Archive dans 30 juin 2020

Le siège de Paris et le règne d’Eudes

Les Vikings lançant l’assaut sur Paris. Vision romantique tirée de l’Histoire de France populaire d’Henri Martin, en 1867.  (© Coll. Stéphane William Gondoin)

Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Thierry Georges Leprévost.

 

Le siège de Paris de 885 reste une page privilégiée des livres d’Histoire : sa durée, les forces déployées, sa dureté et ses multiples rebondissements hauts en couleur en font un événement majeur de la présence des Vikings en Francia occidentalis.

De la Somme à la Seine

Une fois de plus, une flotte de Scandinaves s’engouffre dans l’estuaire de la Seine. Le 5 juillet, ils prennent Rouen et y amarrent leurs bateaux. Combien sont-ils ? Abbon de Saint-Germain mentionne 40 000 hommes et 700 navires, chiffres invraisemblables. Ils sont cependant très nombreux, essentiellement des Danois, boutés hors du Wessex par Alfred le Grand en 878. Ils ont ravagé l’actuelle Picardie, le nord de la Lotharingie et l’est de la Germanie, avant de revenir en Flandre. Au printemps 885, ils ont quitté la Somme pour faire voile vers la Seine.

Ce n’est pas une armée unie, mais l’addition de plusieurs bandes dont chacune dépend de son propre chef. Parmi eux un nom émerge : Sigfridr (Sigfriðr), qui pourrait être le roi des Danois Sigfridr III Háreksson ; quoi qu’il en soit, il a assez d’ascendant sur les guerriers pour qu’ils le regardent comme leur leader. Ils s’installent à Rouen dans la durée. D’autres Vikings les y rejoignent, venus notamment du Danelaw. Le nouveau comte d’Herbauges, Ragenold, tente de les dis...
 

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Les Vikings du golfe de Gascogne à la Méditerranée

Les Vikings débarquent ! Gravure romantique parue dans Histoire populaire de la France, de Charles Lahure, en 1862. (© coll. Stéphane William Gondoin)

Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Stéphane William Gondoin.

 

Avant même de s’enfoncer en val de Seine, les Scandinaves s’intéressent déjà beaucoup aux côtes de l’océan Atlantique, razziant régulièrement le monastère de Noirmoutier et obligeant même sa communauté à prendre la route de l’exil. Ils ne se contenteront cependant pas de cela et s’aventureront plus au sud. Bien plus au sud…

Si l’on en croit la Geste des Toulousains, récit tardif et mal assuré, les Vikings pénètrent dans la Gironde dès 840 et dévastent les environs de Bordeaux, sans toutefois réussir à s’emparer du castrum, c’est-à-dire, selon toute vraisemblance, du centre de la ville cerné d’une enceinte gallo-romaine
 

Le Sud-Ouest dans la ligne de mire

En 843, selon les Annales de Saint-Bertin, les Vikings s’enhardissent et après la violente attaque perpétrée contre Nantes, ils n’hésitent pas à hiverner pour la première fois sur l’île de Noir...
 

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Les Vikings à l’assaut de l’Empire franc (840-885)

Les pirates normands d’Évariste-Vital Luminais (1821-1896), œuvre datant de 1894. La capture d’individus destinés à servir d’esclaves était courante chez les Vikings. (inv. 82.1.1 - © Musée Anne-de-Beaujeu de Moulins / Jérôme Mondière)

Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Thierry Georges Leprévost.

 

Le 12 mai 841, une flotte scandinave pénètre pour la première fois dans l’estuaire de la Seine. Deux jours plus tard, les Vikings pillent Rouen. Chargés de butin, ils redescendent le cours du fleuve et dévastent Jumièges. C’est le début d’une longue série d’attaques qui vont ébranler l’ancien empire de Charlemagne.

Un empire éclaté

L’abbé de Fontenelle décide de négocier. Le chef Ásgeirr épargne le monastère contre six livres d’or. Des moines de Saint-Denis lui rachètent pour vingt-huit livres une soixantaine de prisonniers capturés au cours du raid, les sauvant ainsi de l’esclavage. Les Vikings quittent la Seine le 31 mai et naviguent jusqu’à la Loire, où le comte Renaud d’Herbauges, en charge de la défense côtière, parvient à les repousser.

La situation des Francs est désastreuse. La mort de Louis le Pieux le 20 juin 840 prélude à l’éclatement de l’empire. Tandis qu’Ásgeirr contourne la Bretagne, les trois fils du roi défunt s’affrontent le 25 juin 841 à Fontenoy-en-Puisaye. Les Vikings en profitent, tant en Frise qu’en Flandre. A­­près Dorestad, l’un des ports majeurs de l’empire à l’embouchure du Rhin, les Danois attaquent en 842 l’autre grande possession personnelle de Charlemagne : Quentovic (au sud de Boulogne), où ils se livrent au pillage et épargnent la ville contre rançon. Pendant un demi-siècle, on les verra sur la Somme, l’Escaut, la Meuse, la Moselle, la Saône ; jusqu’à Aix-la-Chapelle, symbole caro...
 

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Les Vikings entrent dans l’histoire

Vikings ramenant butin et captifs vers leurs navires après un Strandhögg. (© Musée de Normandie – Château de Caen)

Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Stéphane William Gondoin.

 

8 juin 793. Au large de l’île de Lindisfarne, à l’extrême nord du royaume anglo-saxon de Northumbrie, une flottille glisse rapidement vers le rivage. Dès que les navires touchent terre, des vagues d’hommes armés déferlent l’une après l’autre : les Vikings s’apprêtent à ouvrir à la volée les portes de leur légende.

Ce n’est pas la première fois que des Scandinaves traversent ainsi la mer du Nord animés de mauvaises intentions. C’est du moins ce que laisse penser un incident rapporté par la Chronique anglo-saxonne à l’année 789 : « Il arriva trois bateaux de Normands [nda : Norðmanna] du Hordaland. Le reeve chevaucha vers eux, voulant les forcer à le suivre jusqu’à la cité royale [Winchester] parce qu’il ignorait qui ils étaient, et alors ils le tuèrent. Ce furent les premiers bateaux de Danois [Deniscra manna] à aborder la terre du peuple anglais. » Remarquons au passage que l’auteur de ces lignes semble utiliser indifféremment les termes Danois et Normands, sans avoir à l’esprit une quelconque notion d’appartenance nationale, puisqu’il désigne les meurtriers comme originaires d’une région de Norvège. Les Annales de Saint Neots localisent l’incident sur l’île de Portland, appartenant au royaume de Wessex.
 

Une onde de choc internationale

Retour à Lindisfarne, à l’approche de l’été 793. À peine débarqués, voilà nos guerriers filant vers leur cible, un monastère fondé en ce lieu isolé du monde un siè...
 

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La décentralisation régionale: la dernière chance d’Emmanuel Macron? Oui ! Mais…

... A condition de prendre l'idée de région au sérieux!

Malheureusement ce n'est pas le cas car le concept de "région" reste flou pour définir une échelle territoriale intermédiaire entre le local et le national sans compter avec la confusion toujours faite entre espace fonctionnel et territoire approprié (espace vécu "enraciné"), entre région et découpage territorial... Sans compter avec la concurrence toujours prête à repartir entre les régions et les départements, a fortiori, lorsque ces derniers sont noyés dans des découpages néo-régionaux trop vastes et donc trop artificiels.

La solution de bon sens, si l'on devait traiter avec sérieux ce sujet et mettre en oeuvre une géographie utile et efficace d'une décentralisation régionale authentique serait d'ajuster au mieux la fonctionalité institutionnelle contemporaine (une collectivité territoriale d'action publique) à la géo-histoire du temps long de la province: le maillage départemental de 1790 respectant, dans les grandes lignes, la mémoire géo-historique millénaire de la France, aurait dû servir de base à la réforme régionale de 2015 qui, en ignorant cette évidence, a créé des monstres territoriaux sans réelle efficacité ni identité véritable à la très notable exception de la Normandie.

A partir de la maille départementale il eut été pertinent d'associer plusieurs départements pour recréer nos régions-provinces: la Normandie a, ainsi, été restaurée dans son unité. La Bretagne toujours pas... Comme il eut été pertinent de fusionner deux ou trois départements pour retrouver la province géo-historique sous-jacente: Savoie, Berry, Dauphiné, Poitou, Gascogne... ne demanderaient qu'à renaître sur la base d'un sentiment d'appartenance fortement partagé des habitants.

Il semble donc illusoire de vouloir définir un contenu (un surcroît de décentralisation?) sans avoir réellement pensé le contenant (la géographie régionale).

Et c'est d'autant plus illusoire qu'une fois de plus, la question de la décentralisation régionale est politiquement instrumentalisée par tous ceux qui ne s'en soucient guère sauf lorsqu'ils y sont contraints par les aléas de leur carrière politique: la question régionale ne fait pas encore l'objet d'une pleine incarnation avec un personnel politique qui lui serait entièrement dédiée à l'instar de la scène politique nationale  (par ex: les parlementaires et les ministres du gouvernement) ou locale (les maires) mais on notera que c'est en train de changer avec quelques fortes personnalités qui arrivent à faire exister la question régionale dans le débat médiatique national ou qui, plutôt, existent au niveau national parce qu'ils incarnent une vraie région:

Hervé Morin associé à la Normandie, Gilles Siméoni pour la Corse ou Xavier Bertrand pour le Nord sont plus sûrement en train d'écrire l'avenir de la politique française que ne le font, actuellement, les députés d'une Assemblée nationale réduite à n'être que la chambre d'enregistrement du gouvernement.

Associée à un renouvèlement de la démocratie représentative par la démocratie délibérative directe au niveau local (par exemple en transformant certaines assemblées de caciques telles que les CESER en conventions citoyennes délibératives), l'idée régionale fondée sur de vraies régions (autrement dit, des "régions-provinces") serait la meilleure façon de soigner notre République prise d'un gros malaise d'abstention, symptôme d'une profonde mélancolie démocratique...

Malheureusement, ce qui est à lire ci-après ne va pas dans le bon sens, bien évidemement! Même s'il convient de faire feu de tout bois: Emmanuel Macron se souvient, enfin, du candidat du printemps 2017 qui nous annonçait un "pacte girondin"... Mieux vaut tard que jamais!

Mais s'il était possible de cesser de faire de la politique politicienne avec nos belles régions et nos belles provinces, ce serait tellement mieux...

(Marianne, n°1215 du 26 juin au 2 juillet 2020)

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Lire aussi:

https://www.lefigaro.fr/politique/elections-regionales-richard-ferrand-plaide-pour-un-report-en-cas-de-decentralisation-massive-20200626

Elections régionales : Richard Ferrand plaide pour un report en cas de «décentralisation massive»

Le président de l'Assemblée nationale s'est également prononcé contre un référendum sur les propositions de la Convention citoyenne sur le climat.

Le chef de l'État l'envisage, le président de l'Assemblée nationale plaide en sa faveur. «En cas de décentralisation massive», Richard Ferrand veut un report des élections régionales. «Soyons clairs, s'il s'agit d'une urgente nécessité, alors il faut reporter les élections de mars 2021 puisque sinon le nouveau cadre institutionnel ne serait applicable que six ans après le mandat reconduit en 2021», a-t-il prévenu jeudi dans Les Échos . Comme le révélait le Figaro il y a deux semaines, Emmanuel Macron aurait profité d'un déjeuner avec le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, pour lui proposer une aide financière de l'État en échange du soutien des Régions de France pour un report des élections après 2022. L'épineux sujet a immédiatement suscité l'hostilité des présidents de régions qui y voient une manœuvre politique avant la future élection présidentielle.

«Les collectivités locales représentent 75 % de l'investissement public, et on sait qu'une année électorale n'est jamais propice au lancement de grands projets. Or nous serons dans un contexte de relance économique. Il faudra choisir en cohérence la bonne réponse», a insisté ce proche d'Emmanuel Macron.

«Trouvons par le dialogue des méthodes plus apaisantes que le référendum»

L'ancien conseiller régional de Bretagne a notamment poussé en faveur d'une «décentralisation ascendante». «La France est diverse et il peut y avoir des modes d'organisation et des compétences différentes en fonction des territoires et de leurs projets (...) Sur la base de projets, le législateur peut accorder des compétences à des territoires.» L'ex-député du Finistère a même enjoint à aller« jusqu'au bout de ce qu'on peut faire, à Constitution constante».

Sur le climat, il n'a pas hésité à afficher ses réticences quant à l'organisation d'un référendum auquel l'Élysée réfléchit. «Rien n'est interdit mais la Constitution borne le référendum par ses articles 11 et 89. Trouvons par le dialogue des méthodes plus apaisantes que le référendum qui clive, mais qui peut parfois être un recours démocratique», a-t-il intimé au moment où 45 parlementaires réclament un grand projet de loi inspiré des 150 idées de la Convention citoyenne.


 

Voir enfin la réaction d'Hervé Morin dans la matinale de France2 (25 juin 2020):

https://youtu.be/MNHLEKRrKG

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L’Europe à l’aube du IXe siècle

Charlemagne et ses leudes, œuvre du sculpteur Louis Rochet (1813-1878) située sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Photo prise avant le tragique incendie de 2019. (© Stéphane William Gondoin)

Extrait du hors-série « Vikings ».
Par Stéphane William Gondoin.

 

Lorsque débutent les premiers raids vikings, la puissance dominante à l’ouest du continent est l’immense royaume des Francs, gouverné par l’impitoyable Charlemagne et transformé en empire de par sa seule volonté. Forgé dans la guerre, cet empire connaît la paix à l’intérieur de ses frontières et une vraie prospérité économique. Ailleurs en Europe, la situation est plus confuse.

Parmi la demi-douzaine d’États dits « barbares » nés sur les décombres de l’Empire romain d’Occident, seul subsiste encore le fameux Regnum Francorum. Depuis l’avènement de Clovis Ier (v. 481-511), sous le sceptre des rois mérovingiens successifs, ce royaume des Francs a directement éliminé ou repoussé au loin tous ses concurrents directs, derniers tenants de la romanité (royaume de Soissons), Alamans, Wisigoths et autres Burgondes. Malgré plusieurs partages ponctués de sanglantes querelles internes, il a chaque fois retrouvé son unité. Vers 720, il couvre - pour simplifier - à peu près le territoire de l’ancienne Gaule (limitée par les Pyrénées, les Alpes et le Rhin, à l’exception de la Septimanie), auquel il convient d’ajouter quelques possessions transrhénanes (une partie de la Sou...
 

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Activités manuelles 0/3 ans

Activités manuelles avec un enfant et son parent ou son assistante maternelle sur le thème des couleurs (réalisation de fleurs en divers matériaux).

Centre socioculturel Georges-Déziré. Réservation la semaine précédente (nombre de personnes limité) au 02.35.66.86.10.

Intérieur. 8 personnes maximum

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Gymnastique d’entretien

Amélioration de la condition physique générale. Séances de gymnastique adaptées plus particulièrement aux seniors. Travail de l’ensemble du corps, sans trop d’intensité.

Parc omnisports Youri-Gagarine, salle d’arts martiaux. Inscription obligatoire au 02.35.66.64.91.

  • Intérieur. 9 personnes maximum.

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