Archive dans 30 avril 2020

Couleurs de déconfinés: Ouf! la Normandie préserve son unité dans le vert sauf pour le Calvados (orange).

On a échappé au pire!

Qui eut été le retour à la division entre deux départements ex haut-normands en rouge (Seine-Maritime et Eure) en raison de la densité de la population et de l'urbanisation et les trois départements ex bas-normands en vert (Manche, Orne et Calvados) en raison du caractère plus rural et moins dense de la population dans cette partie de la Normandie.

La véritable bonne surprise c'est que la Seine-maritime et l'Eure ont été classés en couleur verte ainsi que l'Orne et la Manche: cela veut dire que le confinement a été efficace en Normandie et que les Normands ont fait preuve de civisme. Cela veut dire aussi que la crise sanitaire a été bien gérée dans les CHU et centres hospitaliers normands. Cela veut dire, enfin, que les circulations ordinairement intenses entre la Normandie et la région parisienne où le virus a beaucoup circulé ont été presque totalement coupées: ceux qui avaient pu craindre une invasion de Parisiens (ne pas oublier qu'il y a beaucoup de Normands vivant et travaillant en région parisienne et de Parisiens d'origine normande) pouvant nous ramener le covid-19 en Normandie ont eu tort de le craindre.

Reste, cependant, le cas du Calvados, placé dans la couleur intermédiaire et provisoire "orange" le temps de statuer définitivement sur son cas d'ici le 11 mai prochain: la situation observable au CHU de Caen qui a pourtant accueilli des patients venant d'autres régions (notamment de l'Ile-de-France) n'est pas à l'origine de l'inquiétude des autorités qui ont observé que le covid-19 circulait dans le Calvados plus qu'ailleurs en Normandie.

Doit-on modérer par conséquent ce que nous venons d'expliquer plus haut? Il n'y a pas eu d'intense migration de "Parisiens" venant en Normandie pour s'y confiner plus à l'aise qu'à Paris, mais avouons que sur la côte Fleurie, du côté de Deauville et de Trouville, le XXIème arrondissement de Paris n'a pas failli à sa réputation. Certes, dans les premiers jours du confinement en mars, on a observé l'arrivée de nombreux Parisiens sur la côte normande mais ce flux s'est tari rapidement peu après. Mais cela a peut-être suffi pour que l'ensemble du département du Calvados bascule dans la couleur orange...

En tout cas, on comprend mieux la prudence des autorités publiques (le préfet de région Durand et le préfet de région Morin) sur la question sensible de ne pas lever dès le 11 mai prochain l'interdiction de l'accès aux plages.

En tout cas, si la carte qui a été présentée ce 30 avril devait rester, grosso modo, la même le 11 mai prochain avec une région parisienne dans le rouge contrainte de poursuivre le confinement et la Normandie qui, espérons-le pourrait être totalement verte, il ne pourra y avoir d'invasion parisienne sur notre littoral... au grand dam de nos hôteliers et restaurateurs d'un secteur touristique normand d'ores-et-déjà sinistré!

https://www.ouest-france.fr/normandie/deconfinement-en-normandie-quatre-departements-en-vert-seul-le-calvados-en-orange-6822239

Déconfinement. En Normandie, quatre départements en vert, seul le Calvados en orange

MjAyMDA0Nzk0OTkyOTQxZTAwYmI5Y2UwM2QzOTA2YmFmMjJhYzA

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a dévoilé ce jeudi 30 avril 2020 les premières cartes pour classer les départements dans la perspective du déconfinement. En Normandie, tous sont classés verts, sauf le Calvados qui hérite de la couleur orange.

Cette palette réduite de couleurs doit permettre de classer les départements en vue du déconfinement, selon trois critères : la circulation du coronavirus, la capacité de tests et le taux d’occupation des lits de réanimation.

Ce jeudi 20 avril 2020, Olivier Véran, le ministre de la Santé, vient de dévoiler pour la première fois la carte des départements. La Seine-Maritime, l’Eure, la Manche et l’Orne y apparaissent en vert.

Rien sur les tests

Surprise en revanche pour le Calvados, classé en orange. Une couleur qui n’était pas censée être retenue. Elle signifie que les indicateurs ne sont pas tous favorables, et qu’une décision sera prise avant le 11 mai pour faire basculer le département en vert ou en rouge.

Concrètement, si le Calvados se classe en vert pour la capacité des lits de réanimation, il est en orange pour la circulation du virus. Ce dernier critère l’emporte donc. En revanche, celui sur la capacité à tester la population n’a pas été retenu ce jeudi.

Rappelons que dans un département classé en vert, les écoles pourront rouvrir à partir du 11 mai, ainsi que les parcs et jardins par exemple. En rouge, les mesures de confinement actuelles seront prolongées.


 Voir par ailleurs:

  • Quelques échos de la conférence de presse donnée à Rouen ce 30 avril 2020 par le préfet Durand:

https://www.ouest-france.fr/normandie/deconfinement-comment-les-choses-vont-se-passer-en-normandie-6822055

  • Inquiétudes juridiques autour de la réouverture des écoles dans l'Orne:

https://www.ouest-france.fr/normandie/orne/retour-l-ecole-dans-l-orne-l-etat-veut-se-dedouaner-de-ses-responsabilites-penales-6822063

  • Des députés normands se mobilisent pour l'ouverture des plages dès le 11 mai prochain sur le littoral des départements classés en vert (les lieux de culte devront encore attendre...): en Normandie, cela concerne le littoral du Cotentin et les falaises du pays de Caux.

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/des-deputes-reclament-reouverture-plages-le-11-mai-dans-departements-verts_33357313.html


  • Le confinement de la Normandie se fera à l'aune de l'intensité de la circulation du virus:

https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/comment-organiser-le-deconfinement-en-normandie-c-est-l-epidemie-qui-va-commander-ND16734911?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=7b65029da2&mediego_ruuid=e4bb8fd7-c0a1-49c7-88fb-2d3527a9ebb0_0&mediego_campaign=20200501_news_actu&utm_content=20200501&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

Comment organiser le déconfinement en Normandie ?

« C’est l’épidémie qui va commander »

Le déconfinement approche. Mais concrètement, que va-t-il se passer en Normandie à partir du 11 mai ? Les services de la préfecture, de l’Agence régionale de santé et du rectorat ont organisé, jeudi 30 avril 2020, une conférence de presse commune afin de présenter les étapes envisagées.

La date de la levée partielle du confinement approchant, les services de la préfecture, de l’Agence régionale de santé et du rectorat ont organisé, jeudi 30 avril 2020, une conférence de presse commune afin de présenter, point par point, les différentes étapes envisagées. Un programme susceptible d’évoluer en fonction des données épidémiologiques. Et qui nécessite encore quelques ajustements. Notamment selon les « couleurs des départements »- qui, selon s’ils sont en rouge ou en vert, n’auront pas les mêmes autorisations ou restrictions. Retour, en quelques points, sur les informations à retenir. Avec une doctrine répétée par le préfet Pierre-André Durand : « C’est l’épidémie qui va commander ».

Sur le déconfinement en région

« L’armature, l’architecture générale est extrêmement lourde, annonce, en préambule, le représentant de l’État. D’autant que nous allons devoir vivre avec le virus. »

« Pas de baguette magique ». « Tout ne sera pas réglé au 11 mai, ni au 2 juin, ni à l’été, ni peut-être même en septembre », confirme Pierre-André Durand. Comme le reste de la France, le déconfinement de la Normandie se fera par étapes, d’où la « nécessité d’une sortie progressive, méthodique avec le risque de voir repartir l’épidémie ». Il en appelle au civisme, avec le maintien des gestes barrières. En fonction de l’intensité de l’épidémie, les mesures pourraient être revues chaque jeudi dans les départements.

Gestion locale. Un travail de concertation a été mené avec les élus locaux pour leur fournir « une boîte à outils », des directives et des circulaires pour organiser de manière « ordonnée et progressive » cette sortie de confinement, « et cela pour éviter que l’épidémie ne reparte et que nous soyons contraints à prendre des mesures plus contraignantes. »

Première période. Elle va jusqu’au 2 juin. Un certain nombre d’activités seront libérées. Un point sera fait à cette date en sachant que les grands événements estivaux sont déjà annulés. Un projet de loi doit être présenté ce samedi en conseil des ministres pour affiner les choses.

Un point épidémique

Situation. Les données de santé confirment un ralentissement de la circulation du virus en région. Le nombre de patients en réanimation baisse, idem en soins de suite et de réadaptation. « Nous avons libéré des capacités hospitalières, confirme Christine Gardel, directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS). Et remis à stocks les flots de médicaments en réanimation pour les trois prochaines semaines. » Ce qui permet aux hôpitaux de reprendre progressivement une activité hors Covid, « avec la mise en place de flux Covid et non-Covid. »

Tests et traçage. « L’armature sanitaire a deux objectifs : éviter la contamination et casser l’échelle de transmission en cas de contamination. Il faut alors dépister, tracer, isoler. » Toutes les personnes symptomatiques seront testées et chaque Normand sera à moins de vingt minutes d’un lieu de prélèvement ; le maillage (laboratoires privés, création de centres, voire des prélèvements à domicile...) est en cours de finalisation. Les malades et les contacts seront placés en quatorzaine. De mille par jour, il devrait, avec l’appui de tous les laboratoires, être possible de réaliser 4 200 analyses quotidiennes, la fourchette haute recommandée par Santé publique France. Entre la prescription et le test, il ne s’écoulera pas plus de 24 h. Durant cette période, les personnes « contact » sont « tracées ». Cette mission sera prérogative de l’Assurance maladie avec des « brigades départementales ».

En cas de contamination. Les malades seront placés en quatorzaine. Les contacts aussi avant d’être testés à sept jours. À domicile quand c’est possible. En cas d’impossibilité (personnes à risque dans l’entourage, logement inadapté...), des situations alternatives seront mises en place (hôtels ou autre). L’ARS assure le suivi des personnes en quatorzaine. « Tout le monde a quelque chose à faire pour qu’on n’ait pas une deuxième vague, rappelle Christine Gardel. Voir le médecin en cas de symptôme, respecter la quatorzaine. Mais tester pour se rassurer, ça n’a aucun sens : le lendemain, on peut avoir un contact avec une personne Covid. C’est pour ça que des tests systématiques n’ont pas de raison d’être. Le taux d’immunité est très bas en région et si chacun ne fait pas sa part on peut se prendre une déferlante. »

Sur la maladie de Kawasaki. « C’est une maladie inflammatoire rare, qui touche les enfants, et qui pourrait se déclencher dans le cadre d’une infection virale, type Covid. Des professionnels de santé ont observé une hausse du nombre de cas de cette maladie que l’on peut traiter. » Est-ce une forme particulière du Covid chez l’enfant ou l’infection au Covid offre-t-elle un secteur favorable au développement de cette maladie ? Les chercheurs travaillent sur ces questions. « Il n’y a pas d’alerte sanitaire dans notre région », indique la responsable de l’ARS.


 

  • Les régions de France vont être associées au déconfinement du territoire: elles vont même l'organiser...

http://regions-france.org/actualites/actualites-nationales/deconfinement-regions-entendues/

En présentant la stratégie nationale de déconfinement mardi 28 avril 2020, le Premier ministre a répondu à la plupart des demandes des Régions sur la reprise progressive de la vie économique à partir du 11 mai.

« Le Premier Ministre a fixé un cap clair. Je souhaitais un calendrier, une méthode, et la différenciation. En complément, Edouard Philippe y a ajouté la notion de progressivité. C’est donc un desserrement du confinement qui commence, et la vie va reprendre son cours par étapes. Nous devons maintenant être tous ensemble engagés contre le COVID-19. Tous les Français sont mobilisés, en responsabilité, et vont se battre pour reprendre leurs libertés. La prochaine étape a été fixée au 2 juin, et elle sera majeure», a réagi Renaud Muselier, Président de Régions de France, après le discours d’Edouard Philippe à l’Assemblée nationale.

Les Régions, qui agissent depuis le début de la crise en acteurs publics responsables et agiles, comprennent la prudence du gouvernement sur la mise en œuvre du déconfinement à partir du 11 mai, avec un cadre national et une différenciation selon les Départements.

En cohérence avec leur compétence économique, les Régions apporteront leur pleine contribution à l’adaptation locale du déconfinement pour permettre aux commerces, aux entreprises et aux chantiers de redémarrer dans le respect des gestes barrières.

Les Régions prennent acte de l’engagement de l’Etat sur une offre suffisante de masques et de tests pour le 11 mai. Dans ce cadre, elles tiendront leur rôle pour accompagner l’approvisionnement en masques du tissu économique et tout particulièrement les TPE dans le cadre des centrales d’achat qu’elles ont mises en place.

Un regret sur les hôtels, cafés et restaurants

Néanmoins, les Régions regrettent que les hôtels, cafés et restaurants ne puissent pas rouvrir avant le 2 juin dans les départements « verts », où le virus est très peu présent.

Les Régions appellent à la publication la plus rapide possible des guides et fiches métiers prévus pour réorganiser la vie au travail. Ces guides doivent préciser la responsabilité juridique des employeurs pour qu’elle ne soit pas un obstacle à la reprise.

Pour les activités sociales, sportives et culturelles, les Régions se félicitent que des règles claires aient été données, même si le coût économique sera élevé. Elles seront particulièrement attentives à l’accompagnement de ces secteurs essentiels pour notre économie locale.

Pour une réunion de travail très rapidement sur les lycées

S’agissant des lycées dont l’éventuelle réouverture est renvoyée à une décision fin mai, les Régions souhaitent qu’une réunion de travail ait lieu rapidement avec le Ministre de l’Education nationale pour évaluer le sens d’une réouverture aussi proche de la fin de l’année scolaire, ainsi que les spécificités des lycées professionnels.

En tant qu’autorités organisatrices des transports, les Régions prennent acte du port du masque dans les transports publics régionaux, du maintien de l’ensemble des gestes barrière et du principe de distanciation sociale dont la norme doit être amenée à être précisée. Les Régions restent également en attente de précisions sur la nature des limitations des flux interrégionaux, voire interdépartementaux, au regard de la réalité des besoins de mobilités observés sur de nombreux bassins d’emplois à des échelles interrégionales.

La décision de maintenir une distanciation sociale dans les transports scolaires, particulièrement complexe dans son organisation dont l’offre n’est pas extensible (un tiers des élèves prennent en temps normal les lignes régulières) et le fait d’organiser une offre de service répondant aux besoins des familles supposent une très grande anticipation et la confirmation d’une coordination en amont avec les autorités académiques département par département. Ce n’est qu’en confirmant ces principes que les Régions pourront faire le nécessaire pour être à ce rendez-vous également.


 

  • Les usagers des trains normands sont inquiets quant à la sécurité sanitaire...

https://www.ouest-france.fr/normandie/argentan-61200/normandie-cette-association-des-usagers-du-train-reclame-du-personnel-pour-la-securite-de-tous-6822362

  • 1er mai: seul le muguet de l'Elysée sera autorisé, enfin presque...

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/1er-mai-les-fleuristes-ont-le-droit-de-vendre-du-muguet-devant-leurs-boutiques-2020043

Un numéro sur le quai au Havre. Un parfum d’avant-guerre ?

J'aime bien me promener sur les quais. Je pense depuis longtemps qu'une promenade historique des bollards et des cabestans, le long des bassins, sur les traces de la Marine marchande serait souhaitable. En regardant la première carte postale, on voit un numéro 8 apparaître sur le rebord du quai. Je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement avec ce numéro 2, totalement oublié, sur le rebord du quai, qui existe encore de nos jours. Etait-ce un repère ? Y-a-til un lien entre ces numéros d'avant et d'après-guerre ? On a envie de croire à un trait-d'union.

RECRUTEMENT FC VIEUX MANOIR

SAISON 2020/2021

FC VIEUX MANOIR

Afin de poursuivre son développement et confirmer leur belle saison sportive, le Football Club de Vieux Manoir recherche pour la saison 2020/2021 des joueurs motivés et sérieux pour ses équipes (catégories jeunes U6 à U13, seniors matin, seniors après-midi et vétérans).

Pour tout renseignement ou inscription, n’hésitez pas à contacter le président du club M.Alexandre Lepage au 06.33.74.53.30

6 JUIN 2020: les cérémonies du 76ème anniversaire du Débarquement de 1944 sont annulées.

Voilà qui n'est pas une information: on s'en doutait et la météo du ciel n'y est, évidemment, pour rien. Les cérémonies et commémorations du 6 juin prévues en Normandie, à l'occasion du 76ème anniversaire du Débarquement sont annulées en raison des incertitudes liées aux conditions du déconfinement en Normandie et notamment sur le littoral du Calvados où les plages sont toujours placées dans une sorte de "zone interdite" par arrêté préfectoral: sur ce point précis, on peine à comprendre qu'une relative affluence de population désireuse de s'aérer physiquement et psychologiquement après plusieurs semaines de confinement soit considérée comme plus dangereuse en terme de contamination sanitaire qu'un rayon de supermarché ou un transport en commun bondé aux heures de pointe du matin.

Les cérémonies sont donc annulées mais la piété que nous devons toujours avoir pour tous nos morts chaque 6 juin (qui devrait être un jour férié en Normandie) ne doit pas être confinée!

https://www.ouest-france.fr/normandie/bayeux-14400/76e-d-day-le-comite-du-debarquement-annule-les-ceremonies-du-6-juin-6821820

76e D-Day. Le Comité du Débarquement annule les cérémonies du 6 juin

MjAyMDA0ZmJhYjM4Mjg0MmZjYmYxYWRiYTFlNTMzN2E5ODAzYzM

Le Comité du Débarquement vient de l’annoncer, ce jeudi : il n’y aura pas de cérémonie pour célébrer le 76e anniversaire du Débarquement. Les commémorations prévues à Vierville-sur-Mer se limiteront à un simple dépôt de gerbe.

Comme on s’en doutait, le Comité du Débarquement confirme, ce jeudi 30 avril 2020, l’annulation des cérémonies prévues à l’occasion du 76e anniversaire du Débarquement.

Des cérémonies du 6 juin qui devaient se dérouler dans le secteur d’Omaha Beach et tout particulièrement à Vierville-sur-Mer (Calvados), devant le monument américain de la Garde nationale, avec au préalable, le 5 juin, une cérémonie organisée pour les enfants dans ce secteur.

Simple dépôt de gerbes

« Compte tenu de la crise sans précédent qui touche non seulement notre pays mais le monde entier, ne sachant pas quand sera le retour à la normale, c’est avec regret que nous sommes dans l’obligation d’annuler, déplore Jean-Marc Lefranc, le président du Comité du Débarquement. Néanmoins, afin d’honorer la mémoire des combattants, et suivant les directives qui seront énoncées par le gouvernement, nous pourrons être amenés à organiser, avec les autorités françaises et étrangères, une cérémonie de dimension plus réduite avec dépôt de gerbes. » Les détails de cette commémoration à huis clos devraient être dévoilés ultérieurement.

Seule certitude : la cérémonie internationale de 2021 se déroulera sur le site de Vierville-sur-Mer.

État d’urgence sanitaire : l’ordre social, quoi qu’il en coûte

Depuis le mois de mars on assiste au déploiement d'un arsenal de mesures destiné à enrayer la propagation du covid-19. Bien loin de concerner le seul champ médical, ces mesures impliquent des transformations profondes du fonctionnement des institutions étatiques, et notamment judiciaires. L'état d'urgence sanitaire instaure un État autoritaire, anéantit les droits de la défense et exacerbe le réflexe sécuritaire. Dans ce contexte, les groupes de défense collective et legal teams restent actifs pendant le confinement pour ne laisser personne isolé·e face à la police et aux juges.

Après avoir été niée pendant des semaines [1], la dangerosité du covid-19 a donné lieu à un arsenal de mesures destiné à enrayer la propagation de la maladie. Bien loin de concerner le seul champ médical, ces mesures impliquent des transformations profondes du fonctionnement des institutions étatiques, et notamment judiciaires. Depuis la publication de la loi du 23 mars 2020 qui prévoit les conditions de l'état d'urgence sanitaire (EUS) [2] et son instauration le même jour [3], et plus encore depuis qu'une ordonnance a précisé les « adaptations » de la justice pénale à la crise sanitaire [4], des voix se sont élevées pour dénoncer ce qui est appréhendé comme une dérive de l'État de droit. On peut se réjouir de constater une réaction plus franche après quelques jours de sidération collective. Mais on peut aussi, à l'inverse de l'idée de dérive, analyser l'état d'urgence comme un moment de quintessence de la justice d'État, c'est-à-dire un moment où elle apparaît dans sa forme condensée, dans sa forme la plus explicite, celle qui ne s'embarrasse plus d'aucun atour démocratique pour s'affirmer nue.

Du « quoi qu'il en coûte » martelé lors du discours présidentiel du 16 mars, il serait naïf de retenir la promesse de largesses budgétaires sans contreparties. Il fallait plutôt comprendre que, quoi qu'il en coûte, l'État imposera son ordre économique et social, même s'il faut en passer par une suspension des droits les plus fondamentaux, par une terrible régression sociale, par une paupérisation massive. L'état d'urgence n'est pas le confinement, loin de là. Il ne durera pas ce que le confinement durera, loin de là. L'état d'urgence sanitaire n'implique pas qu'une modification de nos quotidiens pour la protection de notre santé collective. Il implique aussi l'instauration d'un État autoritaire pour la sauvegarde de l'ordre social en perspective de l'offensive capitaliste annoncée.

Instauration d'un nouveau régime

Les effets de la loi du 23 mars [5] sur la vie quotidienne ont été abondamment commentés dans les médias, sur les réseaux sociaux : distanciation sociale, interdiction de tout déplacement sauf dérogation, réglementation des transports, interdiction de tout rassemblement, réunion ou activité collective (dont religieuse et politique), fermeture des établissements scolaires, réquisition de biens et de personnes, possibilité de mise en quarantaine, de placement ou isolement des personnes affectées. Les conséquences de la loi du même jour sur le fonctionnement des institutions n'ont par contre pas été particulièrement soulignées. Celles d'une validation des entorses à la constitution par le Conseil constitutionnel lui-même non plus [6]. Réduire les enjeux de l'EUS aux modalités du confinement évacue toute critique conséquente de la gestion de la crise. Car cette loi concerne bien plus que la santé.

Lire la suite sur rajcollective.

P.-S.


[1] Rappelons-nous ce conseil de défense sur le covid qui s'est conclu par un 49-3 sur la réforme des retraites le 29 février et les nombreuses tergiversations sur les masques et les tests.

[2] Loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19.

[4] Ordonnance portant adaptation de règles de procédure pénale sur le fondement de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19.

[6] Pour une analyse de la décision du Conseil constitutionnel du 26 mars 2020 sur la loi organique du 22 mars 2020, vous pouvez lire cet article.

Pour que cesse le confinement de notre lutte et de nos amitiés

Ce texte, publié sur le blog Nous sommes tou-te-s des malfaiteur-euse-s, est porté par des personnes mises en examen dans le cadre de l'information judiciaire ouverte sur des militants de Bure. Il a été rédigé par le biais de complexes allers-retours du fait de leurs contrôles judiciaires qui les obligent à « s'abstenir de rentrer en relation » entre elles. Par cette tribune, publiée également sur Reporterre et Mediapart et faisant suite à une enquête en trois volets elles souhaitent se réapproprier tant bien que mal une expression collective face à cette répression atomisante.

Ne pas avoir le droit de voir des amis. Leur faire courir un risque grave si on essayait malgré tout. C'est la douloureuse réalité de dizaines de millions de personnes depuis plus d'un mois. C'est la nôtre depuis bientôt deux ans. Deux ans, rien que ça, mais sans apéros en visioconférence et sans coup de fil pour savoir si ça va. Rien que des bribes de nouvelles qui passent de proche en proche : « X a pas mal déprimé ces derniers mois mais ça va mieux, tu lui manques », « Y s'est marié, tu ne savais pas ? », « Z vient d'être rajouté au dossier, tu ne peux plus lui parler non plus, je suis désolée ». Des choses comme ça, abstraites, désincarnées.

Deux ans que le quotidien de nos vies et de notre lutte ont basculé : tout a été soudainement arrêté, suspendu le temps d'un enfermement de plusieurs jours en garde-à-vue, et tout a dû être réorganisé depuis, en entamant nos libertés fondamentales. Deux ans d'interdiction de se déplacer librement, d'interdiction de se réunir librement, de s'exprimer librement, de se défendre librement. Le risque ? Directement la prison « en détention provisoire » pour non-respect du contrôle judiciaire, comme l'un de nous en a fait l'amère et trop longue expérience pendant plusieurs mois.

Cette histoire ne commence pas avec un virus, mais tout comme. Elle commence avec l'idée de réunir les déchets radioactifs les plus dangereux produits par l'industrie nucléaire au même endroit, dans la Meuse, et de les enterrer 500 mètres sous terre, au mépris des générations futures et surtout des populations locales actuelles à qui on avait promis un simple laboratoire de recherche et des emplois à la clef. Depuis 30 ans, une résistance se met en place, avec des hauts et des bas. En juin 2016, elle a trouvé un nouveau souffle avec l'occupation du site. En juin 2017, une instruction pour « association de malfaiteurs » (article 450-1 du code pénal, tout droit venu des Lois Scélérates des années 1890) a été ouverte en lien avec plusieurs manifestations et actions menées contre le projet. En juin 2018, après des mois d'écoutes, de surveillance et d'intimidation, sont arrivées les premières mises en examen, assorties de leurs contrôles judiciaires s'apparentant dores et déjà à une peine.

Cela fait donc presque deux années passées à se sentir les objets d'une traque d'État, à se méfier du téléphone, à ne plus parler de nucléaire qu'à voix basse, à ne plus pouvoir se projeter dans l'avenir sous cette épée de Damoclès. Deux longues années sous contrôle judiciaire à ne pas pouvoir se prendre dans les bras, à ne pas pouvoir se donner des nouvelles, à ne même pas pouvoir accomplir ce geste humain d'écrire à un ami en prison pour lui dire qu'on pense à lui. Deux années à réfléchir à l'organisation de la moindre réunion pour ne pas se rencontrer, à se reposer sur d'autres pour se répartir les évènements, à calculer à l'avance nos déplacements.

Tout ça pour quoi ? Peut-être parce qu'un ministre, oublié depuis, a voulu montrer ses muscles ? Ou parce que notre juge d'instruction espère une promotion en faisant du zèle ? Ou bien parce que Cigéo doit se faire coûte que coûte afin que l'industrie nucléaire se perpétue ? En lisant ces articles dans la presse [1], qui ont le mérite de donner une vue d'ensemble de l'enquête, de ses moyens technologiques, de son ampleur et de sa puissance, on prend conscience d'une évidence qui vient se nouer dans le ventre : nous avons été un laboratoire pour leur « monde d'après »… Aujourd'hui plus que jamais, nous ne nous résignons pas à laisser ce mécanisme continuer de nous écraser, nous voulons, nous devons l'enrayer. Alors nous reprenons la parole pour réaffirmer six vérités simples dans cette affaire :

Un dossier d'instruction d'une vacuité sidérale

  1. Le nucléaire a toujours été et reste un scandale sans nom. Il nie toute démocratie, fait prendre des risques inconsidérés aux populations, pollue des territoires entiers, exploite les populations des pays producteurs d'uranium, et sert des intérêts financiers et militaires démentiels.
  2. Dans cette enquête judiciaire, malgré des mètres cubes de saisie de matériel, des giga-octets de données saisies et les milliers d'heures d'interception téléphonique (16 ans cumulés selon Mediapart et Reporterre), les mises en examen, dont la nullité a été soulevée par nos avocat⋅es, s'appuient sur des dizaines de milliers de pages d'une vacuité sidérale.
  3. Cette instruction a déjà, à elle seule, coûté au moins 20 fois plus d'argent public que le coût des dégradations qui l'ont motivée au départ.
  4. La mise en examen d'un avocat du mouvement (et son interdiction par là même d'exercer dans le cadre de cette enquête) est une atteinte grave aux droits de la défense. Elle vient s'ajouter aux nombreuses partialités et pratiques inacceptables dont le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc a fait preuve à moult reprises envers les opposant.e.s au projet Cigéo (en témoigne un rapport édifiant et lapidaire de la LDH en 2018).
  5. L'instruction pour association de malfaiteurs sert essentiellement deux buts : d'une part désorganiser la lutte contre Cigéo, et d'autre part alimenter un renseignement de fond sur les mouvements contestataires français et européens.
  6. Les contrôles judiciaires, maintenus bien au-delà de ce qui se pratique généralement, malgré la saisie de la Cour de Cassation, ne sont en rien légitimés par les nécessités de l'enquête et ne visent qu'à nous faire taire en nous terrorisant et en nous atomisant.

Alors, ça suffit maintenant. Cette instruction et la restriction abusive de nos libertés doivent cesser : nos avocat⋅es ont déposé une demande pour que nos contrôles judiciaires soient levés, pour que cette instruction cesse et que toute poursuite soit abandonnée. Mais s'il faut un jour affronter un procès inéluctablement politique, nous serons prêt⋅es.

Des mis.es en examen de Bure