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Parc des Bruyères : les Stéphanais visitent le chantier

Plus d'une centaine de Stéphanais ont pu visiter samedi 4 mai l'ancien hippodrome des Bruyères actuellement en cours de réaménagement en parc naturel urbain. Les habitants répondaient à l'invitation du maire Joachim Moyse. Les 28 hectares de l'ancien champ de courses de la rue du Madrillet sont fermés au public depuis près d'un an, date du lancement des travaux destinés à les transformer en « parc naturel urbain » dont l'ouverture est programmée à l'été 2020. Organisée à la demande du maire par les services de la Métropole en charge de ce projet à 20 millions d'euros, la visite exceptionnelle a permis de se rendre compte de l'étendue des travaux engagés sur ce vaste site aux trois quarts stéphanais. Si le projet prévoit de « conserver la mémoire du site » notamment en gardant le tracé des anciennes « cordes » où s'élançaient les chevaux du temps de l'hippodrome (entre 1843 et 2001, avec plusieurs interruptions pour cause d'occupations militaires), sa vocation de parc naturel urbain commence d'ores et déjà à se lire dans le paysage : 5 000 arbres ont été plantés, les deux hectares de la grande pelouse ont été semés, la grande serre de la future ferme permacole s'élève au cœur des 3 850 mètres cubes de terres rapportées pour les besoin de cette agriculture qui assure respecter l'homme et l'environnement. Une « promenade des Callunes », bordée de gradins en pierre blanche, rappellera quant à elle le nom et l'histoire botanique du site. Les « callunes » sont en effet l'espèce de (fausses) bruyères qui avaient colonisé ces 28 hectares après leur déforestation au XVIIIe siècle. Les Stéphanais ont également appris lors de cette visite que le trottoir bordant le futur parc le long de la rue Madrillet serait bientôt réhabilité et élargi (il est en effet étroit et défoncé par les racines). Le parc bénéficiera au total de huit entrées dont trois principales situées à l'angle des rues du Madrillet et Charles-Péguy (la rue en bordure de la cité Verlaine), rue Charles-Péguy côté avenue des Canadiens, et face au stade Diochon. Plusieurs entrées secondaires seront aménagées rue du Madrillet dans le prolongement de ses rues transversales. Côté rue Charles-Péguy encore, sera située la « maison du parc » où seront regroupées quatre entités : un café-restaurant ; un point de vente bio et local dont une large part des produits auront été produits dans la ferme permacole du parc ; une cuisine pédagogique ; et une salle polyvalente qui pourra être louée pour y organiser des conférences ou des formations. Il est également à noter que la rue Charles-Péguy sera rouverte à la circulation, dans les deux sens entre l'avenue des Canadiens et la cité Verlaine, et à sens unique depuis cette dernière jusqu'à la rue du Madrillet.

Mobilisation des parents d’élèves à Curie

Les parents d'élèves élus du groupe scolaire Joliot-Curie ont mené une opération « école sans enfants » vendredi 10 mai. Ils protestaient contre les classes surchargées et contre la loi Blanquer. S'inscrivant dans le prolongement du mouvement de grève de jeudi 9 mai qui, à l'appel de l'ensemble des syndicats, a mobilisé plus de 100 000 fonctionnaires partout en France, les parents d'élèves élus (FCPE et indépendants) du groupe scolaire Joliot-Curie ont appelé les parents vendredi 10 mai a ne pas mettre leurs enfants à l'école de la journée. Ils souhaitaient ainsi protester contre la loi Blanquer qui selon eux « risque de couper le lien de proximité entre les familles et les équipes de direction », expliquent Marie Frébourg, Élodie Geffroy et Khadija Berraho, des représentantes élues des parents d'élèves. Le projet de loi Blanquer prévoit en effet de regrouper les écoles primaires et le collège de secteur sous la direction unique du principal : « Ça va encore compliquer la communication », ajoutent-elles. Les parents mobilisés dénoncent en outre des problèmes de classes surchargées : « Nous avons des classe de 30 à 32 élèves, on ne peut plus circuler dans les classes. Les enfants sont obligés de laisser les cartables dans les couloirs et il est impossible de faire des manipulations. La classe doit parfois se limiter à des cours magistraux. » Une situation que la fermeture annoncée d'une classe à l'école Duruy, proche de quelques rues, risque d'aggraver, assurent les parents : « Et il faut savoir que l'inspection ne comptabilise pas les élèves d'Ulis [Unité localisée pour l'inclusion scolaire, ndlr] dans les effectifs. C'est étrange de ne pas inclure dans les effectifs des élèves qui sont en inclusion dans les classes ! ». Cette mobilisation des parents intervient dans un contexte émotionnel très chargé suite au décès accidentel de la directrice de l'école Curie 1, Sonia Buquet, survenu samedi 4 mai. « Nous sommes très affectés par cet accident mais on a décidé de maintenir le mouvement, ajoutent les parents d'élèves. On a senti qu'on ne trahirait pas sa mémoire ou qu'on ne lui manquerait pas de respect. C'est notre combat de parents mais c'était aussi le sien. » Les parents d'élèves affirment avoir sollicité un entretien avec l'inspection académique et n'avoir reçu aucune réponse.

8 mai 1945 : le maire salue la mémoire d’un combattant pour la justice et la liberté

Les Stéphanaises et Stéphanais sont venus, aux côtés des élus et des représentants des anciens combattants, commémorer ce 8 mai 2019, la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Cette Seconde Guerre mondiale, particulièrement atroce, aura vu plus de soixante millions de personnes perdre la vie, parmi lesquelles une majorité de civils. Pour le maire Joachim Moyse, se retrouver sur la place de la Libération en ce jour c’était à la fois “célébrer la victoire contre une entreprise de domination idéologique mortifère”, mais aussi “exercer notre devoir de mémoire envers toutes les forces de résistance…” et “rendre hommage aux partisans de la liberté et aux artisans de paix”. Joachim Moyse a ainsi souhaité saluer la mémoire “d’un homme engagé, convaincu et fratenel”, celle de Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français décédé le 26 avril dernier. “Il était venu en 2012 et 2017, à nos côtés à Saint-Étienne-du-Rouvray. À chacune de ces rencontres, ce fut pour lui, l’occasion d’exprimer ses valeurs : la solidarité, la justice, la paix et la lutte contre l’obscurantisme.” Il y a deux ans jour pour jour, Julien Lauprêtre, présent sur cette même place devant l’hôtel de ville avait brandi à la foule l’Affiche rouge des résistants de la Main-d’œuvre ouvrière immigrée, avec qui il avait vécu durant son incarcération, pour cause de propagande anti-hithlérienne. Il avait rappelé les mots de son compagnon de détention Missak Manoukian: “Toi, tu vas t’en sortir. Alors promets-moi d’être utile aux autres et de continuer le combat tant que règne l’injustice sur terre”. Toute sa vie durant, sans relâche, l’homme a répondu à l’invitation pressante de Manoukian, multipliant les combats au nom de la liberté et de la justice. L’évocation de la mémoire de ce grand homme, qui avait fait siens les piliers du Programme de la Résistance, aura été aussi l’occasion pour le maire de saluer “tous les acteurs de la solidarité au quotidien… bénévoles associatifs, militants syndicaux et politiques progressistes et tous ceux qui sont convaincus… que la justice sociale, la tolérance et le respect de l’autre sont les fondements de notre humanité”. Précédemment, Claude Maréchal président de la Fnaca, Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, avait lu la lettre de l’Union fédérale des associations françaises des anciens combattants. Au-delà du souvenir, le discours a assuré que « les Françaises et les Français regrettaient que les espérances nées de ce 8 mai 1945 soient aujourd’hui bafouées. Dans un monde secoué par les guerres, les violences, le racisme et la haine, nous invitons les jeunes à œuvrer pour un monde de fraternité, de solidarité et de paix".

10 ans du projet de ville: les habitants invités à participer !

Mercredi 15 mai 2019, se déroulera le forum des 10 ans du Projet de ville. L’occasion pour les habitants, les agents municipaux et les acteurs du territoire de se pencher sur cette feuille de route qui guide l’action des élus depuis une décennie et d'en faire une lecture critique. Avec la mise en œuvre d'un Projet de ville en 2008, l'équipe municipale de Saint-Étienne-du-Rouvray a manifesté très tôt son ambition de donner du sens à son action sur le long terme. À l'époque, cinq thèmes avaient été retenus : l'urbanisme, le développement durable, l'éducation, le social et la citoyenneté. Une manière aussi d'échapper aux contraintes du court terme et de s'attacher aux spécificités historiques, sociologiques, économiques et géographiques de la ville et d'un territoire. Revenir au local quand l'État et l'Europe pensent global ; réagir en dehors des échéances médiatiques et électorales. «Trop souvent, le rythme de décision d'une commune est impacté par les évolutions des politiques de l'État, du Département, de la Région et de la Métropole. Nous pensons qu'il est plus facile d'agir quand les perspectives sont stables», explique Jérôme Lalung-Bonnaire, directeur général adjoint à la Ville. Loin de se limiter à une liste d'actions, le Projet de ville fonctionne donc à son rythme avec le souci de passer chaque action municipale au filtre de quelques principes comme l'équité, l'universalité et la continuité. Plus encore, il s'agit de faire en sorte que chaque projet observe quatre finalités bien définies: considérer chaque personne en respectant les rythmes de chacun et l'évolution des modes de vie ; échanger de l'humanité en impliquant les usagers aux décisions qui les concernent ; ouvrir de nouveaux horizons en permettant à chacun de progresser personnellement et professionnellement ; mieux vivre ensemble longtemps en valorisant l'équilibre entre les Stéphanais·es et leur environnement. Depuis dix ans, le Projet de ville a contribué à faire émerger des actions concrètes dans tous les registres du bien vivre ensemble. Un marché public de performance énergétique pour une gestion durable des bâtiments municipaux, la rénovation de la résidence autonomie Ambroise-Croizat, un suivi individualisé pour lutter contre le décrochage scolaire, la mise en œuvre d'un contrat local de santé et d'un projet éducatif local, etc. «On ne transforme pas le rapport des gens à leur environnement en quelques semaines ni même en quelques mois. Le Projet de ville nous a permis d'avoir de la constance sur les dix dernières années. La tarification solidaire, les Animalins et Unicité sont aujourd'hui des dispositifs qui sont inscrits dans la vie locale», souligne Jérôme Lalung-Bonnaire. En 2019, il s'agit de se projeter en donnant l'opportunité aux habitants d'influer sur la rédaction du prochain Projet de ville. Ainsi tous les Stéphanais·es sont invité·e·s à contribuer à cette initiative, mercredi 15 mai, à la salle festive. • Rendez-vous à partir de 14 h 30 et jusqu'à 18 h 30 pour participer à différents ateliers thématiques permettant de réfléchir aux points forts et aux éléments à améliorer dans les actions menées par la Ville. • De 18 h 30 à 19 h 30 : apéritif dînatoire. • A partir de 19 h 30 : réunion publique animée par le maire Joachim Moyse avec présentation de la démarche du Projet de ville, restitution d'un sondage commandé par la municipalité sur l'appréciation portée par les Stéphanais concernant l'action des élus et des services, puis restitution des réflexions et des travaux menés en amont de cette journée et lors des ateliers de l'après-midi.

« J’veux du soleil » au rond-point des Vaches : les Gilets jaunes font parking comble

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans la soirée de jeudi 2 mai à proximité du rond-point des Vaches. Elles assistaient à une projection du film documentaire « J'veux du soleil » en présence de son co-réalisateur, le député de la Somme François Ruffin. Organisée par les Gilets jaunes du rond-point des Vaches (s'identifiant désormais eux-mêmes par le sigle GJ-RPDV qu'ils ont imprimé sur des sweaters et t-shirts), cette projection festive a rassemblé sur le parking du magasin Électrodépôt des délégations venues d'autres ronds-points du département et au-delà, ainsi que des personnes n'arborant pas le chasuble qui symbolise ce mouvement social depuis le 17 novembre 2018. Le député de la Somme François Ruffin (LFI), co-réalisateur avec Gilles Perret du documentaire intitulé « J'veux du soleil » (en référence à la chanson du groupe Au p'tit bonheur), avait fait le déplacement depuis Amiens pour débattre avec le public et les militants, quelques heures avant la projection. L'ambiance était festive, les GJ-RPDV ayant organisé un barbecue et un stand sandwich et installé sous un dais de toile quelques dizaines de chaises qui n'auront toutefois pas suffi à asseoir tout le monde. Après avoir salué la volonté des Gilets jaunes stéphanais « de faire du beau dans un endroit qui ne l'est pas », faisant ainsi référence au village « Notre-Dame-des-Palettes » que les GJ-RPDV ont installé aux abords d'un parking coincé entre le restaurant d'une grande chaîne et un magasin discount aux rideaux de fer tirés, le député de la France insoumise (LFI) s'est livré à une analyse des propos tenus par Emmanuel Macron lors de la conférence de presse du 25 avril : « Il y a des choses notables dans le discours de Macron, il y a l'absence des mots “concurrence”, “compétitivité”, “mondialisation”. Lui qui les répétait toutes les deux lignes, ces omissions sont des signes. Elles nous disent que Macron est maintenant contraint de continuer à faire la même chose mais sans le dire ! On nous avait entraînés dans cette idéologie du fric par l'enthousiasme dans les années 1980 mais maintenant que ça ne fonctionne plus, ils nous y entraînent par le matraquage et par le matraquage médiatique aussi. Mais les gens ne veulent plus de ça. Ils ne veulent plus de ça mais ils ne se sont pas encore rattachés à autre chose. On est dans un temps de gestation longue de cet autre chose, à nous de l'entraîner dans le bon côté et non vers la haine et le rejet de l'autre. » Le député de la Somme a également alerté sur les « deux divorces » que le mouvement social se doit de réconcilier : « Il y a deux divorces à résoudre, celui des quartiers populaires et de la France rurale, celui de la petite bourgeoisie culturelle et des classes populaires. Si on ne les réconcilie pas, on n'arrivera pas faire masse pour changer le système. » Présent à ses côtés durant l'avant-projection, François Boulo, le porte-parole des Gilets jaunes de l'agglomération rouennaise, a quant à lui notamment pointé le « mensonge » du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui a prétendu que des Gilets jaunes avaient « attaqué » le service des urgences de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, en marge de la manifestation du 1er-Mai. Selon François Boulo, les « médias » auraient été complices de ces « mensonges » et il les a prévenus : « On va les pilonner, les médias. On va les forcer à dire la vérité. » Une vérité qu'une partie de ces derniers ont néanmoins dite sans être soumis à la contrainte, certains y consacrant jusqu'à quatre pages entières à l'image du quotidien Libération du 3 mai ou encore à celle de l'Humanité avec une double page le même jour… Le Figaro se contentant quant à lui de parler de « divergences » de témoignages et de vidéo qui « semblent contredire » le ministre… Le porte-parole des GJ a également appelé à ne pas « se faire piéger par la violence » car, a-t-il ajouté : « Pendant ce temps là, les lois passent sous les radars, à l'image de la loi Pacte. [loi Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises, votée le 11 avril, ndlr] » Après avoir décrit un pouvoir « élus par et pour les plus riches » que le « match des jaunes contre les bleus » [les Gilets jaunes contre les policiers, ndlr] fait rire, le porte-parole François Boulo à appelé à une « révolution pacifique » : « Mettez du jaune partout, portez du jaune, tant que Macron sera au pouvoir on va le rendre dingue avec ça. Eux qui rigolent de mépris en nous regardant, on va finir par les faire rire… jaune ! » Après la projection du film, le débat s'est encore prolongé quelques minutes avec François Ruffin. Le film « J'veux du soleil » rassemble des témoignages de Gilets jaunes de plusieurs coins de France et nous livre un aperçu sensible, parfois drôle, parfois poignant, de ceux qui depuis cinq mois se sont réappropriés le débat public, comme le dit François Ruffin : « C'est la fin de l'apathie politique c'est la reconquête de la politique par les classes moyennes. » Le film projeté le 2 mai au rond-point des Vaches est une version courte du documentaire dont les droits ont été cédés gratuitement aux ronds-points… Le député Hubert Wulfranc (PCF) était présent à la projection, venu accueillir son collègue de l'Assemblée. Photo : Jean-Pierre Sageot

My Brazza, une inoubliable leçon d’histoire-géo

Des élèves du collège Louise-Michel ont assisté à un cours d'histoire-géo pas comme les autres, grâce à la complicité buissonnière du Rive Gauche… Les 29 et 30 avril, leur professeur d'un jour était le danseur Florent Mahoukou, venu du Congo-Brazzaville leur raconter « My Brazza », sa ville d'origine, par les mots et par la danse. Brazzaville, capitale de la France ? L'Afrique, un continent riche, voire très riche, plus riche que l'Europe ? Vivre sans électricité et être heureux, c'est possible ? Les élèves du collège Louise-Michel en sont d'abord restés perplexes les 29 et 30 avril derniers. Grâce au danseur Florent Mahoukou mis en scène par David Bobée sur un texte de Ronan Chéneau, quatre classes ont compris deux ou trois choses sur l'Afrique en général, et sur Brazzaville en particulier, la capitale de la République du Congo où a grandi le danseur, loin, bien loin des clichés véhiculés en Europe. Et tout ça, en retournant les tables, en poussant les chaises, en dansant, en crevant le plafond… bref, en faisant à peu près tout ce qu'il est interdit de faire dans une salle de classe, sous peine de se faire renvoyer. Le texte de Ronan Chéneau dansé et dit par Florent Mahoukou raconte ainsi le parcours de ce dernier depuis Brazzaville, qu'il a fui après avoir échappé à un massacre de rue, jusqu'à Pointe-Noire où la danse l'a sauvé de cette folie qu'on nomme parfois politique… D'abord un peu intrigués par cette leçon des plus vivantes, les collégiens ont bientôt adhéré à la narration dansée. Et ils en ont retenu, peut-être bien plus facilement qu'après avoir ouvert leur manuel scolaire, qu'effectivement Brazzaville fut bien la capitale de France libre proclamée par le général De Gaulle le 27 octobre 1940 ; qu'effectivement l'Afrique est riche des matières premières que les pays occidentaux continuent de piller avec l'aide de gouvernements africains corrompus et de la banque mondiale ; qu'effectivement, les rues de Brazza sont défoncées, que l'électricité est coupée deux jours sur trois, mais comme l'a dit Florent Mahoukou aux jeunes élèves emportés par la puissance du spectacle : « il y a une incroyable énergie dans cette ville en chantier, en pleine construction, comme vous. » My Brazza était programmé « hors les murs » par le Rive Gauche en partenariat avec le Centre dramatique national de Normandie Rouen.

Veines urbaines: dix ans de mix culturel

Du 27 avril au 8 juin, le festival Veines urbaines, dédié à toutes les formes d'art urbain, est de retour au centre socioculturel Jean-Prévost pour une dixième édition toujours plus ambitieuse. Sur les murs ou posés sur le bureau de Samuel Dutier, le directeur du centre Jean-Prévost, les souvenirs des précédentes éditions du festival Veines urbaines affichent la couleur. Et cette année, le rendez-vous stéphanais dédié aux arts urbains fête ses dix années d'existence du samedi 27 avril au samedi 8 juin. Une aventure lancée presque en famille par Samuel Dutier et son artiste de frère Nicolas, alias Nikko KKO, un an à peine après son arrivée à la tête de la structure socioculturelle. « Notre ambition, c'était de proposer un événement qui puisse aller chercher un autre public que celui qui fréquentait déjà le centre, un public plus jeune notamment, rappelle aujourd'hui l'organisateur. Mais il ne s'agissait pas de faire uniquement du graff'. Notre volonté, c'était d'explorer de multiples formes d'expression : la photographie, le dessin, le travail des plasticiens, les installations... » Dès le départ, le principe d'une exposition regroupant de multiples signatures, venues de l'agglomération mais pas seulement, est arrêté. Tout comme celui de créer un événement vivant qui s'exporte hors des murs du centre. « On voulait montrer que c'était un moyen d'expression accessible à tous grâce à de la création “live”, à de petits ateliers... » Au fil des éditions, l'offre s'étoffe. Des collectifs d'artistes reçoivent carte blanche pour s'approprier un coin du bâtiment, presque au sens littéral du terme, et laisser libre court à leur imagination. Le « Yeti » du collectif Beat en 2017, « l'appartement » du collectif HSH en 2014 ou le métro new-yorkais en 3D du collectif ACC l'année précédente sont encore dans toutes les mémoires... La danse, la musique ou la culture « skate » s'invitent tout naturellement dans la programmation par petites touches. Et la journée d'ouverture est devenue un rendez-vous d'échanges et de rencontres qui attire bien au-delà de la ville et de l'agglomération. « On s'est dit qu'on était sur la bonne voie lorsque des artistes que nous ne connaissions pas forcément sont venus vers nous pour nous dire qu'ils avaient envie de participer, d'exposer leurs créations », continue Samuel Dutier qui n'imaginait pas forcément voir le festival prendre une telle ampleur, au point de devenir l'une des pierres angulaires de l'Urban Mix, le réseau regroupant l'espace culturel François-Mitterrand à Canteleu et la Traverse à Cléon, deux salles friandes elles aussi des arts urbains. « Cela nous permet de monter des projets de plus grande ampleur et de toucher un public plus large. » Ce qui était, il y a dix ans, la première ambition. Pari réussi. Pour cette 10e édition, c'est le graffeur rouennais Kejo, déjà présent à de multiples reprises, qui sera l'invité d'honneur pour une carte blanche. Il aura également la responsabilité d'un atelier pour créer une fresque avec des jeunes le temps du festival. Comme chaque année, le vernissage sera l'occasion d'investir la place Jean-Prévost avec des démonstration en live de graff' sur le cube bien connu des habitués dans une ambiance musicale. Le skate-park de Rouen s'installera lui tout l'après midi avec ses animateurs pour des démonstrations et des initiations de skate board et de trottinettes. Des initiations à la danse hip-hop et des battles seront également organisées pour cette discipline en passe de devenir olympique. Des stages et des ateliers de danse auront également lieu jusqu'au 8 juin dans le cadre du festival. • Du 27 avril au 8 juin, du mardi au samedi, aux heures d'ouverture du centre Jean-Prévost. Tél.: 02.32.95.83.66.

Julien Lauprêtre, le président du Secours populaire est décédé

Un communiqué du secrétariat national du Secours populaire français a annoncé ce matin 26 avril le décès de son président Julien Lauprêtre. Âgé de 93 ans, Julien Lauprêtre présidait cette grande association d'aide aux victimes de l'injustice sociale depuis 1958. Il y était engagé comme bénévole depuis 1954. Ses amis du Secours populaire le qualifie de « Président pas ordinaire » : « Sa porte et son écoute étaient ouvertes à tous, sans distinction, à n’importe quel moment de la journée. Une humanité, une simplicité et une sincérité qui allaient droit au coeur des 80.000 bénévoles de l’Association. » Le maire Joachim Moyse a quant à lui salué Julien Lauprêtre qui s'était rendu à Saint-Étienne-du-Rouvray à deux occasions ces sept dernières années : « Julien Lauprêtre aura été un homme de combat contre la misère et le mal vivre. Je me souviens de l’avoir accueilli en 2012 et 2017 à Saint-Étienne-du-Rouvray au côté d’Hubert Wulfranc, alors maire. Le président du Secours populaire avait appelé les Stéphanais à “ne pas baisser la tête, mais à susciter, au contraire, un grand sursaut national autour de la solidarité”. » Interviewé par le Stéphanais lors de sa dernière venue dans la ville le 8 mai 2017, au lendemain de l'élection présidentielle où l'actuel président affrontait la candidate du Front national, Julien Lauprêtre avait exprimé son inquiétude face à la montée des racismes et de l'antisémitisme (lire Le Stéphanais n°233). Mais se qualifiant lui-même d' « optimiste », il aimait à rappeler la force de l'engagement collectif pour lutter contre ces fléaux : « D'un côté on observe une augmentation de la place des idées racistes, antisémites, du refus de l'étranger, et, de l'autre, on voit un élan de solidarité qui nous surprend nous-mêmes. Des boulangers, des coiffeurs, des médecins offrent spontanément leur aide. Il y a une montée du poison du racisme et, en même temps, une nouvelle forme de résistance se met en place. » La question du racisme et de l'antisémitisme, cet ancien Résistant y avait été confronté très tôt : « J'avais 17 ans quand j'ai été emprisonné pour faits de résistance. Le hasard a voulu que pendant huit jours et huit nuits je partage les locaux de la préfecture de police où j'étais détenu avec les dix de l'affiche rouge », avait-il confié au Stéphanais. Les dix de l'affiche rouge étaient les résistants membres des Francs-Tireurs et Partisans du groupe Main d'œuvre immigrée (FTP-MOI) dont le chef était le poète Missak Manouchian. C'est à cette rencontre dans les geôles nazies que Julien Lauprêtre fait remonter son engagement contre l'injustice sociale et contre le racisme, comme il nous le disait encore le 8 mai 2017 : « Manouchian m'a dit : “Moi je suis foutu, je vais être fusillé, mais toi il faut que tu fasses quelque chose d’utile et que tu rendes la société moins injuste…” Ce sont les dix de l'affiche rouge qui m'ont donné envie de continuer à me battre pour les jours meilleurs. » Se souvenant avec émotion de la venue de Julien Lauprêtre à Saint-Étienne-du-Rouvray, le député Hubert Wulfranc évoque quant à lui un « infatigable avocat des pauvres » qui « n'a eu de cesse de dénoncer la montée de la pauvreté en France » et qui « avait l'engagement contre les inégalités et les injustices chevillé au corps. » À la fédération de la Seine-Maritime du Secours populaire, l'émotion est tout aussi palpable. Danielle Moreau, bénévole depuis 22 ans, se dit « en deuil » et exprime le sentiment d'avoir perdu un membre de sa famille : « C'était quelqu'un d'extraordinaire qui portait haut les couleurs du Secours populaire. Il était de la trempe de l'Abbé Pierre. Il y a peu d'hommes comme ça. »

Frelon asiatique: repérer et faire détruire

Avec les beaux jours, le frelon asiatique est de retour. Cette espèce invasive est une menace pour la biodiversité et pour les personnes. Mais comment combattre ce tueur d’abeilles? La piqûre d'un seul frelon asiatique n'est pas plus dangereuse que celle d'une guêpe ou d'un frelon européen, certes, mais il est risqué de s’y attaquer lorsqu’on n’est pas un professionnel formé et équipé, prévient Élodie Hospital, chargée d’études au Fredon Haute-Normandie, l’association de défense contre les organismes nuisibles qui coordonne, avec le groupement de défense contre les maladies des animaux (GDMA), la lutte contre le frelon asiatique en Seine-Maritime: «Il ne faut pas détruire un nid soi-même car le frelon asiatique attaque en groupe lorsqu’il se sent menacé. Cela peut représenter plusieurs milliers d’individus.» Le début du printemps reste le meilleur moment pour lutter contre cette espèce que les pouvoirs publics ont classé «danger sanitaire». Cette période correspond à la fondation des «nids primaires», plus accessibles et plus facilement repérables. «Le nid primaire est gros comme une orange, explique Élodie Hospital, il est installé à hauteur d’homme dans un abri de jardin, une haie ou sous une toiture.» Plus tard, entre mai et début août, la colonie construira un nid plus volumineux, pouvant atteindre un mètre de diamètre. Situé à grande hauteur, sa destruction en sera d’autant plus difficile et onéreuse. «La Ville apportera une aide financière de 50% du prix de la destruction des nids, dans la limite de 100 euros», assure le maire Joachim Moyse. La lutte contre cette espèce est importante car elle est responsable, selon la préfecture, de «la destruction de nombreuses ruches d’abeilles». «Les abeilles butineuses constituent 80% du régime alimentaire d’un frelon asiatique en ville et 45% dans les campagnes. La présence de 6 à 8 frelons actifs fait chuter de moitié l’activité de vol de la colonie d’abeilles», détaille la chargée d’études de Fredon. Les pièges sont enfin déconseillés, ajoute-t-elle: «Une étude du Muséum national d’histoire naturelle a montré qu’aucun piège n’était sélectif. Ils font plus de dégâts chez les autres espèces et favorisent même les frelons asiatiques!» • La découverte d’un nid de frelon asiatique doit être signalée au 02.77.64.57.76, la plateforme du Fredon et du GDMA. Les informations utiles et la liste des intervenants agréés par cette plateforme sont consultables sur frelonasiatique76.fr

Faire l’école à la maison: une idée folle?

Avec 0,3% des plus de 6 ans scolarisés à domicile, la concurrence faite à l’école reste marginale. Mais la tendance est à la hausse. Pourquoi des familles boudent-elles l’école? À 11 ans, Pierre fait partie des seize enfants de la commune qui ne vont plus à l’école. Ses parents l’ont inscrit au Cned (Centre national d’enseignement à distance) pour qu’il suive les enseignements de 6e par correspondance (950€ par an), tout en continuant à patiner sur glace plus de quinze heures par semaine. «Il étudie tous les matins, de 9 heures à midi, explique Stéphanie, sa mère. Comme je travaille à la maison, je peux surveiller, mais c’est vrai que ça prend du temps.» Quand ce n’est pas sa maman, c’est son père qui supervise les devoirs du jeune collégien, ou l’un de ses quatre frères et sœurs. Le jeune patineur est très entouré. «La difficulté de ce type de choix, c’est le cadre, analyse Magali Hoarau, psychologue de l’éducation nationale (psyEN), au CIO de Rouen. Les jeunes doivent être particulièrement autonomes et avoir une appétence pour se mettre au travail. Sinon, il y a le risque qu’ils ne s’y mettent pas.» Déclarée à la mairie et auprès des services académiques, la scolarisation à domicile fait l’objet d’un double suivi: «Les services municipaux se rendent à domicile pour vérifier que l’enfant dispose d’un lieu dédié pour étudier et qu’il a des activités qui le mettent en contact avec d’autres enfants, témoigne Olivier Lebas, directeur du service enfance à la mairie. L’inspection académique évalue, quant à elle, le niveau de l’enfant.» Marginal, le phénomène est aussi généralement limité dans le temps: «La décision est le plus souvent prise pour des raisons médicales ou des problèmes relationnels avec les pairs, souligne Olivier Lebas. Je pense à une jeune collégienne qui a eu besoin de quitter le collège une année mais qui le réintègre progressivement. Je n’ai jamais vu d’enfant qui faisait l’instruction à domicile sur l’ensemble de sa scolarité.» Il s’agit surtout de marquer une pause, de reprendre sa respiration quand la pression scolaire est trop forte. «Les parents qui font ce choix ont l’impression que leurs enfants ont des journées de ministre sans pour autant que l’école obtienne de très bons résultats, argumente Brigitte Prot, psychopédagogue. Ils les trouvent stressés, notamment par les évaluations. Ils veulent pour leurs enfants une vie moins centrée sur la performance, plus légère.» Plus légère, certes, mais avec le risque pour les jeunes d’être coupés du monde réel.

Parc du Champ des bruyères : visite de chantier le 4 mai

Près d'un an après la fermeture du parc du Champ des bruyères, une visite du chantier d'aménagement de cet espace de 28 hectares est proposée aux Stéphanais curieux de découvrir en avant-première ce poumon vert de l'agglomération, samedi 4 mai à 14 heures. Fermé au public depuis juin 2018, l'ancien hippodrome des Bruyères poursuit sa mue. 90 % des plantations auront été effectuées au début mars pour les 5 000 sujets, arbres, arbustes et massifs. Bien visible aussi, la serre de production est en place. Elle constitue un élément structurant de la ferme permacole auquel seront associés un verger conservatoire et des parcelles agricoles. Au sein du parc, deux espaces sont maintenus en dehors du chantier. Sanctuarisés, ils constituent une réserve écologique de la faune et la flore qui se sont installées au fil du temps sur le site. Au printemps, les cheminements commenceront à être tracés. En revanche, il faudra attendre 2020 pour que sorte de terre les aires de jeux et la maison du parc qui accueillera notamment un magasin pour les productions du parc, une salle polyvalente et une cuisine pédagogique. • Visite de chantier samedi 4 mai à 14 heures. Rendez-vous à l'angle des rues du Madrillet et de l'allée du Champ-de-Courses. Se munir de chaussures adaptée.

Incendie à Sorano, hommage aux élus décédés, défense des services publics : un conseil entre émotions partagées et combativité républicaine

Le conseil municipal de jeudi 28 mars a été marqué par l'annonce peu avant 20 heures d'un incendie survenu au dernier étage de l'immeuble Sorano de la copropriété Robespierre. Le sinistre a été rapidement maîtrisé par les pompiers. Aucune victime n'est à déplorer mais l'irruption de cette annonce en plein conseil a bouleversé les élus dont l'une des délibérations portait justement sur l'opération de relogement des occupants de cet immeuble privé dégradé et voué à la démolition, ainsi que sur la fermeture sécurisée de ses logements au fur et à mesure de leur libération. Visiblement ébranlé par l'annonce de l'incendie, le maire Joachim Moyse a exprimé l'urgence à évacuer et à fermer cet immeuble, compte tenu des dangers que son état d'insalubrité fait constamment peser sur ses occupants. Peu de temps auparavant, l'association Droit au logement (DAL) avait interpellé le maire et le conseil au sujet de deux familles de l'immeuble Sorano, occupants sans titre. Le DAL plaidant notamment pour une prolongation du délai avant leur expulsion et la prise en charge de leur relogement par la Ville. Poussées vers la sortie par le bailleur Logiseine, ces familles sont en effet dans l'attente de la décision du juge concernant la date de leur expulsion. Le DAL a souligné que ces familles sont bien intégrées à Saint-Étienne-du-Rouvray et que leurs enfants sont scolarisés sur la commune. Le jugement définitif sera rendu mardi prochain. Le maire Joachim Moyse, a répondu aux militants du DAL : « La Ville a souhaité depuis 2015 faire un diagnostic qui a démontré que Sorano avait comme destin d’être démoli (endettement, sécurité, etc.). Depuis 2017, l’Agence nationale de renouvellement urbain (Anru) a reconnu que cet immeuble devait être démoli. Pour la Ville, la priorité a été dès lors d’accompagner, de suivre les plans de relogements pour les personnes occupantes. » Le maire a affirmé qu'il revenait à l’État de régulariser les situations de celles et ceux qui sont en situation d’occupation sans titre : « Nous sommes dans une urgence pour que l’immeuble soit libéré de tout occupant au plus vite. Je ne veux pas d’une catastrophe. J’appelle chacun à prendre ses responsabilités. » L'incendie qui s'est déclaré peu de temps après cette déclaration a malheureusement confirmé les craintes du maire et concrétisé l'urgence de la situation. L'émotion aura également été présente peu avant ces débats. Les élus ont en effet observé une minute de silence en hommage aux anciens élus récemment décédés. Leurs pensées étaient tournées vers la mémoire d'Yvette Badmington qui fut élue municipale pendant quatre mandats, de 1983 à 2005. Ils ont également eu une pensée pour Jacques Prévost, ancien élu stéphanais, et pour Roland Leroy, ancien député, ancien membre de la direction du Parti communiste français, ancien directeur de l'Humanité, homme de culture et Stéphanais de cœur. Un hommage a en outre été rendu à Pierre Bourguignon, décédé mercredi 27 mars. Ancien maire de Sotteville-lès-Rouen et ancien député de la 3e circonscription, il était élu sottevillais et maire honoraire de cette commune voisine. Le conseil a enfin accueilli une nouvelle élue, Agnès Bonvalet, en remplacement de Pascal Langlois qui a démissionné de son siège de conseiller municipal. Un nouveau groupe a également été créé au sein du conseil, suite à une scission du groupe des Élu.e.s socialistes écologistes pour le rassemblement. Le nouveau groupe, présidé par David Fontaine, s'appelle Génération.s SER. Il est affilié au parti politique fondé par Benoît Hamon. Le groupe des Élu.e.s socialistes écologistes pour le rassemblement est désormais présidé par Léa Pawelski. S'exprimant sur l'actualité nationale, le maire a pointé ce qu'il estime être les incohérences du gouvernement : « C'est une lourde responsabilité qu'est celle d'Emmanuel Macron d'écouter la population dans le cadre du débat national, de s’appuyer sur les maires pour relayer des revendications de justice sociale et environnementales. Mais en parallèle, la politique qui est menée va dans le sens contraire. On dit qu'il faut davantage de justice sociale mais on parle aussi de recul de l’âge de la retraite, qu'il faut une nouvelle journée de solidarité. On dit davantage de solidarité mais on ferme une maternité à Bernay et des services dans les hôpitaux. On dit davantage d’éducation contre l’obscurantisme mais on réduit les moyens de l’Éducation nationale. Tout cela traduit une posture dangereuse pour la démocratie. » Au nom du groupe des Élu.e.s socialistes et écologistes pour le rassemblement, Gabriel Moba M'builu a ensuite proposé une motion pour que « la place de l’église devienne la place Jacques-Hamel ». La Ville étudiera la proposition a répondu le maire. Comme chaque année, le conseil a dû délibérer sur sa participation obligatoire aux dépenses de fonctionnement de l'école privée Jeanne-d'Arc. Cette participation étant rendue obligatoire par la loi, le conseil l'a votée à la majorité mais 9 conseillers ont voté contre et deux se sont abstenus. Michelle Ernis, pour le groupe des Élu.e.s Droits de cité mouvement Ensemble a déclaré : « l’argent public doit aller à l’école publique. À l’heure où le service public est étranglé, je ne suis pas d’accord pour donner au privé mais pour respecter le service public et la laïcité. Je propose de donner a minima. Peut-on rejoindre les communes qui donnent a minima ? Attendons avant de trancher ce soir… » Danièle Auzou, au nom du groupe Élu.e.s socialistes écologistes pour le rassemblement s'est ensuite exprimée contre le projet de loi Blanquer qui oblige notamment les communes à financer les écoles maternelles privées, la loi prévoyant de rendre l'instruction obligatoire à partir de trois ans contre six ans aujourd'hui : « Ce projet est injuste à l’égard des enseignants. Il est porteur d’inégalités et dangereux pour les communes qui doivent déjà porter le coût des dédoublements ». David Fontaine, pour le groupe Génération.s a ajouté : « L’acte de résistance, c’est déjà de conserver une subvention par élève inchangée depuis 12 ou 13 ans. » Les élus se sont exprimés sur les modalités de la participation financière de la commune dans le cadre de la lutte contre le frelon asiatique. Saint-Étienne-du-Rouvray se trouve ainsi la première commune de la Métropole à adopter cette délibération avec Tourville-la-Rivière. La Ville s'engage en effet à rembourser la moitié du coût payé par les particuliers pour se débarrasser d'un nid de cette espèce invasive qui détruit les abeilles. Cette aide est plafonnée à 100 € et ne peut concerner que les interventions menées par des entreprises agréées et agissant entre le 15 mars et le 15 novembre. En matière d'accessibilité, le conseil s'est félicité que la commune emploie des personnes en situation de handicap au-delà du cadre légal, avec un taux de 8,5%. Le conseil a rappelé que le centre culturel du Rive Gauche offre la possibilité d’audio-description. Les élus ont pris acte de la fin du Contrat local de santé (CLS) intervenue en 2018. Ils s'interrogent sur l'avenir des CLS: quel sort leur réservera l'Agence régionale de santé (ARS)? L'ARS les maintiendra-t-elle à l’échelle locale ou à l’échelle de la Métropole ? La Ville souhaite que le prochain CLS soit maintenu à l’échelle de la commune. Le conseil a ensuite voté une subvention de 5 600 € au Planning familial. Michelle Ernis s'en est félicitée : « À la veille des élections européennes, nous voyons que les extrêmes droites gagnent du terrain et les droits des femmes sont touchés. Attention de protéger le droit à l’IVG et à la contraception ! Je ressens à un honneur de verser une telle subvention au planning familial. » Noura Hamiche, pour le groupe des Élu.e.s Vraiment à gauche, soutenus par le NPA s'est également félicitée de cette subvention : « Il faut combattre les idées reçues sur le planning familial, c'est un lieu qui n’est pas ouvert qu’aux femmes mais à toutes et à tous. C'est un levier d’entraide sur la question de la famille, le l’égalité femme-homme. C'est une structure qui vit grâce aux bénévoles. » Hubert Wulfranc, ancien maire et député de la 3e circonscription, conseiller municipal a quant à lui alerté le conseil sur la situation de l'hôpital public du Belvédère : « C'est l’occasion de s’attarder sur la situation de la maternité du Belvédère alors qu’un audit est commandé par l’ARS. C'est un établissement qui se voit menacé dans sa spécificité alors que l’ARS entend diminuer les moyens humains, un tiers des postes de sage-femme est notamment menacé. Parallèlement, la situation financière du Belvédère sert de prétexte pour l’ARS dans sa volonté de compression des moyens de l’établissement. Il est important d’avoir un œil de soutien sur cette maternité, la première de Normandie. » Photo: Jérôme Lallier.

Madrillet : le renouvellement, c’est maintenant

En soixante-dix ans, le plateau du Madrillet n'a jamais fini de se réinventer en termes d'offres d'habitat, de services, de commerces et d'espaces publics. Le nouveau chapitre de cette histoire est en train de s'écrire dans le cadre d'un programme de renouvellement urbain qui débute en 2019. Le Château blanc entre dans une phase de mutation. Le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) mis en œuvre dans ce quartier de Saint-Étienne-du-Rouvray s'inscrit avant tout dans une volonté d'améliorer le cadre de vie de tous les habitants. Les travaux qui s'engagent pour au moins cinq ans viendront compléter un long processus d'évolution au cours duquel le Château blanc n'a eu cesse de s'adapter aux usages et aux besoins de celles et ceux qui le font exister. 30 ans de la politique de la ville À chaque génération selon ses solutions pour une offre adaptée de logements, de services, de commerces et d'espaces publics. Un coup d'œil dans le rétroviseur permet de mesurer la distance parcourue alors qu'en 1959 débutait la construction de la cité du Château blanc. La priorité était alors de répondre à une demande importante de logements. Dans les faits, l'offre sera à la mesure de l'attente avec 3 000 logements regroupés dans trois grands ensembles en forme d'œufs. Directement inspiré de la charte d'Athènes, ce schéma d'aménagement fonctionnait suivant sur un principe de « zonage ». Un espace pour travailler, un espace pour se détendre, un autre pour circuler et un autre encore pour habiter. « L'idée s'impose sur un terrain vierge. Un projet qui avait été décrété et qui ne venait pas des habitants. Une pensée limitée au cadre d'un œuf, une pensée de l'enclavement où le périphérique qui entourait les blocs d'immeuble fonctionnait un peu comme les douves d'une forteresse », explique Isabelle Valtier, directrice adjointe du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de Seine-Maritime (CAUE 76). À ce rythme, entre 1954 et 1965, la population stéphanaise passe de 15 000 à 30 000 habitants. Au fil du temps, ce modèle hyper théorique et technique est devenu de moins en moins lisible et incompatible en particulier avec l'augmentation du nombre de voitures par foyer. « Il fallait casser l'image de ces grands ensembles, retranchés du reste de la ville, proposer de nouvelles connexions, réduire la densité des logements avec des logements individuels ou collectifs de taille réduite, créer de nouveaux quartiers », indique Corinne Colonnier, responsable de la prospective urbaine et conduite d'opérations. Entre 1989 et 2012, les opérations de renouvellement urbain se sont succédé durant lesquelles un millier de logements ont été concernés par des démolitions et des reconstructions. Ces programmes successifs ont contribué à reconfigurer l'habitat mais aussi les déplacements au sein d'un espace qui constitue le centre-ville du plateau du Madrillet. Faire Avec « Aujourd'hui, il faut faire avec ce passé et 30 ans de politique de la Ville, souligne Isabelle Valtier. Il faut faire avec les tissus existants : le tissu social, le tissu associatif, le tissu urbain, le tissu commercial, le tissu économique et le tissu des transports. Tous ces éléments participent à créer des liens. Il s'agit de recréer des cheminements piétons, de retisser du paysage... Créer une identité sans décalquer des concepts tout faits mais en intégrant les spécificités propres à la commune et au quartier. » Sur la méthode, entre 2017 et 2018, un diagnostic partagé a été posé avec les habitants, les usagers, les commerçants et les services publics municipaux. Les objectifs jusqu'en 2024 sont désormais de renforcer l'attractivité du quartier, d'ouvrir le Château blanc sur l'extérieur, assurer une plus grande mixité sociale et améliorer le cadre de vie. Un principe demeure. « Il faut prendre en compte la question de l'attrait. Si le quartier ne donne pas envie d'y vivre, ça ne peut pas fonctionner, insiste Isabelle Valtier. Il faut que la ville soit désirable pour tous de sorte que l'arrivée d'une nouvelle population ne risque pas d'éliminer la précédente. »

Droit au but

Ousmane Dramé, jeune footballeur de l'Association sportive Madrillet Château blanc rejoindra en septembre prochain le centre de formation du HAC avec l'espoir que son rêve de devenir professionnel se réalise un jour. Discret, timide, Ousmane Dramé passe le plus souvent inaperçu lorsqu'on le croise au collège Robespierre ou dans le quartier du Château blanc. Mais dès qu'il enfile sa tenue et se retrouve sur les terrains de l'ASMCB, le jeune Stéphanais de 12 ans fait toute la démonstration de sa détermination et de sa vitalité avec un seul objectif : gagner ! Son point fort : la rapidité. Son poste : milieu de terrain, capable de distribuer le jeu mais aussi d'aller droit au but. Autant de qualités physiques et psychiques qui n'ont pas manqué de séduire les recruteurs, toujours à l'affût des graines de champion. Rennes, Lens étaient sur les rangs mais à la fin c'est le centre de formation du football-club du Havre qui a été choisi par la famille d'Ousmane, en lien avec l'équipe d'encadrants de l'ASMCB. « C'est une bonne chose qu'Ousmane ne parte pas trop loin. Chaque week-end, il pourra rentrer facilement à la maison. Je me sens plus rassuré, explique Sékouba Dramé, le père du jeune prodige du ballon rond. Je ne suis pas un spécialiste du foot. Mais chacun doit pouvoir avoir la chance de vivre son destin. Alors je fais confiance à ses entraîneurs. » « Gérer la pression » Pour un jeune garçon, l'aventure est loin d'être anodine. Le contrat avec le HAC prévoit deux ans de pré-formation de 13 à 15 ans et trois ans de formation jusqu'à 18 ans avec peut-être à la fin, la possibilité de signer un contrat professionnel. « Ça me fait surtout plaisir », souligne Ousmane, avec réserve mais conscient qu'il faudra « gérer la pression ». Récemment, face au Paris Football, lors d'un match avec les U14 du Havre, Ousmane a d'ores et déjà fait l'expérience de la compétition à haut niveau. Mais pour l'heure, « la priorité, c'est l'éducation, faire de bonnes études parce que la carrière d'un footballeur ne dure pas toute une vie », insiste Sékouba Dramé. La voix de la sagesse.

Un arrêté préfectoral interdit tout rassemblement sur le rond-point des Vaches

Jeudi 14 mars, le rond-point des Vaches était pour la première fois vide des Gilets jaunes qui l'occupaient sans interruption depuis le 17 novembre. En cause, la météo bien sûr mais aussi un arrêté préfectoral. La préfète de Seine-Maritime a en effet pris le 12 mars un arrêté interdisant «toute manifestation ou rassemblement» sur le rond-point des Vaches, qualifiant ce dernier de «principal lieu de rassemblement des gilets jaunes» dans l'agglomération. La préfète motive cet arrêté en raison «des nombreux et graves troubles à l'ordre public» qui ont émaillé l'occupation du rond-point stéphanais depuis près de quatre mois que dure le mouvement. Selon la préfecture, une dizaine de faits de «pillage», d'«incendie», d'«agression physique violente» et de «jets de projectiles et de pétards» seraient imputables aux Gilets jaunes. «Ces faits n'ont pas été commis par des Gilets jaunes, dément quant à lui Olivier Bruneau, le référent des Gilets jaunes du rond-point des Vaches, ce sont des faits nocturnes commis par des personnes extérieures au mouvement. Cet arrêté tombe la veille du grand rassemblement à Paris du 16 mars et de la manifestation des lycées pour le climat du 15 mars, ainsi que de l'appel à la grève générale du 19 mars. C'est une tentative supplémentaire pour discréditer notre mouvement.» L'arrêté préfectoral, valable jusqu'au 18 mars, stipule que «toute infraction» à cette interdiction de rassemblement sera punie de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d'amende pour les organisateurs et d'une amende maximale de 38 euros par personne. L'interdiction couvre «un rayon de 300 mètres autour du site, limité au sud par le chemin de l'allée». Dans un communiqué du 13 mars, les Gilets jaunes du rond-point des Vaches qualifient cet arrêté de «nouvelle mesure d'intimidation qui indique que le gouvernement est aux abois et ne sait plus comment faire pour nous faire taire.»

L’écrivain Marek Halter et l’imam de Drancy à Saint-Étienne-du-Rouvray

L'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, et l'écrivain Marek Halter, accompagnés de Fatiha Boyer, présidente de Seine-Maritime de l'association Ni Pute, Ni Soumise, se sont recueillis mercredi 13 mars devant la stèle républicaine érigée au chevet de l'église Saint-Étienne en hommage à Jacques Hamel. Le groupe était en déplacement à la librairie Colbert de Mont-Saint-Aignan où Marek Halter présentait ses Mémoires intitulées «Je rêvais de changer le monde». «On a pensé qu'il était de notre devoir de venir une fois encore rendre un hommage au Père Hamel, a indiqué l'écrivain Marek Halter. Ceux qui ont commis cet assassinat ont commis un péché car le Coran dit de ne jamais toucher à un homme qui prie dans un lieu de prière. Il faut montrer que Dieu n'est pas du côté de ceux qui ont fait ça. Il est du côté des Justes». «Nous étions trente imams venus en juillet 2017 à Saint-Étienne-du-Rouvray dans le cadre de notre “Marche des musulmans contre le terrorisme”, a ajouté Hassen Chalghoumi, nous sommes allés à Berlin, Nice, Bruxelles, Paris, Toulouse, etc., mais le moment le plus fort, ça a été ici à Saint-Étienne-du-Rouvray. C'est pour moi un lieu de pèlerinage et un lieu d'exemple pour le monde entier. Les fidèles du Père Hamel, les habitants, n'ont pas basculé dans le fanatisme. Ils n'ont pas fait d'amalgame.» La délégation est repartie sous une pluie fine et s'est rendue à la synagogue de Rouen où l'écrivain Marek Halter a donné une conférence le soir même.

Incendie au centre de loisirs maternel Pergaud, pas de victime

Un incendie s'est déclaré ce matin vendredi 8 mars vers 10 heures dans le centre de loisirs maternel Louis-Pergaud, situé à proximité de l'école du même nom, rue de l'Argonne. Aucune victime n'est à déplorer et aucun enfant n'a été incommodé par les fumées. «Il s'agit d'un feu de cuisine, ont indiqué les sapeurs-pompiers, l'incendie a été rapidement maîtrisé.» Les dégâts matériels restent à évaluer. «L'incendie est parti d'une petite salle d'activité disposant d'un coin cuisine, a estimé le maire Joachim Moyse venu sur place peu de temps après l'intervention des pompiers. Les dégâts sont de deux ordres. Il y a ce qui a été touché par les flammes mais l'essentiel des dégâts provient des fumées nocives qui s'en sont dégagé. Les activités périscolaires des Animalins ne pourront donc pas s'y tenir jusqu'à nouvel ordre.» La Ville travaille à trouver une solution pour permettre aux enfants de l'école Pergaud d'être accueillis dans leurs Animalins. Des plus amples informations seront communiquées sur ce site et sur la page Facebook de la Ville (@SaintEtienneduRouvray).

«Il nous faut une victoire!»

Les Stéphanais ont déposé 200 contributions dans les cahiers de doléances. Pouvoir d'achat, justice fiscale, écologie, services publics, démocratie sont au cœur de leurs préoccupations… Entre le 9 janvier et le 9 février, dans six lieux publics municipaux et sur le site de la Ville, les Stéphanais.es ont pu exprimer leurs colères, leurs revendications, leurs analyses et leurs vœux au regard de leurs propres situations de vie et de celle du pays. Les quelque 200 contributions qui en ressortent ont été lues et analysées par le maire Joachim Moyse qui en a livré une synthèse détaillée lundi 4 mars, avant de les confier au député Hubert Wulfranc, lequel les remettra au premier ministre, le 16 mars. «Peu étonnantes pour qui n'est pas déconnecté de la “vraie vie”, je veux parler de la réalité quotidienne du plus grand nombre, a indiqué le maire, des revendications et propositions fortes sont revenues dans la quasi-totalité des contributions citoyennes. On peut les regrouper autour de cinq thématiques : le pouvoir d'achat, la justice fiscale, la démocratie, les services publics et l'environnement». Allant de quelques mots à 18 pages d'une écriture dense et serrée, ces contributions citoyennes brossent en effet le tableau d'une société qui a «peur des fins de mois», comme l'évoque Micoli, ou encore celui d'un «peuple [qui] survit mais [qui] ne vit pas, tout simplement», comme le pointe Caroline, dans une adresse directe à Emmanuel Macron. À l'instar de Caroline, plusieurs Stéphanais.es ont directement interpellé le président de la République, certains l'apostrophant par un «Cher Jupiter 1er», comme Jonathan qui lui demande «de mettre un terme à la course folle ultra-libérale que tu as engagée depuis ton élection controversée de 2017». En terme de «justice fiscale», c'est le retour de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui occupe 80% des contributions. D'autres revendications, faisant référence à des dispositifs fiscaux jusque là peu connus de l'opinion publique tels que le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ou encore la Flat tax («preuve que pendant le mouvement social, il y a eu des débats sur les ronds-points», a souligné le maire), ont également émaillé les contributions. Quand Emmanuel veut en finir avec la Flat tax, cet impôt forfaitaire sur le capital qui, hors cotisations sociales, ne coûte que 12,8% aux détenteurs d'actions alors que la première tranche d'imposition sur les salaires est de 14%, Jocelyn s'indigne que la France soit «le premier pays d’Europe à verser le plus de dividendes aux actionnaires, allègements de cotisations pour le patronat, CICE, suppression de l’ISF» et d'ajouter: «les efforts ne sont pas pour tout le monde… Mais cela pourrait passer s’il y avait des créations d’emploi, du ruissellement mais, depuis 30 ans, rien!» Quant à notre démocratie, son état est jugé critique par beaucoup de contributeurs qui réclament le Référendum d'initiative citoyenne (RIC, lire le Stéphanais n°258) et la reconnaissance du vote blanc. Comme Véronique, les Stéphanais.es veulent une démocratie «plus représentative», avec notamment l'introduction de la proportionnelle dans l'élection des députés, et qui soit «moins au pouvoir des technocrates». Loin de vouloir les supprimer, les contributeurs plébiscitent les services publiques qu'ils perçoivent comme «mis en difficulté», à l'image de Mélina. Denise souligne leur rôle essentiel: «On a besoin des services publics aussi pour tout: parents, enfants, logement, santé, formation… Quand ils ferment, on paie tout, rien n'est remboursé.» Lionel et Geneviève interpellent quant à eux Emmanuel Macron, faisant référence aux thèmes imposés du Grand débat: «Selon vous, le gouvernement ne peut “quoiqu’il en soit poursuivre la baisse des impôts sans baisser le niveau global des dépenses publiques”. Au contraire il faut des services publics de proximité et pour les financer, les moyens existent.» Enfin, l'environnement n'est pas en reste puisqu'il occupe la moitié des contributions, à travers notamment la gratuité des transports en commun et la possibilité donnée à tous d'accéder à des produits bio et issus des circuits courts. Christine détaillant même très précisément des mesures qui pourraient être prises à l'échelle locale, comme le développement du «photovoltaïque» ou le développement d'arbres «comestibles» dans les espaces verts… Après avoir entendu la synthèse du maire et répondu aux questions du public, le député Hubert Wulfranc a annoncé que son groupe déposerait deux jours plus tard, jeudi 7 mars, cinq propositions de loi à l'Assemblée nationale, «directement issues de ces préoccupations» (voir la vidéo de la soirée du 4 mars sur ce site). «Cela fait de trop nombreuses années que le peuple perd, a conclu Hubert Wulfranc. Il nous faut maintenant une victoire! Une victoire qui nous rassemble. Il faut essayer de concentrer nos efforts pour rétablir l'ISF car, même si ça ne changerait rien à nos vies, politiquement, imaginez ce que cela représenterait pour un président qui dit qu'il ne lâchera rien!» Photo: Jérôme Lallier

Égalité femmes-hommes: à un poil près !

À l’occasion du 8 mars, journée internationale du droit des femmes, la Ville propose une série d’initiatives, de rencontres, d’ateliers et de spectacles pour faire la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et lutter contre les violences faites aux femmes. Du 1er au 9 mars, il sera donc temps de partager les expériences et de se poser aussi les bonnes questions, du genre : « Et si j’étais un homme, aurais-je le droit de... ». Du chemin reste à parcourir avant de conquérir l’égalité réelle entre les hommes et les femmes et pour en finir une bonne fois avec la charge mentale qui pèse sur les esprits des jeunes garçons conditionnés à endosser le costume du chevalier et les filles celui de la princesse. Le temps d’un spectacle retraçant le parcours de l’artiste Camille Claudel, d’une marche pour le droit des femmes, d’un débat sur les moyens de lutter contre les stéréotypes ou encore d’une soirée jeux, il sera à chaque fois question de changer notre regard et nos modes de pensée pour que la balance se retrouve vraiment à l’équilibre entre les hommes et les femmes.

La fibre gagne du terrain

L'opérateur SFR continue de déployer son réseau de fibre optique sur la commune et maintient son objectif de faire en sorte que tous les Stéphanais·es soient éligibles à la fin de l'année 2020. Le plan très haut débit lancé en 2013 et porté par l'actuel gouvernement s'accroche à son objectif : réduire la fracture numérique en France et couvrir l'intégralité du territoire à l'horizon 2022 pour 13,7 millions d'habitations et d'entreprises. Une technologie qui permet de gérer des débits allant jusqu'à 300 Mbits/s, à la fois sur des flux remontants (de l'utilisateur vers le réseau) et des flux descendants (d'internet vers l'utilisateur). De quoi télécharger rapidement et efficacement des photos, de la musique et des films en haute-définition. À titre de comparaison, la technologie ADSL via le réseau cuivre n'autorise des débits que de 15 à 20 Mbits/s. Sur le terrain, les deux opérateurs en charge du déploiement de la fibre, Orange et SFR, sont à la manœuvre suivant un quota entériné par l'autorité de régulation des télécoms : 80 % pour Orange et 20 % pour SFR. Raccord À Saint-Étienne-du-Rouvray, au début février, 3 753 foyers, répartis entre 1 946 pavillons et 1 807 collectifs, étaient d'ores et déjà raccordables pour bénéficier de la fibre. Dans les mois à venir, SFR va poursuivre ses opérations en mobilisant sept équipes nacelles pour raccorder en aérien tous les logements individuels d'ici la fin juin 2019, soit environ 2 000 logements. Cette nouvelle phase de déploiement impliquait en amont un accord avec Enedis (ex-ERDF) qui devait accepter de partager une partie de ses infrastructures. « Toutes les études ont été faites, en lien avec Enedis, explique Franck Coudriau, délégué régional SFR. Nous travaillons main dans la main. L'aspect le plus complexe, à évaluer au cas par cas, tient au niveau de charge que peuvent supporter les poteaux qui demeurent la propriété d'Enedis. Pour l'heure, aucune nécessité de changer ou de solidifier ces poteaux sur la commune. » En souterrain, pas de difficulté non plus, le déploiement se poursuit. Les conventions ont été passées avec l'ensemble des bailleurs sociaux. « Mais il reste du travail à mener avec les copropriétés. Le mieux, c'est de se faire connaître si aucune convention n'a été passée, notamment en communiquant ses coordonnées à l'adresse mail : avoirlafibre@sfr.fr », précise Franck Coudrieau. L'autre point clef tient au déploiement en façade qui implique de conventionner avec chaque propriétaire de pavillon. « Pas de déploiement en façade engagé actuellement mais l'objectif demeure de les réaliser pour la fin du second semestre 2019. » Un seul réseau mais plusieurs fournisseurs d'accès Si l'opérateur SFR est en charge du déploiement de la fibre à Saint-Étienne-du-Rouvray, chacun conserve la possibilité au final de choisir son fournisseur d'accès et de faire jouer la concurrence. La loi (décision n°2015-0776 du 2 juillet 2015 sur les processus techniques et opérationnelles de la mutualisation des réseaux de communication électroniques à très haut débit en fibre optique) fixe le cadre qui « permet d'éviter les risques de captation de la clientèle finale potentielle » par l'opérateur qui a déployé les lignes. Concrètement, une fois les lignes installées, les autres fournisseurs d'accès peuvent installer leurs équipements dans les points de mutualisation. Les opérations de raccordement ne débutent qu'après un délai de blocage de commercialisation de trois mois. À l'issue de ce délai, les opérateurs présents sur le point de mutualisation peuvent alors vendre la fibre aux abonnés.

Résistant, élu, militant, homme de presse, Roland Leroy est décédé le 24 février

Roland Leroy est décédé dimanche soir 24 février dans sa maison de Clermont-l'Hérault, où il résidait depuis sa retraite en 1994. Il aurait eu 93 ans en mai. « Avec les Stéphanais, je pleure un député et salue un camarade », a déclaré le maire Joachim Moyse en hommage à celui qui fut le député communiste de la circonscription de Saint-Étienne-du-Rouvray durant dix-huit ans (de 1956 à 1958, 1967 à 1981 puis de 1986 à 1988). « Il joua un rôle majeur dans la vie politique de notre pays durant les décennies qui vont de la Résistance jusqu'au début de ce siècle », ont quant à eux témoigné dans un communiqué les parlementaires PCF de Seine-Maritime, parmi lesquels le député Hubert Wulfranc. Né à Saint-Aubin-lès-Elbeuf d'une mère ouvrière du textile et d'un père cheminot, Roland Leroy a été pendant vingt ans le directeur de l'Humanité (1974-1994), journal dont il a notamment créé les pages « Idées » et pour lequel il a interviewé de nombreuses personnalités de la politique internationale (Gorbatchev, Fidel Castro) et de la culture, dont Louis Aragon, Elsa Triolet, Picasso, Édouard Pignon, Jean Ferrat, qui étaient des amis proches. Figure importante du Parti communiste français dont il fut, après avoir été secrétaire de la fédération de Seine-Maritime (1948-1960), l'un des dirigeants nationaux notamment en tant que responsable des relations avec les intellectuels et de la culture au sein du comité central, il aura commencé sa vie de militant en s'engageant dès 17 ans dans la Résistance, comme responsable clandestin des Jeunesses communistes d'Elbeuf. Le jeune résistant sabote alors des trains de marchandises pour empêcher le ravitaillement des troupes allemandes, il organise des imprimeries clandestines et, à la Libération, prendra d'assaut avec ses camarades de clandestinité la Kommandantur de Rouen. C'est également lui qui veillera à la réhabilitation de Georges Déziré exécuté à tort en 1942 par ses camarades communistes qui le croyaient traitre. En 1955, il organise le soutien aux appelés de la caserne Richepanse, sur la rive gauche de Rouen, qui refusaient de partir pour l'Algérie. Très attaché à Saint-Étienne-du-Rouvray, il a remis aux Stéphanais la collection des bijoux créés par Elsa Triolet entre 1929 et 1932. Ami proche de Louis Aragon, il fit venir le poète à deux reprises sur la commune, comme il l'expliquait récemment dans une interview qu'il avait accordé à la rédaction du Stéphanais fin 2018 : « J'ai vécu avec Louis la profonde douleur qu'il a ressentie à la perte d'Elsa. Je l'ai alors invité à Saint-Étienne-du-Rouvray, en août 1970. Il a accepté de venir pour marquer l'amitié qui le liait étroitement à moi. » De sa commune de cœur, il disait alors en garder « le souvenir des luttes passées et du prestige qu'était celui de Saint-Étienne-du-Rouvray à l'intérieur du Parti et du journal l'Humanité. » Un hommage organisé par le PCF lui sera rendu samedi 2 mars à 11h30 sur la place de l'Hôtel de Ville. Des cahiers de condoléances seront déposés à la section locale du PCF rue Lazare-Carnot, entre 8h30 à 11h30, le même jour. Photo : Jean-Pierre Sageot.

Mal-inscrits, dé-mal-inscrivez-vous !

12% des Français majeurs ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Deux tiers d'entre eux ne l'ont jamais été. Les autres croient parfois l'être et ne le sont plus… ou pas tout à fait. Dimanche 26 mai auront lieu les élections européennes (un seul tour). Tous les citoyens français ou issus d'un des 27 pays membres (le Royaume-Uni ne devrait pas y participer en raison du Brexit) pourront voter pour leurs eurodéputés pourvu qu'ils soient âgés d'au moins 18 ans le 25 mai au plus tard… et soient effectivement inscrits sur les listes électorales. Si tel n'est pas le cas, il n'est pas trop tard. Les citoyens qui ont déménagé en 2018 ont désormais jusqu'au 31 mars pour s'inscrire dans leur nouvelle commune de résidence (jusqu'au 16 mai en cas de déménagement professionnel). En revanche, sont automatiquement inscrits les jeunes majeurs ayant rempli leurs obligations de recensement en vue de la journée défense et citoyenneté* (sauf s'ils ont déménagé entre temps) ainsi que les personnes ayant acquis la nationalité française en 2019 (celles l'ayant obtenu avant doivent se rendre en mairie). Les citoyens qui ont déménagé à l'intérieur de leur commune n'ont quant à elles aucune démarche à effectuer. « Chaque électeur recevra en avril sa nouvelle carte d'électeur sur laquelle figurera son numéro d'inscription au répertoire électoral unique, indique Sophie Burdin, la responsable de l'état civil. Il devrait également pouvoir vérifier sa situation sur le site service-public.fr. » Répertoire électoral unique La loi a en effet créé un répertoire électoral unique (REU) qui devrait « simplifier le processus d’inscription pour les électeurs et […] faciliter la gestion des listes électorales », selon le ministère de l'Intérieur. Géré par l'Insee, le REU centralise les données transmises par les communes tout le long de l'année. Cette réforme vise à réduire le nombre de « mal-inscrits », à savoir les électeurs qui croient être en situation de pouvoir voter et ne le sont pas, faute d'avoir effectué les démarches à temps ou parce qu'ils ont été radiés de leur ancienne commune. À cet effet, la loi prévoit désormais que les électeurs pourront s'inscrire « jusqu’au 6e vendredi précédant le scrutin » (sauf pour l'élection européenne, voir plus haut). D'autres changements sont à noter : les jeunes de moins de 26 ans peuvent s'inscrire dans la commune de résidence de leurs parents, même s'ils résident dans une autre commune ; tout électeur payant un impôt dans une commune depuis au moins deux ans (au lieu de cinq précédemment) peut y voter même s'il n'y réside pas ; les gérants et associés majoritaires peuvent également voter dans la commune où leur entreprise paye ses impôts. Ces électeurs ne pourront dès lors pas voter dans la commune où ils résident. La loi punit de six mois à deux ans de prison et d'une amende de 15 000 euros « tout citoyen qui aura profité d'une inscription multiple pour voter plus d'une fois ». * Cette démarche peut être régularisée jusqu'aux 25 ans du jeune. Son attestation est exigée pour se présenter aux examens et au permis de conduire.

Quand le frelon dort, la lutte se prépare

La préfète a mis un plan d'actions en place pour lutter contre le frelon asiatique en Seine-Maritime. Il conviendra d'agir dès le retour des beaux jours pour éviter sa prolifération. C'est l'hiver. Le frelon asiatique est en diapause. Durant ce ralentissement hivernal de ses fonctions vitales, cet insecte hyménoptère ne présente donc aucun danger pour les personnes et pour les abeilles dont il est un redoutable superprédateur. Mais lorsque les beaux jours reviendront, le moment sera venu de lutter contre cette espèce invasive qui a colonisé la quasi-totalité du territoire français. Le frelon asiatique sortira alors de son abri souterrain et nidifiera dans un endroit abrité peu élevé (appentis, abris de jardin, etc.). « Ces nids sont généralement de petite taille (taille d'un ballon de handball), indique un communiqué de la préfète, et servent de lieu d'essaimage pour la continuation de nids secondaires situés, eux, à grande hauteur, et donc plus difficiles et onéreux à détruire. » Nids primaires Ce sont sur ces nids primaires qu'il conviendra de signaler dès la mi-mars sur une plate-forme téléphonique (02 77 645 776) gérée conjointement par le Groupement de défense contre les maladies des animaux (GDMA) et la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon). « Un site internet est en construction, précise Christophe Savoie, directeur du GDMA, il recensera les prestataires aptes à utiliser l'insecticide. Car, en aucun cas, il ne faut détruire un nid soi-même, le frelon attaque en masse lorsque son nid est menacé. » Il faut toutefois noter que le coût de la destruction des nids de frelons asiatiques est à la charge du particulier (sauf lorsque le nid se trouve sur le domaine public ou présente « un danger vital et immédiat pour les personnes »). Il est à noter que les nids sont abandonnés en hiver et ne sont jamais réinvestis par l'insecte. Il est donc inutile de détruire ceux que vous pourriez détecter maintenant. Le Stéphanais reviendra dans son numéro 260 sur ce « tueur » d'abeilles. Plateforme GDMA-Fredon de lutte contre le frelon : 02 77 645 776.

Bibliothèque tout terrain

Des bénévoles d'ATD Quart monde posent chaque mercredi après-midi leur bibliothèque de rue au pied de la copropriété Robespierre. Un moment de partage… à l'épreuve du froid. Une histoire de pirates ou de princesse ? Hiba et Hasfa n'hésitent pas une seconde. Ce sont les histoires de princesse qu'elles préfèrent. Le nom de leurs héroïnes leur vient encore en espagnol, leur langue maternelle, mais les fillettes parlent déjà un français impeccable, quatre mois seulement après leur arrivée à Saint-Étienne-du-Rouvray. Quelques livres plus tard, elles sauront que Blancanieves s'appelle Blanche-Neige et que Cenicienta se dit Cendrillon dans la langue de Charles Perrault (l'auteur de La Belle au bois dormant) et de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve (l'auteure rouennaise de La Belle et la Bête). Comme la vingtaine d'enfants du quartier accompagnés de leurs parents, elles viennent chaque mercredi après-midi, entre 14 h 30 et 16 h 30, écouter les histoires merveilleuses que leur proposent une poignée de bénévoles d'Agir tous pour la dignité Quart monde, la fondation plus connue sous ses trois lettres ATD qui, depuis soixante ans, lutte contre la pauvreté. Les yeux plein d'étoiles Les conditions sont certes sommaires, quelques chaises, quelques petites tables, une belle provision de livres illustrés, des feutres et des cubes de couleur, mais elles suffisent à faire oublier le froid et la grisaille de l'hiver. « On reste dehors, bien à la vue de tous, c'est pour donner confiance aux parents, explique José Danilo, un des bénévoles animateur de cette bibliothèque de rue. Tout le monde est le bienvenu mais on n'est pas une garderie. » « On est toujours bien reçus, toujours attendus aussi », ajoute Catherine Duval, sa collègue bénévole. Depuis plus de deux ans, la fondation se pose ainsi chaque mercredi, hors vacances scolaires, au pied des immeubles de la copropriété Maximilien-Robespierre. Ces lectures enchantent les enfants, leurs yeux pleins d'étoiles le prouvent bien mieux qu'un long discours, mais elles produisent aussi leur effet sur les parents, à l'image d'Hamide qui a littéralement captivé son petit public avec une histoire de loup-pas-si-méchant-que-ça. « C'est la première fois que je viens ici, j'apprends à lire le français en même temps que mes enfants », explique modestement cette maman récemment arrivée du Kosovo avec un bac plus deux d'économie en poche. Petits et grands profitent de cette bibliothèque de rue pour faire provision de belles histoires mais aussi pour enrichir leurs connaissances, voire davantage, sourit José Danilo : « Certains gamins ont un vrai talent pour la lecture, ils s'emparent du bouquin et le lisent pour les copains. Là, c'est un vrai bonheur pour nous, on regarde faire et on se dit que c'est gagné. » Chaque mercredi, en période scolaire, de 14 h 30 à 16 h 30, au pied des immeubles de la copropriété Maximilien-Robespierre, au Château blanc. Gratuit.

Aire de jeux : Wallon dans l’espace

À l'issue d'une consultation auprès de 132 enfants et parents de l'école Henri-Wallon, la Ville installera à la rentrée 2019 une aire de jeux à la jonction des rues du Jura et de la Vanoise. Petits et grands ont majoritairement demandé une aire de jeux destinée aux 2 à 10 ans, avec une préférence nettement marquée pour les activités d'escalade, de glisse et les classiques balançoires mais aussi avec un attrait affirmé pour des activités de ballon, de roller et de vélo. L'aire sera aménagée dans le creux de la rue de la Vanoise à sa jonction avec celle du Jura. « Ce choix d’intégrer l’aire de jeux dans le périmètre de l’école Henri-Wallon permettra de faire un travail sur la liaison des rues de la Vanoise et du Jura, explique Jérôme Lalung-Bonnaire, directeur général adjoint en charge du dossier. Cela permettra en outre de travailler sur le parvis, l’enceinte de l’école et sur la sécurisation des accès. » Mais au-delà du choix de l'emplacement, c'est bel et bien la méthode employée qui semble avoir emporté l'adhésion des premiers concernés : « Les enfants étaient contents de participer à la démarche, indique Nicolas Cavé, le directeur des Animalins de l'école Wallon. Ils ont opté pour une thématique sur l'espace, avec des jeux en forme de fusée par exemple ou des dessins au sol qui évoquent l'espace. »

L’ACSH crie assez !

Les adhérents de l'Association du centre social de La Houssière (ACSH) se mobilisent pour leur association que les récentes baisses de financement ont mise à mal. Ils rejoignent le mouvement social… Ils ont prévu de défiler le 5 février aux côtés des syndicats, à Rouen. Mais derrière leur propre banderole, celle de l'Association du centre social de La Houssière (ACSH). « Je ne vous demande pas de mettre votre gilet jaune, leur avait lancé Emmanuel Sannier le 28 janvier, le directeur de l'ACSH, mais je voudrais qu'on défile derrière une bannière commune pour marquer notre attachement à cette association qui vous amène quelque chose en plus. Sans l'ACSH, il n'y aurait plus de lieu pour se rencontrer dans le quartier, pour faire des activités ensemble, pour nous entraider dans nos vies de tous les jours. » Marqueur effaçable en main, Emmanuel Sannier trace au tableau blanc les chiffres de la colère : « En 2011, la Caf nous versait 95 000 €. En 2018, elle ne nous versait plus que 32 000 €. En 2011, nos aides à l'emploi étaient de 70 000 €. En 2018, elles n'étaient plus que de 17 000 €. Pourtant, notre budget est resté le même, à 400 000 €. On a réussi à combler le trou avec vos sous parce que vous êtes de plus en plus nombreux à adhérer. On l'a aussi comblé en économisant sur tout et parce que les salariés n'ont pas compté leur temps. Mais la situation est devenue critique, si on ne fait rien, on pourra encore naviguer pendant deux ou trois ans. Et après, on devra fermer. » Manifester pour la première fois Marie-Claude, Fatima, Lionel et la quarantaine d'adhérents (sur 1200) entassés dans la petite salle ce 28 janvier tiennent à leur association. Certains iront manifester pour la première fois. « Non, je ne crois pas qu'il n'y ait plus d'argent, dit Claude. On le donne en priorité à ceux qui en ont déjà plein les poches. » Pour le directeur de l'ACSH, cette pénurie d'argent* reste une question de choix politiques du gouvernement. « Le budget de la Caf 76 n'est pas à la baisse, explique-t-il, mais le nombre d'allocataires a augmenté, rognant du coup sur le financement des centres sociaux. Ne pouvant plus financer nos projets, la Caf demande qu'ils soient “innovants” pour débloquer des fonds. Mais c'est quoi un projet innovant dans le social ? On n'est pas des start-up ! » Pour Emmanuel Sannier, cette accélération des baisses de financement est une conséquence des annonces du Chef de l'État, le 10 décembre : « L'augmentation de la prime d'activité et du nombre d'allocataires est une bonne chose. Sauf que les Caf n'ont pas vu leurs budgets augmenter en conséquence. Et c'est autant d'argent en moins pour les centres sociaux… » Les 2,5 Md€ supplémentaires reversés à cinq millions de bénéficiaires via la prime d'activité sont donc directement pris dans leurs poches… Et ils s'en sont rendu compte. * La Ville a fait des efforts significatifs pour soutenir l'association, lire Le Stéphanais n°238.

Bien-être prénatal

L'aquagym prénatal s'adresse aux femmes enceintes dès le troisième mois de grossesse et jusqu'aux derniers jours avant l'accouchement. « Un temps de détente et de remise en forme », insiste Benjamin Sellier, en charge de cette activité à la piscine Marcel-Porzou. « Dans l'eau, l'apesanteur permet tout de suite de soulager le dos et plus globalement de libérer le corps de toutes ses tensions. » Un atout qui permet ensuite de stimuler l'afflux sanguin pour éviter la sensation de jambes lourdes ou d'éliminer les douleurs dans le bas du ventre. « Durant les 45 minutes de l'atelier, nous travaillons d'abord dans le grand bassin pour la partie physique. Il est important, même pendant la grossesse d'entretenir sa tonicité musculaire. Dans un second temps, nous nous retrouvons dans le petit bassin pour des exercices qui mobilisent le souffle et les bonnes postures », explique Benjamin Sellier. « L'ensemble de ces pratiques viennent en complément de la préparation à l'accouchement ». Cette activité d'aquagym prénatal est accessible à toutes les femmes enceintes pourvu qu'elles sachent nager et qu'elles disposent d'un certificat médical délivré par leur médecin traitant. Des places sont encore disponibles tout au long de l'année. Infos: aquagym prénatal, le lundi de 9h45 à 10h30 – piscine Marcel-Porzou. Tél : 02.35.66.64.91 - activité uniquement à la séance.

Au bout du compte

L'enquête de recensement annuel de la population se déroulera du 17 janvier au 23 février 2019. Un rendez-vous essentiel puisqu'il conditionne de nombreux aspects de la vie de la collectivité notamment pour établir la contribution de l'État au budget de la commune, pour définir le nombre d'élus au conseil municipal mais aussi pour déterminer la nécessité de développer des transports, des équipements collectifs ou installer un commerce. À la fin, il est important que chaque Stéphanais·e participe à cette enquête qui constitue un authentique acte de civisme. À partir du 17 janvier, six agents recenseurs accrédités et recrutés par la Ville se présenteront chez une partie de la population munis de leur carte officielle : Nathalie Lepage, Pascal Tous Rius, Julien Omont, Hafida Thieulent, Céline Lochereau, Inès Durozé. Pour la cinquième année consécutive, les Stéphanais·es auront la possibilité de remplir l'imprimé d'informations sur internet. Pour ce recensement en ligne, lors de son passage, l'agent recenseur remettra à ceux qui le souhaitent une notice explicative. Il suffit de se connecter au site : www.le-recensement-et-moi.fr., et de se laisser guider pour remplir le questionnaire, sans oublier de le valider. Pour rappel, ces informations demeurent strictement confidentielles et sont traitées de façon anonyme suivant des procédures validées par la Commission nationale informatique et libertés (Cnil). L'Institut national de la statistique et des études économiques est le seul organisme habilité à exploiter ces données. La population en augmentation Les nouveaux chiffres de la population, officialisés au 1er janvier 2019, indique une nette augmentation. La population « totale » s'établit en effet à 29180 Stéphanais·es, soit 231 habitant·e·s supplémentaires par rapport à l'année passée. La population « municipale » s'élève quant à elle à 28 696 habitants, soit 518 supplémentaires par rapport à 2011. La différence entre les populations « totale » et « municipale » s'explique par les personnes ayant leur adresse officielle sur le commune mais résidant ailleurs, comme les étudiants, les gens du voyage, les détenus, les religieux, etc.

Renouveau urbain à la Cité des familles

Samedi 19 janvier, la Ville organisait une balade urbaine dans les quartiers de la Cité des familles et des Bruyères pour présenter l'ensemble des opérations de réhabilitation et de reconstruction en cours et à venir. Un programme porté par les bailleurs sociaux ICF Atlantique et Habitat 76 pour un total de 541 logements. À la charnière des territoires de la commune, entre la rue Pierre-Semard, la rue des Coquelicots, la rue des Anémones et la rue des Platanes, le paysage n'en finit pas d'évoluer depuis 2017. Accompagnés par la Ville, les bailleurs sociaux ICF Atlantique sur la Cité des familles et Habitat 76 au sein du quartier des Bruyères ont engagé de vastes programmes de réhabilitation, de démolition et de reconstruction. La balade urbaine organisée par la Ville, samedi 19 janvier, constituait une occasion de dresser un premier bilan et d'apporter des réponses aux questions des habitants et de Stéphanais en puissance. Au fil de la promenade, conduite collectivement par le maire Joachim Moyse, le député Hubert Wulfranc et le président du Département Pascal Martin, les représentants d'ICF Atlantique et d'Habitat 76 ont pris le temps de présenter leurs programmes respectifs. La première halte a eu lieu rue des Coquelicots, à deux pas de la salle festive. Les vues d'architectes présentées aux participants permettaient alors de mieux se projeter dans l'avenir et d'imaginer qu'à la place des terrains vides aujourd'hui pas moins de 85 logements verraient le jour à l'horizon du premier trimestre 2020 avec à la fois des pavillons et des collectifs. Un temps aussi pour découvrir les sept maisons suédoises réhabilitées entre septembre 2017 et novembre 2018. Isolation thermique par l'extérieur, isolation des combles, remplacement des portes d'entrée, des volets battants...chaque maison a été traitée de manière distincte tout en préservant leur singularité qui fait partie du patrimoine stéphanais depuis 1947. Un peu plus loin, en remontant la rue Pierre-Semard vers la rue de Stockholm, les travaux engagés par le bailleur social Habitat 76 permettait de distinguer la partie réhabilitation sur Bruyères II pour 136 logements et la partie reconstruction de 100 logements après la démolition de 66 logements sur Bruyères I. Au cœur de ce programme, réparti entre des pavillons et des collectifs et qui devrait être achevé entre janvier et mars 2020, Habitat 76 a souhaité réaliser une chaufferie biomasse destinée à alimenter les immeubles sur Bruyères I, II ainsi que sur Bruyères IV. Cet ultime programme concerne la construction de 89 logements répartis entre 21 pavillons et 58 collectifs. La livraison prévisionnelle de ce nouvel ensemble est prévue pour le premier trimestre 2021. Au terme de cette visite, le maire Joachim Moyse a souhaité rappeler que la Ville se félicitait de « la qualité des opérations portées par les bailleurs sociaux avec l'ambition d'offrir une vie meilleure aux habitants grâce à des programmes de rénovation et de construction pour une meilleure isolation, des économies d'énergie et un confort d'usage. Un coût certes au départ mais qui doit permettre d'atténuer les hausses de charge à moyen et à long termes. » Dans le même temps, le maire a rappelé l'importance de la mixité dans ces offres de logements qui permet« de mixer les populations entre les anciens et les nouveaux habitants. ». Autant d'éléments qui participent de l'attractivité de la Ville avec une proximité des écoles, des commerces et des transports en commun. Enfin, Joachim Moyse a souligné son intention de favoriser les rapports de proximité avec les bailleurs sociaux alors que la réforme de la loi Élan tend à les contraindre à fusionner ou à s'adosser à des groupes plus importants. À terme, ces démarches risqueraient de les conduire "à perdre tout contact avec les réalités de terrain". Une éventualité que la Ville refuse d'envisager, attachée à demeurer à l'écoute des besoins des habitants.

Marché du Madrillet : changements en vue!

La place de la Fraternité sera réaménagée de février à juin. Pendant les travaux, le marché se tiendra rue du Madrillet. Cette dernière sera fermée aux automobiles chaque mercredi matin. « Le marché du Madrillet est obsolète, les clients ont du mal à circuler et les commerçants exercent dans des conditions difficiles. » Posé par les services de la Ville, le diagnostic est partagé par les marchands et les chalands de la place de la Fraternité, au Château blanc. Avec cent quinze commerçants, le marché du Madrillet compte parmi les plus grands de l’agglomération rouennaise. Nombreuses sont les personnes qui y viennent depuis le centre rive droite ou encore depuis Canteleu ou Darnétal, voire de plus loin encore. Mais voilà, le rendez-vous du mercredi matin est victime de son succès... Marché sur la chaussée Début février, le marché entamera donc sa mutation. Pendant les travaux de réhabilitation de la place, les commerces dresseront leurs étals sur la rue du Madrillet, à quelques enjambées de l’emplacement actuel. La circulation automobile sera bien entendu suspendue chaque mercredi matin, entre les rues Roland-Garros et Henri-Farman. Les véhicules seront déviés par la rue Henri-Wallon en direction du campus et par l’avenue Antoine-de-Saint-Exupéry en direction de Sotteville-lès-Rouen. Début juin, date prévue de la fin des travaux, chalands et marchands devraient se retrouver sur une place de la Fraternité refaite à neuf, impliquant la déconstruction de la halle. Le projet de réaménagement du marché du Madrillet s’inscrit dans le nouveau programme de renouvellement urbain (NPRU) du quartier. « L’objectif est de créer un espace public central reliant les places Prévost et Blériot, lequel sera bordé par un espace commercial et des équipements publics, avec notamment la création d’une médiathèque », indique-t-on du côté des services de la Ville.