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« Robert », prince des Normands

Rollon est baptisé à Rouen en 912, un an après l’accord de Saint-Clair-sur-Epte. Son parrain Robert de Neustrie lui donne son prénom chrétien (© Pierre EFRATAS – Marie-Catherine NOBÉCOURT – Gilles PIVARD – Jean RENAUD – OREP Éditions).


 
Extrait Patrimoine Normand N°108.
Par Thierry Georges Leprévost.

Alors, cette toute jeune Normandie, état viking ou état franc ? Ni l’un ni l’autre, ou les deux à la fois. Les premières années, capitales pour la survie de la principauté, vont voir le pouvoir de Rollon s’affermir et ses terres considérablement s’accroître.

premier duc de normandie ?

C’est par abus de langage qu’on présente Rollon comme le premier duc de Normandie. Quel est son titre ? Les chroniqueurs le disent tour à tour prince, comte ou duc, voire marquis. Au sens latin, le dux (guide, chef) est un titre militaire ; au début du Xe siècle, on l’accorde par exception aux plus grands seigneurs, mais pas à Rollon. Son parrain, Robert, reste marquis de Neustrie. Prince est un terme générique qui porte la no…

 

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Rollon, jarl de Rouen

Arrivée de Rollon en Normandie. Grande chronique de Normandie (© The British library, Ms Yates Thompson 33, fol. 1, Flandre, vers 1460-1468).


 
Extrait Patrimoine Normand N°108.
Par Thierry Georges Leprévost.

En Neustrie, les raids vikings ont repris de plus belle, avec comme principal artisan le chef Sigfriðr, l’un des vainqueurs de la Frise. Dans son armée disparate, un jarl norvégien poursuit un rêve de conquête qui aboutira à la création d’une principauté originale, et transformera le nom de Hrólfr en celui de Rollon, premier maître de la Normandie.
 

Le fils de Rögnvaldr n’est encore qu’un jarl parmi d’autres de la flotte viking, à la meilleure place qui soit en attendant de prendre son envol

de la seine au bessin

Selon les Annales de Saint-Vaast, les Normands attaquent Rouen en 885. L’Historia Norwegiae révèle que Rollon tapit ses quinze bateaux dans une boucle du fleuve et met en place une chausse-trappe : il fait creuser de profonds fossés recouverts de branchages. Les Rouennais tombent dans le piège et s’y font massacrer. Le reste des défenseurs s’enfuit. Cette histoire serait en toute logique arrivée juste après la campagne de Frise. La date coïncide avec l’établissement par groupes de guerriers scandinaves, qui utilisent les ports des abbayes aban…

 

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Hrólfr, chef viking

Statue de Rollon dans le jardin de l’hôtel de ville de Rouen, devant le chevet de Saint-Ouen, réalisée en 1863 par Arsène Letellier. Il désigne de l’index la terre qu’il a conquise. Restaurée en 2011 pour le onzième centenaire normand, la sculpture a été vandalisée un an plus tard. Une réplique par Alphonse Guilloux en a été offerte à la ville d’Aalesund en 1911, année du millénaire (© Serge Van Den Broucke). 


 
Extrait Patrimoine Normand N°108.
Par Thierry Georges Leprévost.

Saint-Clair-sur-Epte, automne 911. Le roi de France Charles le Simple fait face à un chef viking de belle prestance : la taille de Rollon dépasse la sienne d’une bonne tête. Depuis des années, les deux hommes se font la guerre ; mais aujourd’hui, les épées vont rester rangées au fourreau. Fermement, le jarl de Rouen s’avance vers le souverain et place ses mains dans les siennes. Par ce geste, le roi lui accorde un territoire pour y vivre en paix avec les siens. La Normandie est née.
 

les invasions scandinaves

L’expansion scandinave commence aux dernières années du VIIIe siècle. Les raids vikings1 vont se poursuivre dans toute l’Europe pendant plus de deux siècles. La baie de Seine est touchée pour la première fois en 820. À partir de 841, c’est une succession d’attaques, de massacres, suivis du pillage des abbayes qui regorgent de richesses. Difficile pour le pouvoir carolingien, morcelé en 843 par le partage de Verdun, de riposter sur cette frange de l’empire divisé ! La Neustrie2 en subit le contrecoup, qui reçoit à maintes reprises les assauts des hommes du nord, les Normands3. Le tissu franc hérité de Clovis et de la Lyonnaise Seconde des Romains se déchire peu à peu. Un embryon de colonisation se dessine, qui voit se fixer des Danois en pays de Caux, autour de la Seine et dans le Bessin, et des Norvé…
 


1) Tous les Scandinaves ne sont pas des Vikings. Le terme ne s’applique qu’à ceux qui ont quitté leur pays, provisoirement ou non, pour partir en expéditions afin de se livrer au commerce, au pillage, ou à la colonisation de territoires.
2) La Neustrie est initialement un ancien royaume franc entre la Loire et l’Escaut, puis entre la Loire et la Seine. 
3) Le mot apparaît dans les annales franques sous la forme Nordmanni
 

 

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[Pétition] L’Affaire du Siècle

Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protè…

Meilleurs Vœux pour cette nouvelle Année !

Tous les bénévoles de votre boutique Artisans du Monde Rouen vous souhaitent une très belle année 2019, et espèrent vous retrouver bien souvent, vous compter parmi leurs fidèles clients, leurs partenaires engagés ou leurs nouveaux collègues bénévoles !…

Le poiré de Domfront : « champagne normand »

Sur la Route du Poiré qui sillonne à travers les vergers centenaires ce « Site remarquable du Goût » qu’est le Domfrontais, le musée du Poiré, à Barenton, se visite sans bourse délier, tous les jours d’avril à octobre (© Jean-Luc Péchinot).


 
Extrait Patrimoine Normand N°108.
Par Jean-Luc Péchinot.

La poire y rime avec terroir. En Domfrontais, le Poiré Domfront, auréolé de ses AOC et AOP, est parfois qualifié de « champagne normand ». Élaboré uniquement avec du jus de poires, un nectar naturel et pétillant qui mérite la mention « boisson de patrimoine ».
 

Pas né de la dernière pluie, le poirier, puisque saint Jérôme aurait été le premier à l’introduire dans la langue latine (piracium). Cultivé en Normandie bien avant le pommier à cidre, rapporté d’Espagne au Xe siècle, le poirier à poiré s’est enraciné dans le maillage bocager d’une quarantaine de communes, au carrefour de l’ouest de l’Orne et du nord de la Mayenne. Une entité géographique et culturelle qui se caractérise tant par son climat doux et pluvieux que par la profondeur et la richesse de ses sols, favorables aux longues racines du poirier à hautes ti…

 

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Le château et la cité médiévale de Domfront

Le donjon du château fort de Domfront est aujourd’hui situé au cœur d’un vaste et agréable parc aménagé (© Stéphane William Gondoin).


 
Extrait Patrimoine Normand N°108.
Par Michaël Herbulot.

Fondé par les redoutables seigneurs de Bellême, métamorphosé au XIIe siècle par Henri Ier Beauclerc, le château de Domfront raconte les affrontements entre Normands et Angevins, Capétiens et Plantagenêts, ainsi que les sièges anglais et français de la guerre de Cent Ans. Les vestiges du donjon et des remparts dominant aujourd’hui la cluse de la Varenne, et ceux de l’enceinte urbaine, invitent à plonger au cœur du Moyen Âge.
 

À l’orée de ce Moyen Âge, le paysage du Passais est bien différent de celui du Bocage domfrontais que nous connaissons. Peuplée de rares habitants, la contrée est couverte d’une impénétrable forêt. Comme son nom semble l’indiquer, elle n’est qu’un lieu de passage. Ce n’est qu’à partir du XIe siècle, avec la construction d’un premier château en bois à la pointe d’un éperon rocheux, que la cité de Dom…

 

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Le foie gras normand

Alain Langlois, roi du palmipède de la Manche depuis plus de trente ans (© Jean-Luc Péchinot).


 
Extrait Patrimoine Normand N°108.
Par Jean-Luc Péchinot.

Pionnier du foie gras dans le Cotentin, Alain Langlois s’y est fait un nom et un renom avec son élevage fermier de la Fraserie, à Saint-Martin-le-Hébert. Il y décline le canard sur tous les tons
 

Ah ! ce plaisir des lendemains de Nouvel An… Quand Alain Langlois regoûte enfin à son foie gras en commençant à se détendre après la folie des fêtes, exténué par un mois de décembre qui génère 40% de son chiffre d’affaires. Des semaines décisives qui le stressent d’autant plus quand la météo n’est pas à la fête. Peu importe qu’il fasse un froid de canard, pourvu qu’il ne neige pas… Auquel cas… : « Il m’est arrivé de prendre le tracteur pour tracter mon camion-remorque jusqu’à Cherbourg, à 25 km. Pas question de louper un marché quand les fri…

 

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Ordures ménagères: une collecte au lieu de deux

Les ordures ménagères ne seront collectées qu’une fois par semaine, le jeudi, au lieu de deux à partir du 7 janvier. Mais la taxe qui finance leur collecte ne diminue pas. Pourquoi ? Les bacs gris ne seront sortis que le jeudi à partir du 7 janvier. Conséquence de la réduction des « ordures ménagères résiduelles » (OMR, celles qui restent après le tri), cette décision de la Métropole intervient alors que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères a légèrement augmenté en raison de la révision annuelle de la valeur locative (le taux reste quant à lui inchangé). « Cette seconde collecte servait très peu, explique Jocelyne Grout, en charge du dossier à la Métropole. La production des déchets ménagers est à la baisse depuis des années mais nous avons différé sa suppression dans les dix dernières communes concernées pour que les gens n’aient pas la sensation d’être privés d’un service. » Seuls l’habitat individuel et l’habitat collectif inférieur à dix logements sont concernés.

La taxe ne couvre pas le coût réel
De 308,7 kg par an et par habitant en 2011 à 284 kg en 2017, la baisse des OMR est notamment liée « à l’extension des consignes de tri en octobre 2016 [qui] a permis de détourner une partie du flux vers les déchets ménagers recyclables », indique la Métropole. Preuve en est donc que les habitants agissent pour réduire leurs déchets et donc le coût de leur enlèvement. Alors pourquoi ne pas baisser la taxe qui le finance ? « La taxe ne couvre pas le coût réel du service, répond Loïc Bertrand, adjoint à la maîtrise des déchets à la Métropole. Moins de collectes évite aussi que la taxe n’augmente davantage. » Sur les 65,7 millions d’euros de fonctionnement de ce service public (+4 % en 2017), 14 millions sont en effet abondés par le budget général de la Métropole (-6,1 % en 2017).
La baisse des déchets verts (-15 % entre 2016 et 2017) ne semble pas non plus avoir eu d’effet sur la taxe. « Les collectes de janvier, février et décembre seront supprimées car les tonnages y étaient faibles, ajoute Jocelyne Grout. Nous encourageons les habitants à composter leurs déchets organiques et à broyer leurs végétaux. » Sauf que la Métropole a cessé son aide à l’achat de bac à compost. L’achat d’un broyeur efficace se chiffre quant à lui à plusieurs centaines d’euros…
• Pour tout renseignement : 0 800 021 021.