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Michel de Decker : Julien et Marguerite de Ravalet

Julien et Marguerite de Ravalet, les amants de Tourlaville (Création R.Corbin © Patrimoine Normand).

MICHEL DE DECKER – HISTOIRES NORMANDES.
Journal de bord ma Normandie Bleue – n°109.


 
Extrait Patrimoine Normand N°109.
Par Michel de Decker.

Série noire, aujourd’hui, dans notre Journal de bord, avec des enquêtes qui vont nous mener en Cotentin, sur les traces d’amants maudits, à Évreux aussi, pour nous interroger sur l’assassinat du préfet de l’Eure, et dans la banlieue de Rouen, avec Pauline, accusée d’avoir tué son mari et son frère… Trois « polars » en Normandie…
 

Les amants de Tourlaville

Lundi 1er décembre de 1606. Nicolas de Villeroi arrive au palais du Louvre. Le roi (c’est Henri IV, à cette époque) a promis de le recevoir en audience, lui et son ami Jean de Ravalet, seigneur de Tourlaville, près de Cherbourg. Jean de Ravalet est à peine présenté au roi qu’il se jette à ses pieds : « Sire, la cour criminelle de la Tournelle a condamné à mort mes deux enfants, ma fille Marguerite et mon fils Julien. Elle, elle a à peine dix-sept ans ; lui, il n’en a que vingt. Soyez clément, Sire, vous pouvez les gracier. Punissez-moi si vous le souhaitez, mais eux, savaient-ils seulement ce qu’ils faisaient ?

– Non, intervient la reine, Marie de Médicis qui assiste à l’entrevue et qui frémit de colère. Non ! Plus jamais de telles horreurs dans le royaume de France ! Il faut un exemple ! qu’on les puni…
 

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Dieppe, coup de frais sur le Port !

Le port de Dieppe (© Yann PELCAT).


 
Extrait Patrimoine Normand N°109.
Par Juliette Kotowicz.

Grâce à un patrimoine réinventé par des aménagements innovants, le port de Dieppe séduit : plaisanciers, pêcheurs et entreprises cohabitent harmonieusement sur ce site historique, point de départ des plus grands navigateurs.

 

Autrefois port national, le port de Dieppe a été transféré à la région Haute-Normandie en 2007. Depuis le 1er janvier 2019, il appartient à la structure « Ports de Normandie », avec Caen, Ouistreham et Cherbourg. Tout au long de l’année, une flottille de 80 bateaux entre et sort des bassins et une variété infinie de poissons débarque sur les quais. Éric Augustin, responsable de l’exploitation pêche, explique : « Les bateaux de pêche arrivent de jour ou de nuit en fonction des marées. Des agents du port sont présents à toute heure. Ils participent à la préparation de la vente de chargements déjà triés et étiquetés par les pêcheurs… La marchandise rejoint des chambres froi…
 

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Dieppe : voyage dans le temps sur « l’île du Pollet »

Polletais en habits dans les rues pavées du vieux quartier du Polle (© Les Polletais).


 
Extrait Patrimoine Normand N°109.
Par Juliette Kotowicz.

L’antique quartier des pêcheurs, situé à l’est de la ville, a conservé ses maisons pittoresques et des rues pavées lancées à l’assaut de la falaise.

 

Aujourd’hui, acheteurs parisiens et ateliers d’artistes font connaître au Pollet une seconde existence. À leurs côtés vivent des Polletais établis là depuis plusieurs générations. Célèbre grâce aux tenues chatoyantes de ses habitants au parler zézayant, ainsi qu’aux fêtes de pêcheurs, le quartier était autrefois un poumon économique. Les chantiers navals Ambard, Bocquet, Arno y étaient implantés. Une poissonnerie en gros, bâtie en 1926, permettait de vendre aux mareyeurs, qui écoulaient ensuite la marchandise auprès de détail…
 

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Dieppe : Saint-Jacques, l’église des marins

Église Saint-Jacques, avec sa tour-beffroi (© Stéphane William Gondoin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°109.
Par Juliette Kotowicz.

Construite entre le XIIe et le XVIe siècle, l’église Saint-Jacques de Dieppe est un témoin vivant de la vie des marins dieppois.

 

Saint-Jacques porte, gravés sur ses murs et sur ceux de sa tour-beffroi, des graffitis représentant des embarcations diverses. Ce sont les armateurs et les confréries qui vont contribuer à son embellissement en construisant des chapelles tout autour de la nef, pour honorer leurs saints patrons. « Les confréries donnaient aussi à l’église l’air d’être habitée en permanence ; c’était un endroit très vivant », explique Christiane Le Her, présidente du Comité de sauvegarde de l’église. Objets précieux et tré…
 

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Dieppe : le château et ses mystères

Dieppe depuis le château par un petit matin d’hiver (© Stéphane William Gondoin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°109.
Par Juliette Kotowicz.

La ville de Dieppe possède un patrimoine riche et varié. À tout seigneur tout honneur, nous débutons notre tour d’horizon par le château-musée, qui domine la ville depuis le XVe siècle.

 

On attribue sa construction au chevalier Desmarets, vers 1435. Abri de garnison, puis demeure du gouverneur de Dieppe, cet édifice fortifié a une fonction défensive importante. « Nous avons pu acquérir, grâce aux Amys du vieux Dieppe, un document exceptionnel sur l’inventaire de son artillerie en 1789, se réjouit Pierre Ickowicz, conservateur du musée. Cela m’a poussé à étudier précisément le passé militaire du château et son rôle dans toutes les batailles, y compris celle de 1443 : des boulets partirent depuis la forteresse en direction de la bastille de bois, installée par Talbot en haut du Po…
 

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Dieppe « Elle a bon mast et ancre et quille ! »

Dieppe depuis le château par un petit matin d’hiver (© Stéphane William Gondoin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°109.
Par Juliette Kotowicz.

De l’antique port de pêche à l’anse de navigateurs, du port de commerce à la station balnéaire, Dieppe ne s’est jamais détournée de la mer. Une identité solidement amarrée, illustrée par sa devise « Elle a bon mast et ancre et quille ! ».

 

L­­­­­­­­e port de Dieppe est mentionné pour la première fois en 1030, dans un acte du duc Robert le Libéral en faveur de l’abbaye de la Trinité du Mont, à Rouen. Parmi les biens concédés figurent une pêcherie, des salines et « cinq maisons redevables chaque année de 5 000 harengs ». Ce nom de Dieppe semble dériver du norrois djùpr, signifiant « profond ». Il s’agit sans doute longtemps d’un hameau éphémère de pêcheurs saisonniers. Peu à peu cependant, les ducs de Normandie y accordent des tenures et accélèrent son peuplement. Le port a rang ducal durant tout le XIIe siècle, jusqu’à ce que Richard Cœur de Lion décide de le céder en 1197 à l’archevêque de Rouen en échange des Andelys, où il envisage de bâtir Château-Gaillard. Le marché s’avère ren…
 

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La destinée tragique de Guillaume Longue-Épée

À gauche : Statue de Guillaume Longue-Épée, située contre le piédestal de la statue de Guillaume le Conquérant, à Falaise (© Stéphane William Gondoin). À droite : Le meurtre de Guillaume Longue-Épée. Les grandes chroniques de France (© The British library, Ms Royal 16 G VI, fol. 251 v., France, peut-être Paris, entre 1332 et 1350).


 
Extrait Patrimoine Normand N°109.
Par Stéphane William Gondoin.

Un saint ! Voici comment les auteurs normands des Xe et XIe siècles s’attachent à dépeindre la figure du successeur de Rollon. L’analyse de l’intégralité des témoignages historiques tend cependant à dresser un portrait plutôt contrasté, propre à tous les grands féodaux de ce temps : l’homme se montre souvent violent et toujours prompt à dégainer l’épée, tout en étant régulièrement la proie d’accès sincères de profond mysticisme.

 

Fascinant Xe siècle ! Le colossal empire fondé cent ans plus tôt par Charlemagne s’est décomposé, d’abord divisé par les rivalités opposant ses descendants, miné ensuite par les attaques incessantes des Vikings, terrassé enfin par des potentats locaux profitant du chaos ambiant pour s’affranchir de toute tutelle. De l’ordre ancien a émergé un monde nouveau, dominé par des seigneurs gouvernant d’une main ferme d’immenses principautés territoriales. Chacun d’entre-eux s’est accaparé les prérogatives régaliennes (exercer la justice, battre monnaie, lever l’impôt, lever l’armée) et mène sa propre politique. Dans un climat de guerres incessantes, les alliances se font et se défont au gré des circonstances : l’adversaire de la veille se transforme en allié du lendemain ; le compagnon de route du ma…
 

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ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE :
Dans le magazine, pour des questions évidentes de place, nous n’avons pu mentionner les sources premières. Voici les principales ayant été utilisées :
• Pierre Bauduin, La première Normandie, Paris, 2004.
• Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie de 911 à 1066, Caen, 1961.
• Stéphane William Gondoin, Emma de Normandie, Cahors, 2011.
• François Neveux, La Normandie des ducs aux rois (Xe–XIIe siècle), Rennes, Ouest-France, 1998.
• Jean Renaud, Les Vikings et la Normandie, Rennes, Ouest-France, 1989.
• Dudon de Saint-Quentin, De moribus et actis primorum Normanniae ducucum, éd. J. Lair, Caen, 1865.
• Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Caen, 1961.
• Flodoard, Annales, éd. P. Lauer, Paris, 1905. Traduction française dans la version de Guizot sur Gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k914543/f84.item).
• Hugues de Fleury, Modernorum regum Francorum actus, in. Monumenta Germaniae Historica, Tomus IX (pp. 376-395).
• Richer de Reims, Histoire de France, éd. de Robert Latouche, 2 vol., Paris, 1967-1964. Une édition en ligne avec traduction est disponible sur Gallica (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k361020/f1.image).
• Complainte sur la mort de Guillaume Longue-Épée, petit poème sans doute composé peu après l’assassinat du duc, disponible en plusieurs versions latines avec traductions anglaise, allemande et danoise, disponible ici (http://vlib.iue.it/carrie/documents/planctus/planctus/PWL1.html).
• Guillaume de Jumièges, Gesta Normannorum ducum, éd. J. Marx, Paris et Rouen, 1914.

 

[CDLS #404] Tom McRae – Alphabet of hurricanes

Cette semaine je ne sais pas trop pourquoi j’ai eu tout d’un coup envie de réécouter du Tom McRae, ça faisait pas mal de temps que je ne l’avais pas fait et je ne suis […]
Cet article [CDLS #404] Tom McRae – Alphabet of hurric…