan, les scrupules démocratiques et juridiques que, depuis plus de deux années, il opposait au général de Gaulle. Par son ordre, Clark reconnaît le haut-commissaire et entame avec lui des négociations qui aboutissent, le 22 novembre, à un accord en vertu duquel Darlan gouverne et commande, pourvu qu’il donne satisfaction à ses vainqueurs anglo-saxons.

Sans doute, le Président fait-il publier une déclaration affirmant que les arrangements politiques conclus entre Eisenhower et Darlan ne sont « qu’un expédient temporaire. » Mais recevant, le 23, André Philip et Tixier et s’irritant de leurs protestations, il leur crie : «Bien entendu, je traite avec Darlan, puisque Darlan me donne Alger ! Demain, je traiterai avec Laval si Laval me donne Paris !»

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Tome 2, l’Unité, 1942-1944, chapitre « Tragédie » page 48 (édition Plon)

On voit donc bien la collusion qu’il y avait entre les autorités américaines et les autorités du régime de Vichy. Le président Roosevelt et les cercles dirigeants américains voulaient disposer, au sortir de la guerre, d’une France domestiquée. C’était finalement un conflit d’impérialisme entre les Américains et les Allemands, rien d’autre.

Et Roosevelt souhaitait promouvoir les pétainistes contre de Gaulle parce qu’il savait parfaitement qu’ils seraient infiniment plus dociles, pour obéir à Washington comme ils obéissaient à Berlin, plutôt que le fondateur de la France Libre, dont l’intransigeance sur l’indépendance de la France était déjà légendaire.

Cette vision stratégique de ce que devait devenir la France d’après-guerre selon Washington a été confirmée et précisée par Charles de Gaulle, vingt ans après les événements. Toujours à Alain Peyrefitte, dans un autre passage capital de l’ouvrage C’était de Gaulle. Passage que voici :


C’était de Gaulle, Tome 2 (Édition de Fallois Fayard 1997), page 52


  • Palais de l’Élysée, 17 juin 1964

de gaulle roosevelt était un type qui voulait dominer univers Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

  • « Roosevelt était un type qui voulait dominer l’univers et, bien entendu, décider du sort de la France. Alors, de Gaulle, ça l’embêtait ; il ne le trouvait pas assez souple. »

Charles-de-Gaulle : « Roosevelt était un type qui voulait dominer l’univers et, bien entendu, décider du sort de la France. Alors, de Gaulle, ça l’embêtait; il ne le trouvait pas assez souple. Il pensait que le jour où les Américains auraient débarqué en France, si le Maréchal était encore là, il n’aurait rien à leur refuser; ce qui était bien vrai.

Ensuite, Vichy étant devenu vraiment impossible, il a laissé tomber Vichy. Il a essayé de se rattraper sur Giraud.

Puis, voyant que ça ne donnait rien, il a essayé de se rabattre sur Herriot. Il a même tenté de fabriquer un gouvernement à Paris au moment où j’allais y entrer, avec Laval, Herriot. Tout ça été manigancé avec Otto Abetz [Représentant de Hitler à Paris sous l’Occupation] et avec Allen Dulles, qui était à Genève pour le compte de la CIA. »

Alain Peyrefitte : – Allen Dulles

Charles de Gaulle : – Oui, c’est ça. D’abord moi, en arrivant à Paris, j’aurais foutu ce gouvernement au [trou][…]. Vous pensez, à l’époque, Herriot, Laval et Abetz ça ne pesait pas lourd. Mais Roosevelt se figurait qu’Herriot assurerait la continuité avec la IIIe et Laval avec Vichy, et que tout ça allait apparaître comme la République.

Seulement, Hitler, ça l’a exaspéré quand il a su ça. Il a dit : « De quoi, de quoi ? Laval, Herriot, et tout ceux-là ? » Alors, il a fait savoir à Laval de s’en aller à Sigmaringen, il l’a fait dire aussi au Maréchal, il a désavoué Abetz, il a fait remettre Herriot dans sa prison. Il a tout nettoyé.

Roosevelt voulait imposer aux Français Pierre Laval et Édouard Herriot Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

Le gouvernement que Roosevelt (ci-dessus) voulait imposer aux Français en 1944 : Pierre Laval et Édouard Herriot (ci-dessous) !

L’opération avait été préparée en concertation avec le chef de la CIA Allen Dulles et l’ambassadeur d’Hitler à Paris Otto Abetz…

CIA Allen Dulles et lambassadeur dHitler à Paris Otto Abetz Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Le Président Roosevelt refusa toujours de reconnaître la légitimité de la France Libre, préférant maintenir une ambassade auprès de Pétain et du régime de Vichy jusqu’en novembre 1942, puis usant des manœuvres les plus tortueuses pour tenter d’écarter Charles de Gaulle du pouvoir et installer, à sa place, des dirigeants plus malléables.

Ainsi, en août 1944, soit plus de deux mois après le débarquement de Normandie, le Président Roosevelt espérait encore installer au pouvoir à Paris Édouard Herriot – homme politique radical de la IIIe République – et Pierre Laval – la figure la plus honnie de la Collaboration, avec lequel il avait d’ailleurs des liens de parenté par alliance. Ce projet scandaleux, minutieusement décrit par de Gaulle dans ses Mémoires de guerre, avait été ourdi par une étroite concertation entre le chef de la CIA Allen Dulles, l’ambassadeur d’Hitler à Paris Otto Abetz et le dauphin de Pétain.

Allen Dulles (1893 – 1969) fut le premier directeur civil de la Central Intelligence Agency (CIA), du 26 février 1953 au 29 novembre 1961, et l’un des sept membres de la commission Warren chargée d’enquêter sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy.

Il était également le frère cadet de John Foster Dulles, Secrétaire d’État des États-Unis du gouvernement Dwight Eisenhower, de 1953 à 1959, et actionnaire principal de la United Fruit Company, société bananière influente dans les républiques bananières d’Amérique latine.

Allen Dulles est un personnage des plus controversés : sa carrière au sein de l’État américain ne cessant d’être émaillée de conflits d’intérêts personnels et familiaux plus ou moins importants, dus à sa participation à la vie de grands groupes industriels internationaux ainsi qu’à la carrière de son frère John Foster Dulles qui travailla lui aussi pour ces grands groupes.

Otto Abetz (1903 – 1958), francophone et francophile, représenta l’Allemagne en France en 1938 et en 1939, d’où il fut expulsé le 30 juin 1939 comme présumé espion. Le 8 juillet 1940, à la suite de l’armistice entre la France et l’Allemagne, il fut de nouveau envoyé en France. Nommé ambassadeur de l’Allemagne le 3 août 1940, il conserva ce poste jusqu’en 1944 et travailla à mettre en place une politique de collaboration. En juillet 1949, le tribunal militaire de Paris le condamna à 20 ans de travaux forcés pour crimes de guerre, en particulier pour son rôle dans l’organisation de la déportation des juifs de France vers les camps de la mort. Il fut libéré en avril 1954.

Charles de Gaulle : « Bohlen [L’ambassadeur des États-Unis en France] se comporte envers moi comme Roosevelt il y a vingt ans. Il reçoit en permanence des députés, des sénateurs, des journalistes, et il les monte contre nous. Je n’en ignore rien. Ils font tous ça, les Américains.

Bohlen ambassadeur des États Unis en France Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Charles E. Bohlen (1904 – 1974) fut ambassadeur des États-Unis en France de 1962 à 1968. Très hostile à de Gaulle, Charles E. Bohlen avait des liens de parenté proches avec Alfried Krupp von Bohlen und Halbach, héritier des aciéries Krupp, l’un des principaux fabricants d’armes de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale, criminel nazi reconnu coupable de pillage et de crime contre l’humanité le 31 juillet 1948, et condamné à douze ans d’emprisonnement et à la confiscation de ses biens.

Charles de Gaulle : « Roosevelt, c’était pareil, il ne traitait qu’avec des gens qui étaient mes ennemis. Il avait autour de lui, à Washington, des types comme Chautemps.

Alain Peyrefitte : – Et Saint John Perse.

Charles-de-Gaulle : – Oui, Léger qui avait été limogé par Paul Reynaud. Et d’autres du même tonneau, avec qui Roosevelt prenait le thé. Ils le montaient contre moi, en remâchant leurs échecs. Seulement, ça continue. Alors, Bohlen ne voit que nos adversaires, les Mitterrand et les Maurice Faure.

Camille Chautemps ministre dÉtat du Front populaire successeur de Léon Blum Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Camille Chautemps, ministre d’État du Front populaire, successeur de Léon Blum de juin 1937 à mars 1938 à la tête du gouvernement, fut vice-président du Conseil des gouvernements Édouard Daladier, puis du gouvernement Paul Reynaud. Ardent partisan de l’Armistice et très hostile à de Gaulle, il fit partie du gouvernement de Philippe Pétain jusqu’au 12 juillet 1940. En novembre 1940, chargé d’une mission officieuse, il partit pour Washington, et choisit d’y demeurer jusqu’en 1944.

Alexis Léger secrétaire général du Quai d’Orsay 1933 à 1940 Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

NOTE : Alexis Léger, secrétaire général du Quai d’Orsay 1933 à 1940, artisan de la rencontre de Munich (et grand poète sous le pseudonyme de Saint-John-Perse) avait été mis en disponibilité par Paul Reynaud, Président du Conseil, le 20 mai 1940. Il s’était ensuite réfugié aux États-Unis.

Charles de Gaulle : « Churchill, lui non plus, n’admettait pas qu’on ne plie pas. Au lieu de trouver des gens de caractère qui lui auraient tenu tête, il s’entourait de gens qui étaient couchés par terre.

« Je me rappelle un soir, quand j’ai rencontré Roosevelt pour la première fois, au Maroc. Roosevelt voulait m’obliger à me soumettre à Giraud. J’ai envoyé Roosevelt se faire foutre, poliment mais fermement. Alors, Churchill m’a fait une scène invraisemblable. Je l’ai mal pris, et je lui ai dit : « Qu’est-ce que ça veut dire : On ne vous comprend pas ? Vous n’êtes pas digne de votre charge ! » Je l’ai très mal traité.

Alors, le dernier jour, on s’est réuni autour de Roosevelt pour se dire adieu. Churchill, devant tout le monde, a commencé à me refaire une scène en me disant : « Vous n’avez pas suivi le Président. » Il piquait une lèche éhontée à Roosevelt, et c’est Roosevelt qui, à la fin, a trouvé que ça suffisait et lui a imposé silence. Il a dit : « Maintenant, il faut que ces deux généraux se serrent la main devant les photographes. »

« La politique de Roosevelt, c’était exactement celle qu’ont aujourd’hui les Américains dans le Sud-Est asiatique. Ils ne peuvent pas en imaginer d’autre. Des marionnettes, c’est ça qu’ils veulent en face d’eux. »


Général Giraud promue par Roosevelt pour tenter de contrer Charles de Gaulle Lhistoire vraie : il y a 50 ans, le 6 juin 1964, Charles de Gaulle refusait de commémorer «le débarquement des anglo saxons»

La marionnette nommée Général Giraud, promue par Roosevelt pour tenter de contrer Charles de Gaulle.

NOTE : Cette célèbre et hypocrite poignée de mains entre de Gaulle et le général Giraud, pétainiste passé au service des Américains, fut exigée par Roosevelt lors de l’entrevue des quatre hommes au Maroc en 1942. On distingue Roosevelt (à gauche) et Churchill (à droite) assis à l’arrière-plan, en train de contempler avec satisfaction cette scène de théâtre organisée devant les appareils photos des journalistes de la presse anglo-saxonne.

Le président américain voulait absolument promouvoir Giraud, pour empêcher Charles de Gaulle d’accéder au pouvoir. Car le patron de la Maison Blanche avait parfaitement compris que de Gaulle était le seul homme d’État français, le seul capable de faire échec au projet des États-Unis de vassaliser la France après la fin de la guerre.

Extraits sélectionnés et annotés par François Asselineau.


En complément, voici la reprise d’un billet du blog de Bertrand Renouvin

En souvenir du Débarquement du 6 juin, il me paraît utile de publier à nouveau le premier chapitre de mon livre – « Le krach de l’euro » – publié aux éditions du Rocher en octobre 2001.

LA FUREUR ET L’ORDRE

Bayeux, le 14 juin 1944. Presque intacte, la ville a été conquise sept jours plus tôt par les troupes alliées. Mais le territoire français libéré ne constitue qu’une modeste tête de pont lorsque, en cette matinée ensoleillée, le général de Gaulle débarque sur le rivage français.

Accueilli par le général Montgomery, qui commande l’ensemble des troupes débarquées, le chef du Gouvernement provisoire de la République française écoute le compte-rendu de la bataille. A l’ouest, les Américains sont à l’offensive en direction de Cherbourg ; à l’est, les Britanniques avancent difficilement vers Caen. Le Général est satisfait de ce que lui dit le vainqueur d’El-Alamein : « lui ayant exprimé ma confiance, je le laisse à ses affaires et m’en vais aux miennes, à Bayeux »[1]. Après le coup d’œil du stratège, c’est le chef d’un gouvernement civil qui vient de parler. Puisque les opérations « vont leur train comme prévu », les affaires politiques doivent être les premières, dans l’ordre des tâches à accomplir.

Pourtant, à cette heure, les soucis de la politique paraissent déplacés. On imagine des intrigues et des conciliabules, alors que la Normandie est en flammes.

Ce même matin, les bombes de l’aviation alliée ont fait quarante victimes civiles à Mézidon, et deux cents à Vimoutiers pilonnée sans relâche pendant vingt minutes…

Sur toutes les lignes de front, les combats font rage. Lieutenant d’infanterie en 1914, blessé en août à Dinant, le Général, lorsqu’il va à ses affaires, n’ignore pas l’extrême violence de l’affrontement qu’il a lui-même ordonné dans son discours radiodiffusé le jour du Débarquement.

Ordonner, cela signifie le commandement et la mise en ordre. « Cette bataille, la France va la mener avec fureur. Elle va la mener en bon ordre. C’est ainsi que nous avons, depuis quinze cents ans, gagné chacune de nos victoires. C’est ainsi que nous gagnerons celle-là »[2]. Pas de problèmes quant à la discipline : fils et filles des soldats de Bouvines, de Valmy, du Chemin-des-Dames, les combattants de la France libre se battent depuis quatre ans en bon ordre et la furia francese est à la mesure de la fougue générale. Le 8 juin, un commando du 1er Bataillon de fusiliers marins (les célèbres Bérets verts du lieutenant de vaisseau Kieffer) s’empare de Bréville après des combats au corps à corps dans le village en flammes[3]. Le 12 juin, les Canadiens du Regina Rifles en marche vers Caen prennent et défendent avec acharnement Bretteville l’Orgueilleuse contre les Waffen SS qui, comme d’habitude, agissent en criminels : le même jour, à Norrey-en-Bessin, ils exécutent 48 soldats du Queen’s Own Rifles faits prisonniers. Le 13 juin, à la suite d’une avancée hasardeuse d’éléments de la 7ème Division Blindée, les Tigre du 101ème bataillon SS de chars lourds détruisent 25 chars et 28 blindés britanniques à Villers-Bocage – les rescapés étant contraints à opérer une rapide retraite couverte par la Royal Air Force[4].

Bayeux n’est qu’à quelques dizaines de kilomètres de ces combats furieux. Ce n’est pas dans une ville de l’arrière que le Général pénètre, sous les acclamations. On imagine que l’homme du 18 Juin vient haranguer la foule. Il le fait, place du Château. Puis il visite dans la soirée Isigny et le bourg de Grandcamp, ravagés par la bataille. Charles de Gaulle est assurément un tribun, et un homme attentif aux victimes de la guerre. Mais c’est avant tout le chef du gouvernement provisoire qui a débarqué sur une plage normande pour exercer, au nom de l’autorité légitime qui siège à Alger, la souveraineté française.

La politique, ce n’est pas seulement le discours et la compassion. Et ce n’est certainement pas une mise en scène héroïque qu’il aurait été facile de monter en disposant sur un bout de plage trois douzaines de guerriers farouches. Au contraire : le chef du gouvernement provisoire de la République débarque de La Combattante, navire de guerre battant pavillon français, accompagné d’administrateurs civils. En principe, il aurait du être accueilli, à Bayeux, par une autorité administrative française. Mais le commissaire de la République pour la Normandie, Bourdeau de Fontenay, n’a pu s’échapper de Rouen (ndlr: Louviers). « En attendant qu’il puisse apparaître, écrit le Général, je tiens à marquer sans délai, qu’en tout point d’où l’ennemi à fui, l’autorité relève de mon gouvernement ».

Tel est bien l’enjeu du voyage de Bayeux : un « transfert de souveraineté » [5]. Cela suppose la présence symbolique du général de Gaulle, mais aussi, immédiatement, la mise en ordre du territoire libéré. Or, depuis le 7 juin, la ville est administrée par une équipe interalliée : un Canadien, deux Britanniques, deux Américains qui ont pris quelques mesures d’ordre public mais conservé les fonctionnaires municipaux et préfectoraux nommés par Vichy. Cet état de fait n’est pas tolérable. Lorsqu’il s’est adressé à « la nation qui se bat » dans son discours du 6 juin, le Général a indiqué trois conditions pour le bon ordre de la bataille. Deux d’entre elles concernent l’action de la Résistance intérieure, mais « la première est que les consignes données par le Gouvernement français et par les chefs français qu’il a qualifiés soient exactement suivies ».

Le programme politique du général de Gaulle est simple : la libération de la patrie par les armes implique le renversement des pouvoirs établis en vue du rétablissement immédiat de l’autorité légitime. Ces mots impressionnants trouvent leur traduction concrète et visible lors de la mise en place d’une administration légale. Dès son arrivée sur le sol français, le Général a envoyé à Bayeux, « séance tenante », François Coulet. Celui-ci vient d’être nommé Commissaire de la République pour le territoire normand libéré par un décret publié à Alger le 13 juin. Le nouveau commissaire est accompagné par le colonel de Chevigné, lui aussi venu de Londres et chargé, « à l’instant même », des subdivisions militaires. C’est signifier à l’administration militaire alliée qu’elle n’a pas lieu d’être.

Son existence est d’autant moins justifiée que les premiers représentants de la France Combattante sont à l’œuvre dès le premier jour. Maurice Schumann a débarqué le 6 juin. A Bayeux, deux jours plus tard, il rencontre Raymond Triboulet, secrétaire du Comité Départemental de Libération, avec lequel il organise un groupe franc. C’est assez pour que le Général de Gaulle puisse venir. Mais les alliés ne font rien pour faciliter le voyage et Churchill a tenté de s’y opposer jusqu’au dernier moment. Ces manœuvres dilatoires ont échoué : les Américains et les Anglais ne pourront pas empêcher le rétablissement de la souveraineté française, dès lors que le chef du gouvernement provisoire, qui n’est d’ailleurs pas formellement reconnu, sera en mesure de prendre les décisions qui s’imposent : la révocation du sous-préfet vichyste, remplacé par Raymond Triboulet, et la dissolution du conseil municipal.

Toutes les difficultés ne sont pas aplanies lorsque le général de Gaulle retourne, dans la soirée, à bord de La Combattante. Pendant quinze jours, François Coulet et Raymond Triboulet vont se heurter aux Anglais et aux Américains qui voudraient bien, comme ils l’ont fait à Bayeux dans les premiers jours, traiter la France comme un territoire occupé et militairement administré. Et c’est sur la monnaie que va porter, pour l’essentiel, l’affrontement entre les représentants du gouvernement d’Alger et les militaires anglo-américains.

Par rapport à l’enjeu capital que représente la dure bataille de Normandie, la question de la circulation de billets de banque semble dérisoire. On découvre à quel point elle est décisive en relisant quelques pages trop méconnues de l’histoire de la France libre, à commencer par celles qui s’écrivent la nuit du Débarquement.

Sans négliger la valeur documentaire du Jour le plus long[6], ni l’exactitude de sa mise en images, cet émouvant récit militaire ne peut à lui seul résumer le mouvement de l’histoire. Le magnifique courage de l’ensemble des troupes parachutées ou débarquées sous la conduite du général Eisenhower donne à penser que les chefs d’Etat et de gouvernement alliés sont, dans les jours qui précèdent l’opération, à l’image des soldats qui se préparent à la bataille : tendus par l’anxiété, unis dans l’espérance.

Ce n’est pas faux. Mais le « souffle d’estime et d’amitié » ne passe plus sur les acteurs de l’Histoire dès qu’ils en viennent, dans la soirée du 4 juin, aux affaires politiques. A Porsmouth, où Winston Churchill et Charles de Gaulle se rencontrent, puis au quartier général d’Eisenhower, les violentes altercations et les cris de colère signifient que le conflit politique entre les Etats-Unis, l’Angleterre et la France atteint un de ses points culminants.

La cause immédiate de l’affrontement, dans la nuit du Débarquement, c’est encore le chef de la France libre. Charles de Gaulle est d’autant plus intraitable que ses infériorités politiques, financières et militaires lui interdisent de passer le moindre compromis. Mais cette posture agressive n’est qu’une réponse aux pressions britanniques et aux manœuvres américaines dont la France Combattante est victime.

Pressions britanniques. A Porsmouth, elles sont franches et massives. D’entrée de jeu, Winston Churchill propose un « arrangement » que le Général de Gaulle irait soumettre au président Roosevelt. La réponse est superbe : « Pourquoi voulez-vous croire que j’aie à poser devant Roosevelt ma candidature pour le pouvoir en France ? Le Gouvernement français existe. Je n’ai rien à demander dans ce domaine aux Etats-Unis d’Amérique, non plus qu’à la Grande-Bretagne ». Le chef du gouvernement rappelle alors que la question des rapports entre l’administration française et le commandement militaire, posée neuf mois plus tôt, est restée sans réponse. Or les Anglais et les Américains ont pris leurs propres dispositions, sans même prévenir Alger. De Gaulle poursuit : « Je viens d’apprendre, par exemple, qu’en dépit de nos avertissements, les troupes et les services qui s’apprêtent à débarquer sont munis d’une monnaie soi-disant française, fabriquée par l’étranger, que le Gouvernement de la République ne reconnaît absolument pas et qui, d’après les ordres du commandement interallié, aura cours forcé en territoire français. Je m’attends à ce que, demain, le général Eisenhower, sur instruction du Président des Etats-Unis et d’accord avec vous-même, proclame qu’il prend la France sous son autorité. Comment voulez-vous que nous traitions sur ces bases ? »

Le général de Gaulle donne-là une magistrale leçon de droit public au Premier ministre de Sa Majesté :

– La France libérée et se libérant elle-même, par ses combattants de l’Empire et de la résistance intérieure, s’est donnée un gouvernement légitime, qui se déclare « provisoire » tant que le peuple français ne s’est pas librement prononcé, mais qui n’a pas besoin de la reconnaissance formelle de puissances étrangères pour agir en toute légalité.

– Sa souveraineté s’exerce de plein droit sur tous les territoires libérés, ceux de l’Empire français et, à partir du 6 juin, ceux de la France métropolitaine.

– Ce gouvernement légitime « dispose de l’administration et de la force armée » pour prendre les termes qui figureront dans la Constitution de la 5ème République.

– Le premier acte de souveraineté de ce gouvernement consiste à mettre en circulation la monnaie émise par ses propres services, sous le contrôle de son administration.

Winston Churchill, qui se sait en tort, ne peut rien répondre sur la politique monétaire. Aussi déplace-t-il l’enjeu de la souveraineté vers les rapports de puissances dans une réplique demeurée célèbre : « (…) chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu’il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt ». La réplique porte loin. Elle éclaire la logique historique et politique dans laquelle s’inscrit, tout au long de la guerre, l’affrontement entre la France libre et les anglo-américains.

Dans cette histoire complexe et tumultueuse[7], la question monétaire revient régulièrement au premier plan. Elle est posée dès juillet 1943 par Maurice Couve de Murville, commissaire aux finances de ce qui est encore le Comité français de Libération nationale (CFLN), qui se préoccupe des moyens de paiement à fournir aux troupes débarquées en métropole. Cette question est inscrite dans le projet d’accord présenté le 7 septembre 1943 par le CFLN aux Anglais et aux Américains : il est notamment prévu que les dépenses des forces alliées en territoire français libéré seront exclusivement payées en billets de banque libellés en francs, émis par le CFLN et fourni par ses soins aux alliés. Mais ceux-ci restent évasifs sur les modalités parce que le président Roosevelt refuse de reconnaître le Comité d’Alger comme « autorité française compétente » sur les territoires libérés.

Il y a là un net déni de légitimité, qui s’inscrit dans la stratégie politique de Roosevelt : tandis qu’on fait patienter les Français, s’organise aux Etats-Unis un Allied military government in occupied territories (AMGOT) chargé d’administrer la France libérée de la même manière que l’Italie: comme un pays vaincu, placé sous l’administration directe des armées victorieuses. C’est bien entendu inacceptable pour le général de Gaulle, qui considère l’AMGOT avec mépris[8] et qui se montre fort mécontent de l’attitude pro-américaine de Jean Monnet qui était alors membre du CFLN, chargé des négociations économiques et financières avec les Etats-Unis. Or le président américain ajoute aux fins de non-recevoir des offenses et des provocations continuelles.

Deux initiatives américaines, particulièrement mal reçues par les Français, auront de graves répercussions en juin 1944.

La première initiative concerne la monnaie. A l’automne de 1943, Jean Monnet et Pierre Mendès-France (nouveau commissaire aux Finances) font admettre aux Américains qu’ils paieront en francs après le débarquement. Encore faut-il fabriquer les billets, et les Américains proposent leur propre projet : sur le papier, un dessin des drapeaux anglais, américains et français avec la mention « Commandement militaire interallié ». Refus des représentants français, qui dénient aux Américains le droit régalien de battre monnaie, et qui veulent voir la mention : « Emis par le CFLN » imprimée en toutes lettres. Refus du président Roosevelt : reconnaître le droit d’émission monétaire au Comité d’Alger, c’est admettre qu’il sera le légitime gouvernement de la France. D’où la décision américaine : les billets de banque seront fabriqués par les Américains, l’autorité émettrice ne sera pas indiquée, mais un rectangle blanc permettra d’inscrire les mots « République française – Trésorerie centrale » après reconnaissance du CFLN par les Alliés.

Le piège est grossier, puisque les Américains n’ont pas l’intention de reconnaître le Comité d’Alger. Jean Monnet y tombe en acceptant la typographie énigmatique de cette « monnaie additionnelle », ce qui permettra à Roosevelt de prétendre que les billets américains ont été acceptés par les Français. Mensonge ! Le général de Gaulle proteste qu’il s’agit là d’une « fausse monnaie » puisque aucune autorité souveraine ne la garantit.

La deuxième initiative prise par Roosevelt en avril 1944 consiste à désigner le général Eisenhower (il n’y tient pas du tout !) comme le futur détenteur de l’autorité civile en France, en lui laissant la liberté de choisir ses collaborateurs parmi les Français. Cette décision est tellement arbitraire et insultante que les Anglais s’y opposent. Ce qui n’empêche pas le président américain de persévérer dans son hostilité au Comité d’Alger, qui est proclamé Gouvernement provisoire de la République française le 26 mai 1944[9]. Les provocations américaines sont tellement blessantes qu’elles aboutissent à une sorte de rupture des relations diplomatiques entre le gouvernement français et les anglo-américains ; elle dure encore lorsque le Général, à l’invitation pressante de Churchill, arrive à Londres le 4 juin et rejoint aussitôt le cabinet britannique près de Porsmouth.

Le rappel de ces faits permet de mieux comprendre la violente nuit du 4 au 5 juin. On pourrait croire que l’imminence du débarquement arrange les affaires politiques. Il n’en est rien. Après leur altercation et la réplique churchilienne sur le « grand large », le Premier ministre britannique et le général de Gaulle se rendent au quartier général d’Eisenhower. Le Commandant en chef n’a pas encore choisi la date de l’opération. Consulté sur ce point, le Général lui en laisse l’entière responsabilité tout en donnant un avis favorable à l’action immédiate. Le chef du gouvernement français va partir lorsque Eisenhower lui tend un texte. Il s’agit d’une proclamation rédigée à Washington que Charles de Gaulle a résumée dans ses Mémoires : le commandant en chef s’adresse en soldat aux peuples norvégien, hollandais, belge et luxembourgeois mais c’est ensuite « sur un tout autre ton qu’il s’adresse à la nation[10] française » : le général américain l’invite à « exécuter ses ordres », décide que « dans l’administration tout le monde continuera d’exercer ses fonctions [les éléments vichyssois aussi], à moins d’instructions contraires » et annonce que « les Français choisiront eux-mêmes leurs représentants et leur gouvernement ». Pas un mot sur le gouvernement qui siège en Algérie et qui dirige les forces françaises au combat.

Le Général déclare à Eisenhower que ce texte est « inacceptable ». Très vite il en propose un autre mais on lui objecte que le « factum » est en passe d’être largué à d’innombrables exemplaires sur le territoire français. De surcroît, on attend du Général qu’il s’exprime à la BBC après le Commandant en chef, ce qui revient à entériner les conceptions politiques américaines. Le Général refuse tout net. Il traite Churchill de « gangster ». Lequel, furieux, convoque le représentant du Général à une heure du matin pour lui signifier que De Gaulle est coupable de « trahison en pleine bataille ». Puis il dicte une lettre à Eisenhower, le mandant de réexpédier le Général à Alger « enchaîné si nécessaire ».

La crise s’apaise à l’heure où les parachutistes américains descendent sur Sainte-Mère-Eglise : le Général parlera à 18 heures. Le chef du gouvernement provisoire a gagné : l’adversaire anglo-américain a cédé, il est humilié. Il y a plus admirable encore. Dès la troisième phrase du discours, les troupes qui sont au combat depuis l’aube sont intégrées dans le plan français de libération : « Bien entendu, c’est la bataille de France et c’est la bataille de la France ! »[11].

Le général de Gaulle a remporté l’épreuve de force qui l’oppose aux Anglais et aux Américains, mais ces derniers continuent de le combattre, et c’est encore une fois sur la politique monétaire qu’ils portent leurs coups. Le 8 juin 1944, Eisenhower annonce l’introduction en France de la fameuse    « monnaie additionnelle » qui a été imprimée à Washington pour une valeur de quarante milliards de « francs ». Après protestation en bonne et due forme auprès des chargés d’affaires anglais et américains, le général de Gaulle repart lui-même à l’offensive en accordant, le 10 juin, un entretien à l’Agence française indépendante, sise à Londres. Après avoir déclaré inacceptable la proclamation américaine du 6 juin, il dénonce « l’émission en France d’une monnaie soi-disant française, sans aucun accord et sans aucune garantie de l’autorité française, [ce qui] ne peut conduire qu’à de sérieuses complications ».

Il y aura en effet de sérieuses complications sur les arrières du front de Normandie, jusqu’à ce que les représentants du Gouvernement français soient reconnus comme tels. François Coulet, Pierre Laroque et Raymond Triboulet ont des instructions précises : elles portent sur la manière d’exercer leurs prérogatives administratives face au commandement allié[12] et elles concernent leurs pouvoirs monétaires et financiers. Il s’agit de chasser la fausse monnaie, en refusant d’accepter « ces drôles de dollars décorés d’un drapeau tricolore »[13].

Du point de vue technique, les choses furent très simples : Raymond Triboulet fit ouvrir des comptes distincts dans les quelques agences bancaires de la tête de pont, sur lesquels les « drôles de dollars » furent déposés, mais sans qu’il soit possible d’effectuer des virements sur les comptes en francs. La population eut pour sa part une réaction significative de défiance à l’égard des billets imprimés par les Américains et de traditionnelle rouerie à l’égard de l’administration française : comme la monnaie d’occupation allemande, les « drôles de dollar » étaient acceptés et employés prioritairement au règlement des impôts ! Mais François Coulet, en bon serviteur de l’Etat, ne voulait pas que le fisc se fasse ainsi rouler : il ordonna aux comptables publics de refuser les « billets de l’étranger ». D’où la fureur des généraux alliés, qui se rendent le 19 juin dans ses bureaux. Le Commissaire de la République pour les territoires libérés refuse de les recevoir et leur désigne le bureau de Raymond Triboulet, quelques marches plus bas. L’ancien sous-préfet de Bayeux raconte :

« Grands cris : « Comment ! Vous préférez les billets de Vichy[14] à ceux émis par vos libérateurs ». – « De quel droit émettez-vous des billets  ? Il n’y a pas Vichy et de Gaulle, il y a la France, où vous vous trouvez. »

« Je les reconduis ; ils sont furieux, et, comme j’avoue l’avoir fait pour tous mes visiteurs insupportables (qu’on excuse un homme qui n’avait plus la moindre distraction) je néglige de leur signaler deux marches de bois disjointes : l’un des généraux s’écroule. « Sorry ».[15]

L’écroulement physique du général américain annonce la défaite politique de Roosevelt : un dollar d’occupation ne chassera pas le mark d’occupation[16]. La circulation du franc, jointe à la destitution des représentants de Vichy, annonce le rétablissement de la souveraineté française et la reconnaissance du Gouvernement provisoire de la République.


[1] Sauf indications contraires, les citations du général de Gaulle sont extraites de L’Unité, deuxième tome de ses Mémoires de Guerre.

[2] Discours et Messages, 6 Juin 1944.

[3] Commandant Kieffer, Les Bérets verts français du 6 juin 1944, Editions France Empire, 1994.

[4] Jacques Henry, La Normandie en flammes. Journal de guerre de Gérard Leroux, Capitaine au régiment canadien de la Chaudière. Editions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1984. Préface de Raymond Triboulet.

[5] L’expression est de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France libre, De l’appel du 18 Juin à la Libération, Gallimard, 1996. cf. pages 843-848 le récit très précis de la journée de Bayeux.

[6] Cornélius Ryan, Le Jour le plus long, Robert Laffont, 1994.

[7] Elle est expliquée avec clarté et précision par Jean-Louis Crémieux-Brilhac, op.cit. p. 681-698.

[8] « On voyait affluer dans cette organisation toutes sortes de théoriciens, techniciens, hommes d’affaires, propagandistes, ou bien de Français d’hier fraîchement naturalisés Yankees ». Mémoires de guerre, L’Unité, Plon, 1956. P. 212.

[9] le GPRF ne sera reconnu de jure que le 23 octobre 1944 par les Anglais, les Russes et les Américains en raison des actions de retardements menées par ces derniers.

[10] C’est nous qui soulignons : les peuples nommés disposent à Londres d’un gouvernement légitime en exil, leur libération est une tâche strictement militaire. S’adresser à la nation française, c’est nier qu’elle puisse être représentée par une autorité légitime, en charge de son histoire et de sa destinée politique. Ces distinctions sont primordiales : au matin du 6 juin, les chefs d’Etat et de gouvernement en exil s’adressent à leur peuple avant le général Eisenhower : Roi de Norvège, Reine de Hollande, Grande-Duchesse de Luxembourg, Premier ministre de Belgique. L’ordre dans lequel se déroule ces interventions n’est pas contesté par le général de Gaulle, en raison du principe de légitimité qui l’inspire. Mais le Politique qu’il est ne peut parler après le Militaire.

[11] Churchill accuse le coup avec une parfaite mauvaise foi lorsqu’il télégraphie à Roosevelt : « Son discours est d’autant plus remarquable qu’il n’a pas un seul soldat dans la bataille en cours ». cf. Crémieux-Brilhac, op.cit. p. 841, note 3.

[12] Quant à l’AMGOT, le mépris des autorités françaises est total. François Coulet note qu’en Italie, « l’essentiel de son action semblait avoir été de traiter avec la Mafia et d’officialiser cette vénérable institution sicilienne ». Vertu des temps difficiles, p. 243-244.

[13] François Coulet, op. cit. p. 242.

[14] Ce général américain fabule : Vichy a frappé des pièces de monnaie (un franc, deux francs) mais n’a jamais émis le moindre billet de banque. C’était les billets de la troisième République qui circulaient sous l’Occupation

[15] Cf. Raymond Triboulet : Un gaulliste de la IV ème, p. 101. Voir aussi : François-Marin Fleutot, Des royalistes dans la Résistance, Flammarion, 2000.

[16] Pour la France occupée, les Allemands avaient fixé la valeur du mark à 20 francs au lieu de 10 francs.

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AGRILAIT: quand une coopérative laitière bretonne nous donne des leçons de fierté régionale… normande!

Depuis plusieurs semaines, une campagne de publicité sur les grands panneaux quatre par trois présents sur les grands axes de l'agglomération caennaise a attiré notre curiosité normande...

On y voit un éleveur de vaches laitières (apparaissant en second plan, des... Prim Holstein), les bras croisés sur la taille, le regard fier et altier toisant les automobilistes et les passants avec le slogan suivant:

"Fier de mon lait normand!"

Quel lecteur de l'Etoile de Normandie ne serait pas en accord avec une telle affirmation qui devrait réchauffer le coeur de toutes les Normandes et de tous les Normands aimant authentiquement une région merveilleuse et qui a encore, malgré sa réunification bienvenue, bien du mal à se hausser du col dans la concurrence permanente à la notoriété médiatique.

Nous avisons rapidement des promoteurs de cette excellente campagne publicitaire sur la place caennaise (et certainement ailleurs en Normandie) et nous découvrons tout aussi rapidement une quasi supercherie... Comme d'habitude, hélas!

Agrilait, est, en effet une coopérative laitière bretonne basée à Cesson-Sévigné dans le département d'Ille-et-Vilaine (35) et qui collecte visiblement son lait sur un bassin allant du bassin rennais breton (le pays Gallo) à l'ouest de la Normandie (essentiellement le département de la Manche) mais aussi la Mayenne (qui ne se souvient plus qu'elle fait partie du Maine).

Nous avons dit quasi-supercherie car ils sont malins chez Agrilait et ils ont compris contrairement aux coopératives normandes qu'une identité régionale forte pouvait être une idée marketing plutôt efficace: visiblement, deux circuits de collecte, un circuit breton et un circuit normand ont été organisés par Agrilait pour lui donner le droit de proclamer "Fier de mon lait normand" et, outre-Couesnon: "Fier de mon lait breton".

Mais si l'on devait vraiment prendre au sérieux ce critère d'une qualité identitaire d'un lait vraiment normand ou breton autorisant une valorisation significative (à vérifier!) de la tonne de lait qui permettrait, enfin, aux éleveurs laitiers adhérents de cette coopérative de vivre enfin confortablement d'un travail aussi noble qu'harassant, il faudrait s'assurer que le lait "normand" dont on nous fait ici la réclame soit vraiment...

1) Collecté dans des fermes de Normandie.

2) Issu de vaches de race normande (présentes, soyons honnête, de façon conséquente dans le bassin laitier exploité par Agrilait).

3) Issu de vaches ayant essentiellement mangé l'herbe ou le foin de son pré ou des compléments alimentaires végétaux naturels produits sur place.

On laissera aux Bretons le soin (s'ils s'en préoccupent un jour...) de définir exactement ce que pourrait être un vrai lait "breton". Mais cette affaire commerciale opportuniste typiquement bretonne qui profite, comme d'habitude d'une ambiguité (qui fait penser à celle qui cessera, fort heureusement, au 1er janvier prochain pour le "camembert fabriqué en Normandie") pose, une fois encore, la question que nous avons déjà exposée ici qui est celle de définir précisément une Appelation d'Origine Contrôlée /Protégée pour le "lait de Normandie" à l'instar de nos autres grands fleurons de notre haute tradition agro-alimentaire gastronomique normande.

Comme d'habitude, les Normands ne savent pas encore bien se défendre même s'il y a, depuis la réunification, une amélioration liée à une certaine prise de conscience de l'intérêt économique d'affirmer une certaine fierté régionale: en attendant, le réveil complet des Normands, les Bretons se font du beurre avec notre lait tout en nous donnant une belle leçon de fierté normande!

Quel toupet!

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 Le visuel ci-dessus témoigne du fait que les gens d'Agrilait sont des régionalistes bretons conséquents: on ne pourra que leur donner raison comme un certain Loïc qui fait la promotion d'un cidre breton plutôt moyen fabriqué avec des pommes... normandes par la plus grosse coopérative agricole normande, Agrial, pour ne pas la nommer!

Finalement, dans la supercherie du consommateur ignorant qui est le meilleur?

https://www.agrial.com/fr/une-entreprise-cooperative-agricole-et-agroalimentaire/nos-metiers-en-france-et-linternational/branche-boissons/loic-raison

 Plus d'informations sur la coopérative Agrilait ci-après:

 https://www.agrilait.fr/

 https://www.agrilait.fr/au-coeur-agrilait

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Le Nouveau Maître de Rouen rêve d’être … Ministre à Paris!

Portrait pressé d'un "homme pressé" à lire sur le site de 76actu qui ne fera que nous confirmer l'opinion que nous avions déjà du Nouveau Maître de Rouen alias Nicolas Mayer-Rossignol que nous savions ambitieux non pas pour Rouen mais pour lui-même...

Premier ministre de Rouen ou... ministre à Paris?

Citation: "Il veut être ministre. (sic!) Avec la "sociale-écologie", il se place pour l'avenir et aujourd'hui, c'est bien pour Rouen." 

On rappellera l'étymologie du mot "ministre" qui veut dire, en latin: serviteur, sous-entendu, des autres.

1

Bien entendu, dans le portrait à lire ci-dessous, pas une seule allusion, au fait, sinon à l'évidence qu'un maire de Rouen puisse aussi présider aux destinées de la première agglomération de notre région et qui prétend être LA métropole de Normandie...


 

https://actu.fr/normandie/rouen_76540/nicolas-mayer-rossignol-un-maire-de-rouen-presse-qui-impose-un-rythme-exigeant_37224619.html

Nicolas Mayer-Rossignol, un maire de Rouen « pressé » qui impose un « rythme exigeant »

Nicolas Mayer-Rossignol impose un rythme soutenu à ses collaborateurs, ses adjoints. Le maire de Rouen affirme son style, détonnant avec les pratiques de son prédécesseur.

Depuis l’arrivée de Nicolas Mayer-Rossignol au pouvoir à Rouen (Seine-Maritime), ça secoue. « Il est déterminé. Tout est très huilé », confie Abdelkrim Marchani, conseiller municipal et vice-président de la Métropole Rouen Normandie. Le fuselage de celui qu’on surnomme « NMR » semble avoir été conçu à partir des plans d’un avion de chasse.

À moins que cela n’opère qu’en contraste avec son prédécesseur. Là où Yvon Robert, socialiste discret, organisait des réunions publiques dans les maisons de quartier, le nouveau maire répond personnellement à ceux qui l’alpaguent sur les réseaux sociaux ; il fouille lui-même dans les poubelles ; il propose aux Rouennais de l’interroger par visio-conférence. Tout semble urgent et traité avec la même intensité. Sincérité d’un maire confronté à une crise abyssale, ou calcul politicien avec d’autres perspectives ?

À lire aussi:

Lors d’une rencontre avec les journalistes, le 10 septembre, Nicolas Mayer-Rossignol, qui se dit  « très marqué par la dégradation du lien entre les citoyens et leurs représentants », s’est arrêté sur sa façon de communiquer.

J'observe que très souvent, des gens qui peuvent être d'abord un petit peu virulents, apprécient le dialogue, et le fait qu'il puisse y avoir un rapport direct. Les réseaux sociaux permettent cela, tant mieux. J'essaye de trouver des façons, avec l'équipe — car il n'y a pas que moi —, de renouer le lien, et de trouver des formes de participation des citoyens à l'action publique.

Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen.

Plusieurs groupes Whatsapp

« Il sait tenir la barre. Il donne du sens », se réjouit la première adjointe Caroline Dutarte. Pour que les problèmes soient, si ce n’est résolus, au moins évoqués rapidement, le patron de la ville a mis en place plusieurs groupes Whatsapp. Il y a celui pour les élus de la majorité, un autre pour les présidents de groupe et un pour les vice-présidents de la Métropole… Mais aussi un incluant les agents de la Ville et de la Métropole. Et lors de ses pérégrinations urbaines, il est très fréquent que les notifications s’affichent si le maire trouve un amas d’ordures : « Dans ce cas je leur dis, rue Eau-de-Robec, il y a un dépôt sauvage, vous allez me l’enlever. »

Forcément, « ça bouscule dans les services, mais il a une obligation de résultats ». Abdelkrim Marchani prend un exemple pour illustrer son propos : « En juillet, lorsqu’il a développé l’idée de la semaine du monde d’après, les services l’ont regardé avec des yeux : « Monsieur le président, on a mis plusieurs années à faire la Cop 21 locale et là vous demandez de faire ça en deux mois, pendant les vacances ? » Au final, les services ont fait un travail formidable. Il est dans cette culture du test. » « On reçoit des mails à trois heures du matin », témoigne un collaborateur. « Je ne sais pas comment il fait », pose une élue admirative.

Son deuxième adjoint écologiste — avec qui les relations sont parfois houleuses — Jean-Michel Bérégovoy lui reconnaît « une volonté de faire bouger les lignes, de continuer à transformer. Il a de l’ambition pour sa ville, c’est un homme rapide, pressé ». Pour l’élu EELV, « sa méthode permet de mettre les enjeux du moment au cœur du débat ».

Même son premier opposant, Jean-François Bures, avec qui NMR a croisé le fer au second tour des municipales, « lui reconnaî[t] une communication rapide, en temps réel ».

On n'a pas besoin de passer par son cabinet. Avec Yvon Robert, il y avait moins de partage d'information.

Jean-François Bures, conseiller municipal d'opposition.

Mais Jean-François Bures ne couvrira pas de louanges le nouveau maire : « Il est au travail. Il prend les choses au sérieux, mais comme nous le ferions à sa place. »

« Il cultive une image de gendre idéal »

Autre marque de fabrique de Nicolas Mayer-Rossignol, la courtoisie et le respect, notamment envers les élus. « Il a une capacité à s’adapter à la position de l’autre. Il n’est pas figé. Il compose avec nous avec intelligence et sincérité », apprécie Jean-Michel Bérégovoy. « Il peut être très sympa, mais tout est calculé, nuance un élu. Il cultive une image de gendre idéal que les mamies adorent. » Pour cet élu, même si « c’est stimulant » et « agréable » de travailler avec NMR, sous-couvert de « son ton mielleux », il « ne comprend que le rapport de force ». 

Sans hausser le ton, il peut être très violent. Il a hérité cela de la fabusie. Fabius ne montait jamais le ton de sa voix.

Un élu de la majorité.

Passée la forme « moderne » du quadragénaire à vélo, il y a les actes. « Il y avait des symboliques à impulser dans les premiers mois », reconnaît Caroline Dutarte. « Suspension du chantier du Madrillet, le travail de mémoire, le « non » à Amazon, le moratoire sur la 5G… Il a établi des marqueurs », constate Laura Slimani, adjointe à la démocratie locale et à l’égalité femmes-hommes. Jean-Michel Bérégovoy salue, notamment, le « plan de renaturation » : « Il a 43 ans. Il a compris des choses. »

À lire aussi:

De nombreuses batailles sont menées de front, « sur les bases de valeurs de gauches et de notre programme », se réjouit Caroline Dutarte. « Il a une approche systémique. Ce n’est pas une politique de guichet pour contenter. Ça me rassure », appuie Abdelkrim Marchani, venu de la société civile. « Beaucoup pensaient que l’écologie ou le social, c’était du bullshit, mais pas du tout », poursuit le nouveau vice-président de la Métropole qui s’attarde sur une anecdote : « Lors d’une réunion sur la crise du Covid, il nous a coupés et a dit : « Et les plus démunis dans tout ça, comment on s’en occupe ? » Il n’a pas besoin de dire ça dans une réunion de travail. C’est un indicateur de sa sincérité. »

Des premiers mois marqués très à gauche qui ont fait s’étrangler Jean-François Bures.

J'ai trouvé le début assez effrayant. Il a fait les yeux doux à l’électorat à gauche toute. Il donnait l'impression de s'occuper du monde d'après, sans se préoccuper du monde d'aujourd'hui.

Jean-François Bures, élu d'opposition.

« Il veut faire le buzz, il veut exister »

La « meilleure illustration », pour l’élu de droite, reste « la statue de Napoléon » : « C’est de la politique politicienne. » Jean-François Bures rappelle que le maire « n’a été élu qu’avec un sixième du corps électoral ; les circonstances l’obligent à parler à tout le monde ».

« Il veut faire le buzz, il veut exister. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas bien pour le territoire », observe une élue à la Métropole. Selon cette dernière, NMR « vise plus haut. Sa carrière dans le privé, ses deux filles : ça fait partie du storytelling ».

Il veut être ministre. Avec la "sociale-écologie", il se place pour l'avenir et aujourd'hui, c'est bien pour Rouen.

Une élue de gauche à la Métropole.

Déjà Nicolas Mayer-Rossignol sera parvenu à raviver les chairs du Parti Socialiste. « Un maire comme ça, c’est une bonne vitrine. On a de nouvelles adhésions au Parti Socialiste, beaucoup de jeunes », assure Caroline Dutarte, patronne de la section rouennaise, qui pour autant ne souhaite pas donner de chiffres. Laura Slimani, ancienne présidente du Mouvement des jeunes socialistes passée à Génération.s, constate qu’« il a pris le leadership sur le PS local. Il a plié le game ».

Bertrand Tierce, un drôle de troubadour qui chante la division féodale de la Normandie. Eloge du Général de Gaulle régionaliste.

Qui sont les plus ringards?

Les régionalistes normands qui ont milité des années durant pour le retour à l'unité normande et que l'on accuse régulièrement, au mieux, d'être des romantiques idéalisant la Normandie médiévale ou, au pire, d'être des suppôts du fascisme?

Où ceux qui ont des idées et des préjugés pour le moins datés sur notre région et la question régionale?

On vous laisse avec ça...

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Mais en ce jour du 50ème anniversaire de la mort du Général Charles de Gaulle, chef de la Résistance et de la France libre, fondateur de notre 5ème République et précurseur de l'idée régionale en France, nous préférons surtout vous laisser avec ceci:

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Sur les enjeux du projet de régionalisation et de transformation du Sénat:

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9f%C3%A9rendum_constitutionnel_fran%C3%A7ais_de_1969

https://www.marianne.net/politique/regionalisation-et-si-la-france-etait-passee-cote-de-son-histoire

Les raisons politiciennes à l'origine de l'échec du référendum d'avril 1969:

https://www.lexpress.fr/actualites/1/politique/en-1969-le-referendum-qui-chasse-de-gaulle-de-l-elysee_2073848.htm


 On lira aussi avec intérêt l'analyse suivante proposée par Arnaud TEYSSIER:

https://www.lagazettedescommunes.com/625578/de-gaulle-avait-une-conscience-aigue-de-la-fracture-territoriale/

« De Gaulle avait une conscience aiguë de la fracture territoriale »

Publié le 13/06/2019 • Par Jean-Baptiste Forray 

Arnaud Teyssier Patricia Marais/La Gazette

Dans un essai savant, Arnaud Teyssier revient sur l’échec du référendum sur la régionalisation de 1969. L’occasion pour l’historien de mettre l'accent sur les liens entre le général de Gaulle et ce qu’on n'appelait pas encore les territoires.

Voici cinquante ans, le président fondateur de la VRépublique tombe de son piédestal. Lors du référendum du 27 avril 1969, les Français renvoient le général de Gaulle dans sa retraite de Colombey. Avec la mort politique du connétable disparaît une certaine idée de l’Etat, brûlante et dévorante. Sous son égide, la monarchie républicaine a parachevé la constitution « secrète et silencieuse de la France, la loi napoléonienne du 28 pluviôse de l’an VIII [17 février 1800] qui remettait aux corps administratifs la direction du pays », écrit Arnaud Teyssier dans son essai « De Gaulle 1969 » (1).

Cet apogée du centralisme n’interdit cependant pas toute remise en question. La poussée de fièvre estudiantine de 1968 est aussi portée par le mot d’ordre de Michel Rocard : « Décoloniser la province. » Pour garder sa prééminence, l’Etat doit accomplir sa mue. Charles de Gaulle le sait mieux que quiconque. D’où le volet régional de la loi référendaire de 1969. Sur la rampe de lancement : un établissement public régional placé sous la tutelle préfectorale et composé à parité d’édiles et de représentants de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la société civile. Un acte de déconcentration et de rupture avec la tradition départementaliste jacobine. Pour autant, selon Arnaud Teyssier, ce texte n’annonce pas la révolution décentralisatrice de 1982. Ancien collaborateur et biographe de Philippe Séguin (2), il porte un regard très sévère sur les lois « Defferre ». Il y voit le germe d’une impuissance publique à des années-lumière de l’art du commandement du général de Gaulle.

Pourquoi de Gaulle souhaite-t-il promouvoir l’échelon régional lors du référendum de 1969 ?

Comme Michel Debré dans « La Mort de l’Etat républicain » en 1947, il considère que le centralisme a son revers : le poids excessif de Paris. Dans les années 60, la structure du pouvoir est devenue trop forte pour une société qui aspire à davantage de « participation », selon le vocable gaullien. Pour le chef de l’Etat, la région doit devenir le lieu de la rencontre féconde entre l’Etat et les nouvelles forces vives de la Nation. Cette entité a vocation notamment, dans le projet de loi référendaire, à attirer des chercheurs, des chefs d’entreprise et des figures du syndicalisme. Il s’agit d’associer ces forces économiques et sociales à la politique d’aménagement du territoire mise en œuvre par la Datar (délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, ndlr) et les nouveaux préfets de région. De Gaulle veut ainsi maîtriser les grandes mutations à venir : les nouvelles technologies, mais aussi ce que l’on n’appelle pas encore la mondialisation. C’est également, pour lui, une manière de ressusciter les corps intermédiaires que la Révolution et l’Empire avaient fait disparaître. De cette façon, il contourne les élites politiques locales traditionnelles. Cette province française, dont son opposant François Mitterrand et l’écrivain Jacques Chardonne sont comme la quintessence, juge sa présence écrasante. Le fondateur de la VRépublique veut dépasser le cadre étroit du département, lieu d’épanouissement des parlementaires de la IVRépublique et de leurs fiefs.

N’était-ce pas également une façon de renouer avec les petites patries charnelles de l’Ancien Régime vantées par Maurras ?

De Gaulle, lors de la présentation du projet de loi référendaire, évoque « nos anciennes provinces mises au plan moderne », mais il reprend l’armature plus « administrative » des 21 régions qui s’est imposée au fil du temps. Contrairement à Maurras, il considère que l’Etat, combinaison d’institutions politiques fortes et d’une administration centralisée puissante, constitue l’instrument premier de l’action. Le témoignage de Jean-Marcel Jeanneney (ministre d’Etat chargé des réformes constitutionnelles en 1969, ndlr) est, à cet égard, édifiant. Alors que de Gaulle étudie ligne à ligne le projet référendaire, il tombe sur l’expression « territoire de la région ». Jeanneney raconte : « Il m’a censuré : Une région n’a pas de territoire, seule la Nation en a un. Et il a écrit à la main la partie correspondante du territoire national. »

(Commentaire de Florestan: la Normandie a désormais la chance unique en France de superposer sur la "partie correspondante du territoire national" la région fonctionnelle contemporaine sur la province géo-historique millénaire. De Gaulle avait raison de clarifier d'emblée les choses: le régionalisme français ne serait être un séparatisme nationalitaire. Pour nous, régionalistes normands, c'est très clair!)

Peut-on, dans ces conditions, qualifier son projet de décentralisateur ?

A Quimper, dans son discours du 2 février 1969, il dit, certes, quelques mots en breton. Mais la Bretagne est surtout grande à ses yeux parce qu’elle a fait plus de sacrifices à la guerre de 1914-1918 que les autres régions. Comme Gambetta, il est possédé par l’idée que la France est une construction fragile. De Gaulle a une conscience aiguë de la fracture territoriale. Tout cela nécessite une chaîne énergique du pouvoir concentrée autour de l’Etat. Rien ne lui est plus étranger que le concept actuel de gouvernance fondée sur l’idée selon laquelle le pouvoir n’est pas une énergie mais le jeu d’influences qui s’affrontent. On ne parle que de réforme, dialogue et concertation, mais jamais, en définitive, on ne tranche, l’essentiel étant de ne plus jamais connaître cette horreur absolue, cette terreur des politiques modernes : décider. Le discours sur la méthode, désormais interminable et sans fin, s’est substitué à l’action.

Quelle est la part de responsabilité de la décentralisation ?

La décentralisation de 1982 est une réaction de François Mitterrand contre la Ve République et des grands barons Gaston Defferre et Pierre Mauroy contre le pouvoir central. Contrairement à la réforme de 1969, elle est dirigée contre l’Etat. Elle se traduit par une absence complète de hiérarchie entre collectivités. Le pouvoir n’est pas transféré, mais atomisé.

(Commentaire de Florestan: c'est le principe de la clause de compétence générale généralisée à toutes les collectivités territoriales mises ainsi sur un pied d'égalité et de légitimité dans le corps de la République française "une et indivisible". L'usage démontre, désormais, que la mise en pratique de ce principe idéal et abstrait génère de la paralysie et de la complexité dans la prise de décision.)

Philippe Séguin, qui a bataillé contre les lois de 1982, mettait en garde contre le risque de « congrès permanent de conseillers généraux ou de conseillers régionaux se répartissant prébendes et clientèles et se distribuant les restes d’un pouvoir défunt ». Longtemps, il a rêvé de publier une « Lettre ouverte aux thuriféraires de la décentralisation ». Le jacobin Philippe Séguin croyait en la commune et en l’Etat. C’est la raison pour laquelle sa fonction de maire était sa plus grande fierté. Je l’ai constaté quand, il y a trente ans, j’étais jeune stagiaire de l’ENA à la mairie d’Epinal. Le tableau qu’il dressait du métier était un pur chef-d’œuvre. Il décrivait le maire comme un héros du quotidien concentrant sur lui toutes les attentes de la population sur les sujets les plus divers, qu’il s’agît de la propreté des trottoirs ou quand un enfant se plaignait de maux de ventre après avoir mangé à la cantine. Et peu importait à l’électeur d’Epinal que seule l’école primaire fût de la compétence de la ville. La commune et l’Etat restent dans l’imaginaire collectif l’armature de la République.

(Commentaire de Florestan: cet imaginaire jacobin sur le double pied du centralisme parisien et du localisme communal hérité de la Révolution ne permet pas une prise efficace sur le réel de la part d'une société civile active et responsable. La région est ce corps intermédiaire où cette prise de pouvoir sur le réel peut se faire mais à une condition de prendre enfin le fait régional au sérieux, c'est-à-dire: d'avoir de vraies régions qui respectent la structure géo-historique profonde qui fait l'identité de la France comme nous l'a appris le grand historien Fernand Braudel.)

Emmanuel Macron l’a compris lors du grand débat, avec l’alliance qu’il a tenté de nouer avec les maires. Mais tout cela n’a évidemment de sens que si l’Etat est maintenu avec force dans son rôle de garant de l’unité nationale et des grands équilibres territoriaux.

(1) « De Gaulle 1969, l’autre révolution », Editions Perrin, 2019.

(2) « Philippe Séguin : le remords de la droite », Editions Perrin, 2017.


 

Commentaire de Florestan:

Nous sommes en 2020 et le Général est mort depuis cinquante ans. L'improbable troubadour Tierce chante la chanson de tous ceux qui n'ont toujours pas compris que le fondateur de la VRépublique voulait dépasser le cadre étroit du département, lieu d’épanouissement des parlementaires de la IVRépublique et de leurs fiefs.

Pour mémoire, De Gaulle et la Normandie en quelques images symboliques:

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/2014/06/13/bayeux-fetera-samedi-les-70-ans-du-retour-du-general-de-gaulle-en-france-498105.html

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14 juin 1944: débarquement du chef de la France Libre sur la plage de Courseulles-sur-mer:

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Face aux mots qui sont des maux, les solutions concrètes sont normandes!

Billet de Florestan:

Le débat public national, la conversation publique devient, peu à peu, impossible en France, à l'image de ce qui se passe aux Etats-Unis qui vivent dans un climat idéologique de quasi guerre civile... Des chasses aux sorcières hystériques se font en permanence sur les réseaux sociaux. On pétitionne pour réclamer la démission d'un professeur d'université, pour interdire une pièce de théâtre, la diffusion d'un film, pour expurger les livres, pour appeler à la censure des idées "injustes" dans la matinale d'une grande radio publique. On agresse et on menace de façon anonyme ou non. Et certains passent aux actes!

Aux extrêmes de notre arc-en-ciel idéologique et politique, les idiots utiles de ceux qui agitent le couteau contre nous (ceux-là agissent quand d'autres bavardent...) s'agitent de façon grotesque et ce carnaval permanent serait dérisoire si le sang de citoyens français n'était pas à ce point répandu!

A l'extrême droite, on craint l'immigration massive, le "grand remplacement" (l'autre... Camus!), la substitution d'un peuple par un autre, le séparatisme au risque d'enfermer l'identité française et sa civilisation dans une essentialisation ethno-centrée. A l'extrême gauche, on a apostasié la question sociale au profit de la nouvelle religion "progressiste" et sa farandole diversitaire, minoritaire et victimaire qui impose à tous son terrorisme intellectuel et moral...

D'un côté, la haine des autres. De l'autre, la haine de soi: les barbus se frottent les mains et aiguisent leurs couteaux...

Face à tous ces mots qui sont des maux, pour enfin sortir de la "cage aux phobes" (Jack Dion), les solutions concrètes sont, une fois de plus, normandes!

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  • On craint le séparatisme et l'impossibilité désormais qu'il y aurait à intégrer les immigrés légaux et illégaux présents sur le sol de la France? Relevons d'abord le défi d'intégrer  à la langue française ceux qui sont déjà parmi nous car c'est la base évidente de toute intégration et le meilleur moyen de lutter contre le risque d'un éventuel séparatisme culturel ou religieux (islamisme):

(Source: Lettre Eco Normandie, n°1685 datée du 6 novembre 2020)

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  • Certains cultureux subventionnés avec l'argent de nos impôts transforment, par leurs mises en scène déplorables, les grandes oeuvres de notre répertoire culturel européen en autant d'occasion de nous faire la morale en assénant au public le catéchisme de la religion progressiste, sous prétexte de lutter contre un soi-disant "racisme d'Etat" ou de "décoloniser notre culture". Question: Comment David Bobée, directeur du Centre Dramatique National de Normandie à Rouen, pourrait-il qualifier cette excellente initiative entrepreneuriale (voir ci-dessous) prise par la société normande et rouennaise "Nutriset", une entreprise que connaît fort bien Nicolas Mayer-Rossignol, l'actuel maire et président de la métropole de Rouen? S'agit-il de lutter contre la faim à Madagascar dans le cadre d'une coopération humaine et technique bienvenue, ou s'agit-il d'une opération "néo-coloniale"?

https://www.lesechos.fr/pme-regions/normandie/une-usine-cles-en-main-normande-expediee-a-madagascar-contre-la-faim-1248607

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Une usine clés en main normande expédiée à Madagascar contre la faim

Nutriset, le spécialiste des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi contre la malnutrition, et la Fondation Mérieux s'associent pour expédier à Madagascar une usine clés en main de fabrication de produits contre la malnutrition. L'Etat malgache entend, de son côté, faciliter l'implantation de cette usine et l'achat des matières premières, dont l'arachide.

Trois conteneurs pour Madagascar. A l'intérieur, des cuves, des pompes, des broyeurs et du matériel pour la thermisation et le conditionnement. C'est une usine clés en main que Nutriset, le spécialiste des aliments thérapeutiques prêts à l'emploi contre la malnutrition, vient d'expédier au Havre depuis son siège de Malaunay près de Rouen, en Seine-Maritime. Les conteneurs vogueront ensuite vers le port malgache de Tamatave, avant un acheminement terrestre vers la ville côtière du Sud-Est Fort-Dauphin, chef-lieu de la région d'Anosy.

Sachets individuels

« Ce projet a été entrepris par Alain Mérieux, président de la Fondation Mérieux, à la suite de sa rencontre à Lyon avec le président malgache, Andry Rajoelina », explique la fondation familiale indépendante Mérieux, déjà présente à Madagascar avec un centre d'infectiologie. C'est cette institution lyonnaise qui a financé l'usine et son transport à hauteur de 1 million d'euros.

La capacité de production de l'usine est de 600 tonnes par an sous forme de sachets individuels contenant de l'arachide, du sucre et de la poudre de lait, des vitamines et des minéraux. « Nous visons d'abord la malnutrition chronique, qui entraîne notamment des retards de croissance, soit 50.000 enfants de la région d'Anosy, mais l'usine fabriquera aussi nos produits destinés à la malnutrition aiguë », explique Faustine Lescanne-Malo, chargée du projet au sein de Nutriset . « Notre ambition est que cette usine s'impose comme un outil pour l'Etat malgache. »

Fabrication par transfert de technologie

Nutriset, qui a réalisé 114 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019 avec 200 salariés, n'exploitera pas cette unité en direct. C'est la société Tanjaka Food, du groupe agroalimentaire malgache Basan, qui fabriquera les produits de Nutriset dans le cadre d'un contrat de franchise. Cela comprendra la formation des 15 collaborateurs. L'usine va rejoindre le réseau de producteurs franchisés indépendants mis en place par Nutriset, soit 10 usines dans le monde, dont 7 en Afrique.

L'Etat malgache a prévu de « faciliter l'implantation de l'usine sur le plan fiscal et l'achat des matières premières dont l'arachide », cette dernière n'étant plus produite à Madagascar. La propriété de l'usine sera attribuée à une structure associative.

Claire Garnier


 

Pour avoir plus d'informations:

https://www.nutriset.fr/

Le Havre, ville maritime et culturelle: Créer le grand musée national de la Marine sur la pointe de Floride!

Dernièrement, sur un réseau social spécialisé, Michel Segain, président de l'union portuaire du Havre a fait le rêve suivant...

https://www.linkedin.com/posts/michel-segain-82b26b49_maritime-shipping-immobilier-activity-6728269839640612864-pfYO

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Le Havre une est ville portuaire porte de mer, porte Océane.

Point commun du Havre avec... Venise et Lisbonne? Avoir une place publique dont l'un des côtés s'ouvre sur la mer...

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A l'instar de Lisbonne et de Venise, Le Havre dispose aussi d'une "place de mer": le quai de Southampton voulu comme une unité urbaine à part entière par l'architecte Auguste Perret dans les années 1950...

Archives de l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2015/03/12/31693190.html

On pourrait implanter dans ce nouveau quartier central de la pointe de Floride outre le futur siège d'Haropa et des entreprises actives sur le port, le musée des transatlantiques (dommage d'avoir cependant détruit l'ancienne gare de la CGT) à partir des collections pieusement conservées par l'association "French Line" dans un hangar au fin fond de la zone portuaire...

http://www.frenchlines.com/

Capture d’écran du 2020-11-07 20-23-17

Mais nous pourrions aller plus loin:

A Marseille, ils ont fait le MUCEM à partir de la délocalisation du musée national des arts et traditions populaires quitte à exiler la plus belle collection publique d'armoires normandes sur les rives de la Méditerrannée!

Pourquoi ne pas faire de même sur la presqu'île du Havre avec... l'actuel musée de la Marine empoussiéré dans des travaux au fond des sous-sols du palais de Chaillot?

Associé à un musée des paquebots transatlantiques (collections "French line") nous aurions au Havre le grand musée d'histoire et de culture maritime qui fait toujours défaut à la France.

D'autant plus que l'actuel musée de la Marine est en plein chantier et en réflexion pour son avenir...


 

http://www.musee-marine.fr/blog/musee_marine_renovation/

http://www.musee-marine.fr/blog/musee_marine_renovation/2019/10/04/le-projet-architectural/

Le projet de rénovation

Le musée national de la Marine de demain sera le musée maritime du XXIe siècle, animé d’une grande mission : raconter la France et la mer !

Son principal objectif sera de faire de la mer et de l’aventure maritime un sujet d’intérêt pour tous les Français.

  •  Exposer, illustrer, expliquer et mettre en valeur l’identité et l’histoire maritime de la France ; le futur musée racontera des histoires de mer et de marins, anciennes et contemporaines. Chacune d’entre elles amènera le visiteur à se poser des questions sur la situation actuelle de la mer et les enjeux de demain.
  •  Faire prendre conscience des enjeux et des défis qui concernent la mer dans toutes ses dimensions : historique, géographique, environnementale, économique, scientifique et culturelle. Le renforcement des enjeux géostratégiques des espaces maritimes pour la France et une réelle méconnaissance de ces enjeux par les décideurs et l’opinion publique plaident pour un musée qui permettrait de redonner au récit national toute sa dimension maritime.
  • Transmettre le goût de la mer ; le musée national de la Marine sera un lieu vivant, interactif, porteur d’émotions et de savoirs qui invitera au voyage.

En un mot, l’ambition est de faire de ce nouveau musée le grand lieu de la mer et des marins à Paris.


 

TOUJOURS À PARIS ! Qui n'a de marine que sa nef qui ne sait que flotter...

POURQUOI PAS AU HAVRE qui est une vraie ville portuaire et maritime?

Ce projet de rénovation in situ du musée parisien de la Marine semble bien parti...

Question: qui était Premier ministre il y a encore quelques mois?

A Anvers, la grande cité flamande portuaire et maritime, ils ont su associer l'attractivité culturelle à l'attractivité portuaire avec une maison du port à l'architecture audacieuse...

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https://weekend.levif.be/lifestyle/maison/architecture/en-images-la-maison-du-port-a-anvers-dernier-ouvrage-de-zaha-hadid/diaporama-normal-553907.html?cookie_check=1604777427

Et un musée d'histoire de la marine, dans la langue locale, "Museum aan de Stroom" (MAS),  posé au bord d'un bassin du vieux port de la ville:

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https://www.routard.com/mag_evenement/395/le_mas_nouveau_musee_d_anvers.htm

A Hambourg, grande ville portuaire toujours vivante et première capitale de la musique allemande (orgues monumentaux du XVIIe siècle et premier opéra germanique), ils ont choisi la musique en construisant, peut-être, l'une des plus belles salles de concert du monde s'élevant au dessus d'un ancien dock sur une presqu'île portuaire: la philharmonie de l'Elbe.

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Et au Havre, que fait-on?

Quel projet pour faire rayonner Le Havre et la Normandie?

Revue de presse normande au 7 novembre 2020:

Revue de presse normande au 7 novembre 2020:

L'épidémie de Covid revient de plus belle avec des décisions publiques bien difficiles à prendre, notamment dans les lycées et le commerce qui s'apprête à souffrir comme jamais avec ce confinement mi figue mi raisin à quelques semaines des fêtes de Noël. Mais la Normandie a quelques ressources qui peuvent nous consoler et nous rassurer sur le meilleur...

  • Le 9 novembre prochain, nous fêterons le 50ème anniversaire de la mort du Général de Gaulle. Dans son édition du week-end, (7/8 novembre 2020), Ouest-France se souvient que le Général de Gaulle avait proposé à l'occasion de son référendum d'avril 1969 une réforme qui eut été révolutionnaire si elle avait été validée par la majorité des suffrages: il s'agissait de régionaliser enfin la France et d'instaurer le principe de la participation des salariés dans la gestion des entreprises. On sait, hélas, ce qu'il en advint: les Français, manipulés par des considérations politiciennes, ont répondu NON non pas à la question qui leur avait été posée mais à celui qui leur avait posé la question. Ouest-France, quotidien breton ne pouvait ne pas revenir sur ce moment d'histoire perdue, notamment le voyage de Charles de Gaulle à Quimper en février 1969 sur le thème de la "France des régions": pour une fois que l'Etat central prenait le fait régional au sérieux!

De Gaulle et les régions à Quimper le 2 Février 1969 07112020 001

  • Dans la Lettre Eco Normandie (n°1685  édition du 6 novembre 2020) nous avons glané les articles suivants:

           Une étude récemment commandée démontre que la vallée de la Seine, entre l'amont parisien et l'aval normand présente un continuum industriel assez homogène entre ce qui relève de la conception, de la recherche-développement et autres services tertiaires pour les entreprises et ce qui relève de la fabrication industrielle proprement dite. Cette étude remet en cause bien des préjugés et nous nous en réjouissons car la triste idée néo-coloniale de concentrer la matière grise et les directions en région parisienne et la fabrication industrielle en Normandie a présidé, dans les années 1960 à la division néfaste de la Normandie en deux régions: ce schéma industriel taylorien qui nous a fait beaucoup de mal, à nous autres Normands, n'a plus lieu d'être. On en tirera, par conséquent, la conclusion suivante:

Puisqu'il y a aussi de la "matière grise" dans la vallée de la Seine en aval de Mantes-la-Jolie, la Normandie peut prétendre, aussi, à participer de plein droit à la direction du développement du "principal bastion" de la production française.

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Pour l'instant, l'économie régionale normande tout comme l'économie nationale fait l'objet d'aides publiques massives pour éviter un tsunami de faillites, de dépôts de bilan, de plans sociaux, une explosion du chômage... Mais si la crise devait durer...

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Comme d'habitude, hélas, les plus précaires, ceux qui naviguaient déjà avant la crise dans les diverses catégories statistiques de Pôle Emploi sont les plus exposés: la pauvreté a explosé en France depuis l'an dernier et se pose la question de la formation des salariés en recherche d'un nouvel emploi. Cette question est essentielle en Normandie qui est la première région industrielle de France en part de P.I.B.

Mais se former en Normandie ne consiste pas non plus à ne plus pouvoir se nourrir le... midi!

L'attention de la rédaction de l'Etoile de Normandie a été attirée par la situation suivante, pour le moins inacceptable!

En effet, des bénéficiaires du programme régional "Hachetague avenir" qui consiste en une prise en charge à hauteur de 600€ mensuels par le Conseil régional de Normandie d'une formation professionnelle qualifiante, n'ont pas été payés par les services ad hoc du conseil régional de Normandie depuis près de deux... mois! Certains de ces adultes en formation ont écrit à Hervé Morin pour alerter le président de région sur cette situation plutôt désastreuse pour ces Normands en galère mais aussi pour l'image de notre région. Aux dernières nouvelles, ce problème généré par la technique informatique serait en cours de résolution, à condition de ne pas recevoir seulement quelques euros symboliques en guise de paiement! En attendant, les centres de formation concernés à Hérouville-Saint-Clair et à Falaise doivent donner des tickets repas pour que les bénéficiaires d'un dispositif régional puissent se trouver le sandwich du midi dans une boulangerie!

https://parcours-metier.normandie.fr/ftlv-dispositif_avenir

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  • Covid et protocole sanitaire dans les lycées normands: Ce sera donc au cas par cas. Les chefs d'établissement doivent prendre des initiatives et des responsabilités en tenant compte des réalités et des besoins de chaque communauté éducative. Il est évident que la culture jacobine qui sévit habituellement dans la caserne de l'Education nationale ne prépare pas les esprits à ce surgissement soudain de l'horizontalité girondine et démocratique...

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/normandie-les-lycees-s-adaptent-a-la-crise-sanitaire-7042974

  • A Trouville, la municipalité et l'office du tourisme font tout ce qu'ils peuvent pour sauver le commerce local: Mais faut-il pour autant se vautrer dans le "frangliche" sous prétexte que cet idiome est celui des Parisiens qui avaient l'habitude de fréquenter le quai de Trouville en fin de semaine?

https://actu.fr/normandie/trouville-sur-mer_14715/l-office-de-tourisme-de-trouville-sur-mer-aide-les-commercants-on-veut-inciter-au-consommer-local_37304647.html

  • En bon français, il est possible et même recommandé de dire: "cliquer et collecter..."

https://actu.fr/economie/carte-decouvrez-quels-commerces-pratiquent-le-click-and-collect-en-normandie_37303736.html

  • En temps ordinaire, nous aurions eu en ce début de mois de novembre, le feuilleton des trains qui patinent en retard à cause des feuilles mortes tombées sur les voies. Avec le Covid, c'est plus radical!

https://actu.fr/societe/ligne-paris-granville-la-sncf-modifie-les-horaires-des-trains-pendant-le-confinement_37316152.html

  • Pollution de l'eau de nos rivières: il est sage de se fixer des objectifs réalistes! (Lettre Eco Normandie, n° 1685, 6 novembre 2020)

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  • Avec les éoliennes, la seule certitude (ou presque...) c'est le... vent!

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  • Les juges ont peur de l'écologisme qui est devenue l'idéologie officielle d'une certaine forme d'état profond: après la destruction du barrage de Vézins (Manche) sous prétexte de renaturation du cours de la Sélune, on attend les procès des riverains de Ducey assignant l'Etat et le préfet pour mise en danger de la vie d'autrui lorsque surviendront des crues hivernales de la Sélune à nouveau catastrophiques...

https://actu.fr/normandie/ducey-les-cheris_50168/les-amis-du-barrage-de-vezins-ont-perdu-leur-combat-judiciaire_37274189.html

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-791923-inondations-le-secteur-de-ducey-a-les-pieds-dans-l-eau

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  • A la centrale électro-nucléaire de Flamanville, rien ne va plus et Greenpeace n'y est vraiment pour rien!

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/nucleaire-le-redemarrage-de-flamanville-reporte-pour-la-enieme-fois-7041680

  • L'inquiétude des producteurs de pommes à cidre entre effets du changement climatique et effets économiques du confinement sanitaire...

https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/l-inquietude-des-producteurs-de-pommes-a-cidre-7043680

  • La municipalité de Caen reçoit une distinction pour la restauration exemplaire du clocher de l'église Saint-Pierre qui est, rappelons-le le "père de tous les clochers de l'Ouest". En effet, ce chef-d'oeuvre de l'architecture normande élevé au début du XIVe siècle et culminant à 76 mètres de haut, reconstruit à l'identique (pour ce qui est de la flèche ajourée) dans les années 1950 après les bombardements de 1944, a servi de modèle aux grands clochers breton de la seconde moitié du XVe siècle, notamment celui de la chapelle de pélerinage du Kreisker de Saint-Pol-de-Léon. Vous pourrez constater en comparant les deux architectures comme un lien de parenté...

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https://actu.fr/normandie/caen_14118/caen-recoit-un-prix-pour-la-restauration-du-clocher-de-l-eglise-saint-pierre_37302568.html

Sur la restauration du clocher de l'église Saint-Pierre de Caen et ce qu'on aurait pu en faire, avec un peu plus d'imagination, voir nos propositions sur l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2017/02/13/34930226.html

  • L'université de Caen-Normandie rayonne plutôt bien, dumoins sur les réseaux sociaux. Pourquoi vouloir la fusionner avec celle de Rouen? En revanche, chaque année, 3000 bacheliers normands estiment ne pas pouvoir faire autrement que devoir poursuivre leurs études en dehors de la Normandie... La solution à ce scandale n'est pas sur les réseaux sociaux!

https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/universites-les-plus-influentes-sur-twitter-caen-se-classe-dans-le-top-20-7043714

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  • Il semble que le conflit armé ne soit pas encore terminé sur les plages du débarquement de Normandie...

https://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-le-site-de-l-association-d-day-overlord-pirate-7042963

  • La Mora, le mythique navire offert à Guillaume par sa Mathilde pour la traversée de la Manche vers l'Angleterre en septembre 1066 va finalement être reconstruit à l'identique sur un quai du port de Honfleur: bien entendu, l'idéal eut été d'installer ce chantier là où la Mora fut probablement construite il y a plus de neuf cent ans maintenant, à savoir, dans l'estuaire de la Dives. Mais le maire de Honfleur, Michel Lamarre n'a pas laché l'affaire... Mais sera-t-il capable de larguer les amarres lorsqu'il le faudra pour que ce projet magnifique puisse, non pas prendre l'eau, mais... la mer?

https://www.ouest-france.fr/normandie/le-navire-de-guillaume-le-conquerant-sera-reconstruit-a-honfleur-7043702

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Desserte ferroviaire du Havre : faudra-t-il une catastrophe pour enfin réaliser le désenclavement du Havre par le sud ?!

     Actualité ferroviaire à l'extrème-sud de la France :

Une catastrophe remet sur les rails la ligne Nice-Tende

L’Antenne Jeudi 5 Novembre 2020

https://www.lantenne.com/Une-catastrophe-remet-sur-les-rails-la-ligne-Nice-Tende_a54104.html

La vallée de la Roya, sinistrée depuis le passage de la tempête Alex ayant détruit le réseau routier franco-italien, ne survit que grâce à la voie ferrée Nice-Tende et la desserte des TER SNCF ou des trains italiens.

© Collectif des lignes Nice-Tende

Il a donc fallu un désastre pour que la ligne Nice-Tende qui relie également Vintimille à Cuneo et Turin retrouve son utilité.

Après les violentes intempéries qui ont frappé l'arrière-pays niçois le 2 octobre dernier, les routes de la vallée franco-italienne de la Roya sont coupées pour de longs mois, la seule alternative reste ferroviaire.

Mais pour envisager sereinement l’avenir d’une ligne qui était menacée de fermeture il y a tout juste quelques mois, il faudra la mobilisation de moyens financiers supplémentaires et une meilleure coopération entre SNCF Réseau et son homologue italien.

Près de 50 km de routes et de nombreux ponts de la vallée ont disparu sous la furie de l'eau. La facture de la reconstruction côté réseau routier pourrait s’élever à plusieurs centaines de millions d'euros (près d’un milliard si l'on rajoute les routes détruites des vallées de la Tinée et de la Vésubie).

Seule la voie ferrée qui relie Nice à Tende reste une solution à court terme crédible. En tout cas après travaux sur la section entre Saint-Dalmas-de-Tende et Tende. Côté italien des premiers trains de l'opérateur Trenitalia ont pu desservir la petite commune frontalière depuis Cuneo.

Des travaux financés par la région

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a décidé de financer la totalité des travaux à réaliser sur cette ligne, non compris les financements déjà budgétés par SNCF Réseau. La région sollicitera l'Union européenne car la ligne représente un intérêt dans le système de corridors communautaires.

Elle dessert la France (Nice-Tende) mais aussi l’Italie (Vintimille-Tende Cuneo). Ces travaux nécessiteront un accord sur une nouvelle convention entre les deux États. Mais le temps presse, la ville de Tende un mois après la tempête est toujours inaccessible sans compter les mesures de confinement qui accroissent le désarroi des habitants.

Michel BOVAS

Jeudi 5 Novembre 2020

     Entre Le Havre et Rouen, sur le seul axe ferroviaire qui relie les deux villes, il y a trois viaducs monumentaux :

. Le viaduc de Mirville :

. Le viaduc de Barentin :

. Le viaduc de Malaunay :

     Ces trois viaducs séculaires sont-ils préservés d'un effondrement partiel ?

     Même question pour les tunnels...

 

Vertes critiques de la Cour Régionale des Comptes à l’encontre de l’Agence de Développement de Normandie

Le Poulpe, notre seule et unique média d'investigation normand, basé à Rouen a lu le dernier rapport de la Cour régionale des Comptes de Normandie consacré à la gestion et au fonctionnement de l'Agence de Développement de Normandie (ADN) qui est la pièce maîtresse sinon l'outil principal de la grande politique régionale d'action économique souhaitée dès le début de la réunification normande par Hervé Morin:

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Face au constat d'une fragilité structurelle du tissu entrepreneurial normand avec de nombreux passifs hérités de longues années passées dans la division régionale et la médiocrité localiste, notamment un sous-investissement chronique et un manque de vision cohérente et stratégique de l'industrie et des entreprises normandes, il a été décidé et mise en oeuvre très vite une politique expérimentale d'intelligence économique à l'échelle de toute la Normandie.

L'ADN qui n'est pas un "guichet unique" et qui ne saurait se réduire à sa seule fonction de robinet à subventions est aussi une agence qui, outre son action directe sur les capacités financières des entreprises normandes sur tous les points névralgiques de fragilité et de difficulté qui a permis de sauver depuis 2016 quelques 6000 emplois industriels normands via son dispositif ARME, travaille à la création de filières industrielles et entrepreneuriales normandes cohérentes, à l'organisation de réseaux de solidarités entre les entreprises normandes, à structurer une équipe des entreprises normandes qui s'épaulent mutuellement pour conquérir des marchés à l'international ou faire preuve de résiliance collective en cas de crise comme c'est le cas actuellement avec le coronavirus et ses conséquences sanitaires.

C'est aussi la création d'un réseau des pépites normandes en terme de savoir-faire, de brevets, d'innovation et de technologie ainsi qu'un réseau des entreprises normandes du "patrimoine vivant"...

Alors, oui c'est vrai, l'article à lire ci-après est intéressant et fait oeuvre utile car depuis le XIIe siècle et l'installation de la Cour des comptes normande dite de l'Echiquier dans le château de Caen, c'est un devoir normand que d'être rigoureux dans le contrôle de l'argent public et de son emploi...

Nous dirons donc que chacun doit être dans son rôle: les magistrats de la Cour des comptes se font vétilleux sur les coûts de fonctionnement de l'ADN, sur certains choix immobiliers qui pourraient paraître hasardeux. Le journaliste du Poulpe est aussi dans son rôle lorsqu'il reprend ici les principales conclusions du rapport de la cour régionale des comptes pour le publier et en faire un élément du débat public régional normand.

Mais l'ADN est aussi dans le sien: les critiques formulées ci-dessous par les magistrats sont parfaitement légitimes et nécessitent qu'il y soit fait ordre au plus vite. Mais cela n'implique pas qu'il faille chasser l'ADN comme un éléphant blanc au pays des léopards!


https://www.lepoulpe.info/la-chambre-regionale-des-comptes-se-paye-lagence-economique-dherve-morin/

La juridiction financière normande s'est intéressée à l'agence de développement économique de la Région lancée, en grandes pompes, il y a quatre ans, par le président de la collectivité régionale Hervé Morin. Au menu, risque de conflits d'intérêts, gabegie financière et mythe du guichet unique.

Par Manuel SANSON | 06 Nov 2020

« Parce que le développement de l’entreprise est la seule réponse à la problématique de création d’emplois, la Région Normandie a décidé de mettre en place une organisation souple et réactive répondant aux besoins spécifiques des entrepreneurs normands. »

Ainsi s’exprimait Hervé Morin, président (Les Centristes) de la région Normandie, en 2016, à l’occasion du lancement officiel de l’agence de développement pour la Normandie (ADN). 

Quatre ans plus tard, l’heure du premier bilan a sonné. Et c’est la chambre régionale des comptes de Normandie qui s’y colle. Derrière les éléments de communication et d’auto-promotion de l’ancien ministre de la Défense, la juridiction financière, elle, critique vivement le nouveau bras armé de la collectivité régionale en matière de développement économique.

« Un risque de conflit d’intérêts »

En tête de gondole de ce récent rapport, la chambre pointe « un risque de conflit d’intérêts ». Les magistrats ont pu, lors de leur audit, constater que deux membres du conseil d’administration de l’ADN – des chefs d’entreprise nommés au titre du collège des personnalités qualifiées – avaient, dans le même temps, bénéficié d’aides de l’agence pour leurs sociétés.

Le rapport ne dévoile pas l’identité des deux patrons. Le Poulpe a donc pris attache avec la Région pour en savoir plus. Selon les informations transmises de bonne grâce par le service communication de la collectivité, il s’agit de Pierre-Jean Leduc, président du groupe Dedienne, société qui a perçu près de 45 000 euros en juillet 2018. Le deuxième patron épinglé est Gérard Lebaudy, PDG de la Biscuiterie de l’Abbaye, parti depuis en retraite. Son entreprise a reçu, elle, près de 12 000 euros.

« La Biscuiterie de l’Abbaye n’est plus membre du CA de l’ADN depuis 2019 », fait savoir par ailleurs la collectivité régionale. Selon le service com’, « le conseil d’administration de l’ADN ne voit aucune des décisions prises et n’a pas d’avis à rendre ». « Les membres du conseil d’administration ont pour rôle de valider les orientations stratégiques prises par l’agence », ajoute notre interlocutrice. 

Fermez le ban, il n’y aurait aucun conflit d’intérêts, à l’inverse de ce que pense la chambre régionale.Dans sa remontrance,l’institution précise même que les statuts de l’ADN interdisent le cumul d’un mandat au conseil d’administration avec le fait de bénéficier d’une aide quelconque de l’ADN.

Le document prévoit de priver de leurs mandats les administrateurs qui se trouveraient dans cette situation. « L’article 4.2 des statuts ne permet pas d’occuper une fonction dans une entreprise en rapport avec l’agence. Dans ce cas, « l’intéressé est déchu de son mandat, soit par le conseil d’administration à la diligence de son président, soit par le préfet agissant de sa propre initiative ou sur proposition du président du conseil régional », rappellent les juges. Rien de tout cela n’a été appliqué.

« L’agence ne constitue pas le guichet unique pour les entreprises qui avait inspiré sa mise en place »

La chambre régionale s’est également penchée sur les charges de gestion de l’ADN. En particulier sur sa stratégie immobilière. « Une réflexion plus globale mériterait d’être conduite sur les économies et l’efficience qui pourraient résulter d’une adaptation des locaux, particulièrement étendus, aux besoins réels de l’établissement public », piquent ainsi les contrôleurs.

Dans leur collimateur, les 1500 mètres carrés de bureau utilisés par l’ADN pour son siège, près de Caen, et son antenne rouennaise, à Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime. « Cette double localisation appelle une réflexion au regard de son coût », estiment les magistrats.

Il est utile de rappeler ici que l’ouverture, en 2016, d’une succursale rouennaise a surtout obéi à des considérations politiques : il s’agissait, à l’heure de la réunification normande, de couper court aux critiques sur le supposé traitement de faveur accordé à l’ancienne région Basse-Normandie par la nouvelle majorité régionale de la droite et du centre.

Les contrôleurs financiers s’interrogent également sur la pertinence de sous-louer trois bureaux dans les beaux quartiers de Paris, en l’espèce avenue de Kleber dans le 16 ème arrondissement. Contre cette location, l’ADN paye 22 500 euros de loyer et de charges par trimestre.

« La partie sous-louée comprend trois bureaux. Les réservations ont été inférieures en moyenne à 41 par mois depuis la mi-2017. Une telle utilisation plaiderait pour une réduction à deux bureaux de la surface sous-louée », estiment les magistrats financiers. En réponse, la collectivité indique « qu’un déménagement dans un autre local parisien est prévu ».

« Il appartient à la Région de s’interroger sur les conditions de fonctionnement d’une structure qui consacre 55 % de son budget à ses charges de gestion, et 45 % aux aides économiques », cingle, de manière globale, la chambre. « L’agence, qui dispose d’un budget de neuf millions d’euros en 2018, ne constitue pas le guichet unique pour les entreprises qui avait inspiré sa mise en place », relève enfin l’institution financière.

Contrairement aux ambitions proclamées au lancement, plusieurs structures cohabitent toujours dans le domaine du soutien aux entreprises. « Alors que la création de l’ADN était censée permettre l’identification d’un « guichet unique », il existe en réalité trois personnes morales à vocation régionale en Normandie (NDLR : la Région, l’ADN et Normandie Participations) compétentes pour la décision et le mandatement des aides régionales aux entreprises », observent les magistrats financiers.
De la différence entre la com’ politique et la réalité des faits.


Pour faire bonne mesure, on prendra aussi connaissance du rapport d'activité de l'AD Normandie pour l'année 2017:

https://adnormandie.fr/wp-content/uploads/sites/8/2018/10/RA-AD-Normandie-2017_realisation2018_web.pdf

Avec le lin, l’industrie textile normande est en train de renaître à Luneray…

Dans une actualité bien morose sinon funèbre, la Normandie nous offre, une fois de plus, l'occasion de nous réjouir!

Avec cette belle nouvelle de la renaissance industrielle du textile normand (filage et tissage) à partir de la magnifique fibre de lin normand qui a la réputation d'être la meilleure du monde pour ses qualités propres, sachant que la Normandie est la première région mondiale de production de fibres de lin...

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https://actu.fr/normandie/luneray_76400/pres-de-dieppe-le-tissage-du-ronchay-se-lance-un-beau-defi-autour-du-lin_37247254.html

Près de Dieppe, Le Tissage du Ronchay se lance un beau défi autour du lin

Ça y est, les premiers mètres de lin ont été tissés mi-octobre à l’usine du Tissage du Ronchay à Luneray. Une belle aventure 100 % cauchoise.

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Joël Kosiak est le plus ancien de l’entreprise. Il part bientôt à la retraite mais est fier de participer à cette relance au côté de Marion Diarra-Lardans. (©Les Informations dieppoises)

L’usine Tissage du Ronchay à Luneray (Seine-Maritime) aurait dû être vendue en 2021 et laisser dans l’oubli des dizaines de machines de tissage.

Marion Diarra-Lardans, la fille d’un des propriétaires de l’entreprise, en a décidé autrement en redonnant toutes ses lettres de noblesse au tissage luneraysien.

Produit 100 % cauchois

Elle est partie pour cela sur un produit 100 % cauchois, le lin, en se fixant le défi de remettre en route quelques machines pour tisser exclusivement cette fibre linière.

Et sa ténacité a fini par payer.

En effet, la jeune femme est partie du principe qu’en cette période de crise économique où les marchés de l’import-export sont chamboulés, « il était bon de se recentrer sur les savoir-faire locaux ».

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Sacs, pochettes, rideaux…

Le lin, si emblématique de la région, va donc retrouver des couleurs au Tissage du Ronchay.

Les bobines de fils sont arrivées mi-septembre, il a fallu ensuite préparer la machine.

Les premiers mètres de tissu 100 % lin sont sortis le 17 octobre. Cela faisait 20 ans que le lin n’avait pas été tissé sur place !

La production se fait sous forme de bandes en lin d’un mètre de large qui vont essentiellement être destinées à la fabrication de sacs, de pochettes, de rideaux et d’accessoires de mode ou de maison. Le gros travail pour Marion Diarra-Lardans va être désormais de commercialiser ce tissu 100 % cauchois.

Le Tissage du Ronchay a notamment créé le premier tote bag – ces sacs fourre-tout en tissu – en lin avec le logo qui affiche la couleur. Pour l’heure, il est commandé en nombre par des comités d’entreprise et devrait très prochainement se trouver dans les points de vente de la région.

Une embauche

L’aventure du tissage du lin ne s’arrête pas là : Marion Diarra-Lardans a déjà embauché un salarié pour remplacer Joël Kosiak, le plus ancien de l’entreprise qui va partir à la retraite.

« Nous avons repris un ancien salarié qui connaît déjà un peu les machines car former quelqu’un prend un an et demi environ. Joël noue 1 200 nœuds à la main en deux heures, un novice ça lui prend la journée."

Marion Diarra-Lardans

Pour l’heure, Marion Diarra-Lardans reste prudente, seuls quatre salariés travaillent sur les machines.

Pour Steve Gratigny, le plus jeune salarié, cette renaissance est un soulagement : « Je peux enfin me projeter dans l’avenir et poursuivre un travail qui me plaît. Quand on a reçu les bobines de lin, on était comme des gosses devant un sapin de Noël ! »

Une start-up parisienne intéressée

Le lin tissé à Luneray devrait avoir de beaux jours devant lui, déjà une start-up parisienne s’y intéresse de près en effectuant actuellement des essais sur des rideaux.

Une deuxième machine à tisser doit être lancée début novembre.

COVID: L’académie de Normandie en pleine tourmente!

Crise de nerfs dans les lycées normands (mais aussi ailleurs en France):

Les chefs d'établissements, notamment les proviseurs, sont ulcérés d'apprendre les dernières évolutions du protocole sanitaire et du cadre d'organisation des lycées, par... voie de presse! En consultant, par exemple, dès potron-minet l'application pour smartphone d'un grand quotidien du soir pour connaître la dernière humeur du cabinet d'un ministre de l'Education Nationale qui gère la crise au fil de l'eau et au... doigt mouillé!

Comme toujours, les conséquences sont concrètes. Par exemple, pour diminuer le nombre des élèves présents dans les établissements, faut-il fonctionner en "mode hybride" c'est-à -dire, à la fois, en "présentiel" avec une partie des classes dans les murs du lycée et en "distanciel" avec l'autre restant à la maison (télé-enseignement)? Faut-il faire une rotation des élèves en semaine pair et impair en coupant les effectifs en deux? Sachant que le dilemme consiste à faire respecter un protocole sanitaire renforcé tout en gardant  "en même temps" (sic!) au maximum tous les élèves (crainte de l'absentéisme et du "décrochage" scolaire) tout en les distancant au maximum entre des murs que l'on ne peut pas repousser, dans des classes que l'on ne peut pas démultiplier et un dernier passage à la cantine qui ne peut pas se faire à ... 15heures.

A Paris, tant au ministère que sur les plateaux de télé, la position de M. Blanquer n'arrête pas de valser et la rectrice de Normandie fait, elle aussi de la communication de crise dilatoire dans les médias en attendant des consignes claires et définitives d'une hiérarchie jacobine qui a perdu... la tête!

Pendant ce temps-là, du côté de la région Normandie, Hervé Morin a bien raison de garde son sang froid mais alors qu'un projet régional de dotation de tablettes aux lycéens normands en cas de reconfinement partiel ou total des établissements scolaires est en attente depuis juillet dernier, on peut comprendre que le président de la Normandie finisse par perdre patience lui aussi!

https://actu.fr/normandie/caen_14118/covid-19-en-normandie-dans-les-lycees-nous-ferons-du-cas-par-cas_37291503.html

Covid-19 en Normandie : « Dans les lycées, nous ferons du cas par cas »

Rectrice de l'Académie de Caen (Calvados), Christine Gavini-Chevet évoque la situation sanitaire dans les lycées, où le brassage des jeunes inquiète élèves, enseignants et parents.

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Christine Gavini-Chevet, la Rectrice de l’Académie de Caen (Calvados), assure que les établissements scolaires resteront ouverts. Pour l’instant. (©Nicolas Claich/Liberté – Le Bonhomme libre.)

Actu : La situation sanitaire inquiète nombre de lycéens, mais aussi d'enseignants et de parents d'élèves. Que leur répondez-vous ?

Christine Gavini-Chevet : Le nouveau protocole, publié le 30 octobre, accentue déjà les mesures précédentes. Il sera mis à jour le 9 novembre, avec l'objectif de diminuer le brassage des élèves, notamment au moment de la restauration scolaire, où le respect des distanciations sociales n'est pas évident. Certains établissements pourront ajouter un service à la cantine, par exemple. En primaire et au collège, c'est relativement simple à mettre en place, d'autant que nos établissements ne sont pas bondés.

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« Pas de fermeture, pour l’instant »

C'est dans les lycées que se posent le plus de problèmes...

C. G-C. : Nous avons demandé à tous les établissements de la région Normandie de nous proposer un plan de continuité d'ici au 9 novembre. Nous les étudierons au cas par cas, en fonction de la configuration des locaux et toujours en lien avec la situation épidémique. Certains seront peut-être amenés à faire des cours à distance une partie du temps. Mais l'objectif est de rester le plus possible en présentiel. Il est important de ne pas perdre le lien avec les élèves, pour éviter le décrochage. Une chose est certaine : il est hors de question de passer brutalement à 50% du temps à distance. Pour l'instant, il n'est absolument pas envisagé de fermer les établissements comme au mois de mars. Nous sommes relativement confiants car nous n'avons eu que très peu de contaminations en milieu scolaire.

Et Vigipirate ?

À la crise sanitaire s’est ajoutée, après l’assassinat par un islamiste radical de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie à Conflans Sainte-Honorine, un contexte sécuritaire anxiogène autour des établissements scolaires. Ceux-ci font l’objet d’une surveillance particulière dans le cadre du plan Vigipirate. « Nous avons deux crises majeures à gérer en même temps, observe Christine Gavini-Chevet. En terme de priorité, Vigipirate devance la crise sanitaire. Protéger les élèves et nos personnels est notre priorité absolue ».

Quelles solutions pourraient être envisagées ?

C. G-C. : Nous avons déjà reçu des projets d'établissements, qui sont très intéressants. Dans l'Eure, un lycée va proposer un rythme sur trois semaines, avec trois groupes différents : deux semaines en présentiel, une semaine à distance. À Caen, un lycée va mettre en place une partie des cours à distance, sauf pour les élèves repérés comme « décrocheurs » lors du premier confinement. L'idée est de faire connaître ces bonnes pratiques aux autres établissements, sans a priori idéologique.

Certains lycées passent à l'hybride

Certains établissements ont déjà activé leur "plan de continuité" de l'enseignement, après avoir reçu l'aval du rectorat. "Nous avons déjà dit "oui" à certains lycées dont les projets étaient très bien construits", indique Christine Gavini-Chevet.
Les lycées Arcisse-de-Caumont de Bayeux et Jean-Rostand de Caen, par exemple, ont franchi le pas et vont passer rapidement à une partie d'enseignement à distance.

« Un effort particulier pour les bacheliers »

Les élèves de Terminale, qui doivent passer le bac en fin d'année, sont particulièrement inquiets...

C. G-C. : Un effort particulier sera fourni en leur direction. Ils ont déjà été affectés l'an dernier, avec trois mois de cours en moins. Nous ne souhaitons pas, autant que possible, réduire les cours en présentiel. Une réflexion est en cours au ministère. Un comité de suivi a soumis l'idée d'annuler les épreuves communes prévues en novembre et janvier, mais ce n'est pas encore acté.

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Qu'en est-il des classes d'enseignement supérieur hébergées au sein des lycées (BTS, prépa...) ?

C. G-C. : Ces élèves sont considérés comme plus autonomes. Le distanciel serait plus simple à mettre en place. Mais, encore une fois, chaque établissement proposera une solution en fonction de sa configuration.

Trafic de céréales : quand l’axe Seine se dilue dans l’Atlantique…

     La communauté portuaire de Rouen ne manque jamais une occasion de bomber le torse comme un coq depuis que se succèdent les cargos vraquiers très encombrants dans le chenal d'accès à son port fluvio-maritime positionné à 120 km de la mer, approfondi pour la modeste somme de 197 millions d'euros il y a quelques années...

     Une question me brûle les lèvres :

     Comment se fait-il qu'un cargo partiellement chargé de céréales à Rouen à cause de la contrainte de tirant d'eau passe par le port de La Rochelle-La Pallice au lieu de tout simplement faire étape... au GPM du Havre, principal port de l'axe Seine et du GIE HAROPA... regroupant les ports du Havre, de Rouen et de Paris ?...

Mercredi 4 novembre 2020: l’histoire du château de Caen passe à la télévision ce soir…

Ouest-France l'a repéré pour nous...

La longue histoire du château de Caen fait l'objet d'un documentaire diffusé ce mercredi 4 novembre 2020 à 21h00 sur la chaîne RMC Découverte:

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Une longue et glorieuse histoire du château fort fondé jadis par Guillaume Le Conquérant qu'il faudrait éviter de conclure avec... ça:

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Archives de l'Etoile de Normandie:

http://normandie.canalblog.com/archives/2020/09/18/38540283.html

http://normandie.canalblog.com/archives/2020/09/16/38536124.html

EHPAD ou… mourroir à Louviers… Et si nous en revenions au temps des béguinages?

L'actualité est redevenue tragique... La mort rode partout! On nous dira que c'est de saison. Le 2 novembre, on l'oublie trop souvent, est le véritable jour dédié à la mémoire de nos morts et non pas la Toussaint...

Mais avec l'épidémie du Covid et le risque des attentats terroristes islamistes, la Camarde fait son grand retour!

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Ce qui est à lire ci-après est édifiant du peu de cas que notre société fait de ce qui était autrefois l'une des plus grandes affaires d'une vie humaine normale: se préparer dignement à la Mort...

Comment faisait-on autrefois alors que nos ancêtres ne disposaient pas d'une vie matérielle aussi confortable que la nôtre et n'avaient pas une médecine aussi performante et efficace que la nôtre?

Face à la Mort, autrefois, aucune personne humaine, aucune âme humaine n'était laissée seule, livrée à elle-même comme aujourd'hui.

Et pour s'y préparer, les "vieux" vivaient le plus longtemps possible avec tous les autres, dans les familles, au coeur des maisons et des villages à la campagne. Et en ville, existait, autrefois, des immeubles mixtes où les générations et les classes sociales vivaient ensemble chacune à son étage mais avec la possibilité d'une solidarité quotidienne et pratique. Mais il y avait aussi des communautés de vieux et de vieilles: dans le Nord du royaume de France, notamment dans les Flandres, dans la foulée du vaste mouvement de spiritualisation de la société civile portée par les laïcs aux XII et XIIIe siècles, sont apparus les béguinages qui étaient des communautés monastiques regroupant, notamment, des femmes laïques décidant de vivre individuellement tout en partageant les tâches quotidiennes indispensables.

https://www.beguinagesolidaire.fr/actualites/90-le-beguinage-solidaire-pourquoi-ce-nom.html

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Le Béguinage Solidaire®, pourquoi ce nom ?

Cette question nous est souvent posée. Deux réponses en réalité.
La première est historique. Le béguinage est un mouvement né au XIIè siècle, une époque bouillonnante pour l'Europe. Des femmes de conditions très différentes accomplissent des oeuvres extraordinaires. Le béguinage dont l'histoire est encore mal connue s'inscrit dans ce courant. Il est le lieu d'une grande fraternité, d'une véritable ouverture sur la cité même s'il est aussi un lieu de protection. La culture y trouve une véritable place. Ces femmes (puis des hommes) travaillent, vivent et prient ensemble tout en respectant l'intimité de chacune. C'est la révolution française[1] qui met un terme à cette aventure.

Aujourd'hui, le mouvement des béguinages, (begijnhof en néerlandais, beginenhof en allemand) compte des centaines de réalisations, principalement en Europe du nord. Son caractère religieux s'est globalement effacé mais l'esprit demeure : liens forts entre les habitants et le voisinage, sobriété (s'exprimant dans notre démarche écologique), partage.

Nous nous retrouvons dans cette belle histoire. Et il est bon d'avoir des racines pour grandir et se développer .

A vrai dire, nous avons bien imaginé quelques noms originaux pour notre projet. Mais aucun ne nous a convaincus. Et nous rêvons du jour où les habitants des Béguinages Solidaires iront rencontrer ceux des begijnhofs et des beginenhofs ou simplement des béguinages à travers l'Europe pour des échanges riches de rencontres et de découvertes. Voilà pour la première raison.

A la réflexion, la seconde nous est apparue peu à peu. Elle est plus subtile. Employer le mot Béguinage laisse toute sa liberté à l'imagination pour construire son propre rêve et surtout sa propre réalisation. Il est difficile de mettre dans une case un mot dont personne ne connait l'origine exacte.

Tandis que EHPAD, MARPA, résidences seniors ou résidences services, même foyer-logements, sont des appellations qui conditionnent immédiatement la réflexion, tant des futurs habitants que de leurs familles, de leurs amis et même des personnes qui viendront y travailler.

Nous assistons à des tentatives pour catégoriser les projets émergeants d'habitats solidaires. Le mot à la mode est « habitat inclusif ». N'est-ce pas là un essai pour nous mettre dans un nouveau cadre, une nouvelle case ? Et comme la mode, cela ne durera peut-être qu'une saison ou deux.

En ce qui nous concerne, nous voulons libérer l'imagination des habitants, nous voulons les inviter à être acteurs de leur vie et acteurs de celle du groupe des habitants, acteurs de la cité aussi.

Alors, avec « Béguinage Solidaire », tout est possible, tout est à inventer par chaque futur habitant en lien avec ses voisins.

Voilà, vous savez tout ! Nous vous invitons à écrire l'histoire des 8 prochains siècles du béguinage !   

Pour ceux qui voudraient aller plus loin : https://fr.wikipedia.org/wiki/Béguinage


[1] La révolution ferme tous les lieux de confession chrétienne et lorsqu'elle envahit l'Europe, elle en fait de même à travers les pays vaincus.


 

Après la solution, le problème qui confine au tragique!

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/sept-morts-et-57-cas-de-covid-19-au-sein-d-un-etablissement-korian-a-louviers-FD17411433?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=d26e742055&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email&mediego_ruuid=86eb6691-ca16-4ab2-95e2-a4166351b7f7_0&mediego_campaign=20201031_news_actu&utm_content=20201031

Sept morts et 57 cas de Covid-19 au sein d’un établissement Korian, à Louviers

Santé. Depuis le 14 octobre, 57 résidents de l’établissement Korian, situé sur le boulevard Georges-Clemenceau, à Louviers, ont été testés positifs au Covid-19. Sept sont décédés.

Le deuxième confinement commence dans la difficulté pour l’établissement Korian, situé sur le boulevard Georges-Clémenceau, à Louviers. Sept décès ont été enregistrés depuis le 14 octobre, comme l’a révélé la Dépêche de Louviers. Mais la direction reste très vigilante et se veut rassurante...

Sept décès

Interrogé, l’établissement Korian se concentre sur le positif. « Le premier cas de Covid-19 a été découvert le 14 octobre, soit il y a plus de deux semaines. Le pic de l’épidémie a été atteint. Aujourd’hui les chiffres sont à la baisse. » Mais restent toutefois importants.

Au total, sur les 90 résidents de l’établissement, 57 sont positifs. « C’est un chiffre impressionnant, oui, mais 70 % d’entre eux sont asymptomatiques. C’est une bonne nouvelle », précise la direction. Les porteurs du virus ont été regroupés dans une unité afin de les isoler des autres résidents. Malgré tout, sept décès ont été constatés...

Pour le moment, les animations au sein de l’établissement ont été annulées. Durant le premier confinement, le personnel soignant avait redoublé d’imagination pour occuper les personnes âgées : foot couloir, loto couloir, beach-volley couloir, coiffeur à domicile, etc.

Mais rien de cela ne sera possible tant que la situation ne sera pas revenue à la normale. Seuls les appels en visio avec les proches ont été remis en place il y a trois jours. Et les visites, bien qu’autorisées par le président de la République, sont elles aussi interdites depuis le 16 octobre.

Des salariés à l’isolement

Le personnel a lui aussi été testé après l’apparition du premier malade. Et 26 d’entre eux se sont révélés positifs. Ils ont donc été contraints de rester chez eux.

La direction ne cache pas être en recherche d’infirmiers : « Tous les soins sont assurés, mais nous avons besoin de renforts. Qu’ils n’hésitent pas à postuler ! »


 

Commentaire de Florestan:

Le modèle français des EPHAD qui sont des usines à mourir gérées par des promoteurs immobiliers et des groupes privés hôteliers n'en est pas un. L'actuelle épidémie du Covid révèle une fois encore le tragique de notre société et de notre époque.

Il faudra repenser complètement la prise en charge du 3ème, du 4ème voire du 5ème âge: la création d'un nouveau pilier dédié pour la sécurité sociale est à l'ordre du jour mais cela ne sera pas suffisant. Car il s'agit de repenser totalement la vie quotidienne de nos vieux qui sont délaissé par notre société contemporaine individualiste, égo-centrique, matérialiste, narcissique, jeuniste et hygiéniste... Egoïste et nihiliste!

Notre héritage spirituel, notre patrimoine culturel nous offrent des trésors de solutions. A condition de le savoir et de s'y intéresser.

Faisons donc ce rêve:

1) Démantèlement et suppression des EPHAD.

2) Construction immobilière et réhabilitations patrimoniales pour créer en Normandie un réseau régional de "béguinages", d'immeubles et de jardins partagés, d'habitats inclusifs, adaptés et médicalisés en fonction de chaque besoin...

Que nous ayons tous, un petit vieux ou une petite vieille près de chez soi!

Quelques exemples:

http://www.semdo.fr/nos-realisations/construction-vente-dimmeubles/beguinage/

http://www.vivre-en-beguinage.fr/nos-beguinages/beguinage-de-murs-erigne/

https://www.lavoixdunord.fr/679293/article/2019-12-12/cappelle-la-grande-au-coeur-de-la-zac-du-centre-un-nouveau-beguinage-bientot-en

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La choule à crosse: un sport traditionnel normand qui a failli mourir mais qui est en pleine renaissance!

Alors que ce sport collectif normand, ayant des racines millénaires puisqu'il remonte aux Vikings, qui a été longtemps pratiqué dans nos campagnes et nos villages avait interdit en 1850 par les autorités préfectorales de l'Etat central français sous prétexte de troubler ll'ordre public... Alors que les sports ruraux anglais furent à l'origine de la plupart de nos sports modernes encadrés par des règles officielles, des championnats officiels et des compétitions nationales et internationales couronnées par les Jeux olympiques qui permirent, à l'orée du XXe siècle, l'invention du sport professionnel... Alors que la plupart de ces sports et jeux professionnels anglais ont souvent une origine française (pensons au "tennis" dont l'ancêtre direct est notre "jeu de paume"), voire... normande, (merci Guillaume!)  il était plus que légitime que nous cessions d'ignorer ou de mépriser sinon de massacrer notre patrimoine immatériel en matière de jeux et de sports sous prétexte que ces activités sentent un peu trop la... bouze!

Après plus d'un siècle et demi de honte de soi, les Ploukistans français redécouvrent avec bonheur leurs traditions sportives et ludiques locales et enracinées: il n'y a donc pas que la pelote basque ou le palet breton dans nos régions de France!

Depuis vingt-ans, dans toutes nos régions ou presque, on assiste à un vaste mouvement de redécouverte et de renaissance de ce patrimoine immatériel qui avait totalement ou presque disparu de nos pratiques sociales et culturelles quotidiennes: à l'instar de la redécouverte de la langue hébraïque qui est redevenue, au XXe siècle, une langue vivante alors qu'elle était devenue au fil des siècles une langue morte historique et liturgique, la renaissance des sports et jeux traditionnels normands nous démontre que les épurateurs, les simplificateurs, les niveleurs infatués de leur bêtise idéologique, n'ont jamais le dernier mot!

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Voir sous le lien suivant, une brève histoire de la choule à crosse ainsi qu'une vidéo présentant ce jeu normand en pleine renaissance...

https://www.francebleu.fr/vie-quotidienne/jeux/jeu-traditionnel-connaissez-vous-la-choule-a-crosse-1569320553

 

 

PATRIMOINE NORMAND EN PERIL/14: Sauvons le « Grand château » de Serquigny et créons une agence régionale du patrimoine normand!

Voici une nouvelle preuve de l'urgence d'avoir une politique publique régionale spécifique, stratégique, efficace et active du patrimoine normand notamment quand des propriétaires, des collectivités territoriales (communes et intercommunalités) ou des associations et des entreprises ont des projets utiles, cohérents et viables pour SAUVER notre patrimoine architectural et artistique régional qui est exceptionnel par sa densité et sa qualité:

On le constate, une fois de plus, l'Etat central, via la DRAC et son directeur régional qui est aux abonnés absents (il somnole en attendant sa mise à la retraite...) ne fait plus rien, ne contrôle plus rien et ne prend quasiment plus aucune initiative: c'est donc à la Région de prendre le relais en proposant l'expertise et les financements nécessaires au portage et à la réussite des projets respectueux et viables qui ont le but de faire vivre au quotidien notre patrimoine qui souffre d'un manque chronique d'entretien mais aussi d'une certaine désaffection tant pour des raisons d'incompétence et d'inculture que pour des raisons idéologiques (haine de l'Histoire dans certains milieux intellectuels):

Le patrimoine normand, répétons-le, c'est le PETROLE DE LA NORMANDIE, une ressource territoriale majeure, une source de création d'emplois non délocalisables qu'il faut cesser de négliger de toute urgence!

https://actu.fr/normandie/serquigny_27622/serquigny-l-avenir-incertain-du-grand-chateau-au-coeur-d-un-imbroglio-juridique_37225436.html

Serquigny. L'avenir incertain du Grand château, au coeur d'un imbroglio juridique

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La sous-préfète de Bernay est venue à la rencontre des élus de Serquigny. Son attention a été attirée vers le Grand château, un patrimoine au cœur d'un imbroglio juridique.

Nommée sous-préfète de Bernay (Eure) au mois de septembre dernier, Corinne Blanchot-Prosper découvre l’arrondissement au fil des semaines. Lundi 19 octobre, elle était de passage à Serquigny.

Pendant plus de deux heures, à pied et sous un soleil automnal, elle a parcouru les rues en compagnie du maire et de plusieurs élus et responsables des services municipaux. « C’est l’occasion de présenter la commune, de remettre au bon souvenir de la sous-préfète des dossiers pour lesquels on aurait besoin de l’aide de l’État », sourit le maire, Frédéric Delamare, en pensant par exemple à un accompagnement administratif pour l’aménagement du Parc Maubuisson. Ce vaste espace arboré au cœur de la ville a été cédé par Arkema il y a deux ans et la municipalité compte l’urbaniser de manière raisonnée.

Un appui serait bienvenu aussi sur la question des gens du voyage, qui viennent régulièrement s’installer aux abords de la salle des fêtes, pour laquelle une restructuration est envisagée, un projet phare du mandat. La sous-préfète a visité aussi l’église, la maison médicale, la médiathèque, les écoles…

Le maire lui a montré le vaste pôle social de Serquigny, riche en emplois, avec la présence de l’ITEP (institut thérapeutique éducatif et pédagogique), l’ATMPE (association tutélaire des majeurs protégés de l’Eure) et la maison relais gérée par l’association Ysos qui accueille des gens en grande difficulté sociale sur de courtes durées.

Une quarantaine de propriétaires

La déambulation s’est conclue par le Grand Château et ce n’est pas l’enjeu le moins complexe. Un ouvrage historique bâti à la fin du XVIIe siècle, élevé sur les fondations d’une précédente construction datant du XIe siècle. Auparavant occupé par l’Adapt (Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées), il a été vendu il y a plus de 15 ans à une société qui entendait y créer des appartements et les revendre à des particuliers.

L’entreprise a été placée en liquidation judiciaire et le projet n’a jamais vu le jour. Si le colombier a été restauré (une activité de gîte a existé, avant d’être abandonnée), le bâtiment principal et les pavillons auraient besoin d’une rénovation, avec des problèmes de vandalisme. La végétation est en train d’envahir la façade de briques et de silex, et donne une impression d’abandon…

La bâtisse est divisée en une quarantaine de propriétaires différents, habitants aux quatre coins de la France, voire à l’étranger, et floués financièrement après avoir investi dans ce projet immobilier tombé à l’eau. Des joueurs de football en font notamment partie.

Un pavillon a été mis en vente l’année dernière sur internet pour ce château qui compte de multiples propriétaires. 

En 2018, un promoteur s’est intéressé au site, il voulait racheter le bâtiment et construire des pavillons dans les prairies naturelles qui bordent l’édifice. Mais en zone inondable, ce n’était pas réaliste… L’année dernière, sur Leboncoin.fr, un des deux pavillons avait été mis en vente pour 67 000 €.

« Cela fait mal au cœur », confie Claudine Deriot, conseillère municipale, qui connaît bien l’endroit pour avoir travaillé à l’Adapt. 

« On a entrepris des recherches pour retrouver des propriétaires, certains sont prêts à céder leurs parts, voire à les donner. Mais si sur les 40 propriétaires, 39 acceptent, mais qu'il y en a un qui dit non, on ne peut rien faire. »

Frédéric Delamare
maire de Serquigny

« Il y a un potentiel »

« C’est un patrimoine d’une richesse incroyable au cœur de la commune, il y a un potentiel », ajoute-t-il en regardant ce château qui vaut le coup d’œil. Comment arriver à sortir de ce bourbier ? « Il ne faut pas laisser ce dossier en friche, nous sommes ouverts à toutes les bonnes volontés pour trouver une solution », indique Frédéric Delamare, avec la volonté de régler le problème juridique posé par la multiplicité des propriétaires pour faire émerger un nouveau projet.

« Tout est possible pour ce château, une vocation touristique, un lieu de séminaires, le siège d’une entreprise… », imagine l’élu.

Alors que l’ancien maire, Lionel Prévost, avait déjà interpellé les services de l’État, la sous-préfète de Bernay a promis à nouveau de se pencher sur le sujet.


 

Commentaire de Florestan:

Ce n'est pas les services de l'Etat qu'il faut interpeller... Ils n'en plus rien à foutre!

C'est, au contraire, le conseil régional de Normandie qui devrait prendre le relais de l'Etat central défaillant car il dispose déjà en matière de patrimoine un service ad hoc ainsi que la direction régionale de l'inventaire (depuis la réforme de 2004).

Mais il manque encore à la Région la création d'une agence spécifique comme celle qui existe pour les entreprises (l'ADN), le tourisme et l'attractivité ou, plus récemment, pour l'environnement (ARBDD): le patrimoine ne doit plus être l'impensé du tourisme, de la culture et de l'attractivité régionale, il mérite une attention spécifique et son état général actuel mérite même qu'on s'y intéresse de façon très urgente!

Dans la perspective des élections régionales et la définition d'un projet normand pour les prochaines années, nous suggérons la création d'une agence spécialisée pour la valorisation, la sauvegarde et l'entretien du patrimoine matériel et immatériel de la Normandie qui pourrait regrouper les divers services et outils qui existent déjà (service régional du patrimoine, service de l'inventaire, fabrique des patrimoines, "cluster" Normandie médiévale, partenariat avec l'association sites et cités remarquables...)

L'une des actions possibles de cette agence serait d'assurer le portage d'expertise archéologique, historique, culturelle, technique, juridique et financière des projets de la société civile normande et des collectivités territoriales locales pour faire vivre notre patrimoine normand et, dans de trop nombreux cas, d'assurer sa... survie!

Voir aussi, les dernières nouvelles du pont Colbert de Dieppe:

https://www.tendanceouest.com/actualite-373016-dieppe-c-est-officiel-le-pont-colbert-est-classe-aux-monuments-historiques.html

373016

A nos infirmières, professeurs, cafetiers, artistes, voisins, …

Tribune du groupe des élu.e.s communistes dans le Rouen Mag de novembre A l’heure où nous voudrions construire des projets d’avenir, les événements nous ramènent irrémédiablement, violemment, à l’indigence des politiques menées depuis trop d’années sacrifiant les valeurs de la République au profit de l’austérité libérale qui bénéficie à quelques minorités privilégiées au détriment du vivre ensemble, de la proximité, de l’épanouissement du plus grand …

Le saut-de-mouton ferroviaire: un nouveau sport pratiqué en Ile-de-France avec l’argent des… moutons normands!

C'est une bien mauvaise habitude héritée des années de déclin régionale dans la division normande et la médiocrité localiste: à Paris, ils n'ont pas l'habitude d'avoir affaire à la fermeté et à la volonté d'un lobby normand. Les élus Normands ont du mal à "chasse en meute" et se croient plus malins que d'autres élus normands en croyant qu'il est possible d'aller chercher directement dans un cabinet ministériel parisien ce qui leur manque sous prétexte d'avoir le bras long.

Résultat de ce chacun pour sa pomme à la sauce normande, l'idée qu'il est facile de monter les élus Normands les uns contre les autres et de les faire cracher au bassinet pour la réalisation de certaines de leurs doléances. Concrètement, l'Etat ne fait pas de cadeaux à des Normands qui sont incapables de se mettre ensemble afin d'exercer une pression efficace pour en obtenir: si les Normands veulent obtenir ce qu'ils veulent eh bien... qu'ils payent! Et c'est ainsi que les grands ponts sur la Seine (Tancarville et Honfleur) sont payés par les usagers normands avec des péages qui remboursent sans fin des emprunts...

Pour le ferroviaire, le mépris de la Sncf pour les bouzeux de Normandie frise la perfection: depuis plus de trente ans, la Sncf refuse de considérer que les grandes lignes normandes soient autre chose que des lignes de grande banlieue et prétextant une difficulité tant géographique que technique, la technologie du TGV n'a pas pu être déployée sur les grandes lignes normandes.

La question se pose depuis le début des années 1990 avec la fin du Turbotrain et l'échec du projet de Liaison Rapide Normandie Vallée de la Seine (LRNVS) car il aurait fallu développer du côté d'Alstom et de la Sncf une solution technique adaptée qui n'était pas celle du tout TGV...

Depuis cet échec, plus rien. Ou plutôt, la gestion d'une longue et lente aux enfers ferroviaires, là où la Normandie se trouve désormais!

Mais réjouissons nous! Depuis la réunification, les élus Normands font enfin l'effort d'être plus solidaires et unis pour la défense d'un intérêt régional normand qui n'existait pas auparavant...

Seul problème: c'est que c'est encore aux contribuables normands de tout payer!

https://www.lecourriercauchois.fr/actualite-266085-ligne-paris-normandie-un-saut-de-mouton-a-clichy-pour-ameliorer-le-trafic-sncf

266085

Lire l'article suivant:

https://actu.fr/societe/le-saut-de-mouton-a-la-gare-saint-lazare-pour-des-trains-normands-est-en-bonne-voie_37201496.html

Le « saut-de-mouton » à la gare Saint-Lazare pour des trains normands est en bonne voie

Lundi 2 novembre 2020, les élus normands ont acté le projet très attendu du « saut-de-mouton » à la gare Saint-Lazare pour fluidifier le trafic des trains normands et transiliens.

C’est un projet qui pourrait changer la vie des navetteurs normands. La Région Normandie et la SNCF Réseau portent un projet de « saut-de-mouton » au niveau de la gare de Clichy-Levallois qui pourrait permettre aux trains Paris-Caen-Cherbourg et Paris-Rouen-Le Havre de ne plus croiser les trains de banlieue à l’arrivée de Paris.

Avec ce saut-de-mouton, les trains passeront les uns au-dessus des autres, sans se gêner. Fini les trains qui s’arrêtent quelques dizaines de mètres avant la gare Saint-Lazare, pendant quelques minutes, voire des dizaines de minutes. « Il y aurait une diminution des retards de 28 % en période de pointe pour les trains normands comme pour les transiliens, selon une dernière étude », assure Hervé Morin, le président de la Région Normandie.

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Un projet parisien financé par des Normands

Si ce projet paraît vieux comme le monde, c’est parce qu’il se trouve en l’Île-de-France et que ce sont des collectivités normandes qui vont investir sur ce territoire. « Jusqu’à présent, Valérie Pécresse, la présidente de la Région Île-de-France ne voulait pas de ce projet ; elle estimait qu’allonger les quais de la gare Saint-Lazare suffisait », explique le président de Région.

Mais grâce à une récente étude indépendante, « nous avons ainsi prouvé que c’était la seule solution », annonce avec un sourire de vainqueur Hervé Morin.

Pour l’heure, le financement de cet ouvrage est estimé entre 160 000 et 200 000 euros. La moitié serait financée par l’État, et l’autre moitié se partagerait entre les collectivités normandes (50 % par la Région, 25 % par les départements et 25 % par les intercommunalités). « Nous espérons que la Région Île-de-France participera aussi, mais nous ne voulons pas retarder le projet alors aujourd’hui, nous montrons que nous pouvons tout financer grâce à nos efforts communs », se félicite Hervé Morin.

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Des Normands à l’assaut de la gare Saint-Lazare

Ce saut-de-mouton, c’est aussi pour les Normands un premier jalon posé pour la Ligne nouvelle Paris Normandie (LNPN), un autre serpent de mer que les élus normands ne lâcheront pas.

« C’est aussi pour acter que les lignes normandes doivent continuer à arriver directement dans Paris, à la gare Saint-Lazare et non à Mantes-la-Jolie, comme cela a pu être évoqué par des élus parisiens, fulmine le président de Région. La Normandie ne sera pas la seule région à ne pas avoir d’arrivée directe sur Paris. »

Une livraison pour…

Cependant, le saut-de-mouton, ce n’est pas pour demain. Les premières études de la SNCF prévoyaient une livraison pour… 2032 ! « Ce sont des travaux très utiles, car ils vont permettre d’intensifier le trafic et de démarrer le projet LNPN qui ne peut pas se faire sans ce saut-de-mouton, assure Hélène Vasseur, la directrice SNCF Réseau en Normandie. Mais ces travaux sont complexes et ils se déroulent sur un axe très fréquenté. »

D’autant plus que les travaux ne pourront pas commencer avant que ceux de la ligne Eole (RER E), dont la fin est prévue pour 2024, ne seront pas terminés. « Il y a également les Jeux olympiques 2024 qui imposent un moratoire de six mois sur les travaux », ajoute Hélène Vasseur.

Mais les élus normands, qui mettent la main à la poche, ne veulent pas attendre 2032. Ils demandent une livraison pour 2027, voire 2028. « Cela doit être possible. Je ne comprends pas qu’on fasse autant d’études pour faire juste un pont au-dessus d’une voie… Cela me paraît excessif », peste Joël Bruneau, président de Caen-la-Mer.

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Rendez-vous en octobre 2021

Rendez-vous est donc pris pour les collectivités normandes avec SNCF Réseau en octobre 2021, date à laquelle un premier jalon d’études permettra de préciser exactement l’implantation de l’ouvrage, et plus précisément les modalités et le calendrier des travaux ainsi que le coût de l’opération.

En parallèle, « les discussions avec la Région Île-de-France, associée aux études, se poursuivent pour une participation de cette dernière au financement », conclut la Région.

Vers 11 heures, ce lundi 2 novembre 2020, jour des défunts, dans un lycée professionnel normand…

Billet de Florestan:

Vers 11 heures, ce lundi 2 novembre 2020, jour des défunts, dans un lycée professionnel normand...
Hommage à Samuel Paty.
Dans mon lycée, la matinée a été totalement improvisée avant la minute de silence: les professeurs ont refusé de prendre leurs élèves dès la première sonnerie du matin pour avoir un indispensable moment d'échange. Notre proviseur faisant fonction se plaignant d'être informé sur ce qu'il devait faire en écoutant... France Inter a abondé en notre faveur et a laissé faire ne serait-ce que pour savoir quoi faire avec nos élèves avant et après la cérémonie d'hommage.
J'ai lu la lettre de Jaurès aux institeurs à deux voix avec une collègue et les élèves rassemblés dans le gymnase avec toute les adultes de la communauté scolaire ont respecté le moment de silence. Ce fut impeccable, d'une belle tenue et très émouvant. J'ai, ensuite pleuré en me tournant vers le mur.
Par la suite j'ai eu un long échange de près d'une heure dans le hall du lycée avec l'un de mes élèves musulmans pratiquant sa religion et originaire d'Albanie sur tous les grands sujets concernant la laïcité, la liberté de conscience, le véritable blasphème, le sacrifice d'Isaac, les valeurs républicaines, le bien et le mal, le pur et l'impur, le vrai, le faux, le grand et le petit djihad, les frères musulmans, le Coran créé ou incréé, la lecture spirituelle de loi de Moïse et la grâce chrétienne, le Talmud et la Sunna, le sunnisme et le shiisme, les califes "rachidouns", la commission Uthman et les massorètes juifs, les mutazilites et les fondamentalistes, la libre interprétation du Coran et de la Sunna et le sens de la première sourate du Coran "l'ouvrante" qui rappelle à tout musulman le devoir de connaissance lucide du texte sacré pour ne pas "suivre le chemin des égarés" etc...
C'était assez extraordinaire!
Autour de notre conversion passionnée, un petit noyau d'élèves écoutaient, quelques uns de ma classe et d'autres, la plupart des lycéens musulmans ou de tradition arabo-musulmane.
Cet élève finit par me dire qu'il était membre d'une confrérie soufie d'obédience turque et moi que j'étais chrétien protestant.
Il me dit aussi ceci qui m'a ému presqu'aux larmes:
"Quand ce prof a été assassiné par ce fou j'ai tout de suite pensé à vous. Pendant les vacances j'ai fait un rêve à propos de tout ça: j'ai rêvé que j'en parlais avec vous..."
C'est chose faite!
De cette admirable discussion avec un jeune homme de 15 ou 16 ans qui mettait en pratique ce qui avait dit dans la lettre de Jaurès lu précédemment, je retiendrai cette définition du vrai blasphème proposée par mon élève à la suite de notre conversation:
"Tuer un homme au nom de Dieu en se plaçant au dessus de lui" a-t-il déclaré. Mais j'ai complété cette très belle définition quand, malgré tout, il essaya de me dire que les caricaturistes de Charlie Hebdo avaient manqué de responsabilité:
" Ce placer au dessus de Dieu est, certes, le vrai blasphème mais c'est surtout oser se placer au-dessus du Nom de Dieu que l'on dit "grand" (Allahu Akbar) en étant innommable pour venger ce que l'on pense innommable au nom de Dieu alors que tout croyant a le devoir de nommer Dieu et tout ce qu'il a créé pour avoir un nom à respecter." (rôle premier d'Adam et Eve dans le paradis terrestre).
Abdulah G.... ("je porte ce nom que le tueur de Samuel Paty a sali") m'a remercié de cette étonnante conversation: elle restera longtemps gravée dans ma mémoire.

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Prévention du risque d’inondation dans la basse vallée de l’Orne: participez à l’enquête d’utilité publique en ligne…

Vous souhaitez vous occuper sainement pendant le confinement?

Voici un "cliquer et collecter" (disons-le en français, par pitié!) utile à l'intérêt général puisqu'il s'agit de contribuer en ligne à l'enquête d'utilité publique ouverte en ce moment et qui sera clôturée dans moins de dix jours au sujet du nouveau plan de prévention multi-risques de la basse vallée de l'Orne (PPRM).

Ce "PPRM" présente un double enjeu d'intérêt général:

1) Pour la Normandie, il s'agit d'une contrainte qui va encadrer le développement de l'agglomération caennaise, une ville établie depuis sa fondation médiévale à l'époque duc Richard II et surtout de Guillaume le Conquérant dans le fond de la vallée humide de l'Orne sur un passage à gué et au contact des influences marines remontant ce petit fleuve qui fera aussi de Caen, une ville portuaire: en conséquence, il y a un risque structurel d'inondation s'il y a convergence entre fortes pluies, coup de vent d'Ouest et grandes marées, ces dernières empêchant la crue de l'Orne de s'évacuer vers la mer. Les inondations de l'Orne autrefois appelées "crétines" ont marqué l'histoire urbaine de Caen. On se souvient notamment de celle de 1926 avec des hautes-eaux qui s'étaient répandues jusqu'au pied du château le tout associé à une épidémie de choléra: en conséquence, un vaste programme d'assainissement et de modernisation urbain avait été planifié par la municipalité caennaise dans les années 1929-1930 et il faut savoir que ce plan servit de base de réflexion à la reconstruction de la ville après les bombardements de 1944: c'est ainsi que le niveau carrossable de l'île Saint-Jean a été relevé en utilisant les gravats issus des ruines de la ville...

Plus proche de nous, dans les années 1990 il y eut, à nouveau, des inondations spectaculaires du centre ville de Caen provoquées par des crues de l'Orne alimentées par un ruissellement plus important dans le bassin versant d'amont, notamment dans le département de l'Orne après des opérations de remembrement du bocage: la suppression des haies a donc eu des conséquences catastrophiques en aval pour les zones de l'agglomération caennaise exposées au risque d'inondation. Une réponse fut trouvée avec des aménagements hydrauliques du cours de l'Orne à la hauteur de la commune de Louvigny (aménagement d'une prairie inondable servant à l'expansion de la crue) et, en aval de Caen, avec l'aménagement du déversoir du Maresquier qui autorise l'évacuation de la crue de l'Orne par le canal de Caen à la mer.

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2) Pour l'urbanisme et les projets des promoteurs immobiliers dans le centre-ville de Caen, le PPRM qui signale une zone inondable couvrant la quasi totalité du centre-ville (notamment l'île Saint-Jean reconstruite dans l'après-guerre) instaure ou devrait instaurer une contrainte importante en terme de prévention et de sécurité contre les inondations et les dégâts des eaux. La principale contrainte réside dans l'interdiction de construire des immeubles dotés de caves trop profondes ou de parkings souterrains sachant qu'il y en a une autre qui, visiblement, semble être quelque peu sous-estimée en raison des enjeux financiers que cela remet en cause, à savoir que la construction d'un parking souterrain met sous pression la circulation naturelle des eaux souterraines dans un sous-sol du centre-ville caennais qui est fait essentiellement de vase plus ou moins liquide avec une nappe phréatique qui est très proche du niveau carrossable, sans parler de la présence de nombreux cours d'eau aujourd'hui souterrains mais autrefois circulant à l'air libre: en effet, "les odons" continuent à exister sous l'asphalte des rues caennaises.

Pour le dire clairement: toute construction nouvelle de parking souterrain dans le sous-sol du centre-ville de Caen exposé au risque d'inondation risque de mettre en danger l'intégrité du sous-oeuvre des immeubles et bâtiments adjacents par inondation des caves, remontées capillaires de l'humidité dans les étages, fissures et lézardes dans les murs, voire... effondrement comme dans le cas d'une partie de l'hôtel de Banville dans les années 1988 à l'occasion du creusement du parking souterrain du centre commercial Doumer alors que ce bâtiment du XVIIIe siècle, qui abritait alors la DRAC de Basse-Normandie, était officiellement classé Monument Historique.

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Vue récente de l'hôtel de Banville, rue Jean-Eudes à Caen: en haut à gauche, dans le prolongement visuel du toit de l'immeuble historique on aperçoit le bâtiment moderne qui remplace en volume l'aile de cet hôtel classé au titre des MH qui s'est effondrée après la construction du parking souterrain du centre commercial Paul Doumer. A droite de l'image, on aperçoit les frondaisons des tilleuls situés sur la parcelle ou est projeté la construction d'un nouveau parking souterrain en dessous d'un bâtiment s'élevant jusqu'à 18 mètres de haut...

En terme de parking souterrain, le sous-sol du centre-ville caennais classé en zone inondable peut être considéré comme saturé: avec l'actuel parking de la place de la République, celui du centre Paul Doumer, celui de l'hôtel-de-ville, celui du Monoprix et celui de la place de la Résistance, sans compter ceux situés sous l'hôtel du département et sous les résidences de la cité Gardin, il semble difficile d'envisager de creuser et de cuveler un nouveau grand trou dans l'éponge du sous-sol caennais pour y établir un nouveau parking souterrain permettant de garantir l'équilibre financier d'un nouveau centre commercial, cette soi-disant "halle gourmande" plus sûrement condammée par l'actuelle épidémie de covid que par certaines et indispensables mobilisations citoyennes contre un projet aussi vain qu'ubuesque!

Car, autour de la parcelle envisagée par la municipalité pour y autoriser le creusement d'un grand trou par le plus grand promoteur de la place caennaise (Sédelka Europrom) après l'abattage de 49 tilleuls plantés là dans les années 1950 sur l'emplacement de l'hôtel-de-ville de l'avant-guerre, abattage sournoisement justifié par une opération de fouilles archéologiques, on ne trouve que des immeubles inscrits au titre des Monuments Historiques dont certains présentent certaines fragilités structurelles en raison de la circulation des eaux souterraines: nous avons déjà évoqué le cas de l'hôtel de Banville (XVIIIe siècle) mais ce risque des eaux phréatiques mises sous pression par le béton des promoteurs envahissant le sous-sol peut aussi mettre en péril l'intégrité de deux monuments majeurs de notre ville de Caen rescapés de la tragédie de 1944:

La façade de Notre-Dame de la Gloriette (1689) a perdu avec les siècles son aplomb d'origine tandis que l'élévation de la façade de l'hôtel Daumesnil (1657) fait un ventre au niveau de la goutière: cela témoigne d'une instabilité du sous-oeuvre dans un sous-sol qui l'est encore plus sachant que la tour penchée de l'église Saint-Jean en témoigne le plus symboliquement.

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On vous invite donc à partager avec nous ces constats et ces inquiétudes sur le registre dématérialisé de cette enquête d'utilité publique sans se faire d'illusions, il faut bien le dire, de l'influence d'une telle enquête dans le processus de décision qui aboutira au plan de prévention des risques majeurs (PPRM) définitif...

Pour renseigner le registre de l'enquête d'utilité publique, suivre ce lien:

https://www.registre-dematerialise.fr/2086/documents?fbclid=IwAR36SyPKAWNp5fgm2-4-0dfjU8XRBhxmS_exq_q8dmf9eyVxktuWonaSg9E

Capture d’écran du 2020-11-01 01-22-20

https://www.registre-dematerialise.fr/document/registerDocument/get/63386/Plans%20de%20zonage%20r%C3%A9glementaire

La feuille 7 correspond au zonage des risques pour le centre-ville de Caen:

  • La zone rouge est classée "non constructible"
  • Le figuré rayé bleu figure la zone classée en risque d'inondation: la place de la République et la parcelle adjacente prévue pour implanter le futur centre commercial/halle gourmande et parking souterrain associé se trouve en zone inondable...

Capture d’écran du 2020-11-01 01-28-45

Le cartouche de légende:

Capture d’écran du 2020-11-01 01-34-33

Tour de France 2021: le lobby normand pédale dans la semoule… Le lobby breton est dopé!

Les Normands sont des Polidor, Les Bretons des... Anquetil!

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https://www.paris-normandie.fr/sport/cyclisme-tour-de-france-2021-le-ventoux-par-deux-fois-la-normandie-oubliee-ED17417838

Cyclisme - Tour de France 2021 : le Ventoux par deux fois, la Normandie oubliée

Le Ventoux par deux fois, les Pyrénées privilégiées, deux contre-la-montre individuels : le Tour de France 2021, qui partira le 26 juin de Brest, sera très différent de la dernière édition. Et évitera une fois de plus la Normandie !

« Il faut être pragmatique », a insisté son directeur Christian Prudhomme qui a été obligé de revoir sa copie initiale après le changement de site du Grand départ après les reports des grandes compétitions dus au coronavirus. Initialement prévu à Copenhague, il sera donné finalement en Bretagne, la région d'accueil des quatre premières étapes avec, pour conséquence, la modification du premier tiers du parcours lequel a été présenté ce dimanche soir dans l'émission Stade 2.

La double montée du Ventoux

Grande nouveauté du Tour 2021, le Mont Chauve sera grimpé une première fois à partir de Sault, son flanc le moins connu (une seule fois dans l'histoire du Tour), puis dans son intégralité sur le versant sud à partir de Bédoin après la descente par le côté nord. « Le Ventoux sous toutes ses faces », a résumé à l'AFP Christian Prudhomme qui a opté pour une arrivée en bas de la descente, à Malaucène (Vaucluse). Principalement pour disséminer le public sur la plus grande zone possible, cinq ans après une arrivée chaotique au Chalet Reynard, où le maillot jaune Chris Froome avait été englué dans un embouteillage provoqué par la déferlante du public et avait couru en attendant d'être dépanné.

Le Tour renouera ainsi avec l'une de ses ascensions emblématiques, dans une année sans aucune montée alpestre du même ordre. Deux journées, au Grand-Bornand et à Tignes (un retour d'ascenseur pour la station savoyarde privée de la course en 2019 faute de route praticable), sont prévues dans les Alpes, logiquement adoucies dès lors qu'elles sont cette fois le premier des deux grands massifs.

Les Pyrénées privilégiées

Cinq étapes dans les Pyrénées, dont deux typées baroudeurs pour rejoindre Quillan, après la visite des châteaux cathares, et Saint-Gaudens : il reste trois grandes étapes pour les grimpeurs, à Andorre-la-Vieille pour la seule incursion à l'étranger avant la seconde journée de repos, au col du Portet et à Luz-Ardiden (après le Tourmalet), deux longues et spectaculaires ascensions. Christian Prudhomme a cherché à varier pour les six étapes de montagne, entre les arrivées au sommet - trois - qui donnent lieu souvent à une course verrouillée jusqu'aux tout derniers kilomètres et les arrivées au bas de la descente. « Pour prolonger un peu plus la plage d'intérêt maximal », explique le directeur du Tour.

Le même souci de variété s'applique à la première semaine. La Bretagne réserve deux étapes pour puncheurs, à Landerneau et à Mûr-de-Bretagne (du pain bénit pour le champion du monde Julian Alaphilippe), deux autres pour sprinteurs. « La volonté est de ne pas avoir plus de deux étapes de plaine consécutives pour les sprinteurs », confirme Christian Prudhomme. D'où le contre-la-montre de la première semaine intégralement en plaine jusqu'au Morvan abordé au septième jour de course (Le Creusot).

Deux chronos individuels

Le Tour renoue avec sa tradition oubliée de deux contre-la-montre individuels, le premier à Laval le cinquième jour, le second dans les prestigieux vignobles du Bordelais entre Libourne et Saint-Emilion, à la veille de l'arrivée jugée comme toujours sur les Champs-Elysées, le 18 juillet. Le total des deux chronos - plats - donne 58 kilomètres, la distance la plus conséquente depuis 2013 (65 km), sensiblement supérieure aux chiffres des dernières éditions (36 km en 2020, 27 km en 2019).

L'ensemble avantage-t-il un type coureur ? « Je ne sais pas si on peut tirer des conclusions de la saison sinon que la jeunesse arrive de manière fracassante », estime le directeur du Tour. « C'est une période d'incertitude sur tous les plans, et aussi sur ce que vont donner les résultats des compétitions. »

Michel ONFRAY, « Sire de sei »: un philosophe enraciné en sa terre normande!

A lire ici, un très beau portrait de Michel Onfray en philosophe enraciné dans sa terre normande de Chambois dans l'Orne. Article signé Jean-René Van Der Plaesten pour la dernière édition du Figaro Magazine (30 octobre 2020).

Nous sommes, bien entendu, en accord profond avec ce portrait puisque nous assumons être tout autant enraciné dans cette terre normande qui nous inspire tous ici (du moins, espérons-le).

Cependant, nous nous permettrons trois petites corrections spécifiquement normandes sur ce texte du journaliste du Figaro Magazine:

1) Il n'y a jamais eu de "duché" d'Argentan ni de duc d'Argentan, la seule "duché" étant celle de Normandie. Cependant, le titre de "duc d'Alençon" a été porté comme titre de prince royal (notamment sous la dynastie des Valois): une confusion parisienne, semble-t-il, entre Argentan et... Alençon.

2) L'université populaire de Caen n'a pas disparu après le départ de Michel Onfray d'icelle. Une nouvelle association a été créée et une partie des animateurs des séminaires de l'université populaire de Caen a décidé de poursuivre cette belle aventure intellectuelle: comme vous le savez, nous en sommes avec une 12ème édition annuelle de notre séminaire "Normandie".

3) Le prochain grand livre de Michel Onfray portera ce beau titre: "Sire de soi". Un sujet qui nous parle ici. Pour le public français et parisien, Michel Onfray a voulu être plus explicite en titrant "Sire de soi" plutôt que le bien normand "Sire de sei"... On peut le regretter, bien évidemment, mais gageons que ce livre fera découvrir et aimer la Normandie et son âme à beaucoup!

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Rappel de l’évidence: les grands ports maritimes normands ne sont pas concurrents mais complémentaires!

Sur le réseau social Linked In, nous avons vu passer l'information suivante:

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Rappelons l'évidence:

Les GPM de Rouen et du Havre sont complémentaires et ils doivent l'être plus encore dans le cadre d'un grand port de la Seine maritime normande dont le siège sera au Havre. La priorité, sinon l'urgence est de travailler à l'amélioration de la logistique terrestre (report modal) et au désenclavement de nos grands ports normands vis-à-vis d'un axe Seine exclusivement... grand parisien.

Ce désenclavement ferroviaire doit se faire vers le Sud via la rive sud de l'estuaire de la Seine (axe Plantagenêt) , vers la Beauce (route du blé) et vers l'Est (Tergnier-Mannheim), tout axe alternatif croisant le corridor dominant Amsterdam-Marseille...

Rappelons l'évidence: les GPM de Rouen et du Havre sont complémentaires et ils doivent l'être plus encore dans le cadre d'un grand port de la Seine maritime normande dont le siège sera au Havre. La priorité, sinon l'urgence est de travailler à l'amélioration de la logistique terrestre (report modal) et au désenclavement de nos grands ports normands vis-à-vis d'un axe Seine exclusivement... grand parisien. Ce désenclavement ferroviaire doit se faire vers le Sud via la rive sud de l'estuaire de la Seine (axe Plantagenêt) , vers la Beauce (route du blé) et vers l'Est (Tergnier-Mannheim), tout axe alternatif croisant le corridor dominant Amsterdam-Marseille...

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Corridor "Amsterdam-Marseille"... Ci-après, une archive douloureuse pour la communauté portuaire rouennaise:

http://normandie.canalblog.com/archives/2016/11/19/34586525.html

Pluie d’investissements dans la… pharmacie normande!

Il faut savoir faire d'une difficulté, une opportunité, pour reprendre l'esprit d'un mot célèbre de Churchill. L'actuelle crise est d'une grande violence. C'est aussi l'occasion d'investir massivement pour préparer la sortie de la crise et anticiper l'avenir sur des secteurs industriels stratégiques non délocalisables et indispensables pour l'intérêt national.

Puisque nous vivons la plus grave crise sanitaire depuis un siècle et le passage de la grippe dite "espagnole", c'est le moment d'investir dans le secteur clef de la pharmacie, une filière particulièrement présente en Normandie avec un pôle régional d'excellence nationale et internationale à Val-de-Reuil mais aussi avec un réseau d'entreprises présentes sur l'ensemble des cinq départements normands... Par exemple, dans le cas présenté par Claire Garnier qui suit l'actualité économique normande pour le quotidien "Les Echos", des petites villes comme Granville, Brécey ou Bolbec sont concernées par une "pluie d'investissements" en provenance de grands donneurs d'ordres étrangers: c'est une bonne nouvelle pour l'économie régionale et pour l'emploi normand.

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Un bémol cependant: c'est que la Normandie n'a que très peu de sièges sociaux ou de directions stratégiques d'entreprise sur son territoire. Cette situation d'une Normandie "découronnée" en matière de direction industrielle et stratégique est le symptome de la faiblesse métropolitaine normande héritée des longues années passées dans la division régionale et la médiocrité localiste.

Avec la mission Leroy et une politique économique très active et innovante, le conseil régional de Normandie n'a pas démérité, bien au contraire. En revanche, il ne peut pas faire le travail que les autres grandes collectivités normandes ne font pas, à commencer, une politique active, coordonnée et innovante pour combler le retard métropolitain normand en terme d'attractivité:

Bref! on se demande ce qu'ils fabriquent dans leurs hôtels de ville à Caen, Le Havre et surtout... à Rouen!


 

https://www.lesechos.fr/pme-regions/ile-de-france/pluie-dinvestissements-dans-la-sante-en-normandie-1259455

Pluie d'investissements dans la santé en Normandie

EXCLUSIF L'industriel médical Aptar Pharma (du groupe américain Aptar Group) investit 85 millions d'euros dans ses usines de Granville et de Brécey (Manche) pour accroître ses capacités de production de composants en élastomère pour les seringues. En parallèle, elle investit dans la R & D au Vaudreuil (Eure). Servier va aussi investir 100 millions d'euros et recruter 100 salariés sur son site normand de Bolbec.

Par Claire Garnier

Publié le 27 oct. 2020 à 14:26Mis à jour le 28 oct. 2020 à 11:09

Les grues vont arriver sur les sites Aptar Pharma de Granville et de Brécey, dans la Manche. L'industriel médical, qui réalise 1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires avec 3.500 salariés, a décidé d'accroître la capacité de production de ces deux usines, qui produisent des composants en élastomère pour seringues et flacons. Le siège européen de l'entreprise se trouve à Louveciennes, dans les Yvelines.

« Nous investissons plus de 100 millions de dollars sur cinq ans pour l'extension de nos deux sites de Granville et de Brécey », indique Gabriel Zenker, président de la division injectable d'Aptar Pharma. « Nous avons embauché 150 personnes depuis début 2020 et d'autres recrutements sont à venir. » Cela porte l'effectif de Granville à 431, et celui de Brécey à 340 salariés, sans compter les 300 intérimaires employés sur les deux sites.

Augmentation de la demande

L'objectif est d'accroître la production de protège-aiguilles et de pistons pour les seringues et de bouchons pour les flacons destinés aux médicaments. « Cette décision d'investissement a été prise antérieurement au Covid, car le marché de l'injectable croit tous les ans », indique Gabriel Zenker, « mais elle est renforcée par l'accroissement de la demande en médicaments et vaccins injectables, du fait du Covid ».

Aptar Pharma, entité du groupe américain Aptar Group, a aussi des ambitions au Vaudreuil (Eure), où il conçoit et fabrique des systèmes de diffusion et de pulvérisation (pompes, valves…) pour l'administration de médicaments. L'entreprise compte 1.200 salariés, dont 150 en R&D. Au total, 5 millions d'euros vont être investis dans l'extension du bâtiment de R&D et 10 millions d'euros dans la R&D elle-même, en direction notamment des systèmes de diffusion connectés . Le site est, par ailleurs, engagé dans une « digitalisation profonde », confie Yann Ghafourzadeh, responsable de la division prescription d'Aptar Pharma pour la zone Emea et président de l'agence de développement Rouen Normandy Invest. « Le Vaudreuil sera un site 4.0 d'ici à 2021 ! »

Fournisseurs locaux

Non content de pouvoir s'appuyer sur des clients proches - GSK à Evreux, Sanofi Pasteur à Val de Reuil ou AstraZeneca à Dunkerque - Yann Ghafourzadeh entend aussi continuer à s'appuyer sur un écosystème local. « Nos moulistes sont français, notre plastique est en partie fourni par Exxon Mobil à Notre-Dame-de-Gravenchon, nos machines d'assemblage sont fabriquées localement et nous travaillons avec un réseau de fournisseurs locaux en maintenance et en pièces détachées. »

De son côté, le groupe français Servier a annoncé le 21 octobre aux rencontres du G5 Santé qu'il allait continuer à s'appuyer sur sa filiale normande Oril Industrie, située à Bolbec (Seine-Maritime), qui produit 98 % de ses principes actifs. Pour doubler la production de son Daflon (médicament contre les maladies veineuses), il va investir 100 millions d'euros et recruter 100 salariés sur ce site, qui emploie 800 salariés. Il anticipe une « hausse de la demande mondiale pour ce produit, qui va doubler d'ici à dix ans ».

Ces investissements ont de quoi réjouir Bernard Leroy, président de l'agglomération Seine-Eure. Chargé par Hervé Morin, président de la région Normandie, d'une « mission de réindustrialisation » de la région, il a insisté sur la nécessité de « miser sur les produits de santé ». Ce secteur, selon ses calculs, 180 établissements et 30.000 salariés en Normandie (principes actifs, médicaments, medtech, applications médicales du nucléaire, masques, logistique..). Hervé Morin en a fait une « filière stratégique » de son plan « Normandie Relance ».

Confinement commercial: la fronde des maires des petites villes (exemple à Argentan…)

C'est mon dreit et j'y ti!

Les contours mi-chèvre mi-chou du confinement commercial décidé par le gouvernement mécontente finalement tout le monde et notamment les indépendants, les artisans et les petits commerçants contraints de tirer rideau pendant quinze jours sous prétexte de ne pas être considéré comme commerce de première nécessité. Sauf que sous prétexte  de distribution alimentaire, les grandes surfaces ont obtenu sans peine le droit, elles, de rester ouvertes ainsi que leurs rayons non alimentaires.

Furieux, les libraires ont ouvert la voie de la constestation et ont fini par obtenir la fermeture des rayons culture et livres des grandes enseignes notamment la FNAC: cette magnifique politique de gribouille ravira le grand fauve américain de l'Amazone numérique...

Face à cette situation d'un gouvernement qui, dans l'urgence, a du mal à trouver le bon équilibre entre des intérêts très contradictoires, les élus locaux, notamment les maires, montent depuis deux jours au créneau en édictant des arrêtés locaux autorisant l'ouverture de tous les commerces de leur centre-ville, histoire de rappeler que l'on ne peut "en même temps" faire une politique de redynamisation des "coeurs de ville" (en concurrence avec celle menée par les conseils régionaux, notamment en Normandie, région où l'on trouve une ville de 10000 habitants tous les 20 à 30 kilomètres) et... fermer les commerces de ces mêmes "coeurs de ville" pour raisons sanitaires...

Un certain nombre de maires normands ont, d'ores et déjà, réagi...

Exemple à Argentan dans l'Orne:

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https://actu.fr/normandie/argentan_61006/reconfinement-dans-l-orne-le-maire-d-argentan-prend-un-arrete-pour-maintenir-les-commerces-ouverts_37157141.html

Reconfinement. Dans l'Orne, le maire d'Argentan prend un arrêté pour maintenir les commerces ouverts

La mairie d'Argentan (Orne) a publié un arrêté municipal pour autoriser l'ouverture de commerces malgré le reconfinement.

 

Le maire d’Argentan (Orne) Frédéric Leveillé a suivi d’autres maires de l’Ouest et de France, comme celui de Barneville-Carteret (Manche) et celle de Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe), en prenant un arrêté municipal autorisant les commerces non-alimentaires du centre-ville à rester ouverts malgré le reconfinement

À lire aussi

Il stipule : 

Les commerces non-alimentaires du centre-ville d'Argentan sont autorisés à rester ouverts à compter du 31 octobre 2020 - 00h00 et ceci jusqu'à ce que l'égalité de traitement entre les commerces soit rétablie.

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Le voici dans son intégralité : 

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