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Soigner !

medecine-globaleAu moment où l'épidémie semble se stabiliser et atteindre un plateau dès cette semaine, je voudrai revenir sur la situation des autres. Les autres, ce sont toutes celles et tous ceux dont les soins ont été sacrifiés lors de la première vague Covid.

Il avait fallu déprogrammer en mars des milliers d'interventions, du jour au lendemain. Les malades hésitaient à se faire soigner et fuyaient les cabinets médicaux de crainte de contracter le virus. Le prix en a été une surmortalité en France de 13 % durant cette période. La directrice générale de l'offre de soins, au ministère de la santé, a reconnu que cette déprogrammation brutale avait été une des principales erreurs de cette gestion de crise sanitaire.

Aujourd'hui, la déprogrammation demandée était de 30 %, afin de dégager des moyens en personnel à réaffecter sur le front Covid. Mes collègues, chirurgiens et médecins, ont compris cette nécessité. Mais ils ont aussi mis en avant le fait que les patients qui devaient être pris en charge aujourd'hui en ophtalmologie, en chirurgie orthopédique, en gastroentérologie, par exemple, étaient ceux qui avaient déjà été reportés du printemps à l'automne. Pouvait-on accepter un nouveau retard diagnostic de cancer colique par une coloscopie, pouvait-on attendre la pose d'une prothèse de hanche chez un patient âgé devenu grabataire sous morphine du fait de ses douleurs, pouvait-on encore reporter une chirurgie cardiaque urgente par manque de place opératoire ? Je pourrai multiplier les exemples et la détresse des patients rapportée par leurs médecins.

A Saint-Hilaire, comme dans tous les établissements de soins, nous faisons tout pour maintenir au maximum cette activité opératoire, tout en mobilisant des moyens pour la Covid. Il faut assurer la sécurité des interventions et les suites opératoires, avec mille précautions pour éviter des contaminations du fait de l'importance de la présence du virus.

C'est pourquoi le respect des gestes barrières permettra non seulement d'éviter de nouveaux malades Covid mais aussi, par les moyens ainsi libérés, de poursuivre les soins de tous les autres patients en attente d'une prise en charge plus classique. C'est aussi important !

Saint Hilaire mobilisée !

07B8F167-FA98-4534-A4A0-4BE614222BA4Le 29 octobre, le ministre de la santé écrivait à nos établissements pour ne plus prendre en charge au bloc opératoire que les urgences ou les interventions dont le report constituerait une perte de chance, afin de libérer des moyens pour les patients Covid. Chaque jour, le CHU de Rouen nous demande de prendre en charge des malades Covid stabilisés, afin de pouvoir en accueillir de nouveaux, et de fournir du personnel soignant. Il nous avait déjà sollicité pour transférer des patients à opérer.

Nous avons répondu présents en diminuant fortement notre activité opératoire, hors urgences, en ouvrant une unité Covid, en y accueillant des patients Covid issus du CHU, en mettant nos équipes opératoires à disposition. Un de nos médecins anesthésiste réanimateur va rejoindre la réanimation médicale du CHU dès lundi prochain.

Néanmoins la situation est loin d'être simple. 25 membres du personnel de la clinique ont contracté le Covid depuis un mois (dont 8 diagnostiqués pour la seule journée d'hier). Nous avons dû gérer un cluster, diagnostiquer des patients chirurgicaux qui ont développé le Covid peu de temps après leur entrée malgré des tests initiaux négatifs, interdire à nouveau les visites, supprimer les pauses au sein des services, remettre en place un tri à l'entrée de la clinique, majorer les gestes barrière, dépister par PCR tout patient entrant dans l'établissement, modifier notre organisation...

L'effort demandé a été considérable. La fatigue est là. Des tensions et des difficultés sont apparues.

Grâce à l'implication, à la bonne volonté et au professionnalisme de chacune et chacun, issus des équipes soignantes, techniques et administratives, des solutions ont été trouvées. Nous relevons les défis successifs et remplissons notre mission au service de la santé de nos concitoyens, sans compter nos efforts. Il faudra veiller à ne pas épuiser nos forces vives et continuer à les protéger avec du matériel de protection individuelle dont l'approvisionnement n'est pas forcément assuré dans la durée.

Je rêve néanmoins du moment où nous pourrons, enfin, retrouver nos gestes de convivialité, partager un café autour d'une table, échanger des sourires sans masque... bref tout ce qui soude nos équipes au delà du travail accompli !

La vague arrive…

CHUpluieDepuis plusieurs semaines, les réunions entre les cliniques, le CHU de Rouen et l'Agence Régionale de Santé de Normandie se succèdent.

La deuxième vague de Covid est annoncée pour le 15 novembre. C'est une prévision statistique, pas forcément une réalité. Ce qui est réel, ce sont les dizaines de lits de réanimation ouverts puis occupés, les centaines de lits d'hospitalisation ouverts puis occupés. Ce qui est réel, ce sont les dizaines et bientôt les centaines d'opérations chirurgicales reportées afin de libérer des moyens pour soigner les malades Covid.

La médecine libérale se mobilise mais dans une ambiance très différente de la première vague. Il s'agit de maintenir une activité de soin classique tout en faisant de la place aux patients Covid. L'équilibre est complexe tant au niveau organisationnel que sanitaire car on mélange dans les établissements des malades atteints par le virus avec d'autres qui en sont indemnes. La coordination public - privé est plus que jamais indispensable mais prend du temps... or le virus nous en laisse peu.

Covid : c’est reparti !

61FE2058-5209-49D5-9F1B-D381238088BCSouvenez-vous ! Mars 2020 : pas de masques, la feuille à remplir pour pouvoir sortir de chez soi, les réanimations saturées dans certaines régions, les transferts de patients en TGV, la solidarité qui s'organisait. Il fallait étaler la première vague.

Puis il y eut le mois de mai, le déconfinement, les masques, les tests PCR, l'été, la réouverture des établissements scolaires et l'arrivée de la deuxième vague. Nous y sommes.

Deux questions aujourd'hui m'apparaissent essentielles.

D'abord comment notre système de santé va-t-il affronter covid-2 ? Nous disposons de matériel de protection, nos réserves médicamenteuses sont pleines, la maladie est mieux connue. Mais l'incertitude demeure : nos 20-40 ans ont diffusé très largement le virus. Va-t-il maintenant toucher les plus âgés et les plus fragiles ? Si oui, la situation va devenir rapidement hors de contrôle d'ici quelques semaines. Sinon, les mesures préventives auront joué leur rôle.

Deuxième question : comment concilier vie sociale et gestes barrières ? Nos jeunes n'ont pas trouvé la solution et ont été largement contaminés. C'est pourtant dans notre capacité à vivre en présence du virus que notre économie et notre mode de vie vont survivre.

Aujourd'hui, à Rouen, la foire Saint romain est sacrifiée pour la deuxième fois en 4 ans ainsi que la fête du ventre et tant de manifestations culturelles ou associatives... Les restaurants sont également menacés. Face à tout ceci, il nous faut sans doute réactiver nos solidarités avec, toujours, un esprit de responsabilité.

Les règles simples de distanciation et d'hygiène restent notre principal atout face au Covid !

En avant pour le deuxième tour !

82321920 114443726743973 8972962081854717952 nA peine le déconfinement amorcé, malgré des centaines de patients covid encore hospitalisés en réanimation, il a fallu se retrousser les manches pour aller vers le deuxième tour des élections municipales à Rouen.

Sur nos messageries, sur les réseaux sociaux, certains se déchaînent. Je les lis avec tristesse.

Une partie des messages est sincère, venant de colistiers chauffés à blanc et qui ne comprennent pas la nécessité du compromis.

D'autres messages viennent de personnes qui ont renié leur parole à plusieurs reprises. Reniement quand on ne respecte pas son engagement pris lors du sondage pour choisir la tête de liste pour les municipales rouennaises, reniement quand la responsable locale LR investit localement le candidat soutenu par LREM alors que son parti s'y oppose au niveau national, reniement quand des élus municipaux abandonnent celui qui les a fait élire, reniement quand on affirme ne pas vouloir participer à une liste de rassemblement après avoir tout fait pour y rentrer, reniement quand on accepte une liste d'union dans le seul but de la faire capoter au moment de son dépôt en préfecture, reniement quand on met tant d'énergie pour aboutir à ce que seule la liste socialiste soit présente au deuxième tour !

Face à tant de reniements, je vois la liste d'union de la droite et du centre, émancipée des contingences partisanes, porteuse d'un programme ambitieux pour Rouen, proche des Rouennaises et des Rouennais dont elle partage le quotidien, portée par la loyauté et la confiance partagée, insufflant une dynamique nouvelle dans la vie politique rouennaise.

David a triomphé de Goliath. Nous étions les challengers, nous le restons aujourd'hui. A nous de convaincre nos concitoyens de la justesse de nos propositions face à un atelage bancal de socialistes et de verts qui n'ont guère d'estime entre eux.

100090073 163609408494071 3937578166742155264 oNotre équipe est fière de porter ses couleurs de la droite et du centre pour ce deuxième tour des municipales rouennaises. C'est l'heure du choix : entre le clientélisme socialiste et une alternance porteuse d'espoir, entre un liste issue du vieux monde de la politique et une autre qui a su s'en émanciper, entre une majorité sortante qui a lourdement pénalisé notre ville et une équipe renouvellée qui veut faire rayonner Rouen.

Nous avons jusqu'au 28 juin pour renverser la table ! Laissons les quelques aigris digérer leur mauvaise humeur et adressons nous plutôt aux Rouennaises et aux Rouennais qui veulent mieux vivre leur ville. Avec enthousiasme et confiance dans notre cité et ceux qui la font vivre !

Soutenons la liste "Au coeur de Rouen" portée par Jean-François BURES et Marine CARON, binôme de conseillers départementaux puissamment engagés au service de Rouen ! Plus que jamais, chaque voix comptera !

Première messe

39D03BAF-953B-4C55-9789-81D6FD205F40Après un très long temps de jeûne communautaire qui nous a privé du carême et de la fête de Pâques, les clochers nous ont enfin appelé ce soir aux offices religieux.

Masques obligatoires, soluté hydroalcoolique à l'entrée, chaises distantes : toutes les précautions sont prises. Pourtant, se retrouver en communauté a été un moment extraordinaire, avec le partage de la parole biblique et le sacrement de l'eucharistie. 

Après le retour des patients et des soignants dans les établissements hospitaliers, après les retrouvailles entre amis, voici une nouvelle étape de spiritualité longtemps attendue. Les prières ont su évoquer les épreuves traversées, les nouvelles solidarités, l'avenir à construire. 

De nouvelles étapes restent à franchir pour normaliser notre vie sociale. Puis il faudra regarder le prix économique et social de l'épidémie, évaluer les mesures prises depuis des mois. Ce soir, c'est l'hydroxychloroquine qui est vouée aux gémonies. En attendant la suite !

Déconfinement : J0 !

0E8F9BFA-09AF-4A6D-A7F2-B2FF5C4A9F2DNous y voilà ! Après huit semaines de confinement, nous retrouvons une certaine normalité. Si celle-ci est toute relative (pas de restaurant ni de grand rassemblement, circulation limitée dans un périmètre de 100 km, maintien strict des mesures barrières), il flotte un sentiment de liberté retrouvée.

Cette épreuve nous aura permis de découvrir de nouvelles solidarités, de comprendre le rôle essentiel des professionnels qui nous permettent d'assurer notre quotidien, de nous retrouver dans un cadre familial. Notre système de santé a tenu bon malgré des couacs tant matériels qu'organisationnels. Nous ne saurions oublier ni les victimes de la covid, ni celles liées au retard de soins.

Dès aujourd'hui, à la clinique Saint-Hilaire, l'accueil des patients continue à se faire avec un passage par un contrôle sanitaire, les circuits de soins ont été modifiés, des mesures strictes d'hygiène et de distanciation sont appliquées. Les programmes opératoires ont été allégés afin de tenir compte des nouvelles contraintes.

Les masques et le lavage des mains vont continuer à s'imposer au quotidien mais le fait de pouvoir retrouver ses amis, ses collègues de travail, ses commerçants, va rendre nos vies plus belles. Alors, hauts les cœurs mais... sortons couverts !

Boulevard du vélo

C332A5DA-AF58-4A8D-A3C6-3AD7DE60B721Hier matin, une entreprise de travaux publics a installé sur plusieurs artères rouennaises des pistes cyclables prises sur les voies de circulation des voitures. C'est un nouvel effet "covid", accélérateur de projets dont nous avons pu mesurer l'impact sur nos organisations sanitaires, sociales et environnementales. Ce qui était compliqué ou impossible hier, est mis en œuvre du jour au lendemain.

J'ai pu tester ce matin la nouvelle piste cyclable entre le Boulingrin et la clinique Saint Hilaire. Au lieu d'utiliser la contre-allée pour venir à vélo, je suis resté sur la chaussée. Ce fut un trajet ultra rapide et sécurisé. Ce soir, je testerai le retour sur le Bd de Verdun dans l'autre sens.

Si, en tant que cycliste, j'apprécie totalement cet aménagement (provisoire d'après le marquage au sol de couleur jaune), je m'interroge sur la fluidité du trafic automobile et notamment pour les véhicules d'urgences (pompiers, ambulances et SAMU) qui empruntent quotidiennement cette voie de circulation. Vont-ils utiliser cette voie réservée au vélo, avec les risques inhérents ou vont-ils se trouver bloqués dans la circulation automobile ? Un aménagement clair pour les vélos sur la contre-allée du boulevard est une alternative sans doute plus durable (tant sur le Mont Riboudet que sur le Bd de Verdun).

Une dernière remarque concerne le bus T1 qui allait jusqu'au Boulingrin et qui est maintenant stoppé au niveau du CHU. Il aurait été pertinent de transformer la voie de circulation neutralisée en couloir de bus partagé avec les vélos, rétablissant ainsi une liaison Boulingrin-CHU réclamée en vain depuis plus de 20 ans ! On peut encore espérer !

Téléconsultations : le raz de marée !

85F56300-FB44-4283-880D-574CB6F5CC72En juin 2018, la convention médicale, conclue entre la sécurité sociale et les médecins libéraux, actait le principe du remboursement de la consultation à distance (ou téléconsultation). Répondant à un besoin, du fait de la démographie médicale en berne, cette nouvelle modalité de travail permettait de consulter un médecin à distance grâce aux outils numériques.

Des garde-fous ont été mis en place afin d'éviter que des officines de l'autre bout du monde ne viennent faire de l'argent en consultant à tout va sans gage de qualité. Il ne fallait pas délocaliser notre expertise médicale !

Et puis, un jour de 2020, la covid est arrivée ! Il fallait consulter en restant confiné. Il fallait consulter sans risquer de se contaminer. Il fallait consulter à distance. Tous les opérateurs de téléconsultation ont alors mis gratuitement leurs logiciels à la disposition des médecins pour la durée de l'épidémie. Tous les praticiens ont voulu disposer de cet outil opérationnel immédiatement pour continuer à suivre leurs patients. Toutes les barrières administratives ont été assouplies du jour au lendemain. Ce qui était une voie nouvelle frileusement utilisée par quelques initiés est devenu un standart réclamé par l'ensemble des soignants et des soignés ! De 10 000 consultations hebdomadaires début mars 2020, nous sommes passés à près de 500 000 par semaine à la fin du mois !

En ce qui concerne notre équipe d'anesthésie, nous sommes confrontés à un chiffre redoutable : 1000. C'est le nombre d'opérations reportées à la clinique Saint-Hilaire du fait du confinement, avec autant de patients ayant déjà consulté leur anesthésiste-réanimateur. Or, avec les semaines accumulées, les délais réglementaires ont été dépassés et nous devons actualiser la plupart de ces consultations. Nous avons dû activer la téléconsultation afin de pouvoir réaliser une nouvelle consultation sans déplacer tous ces patients encore confinés.

Bien acceptée par eux, contents d'avoir des nouvelles de l'avancée de leur procédure, ils nous accueillent dans leur domicile. Au lieu de l'anonymat relatif d'un bureau de consultation, nous sommes projetés dans un jardin, un atelier de couture, un appartement modeste ou une grande maison. La caméra permet de saisir l'expression d'un visage, l'interrogation ou l'inquiétude, le sourire ou la grimace. Ici, point de masque qui nous cache le visage : nous nous parlons sans crainte des postillons ! Passé un temps d'adaptation, la parole se libère, les questions fusent. Les documents et ordonnances sont transmis en temps réel. Et il faut raccrocher, avec un petit signe de la main. Les plus jeunes sont habitués à ce mode de communication. Les autres s'y sont adaptés pour échanger avec leurs proches en période de confinement. Pour d'autres enfin, ce ne sera que le téléphone par manque de moyens financiers ou technologiques. Mais là encore, l'appel est source de satisfaction : le docteur nous appelle, il fait attention à nous et ceci nous évite un déplacement fatiguant et stressant.

Bien sûr, il faudra garder la consultation "présentielle", irremplaçable et nécessaire. Je voulais juste relever qu'en médecine aussi, il y aura un "avant" et un "après" covid. Les hôpitaux auront joué leur rôle de tête de pont. Le libéral aura prouvé sa disponibilité, son efficacité et sa complémentarité. Les nouvelles technologies auront fait faire un bond de géant dans la prise en charge des malades au quotidien. Tout le défi sera de garder la relation humaine intacte voire bonifiée avec ces nouveaux outils !

Superbe accueil à NCT+ !

BB8DE32B-7AB2-47D7-9106-A93725446FE9Cette semaine, une équipe de la clinique Saint-Hilaire a été accueillie dans une clinique de Tours. Cet établissement (NCT + Alliance) dépendant d'un groupe familial, a été ouvert en juillet dernier et est une référence en cardiologie et chirurgie cardiaque notamment.

Lors de la crise Covid il a du, comme dans d'autres régions, contacter l'Agence Régionale de Santé et le CHU de Tours pour se voir inscrire dans le plan de lutte contre le coronavirus ! Fort de ses 16 lits de réanimation de chirurgie cardiaque et polyvalente, auxquels ils ont rajouté 10 lits supplémentaires, il a accueili de nombreux patients Covid issus de la région parisienne dont E37AB125-C9D4-4D39-9DBD-F190E5D46B0Fcertains sont encore hospitalisés. En complémentarité avec le CHU de Tours, les médecins libéraux et la clinique ont démontré leur compétence et leur savoir-faire.

Nous avons découvert un bloc opératoire gigantesque avec de vastes couloirs longs de 150 mètres ! Disposant des dernières technologies, les équipes médicales et paramédicales ont su gérer la crise sanitaire en accueillant des malades covid, en assurant leurs urgences et préparent activement la reprise d'activité.

Nous avons pu visiter leur service de réanimation et aussi détailler l'activité opératoire du service de chirurgie cardiaque en assistant à plusieurs interventions à cœur ouvert.

Merci aux Drs LERAILLER, LEPAGE et CHATEL, au personnel du bloc et de la réanimation ainsi qu'à la direction de la clinique pour la qualité de leur accueil et de leur accompagnement pendant tout notre séjour tourrangeau.

Un brin pour vous !

CFE6BFEE-CD4A-4F27-8A44-A77705CD4335En ce premier mai bien particulier, surtout pour une fête du travail, que ce petit brin de muguet du jardin vous apporte un grand sourire et une touche d'espoir !

Encore dix jours avant de pouvoir à nouveau se croiser plus librement !

Encore dix jours avant de retrouver nos amis et nos familles !

Mais encore dix jours et nous continuerons à nous protéger du virus dans nos relations sociales et professionnelles !

Cellule de crise

5E703457-1FBC-46FC-B485-F8775834EBAEDepuis le début de l'épidémie, la cellule de crise Covid de la clinique Saint-Hilaire se réunit une à deux fois par semaine. Elle est composée de la direction de la clinique, des cadres, des pharmaciennes, des représentants du personnel et des médecins, des services techniques et informatiques.

B19E651E-6FA3-43EE-936D-4DEA233E0BD7Alimentée par des réunions téléphoniques avec l'Agence Régionale de Santé, les CHU et les différentes cliniques de l'agglomération rouennaise, elle définit l'organisation et les priorités à mettre en œuvre. Après avoir géré l'arrêt de toute l'activité programmée, la sécurisation de la clinique, la mise en œuvre de l'accueil de patients covid, la gestion des urgences, elle organise maintenant le redémarrage de l'activité opératoire après le 11 mai.

Nous maintiendrons les mesures barrière strictes pour protéger tant les patients que le personnel. Ceci oblige à isoler les patients en chambre individuelle, limitant ainsi nos capacités d'accueil. Pour permettre aux malades d'être soignés, nous allons devoir nous adapter aux contraintes nouvelles, avec une réorganisation des unités d'hospitalisation et faire face aux pénuries éventuelles en matériel médical. Ces nouveaux défis, succédant à ceux de la pandémie, mobilisent toutes nos ressources. Mais, que ce soit au chevet des patients covid ou dans la prise en charge chirurgicale (ou médicale) plus classique, notre mission reste la même. Soulager et soigner nos patients. C'est notre vocation et notre fierté.

Re-Merci !

336AC01F-2D30-4AE3-B638-89F42BB5EADBGrâce à de nombreuses aides, nous avons retrouvé des moyens de protection pour nos soignants ! Ce matin, une amie, Marie-Jeanne de Ferrières en Bray a profité d'un taxi-ambulance qui allait à la clinique Saint-Hilaire pour nous faire parvenir un carton de blouses ! Il y a quelques jours, le Lions Club de Rouen Elbeuf nous a fait parvenir 300 masques FFP2, puis le port autonome de Rouen a fait don de 60 blouses plus d'autres masques FFP2, ainsi que Johnson et Johnson de Val de Reuil. Même l'Agence Régionale de Santé a consenti à nous fournir quelques cartons de sur-blouses. Merci à tous pour cette chaîne de solidarité exceptionnelle qui nous va droit au cœur.

Une dernière initiative. Anne-Laure, de Circadum, entreprise de fourniture de matériel médical et chirurgical, a eu une merveilleuse idée. Nos infirmières et aides soignantes utilisent sans cesse du gel hydro alcoolique. L'alcool altère peu à peu la peau qui se dessèche à force de frictions. Anne-Laure a eu l'idée de faire le tour des pharmacies autour de chez elle pour récupérer des échantillons de crèmes hydratantes pour les mains et a fourni également des tubes de pommades hydratantes. Je vous laisse imaginer la joie des soignants à la vue de ces cadeaux !  Ils étaient aussi surpris qu'heureux. Encore merci à tous.

Consultations « sans danger » !

0442AD86-CD2E-4671-9DBA-B302FC6B2719Depuis le 16 mars, les consultations de la clinique Saint-Hilaire étaient désertes. Si certains cabinets avaient fermé complètement leur porte, comme la consultation d'anesthésie ou d'ophtalmologie, d'autres assuraient uniquement les consultations d'urgences, suivant les directives de l'Agence Régionale de Santé. La passerelle reliant la clinique et les consultations a été condamnée afin de filtrer les personnes entrantes, le parking restait désert.

Un mois plus tard, force est de constater que les patients hésitent encore à consulter leur spécialiste, au risque de voir leur situation de santé s'aggraver. La perspective d'une reprise de l'activité chirurgicale programmée le 11 mai oblige pourtant à reprendre l'activité de consultation tant des chirurgiens que des anesthésistes.

44EE3816-E1B4-46B0-9470-3C8330F92375Il a donc fallu envisager la réouverture du bâtiment dans des conditions de sécurité optimales. Ainsi, des affiches rappelant les mesures barrières sont apposées sur les murs, du soluté hydroalcoolique est mis à disposition dans les parties communes et les cabinets de consultation, la plupart des portes sont maintenues ouvertes, le nombre de passagers est limité dans les ascenseurs, le port du masque est vivement conseillé.

De la même manière, le filtrage avec contrôle sanitaire est maintenu à l'entrée de la clinique, les visites sont interdites sauf exception, les patients sont systématiquement isolés en chambre individuelle, le port du masque est obligatoire, y compris pour les soignants, les gestes barrières sont appliqués.

Grâce à cette rigueur, nous espérons que les patients reviendront consulter sans appréhension pour prendre les avis nécessaires des médecins spécialistes. Même si le bloc opératoire a toujours assuré les interventions urgentes, la reprise des opérations chirurgicales programmées est un vrai défi logistique du fait des contraintes sanitaires. En coordination avec le CHU de Rouen et les autres cliniques rouennaises, nous y travaillons activement !

 

Le retour des soignants !

00A0D46C-DDE4-41FB-B941-AD895552660B86107E12-7B5C-4FFE-B1DF-1E88ADBFFF07Tandis que certaines missions se poursuivent (au CHU de Rouen, à Dieppe, Bichat et Notre Dame de Bondeville) d'autres sont terminées. Caroline, Lucie, Sylvain et Eric sont revenus de Paris.

 

6C7730B6-DA03-459E-AC86-F688F91AE7C4De son côté, notre douzaine d'infirmières et infirmiers a achevé le travail à Ambroise Paré. De gauche à droite, Morgane (en photo sur le portable, revenue quelques heures plus tôt à Rouen retrouver sa famille), Solène, Kevin, Elsa, Marine, Camille, Nicolas, Lucie, Agathe, Laeticia, André et Julie ont accepté de se rapprocher le temps d'une photo avant de quitter la région parisienne.

Nous avons échangé sur ces deux semaines d'immersion dans la clinique Ambroise Paré de Neuilly-sur-Seine. En réanimation Covid ou de chirurgie cardiaque, en hospitalisation Covid, de jour comme de nuit, ils ont découvert de nouvelles organisations, une nouvelle maladie, de nouveaux collègues. "Non, ont-ils dit de manière unanime, nous ne sommes pas des héros ! Nous avons fait notre travail de soignant auprès de malades graves, avec la protection nécessaire. L'accueil de nos collègues fut remarquable et nous avons réussi à les soulager après un temps d'apprentissage. Étant arrivés au moment où l'épidémie commençait à baisser, nous leur avons permis de souffler, de reprendre des forces." Ils ont apprécié la solidarité des voisins, apportant de la vaisselle, de la nourriture. L'hôtel leur a mis à disposition une pièce pour pouvoir se retrouver et échanger sur leur expérience auprès des patients, entre l'équipe de jour et celle de nuit, afin de ne pas se sentir isolés. En effet, ils ont eu des moments difficiles auprès de malades graves, se compliquant parfois, suant sous leurs combinaisons, avec des soins très physiques. Il y a eu aussi les extubations, les patients sortant de réanimation ou d'hospitalisation, les sourires, les remerciements...

Et puis, les questions : comment va la clinique ? Quelle organisation allons-nous retrouver à notre retour ? La chirurgie va-t-elle reprendre ? D'autres missions sont-elles prévues ?

Il est vrai que les missions ont eu lieu parce que certains sont restés pour accomplir le travail quotidien d'accueil et de prise en charge des urgences, et que d'autres ont subi le chômage partiel. Néanmoins, malgré leur modestie, nous leur avons redit notre admiration pour leur courage et leur engagement. Leur expérience acquise nous sera aussi très utile. Certaines ont repris le travail dès lundi à Saint Hilaire, pour d'autres ce sera mercredi, certaines sont maintenant en vacances.

Cette mobilisation générale nous a fait chaud au cœur et, chacun à sa place, continue à travailler pour remplir sa mission de soins au service des normands !

Pourquoi mettre les malades à plat ventre ?

ADD1873A-0C94-4146-A61A-7BD20A2EED76Vous avez déjà entendu parler du fait de retourner les malades de réanimation : le fameux décubitus ventral (c'est à dire à plat ventre). Normalement ils sont à plat dos, pour avoir accès à la tête et aux perfusions diverses et variées.

Lorsqu'on est allongé, le poumon est comprimé par la gravité et le poids du corps. Comme cet organe est plus développé vers le dos que vers le ventre (il descend presque jusqu'aux lombes), il est plus écrasé lorsqu'on est couché sur le dos. A l'inverse, la ventilation du poumon, et son oxygénation, est meilleure lorsqu'on est couché sur le ventre. En bonne santé, cette variation est négligeable. Par contre, dans une situation critique comme le covid-19 en réanimation, cette technique permet de gagner en oxygène, le tissu pulmonaire étant également moins abimé par la respiration artificielle.

Ceci a été très longtemps controversé par la communauté médicale : le jeu en valait-il la chandelle ? Le fait de retourner un malade de réanimation comporte des risques d'arrachement de sonde ou cathéters, sans même parler des risques tensionnels et des compressions liées à la position (escarres du visage ou du corps, perte d'un oeil...). Il a fallu attendre 2013 l'étude Proseva (lancée en 2009) pour en découvrir les résultats qui ont prouvé l'intérêt de cette méthode. Elle n'est réellement utile que pour les patients les plus graves atteints du Syndrôme de détresse Respiratoire Aigüe (SDRA en français, ARDS en anglais). C'est pourquoi, chaque jour en réanimation, des équipes se relaient pour retourner les patients afin de tenter de leur sauver la vie.

Nos aides-soignants montent au front !

E097C42D-0292-4884-B9A7-5F39B63B3BB8La clinique Saint-Hilaire continue à s'engager dans la lutte contre la pandémie virale. Au moment où nos 12 infirmières et infirmiers terminent leur mission à la clinique Ambroise Paré de Neuilly, tandis que deux de nos collègues en relaient deux autres ce week-end à l'hôpital Bichat de Paris, où travaillent encore nos infirmiers anesthésistes, alors qu'un autre poursuit son engagement une semaine de plus en réanimation médicale du CHU de Rouen et un dernier à l'hôpital de Dieppe, deux aides-soignants viennent de partir à Notre Dame de Bondeville. En effet l'association du Pré de la Bataille nous a demandé de l'aide pour leur centre d'hébergement de Notre Dame de Bondeville.

Cet établissement pour personnes atteintes de handicap a été touchée par le Covid-19, tant au niveau du personnel d'encadrement que des résidents. Ils avaient besoin d'un coup de main pour maintenir la qualité de leur prise en charge. Nos deux aides-soignants ont reçu un très bon accueil tant des personnels que des résidents qui sont très attachants. Les moyens de protection sont comptés, comme partout. Ils utilisent ainsi des bleus de travail en guise de surblouse. L'accompagnement des personnes âgées atteintes d'un déficit mental nécessite des moyens humains importants, surtout dans cette épreuve sanitaire. Avec professionnalisme, dévouement et bonne humeur, Emmanuelle et Jean-Marc (photo) ont pris leur poste depuis hier. Un grand merci à eux aussi car l'épidémie ne s'arrête pas aux portes des services de réanimation ! Leur engagement est tout aussi précieux !

Merci pour votre aide

blousesDepuis hier, plusieurs personnes se sont mobilisées pour nous apporter de l'aide. Des tenues de protections ont été apportées par Mélanie sur ses réserves personnelles, Laurence grâce à plusieurs entreprises, Anne-Laure ce matin encore (de la société CICADUM, avec 190 blouses). D'autres se sont proposés pour des tenues en tissu. Merci pour cette mobilisation qui va nous permettre de tenir bon et de protéger nos soignants. Cette chaîne de solidarité fait chaud au coeur ! Et si d'autres ont encore des possibilités, ils sont encore les bienvenus !

Recherche blouses désespérément !

D25A22BA-240A-4FF2-9892-1B82C500E7C2Au moment où les réserves de masques commencent à remonter grâce à la mobilisation de tous, c'est maintenant les blouses qui manquent. J'ai eu des échos de collègues obligés de s'habiller de sacs poubelles ou d'autres avec des protections tellement fines que leur étanchéité est illusoire.

A Saint-Hilaire l'accueil de quelques patients atteints de covidose et d'autres suspects de l'être, oblige les soignants à se protéger. Notre petite réserve de blouses a ainsi fondu en quelques jours. De même, nos chirurgiens vont rapidement manquer de casaques chirurgicales stériles. Cette situation n'est malheureusement pas isolée et les autres établissements de santé, contactés ce matin, ne peuvent pas nous dépanner. L'Agence Régionale de Santé, déjà indigente sur sa réponse aux masques FFP2, n'a pas plus de solution à proposer.

Alors, je lance un nouvel appel à l'aide. Si vous disposez de tenues de protection en tissu ou jetables, nous sommes preneurs. Nous économisons sur tous les équipements de protection mais les soignants ont le droit, et le devoir, de protéger leur santé. Merci par avance pour votre aide.

Et on en reprend pour un mois !

A8F3814D-0ED1-4675-AD33-1E3F508377DEHier soir, l'intervention du Président de la République a été claire. L'épidémie nécessite le maintien du confinement pendant encore un mois. En l'état actuel des choses, c'est indispensable et il faut nous y conformer. Ceci m'inspire trois remarques.

D'abord, il a reconnu des insuffisances de la part de l'Etat : l'épidémie n'avait pas été anticipée. Le manque de moyens de protection disponibles, l'absence de réactivité dans la mise en oeuvre des tests de grande ampleur ont empêché une autre gestion de la crise sanitaire. Le retard se comble mais beaucoup de matériels manquent aujourd'hui aux soignant.

Ensuite, il a indiqué qu'il faut aussi continuer à se soigner. C'est très juste car de nombreux malades "non-covid", diabétiques, cardiaques, insuffisants respiratoire, en attente d'une chirurgie de cancer, par exemple sont sur la touche. Soit ils ont peur de se déplacer, soit les moyens médicaux ne leur sont pas disponibles. Je vous prends un exemple qui me concerne. Comme nos collègues des autres établissements, nous avons limité très strictement aux urgences l'activité opératoire à la clinique Saint Hilaire depuis le 16 mars. De ce fait, plusieurs centaines d'opérations ont été reportées. Certaines bénignes, comme la cataracte ou l'arthroscopie du genou, d'autres plus importantes comme pour des cancers digestifs ou des coloscopies pouvant aboutir à la découverte de tumeurs. Il a fallu définir pour chaque patient l'importance de la "perte de chance" liée au report de la chirurgie. Aujourd'hui des chirurgies non-urgentes sont en train de le devenir. Nous allons donc devoir opérer plus, avec toutes les précautions nécessaires d'isolement et de mesures barrière. Mais, là encore, le matériel commence à faire défaut, notamment pour les blouses chirurgicales stériles. La pandémie de coronavirus est en train de se doubler d'une deuxième crise sanitaire liée au retard de prise en charge des malades pour des pathologie habituelles. Nous allons faire notre possible, mais nous ne sous sentons pas accompagnés. Nous jouons notre rôle dans la lutte contre la pandémie. Nous voulons aussi remplir nos missions habituelles car les autres malades ne doivent pas être oubliés...

Enfin, si l'épidémie nous contraint à une distentiation sociale, elle majore surtout les différentiations sociales. On nous demande légitimement de rester à distance les uns des autres pour limiter la contagion. C'est normal. Par contre, entre la personne réfugiée dans sa résidence secondaire et l'habitant de la Seine Saint Denis confinée dans un petit appartement, il y a un monde. Je ne veux pas faire de misérabilisme mais force est de constater qu'actuellement beaucoup de malades de la région parisienne sont issus des quartiers prioritaires et que l'accès aux soins est rendu encore plus compliqué à ceux qui sont isolés. Même si de nombreuses initiatives voient le jour, avec l'aide de municipalités ou d'associations, le confinement amplifie les difficultés sociales. On en parle plus sur les violences conjugales mais c'est tout aussi grave pour l'accès aux soins et pour la vie tout court.

Ce matin, je vais participer à plusieurs réunions pour essayer de faire avancer l'accès aux soins dans notre région. En espérant une intelligence collective et des moyens disponibles.

Des nouvelles de Bichat

CC27905E-85FC-45BF-B58F-23A58DFAE057Caroline et Eric, deux de nos collègues anesthésistes réanimateurs de la clinique Saint-Hilaire, ont rejoint l'équipe du Pr Montravers à l'hôpital Bichat de Paris depuis jeudi dernier. Relayant une équipe bordelaise, ils ont pris leurs fonctions dans la réanimation "covid" installée en salle de réveil et dans certaines salles d'opération du bloc opératoire. A la différence des services de réanimation, il s'agit d'une grande pièce avec des lits alignés. La séparation entre la zone de soins et la zone de circulation se fait simplement par un marquage orange au sol.

65A547D9-C992-4BA9-BF08-10BE27CCD2E6Le matériel et les médicaments sont disponibles mais avec des réserves limitées. Il faut faire avec les moyens du bord. Ils ont été impressionnés par le fait que personne ne se plaignait. Là où chacun relèverait légitimement en temps normal la difficulté de ses conditions de travail ou la lourdeur des soins, l'ensemble des soignants accomplit sa tâche avec motivation et dévouement. Du plus discret au plus titré, chacun assume. 

Un autre élément est le fait que tous admettent le risque de contamination. Malgré le matériel de protection, malgré mille précautions, il est quasiment inévitable de se trouver au contact du virus. Ce risque est assumé avec courage, en espérant l'absence de forme compliquée.

Mes collègues permettent le repos des anesthésistes réanimateurs en première ligne depuis des semaines. Ils seront rejoints lundi par deux infirmiers anesthésistes de notre équipe : Lucie et Sylvain. Même si le pic épidémique semble atteint, il reste encore beaucoup de malades atteints de covidose à soigner et toujours des nouveaux cas graves. On ne lâche rien !

Requiem

vendredi-saint-1-696x435En ce jour du vendredi saint où les chrétiens célèbrent la passion et mort du Christ, je veux avoir une pensée pour ceux qui mourront aujourd'hui loin des leurs.

Lundi dernier, une infirmière du bloc opératoire a enterré sa maman. En petit comité. Nous aurions été nombreux à vouloir l'entourer en temps normal mais le nombre limité de personnes acceptées aux obsèques est cruel.

Je voudrai rendre hommage à deux collègues morts ces jours-ci, qui se connaissaient bien. Ils méritaient des cérémonies à la hauteur de leur engagement de médecin.

SoyerIl y a d'abord le Pr Robert SOYER, décédé brutalement le 1er avril. Créateur du service de chirurgie cardiaque du CHU de Rouen, initiateur des greffes cardiaques en Normandie, c'était un grand chirurgien et un grand organisateur. Je me souviens de sa capacité à trouver des lits d'aval lors des staffs de réanimation. On annonçait : " pas de place pour sortir les patients et en opérer de nouveaux " ! Il prenait son téléphone et, par miracle, des solutions apparaissaient ! Ou encore sa phrase fétiche en entrant dans la chambre d'un opéré : " vous savez, c'était pas du luxe ! " qui provoquait un flot de reconnaissance dudit opéré. Chirurgien expert, mélomane averti, à l'écoute des mutations de notre société et du monde, il a été mis en terre mercredi au cimetière monumental entouré de 7 amis et d'un petit bouquet de fleurs de pissenlit qu'il avait souhaité. Deux membres de sa famille, confinés au pays basque, avaient envoyé un témoignage audio et la cérémonie s'est terminée par l'agnus Dei du requiem de Fauré. "Un départ en toute humilité pour un grand homme" comme me le rappelait son ami René Koning.

Le deuxième collègue était anesthésiste à la clinique Saint Hilaire : le Dr Jean-Pierre GARRIGOUX. Décédé samedi, après s'être battu contre sa maladie avec courage pendant plus de 5 ans, il regardait sa santé avec beaucoup de lucidité et de volonté. Ce médecin, à l'humour reconnu, avait importé plusieurs techniques d'anesthésie à Saint Hilaire. Passionné de bridge et de golf, son empathie et sa bonne humeur étaient appréciées de tous. Il sera enterré le 16 mars à l'église de Bihorel. La poursuite du confinement nous empêchera malheureusement de pouvoir entourer Marie-Odile son épouse et toute sa famille...

En tant que catholique, ma prière les accompagne ainsi que tous ceux qui partagent une souffrance en ces jours difficiles.

J'invite ceux qui les ont connus à partager une pensée pour eux mais surtout, de nous inspirer de leur passion de soignant pour en être les dignes successeurs ! Aujourd'hui plus que jamais.

De Rouen à Dieppe !

40E68CA0-655A-4904-A1E2-F96B112EEA11Virgile, un des infirmiers anesthésistes de notre équipe, a choisi d'apporter son aide au Centre Hospitalier de Dieppe. Après avoir découvert la réanimation généraliste, il vient d'intégrer l'unité des malades Covid. Plusieurs éléments m'ont impressionné dans ses récits.

D'abord, la combinaison intégrale étanche, associée à la charlotte, la visière, le masque FFP2, font monter la température ambiante à plus de 30°. Associé à la mobilisation de patients de 100 ou 150 kg, les gestes dans ces conditions sont très physiques et fatiguants.

Un autre point concerne les techniques de ventilation non invasive. C'est un point sur lequel nos collègues réanimateurs du CHU de Rouen avaient insisté : "essayez de nous transférer les personnes atteintes sans réaliser d'intubation". En effet, avec la ventilation artificielle, l'inflammation pulmonaire peut s'aggraver plus rapidement. De même, à Dieppe, les collègues tentent la respiration assistée avec des masques et de l'air sous pression, un peu comme les plongeurs sous-marins. L'inconvénient de cette technique est que des débits d'oxygène très importants sont nécessaires. De ce fait, il y a un risque important d'aérosolisation du virus et la protection des soignants doit être extrêmement rigoureuse.

Enfin, la baisse du nombre de patients, malgré le transfert de malades venus d'Evreux et de Paris, confirme la tendance régionale et nationale.

Comme pour les autres collègues, il apprécie la qualité de l'accueil des équipes locales et de pouvoir les soulager après de semaines de mobilisation.

Des visières anti covid !

A592695F-8AA8-454D-8348-3073013B5CBDCe soir, un collègue anesthésiste a offert au nom du Lions Club d'Elbeuf une vingtaine de visières anti-projection apportant une sécurité supplémentaire face au risque covid. Elles furent immédiatement distribuées aux personnels exposés du bloc opératoire, des urgences cardiologiques et du service de médecine recevant les patients touchés. Merci aux Lions d'avoir fait preuve de solidarité et d'efficacité !

68ECA506-333A-4EA4-B97A-03AA052C748B811D0F51-5215-4EC7-9AA9-315557F3A0B374A503E0-0D4A-4FA7-AE37-7A0C5450BA84Une petite lueur d'espoir avec une promesse de fourniture de masques FFP2 par un particulier. Merci à toutes et tous d'avoir relayé notre appel... mais nous n'avons pas oublié de relancer également l'Agence Régionale de Santé, dont c'est quand même la responsabilité de fournir du matériel adapté aux missions confiées !

Demain, quatre anesthésistes de notre équipe (deux médecins et deux infirmiers) vont rejoindre la réanimation covid + de l'hôpital Bichat. De leur côté, les douze infirmiers de la clinique Saint Hilaire continuent à relayer leurs collègues d'Ambroise Paré. Ils ont découvert un compagnonnage amical qui leur a permis de prendre en charge rapidement des patients de réanimation ou de médecine atteints par le coronavirus. Les mesures de précautions ont été vite intégrées. Ils arrivent à se retrouver dans une salle, mise à disposition par l'hôtel, afin d'échanger sur leur vécu et leurs expériences de leur journée ou de leur nuit de travail.  Leurs nouvelles irriguent leurs services d'origine et de nombreux soignants se sont portés volontaires pour les relayer en cas de besoin.

A Saint-Hilaire aussi !

D46E455A-32BB-43A0-B40F-C9CE2C23B477Alors que nos équipes se sont mobilisées pour soigner des patients atteints du covid-19 au CHU de Rouen, à l'hôpital de Dieppe, à la clinique Ambroise Paré de Neuilly et bientôt à l'hôpital Bichat de Paris, nous avons reçu deux nouveaux patients détectés covid + à la clinique Saint-Hilaire. L'unité de médecine dédiée les accueille et nous sommes amenés à prodiguer les soins avec le le matériel de protection individuel nécessaire.

De la même manière, nos urgences cardiologiques sont confrontées quotidiennement à des malades venant pour des douleurs thoraciques. Celles-ci peuvent être aussi bien liées au cœur qu'aux poumons et donc au covid-19 dans le contexte actuel. De ce fait, les soignants doivent se protéger tout comme les infirmières des salles de cathétérisme cardiaque qui prennent en charge des personnes faisant un infarctus du myocarde et amenées directement au bloc par le SAMU.

Or, nous rencontrons une difficulté absurde. Malgré nos besoin évidents en masques FFP2 pour ces situations à risque liées aux soins et aux urgences, l'Agence Régionale de Santé (ARS) refuse de nous en fournir. A chaque livraison des stocks d'Etat, seuls des masques chirurgicaux nous sont fournis ! À chacune de nos sollicitations, la seule réponse est que l'ARS suit les directives ministérielles... Nous attendons de nos tutelles qu'elles réfléchissent davantage et adaptent leur action à la réalité du terrain. On en est bien loin actuellement ! Si quelqu'un peut nous aider à récupérer des masques FFP2 ou à convaincre l'ARS de nous en fournir, nous sommes preneurs !

Surgical Task Force

BE369044-EF67-403D-ADFD-D57FAF620B18Deux fois par jour, à 11h et à 17h, deux chirurgiens entrent dans les services de réanimation de la clinique Ambroise Paré. Rodés à l'installation des patients pour des opération du dos, ce neurochirurgien et ce chirurgien orthopédiste viennent pour retourner les patients sous respiration artificielle afin d'améliorer leur oxygénation. En effet, en position ventrale, les poumons respirent mieux. 6h sur le dos et 18h sur le ventre, la manœuvre quotidienne est risquée et l'aide de tous est bienvenue. Faute de pouvoir opérer, ces praticiens se sont portés volontaires pour aider leurs collègues réanimateurs. Cette solidarité est une marque de la mobilisation des soignants lors de cette épidémie de coronavirus.

Nous avons regagné Rouen après deux jours et une nuit, notre mission accomplie. Les infirmiers et infirmières de la clinique Saint Hilaire poursuivent leur engagement jusqu'au 18 avril, en immersion dans les services exposés ou non au covid +, favorisant ainsi la récupération des personnels parisiens engagés depuis plusieurs semaines. Notre retour a permis que trois autres anesthésistes réanimateurs de notre équipe aillent travailler en réanimation covid de l'hôpital Bichat, tandis que deux autres ont été mobilisés sur le CHU de Rouen. L'un d'entre eux est engagé en réanimation médicale depuis ce matin. La clinique Saint Hilaire et ses personnels amplifient ainsi leurs engagements dans la lutte contre l'épidémie.

Ceux qui restent sont disponibles pour accueillir les urgences chirurgicales et cardiologiques, tout en maintenant ouverts les lits de réanimation et de médecine pour patients covid +. Force est de constater que la maîtrise de la pandémie, grâce à un confinement difficile et bien respecté, nous évite d'avoir à en accueillir. Tandis que nos infirmiers, infirmières et anesthésistes portent leurs efforts sur les malades parisiens, y compris dans les réanimations rouennaises, nous nous concentrons aussi sur celles et ceux qui attendent d'être soignés depuis plusieurs semaines. A force d'attendre, des interventions sont devenues difficilement différables. Il va aussi falloir assurer celles-ci, avec le maximum de précautions vis à vis du risque viral.

Échos de la réanimation

D0EF2D13-9477-4F92-88AF-2EE0A65D68E7Pendant ces premiers moments passés en réanimation à la clinique Ambroise Paré, nous avons été propulsés dans un univers incroyable. Plusieurs services se sont métamorphosés en réanimation avec un niveau technique et d'engagement des soignants exceptionnel. La contagiosité extrême des malades oblige à tout redimensionner. Les portes de chambre sont recouvertes à l'extérieur des derniers examens tels électrocardiogramme et les prises de sang mesurant l'oxygénation. Un récipient accueille au pied de celles-ci les prélèvements biologiques réalisés dans la chambre ou les médicaments attendant d'y rentrer afin de limiter les déplacements. Dans les couloirs, les soignants se recouvrent de toute le nécessaire qui les protège. Ce matériel, supporté pendant les longues périodes nécessaires aux soins auprès du malade, est aussi source d'inconfort. Il ne peut être question d'entrer et de sortir de la chambre sans réaliser le long protocole de désinfection.

Les patients disposent de toute une technologie sophistiquée pour assurer leur survie malgré les poumons massacrés par le virus. Respirateurs, gaz dilatant les alvéoles, médicaments favorisant l'oxygénation, retournement ventral permettant la mobilisation de lobes pulmonaires, dialyse rénale au pied du lit parfois même : la prise en charge est complexe et réévaluée sans cesse. 

Hier, pour la deuxième fois depuis le début de l'épidémie, une patiente a pu quitter la réanimation pour un service d'hospitalisation, presque tirée d'affaire. J'ai vu la fierté des soignants qui voyaient leurs efforts enfin récompensés. Dans le même temps, mon collègue réanimateur espérait sevrer le soir même trois autres personnes de la ventilation artificielle.

Avec méthode, lucidité et enthousiasme, ils avancent jour après jour dans la compréhension de la maladie et dans leurs protocoles de prise en charge. Avec leur expérience, avec celle des autres étudiée quotidiennement, notamment venant des pays ayant été touchés avant le nôtre, ils donnent toutes ses chances à chaque malade.

Les visites étant interdites, le médecin appelle tous les jours un membre de la famille pour l'informer de l'évolution de leur proche. Dialogue attendu avec fébrilité et espoir. Hier soir, la fille d'un patient que j'avais pris en charge me demandait de lui transmettre toute leur affection, que toute visite leur était interdite mais qu'ils ne l'abandonnaient pas...

La photo en haut de cet article a été réalisée à l'arrivée de notre équipe rouennaise. Regardez bien toutes nos infirmiers et infirmières qui, en ce moment, s'engagent auprès des malades de réanimation et qui ramèneront avec eux un savoir faire et une expertise précieuse. Un grand merci à tous ces soignants.

Nuit de garde

964E4631-C1F0-4B3D-BD62-9E202034F69ALa soirée (et la nuit !) m'ont permis de faire la connaissance de collègues anesthésistes-réanimateurs et des équipes soignantes. Issues de différents services et établissements, elles ont développé une expertise précieuse.

Les malades atteints du covid ont des caractéristiques spécifiques et communes qui me font réaliser un apprentissage accéléré grâce à tous les soignants qui apportent leur expérience. La mienne a permis de gérer les appareils ventilatoires et les différents problèmes qui se sont présentés. Il a fallu s'habituer au logiciel de prescription mais la révolution informatique "zéro papier" (ou presque) réalisée l'an dernier à Saint Hilaire nous avait rodé à l'exercice.

Nos infirmiers et infirmières ont terminé leur quart bien fatigués mais heureux de leur compagnonnage avec leurs collègues et des conditions de sécurité. 

Nous avons fait le point avec l'équipe de réanimation et la baisse importante de nouveaux patients à la clinique Ambroise Paré va permettre de nous libérer rapidement. Par contre nos infirmiers et infirmières vont continuer à soulager leurs collègues et à développer leur expertise.