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Exposition « L’impressionnisme des temps nouveaux »

Exposition « L’impressionnisme des temps nouveaux » (© Ville de Montivilliers)

Dans le cadre du festival Normandie impressionniste, l’abbaye de Montivilliers propose une exposition intitulée « L’impressionnisme des temps nouveaux », visible jusqu’au 6 septembre 2020


DATE : 
Du 4 juillet au 6 septembre 2020.
LOCALISATION :
MONTIVILLIERS (76)

 

Depuis près de quatre décennies, l’association de photographes amateurs Regards et Images, affiliée à la Fédération Photographique de France, fait de la photographie un art à part entière.

La création repose sur la recherche de nouveaux moyens de photographier pour redonner vie à la couleur et que celle-ci s’inscrive dans la durée. à l’instar de leurs aînés, pionniers de la photographie, ils cherchent à saisir la magie d’un éclairage, la fragilité d’un ciel ou encore la vitesse d’un mouvement, dans une démarche volontairement ancrée dans le courant impressionniste.

Cela signifiera abandonner pour un temps une culture photographique omniprésente de la recherche de l’instant présent et favoriser celle qui vous mène à l’émotion, celle qui vous laisse le choix d’interpréter, celle qui conduit au rêve. Quelles pratiques permettront aux photographes de se rapprocher des peintres impressionnistes et de leurs émotions, au moment où ils ont regardé autrement la Normandie ?
 

INFORMATIONS PRATIQUES :
 
Du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Les samedis, dimanches et jours fériés de 14h à 18h.
Réfectoire de l’abbaye de Montivilliers – Cour Saint-Philibert.
Entrée libre.
 
Abbaye de Montivilliers
76290 MONTIVILLIERS
Tél. : 02 35 30 96 66
abbaye-montivilliers.fr
 

Article publié dans Patrimoine Normand n°114, mis à jour le 02/07/2020 – par Rodolphe Corbin.
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Louée soit la Saint-Wandrille

Autour de frère Jean-Charles, abbé de Saint-Wandrille, vingt-fuit frères, de frère Antoine (24 ans) à frère Joseph (93 ans), frère Mathieu étant l’un des trois brasseurs de cette lumineuse bière… à sublimer le ciel !  (© Jean-Luc Péchinot)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Jean-Luc Péchinot.

« Ils seront moines s’ils vivent de leurs mains » : en l’abbaye bénédictine de Saint-Wandrille, à Rives-en-Seine, on respecte la règle de saint Benoît… en y brassant la seule bière monastique française. Si délectable qu’on en entrevoit le ciel…

 

Cette abbaye-là a de la bouteille ! Pas loin de quatorze siècles… Initialement baptisée Fontenelle, du nom du ruisseau arrosant ce charmant vallon normand ancré à la Seine, entre Rouen et Le Havre, l’abbaye de Saint-Wandrille nous ramène en effet au temps du bon roi Dagobert, le dit Wandrille étant l’un de ses ministres, avant de venir s’installer là en 649. Les soubresauts de l’Histoire n’épargneront pas ce monastère de la congrégation de Solesmes qui, des incursions vikings aux guerres de Religion, connut saccages et destructions, la vie monastique ayant toujours repris. Plus d’une trentaine de ses moines furent même canonisés. Devenue l’un des centres intellectuels les plus actifs de la Normandie médiévale, l’abbaye ini…
 

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Les secrets de Mortain – Errance au pays des légendes

Le secteur des cascades est un lieu magique, propice à aiguiser l’imagination. (© A. Lamoureux)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Stéphane William Gondoin.

Depuis des temps immémoriaux, les décors tourmentés du Mortenais, avec leurs pics hiératiques et leurs barres rocheuses, leurs gorges d’une insondable profondeur et leurs cascades grondantes, aiguisent l’imaginaire. S’il s’ouvre à une part de féerie, s’il oublie pour un temps le rationalisme contemporain et accepte l’onirisme de cet environnement magnétique, un esprit sensible réveillera ici une foule de créatures fantastiques et de fantômes des temps anciens

 

Jusqu’au mois d’août 1944, la commune de Mortain est relativement épargnée par les terribles affrontements et bombardements qui ont déjà dévasté la plupart des bourgs et des villes de la Manche comme du Calvados. Mais après la percée américaine de la ligne de front allemande (opération Cobra, du 25 au 31 juillet), Hitler décide de lancer une contre-offensive dans ce secteur (opération Lüttich) le 6 août. Les rudes combats qui s’y livrent plusieurs jours durant laissent l’essentiel du village à l’état de ruines fumantes.
 

du comte robert de mortain… au roi arthur !

La collégiale Saint-Évroult a miraculeusement survécu à cet enfer. Sa fondation est due à Robert de Mortain, demi-frère de Guillaume le Conquérant, et remonte à la fin du XIe siècle. Dans son état actuel, l’édifice bâti en granit date pour l’essentiel du XIIIe siècle, et attira dès 1840 l’attention de Prosper Mérimée et de son équipe, qui l’inscri…

 

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Guillaume le Conquérant

Guillaume le Conquérant représenté le roi Harold gisant à ses pieds, une flèche plantée dans l’œil. Chronica monasterii de Pipwell. (Harley Ms 264, fol. 145 – Angleterre, 1639-1643 – © The British Library – Domaine public – www.bl.uk)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Stéphane William Gondoin.

En initiant notre série de portraits sur les ducs de Normandie, nous savions qu’après quelques épisodes seulement nous croiserions l’exceptionnelle destinée de l’un des plus fameux d’entre eux, Guillaume II, conquérant du Passais, du Maine et de l’Angleterre. Nous ne pouvions traiter un personnage d’une telle envergure en quelques pages et nous avons donc décidé de lui consacrer notre dossier trimestriel, en nous appuyant notamment sur la monumentale biographie récemment publiée par l’historien britannique David Bates. En avançant nombre d’idées novatrices, cette somme de travail majeure ouvre de nouvelles pistes de recherche, pour mieux appréhender certains aspect de la vie de l’homme qui bouleversa à jamais le cours de l’Histoire.

 

La nouvelle du trépas de Robert le Libéral à Nicée (auj. Iznik, Turquie), le 2 juillet 1035, arrive sans doute en Normandie vers la fin de l’été ou au début de l’automne suivant. Guillaume, alors âgé de 7 ou 8 ans, est désormais duc de Normandie, sans bien sûr assumer la réalité du pouvoir. Son père a veillé à bien l’entourer et il est épaulé par des personnages solides, comme son grand-oncle, le puissant archevêque Robert de Rouen, Gilbert de Brionne, son tuteur, le sénéchal Osbern de Crépon et le précepteur Turold. Robert et Gilbert appartiennent aux Richardides, c’est-à-dire aux enfants des ducs Richard Ier et Richard II, ce qui leur confère une certaine prééminence au sein de la noblesse. Robert le Libéral a en outre pris la précaution de présenter son fils à Henri Ier, le plaçant ainsi de facto sous la protection du roi de France, et peut-être aussi sous celle du duc Alain III de Bretagne. Bref, tout semble avoir été organisé pour que la transition s’effectue en douceur en cas de dra…

 

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Dossier « Guillaume le Conquérant » (16 pages) :

  • Formation d’un chef
  • 1066 – L’année des trois batailles
  • Guillaume, roi d’Angleterre
  • Guillaume en 5 étapes


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Veules-les-Roses – Entre patrimoine ancien et renouveau

L’abreuvoir, l’un des lieux emblématiques de Veules-les-Roses. (© Stéphane William Gondoin)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Juliette Kotowicz.

Veules ne se résume pas aux bains de mer, aux villas de charme et aux loisirs de quelques écrivains et hommes de théâtre : généreuse, la nature lui a prodigué de multiples atouts ; son passé rural et seigneurial l’a pour sa part dotée d’un patrimoine ancien unique. De nouvelles facettes de son histoire ont récemment été révélées et, aujourd’hui, le village renoue avec des pans de son passé jusqu’ici méconnus.

 

La Veules, plus petit fleuve de France, traverse un vallon fertile entouré de forêts. Dès le XIe siècle, les ducs de Normandie confient le défrichement et la culture des terres environnantes à deux monastères. La partie située sur la rive droite est octroyée à la collégiale de Saint-Quentin-en-Vermandois. D’après l’abbé Cochet, grand archéologue du XIXe siècle, cette donation est faite à Dudon, chanoine de Saint-Quentin, familier de la cour des ducs de Normandie et devenu leur historien. À l’abbaye de Fécamp revient le soin d’exploiter la rive gauche, avec son église Saint-Martin, citée pour la première fois en 1025.
 

les lieutenants de l’amirauté, « seigneurs de veules »

Historienne d’art et ancienne inspectrice des Monuments historiques, Bernadette Chaignet-Sortais s’est passionnée pour les édifices les plus an…

 

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Verneuil-sur-Avre, neuf siècles d’histoire

Verneuil-sur-Avre, l’un des Cent Plus beaux détours de France, raconte son histoire orgueilleusement ou par petites touches. (© Virginie Michelland


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Virginie Michelland.

Chaque commune est dépositaire d’une histoire et d’un patrimoine plus ou moins riches. Au sud du département de l’Eure, la cité de Verneuil-sur-Avre1, l’un des Cent plus Beaux Détours de France, est bien placée pour connaître la valeur d’un héritage important. À tous les coins de rue, la cité médiévale nous conte orgueilleusement ou par petites touches son passé, au gré de ses multiples monuments.

 

naissance d’une place frontière

En cette année 2020, la ville célèbre son 900e anniversaire. Elle sort en effet de terre en 1120 par la volonté d’Henri Ier Beauclerc, fils de Guillaume le Conquérant. Le pouvoir de ce prince, qui s’est imposé par les armes sur de puissants voisins et rivaux, reste menacé, notamment dans la vallée de l’Avre marquant la frontière sud entre la Normandie et le royaume de France. Pour la verrouiller, il décide d’y implanter une cité fortifiée comparable à celle de Caen. Le roi-duc duc fait bâtir de solides fortifications jalonnées de portes et de tours, dont on découvre de beaux vestiges en empruntant le circuit des fossés proposé par l’office de tourisme. La porte d’Armentières notamment, conserve sa forme en arc et la base de la tour qui la sur…
 


1) Appartenant aujourd’hui à la commune nouvelle de Verneuil-d’Avre-et-d’Iton, après la fusion avec Francheville

 

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Le patrimoine géologique du Parc régional Normandie-Maine­­

Barre de grès de la Fosse Arthour. (© Stéphane William Gondoin)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Michaël Herbulot.

Lorsque l’on se balade, s’intéresser aux roches sur lesquelles nous marchons permet de mieux comprendre les paysages. En arpentant les chemins du parc naturel régional Normandie-Maine, on découvre une multitude de monts (dont le plus haut sommet de Normandie), des affleurements rocheux, des vallées encaissées, de vastes plaines… Ces paysages, façonnés dans les schistes, les granites, les grès ou les calcaires, racontent 600  millions d’années d’histoire de notre planète. Un patrimoine géologique préservé et valorisé dans le cadre d’un projet de Géoparc, dont la candidature vient d’être déposée à l’UNESCO.

 

Au sud de la région, le parc naturel régional Normandie-Maine s’étend sur les marges de deux grands ensembles géologiques : le Massif armoricain et le Bassin parisien. La vieille montagne, à l’ouest du territoire, a façonné un paysage de bocage, tandis que la vaste plaine, à l’est, a composé un paysage de champs ouverts. Le bâti traditionnel est lui aussi marqué par ces deux caractéristiques géologiques. On trouve principalement des constructions en granit du côté de Domfront et des ouvrages en pierre calcaire dans les environs de Sées.

Schistes, granites, grès, calcaires… Pour comprendre comment ces roches se sont formées et comment elles ont façonné les paysages actuels, il faut laisser son imagination nous faire remonter dans des temps très an…

 

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La guerre franco-anglaise des huîtres dans le Cotentin

Les huîtres sont depuis longtemps un mets prisé par toutes les couches de la société et figurent en bonne place sur les meilleures tables. Nature morte d’Abraham Mignon, entre 1660 et 1679. (Huile sur panneau, 55 × 45 cm. Achat avec le concours de la fondation Rembrandt – © Rijksmuseum d’Amsterdam. Domaine public. www.rijksmuseum.nl)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Serge Van Den Broucke.

La rivalité entre pêcheurs normands et anglais n’a pas attendu le Brexit pour exister. Au début du XIXe siècle, sur la côte ouest du Cotentin, une véritable flotte de navires britanniques vint frauduleusement draguer les bancs d’huîtres dans des proportions considérables. Un conflit qui se régla difficilement en échanges d’insultes et en coups de fusil !

Depuis le 1er février 2020, les pêcheurs normands et bretons n’ont plus accès aux eaux des îles Anglo-Normandes, dans le cadre des nouvelles dispositions du Brexit. Mais l’affaire n’est pas nouvelle. Remontons le temps : le matin du 9 mars 1821, les pêcheurs de Granville s’apprêtaient, comme à l’accoutumée, à sortir dans la baie pour aller travailler. Mais quel ne fut pas leur étonnement d’y découvrir une dizaine de bateaux anglais tranquillement occupés à draguer les bancs d’huîtres, comme si de rien n’était, en toute illégalité. À la surprise des Normands succéda rapidement la colère, et ils firent aussitôt appel aux gardes afin d’intimer aux malotrus l’ordre de décamper et de retourner pêcher dans leurs eaux. Plusieurs capitaines obéirent, levèrent l’ancre en faisant preuve de bonne volonté, et s’en retour…
 

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Château de Pinterville, ou la passion de l’esprit

Le château de Pinterville. (© Association Hygrekaile)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Virginie Michelland.

Certains lieux semblent conçus pour inspirer une vie intellectuelle. Derrière ses grilles, le château de Pinterville décline ainsi la passion de ses détenteurs successifs pour la beauté et l’esprit, écrivant son histoire au fil des siècles à l’ombre de ses grands arbres. Une histoire au long cours, que nous ont rapportée ses actuels propriétaires, Édith et Jean-Luc de Feuardent.

 

un emplacement stratégique

S’il constitue aujourd’hui une maison familiale où l’on s’éveille au chant des oiseaux, le site est surtout, de longue date, un lieu d’échanges. Une villa (domaine agricole) romaine y a été excavée en 1855. Quant aux Allemands, ils ont découvert en 1943 une étonnante allée sépulcrale néolithique. Les deux éléments sont classés monument historique. Une belle entrée en matière pour une aventure à travers les siècles.

La nature se montre ici généreuse : un endroit où serpente une rivière ne peut qu’être béni des dieux, surtout lorsqu’une forêt y déploie ses ombrages et que la terre y est fertile. Un gué, fréquenté depuis toujours par les animaux, puis par les hommes, constitue le creuset du futur fief. Les terres appartiennent au IXe siècle à l’abbaye Saint-Taurin d’Évreux. Plus tard, au temps de la Normandie ducale, on y construira une forteresse dont il subsiste quelques pans de murs. Quelques siècles plus tard, Renaud Tatin, maître arbalétrier de Philippe Auguste, reçoit Pinterville des mains de son souverain, en ré…

 

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La bête humaine – Chef-d’œuvre littéraire et du septième art

Arrivée d’un train en provenance de Normandie à la gare de Paris Saint-Lazare en 1877. Huile sur toile de Claude Monet, 80.2 × 60.3 cm. (Collection de M. & Mme Martin A. Ryerson – © Art Institute of Chicago – Domaine public – www.artic.edu)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Stéphane William Gondoin.

Paru en 1890, ce roman est le dix-septième volume de la série des Rougon-Macquart, initiée en 1871 avec La fortune des Rougon et qui se veut une « histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire ». L’intrigue se déroule à toute vapeur entre Paris Saint-Lazare et Le Havre, sur la voie express reliant la capitale à la porte de l’Atlantique.

 

Zola imagine la littérature comme une annexe de la science. Fasciné par les progrès technologiques d’un XIXe siècle en pleine révolution industrielle, il ne conçoit pas d’écrire sur un sujet, quel qu’il soit, sans se documenter solidement. Il adhère notamment à la théorie de la psychologie des peuples, du philosophe Hippolyte Taine, basée sur la croyance en l’existence de trois forces primordiales auxquelles aucun individu ne peut échapper : « La race, le milieu, le moment ». Il croit en l’expérimentation scientifique prônée par Claude Bernard dans le domaine de la médecine et il l’applique à tous les domaines, y compris l’écriture romanesque. Il est enfin un fervent admirateur du Dr Prosper Lucas, auteur en 1850 d’un célèbre Traité de l’hérédité naturelle, dispo…
 

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Les Vikings explorent le monde

Des rives de la mer Noire aux côtes de Terre-Neuve – Les Vikings explorent le monde.
Les premiers colons arrivant en Islande. Gravure d’Oscar Wergeland, dans Myths of the Norsemen, Londres, 1909.
(DR)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Stéphane William Gondoin.

 

Grâce à leurs talents exceptionnels de navigateurs, les Scandinaves ont à la fois pu s’aventurer sur les eaux tumultueuses de l’océan Atlantique et s’engager dans les bassins sauvages des grands fleuves russes. Il leur a néanmoins fallu une incroyable dose de courage et une soif inextinguible de découverte, pour se lancer ainsi dans des aventures teintées des couleurs du Nouveau Monde ou parfumées des senteurs de l’Orient.

Le 18 mai 839, l’empereur Louis le Pieux (814-840) reçoit une ambassade de l’empereur byzantin Théophile (829-842) en son palais d’Ingelheim (Allemagne), tout près de la ville de Mayence. Les émissaires orientaux sont accompagnés de quelques hommes prétendant s’appeler Rhos. Selon les dires de ces derniers, leur roi, le chacanus (khagan), les a envoyés à Constantinople en signe de bonne volonté. Théophile, par la voix de ses représentants, demande à Louis de leur fournir aide et assistance afin qu’ils puissent retourner chez eux en paix. Pour gagner le Bosphore, ils ont en effet dû traverser de vastes étendues parcourues par des peu…
 

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Le siège de Paris et le règne d’Eudes

Les Vikings lançant l’assaut sur Paris. Vision romantique tirée de l’Histoire de France populaire d’Henri Martin, en 1867.  (© Coll. Stéphane William Gondoin)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Thierry Georges Leprévost.

 

Le siège de Paris de 885 reste une page privilégiée des livres d’Histoire : sa durée, les forces déployées, sa dureté et ses multiples rebondissements hauts en couleur en font un événement majeur de la présence des Vikings en Francia occidentalis.

De la Somme à la Seine

Une fois de plus, une flotte de Scandinaves s’engouffre dans l’estuaire de la Seine. Le 5 juillet, ils prennent Rouen et y amarrent leurs bateaux. Combien sont-ils ? Abbon de Saint-Germain mentionne 40 000 hommes et 700 navires, chiffres invraisemblables. Ils sont cependant très nombreux, essentiellement des Danois, boutés hors du Wessex par Alfred le Grand en 878. Ils ont ravagé l’actuelle Picardie, le nord de la Lotharingie et l’est de la Germanie, avant de revenir en Flandre. Au printemps 885, ils ont quitté la Somme pour faire voile vers la Seine.

Ce n’est pas une armée unie, mais l’addition de plusieurs bandes dont chacune dépend de son propre chef. Parmi eux un nom émerge : Sigfridr (Sigfriðr), qui pourrait être le roi des Danois Sigfridr III Háreksson ; quoi qu’il en soit, il a assez d’ascendant sur les guerriers pour qu’ils le regardent comme leur leader. Ils s’installent à Rouen dans la durée. D’autres Vikings les y rejoignent, venus notamment du Danelaw. Le nouveau comte d’Herbauges, Ragenold, tente de les dis…
 

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Les Vikings du golfe de Gascogne à la Méditerranée

Les Vikings débarquent ! Gravure romantique parue dans Histoire populaire de la France, de Charles Lahure, en 1862. (© coll. Stéphane William Gondoin)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Stéphane William Gondoin.

 

Avant même de s’enfoncer en val de Seine, les Scandinaves s’intéressent déjà beaucoup aux côtes de l’océan Atlantique, razziant régulièrement le monastère de Noirmoutier et obligeant même sa communauté à prendre la route de l’exil. Ils ne se contenteront cependant pas de cela et s’aventureront plus au sud. Bien plus au sud…

Si l’on en croit la Geste des Toulousains, récit tardif et mal assuré, les Vikings pénètrent dans la Gironde dès 840 et dévastent les environs de Bordeaux, sans toutefois réussir à s’emparer du castrum, c’est-à-dire, selon toute vraisemblance, du centre de la ville cerné d’une enceinte gallo-romaine
 

Le Sud-Ouest dans la ligne de mire

En 843, selon les Annales de Saint-Bertin, les Vikings s’enhardissent et après la violente attaque perpétrée contre Nantes, ils n’hésitent pas à hiverner pour la première fois sur l’île de Noir…
 

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Les Vikings à l’assaut de l’Empire franc (840-885)

Les pirates normands d’Évariste-Vital Luminais (1821-1896), œuvre datant de 1894. La capture d’individus destinés à servir d’esclaves était courante chez les Vikings. (inv. 82.1.1 – © Musée Anne-de-Beaujeu de Moulins / Jérôme Mondière)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Thierry Georges Leprévost.

 

Le 12 mai 841, une flotte scandinave pénètre pour la première fois dans l’estuaire de la Seine. Deux jours plus tard, les Vikings pillent Rouen. Chargés de butin, ils redescendent le cours du fleuve et dévastent Jumièges. C’est le début d’une longue série d’attaques qui vont ébranler l’ancien empire de Charlemagne.

Un empire éclaté

L’abbé de Fontenelle décide de négocier. Le chef Ásgeirr épargne le monastère contre six livres d’or. Des moines de Saint-Denis lui rachètent pour vingt-huit livres une soixantaine de prisonniers capturés au cours du raid, les sauvant ainsi de l’esclavage. Les Vikings quittent la Seine le 31 mai et naviguent jusqu’à la Loire, où le comte Renaud d’Herbauges, en charge de la défense côtière, parvient à les repousser.

La situation des Francs est désastreuse. La mort de Louis le Pieux le 20 juin 840 prélude à l’éclatement de l’empire. Tandis qu’Ásgeirr contourne la Bretagne, les trois fils du roi défunt s’affrontent le 25 juin 841 à Fontenoy-en-Puisaye. Les Vikings en profitent, tant en Frise qu’en Flandre. A­­près Dorestad, l’un des ports majeurs de l’empire à l’embouchure du Rhin, les Danois attaquent en 842 l’autre grande possession personnelle de Charlemagne : Quentovic (au sud de Boulogne), où ils se livrent au pillage et épargnent la ville contre rançon. Pendant un demi-siècle, on les verra sur la Somme, l’Escaut, la Meuse, la Moselle, la Saône ; jusqu’à Aix-la-Chapelle, symbole caro…
 

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Les Vikings entrent dans l’histoire

Vikings ramenant butin et captifs vers leurs navires après un Strandhögg. (© Musée de Normandie – Château de Caen)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Stéphane William Gondoin.

 

8 juin 793. Au large de l’île de Lindisfarne, à l’extrême nord du royaume anglo-saxon de Northumbrie, une flottille glisse rapidement vers le rivage. Dès que les navires touchent terre, des vagues d’hommes armés déferlent l’une après l’autre : les Vikings s’apprêtent à ouvrir à la volée les portes de leur légende.

Ce n’est pas la première fois que des Scandinaves traversent ainsi la mer du Nord animés de mauvaises intentions. C’est du moins ce que laisse penser un incident rapporté par la Chronique anglo-saxonne à l’année 789 : « Il arriva trois bateaux de Normands [nda : Norðmanna] du Hordaland. Le reeve chevaucha vers eux, voulant les forcer à le suivre jusqu’à la cité royale [Winchester] parce qu’il ignorait qui ils étaient, et alors ils le tuèrent. Ce furent les premiers bateaux de Danois [Deniscra manna] à aborder la terre du peuple anglais. » Remarquons au passage que l’auteur de ces lignes semble utiliser indifféremment les termes Danois et Normands, sans avoir à l’esprit une quelconque notion d’appartenance nationale, puisqu’il désigne les meurtriers comme originaires d’une région de Norvège. Les Annales de Saint Neots localisent l’incident sur l’île de Portland, appartenant au royaume de Wessex.
 

Une onde de choc internationale

Retour à Lindisfarne, à l’approche de l’été 793. À peine débarqués, voilà nos guerriers filant vers leur cible, un monastère fondé en ce lieu isolé du monde un siè…
 

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L’Europe à l’aube du IXe siècle

Charlemagne et ses leudes, œuvre du sculpteur Louis Rochet (1813-1878) située sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Photo prise avant le tragique incendie de 2019. (© Stéphane William Gondoin)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Stéphane William Gondoin.

 

Lorsque débutent les premiers raids vikings, la puissance dominante à l’ouest du continent est l’immense royaume des Francs, gouverné par l’impitoyable Charlemagne et transformé en empire de par sa seule volonté. Forgé dans la guerre, cet empire connaît la paix à l’intérieur de ses frontières et une vraie prospérité économique. Ailleurs en Europe, la situation est plus confuse.

Parmi la demi-douzaine d’États dits « barbares » nés sur les décombres de l’Empire romain d’Occident, seul subsiste encore le fameux Regnum Francorum. Depuis l’avènement de Clovis Ier (v. 481-511), sous le sceptre des rois mérovingiens successifs, ce royaume des Francs a directement éliminé ou repoussé au loin tous ses concurrents directs, derniers tenants de la romanité (royaume de Soissons), Alamans, Wisigoths et autres Burgondes. Malgré plusieurs partages ponctués de sanglantes querelles internes, il a chaque fois retrouvé son unité. Vers 720, il couvre – pour simplifier – à peu près le territoire de l’ancienne Gaule (limitée par les Pyrénées, les Alpes et le Rhin, à l’exception de la Septimanie), auquel il convient d’ajouter quelques possessions transrhénanes (une partie de la Sou…
 

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Robert Générat – « Grand oublié » de la Résistance

Portrait de Robert Générat, « grand oublié » de la Résistance en pays d’Auge (© coll. Didier Leroy & Pascal Hourblin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Ghislain Quétel.

Robert Générat, contrôleur des Postes, Télégraphes et Téléphones à Deauville, fut un patriote discret et efficace. Il a notamment fourni aux services secrets gaullistes et aux services secrets alliés, d’innombrables renseignements et cartographies sur l’étendue des défenses allemandes de la Côte Fleurie, principalement de Cabourg à Pont-l’Évêque jusqu’à Honfleur, et sur les transmissions par câbles du Havre à Saint-Malo.

 

Dès l’invasion et l’occupation allemande en 1940, Adolf Hitler masse des troupes dans le Pas-de-Calais et en Normandie afin de préparer un débarquement en Grande-Bretagne. Suite à la suprématie de la RAF, redoutant un échec, le Führer change de stratégie mais continue de rassembler des divisions sur le littoral normand pour la construction du mur de l’Atlantique. Pour contrer, puis leurrer les Allemands, les services secrets alliés à Londres ont besoin de connaître l’ampleur du déploiement militaire et la logistique. Pendant quatre ans, les Normands vivent, au quotidien, une occupation massive allemande qui rend d’autant plus méritoire l’action de la Résistance dans la zone dite « interdite », créée à l’automne 1941 sur le littoral de la Man…

 

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Abonnement Patrimoine Normand

 

Jardin du manoir de la Boisnerie

La Boisnerie en Suisse Normande – L’écrin Renaissance. (photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)


 
Extrait Patrimoine Normand N°114.
Par Thierry Georges Leprévost.

À la marge du bocage flérien se blottit un admirable jardin qui semble surgi du passé. Œuvre d’un couple de passionnés armés d’une incroyable patience, il a été conçu en harmonie stylistique avec une demeure en ruines du XVIe siècle qui retrouve peu à peu son aspect d’origine, au prix d’efforts surhumains et d’une ténacité hors du commun.

 

Arrosée par le cours long, sinueux et étroit de la Courteille, qui va grossir le Lembron, la Rouvre et l’Orne, Sainte-Honorine-la-Chardonne appartient à cette partie du Houlme plus connue sous le vocable de Suisse Normande depuis que, séduit par les caprices de son relief accidenté, le sous-secrétaire d’État Gaston Bourdeau lui a officiellement donné en 1932 ce surnom en usage depuis le siècle précédent.
 

de hobereau en haubert

Placée sous le patronage de Sainte-Honorine de Graville, vierge et martyre du IVe siècle, la paroisse est attestée au XIIIe siècle sous le nom de Sancta Honorina. Elle sera pendant tout le Moyen Âge un village des plus importants, en dépit de sa taille modeste et de son éloignement des grands cen…

 

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Femmes de Vikings

Une Valkyrie chevauchant à travers les nuées. Huile sur toile du peintre norvégien Peter Nicolai Arbo (1831-1892), réalisée en 1864. (© Nationalmuseum de Stockholm – Domaine public – www.nationalmuseum.se)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Joëlle Delacroix.

 

Lorsque l’on songe à la femme viking, l’image populaire qui se dessine est plutôt celle d’une femme forte, d’une femme guerrière, vision véhiculée par le mythe des Valkyries, l’opéra wagnérien et par des séries télévisées telles que Vikings.

Cependant, à l’instar de ses congénères franques, la femme viking est sans nul doute soumise tout au long de sa vie à l’autorité d’un homme, d’abord son père, puis son époux, voire ses frères. Apparaît ici une femme sans droits réels, peu ou mal considérée.

Comme toujours, la réalité se place entre ces deux extrêmes. À travers l’histoire, les mythes et les sagas, se dévoile une femme aux multiples facettes, tout à la fois mère, épouse, guérisseuse, gardienne du foyer et de l’honneur du clan, une compagne sans laquelle le Viking n’aurait sans doute pas été le même homme.
 

Fille, épouse et mère

Gudrun (Guðrún) est la fille du b?ndi Torf. Lorsqu’elle est née, son père l’a prise dans ses bras, puis il l’a élevée vers le ciel pour l’offrir aux grandes forces naturelles du monde avant de lui donner un nom. Elle vient prendre place dans une vaste famille qui compte déjà plusieurs enfants, ceux de sa mère et des concubines de son père. Enfant, elle prend rapidement part aux tâches ménagères, aidant sa mère dans ses activités quotidiennes et apprenant par là même le rôle qu’elle devra remplir, une fois qu’elle sera devenue, à son tour, fe…
 

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« Par Thor ! » – La religion des anciens Scandinaves

Thor combattant les géants dans son char tiré par des boucs… comestibles ! C’est assurément le dieu le plus vénéré du panthéon scandinave à l’âge viking. Huile sur toile du peintre suédois Mårten Eskil Winge (1825-1896), en 1872. (Legs de Carl V – © Nationalmuseum de Stockholm – Domaine public – www.nationalmuseum.se)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Thierry Georges Leprévost.

 

Ce que nous savons de la Scandinavie à la fin du VIIIe siècle, c’est-à-dire avant que l’Occident ne se focalise sur la date du 8 juin 793 – date que la tradition retient comme étant celle du premier raid viking –, brouille forcément le mythe des « barbares du Nord » qui « déferlent » subitement sur le reste de l’Europe.

La mythologie nordique nous est essentiellement parvenue par le Codex Regius, écrit au XIIIe siècle, contenant l’Edda poétique, un recueil de traditions orales étagées sur cinq siècles ; par L’Edda (en prose) de Snorri Sturluson ; et par les sagas (dont la Heimskringla, Histoire des rois de Norvège de Snorri). Citons aussi les Gesta Danorum (Geste des Danois) de Saxo Grammaticus, le Landnámabók (Livre de la colonisation islandaise), les poèmes scaldiques et les Gesta Hammaburgensis ecclesiae Pontificum (Histoire des archevêques de Hambourg) d’Adam de Brême, qui fournissent bon nombre d’informations complémentaires.
 

Une cosmogonie tumultueuse

Aux premiers temps, il n’y avait rien. Enfin, presque, car le « Big-Bang » version nordique aime les raccourcis et n’échappe pas longtemps aux références familières de l’univers : ce néant est un gouffre, un abîme béant au nord duquel se trouvent des ténèbres, un monde obscur où coulent une source et des rivières venimeuses ; et au sud un monde de feu. De la confrontation des flots tourbillonnants que saisit le gel, et de l’air brû…
 

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[Cher journal #39] Mon mois de juin 2020

Et voilà, la moitié de 2020 de passée, et l’impression qu’on nous a volé les deux tiers de ces six mois… Les semaines continuent de défiler, la saison des pluies est arrivée, les cafards aussi, […]
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[CDLS #443] Tom McRae – The boy with the bubblegun

La semaine dernière, Tom McRae a annoncé la réédition de son premier album éponyme dans plusieurs formats pour fêter le 20ème anniversaire de sa sortie. Putain, 20 ans. Cela veut donc dire que ça fait […]
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La Scandinavie à l’aube de l’ère viking

Fjord dans les îles Lofoten. L’archipel appartenait au territoire du Hålogaland (actuel comté de Nordland), où vivait le chef Óttarr. Les nombreux fjords entaillant les côtes formaient des asiles sûrs pour les anciens Scandinaves. (© Robert Anders – Sous licence CC BY 2.0 – creativecommons.org – www.flickr.com)


Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Jean Renaud.

 

Ce que nous savons de la Scandinavie à la fin du VIIIe siècle, c’est-à-dire avant que l’Occident ne se focalise sur la date du 8 juin 793 – date que la tradition retient comme étant celle du premier raid viking –, brouille forcément le mythe des « barbares du Nord » qui « déferlent » subitement sur le reste de l’Europe.

Cultures de la pierre

Les anciens Scandinaves ont de nombreux traits communs, ceux de leurs origines germaniques : ils partagent entre autres une même langue et les mêmes croyances. Pourtant ils se démarquent les uns des autres, et leur implantation en Scandinavie ne correspond pas tout à fait à celle que nous avons tendance à nous figurer aujourd’hui.

Un chef du Hålogaland, Óttarr, explique vers 890 qu’il habite le plus au nord de tous les Norvégiens et qu’il faut un mois de cabotage le long des côtes de la Norvège (Norðvegr) pour atteindre le comptoir marchand de Kaupang (Skíringsalr) dans le fjord d’Oslo. Le mot Norðvegr qui désigne ici le pays et non la voie de navigation qu’il qualifie d’abord (« la route du Nord »), en est une des plus anciennes attestations dans ce sens-là. En effet, c’est à sa situa…
 

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[Blog] Des centaurées pour commencer l’été

On dit au revoir aux azalées pour cette année, elles ont cette fois encore illuminé la seconde partie du printemps. Et vous avez vu, je suis raisonnable, je n’ai pas sorti d’hortensias pour cette nouvelle […]
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CH du Rouvray : Soutien au soignant lanceur d’alerte qui passe en conseil de discipline

Les soignants toujours mobilisés !

mouvement social au Centre Hospitalier du Rouvray en soutien au lanceur d'alerte convoqué en conseil de discipline. Saint-Etienne-du-Rouvray, Sotteville-lès-Rouen. Soignants, grève.

Le contexte :

Le personnel du Centre Hospitalier du Rouvray, ainsi que des soignants venants d’autres sites ( beaucoup du Havre), se sont rassemblés, ce
mercredi 24 juin 2020, devant les locaux de la direction du groupe hospitalier, pour soutenir Philippe, un collègue passant en conseil de discipline pour avoir dénoncé avec « véhémence » sur les
réseaux sociaux l’inadmissible manque de moyens pendant le confinement pour travailler dans de bonnes conditions ( notamment le sujet des masques : les soignants en avait un pour deux jours,
qu’ils devaient faire sécher…).   Le 30 juin ce sera au tour du deuxième lanceur d’alerte, Thomas de passer également en conseil de discipline.

Interview d’une infirmière en psychiatrie sur le site depuis près de trente ans :

Sur place nous avons pu interviewer en vidéo une infirmière en psychiatrie, travaillant sur le site depuis près de trente ans ! Elle nous
explique le pourquoi du mouvement de soutien, ainsi que le ras-le-bol du personnel face au manque d’écoute, de respect et considération de la part de la direction, elle revient également sur le
manque flagrant de moyens.

Les « Perchés du Havre » se sont également exprimés :

Nous avons également pu échanger avec plusieurs autres soignants, notamment des  « perchés du havre » qui  eux aussi subissent les  affres  d’une direction qui n’écoute pas et
avec qui de fait, les échanges sont très compliqués.  Dans tous nos échanges, les soignants nous disent la même chose : Les directeurs mis en place ces dernières années  ne sont pas
issus du monde médical, n’ont jamais travaillé sur le terrain et  organisent  les différents services et la charge de travail comme dans une entreprise « classique » en gestionnaires
qu’ils sont, sans jamais penser à l’humain, sans entendre les revendications légitimes du personnel, et en se moquant des patients. Tous reviennent également sur le manque de lits, le manque de
personnel, des salaires ne prenant pas en compte le nombre réel d’heures travaillées, le manque de matériel , l’absence de remise en cause de méthodes de management absolument inefficaces etc….

Il n’y avait pas que le personnel du Rouvray et les Perchés du Havre :

Outre le personnel du site et les Perchés du Havre, d’autres soutiens étaient présents parmi lesquels : Le  printemps de la psychiatrie, le collectif pedopsy parisien, des psychologues, des
syndicats de médecin, des soignants du Calvados,  les syndicats SUD et CGT, le candidat (Insoumis/PC/verts/Génération..) à la mairie de Sotteville-lès-Rouen et citoyen engagé Alexis Vernier
et de nombreux citoyens stéphanais ou sottevillais.

Après le conseil de discipline : Communiqués du salarié et de la direction

A la suite du conseil de discipline ( dont le résultat sera connu d’ici un mois), Philippe, le soignant incriminé à fait un communiqué, dans lequel il s’excuse pour la « véhémence de ses propos à
l’égard du directeur » mais bien sur, il ne regrette pas le fond. « Bonjour , le 30 mars , j’ai commenté deux publications de la page blouses noires , sur ces deux commentaires , j’ai tenu des
propos injurieux envers le Directeur de l’hôpital du Rouvray ( où je suis infirmier ) . Je lui présente publiquement mes excuses d’autant que ces propos injurieux
étaient inutiles dans la conversation Facebook et qu’il m’était tout à fait possible d’exprimer mon opinion sans être injurieux. »

Mr BERTRAND Philippe ( Connu comme TontonBN sur les réseaux ) .

 

Une belle preuve d’humilité, on espère maintenant que la direction va comprendre le pourquoi de ces propos et le fond du problème, que nous avons évoqué plus haut,
car faute d’écoute, et de changements radicaux dans la manière de gérer le personnel, les patients et le budget, il y a fort à parier que le mouvement ne s’éteindra pas.  Et à la vue du
communiqué de presse fournit… ce n’est pas gagné : Aucune remise en question, un certain cynisme et des attaques qui se poursuivent…